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Affaire #Cahuzac : ça va devenir compliqué pour le GUD et Marine Le Pen de faire de la récup’

mercredi 3 avril 2013 à 18:33

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C’est amusant ces hasards de l’actualité. Nous vous parlions ce matin du GUD, un « syndicat étudiant » à l’humour percutant et décalé qui appelle à casser de l’homo pendant les Gay Prides et qui compte parmi ses membres historiques et fondateurs un ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Gérard Longuet (qui débarquait alors d’Occident où il cassait du rouge avec ses bons copains Alain Madelin,  Hervé Novelli, et Patrick Devedjian).

Et bien figurez vous que le GUD compte d’illustres sympathisants, dont un risque de se voir un poil éclaboussé par l’affaire Cahuzac. Il s’agit de Philippe Péninque. L’information nous est relatée par le Monde :

« Philippe Péninque, 60 ans, n’est pas un inconnu pour ceux qui suivent les affaires de l’extrême droite. Cet ex-membre du GUD, un syndicat étudiant d’extrême droite radicale, reputé pour sa violence, est aussi ancien membre fondateur d’Egalité et réconciliation. Il fait aujourd’hui partie des conseillers officieux de Marine Le Pen. En 2007, il avait réalisé l’audit du front national. »

Et oui… ça va devenir un peu plus compliqué pour Marine Le Pen d’appeler à la démission du gouvernement. Proche conseiller de Marine Le Pen, Philippe Péninque est aussi et surtout connu pour avoir été un des dirigeant du GUD aux côtés de Frédéric Chatillon que nous connaissons bien sur Reflets pour son travail de « ré-information » sur la Syrie. Philippe Péninque a également à son CV le titre de Co-Fondateur aux côtés d’Alain Soral du mouvement Egalité et Réconciliation.

Il faut croire que les activités de monsieur Péninque au GUD ne devait pas être assez lucratives, il s’est donc alors tourné vers une activité différente : spécialiste en« relations financières avec l’étranger » :

C’est lui (NDLR : Philippe Péninque) qui, en 1992, a ouvert à la banque UBS un compte dont l’ayant droit économique était M. Jérôme Cahuzac, a-t-on appris de source proche de l’enquête. Ce n’est qu’en 1993, que ce compte a été récupéré en nom propre par l’ancien ministre, via la société financière Reyl and co, basée à Genève qui ne possédait alors pas de licence bancaire.

Et oui … tous pourris.. le Front National compris.

Mais ce qui est encore plus drôle, c’est quand le Monde le questionne à se sujet, même s’il reconnait avoir entretenu des relations amicalers et d’affaires avec Jérôme Cahuzac, ses justifications sont assez amusantes, c’est la fameuse défense SPANOU® que nous connaissons bien chez Reflets :

« Ce qui est illégal c’est de ne pas déclarer un compte, pas d’aider à l’ouvrir. Jérôme Cahuzac avait besoin d’un compte, je l’ai aidé à l’ouvrir ».

Le FN et le GUD ont beau se targuer d’avoir les mains propres, ils ont surtout le cul sale.

 

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Statement on Cyprus by Olli Rehn European Commission Vice-President and Christine Lagarde, Managing Director of the International Monetary Fund

mercredi 3 avril 2013 à 14:53

lagarde-nezrouge

Le Fonds Monétaire International vient de publier un communiqué de presse que nous nous permettons de commenter, parce qu’il est plein de #Lulz…

Press Release No. 13/102

April 3, 2013

The Cypriot authorities have put forward a multi-annual reform programme to address the economic challenges facing the country. Its goals are to stabilize the financial system and achieve fiscal sustainability in order to lay the foundations for a recovery of economic activity and the growth potential that will preserve the longer-term prosperity of the population.

Stabiliser le système financier du pays qui représente sept fois le PIB… Il y a du boulot. D’autant que si l’on regarde la pertinence des plans pour des pays comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, on comprend que ce plan est la première annonce d’une longue série. Mais aussi que l’économie du pays est loin d’être stabilisée et encore plus loin de renouer avec la croissance. La décision de la Troïka et du FMI de ponctionner les dépôts des épargnants locaux (les autres ont pu retirer des fonds via des filiales des banques en Grande-Bretagne et en Russie par exemple), a plombé l’économie du pays pour des années et des années et les premiers à en souffrir seront les citoyens ordinaires. Parler de prospérité à long terme de la population, c’est simplement indécent. Reflets invite Christine Lagarde à se faire virer son salaire (380 939 euros exonérés d’impôts) sur un compte dans une banque chypriote, histoire de prouver qu’un euro chypriote vaut un euro français ou allemand et que sa confiance dans le système financier de ce pays est totale…

The programme builds on important steps already taken by Cyprus to address the problems in the two largest banks and includes a set of measures aimed at ensuring a stable, sustainable and transparent financial sector.

Quoi ? Mais, heu… Le secteur bancaire chypriote n’était pas transparent avant ? C’était quoi ? Un aimant à bénéfices d’entreprises souhaitant payer moins d’impôts ? Voyons voir, histoire d’être un peu prévoyants… Comme Malte ou le Luxembourg ? On fait quoi pour ces pays là ?

While the Cypriot government has already adopted important fiscal consolidation measures, the programme entails a well-paced fiscal adjustment that balances short-run cyclical concerns and long-run sustainability objectives, while protecting vulnerable groups. The social welfare system will be reviewed with the view to ensuring sustainability and social fairness.

C’est intéressant de préserver le système de protection sociale. Mais quand on atteindra 20 % de chômeurs… Cela ne servira pas énormément…

The programme puts forward comprehensive structural reforms to set the conditions for growth and job creation.

Quelqu’un a relu avant publication du communiqué ? Les « réformes » liées à cette décision vont créer des emplois ? Noter pour plus tard : voir à combien va passer le taux de chômage dans les mois à venir. On est à 7,7% en 2011.

Significant challenges lie ahead for Cyprus.

Ah ? Vraiment ?

The European Commission and the International Monetary Fund stand by Cyprus and the Cypriot people in helping to restore financial stability, fiscal sustainability and growth to the country and its people.

En plombant l’économie pour quelques décennies…

#ToutVaBien…

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Le GUD appelle à des ratonnades d’homosexuels pendant les Gay Prides

mercredi 3 avril 2013 à 12:34

EDIT : les visuels du GUD Nancy publiés sur leur page Facebook, dont nous parlons dans cet article semblent avoir mystérieusement disparus. Nous avons conservé une copie PDF de cette page avant la disparition de ces visuels.

EDIT 2 : « même pas peur » : quand on signale à l’auteur de la page que ses contenus sont pour le moins un peu limites, ce dernier en ajoute une couche avec tout l’humour qui caractérise les membres de ce sympathique « syndicat étudiant ».

up2

EDIT 3 : Selon LOR’Actu, une plainte à l’encontre du GUD Nancy devrait très prochainement être déposée par  l’Inter LGBT National auprès du Procureur de la République de Paris, pour  «incitation à la haine et à la violence homophobe». (Merci  @valere_m pour l’info). En outre le GUD de Nancy a déjà fait parler de lui récemment, il s’agissait d’une agression à l’arme blancheReflets tient à disposition ses captures publiques ainsi que quelques backups…

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EDIT 4 : La page Facebook du GUD Nancy a mystérieusement disparu.

EDIT 5 : Le GUD Nancy vient de recréer une page Facebook, vous pouvez donc la signaler comme contenu manifestement illicite.

Capture d’écran 2013-04-03 à 23.08.00

Parmi les groupuscules que nous suivons toujours du coin de l’oeil, il y en a un qui est un peu particulier. Particulier car il a été largement inspiré de la plume de notre ancien ministre de la défense, Gérard Longuet. Il s’agit du GUD, le Groupe Union Défense. A l’heure ou tout le monde reproche à Jérôme Cahuzac, et à juste titre, un blanchiment de fraude fiscale, Reflets s’interroge sur l’héritage d’un homme politique de l’UMP qui a été appelé à un poste éminemment stratégique (la défense nationale) par Nicolas Sarkozy.

Les conneries de Gérard, elles commencent avec Occident au début des années 60, il était alors question d’aller casser du rouge. Gérard Longuet a d’ailleurs à cette époque été condamné pour de grave faits de violence (une victime est restée dans le coma) et surtout, dont les conneries du passé alimentent encore aujourd’hui la bêtise ordinaire et la haine de la différence. En 1968, après la dissolution d’Occident par le Conseil des ministres, Gérard Longuet rejoint alors le GUD, dont il signera la charte ! Un peu plus tard, Gérard Longuet rejoint Ordre Nouveau, une autre bande de joyeux ratonneurs.

Merci Gérard, elle devait être vachement bien ta « charte ». Aujourd’hui un cap est franchi puisque le GUD appelle carrément à la ratonnade des homosexuels lors des Gay Prides en diffusant des appels très explicites que même des abrutis au QI négatif seront aptes à comprendre :

Capture d’écran 2013-04-03 à 11.49.04

Ou encore ceci :

Capture d’écran 2013-04-03 à 11.21.08

Ceci vient de la page Facebook du GUD Nancy :

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Le GUD est aussi particulier car ce groupuscule réputé violent, qui l’affiche clairement, suscite un splendide je m’en foutisme de la part des autorités qui laissent ce vivier de crétins barboter sur Facebook pour répandre ses « idées ».

Alors oui Twitter, les tweets #UnBonJuif toussa, c’est très bien ça fait du buzz quand on est ministre. Mais nous l’avons maintes fois expliqué, le problème n’est pas Twitter, le problème, c’est de donner les moyens à la justice et aux autorités judiciaires de faire appliquer la loi, sur Twitter comme ailleurs : sur Facebook, sur LastFM, sur Haut et Fort, sur Copains d’Avant, ou encore sur Dailymotion qui a toujours été plus prompt à censurer une vidéo de la représentation nationale dans l’hémicycle pour de sombres raisons de violation d’un copyright sponsorisé par de l’argent public, plutôt que de veiller à ce que sa plateforme ne devienne pas une tribune pour connards décérébrés.

Et puisqu’on parle de Dailymotion, voilà ce que ça donne en version homophobe, révisionnisme et appel à la haine :

« La Droite c’est l’honneur, la Droite c’est le devoir, la Droite c’est ne pas être pédé ! » Roger Holeindre, 9 février 2013


IIe Congrès du PDF – Intervention de Roger… by Agence2Presse

 

Comprenons nous bien, nous n’appelons pas à la censure de leur site web ou de leur page Facebook, ceci ne servirait à rien, mais nous nous interrogeons sérieusement sur les suites que la justice donnera pour les hashtags #UnBonJuif sur Twitter que nous ne manquerons pas de mettre en perspective avec ces appels à la ratonnade si toutefois l’autorité judiciaire daigne se manifester.

En attendant, voici pour elle un beau PDF de la page Facebook du GUD Nancy.

 

 

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Cahuzac : un mort, le journalisme à la papa

mercredi 3 avril 2013 à 12:05

apathie

En prenant connaissance de l’Article du Canard Enchaîné en début d’après-midi hier, Reflets se demandait sur Twitter quelle pirouette Jean-Michel Apathie allait trouver pour se sortir du très mauvais pas dans lequel il s’est fourré par pure détestation de Médiapart.

Première pirouette : pas de réaction du canal historique anti journalistes-qui-n’apportent-pas-les-preuves-de-ce-qu’ils-avancent (@jmapathie) qui ne fait que donner rendez-vous à ses lecteurs sur son blog, aujourd’hui.

Il faudra donc attendre pour voir ce que le journaliste-qui-lui-apporte-les-preuves-de-toutes-ses-péroraisons-sur-tous-les-sujets-de-l’univers dira.

Patience©, donc.

En attendant, tirons une autre conclusion de l’affaire Cahuzac. C’est un peu capilo-tracté, et éloigné du sujet initial, mais cela vaut le détour, pour le petit monde du journalisme. Ami lecteur, si cela t’amuse, arme-toi de pop-corn, assieds-toi confortablement et observe…

Tout à déjà été dit sur le sujet sauf un détail. Nous allons y venir.

Nombreux ont été les commentateurs du milieu journalistique à opposer les journalistes assis aux journalistes d’enquête. Dans la première catégorie, on trouverait Jean-Michel Apathie, assis sur sa chaise, au milieu du plateau du Grand Journal (en comparaison avec les petits journaux sans doute). Assis sur sa chaise dans le studio radio de RTL. Assis. Il commente, a un avis sur tout. Et il le donne. D’ailleurs, on le paye (fort cher) pour ça. Pourquoi s’en priver. C’est une sorte d’éditorialiste permanent, capable d’interviewer les bêtes politiques avec des questions qui font mal, celles qui rendent au journalisme ses lettres de noblesse. Jean-Michel Apathie, c’est un vrai journaliste, encarté, qui pose les bonnes questions, bien entendu, pratique le droit de suite, mais surtout, qui respecte le code déontologique de la presse. Et ça, c’est important. Il dénie donc a juste titre (pense-t-il) la qualité de journaliste à celui qui « affirme sans preuves« . C’est du bon journalisme à la papa. Celui que l’on connaît depuis toujours. Celui qui le rassure son audience, ainsi que tous les lecteurs assidus du Figaro.

De l’autre côté, les journalistes qui enquêtent. Ils produisent les informations sur lesquelles rebondissent les journalistes assis. Ils trouvent de nouvelles informations, enquêtent pendant des mois pour les vérifier, les valider, réunissent les preuves tant réclamées par Jean-Michel Apathie. Ils n’ont pas forcément un avis sur tout et sont généralement spécialisés car il est compliqué d’être un bon journaliste d’enquête pouvant traiter tous les sujets. Ils sont moins « rentables » que les autres puisqu’ils peuvent passer des semaines sans écrire une ligne. Pour autant, leurs « scoops » ont un fort impact médiatique car toute la presse (généralement) les relaye. Cet impact médiatique se traduit aussi financièrement pour leurs supports.

Voilà ce qui avait déjà été dit.

Quant au détail peu ou pas évoqué, le voici.

Doit-on, lorsque l’on est journaliste suivre des « règles » parfois non écrite, parfois écrites, qui visent par exemple à :

Tu l’as vue ma grosse preuve ?

Jean-Michel Apathie qui fait lui, de son point de vue, du vrai journalisme, décerne des diplômes de bons et de mauvais journalistes. Une digression s’impose : si nous devions délivrer des diplômes de ce genre, nous demanderions instamment aux vendeurs de voitures de retrouver un poste à Jean-Michel Apathie, le journalisme s’en porterait sans doute mieux. Mais revenons à ses écrits. Pas plus tard que le 20 mars, il publiait un article sur son blog dont une partie, effet Streisand oblige, mérite d’être reproduite ici :

6/ Là-dessus, arrive Médiapart, le site d’informations exclusives qui détient le monopole du journalisme en France. Quelqu’un, mais qui donc, met un limier du site sur la piste de l’enregistrement. Lequel, après trois sceaux d’armagnac, récupère l’objet convoité et le pose en place publique.

7/ Quelle information apporte exactement Médiapart ? Celle ci : un enregistrement circule qui attribue à Jérôme Cahuzac des propos suggérant un compte en Suisse. C’est peu, et c’est beaucoup. Suffisamment pour porter l’ombre d’un lourd soupçon sur le ministre du budget.

8/ Pourtant, Médiapart écrit beaucoup plus que cela. Le site affirme que le dit Cahuzac a géré durant près de vingt ans le compte en question. Qu’il la clôt en janvier 2010. Que les avoirs figurant sur ce compte, combien ? dix euros ? dix mille ? cent mille ? davantage ?, ont été transférés à Singapour.

9/ Sur ces points, contenus au paragraphe 8 du dit procès-verbal que je tape péniblement avec deux doigts, suis pas journaliste moi, greffier tout au plus, sur ces points du paragraphe 8 et seulement sur eux, Médiapart affirme et n’apporte aucun, aucun, aucun élément. Ceci est un problème. Ceci revient à demander aux lecteurs de croire sur parole. Mais on ne croit jamais un journaliste sur parole. On le croit parce qu’il apporte les éléments correspondant à ces affirmations. Ce que Médiapart ne fait pas.

10/ Du coup, immodestement, appuyé sur ma carte de presse indûment obtenue, j’ai puisé en moi l’audace de dire et d’écrire que Médiapart franchissait allégrement des bornes au-delà desquelles il n’y a plus de limites. Que n’ai-je fait camarade ? Du « retourne à l’école » du président du site, au qualificatif de clown utilisé par ses subalternes, les animateurs de Médiapart  ont clairement signifié que toute critique ou question étaient incompatibles avec leur grandeur.

11/ Voilà sans doute l’un des enseignements de cette histoire à tiroirs, et pour cela passionnante. Défenseur acharné de la citoyenneté et de la République, Médiapart affiche une conception restrictive du débat. Soit on est d’accord, soit on se tait. Que le travail fourni suggère des questions, voire nourrisse des critiques, semble totalement incongru aux animateurs du site. De dialogue, il ne peut être question qu’entre gens qui partagent la même opinion. Pour ceux qui ont en désaccord, soit le mépris, soit la délégitimation, retourne à l’école de journalisme, soit l’insulte. Belle conception de la démocratie.

12/ N’allez pas croire que ce comportement me chagrine. Je m’en moque. Et je répète qu’en matière ce compte suisse transféré à Singapour, il manque toujours des preuves. Peut-être. Peut-être pas. Personne ne sait. Pas plus moi que vous, et Médiapart que nous. Et si Médiapart a des éléments, qu’il les publie. Un journalisme sans preuves, c’est comme un yaourt aux abricots sans abricots : une arnaque.

Jean-Michel Apathie est paradoxalement quelqu’un de plutôt intelligent. Il feint depuis des mois de croire que Mediapartarnaqueur, donc, ne dispose d’aucune preuve dans l’affaire Cahuzac. Pas de fac-similés, pas de preuve. En première lecture, cela peut tenir la route. Si Jean-Michel Apathie ne disposait d’une énorme audience, ce petit mensonge visant à enduire d’erreur son public serait bénin. Jean-Michel Apathie sait pertinemment que Mediapart dispose des preuves nécessaires à la publication de ses articles, mais laisse entendre que ce n’est pas le cas puisqu’elles ne sont pas publiées.

Sans prétendre nous comparer à Mediapart qui a sorti bien plus d’affaires que nous, depuis que Reflets a annoncé qu’une entreprise française avait vendu un système d’écoute globale à Kadhafi, nous affirmons une quantité de choses sans jamais publier la moindre preuve.

Nous avons dit que Philippe Vannier, alors président d’Amesys et aujourd’hui patron et premier actionnaire de Bull a versé 130.000 euros au profit du dixième festival mondial des arts nègres. Une forme, sans doute, de sponsoring désintéressé permettant de mettre en avant la culture africaine, l’un des objets de sa société spécialisée dans la surveillance du trafic sur les réseaux informatiques.

Nous avons affirmé sans publier la moindre preuve que les responsables du projet Eagle gagnaient une petite fortune par rapport à d’autres développeurs. Nous avons affirmé sans publier la moindre preuve qu’avec l’accord tacite des gouvernement de droite comme de gauche (François Hollande est justement au Maroc… coucou François), Bull et Amesys continuent d’installer un Eagle à Rabat, avec l’aide de l’entreprise Alten.

Nos informations sont-elles pour autant fausses ?

Disposons-nous de preuves que nous n’avons pas publiées ? Oui.

Pourquoi ?

Parce que cela n’apporte rien.

Au mieux, cela permet à l’auteur de se faire mousser (regardez comme je suis fort, j’ai trouvé LE document magique que personne n’avait trouvé).

Cela sert à « vendre » l’information sur le mode « Document exclusif :  Amesys installe un Eagle à Rabat ! » ou « Document exclusif : Bull est détenu indirectement par un fonds au Luxembourg !« .

Comme Mediapart, nous avons récolté les preuves qui nous permettent d’écrire ce que nous écrivons en sachant qu’en cas d’attaque sur le plan judiciaire, nous avons toutes les chances de gagner. Car c’est à cela que servent les « preuves » que réclame à grands cris Jean-Michel Apathie. Elles sont là pour démontrer à un juge, s’il était saisi, que nous, journalistes, avons fait un travail sérieux d’enquête et que ces preuves nous autorisaient à écrire ce que nous avions écrit.

 


Le Billet de Sophia Aram par franceinter

 

Tout cela, Jean-Michel Apathie le sait. Il sait qu’un journaliste d’investigation n’écrit pas sans preuves, mais qu’il n’est pas « obligé » de publier ses preuves. Oui, on peut croire sur parole un journaliste. S’il raconte n’importe quoi, cela se saura bien assez tôt, devant un tribunal. Bien sûr, la publication de fac-similés aide à mettre en scène, à promouvoir le contenu sur un plan commercial. Mais sans doute au détriment du fond. En professionnel de l’infotainment, Jean-Michel Apathie le sait très bien. Et sur ce coup, il fournit, lui, la preuve qu’il instrumentalise son audience.

Dans cette affaire Cahuzac, donc, il y a un autre mort, le journalisme à la papa qui veut médiatiser à outrance ses informations en les mettant en scène. Le journalisme qui commente les informations des autres, rebondit dessus, laisse entendre qu’il est à l’origine de révélations alors qu’il s’appuie sur le travail des autres. L’infotainment qui finalement ne fait que prendre les lecteurs ou les téléspectateurs pour des consommateurs.

 

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Chère UMP, réfléchis à deux fois avant de parler de république irréprochable…

mardi 2 avril 2013 à 21:01

anefe

Ça n’a pas loupé… Avec l’affaire Cahuzac, les aboyeurs de l’UMP tentent de politiser à outrance les errances du gouvernement du changement c’est maintenant, ou pas.

Et gna, gna, gna, Hollande avait promis une « république irréprochable« , « qu’il rende des comptes ! ».

Anéfé©, comme aurait dit l’ineffable Christine Albanel.

Mais… Car il y a un mais… Lors que l’on appelle les uns à appliquer quelque chose, il faudrait peut-être l’avoir appliqué soi-même auparavant.

Cela donnerait un peu de sens aux cries d’orfraies de la droite décomplexée.

Car, souvenez-vous, Nicolas Sarkozy, aussi, voulait une « république irréprochable«  :

UMP – Je veux une République irréprochable par ump

 

Et on a vu ce que l’on a vu. Un lecteur de Reflets (TZ) dressait il y a quelques jours en commentaire d’un article, la liste des affaires qui ont émaillé la présidence Sarkozy :

Sarkozy, c’est :
l’affaire Karachi
l’affaire Takieddine (patrimoine de 40 m€ non imposé, Karachigate, SAWARI II, MIKSA (350 millions d’euros), contrats avec la Libye notamment d’espionnage de la population avec l’appui d’une entreprise française et commissions occultes, tractations obscures avec la Syrie, la protection qu’il a ou a, eu selon Mediapart, de la DGSE
l’affaire GDF
l’affaire Tapie, enrichie d’évasion fiscale du magot vers la Belgique
l’affaire Clearstream
l’affaire Bettencourt
les affaires Wildenstein
l’affaire César
l’affaire Pleyel
l’affaire Facebook
l’affaire de Compiègne
l’affaire Peugeot
l’affaire Abdallah Senoussi, bras droit de Kadhafi, patron des services spéciaux libyens et beau-frère de Kadhafi, condamné à une peine de perpétuité en France dans l’affaire de l’attentat contre le DC10 d’UTA et visé depuis lors par un mandat d’arrêt international., que Guéant et Sarkozy ont tenté de protéger
les affaires Djourhi, Takieddine
les possibles mallettes de Bongo pour financer la campagne de 2007
les micros partis de Copé, Wauquiez, Woerth, Sarkozy etc.
l’affaire du Fetia Api
l’affaire Dexia près de 12 milliards d’euros de pertes
les discours de Caen, Metz, Nice, du bois de Boulogne, Dakar, Riyad, Latran et du Puy en Velay, la lettre de Guy Môquet, le parrainage d’un enfant de la Shoa, sur la mort de Ben Laden
l’invitation des dictateurs pour le 14 juillet, celle de Kadhafi avec les ors, le tapis rouge, les petits plats dans les grands, celle d’El Assad en décembre 2010, le copinage avec Dos Santos, les silences sur le Tibet, le Darfour, le prix Nobel de la paix, la présence l’ouverture des JO de Pékin et le fils Louis dans les bras de Poutine
les fils Pierre et Jean invités dans les voyages officiels à l’étranger (Mexique, Maroc) alors qu’ils ne représentent aucun intérêt pour le bien de la nation, la protection du fils Pierrot, son rapatriement d’Odessa
la gestion catastrophique de la crise Géorgienne (le Russes y sont encore et ont implanté des bases de missiles), celle de la crise financière, celle de l’Europe, celle des révolutions tunisienne et égyptienne, le fiasco libyen, l’inaction en Syrie
l’affaire de la Jatte, du Fouquet’s payé par Desmarais, du Paloma payé par Bolloré, de la villa mexicaine, de Wolfeboro payé par les dirigeants de Prada et Tiffany, des repas au Bristol 2 fois par semaine, du voyage en Egypte, celle des stylos, celle de la déclaration de patrimoine, du financement de la campagne par Bettencourt …
l’affaire Pérol
l’affaire Yannick Blanc
l’affaire de l’Epad (et des deux scooters)
Gandrange
les vaccins du virus H1N1
les accords entre l’UMP et le Parti Communiste Chinois, l’UMP et la mairie de Paris pour payer les frasques de Chirac, l’envoi par l’UMP des bulletins d’adhésion aux restaurateurs dans la période de la baisse de la TVA à 5,5 %
les affaires Yade, Boutin, Copé, Juppé, Joyandet, Bertrand, Blanc, Estrosi, Lefebvre, Santini, Proglio, Amara, Laporte, Péchenard, Mitterrand, Ouart, Solly, Soubie, Richard, Fillon, Squarcini, Marleix, Charon, Longuet, Bachelot, Mignon, Morano, Giacometti, Besson, Courroye,Tron, Laroque (Baroin), Guéant (contrats avec la Libye), Dupuydauby, Fontaine, Squarcini, Courroye, Ceccaldi Raynaud, fils Tibéri …
l’utilisation du contre-espionnage pour des affaires privées
l’utilisation de l’Elysée pour recevoir les caciques de l’UMP et les satellites jusqu’à plusieurs fois par semaine, l’utilisation des moyens de l’Etat pour la propagande et pour préparer et faire la campagne du candidat Sarkozy, la proposition de Sarkozy à Lauvergeon d’une prime de 2 ans de salaires comme si Aréva lui appartenait et qu’il sortait l’argent de sa poche
les légions d’honneur (Servier, Widenstein, Desmarais, Frère, Maistre, Bourgi, Richard, Peugeot etc.)
l’Air Sarko One (250 millions d’euros dont 50 % de dépassement selon René Dosière) et ses deux fours à plus de 131 000 € (TTC et avec l’étude), le cocktail de New York à 400 000 euros, le dîner pour l’UPM à 1 million d’euros, les 4 X 4 Nissan de Megève
la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension, et le débat sur la nationalité, le fichier EDVIGE, Wauquiez et son cancer de la société, le RSA
l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007 (rémunération comme ministre de l’intérieur alors que Nicolas Sarkozy est président), l’augmentation stratosphérique, le divorce, le mariage, l’inscription hors délai sur les listes électorales, la déclaration des impôts en retard, le tout illégal ou non pénalisé
la circulaire Hortefeux, ses amitiés avec Takieddine, ses déclarations d’Auvergnat, celles de Guéant dont celles répétées sur l’échec scolaire des enfants d’immigrés, l’autre récidiviste, celles de Guaino (béatification, prison, etc.)
la nomination à la têtes des chaînes audio et vidéo publiques par le pouvoir
la réforme constitutionnelle
les ministres aussi maires ou élus, le mélange des genres, la non séparation de l’exécutif et du législatif avec le retour sans élection des députés virés du pouvoir
l’irresponsabilité pénale du Président de la république
la position d’Hortefeux dans la condamnation des 7 policiers, et ses deux condamnations à lui
l’affaire des sondages
les classements du parquet
le site France.fr (des millions d’euros pour rien)
les évictions des préfets pour crimes de lèse-pelouse ou de sifflets
la paralysie des villes et les moyens de quasi guerre (2 000 CRS pour 600 habitants par exemple) au coût pharaonique pour les déplacements du président, les 12 000 € de frais de bouche par jour, chaque jour, la baisse des œuvres sociales de l’Elysée passées de 300 000 € en 2006 à 165 000 en 2010
l’affaire de l’espionnage des journalistes par le contrespionnage
l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac
la scientologie
l’affaire Servier dont Nicolas Sarkozy a été l’avocat. Coût 1,2 milliards à la Sécurité Sociale en plus des morts.
l’affaire Bongo
la proposition de MAM d’aide à Ben Ali et son pouvoir pendant la révolte tunisienne, les lacrymos et son voyage entre Noël et le jour de l’an et ses quatre mensonges fondamentaux, les petites affaires des parents, et Ollier (ses amitiés libyennes en plus), l’utilisation de la Libye et du Japon par Nicolas Sarkozy pour raison électorale
les vacances de Fillon payées par Moubarak dont la clique a détourné plus de 45 milliards de $ et dont 3 ministres ont été arrêtés pour corruption et détournement de fonds publics, et sa justification, celles Sarkozy au Maroc. Et la Ferrari prêtée en 2009 en pleine crise à Fillon, ses voyages à 27 000 € pour retourner en Sarthe alors que le train met 1h20
la possible affaire Clara Bruni
l’affaire Facebook

Une chose est sûre, plus la droite décomplexée criera au scandale d’Etat avec l’affaire Cahuzac, plus les journalistes oublieront la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt. Et ça, vu de la fenêtre de la droite décomplexée, ça tombe bien.

 

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