PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Cultures, épisode 10

vendredi 26 janvier 2018 à 09:00

Ces jours qui disparaissent aura fait partie des bandes dessinées dont on aura beaucoup parlé pour l’année 2017, le coup de cœur de nombreux lecteurs. Il s’agit de l’histoire d’un garçon qui se rend compte qu’il a des trous dans sa vie, en gros un jour sur deux. Au départ, il pense à une amnésie pour réaliser qu’il a développé une personnalité complémentaire, un autre moi. Lui est artiste de cirque, désordonné, qui ne fait attention à rien, son double devient développeur web, est rigoureux, méthodique, commence à gagner de l’argent. Si au départ les deux personnalités essaient de cohabiter, la situation devient tendue quand la personnalité principale se réveille un matin avec une fille qui n’est pas sa copine. Les choses ne vont pas aller en s’arrangeant quand le jeune homme va réaliser qu’il ne perd plus une journée mais deux puis plusieurs. La bande dessinée est bien faite car on partage le désarroi du héros qui perd le contrôle, qui voit sa vie lui échapper. A chaque fois qu’il apparaît, c’est comme un bond dans le futur, des gens qui lui étaient chers sont décédés, les évolutions technologiques, son corps qui a changé. Ces jours qui disparaissent est une très bonne bande dessinée, mais contrairement aux critiques dithyrambiques, la bande dessinée emprunte ici ou là à des univers connus. Si on peut citer de nombreux ouvrages avec le fameux jumeau maléfique, c’est plus dans le saut temporel que je retrouve une autre bande dessinée : la guerre éternelle. La guerre éternelle en bande dessinée est l’adaptation du roman éponyme, écrit par Joe Haldeman vétéran du Vietnam ce qui en dit long sur le contenu de l’histoire. Les terriens découvrent une race extraterrestre et ça tourne à la boucherie, la guerre est déclarée. On suit le parcours d’un jeune homme et de sa compagne qui vont traverser les époques du conflit. La particularité, de l’histoire, c’est du fait que les combats se déroulent parfois à des années lumières, les personnages font des sauts dans le temps et se retrouvent non seulement face à une guerre à gérer mais aussi à une incompréhension du monde dans lequel ils vivent. Le frère le plus âgé va découvrir après une mission que son cadet a cinquante ans de plus que lui. C’est exactement le même sentiment d’incompréhension du monde qu’on trouve dans ces jours qui disparaissent, le personnage à sa façon faisant des sauts temporels. Je vous invite à lire ces deux bandes dessinées qui évoquent à leur façon le voyage dans le temps, la solitude dans des contextes totalement différents.

Jim est un auteur qui a la particularité de partir d’une idée simple et de réussir à dérouler pour faire une histoire complète. Il y arrive plutôt bien, même très bien au point que l’une de ses bandes dessinées soit adaptée au cinéma avec l’invitation. L’idée de départ c’est le test de l’amitié, à savoir téléphoner à l’ensemble de ses amis à trois heures du matin pour voir qui vient. Avec un petit livre oublié sur un banc, il s’agit d’une histoire que lui a raconté quelqu’un et qu’il a mis en œuvre. Dans la préface, Jim raconte qu’une de ses relations laisse sur les bancs publics des livres qu’il a lus de façon à partager, à ne pas laisser enfermés les livres. On a donc une jeune femme qui trouve un livre sur un banc, elle le lit, le dévore, elle est surtout intriguée par des mots entourés en rouge, elle y déchiffre une phrase. Trouver l’auteur de ce livre va tourner à l’obsession, plus, changer sa vie pour remettre en question ses principes, son mode de vie. Réussi, comme à chaque fois, on se laisse embarquer dans l’histoire, à la recherche de ce mystérieux écrivain. La bande dessinée seuls est un énorme succès commercial au point d’avoir une adaptation en film, une adaptation ratée d’ailleurs, il y a des univers qui sont difficiles à maîtriser encore plus quand la bande dessinée n’est pas finie. A l’heure actuelle la série est en en dix tomes, et on est dans le schéma classique qu’on connaît trop bien de la bande dessinée qui tire en longueur pour continuer à faire fonctionner le tiroir caisse. Attention spoiler. L’idée de départ est originale, des enfants se retrouvent seuls à l’abandon dans leur ville. Dans un premier temps c’est la survie qui s’organise mais aussi la lutte contre des phénomènes inexpliqués qui deviennent de plus en plus nombreux. Au fur et à mesure ils réalisent qu’ils sont morts, et finissent par se souvenir des circonstances. Là où la bande dessinée aurait pu trouver son épilogue, on a fait démarrer un second cycle pour le moins raté. Les enfants arrivent à s’enfuir de leur ville et sont recueillis par d’autres enfants, nombreux, qui forment un système de caste, il s’agit des enfants qui sont présents depuis bien plus longtemps ce qui laisse supposer que le phénomène n’est pas récent. A partir de ce moment, on commence à manger à tous les râteliers de ce qui se fait dans le cinéma et dans les séries télévisées, des élus du bien et du mal, des mystères, des rebondissements mais l’ensemble fonctionne beaucoup moins bien, l’histoire n’avance plus. Seuls est représentatif du commerce d’aujourd’hui, il faut du courage pour tenir un cap et poser une fin dès le début, plus facile à dire qu’à faire, c’est un peu comme renoncer à sa paye et tenter un nouveau travail sans savoir si on gagnera sa vie ou non. L’art ne devrait pas tenir compte des réalités matérielles, malheureusement derrière chaque album, des familles qui vivent, des priorités, même si cela doit se faire au détriment de l’œuvre ce qui est exactement le cas ici.

Je regarde de moins en moins de vidéo, et quand je regarde c’est souvent sans passion, c’était souvent mieux avant. J’ai commencé à regarder la série Arrow, je m’arrête au cours de la saison 5, mais avant tout le pitch. Oliver Queen est un dandy qui embarque sur un bateau avec son père. Le bateau chavire, son père se suicide pour le laisser vivre en lui donnant une liste de personnes mauvaises qui font du mal à la ville. Oliver va passer cinq ans sur l’île, un peu l’île fantastique mais pas dans le côté sympa, dans le côté paranormal, étrange, comme si un peu tous les secrets de l’humanité avaient débarqué là dedans. Sur cet île, il va changer, devenir un vrai bonhomme et lorsqu’il va rentrer au pays, il va se créer une identité secrète, Arrow, le justicier. Le personnage est un copier coller de Batman à quelques détails, on a ici un milliardaire dandy le jour, un héros obscur la nuit qui veille à la défense de sa ville. La série me fait penser à Buffy contre les vampires, l’humour en moins. A chaque saison son super méchant, parfois le méchant devient l’allié, le gentil devient le méchant, on meurt, on est ressuscité, tout est possible dans Arrow.

Les quatre premières saisons sont plutôt plaisantes, les allers retours entre le présent et ce qui s’est déroulé sur l’île, permettent de mieux comprendre les événements, les personnages. Qu’est ce qui bloque donc dans cette saison cinq ? Trois points. La lassitude inhérente d’avoir la sensation d’avoir fait le tour, la répétition. Les séries télévisées c’est comme la bande dessinée, on manque de courage pour prévoir une fin dès le départ, on continuera tant que le public suivra même si c’est moins bon, jusqu’à l’écœurement. Le renouvellement de l’équipe, je ne spoilerai pas mais on fait rentrer des tas de nouveaux personnages et pourtant c’était une force de la série, réussir à nous faire nous attacher à des personnes connues, la redistribution des cartes n’est pas bonne. L’abus de cross over. Les séries flash et arrow sont intimement liées, ce qui sur le principe est sympa. Malheureusement on finit par être dépassé, certains événements se sont produits dans une autre série, il n’y a pas que flash, si bien qu’on se sent presque dans l’obligation de voir le reste.

J’ai donc lâché à la saison 5, les accrocs à la télé regarderont certainement la totalité des séries qui gravitent les unes autour des autres avec beaucoup de plaisir.

Les hommes du feu est un film qui fait partie des rares que j’ai réussi à regarder jusqu’au bout ces derniers temps, et pourtant dans le fond il est particulièrement médiocre. Il s’agit d’une tranche de vie dans une brigade de pompiers dirigée par Roschdy Zem et qui voit son quotidien perturbé par l’arrivée d’Emilie Dequenne mutée dans la région, le sud. Oui s’il faut faire des clichés, allons y jusqu’au bout, tous les hommes sont de gros bourrins sudistes, misogynes qui jouent les gros bras et qui profitent de l’uniforme pour emballer des filles. Lors d’une intervention de nuit sur un accident, Emilie Dequenne rate quelqu’un qui sera récupéré par la police, dans le coma, la famille porte plainte. Le film est agréable mais l’intrigue, les relations, les personnages, ne sont pas crédibles, on est trop dans le cliché. Les hommes qui n’imaginent pas être dirigés par une femme, le pompier gay, le pompier dragueur dont le mariage va mal, parfois plus proche de l’access prime time de TF1 plutôt que du véritable film de cinéma, il aurait pu être largement meilleur. On va rester avec Roschdy Zem pour un film tout aussi pétri de clichés, le prix du succès. Tahar Rahim est l’humoriste qui monte, le cliché des banlieues, d’ailleurs on notera une scène de baston dans un magasin de sport qui fait penser à l’altercation entre deux rappeurs. Lui essaie de s’émanciper de ce milieu de violence, de tradition, mais il est tiré vers le bas en permanence par son frère Roschdy Zem, son frère ainé. Si pendant les premières années il a été le moteur, le compagnon de route, aujourd’hui il ne cadre plus avec ce que veut devenir le comique. Une succession d’événements va finir par séparer les deux frères. Très bien joué par l’ensemble des acteurs, un film qui je trouve sonne très juste et qui peut être sorti de ce contexte si particulier, à une généralité. Faut-il abandonner certaines personnes qu’on aime pour pouvoir avancer ?

Cultures, épisode 9

mardi 2 janvier 2018 à 09:00

India Hair qui ne m’a pas marqué au cinéma décroche avec Crash Test Aglaé son premier long métrage en compagnie tout de même de Julie Depardieu et de Yolande Moreau. Jeune femme déséquilibrée, cette dernière ne trouve son équilibre que dans une entreprise de crash test où elle est la meilleure. Malheureusement, l’entreprise va fermer et on lui propose d’accepter un poste en Inde, à l’endroit où va être délocalisée l’usine. Contre toute attente, elle accepte, ses deux amies partent avec elle en voiture pour aller en Inde. Le film est une satyre de pas mal de choses, notamment le monde de l’entreprise, patrons, syndicats, tout le monde en prend pour son grade. Le film est assez original, on suit l’aventure sans trop savoir où elle va nous mener, une très bonne comédie française. En 2073 on a réussi à régler le problème de l’alimentation, malheureusement en contrepartie toutes les cochonneries qu’on a mises dans la nourriture donnent un nombre d’enfants trop important ce qui fait qu’on n’a pas vraiment réglé le problème de l’alimentation. Pour lutter contre la surpopulation on a décidé d’appliquer la politique de l’enfant unique et de cryogéniser les enfants supplémentaires.  William Dafoe se retrouve grand-père de septuplées qu’il va devoir élever et refuse de se soumettre à la politique de l’état. Il trouve pour astuce de les faire incarner chacune un jour de la semaine d’une même femme. Le concept est réellement génial et particulièrement bien mené, on imagine la difficulté pour les sept sœurs de n’avoir le droit de vivre qu’un jour par semaine, la communication parfaite pour expliquer les événements de la journée à celle qui prendra le tour suivant. Très bien ficelé, l’intrigue démarre quand « lundi » ne rentre pas le soir et sème la panique dans l’organisation de la famille.

Helldorado est une bande dessinée de Morvan, scénariste chevronné qui n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle, qui propose une vue de la conquête espagnole en Amérique du sud au travers de plusieurs personnages bien particuliers : deux vauriens indiens qui essaient de survivre, la fille du roi des indiens, un chef espagnol complètement fou. Trois tomes d’une bande dessinée particulièrement violente qui fait penser à Apocalypto de Mel Gibson qui ne présentait que l’aspect des Mayas. Ici tout le monde s’entretue, et on rajoutera à cela une ambiance assez nauséabonde puisque les peuplades luttent contre la peste. Trois tomes d’une violence rare, dans un univers assez original car tout le monde est méchant, essaie de survivre dans un univers impitoyable. L’impératrice (empress) intergalactique en a marre de son mari, une brute épaisse craint dans tout l’univers qui a réussi quand même à ramener la paix. Elle part avec ses enfants, accompagnée de son capitaine à travers toute la galaxie pour retrouver sa sœur. En effet, simple serveuse avant de rencontrer son mari, le deal c’était de ne rien révéler sur son passé sinon il tuerait toutes les personnes citées. Empress est un comics passionnant accompagné d’un très bon dessin qui nous fait traverser la galaxie jusqu’à la terre promise avec une fin qu’on n’attend absolument pas et que je ne vous spoilerai pas. Le travail sur les personnages est de qualité, si le fils suit sa mère avec envie du fait d’être considéré par son père comme un faible, pour la fille c’est à contre-cœur. La guerrière et l’intellectuel apprendront à conjuguer leurs talents pour se sortir de situations improbables.

En 1941 sur un paquebot, embarque le champion du monde d’échecs. Le type est une machine qui remporte tous les tournois, personne ne semble l’inquiéter. Nécessairement sur ce bateau de gens cultivés, la présence intrigue et on aimerait le faire jouer aux échecs le temps d’une partie. Le champion accepte, il accepte même d’affronter tous les joueurs en même temps. Si la première partie est sans appel, la présence d’un aristocrate autrichien vient bouleverser la donne. Comment cet homme totalement inconnu réussit-il à mettre en échec (c’est de circonstance), le champion du monde ? Je n’en dirai pas plus car ce serait spoiler, le joueur d’échecs est une bande dessinée qui vaut le détour et pour son histoire qui arrive à vous tenir en haleine de par les mystères et la partie finale mais aussi pour son dessin qui relève plus du tableau que de la bande dessinée. La tristesse des éléphants est la bande dessinée la plus triste que j’ai eu l’occasion de lire ces derniers temps, et je trouve qu’il est regrettable que ce soit sans demi-mesure. C’est l’histoire d’un petit gros à lunettes, orphelin, qui tombe amoureux de la petite fille qui s’occupe de l’éléphant dans un cirque. Chaque fois qu’elle part, c’est l’occasion de mieux se retrouver quand elle passe dans la région, le lien entre les deux enfants devient de plus en plus fort. Je n’irai pas trop spoiler en vous disant qu’ils se marièrent et n’eurent pas trop d’enfants, imaginez le pire et vous aurez le scénario. Cela ne se discute pas, l’histoire tient la route, c’est un choix, le choix de faire triste, on peut le faire lire à ses enfants à la place de la petite fille aux allumettes. Le dessin est une réussite, en noir et blanc de façon générale avec quelques teintes de bleu et de rouge parfaitement utilisées.

Le triangle amoureux c’est quelque chose qu’on aura vu des centaines de fois au cinéma, en bande dessinée ou dans la littérature, en sautant dans le vide tente sa chance et c’est plutôt réussi. Bande dessinée en cinq tomes qui se déroule dans les rues de Barcelone au dessin très fortement inspiré par le manga, on découvre trois jeunes Raul, Edu et Luna. Edu aime Luna depuis l’enfance, il est passionné par le manga, Luna la fille de l’équipe est attirée par Raul, elle finit par sauter le pas en l’embrassant. Les trois amis sont adeptes du parkour, comme dans le film des yamakasis, suite à une brouille entre Raul et Luna, le garçon fait un mauvais geste qui va conduire à l’amputer de la jambe. C’est à partir de ce moment là qu’on va rentrer dans une partie plus sombre de la bande dessinée. La prothèse qui permettrait à Raul de courir à nouveau coûte une fortune, son frère Hector, ancien membre des mouvements néo-nazis va chercher à trouver la somme. Très joliment dessiné, de vrais cliffhangers en fin de chaque album, des personnages intéressants, complexes, une excellente bande dessinée.

Cultures, épisode 8

dimanche 17 décembre 2017 à 09:00

Les préquels ou les suites ont le vent en poupe ce qui est relativement inquiétant dans le sens où on a besoin d’utiliser des univers bien connus plutôt que de réussir à en faire des nouveaux. Ce n’est pas pour ça que ce n’est pas bon, on peut penser par exemple à la quête de l’oiseau du temps mais c’est révélateur de cette époque. Dans la Grèce mythologique, les dieux ont cessé de s’exprimer, et ce n’est bon pour rien. Soudainement un homme se voit possédé et délivre un message, il faut aller récupérer un objet bien particulier sur une île bien particulière pour ramener les dieux aux affaires. Dans les conditions nécessaires, Jason doit en être. Le Jason de la toison d’or vit en ermite, sa femme pour se venger d’avoir été répudiée a tué ses deux fils, c’est un homme brisé qui s’est retiré. Ses équipiers sont un prince déchu qui a la main coupée et qui voit dans cette mission la possibilité de récupérer son honneur, une amazone qu’on a mis en esclavage, un poète. L’aventure est bien dessinée, passionnante, et elle concorde de façon cohérente avec une nouvelle épopée.

Dernier épisode de la série écrit par Convard et Ferri, je trouve qu’il est moins bon que les précédents. Le thème c’est à pas grand chose le tour de France et les clichés qui en découlent. Les routes sont mal entretenues et le responsable a la bonne idée de faire une course à travers l’Italie pour montrer que le pavage est de bonne qualité. Obélix dans un marché rencontre une voyante qui lui annonce qu’il va remporter une course, les événements s’enchaînent et nos deux Gaulois se lancent dans l’aventure. C’est une bande dessinée qui illustre bien la mécanique Astérix, à l’instar d’une production américaine où l’on sait un petit peu à l’avance dès le début du film comment ça va se passer. Les clins d’œil à l’Italie sont nombreux, souvent laborieux, on place la Joconde, le Vésuve, quelques autres, rajoutons à cela les traditionnelles bastons, la présence de César qui sait s’avouer vaincu ou encore les peuplades participant à la course qui nous rappellerons les précédentes aventures des deux Gaulois. La bande dessinée ne transpire pas le plaisir, l’amusement qu’on peut trouver dans les tomes réalisés par Goscinny, mais presque l’obligation. Je pense qu’il ne serait pas honteux pour les auteurs de prendre du recul, de laisser un peu filer et puis surtout d’oser. Oser prendre possession des personnages, oser des aventures différentes. Le pari est risqué et pas toujours réussi, souvenons nous du catastrophique « le ciel lui tombe sur la tête » écrit par Uderzo lui-même pour dénoncer le manga.

J’ai été un grand fan de la série 24 heures, moins vers la fin, car Jack Bauer dépressif ce n’était tout simplement pas possible. Une série qui cumule autant les qualités que les défauts, et d’ailleurs les deux sont intrinsèquement liés. Le sous-titre de la série aurait dû être : plus c’est gros, plus ça passe et c’est exactement ça 24 heures, du grand n’importe quoi, du cliff hanger improbable pour faire trembler le téléspectateur, des revirements de situation totalement improbable, qui font penser à James Bond et l’obligation de tuer le héros en le jetant dans des requins quand une simple balle suffit. 24 heures legacy est un reboot / suite de la série, puisqu’on va trouver par exemple le personnage de Tony Almeida qui est devenu un mercenaire, c’est dire qu’on est proche de l’univers. Notre série démarre avec un nouveau personnage, Carter, un soldat qui est rentré de mission et qui a dû changer d’identité, lui et son équipe. Toute son équipe est en train de se faire massacrer par des terroristes qui sont à la recherche d’un coffret qu’ils auraient récupéré durant leur mission qui visait à abattre un leader ennemi. Carter qui est le nouveau Jack en plus gentil, pas difficile, va devoir déjouer des attentats sur tout le territoire. La catastrophe en terme de crédibilité arrive très vite, du fait que le gouvernement a été infiltré puisque son équipe avait changé d’identité, il va cacher sa femme chez son frère, qui tient un cartel de la drogue et qui était l’ancien amant de celle qui est devenue son épouse. Vous imaginez la tension entre les personnages, le triangle amoureux, ce ne sont plus des ficelles mais des cordes. La série n’a pas rencontré son public, avec une audience plutôt faible et pourtant il n’y a rien à redire, tout y est, le n’importe quoi, la torture, l’improbable, j’ai regardé la saison d’une traite. Si vous êtes fan de la série, vous ne serez pas déçu.

Les Vikings ont la côte ces derniers temps, ce qui pour des navigateurs, avoir la côte, est quand même une bonne chose. Série télé, jeu-vidéos et bande dessinée. C’est l’histoire d’un homme qui aime sa femme, sa femme moins, elle le trompe. Chez les vikings on règle ça à l’ancienne, si bien qu’il va passer l’amant au fil de l’épée. Comme on reste effectivement chez les vikings, le frère de la victime vient pour réclamer vengeance mais il est trop tard. En effet, le tueur, son épouse, son frère, la sœur de son épouse et sa petite fille ont été exilés, ils sont allés vivre sur un cailloux, une toute petite île. On suit le quotidien du groupe, les tensions, les espoirs. La saga des brumes est un one shot de qualité, entièrement dessiné en noir et blanc où les auteurs réussissent la performance de captiver le lecteur alors qu’on passe quand même les trois quart de l’histoire sur une île déserte avec quelques personnages, une forme de huis clos.

Les chroniques de la lune noire c’est la bande dessinée de mon adolescence, une bande dessinée avec des dragons, de la magie, des démons, des scènes de batailles gigantesques, tout pour faire rêver un boutonneux. Cette série, au fil des années aura été quand même franchement massacrée pour, ne nous leurrons pas, une histoire de profit. Quand on réalise les tomes d’un scénario qui n’a ni queue ni tête pour un dessin qui n’est que l’ombre de lui même, c’est qu’on n’est plus dans l’art mais dans la cagnotte. A l’instar du monde de Troy où on pourrait vous en dire long sur le profit qu’on peut réaliser sur un univers qu’on aura saigné à blanc, plutôt que de faire des spin off, on a fait les Arcanes de la lune noire où l’on prend un des personnages de l’histoire pour raconter ses origines. C’est un univers qui est rassurant, car les histoires sont dans l’obligation de s’intégrer dans l’existant. On est déjà attaché aux personnages, c’est bien pensé, les tomes sont pour l’instant réussis. Cette fois-ci c’est Greldinard qui s’y colle, il s’agit de ce chevalier en armure rouge qui est toujours aux côtés d’Haazheel Thorn le maître de la lune noire. On va découvrir très vite qu’il est le croisement d’un orc mort et d’un humain. La bande dessinée est sans surprise, de la baston, de la montée en puissance et de la baston. Plaisant, même si on n’apprend pas grand chose, il s’agit d’un diptyque, on verra si on en apprend plus au prochain épisode. Le dessin est réalisé par Morgado qui réussit parfaitement à imiter Tacito, Pontet et Ledroit, ce qui est tout de même une bonne performance.

Cultures, épisode 7

jeudi 30 novembre 2017 à 09:00

Quand on n’a pas de moyen, qu’on n’a pas vraiment d’idée, il reste toujours à se replonger dans ce qu’a pu produire le jeu vidéo et faire un peu mieux. Je suis un peu sévère mais pas si loin de la réalité. Viking Squad est un beat them all plutôt réussi, un style dessin animé, une jolie musique, le dessin est vraiment sympa et nous change de l’héroic fantasy traditionnelle, le niveau supérieur du on n’a pas de moyen, on n’a pas d’idée. Au niveau du scénario, pas bien compliqué, à l’aide de son Viking, plusieurs personnages au choix, on fait de nombreux niveaux dans lesquels on castagne de nombreux monstres pour finir par bastonner un boss un peu plus important. Le jeu n’est pas vraiment facile, il est particulièrement tactique, il faut apprendre les « patterns » de chaque ennemi pour réussir à s’en sortir, ça devient largement plus complexe quand il y en a sept ou huit. Le jeu est plaisant et ne décourage pas le joueur dans le sens où à chaque fois qu’on perd, on retrouve le village avec l’intégralité de son butin, de ses victoires. Le jeu possède une caractéristique jeu de rôle si bien qu’on peut augmenter la vie, la puissance de frappe ou encore gagner des armures ou des armes plus efficaces. Perdre avec la totalité de son argent c’est ainsi la possibilité de revenir au combat avec une nouvelle épée, plus de vie, une potion ou un bonus de force qui fait que le nouveau tour sera plus facile. Si le descriptif que j’en fais est plutôt positif, malheureusement le gameplay étant ce qu’il est, se contente d’être une variation de nouveaux monstres avec un « pattern » plus ou moins similaire qui tapent franchement plus fort et qui viennent plus nombreux. La répétitivité de l’action entraîne la lassitude et ce n’est pas l’univers aussi sympathique soit-il qui vient réhausser l’intérêt du jeu où l’on finit par franchement s’ennuyer.

Dans les années 20, dans un trou perdu du nom de Notre Dame des Lacs, à proximité de Montréal (au Canada, pas dans l’Aude), la vie d’un village et de ses habitants. Avant d’évoquer l’histoire on va revenir sur deux trois détails techniques, notamment sur le fait que Tripp vit au Canada et que c’est donc une bande dessinée entièrement écrite en Québécois. La lecture est donc parfois fatigante mais c’est globalement dépaysant. L’autre détail, pour moi c’est un détail, pas pour les auteurs, c’est que la bande dessinée est réalisée par un dessinateur virtuel. En fait Loisel commence à faire un gribouillis, bon on se doute que pour l’auteur de la quête de l’oiseau du temps, un gribouillis de chez lui c’est l’œuvre d’une vie pour certains, Tripp complète en passant par derrière ce qui donne un dessin « original » qui ressemble fortement à du Loisel. La bande dessinée s’est bien vendue, comme chaque Loisel, 100.000 exemplaires par album et c’est un succès mérité car la bande dessinée fait l’exploit de captiver le lecteur alors qu’il ne s’y passe pour ainsi dire absolument rien ou presque. L’histoire donc c’est celle d’un village, avec pour personnage principal Marie, une jeune veuve qui tenait le magasin avec son mari. Marie n’a connu que cet homme, ne sait pas trop ce qu’elle va faire, si elle sera capable de s’en sortir toute seule, comment va-t-elle se débrouiller ? Le premier tome nous montre que la vie continue, installe le décor, quand le second pose réellement les bases de l’histoire, l’arrivée de Serge, un homme distingué, cultivé, beau gosse qui reste coincé dans le village après une panne de moto. On se doute dès lors qu’une certaine tension va se créer autour des deux personnages. Magasin général dépeint des personnages attachants, comme le nouveau curé du village qui rêvait d’être ingénieur et qui a du mal à gérer sa paroisse. Il trouve du réconfort chez l’athé du village qui construit un bateau en bordure du lac, les deux hommes liant une très solide amitié. C’est ça magasin général, du sentiment, des petits riens, pour arriver à une très belle bande dessinée avec son lot de rebondissements comme on en a dans la vraie vie.

J’ai regardé le film Valérian et la Cité des mille planètes, qui correspond globalement à l’ambassadeur des ombres, l’un des meilleurs épisodes de la série. Je vais vous faire le pitch de la bande dessinée. Dans l’espace s’est construite une cité monumentale avec des blocs issus de toutes les planètes, de toutes les races, c’est donc la foire complète. Valérian et Laureline ont pour mission de protéger l’ambassadeur qui doit prendre la gouvernance de cette ville si complexe. Celui-ci se fait kidnapper avec Valérian dès le début de la bande dessinée et c’est Laureline qui va mener l’enquête pour retrouver les deux hommes. Il est à noter que les bouquins qui ont été écrits dans les années 70 pour une part sont avant-gardistes à de très nombreux niveaux, notamment dans la position de Laureline qui est l’égale de Valérian, elle vient le sauver très régulièrement. Alors que cette histoire a pour personnage principal Laureline, dans le film ce n’est pas vraiment le cas, on passe à du 60/40 en faveur de Valérian. A l’instar de tous les Valérian, c’est du gigantisme, Christin et Mézières n’ont jamais fait dans la demi-mesure avec un univers original et rarement égalé. Il y a des bandes dessinées, on se dit que ça coûtera trop cher pour les réaliser, un suicide cinématographique potentiel par exemple serait de tenter d’adapter la caste des Méta Barons, qui fait partie de ces univers délirants avec des batailles ahurissantes. Chez Valérian c’est la richesse des environnements, les habitants de toutes les planètes plus que les conflits spatiaux, une réalisation difficile, forcément onéreuse. Besson s’est donc attaqué à l’Himalaya par la face la plus difficile et quoi qu’on puisse penser du réalisateur, c’est extrêmement courageux de s’attaquer à ce mythe et c’est bien de faire connaître une bande dessinée française à l’internationale.

On a beaucoup tiré sur l’ambulance de 200 millions de budget, à tort, ce n’est pas un mauvais film, c’est un film qui fait de nombreuses fautes quand on connaît la bande dessinée, et la principale c’est sans ambiguïté les personnages et leur relation. La relation entre Laureline et Valérian dans le film est ridicule, Valérian fait une demande en mariage au début qui n’a aucun sens. La relation dans la bande dessinée est plus claire, ils sont globalement en couple, Valérian est un macho de base, militaire au sens du devoir, un énorme bourrin accompli quand Laureline est joyeuse, plus intellectuelle que son compagnon, plus humaniste, ils se complètent. Le Valérian ici étonne tant il éloigné du personnage physiquement, trop jeune, trop foufou, comme Laureline qui passe son temps à faire la gueule. Le film cultive l’inutile comme la scène avec Rihanna pour nous montrer qu’on a Rihanna dans le film ou le début du film qui ne nous fait pas rentrer assez vite dans le sujet. Pour le reste c’est très bien foutu, c’est un bon film de sciences fictions qui rend hommage à la bande dessinée à sa façon.

Après le très rythmé basique, Orelsan a fait le choix que je trouve courageux de sortir « tout va bien » qui tient plus de la comptine que du rap. Il s’agit d’une chanson dans laquelle il ment à un enfant pour lui dire que tout va bien, où il donne de fausses explications sur les hommes qui se tirent dessus, la misère, les femmes battues. Le clip est très réussi, la chanson pas vraiment chantante et commerciale, pari plutôt osé donc.

Nous nous quittons avec du Rap Togolais qui m’a été proposé par un très très très vieux lecteur, il s’agit d’Elom 20ce, pas le vieux lecteur c’est Joker VB. La sonorité fait RAP à l’ancienne, les paroles dénoncent les mêmes choses qu’on peut voir en France, la drogue, l’alcool, la violence, les revendications qu’on trouvait dans les années 90 et qui ont laissé la place en France à des chansons autour du bling bling et de la fête. Pour les gens qui aiment le rap à l’ancienne, on adhère, ce qui est plus difficile c’est le texte, sa compréhension, on n’est plus dans le descriptif de nos banlieues au bord de l’explosion, on parle de l’Afrique, d’un autre continent qu’on ne connaît pas, qu’on ne comprend certainement pas.

Cultures, épisode 2

lundi 16 octobre 2017 à 10:00

Le chevalier Brayard rentre de la croisade après sept ans, Brayard. Un nom qui lui colle bien à la peau, il passe son temps à hurler des chansons paillardes sur le chemin du retour où il évoque tout ce qu’il va pouvoir faire à sa femme. Il est accompagné d’un moine qui bien sûr se désole des propos de son compagnon et qui ramène quant à lui de saintes reliques. Ils vont croiser sur leur chemin une gamine maure qui se prétend fille d’un puissant émir, et découvrir qu’elle doit être monnayée contre une rançon. Aller plus loin dans le one shot serait un peu trop spoiler, je vais donc m’arrêter ici. Le chevalier Brayard est une bande dessinée particulièrement drôle, et qui fait tout pour l’être. Les anachronismes du moine, très caricatural dans son rôle de lâche qui raconte les histoires improbables de Saints qui survivent dans des volcans ou tués dans d’horribles situations, les personnages aussi abrutis les uns que les autres, violents, ridicules, et ce personnage de chevalier Brayard particulièrement bourrin qui passe son temps à étriper tout ce qui bouge. La bande dessinée ne se prend pas au sérieux, même si tout de même, le dénouement, certains points de l’histoire nous montrent que le thème principal ne serait pas la gaudriole mais bien le destin des individus et la façon d’y échapper.

Si vous voulez compléter votre lecture sur les croisades, un jour sans raconte l’histoire d’un roi qui part en croisade, les choses ne se passent absolument pas comme prévues, il enchaîne la malchance et les malheurs. Aussi cruel sur le principe que le chevalier Brayard avec la description de cette époque cruelle mais sans humour, le dénouement ne manquera pas de vous surprendre, au point de s’interroger sur le titre. Ferait-il référence à un célèbre film avec Bill Murray ?

Dans un genre complètement différent adieu monde cruel nous présente quatre personnes qui se sont rencontrées par Internet dans le but de se suicider dans la forêt. Comme on peut l’imaginer, si le suicide aboutissait dès les premières pages, l’histoire tournerait court, ce n’est pas le cas. Nos héros vont découvrir que se suicider ce n’est pas facile, et puis comme on peut encore s’en douter dans cette bande dessinée, ils vont apprendre à vivre. Un dessin moderne, clair, dynamique, une histoire qu’on comprend très rapidement classique, mais qui fonctionne. Si les personnages restent à la limite de la caricature, le looser, le vieil homme qui en a marre de la vie, ou la fille qui a tout perdu, s’il n’y a pas de surprise, il faut tout de même saluer l’optimisme de la bande dessinée quand la trame de départ c’est quand même se donner la mort. L’interview du scénariste sur branchés culture (un site qui mérite d’être connu), qui apporte de nombreux compléments sur la genèse du projet et sur l’histoire, du dessinateur dans la voix du nord.

Dans cette même veine, celle de l’optimisme, ce très étonnant diptyque qui ne rentre pourtant pas du tout dans mon style de lecture, ou dans ma façon d’être : le jour où le bus est reparti sans elle. C’est l’histoire franchement niaise, qui pourrait être considérée par les plus cyniques comme ridicule, d’une jeune femme en manque d’assurance qui part avec un groupe de développement personnel. Lors d’une halte dans une épicerie perdue au cœur de la forêt, elle est tout simplement oubliée par le groupe. Elle va être prise en charge par Antoine, le patron, qui va s’avérer être un homme d’une philosophie rare, et lui permettre de changer de façon radicale la manière de voir sa vie au travers d’histoires et de rencontres. Par exemple, il lui explique que ce qui peut sembler un bonheur ou un malheur, n’est pas nécessairement palpable au premier abord. Un homme vit avec son fils et son seul cheval s’évade, le fils considère que c’est un malheur, le père dit qu’on ne peut pas savoir. Le cheval revient avec deux juments, le fils s’extasie et dit qu’il s’agit d’un bonheur, le père dit qu’on ne peut pas savoir. Le fils se casse la jambe, malheur, jusqu’à ce qu’il se rende compte que cette fracture va l’empêcher d’aller à la guerre. Tout est donc franchement très gai, très zen, très orienté sur le développement de soi dans cette bande dessinée philosophique. Le dessin qui l’accompagne cadre parfaitement, les personnages sont ronds, les couleurs chaudes. La bande dessinée a reçu un bon accueil et je pense que c’est normal, c’est une bande dessinée dans l’air du temps, reprendre sa vie en main, sortir des sentiers battus si bien qu’un deuxième tome a été écrit.

On retrouve Clémentine qui a osé, elle est désormais sûre d’elle, active woman, mais n’a pas réellement trouvé le sens de sa vie. Elle repart donc dans l’épicerie de son ami Antoine et se lance dans un tour du monde où elle va retrouver des personnages qu’elle a déjà croisés pour trouver le vrai sens de sa vie. Je dois reconnaître que l’un des personnages m’a intrigué, il s’agit d’un homme qui a tout réussi, devenu riche à millions en travaillant comme un fou et qui dans le premier tome lâche tout. On le retrouve dans ce deuxième album, il est redevenu entrepreneur et applique une règle qu’il appelle les 80 / 20 ou loi de Pareto qui dit que 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes. Concrètement, 80% de son chiffre d’affaire vient de 20% des entreprises, il fait donc le tri dans ses clients pour ne conserver que les meilleurs 20%. Il applique cette règle à ses amis, à ses loisirs, pour ne garder en fait que la substantifique moelle. A la lecture, j’ai été intrigué, je pense que c’est purement utopique, mais la bande dessinée m’a donné envie d’en apprendre plus sur le sujet. Rien que pour ça la bande dessinée mérite d’être lue, et certainement d’être relue.

Je continue de lire le blog de Boulet, je suis aux environs de 2006. Le dessin s’est affirmé, beaucoup plus clair, beaucoup plus osé, beaucoup plus riche. Le parcours de cet homme est pour le moins étonnant, il a fait si je puis me permettre le parcours de l’adolescent attardé que nous avons beaucoup rêvé mais que nous n’avons pas mené : pas de femme, pas de gosse, des voyages, des amis, vivre de sa passion. Des voyages, dans cette période jusqu’à 2006, ils sont particulièrement nombreux, l’Afrique, le Canada, et j’en passe. Les amis qui prennent le relai pendant qu’il n’est pas là, non, rien à dire, il est difficile de ne pas se retrouver dans l’homme qui a mon âge, 1975 le meilleur cru de l’humanité. Entre deux bandes dessinées, je continue de lire ses dix années de blog qu’il a écrites, une part d’admiration indéniable pour le coup de crayon bien sûr, mais aussi pour l’énergie, une production conséquente, reprendre la série Donjon, cet homme a vraiment beaucoup de talent. Un article sur Boulet que j’ai trouvé intéressant.

Didier a écrit : Si à 40 ans, t’as pas l’impression d’avoir tout vu…. J’ai souvenir d’avoir écrit il y a bien longtemps, j’étais dans le Cantal à l’époque, le blues du trentenaire où j’expliquais que passés les 35 ans on avait quand même fait pas mal le tour de la question. Je trouve que les commentaires sont rudes, on lui propose le suicide, ce qui montre la classe de l’internet, c’est certainement lui qu’on devrait achever, meurtri par la bêtise crasse de ses intervenants. A l’heure actuelle avec la masse de travail, le jeu vidéo est en stand by, mais force est de reconnaître que même si j’ai beaucoup joué à Nioh, mon vrai coup de cœur de ces dernières années restera les souls, le reste est franchement fadasse. Le jeu indépendant qui dans les trois quarts du temps se contente d’être du jeu de plate-forme ou de reprendre des modèles déjà vus, ne m’apporte pas de satisfaction particulière. Le retrogaming, j’ai commencé à avoir la vague de nostalgie, elle n’a duré que quinze minutes, le temps que je me rende compte qu’en fait c’est trop laid pour moi et que je veux du graphisme qui claque.

En ce qui concerne le cinéma même si Antistress souligne dans les commentaires avec justesse qu’à quarante ans passés nous ne sommes pas le cœur de cible, oui c’est vrai, mais d’un autre côté, le problème ne vient pas intégralement de nous, les vieux désabusés. La masse de Marvel en est l’illustration, à l’époque le comics était rare, il était attendu, il était événementiel, désormais vous avez un film de comics par mois. Depuis le dernier billet, aucun film n’a retenu mon attention, je n’ai d’ailleurs pas fini un seul film. Je pense qu’à l’instar de la malbouffe, il y a des conseils à suivre, manger moins de viande mais de qualité, produire moins de film, mais plus originaux.

Je regarde des vidéos Youtube, j’ai vu celle-ci par exemple « Bande-dessinées et cinéma – Blow Up – ARTE » où j’ai découvert par exemple la fascination de Denis Podalydès pour Hergé, il place la fusée de Tintin sur la Lune. Comme vous le verrez dans le prochain épisode des compléments, je n’ai pas de temps à l’heure actuelle, je vais essayer toutefois avec les billets culturels de linker des vidéos Youtube ou des chaînes que j’ai trouvées pertinentes.

Au niveau musical, je préfère mieux ne rien dire, je viens d’écrire ce billet en écoutant du Radiohead et du Saez, voyez à quel point je suis ancré dans mes habitudes.