PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Loin de la pédagogie déchaînée

dimanche 23 juillet 2017 à 22:30

Comme vous l'avez compris les vacances Borniennes sont studieuses et pour le moins simples : travail, plage, travail. Après une année qui fut une année de merde, une année 2017-2018 qui sera encore une année de merde, on l'évoquera peut être un jour, j'anticipe sur le boulot, tout ce qui est fait n'est plus à faire. La refonte de mes cours est un mal nécessaire et pourtant à y réfléchir, je reste quelqu'un de très classique à part quelques utilisations de l'informatique. Paradoxe pour quelqu'un qui sait faire, qui pourrait faire autrement, en fait pas tant que ça, je me définis comme un décroissant et puis il n'y a pas que ça. Je pense très sincèrement qu'on n'a pas fini d'utiliser correctement le matériel d'il y a cinq ans et pour certains de mes collègues ils n'ont pas commencé, je ne vais donc pas me lancer à corps perdu dans les nouvelles technologies qui seront certainement un échec dans trois ans. L'enseignement c'est devenu comme la mode, on aimerait te faire croire que porter un slip Kenzo sur la tête te va comme un gant, mais c'est pour mieux te vendre mon enfant. J'ai énormément de mal à croire que transformer nos écoles en temple de la high tech va résoudre les problèmes que nous rencontrons. En gros ce que je veux dire, c'est que les tablettes dans les écoles, tablettes qui se prennent désormais un four commercialement, la classe inversée, les capsules vidéos, toute cette technologie culpabilisante qu'il faudrait appliquer, je n'ai pas la conviction que cela facilitera les apprentissages.

Et c'est d'ailleurs ici qu'on est dans la culpabilité, formations à outrance, pistes de réflexion, professeurs youtubeurs, on nous fait croire qu'il faudrait faire comme eux pour être un bon prof, comme si finalement la liberté pédagogique qu'on nous offre n'a de marge de manoeuvre que les nouvelles technologies. On oublie qu'il y a des choses qu'il faut sentir. Si vous prenez Arnaud Durand que je côtoie je pense depuis une bonne dizaine d'années par les sites Linuxiens, les vidéos avec son frère on sent qu'il les fait parce qu'il avait envie, un peu comme moi avec mon blog, j'ai pas attendu la mode. Le problème à l'heure actuelle, c'est qu'on n'est plus dans le cap de donner envie, d'inspirer, c'est il faut impérativement en être, il faut utiliser ces nouvelles technologies car grâce à celles-ci les élèves apprendront mieux. 

On pousse, on pousse mais on ne pousse pas au bon endroit. Une de mes collègues m'explique qu'elle va partir à Paris pour suivre la formation sur les capsules vidéos. Je vais ouvrir une courte parenthèse et on reprendra le fil plus loin. Avec l'explosion de la fameuse vidéo pédagogique, capsule vidéo, il faut des outils et c'est là qu'on voit que l'éducation est en train de s'enfermer dans pire que le propriétaire, le propriétaire n'importe comment et n'importe quoi. La presque totalité des logiciels qui permettent de remplacer powerpoint qui a été ringardisé sont des services en ligne avec des conditions qui peuvent bien sûr changer à n'importe quel moment. Alors bien sûr, les professeurs surdoués en informatique qui vont réaliser des capsules, sont bien au dessus de ces considérations auxquelles ils ne comprennent rien et force est de constater que s'ils cherchaient la gratuité et la liberté, on est super mal barré du côté du logiciel libre qui commence à sentir le rance. J'ai trouvé tupi qui est un logiciel assez sympathique pour faire des animations en 2D, pour le reste, on est coincé dans nos outils à l'ancienne et on commence à se rendre compte qu'en quelques clics sur un site internet ou quelques tapotages sur une tablette on peut réaliser des choses qui sont franchement sympathiques, dont on n'est pas le propriétaire et qu'on n'est pas sûr de devoir payer un jour pour utiliser son propre travail, même de retrouver si le service n'a pas trouvé son modèle économique mais sympathique quand même. C'est un peu ça l'éducation en ce moment, on mise sur des technologies sans recul, les professeurs deviennent des savants fous et les élèves des béta testeurs de nos expériences plus ou moins ratées, mais c'est pas grave faut innover.

Donc une collègue me dit qu'elle s'est inscrite avec d'autres pour aller faire des capsules. Ils vont revenir, ils seront galvanisés, ils vont peut être essayer, peut être pas, mais c'est pas grave ils auront eu l'impression d'être au courant, d'en être, d'avoir touché du doigt la pédagogie de pointe.

Le problème c'est que mon combat avec les collègues est ailleurs. Alimenter un agenda commun, remplir son cahier de texte numérique, utiliser son mail professionnel, partager le travail avec ses collègues, venir aux réunions de concertation, ne pas remplir les appréciations et les notes la veille de son conseil de classe, corriger les rapports de stage en moins d'un mois, voilà où on en est. Alors ce foutoir, je ne sais pas s'il est propre à l'enseignement agricole mais j'ai quand même l'impression que depuis quinze ans je suis là dedans, et que je bataille pour arriver à une V0 qu'on appelerait l'obligation professionnelle. La V1 serait alors dans mes rêves les plus fous, une cohésion d'équipe autour de projets écrits à l'avance et pas faits à l'arrache, une mutualisation des compétences, un partage des ressources. La V3 serait la diffusion de l'ensemble pour briller dans les hautes sphères et se lancer alors dans l'innovation pédagogique.

Voilà mon sentiment. Ce qui compte c'est le groupe et je ne vois que des individus. Si certains enseignants ont un tour d'avance, qu'ils sont capables d'avoir des pédagogies extraordinaires, que les gars sont des Socrate en puissance, est-ce qu'ils sont dans l'action individuelle ou tous solidaires ? D'après les contacts que j'ai avec pas mal de collègues qui enseignent dans tous les niveaux jusqu'à la classe de prépa, le refrain récurrent c'est quand même la solitude du métier, avec des gens qui craquent, qui explosent, qui vivent dans la honte de ne pas réussir.

Un joueur de foot aussi bon soit il n'a jamais remporté un match tout seul, et c'est la sensation que m'inspire l'innovation aujourd'hui, quelques superstars qui essaient de se montrer sur le terrain en oubliant qu'avant tout, c'est l'équipe qui compte, et que sans équipe, c'est perdu d'avance.

C'était mieux avant, la musique des années 90 : Cypress Hill

dimanche 23 juillet 2017 à 20:09

L'un des premiers titres rap qu'on aura vu passer en France, le clip, la chanson, tout y est vraiment. L'une des particularités de Cypress Hill c'est le côté Latino, ça se ressent dans pas mal de titres et c'est peut être ce qui fait de ce rap un côté chantant. Cypress Hill a connu le gros succès dans les années 90 et pas que sur la scène d'ailleurs, ses positions sur le cannabis par exemple lui ont valu pas mal de problèmes avec la justice. Le groupe a sorti quelques titres à succès dans les années 2000 dont un avec Marc Anthony ce qui est quand même loin d'être le gars le plus sulfureux de l'humanité, et donc l'équivalent d'une fin de carrière pour un groupe de rap.

Internet c'est pas bien

dimanche 23 juillet 2017 à 19:00

Le cours moralisateur sur les pervers qui vous attendent au tournant on est bien obligé de le faire car c'est une réalité. Ici ce que j'ai voulu en premier illustrer c'est le fait que la majorité des actes délictueux sont en lien avec la volonté de gagner de l'argent ou de faire mal à son prochain et que finalement ce sont des comportements qu'on trouve dans notre quotidien, qu'on n'a pas attendu 2017, pour les avoir. J'ai compilé un recueil d'arnaques qui est à compléter par la fameuse vidéo du Youtubeur qui kidnappait des gamines avec l'autorisation des parents, et un reportage sur les brouteurs, c'est à dire ces gamins qui arrivent à extorquer des fortunes à des gens dans la recherche affective. Avec toutes les différentes arnaques possibles et imaginables, montrer qu'on peut se faire pwned à chaque coin du net, mais aussi montrer qu'on peut faire quelque chose de formidable avec l'internet, devenir Cyprien ou le rire jaune.

Globalement donc très classique, c'est certainement le cours le plus mouvant, il y a à peine un an on n'aurait même pas évoqué les cryptovirus, avec l'arrivée de Locky, c'est totalement inévitable. La veille que je veux essayer de placer en fin de cours, aura certainement ici tout son sens, pas une semaine sans une arnaque farfelue.

recueil d'arnaques

internet

L'ultime chimère

dimanche 23 juillet 2017 à 14:42

Notre histoire est assez compliquée, on va essayer de le faire pas trop mal. Tout commence il y a bien longtemps quand un berger voit s'écraser devant lui un objet céleste, il trouve une flèche ou disons la pointe d'une flèche qui serait celle de Nemrod, le gars qui aurait blessé Dieu. De nos jours, dans le futur, l'homme le plus riche du monde a construit une énorme station spatiale et s'apprête à mourir, pendant qu'un médecin dans un hôpital psychiatrique réalise qu'un de ses patients est enfermé ici depuis 160 ans. Sept tomes pour comprendre ce qui relie l'ensemble. La trame est largement articulée autour de la pointe de la flèche, à l'instar du décalogue, on va retrouver l'objet au fil des siècles, se rendre compte qu'elle a inspiré Léonard de Vinci ou qu'elle a été la convoitise des plus grands. Plutôt réussi dans l'ensemble avec de vrais bons cliff hangers à la fin de chaque tôme, quelques regrets pour la fin qui était prévisible.

Géolocalisation : "Si on me tue un jour, on pourra me retrouver"

samedi 22 juillet 2017 à 22:19

Ca me rappelle la chanson de Kool Shen, c'est mal barré, où ce dernier explique que l'avenir c'est de mettre des puces dans un endroit qui voit rarement la lumière. La fille qui active la géolocalisation de son Ipad qu'elle laisse dans un appartement pendant qu'elle va se promener pour éviter la surveillance de ses proches. Il est beau le futur quand même.

source