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Le Blog de Cyrille BORNE

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Le pouvoir d'agir ensemble, ici et maintenant

samedi 9 juillet 2016 à 08:00

Cep m'a envoyé ce livre : Le pouvoir d'agir ensemble, ici et maintenant, il s'agit d'un livre d'entretiens avec Rob Hopkins, le gars qui est à l'origine du mouvement dit de la transition. Rob Hopkins un beau matin prend conscience que demain on n'aura plus de pétrole, et lui il a des idées (VGE sors de mon corps), des idées simples pour changer le monde. En fait c'est là où c'est plaisant avec le garçon ce n'est pas le monde qu'il veut changer mais son environnement direct. Les idées sont assez simples, si demain on n'a plus de pétrole quand on sait que toute notre nourriture n'est pas locale mais vient par camion, on crève de faim. Moralité, si on ne veut pas crever de faim, il faudrait commencer à se nourrir localement. Pour se nourrir localement, pas bien difficile. Déjà on commence à acheter des produits locaux plutôt que dans des chaînes de supermarché, ensuite au lieu de planter 90% d'arbres qui sont purement décoratifs, on plante des cultures qui donnent à manger. C'est un discours que je partage, dans le bouquin il rappelle que la consommation est noyautée par un groupe restreint de compagnies et que la masse des produits n'est qu'un leurre, on perd de plus en plus en variété de produits. Dans l'actualité cette semaine par exemple Avast se paye AVG, dans l'informatique c'est l'hécatombe de la diversité.

Si je devais faire une synthèse du mouvement de transition, c'est un mouvement solidaire qui part des citoyens pour changer leur environnement local, en développant du local et en gardant dans un coin de la tête que la disparition des matières fossiles arrivent, donc limiter la consommation. Vu comme ça, on pense à un mouvement écolo, mais ça va au delà. La consommation locale c'est une vision économique, pas écologique, même si les deux sont imbriquées, je rajouterai que l'écologie c'est aussi de la politique, ici c'est avant tout du social.

Lire le bouquin est plaisant. On a un gars qui parle avant tout d'actions citoyennes, le type est modéré, pas comme un RMS, on part du bas d'une pyramide totalement hétérogène et ça se ressemble un peu plus haut sans volonté de réunion. La transition c'est le foutoir collectif pour un objectif tout de même unique, le bien être des individus. Rob Hopkins est un homme qu'on peut qualifier de lucide et de bon leader, il explique qu'il s'est mis en retrait par rapport au projet pour ne pas étouffer les autres, ne pas prendre de place. 

Le lien avec le libre est nécessairement fait et on se met à se dire que la communication telle que nous la faisons est totalement pourrie. Le mouvement global de transition aide les gens qui ont une volonté de transition à transiter, mais ça part d'une volonté de l'individu. J'expliquais dans mon billet précédent mon échec personnel quant à la conversion des individus au libre, c'est tout simplement parce que je pensais que c'était mieux pour eux qu'ils passent au libre, mieux pour moi aussi certainement dans la maintenance mais c'était une erreur, car à aucun moment ils n'ont réellement eu envie d'être mieux. Ils voulaient à un instant t, poser un pansement sur une jambe de bois ce qui se traduit informatiquement par décontaminer leur PC pour recommencer. 

Là où on va nécessairement buter c'est le côté mythe de la caverne, on ne peut pas demander à quelqu'un d'avoir envie de quelque chose dont il ne connaît pas l'existence. Néanmoins et c'est là où les individus sont impardonnables, ils peuvent faire le choix de ne plus vouloir quelque chose et bien sûr il faut pouvoir présenter les alternatives possibles. 

Quand on lit le bouquin, il y a deux points qui me gênent :

Qu'est ce que j'en retiens ? 

Sans m'en rendre compte, je peux poser un nom sur une façon de vivre que je pratique de plus en plus, la transition. Ordinateurs d'occasions, acheter au plus au local, aider son prochain et j'en passe. Il ne me manque finalement qu'un projet d'envergure locale pour créer un véritable mouvement de transition. Je ne le ferai pas, je suis trop échaudé quant aux sentiments que j'ai fait face à mes congénères. Comme je l'écrivais dans un dernier billet, j'ai tendance à ne voir que des profiteurs, j'aurai beaucoup de mal à imaginer uniquement des gens de bonne volonté. Si je dois lancer quelque chose, ce sera nécessairement en lien avec une tarification. 

L'enjeu est certainement là, comment mettre en relation des gens de bonne volonté, des gens bien pour se lancer dans une transition au niveau local, sans que quiconque ait le sentiment de se faire gruger. J'attends la solution avec impatience.