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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Quelle école pour demain ?

mardi 11 mai 2021 à 06:01

Je m'étais dit que je n'aborderai pas l'éducatif, l'école, pour deux raisons.

La première c'est que ma vision est nécessairement biaisée, je n'ai qu'une pièce du puzzle, celui de prof dans l'enseignement agricole. Néanmoins, on peut faire un constat à son propre niveau des évolutions. En gros ça volait pas très haut, maintenant ça creuse profond. Je pense que c'est un constat que tout le monde peut partager à différents niveaux, le prof qui a bossé avec l'élite de la nation peut considérer que c'est moins bon qu'avant. Il n'est d'ailleurs pas totalement absurde de penser que le niveau baisse notamment en mathématiques, l'ensemble des classements va dans le même sens, les petits français maîtrisent de moins en moins les fondamentaux. Pas qu'en mathématiques d'ailleurs, mon collègue Benjamin d'histoire me disait que sur un contrôle, moins d'un quart de la classe avait compris que le Général de Gaulle était le chef de la résistance. 

La seconde raison c'est une de celles qui m'ont fait arrêter le blog, j'en ai mal parlé. Dire en boucle que les élèves ne font rien, qu'on va tous mourir, c'est un constat, on peut le faire une fois, on peut le faire de temps en temps, mais le marteler car il exprime une angoisse du quotidien qu'on a besoin d'évacuer n'apporte rien. Je vous assure que c'est une véritable angoisse, c'est comme si du jour au lendemain un agriculteur constatait que ses poules ne pondent plus. La véritable question c'est désormais, comment compose-t-on avec cette population dont la préoccupation est l'amusement, population qui sera aux commandes du pays dans 20 ans. 

Une prise de conscience certainement pas partagée par tous

Il y a dans les très nombreux problèmes que nous rencontrons, une prise de conscience qui n'a pas l'air de se faire au sommet de l'état. La prise de conscience que l'école va très mal, que ses élèves n'y trouvent absolument aucun intérêt que ses élèves ne font plus grand-chose, que ses enseignants vivent de plus en plus mal leur métier, que les parents sont à cran car il reste facile de culpabiliser les familles comme j'ai pu le faire mais ce n'est pas simple. Dire "t'avais qu'à pas faire d'enfant si tu n'as pas le temps de t'en occuper" est un raccourci franchement réducteur que désormais je n'emploie plus. Le monde dans lequel nous vivons est devenu extrêmement complexe, composer sa vie personnelle, professionnelle, avec un jeune qui ne veut rien faire et qui manque profondément d'autonomie, c'est un défi du quotidien.

L'état n'a donc pas conscience que les choses vont très mal, et il paraît nécessaire d'envoyer un signal fort qui ne passera pas par les manifestations mais bien par un positionnement strict de l'enseignant. Au moment où j'écris ces lignes, mes classes de troisième n'ont pas la moyenne générale, aucune des trois. Je n'évoque pas seulement ma matière mais bien toutes les matières. Sans concertation, nous avons tous changé de posture et mettons de façon systématique des zéros pour travail non fait, plus d'interrogation de rattrapage qui de toute façon ne rattrapent rien. Nous n'adoptons plus cette fausse posture de bienveillance qui n'était en fait que de la peur. 

La peur de quoi ? Notre métier est basé sur la culpabilité. La culpabilité principale c'est celle du mauvais résultat, si les enfants ont de mauvaises notes c'est ma faute, je fais certainement mal mon travail. C'est un sentiment que nous connaissons tous, la peur de prendre un four aux examens, la peur que notre établissement soit fiché parce que les notes ne sont pas assez bonnes. On a eu donc tendance à jouer avec les moyennes, à adapter le niveau, à faciliter la tâche du jeune, trop. À une époque, la posture de la seconde chance, du compromis, notamment pour des élèves en rupture scolaire avait du sens, les enfants savaient prendre la main tendue. Aujourd'hui ce n'est plus le cas, leurs résultats scolaires les laissent totalement dans l'indifférence. Un manque d'intérêt total pour ce que nous faisons car il y a bien plus rigolo à faire, les jeux vidéos, Netflix ou les réseaux sociaux, les résultats sont catastrophiques. Il faut sanctionner quand l'élève ne travaille pas, si vous ne payez pas vos impôts vous êtes sanctionné, si vous ne faites pas votre travail vous êtes licencié, les élèves sont des citoyens en devenir, ils doivent apprendre le sens des obligations.

Il ne s'agit pas ici de se dédouaner, de ne pas s'interroger sur le travail à faire, sur la remise en question du métier d'enseignant qui devra se remettre en question mais simplement d'arrêter de mettre la poussière sous le tapis, la poussière ne rentre plus. Il faut qu'au sommet de l'état, on comprenne que le niveau est catastrophique même si on fait beaucoup d'effort pour le dissimuler. Je pourrais évoquer les 90% de réussite au BAC, je peux vous donner un cas que je connais bien, le DNB COVID de l'année passée. Une élève à 8 de moyenne chez nous, dans le sens les notes que nous avons fait remonter au niveau de l'académie, s'est retrouvée avec la mention assez bien, c'est-à-dire que le rectorat a relevé ses notes de quatre points. Aujourd'hui, même à des élèves qui ont six de moyenne, je ne me permets plus de dire que le DNB est compromis, tout est devenu possible. Ce qui pour l'instant ne passe pas, c'est l'orientation, la petite en question avec des résultats catastrophiques à l'année, n'avait postulé que sur des BAC PRO, aucun ne l'a prise, elle s'est retrouvée déscolarisée. 

La réussite aux examens est un leurre et les parents pour l'instant n'y voit que du feu. L'éducation nationale ne se donne pas les moyens pour faire le tri par le bas, elle le fait par le haut. Faire le tri par le bas, cela voudrait dire faire des classes adaptées, faire des classes de niveau, de façon à ce que les élèves puissent être encadrés le mieux possible par rapport à leurs difficultés ou leur potentiel. Avec une inclusion de plus en plus importante, avec la multiplication des handicaps, l'école est désormais un fourre-tout monstrueux où on demande à l'enseignant homme orchestre de jouer de tous les instruments, il doit différencier son travail. Qu'importe s'il a vingt profils différents face à lui, il devra faire vingt productions différentes. Avec ce système l'état réalise une économie de fonctionnement importante et va réussir à conduire une classe d'âge jusqu'au niveau BAC pour faire le tri avec Parcoursup. Les parents ne prennent conscience que trop tard, tout comme leur progéniture que les examens ne valent pas grand-chose et que pour intégrer la filière qui va bien, il aurait fallu fournir bien plus d'effort. 

Si demain les résultats à nos propres examens, pas des examens indépendants comme PISA baissent de façon drastique car les élèves ont bien les notes qu'ils méritent, la presse qui aime bien gratter où ça fait mal finira par s'emparer du sujet pour crier au scandale, on aura peut-être une réaction.

Il ne se passera rien sans volonté de l'état

Comme je l'écris plus haut, difficile de se mentir, le niveau baisse, la hiérarchie est au courant mais ne prend pas les mesures nécessaires. La pédagogie a ses limites, et c'est d'ailleurs pour cela qu'on a un truc pour encadrer, ça s'appelle la loi. Si nous vivions dans un monde où chacun savait ce qu'il avait à faire, dans le respect des lois, du sens commun, pas besoin d'appareil judiciaire, juridique, de police, ce n'est pas le cas comme on peut le constater au quotidien. Seulement si un acte délictueux se traduit par une action de justice, un gamin qui ne fait rien, il n'y a rien derrière. Car il faut bien comprendre que le problème est tellement généralisé, qu'il ne peut y avoir d'action individuelle qui consisterait à mettre à l'amende l'ensemble des enfants et des parents. 

À une autre époque, je vous aurais tenu un bon gros discours extrémiste avec la suppression des aides, des assistantes sociales devant les portes, mais ce n'est pas la solution. Un gosse de quinze ans a quand même une grosse part de responsabilité dans ses décisions, les parents ne sont pas responsables de tout et sont désarmés, on rajoute de la difficulté à de la difficulté. Si vous voulez faire appliquer une décision, vous devez mettre les moyens en face. Lorsqu'on a décidé qu'on voulait diminuer le nombre de morts sur les routes on a dépensé des fortunes dans des radars, on a même dépensé des fortunes pour faire passer tous les panneaux de France de 90 à 80. Si demain on veut changer la situation que nous vivons, il faudra que l'état mette des moyens colossaux en place, des moyens humains, parce que les moyens matériels qui consistent à acheter des Ipad à 600 € ne sert absolument à rien. Ce n'est pas non plus en s'attaquant à des familles qui sont déjà dans la difficulté qu'on changera quelque chose. Faire pression sur la famille n'apporte rien sauf quand il y a une véritable carence éducative, un danger pour le jeune, c'est sur l'enfant qu'il faire le forcing.

Lorsque l'idée c'est de réduire au maximum les coûts, avec comme précisé plus haut l'inclusion pour éviter la multiplication des filières, des classes à 35 élèves, des enseignants mal payés, déconsidérés donc peu motivés, il n'est pas possible de redresser la barre. Je lisais un article que je trouvais très pertinent sur le site Slate qui explique que nombreuses sont les personnes qui ne réclamaient pas les aides qu'elles devraient avoir et que finalement le français fraudeur c'était un milliard d'euros quand l'évasion fiscale c'est cent milliards. Au-delà des chiffres, il y a une partie qui devrait interpeller tout le monde dans cette histoire. Les gens qui auraient perçu des aides auraient peut-être eu une vie facilitée et évité de s'enfoncer davantage dans la précarité. Car cet enfoncement entraînera l'appel d'autres services, d'autres aides, largement plus onéreuses que les aides sociales. 

En faisant des économies sur l'éducation ce sont des économies sur le court terme sans réfléchir à l'avenir de nos enfants et aux enjeux de la nation. Le niveau baisse, c'est autant de médecins, de professions qualifiées, de dirigeants moins compétents dont il faudra se passer. Les enfants n'ont plus de connaissances en histoire, le niveau culturel baisse c'est un danger politique et sociétal. La culture permet de comprendre le monde comme l'histoire, pour éviter de refaire les erreurs du passé. Les enfants n'ont plus les codes, ne distinguent plus les fake news, la réalité, par le fait ce qui est démagogique de ce qui ne l'est pas. En n'investissant pas dans l'éducation, on n'investit pas dans l'avenir. Notre grande nation la France n'a pas été capable de produire son propre vaccin pour lutter contre le COVID, d'autres l'ont pourtant fait.

Est-ce que l'enfant d'aujourd'hui est le prototype de l'enfant de demain ? 

Il serait légitime de se dire que tout ceci n'est qu'une question de COVID, que tout finira par rentrer dans l'ordre. Comme on l'a souvent dit, le COVID catalyse, il accélère des situations qui étaient déjà amorcées. La baisse de niveau ce n'est pas d'aujourd'hui, le manque de travail ce n'est pas d'aujourd'hui, la différence c'est peut-être le côté totalement assumé, un élève peut vous regarder droit dans les yeux, vous narguer, vous dire qu'il n'a rien fait, s'en moquer totalement, en ayant pleinement conscience qu'il peut le faire en toute impunité puisqu'il n'y a rien dans le système répressif à notre disposition.

La vraie question et c'est une question que je ne m'étais pas posée dans les précédents billets, et s'il fallait désormais composer avec ce public, si notre avenir, c'était de travailler uniquement avec ce profil de jeunes. Comme dit plus haut, rien n'est possible sans volonté profonde de l'état mais quel pouvoir a réellement l'état pour infléchir une tendance de fond. J'entends par là que lorsque la révolution est en marche, lorsqu'un peuple a décidé d'imposer sa volonté, il le fait. Malheureusement ici il ne s'agit pas de la libération des peuples mais une tendance forte à ne rien faire. 

Mon public aujourd'hui, je rappelle que je suis uniquement dans mon petit monde, est composé à 90% d'élèves qui veulent partir en CAP principalement en apprentissage. Il y a un fantasme dans l'idée de partir travailler le plus rapidement possible sans réaliser les contraintes, et surtout sans avoir trouvé le patron ou même parfois sans l'avoir cherché ! Ce positionnement est bien réel et se traduit par un dégoût de l'école, une volonté d'en finir le plus rapidement possible, preuve qu'il y a quand même des interrogations à se poser. Si les élèves sont pressés d'en finir, c'est qu'ils ne trouvent pas leur compte, qu'ils ne trouvent pas de sens.

Si c'est effectivement ce public qui sera le nôtre, il faudra alors abandonner le travail à la maison qui n'est plus fait. Les élèves ne le font pas, je ne peux pas faire grand-chose et ils le savent. Quel pouvoir ? Trois heures de colle pour travail non fait, ce n'est pas viable pour le fonctionnement d'un établissement scolaire. La grande majorité des élèves ne font pas le travail, c'est donc envoyer 90% d'une classe en colle, plusieurs fois par semaine. Le CPE me rira au nez, il n'aura même pas à le faire, la rédaction des bulletins de colle, les photocopies à faire pour le travail à donner pour la retenue, c'est se donner davantage de travail pour ne pas obtenir de progrès. Abandonner donc le travail à la maison c'est donc faire l'intégralité des exercices en classe. Dès lors il faudra évidemment aller à l'essentiel, raboter certains concepts, certainement quelques chapitres. 

Il faudra essayer d'être le plus concret possible pour donner encore un peu de sens à ce que nous faisons et peut-être réussir à être un peu accrocheur. En gros, et sans équivoque pour mon public, il faudra baisser le niveau c'est donc une façon de plus de tirer vers le bas. Certes mais c'est peut-être un début pour essayer de raccrocher un peu les wagons car pour l'heure c'est la débandade la plus complète, il devient impératif d'avoir un début de quelque chose quand nous n'avons plus rien. 

Il faut comprendre que cette période qui dure désormais depuis plus de un an aura introduit des comportements avec lesquels il faudra composer tant qu'une véritable volonté, avec les moyens qui vont avec ne seront pas mis en place. Et pourtant l'argent, les moyens matériels, ne serviront à rien tant qu'une véritable politique éducative ne sera pas réfléchie, avec la seule, l'unique question : que sommes nous en droit d'exiger de l'enfant et par le fait jusqu'où va-t-on pour qu'il y arrive ? Car si on s'interroge sur le désintérêt quant à l'école de nos chères têtes blondes, il n'est parfois pas nécessaire d'aller bien loin. Dans une copie, une élève  de seconde générale écrit le mot  satisfait, "satisfer". Pendant ce temps là mon épouse me dit que les compléments circonstanciels on change les règles tous les quatre matins quand les enfants ne savent plus lire et écrire. 

Nous sommes à une époque où il n'y a plus de volonté de bien faire, pour preuve les torchons que les gosses vous rendent, et de l'autre il n'y a plus d'exigence car les programmes sont devenus complexes, induisant du découragement des deux côtés, ceux qui les donnent, les enseignants, ceux qui les reçoivent, les élèves, pour former une caste unique, ceux qui les subissent.  

Un cahier des charges à inventer.

Pour l'heure et lorsqu'on voit les différentes réformes engagées depuis les dernières années, le BAC en tête de liste, on comprend que le décalage entre la réalité, celle que nous vivons dans le quotidien et celle fantasmée par nos politiques n'est pas viable.

On ne finira pas en RAP aujourd'hui, on finira avec un discours d'Albert Dupontel. Dupontel sert depuis des années un discours assez intéressant sur l'école, il y crache un peu certainement ses frustrations, son expérience difficile. Il explique qu'on pousse l'enfant dans les mathématiques, qu'on formate les cerveaux, qu'on ne développe pas la créativité et j'en passe. Son discours pour ma part aurait pu sonner juste il y a 30 ans dans l'école que j'ai vécue. La créativité n'est plus tuée par l'école où effectivement les arts et la culture n'étaient peut-être pas mis en avant, aujourd'hui les enfants s'ils ont un peu de culture c'est parce qu'on leur apprend à l'école, face à la merde produite par Youtube et les réseaux sociaux  dont ils se gavent à grand coup de teraoctets. Et son discours sonne d'autant plus faux qu'Albert Dupontel oublie quelque chose d'élémentaire. C'est parce qu'il a subi un système scolaire qui ne l'a peut-être pas poussé à la réflexion mais aux automatismes, qu'il a pu s'affranchir de la difficulté de la manipulation des outils pour penser. J'entends par là que lorsqu'aujourd'hui un gosse peine à lire, comment peut-on imaginer qu'il puisse être à l'aise dans la pensée. Les automatismes et le bourrage de crâne sont l'équivalent des exercices d'échauffement du sportif. Sans répétition il n'y a pas d'apprentissage, sans temps à consacrer à la répétition, pas d'apprentissage encore.

Malheureusement et c'est une conclusion qui m'est très personnelle, je pense qu'il est trop tard, que le mal est fait. Cette répétition que j'ai subie, cette répétition que j'ai acceptée, cette discipline, les jeunes n'en veulent plus. Il faudra certainement tordre car il y va de la survie de la nation. Dans un avenir proche, que deviendra la France si elle n'est composée que d'enfants qui ne veulent pas embrasser des professions complexes, une population sous-développée. Elle deviendra ce qu'ont été les pays pauvres, un endroit où l'on implante les usines pour avoir des travailleurs peu qualifiés et peu cher. C'est ici que ça va poser problème, avec un petit niveau indéniable mais des aspirations à rouler en Porsche Cayenne, ça va coincer quelque part.

Le bricolage une obsolescence pas vraiment comme les autres - réalisation

vendredi 7 mai 2021 à 21:04

Nous sommes vendredi soir, je sors de cent bornes de voiture, routine, quatre heures de cours, six heures de bricolage, comme toujours, je tiens la forme, encore assez pour écrire un peu avant de m'effondrer. Rendez-vous à 13 heures avec l'architecte, il s'agit d'un ami avec qui je fais les travaux, il sait tout faire et surtout il ose tout. Il fait partie des rares personnes que je peux considérer comme ami et pas l'un des relations qu'on peut croiser dans un réseau social, le genre de gars qui m'aiderait certainement à dissimuler un cadavre ou plus simplement faire des travaux pénibles. Ma fille a préparé le repas, son distanciel a quelques avantages.

Nous démarrons à 14 heures. Je dois démonter le meuble de la salle de bain, de son côté il se lance dans l'agrandissement du trou de la hotte qui doit passer de 10 à 15 cm. Le démontage du meuble ne pose pas de véritable problème si ce n'est que c'est dégueulasse et qu'il faut nettoyer.

Comme je l'indiquais la fois d'avant, la distance entre le siphon et le mur est bien plus importante que 5 cm, pour faire rentrer un meuble actuel il aurait fallu raboter sec, malheureusement ça aurait été trop simple. La pose du meuble ne pose, ah oui rime riche en pose, aucun problème particulier, on notera que les accroches pour le meuble ne sont bien sûr pas à la même hauteur, il est nécessaire une fois de plus de transformer le mur en gruyère. 

Je m'attendais à un problème avec le plan de travail avec une largeur de 82 cm et en fait pas du tout, c'est passé comme une lettre à la poste. Malheureusement comme on rigole toujours quand on fait du bricolage, le trou que j'attendais décalé gauche droite s'est retrouvé décalé dans la direction nord sud. En fait le trou était trop au sud par rapport à l'emplacement du siphon. Pas que, voici le vrai problème en image. 

Par rapport à l'ancienne évacuation, il manque un bon dix centimètres de hauteur pour arriver à niveau. Alors bien sûr, il existe des siphons qui peuvent plus ou moins se monter ou se descendre, comme un yoyo, qu'est-ce qu'il y a sous ton grand chapeau. Malheureusement ce n'est pas le cas de celui-ci, la distance étant trop importante. J'avais quand même prévu le coup en prenant un bout de tuyau en 3.2 et de la colle, malheureusement j'avais oublié un coude ... Et là tu te dis que bricodepot c'est à 20 bornes et que tu es parti pour aller faire un aller retour de plus d'une heure en roulant comme Prost pour un coude à 50 cents d'euros ce qui est pire que de se mettre le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Il se trouve que dans mon village, alors que nous vivons loin de tout, des gens ont monté un magasin qui s'appelle bricomer. Oui on vit à la mer, bricomer, ça sonne plutôt bien. J'avais fait une première expérience particulièrement décevante il y a quelques années qui m'avait conduit à faire l'aller retour pour aller chercher de la paille et du téflon pour faire un robinet, pourtant le truc de base. Un changement de propriétaire plus tard et voilà un magasin qui finalement est plutôt bien fourni. Consommez local et faites travaillez vos commerçants, se serrer les coudes, c'est effectivement à réfléchir. J'espère que vous aurez noté le double jeu de mots en coude, histoire de vous rappeler que j'ai toujours une maîtrise exceptionnelle de mon phrasé.

Il aura fallu un petit peu plus qu'un coude et de l'huile de coude, pour ne pas se casser la tête, c'est la tuyauterie qu'il a fallu refaire. À la réflexion c'est presque un siphon économie de place qui aurait pu rentrer. Voici le résultat final. 

Une photo instagramable

Le système que je trouve super c'est la bonde sur laquelle vous appuyez et qui ferme automatiquement l'eau, ça évite les systèmes complexes qui se montent derrière les robinets et qui ne sont jamais à la bonne hauteur avec des baguettes qui se croisent. En même temps, avec une vasque au milieu, un robinet que vous placez où vous voulez un système traditionnel n'aurait pas été possible. C'est vendu entre 15 et 20 € et je trouve que c'est véritablement un système qui change la vie.  Ça se monte super rapidement puisqu'il y a la bonde, un joint conique et un écrou pour serrer qui se situe sous le plan de travail.

Malheureusement la flotte c'est l'enfer, on se retrouve toujours avec une fuite et ça été encore le cas aujourd'hui. Alors que le siphon est vieux comme le monde, d'origine, il ne fuit pas, c'est au niveau de la bonde que ça fuit. Démontage, remontage, vérification du joint, sans succès. J'ai fait le truc dégueulasse qu'il ne faut pas faire et pourtant j'ai vu pas mal de gars qui vous déculpabilise sur le net qui pratiquent la méthode, on noie dans le mastic à l'endroit où ça fuit. J'ai donc balancé comme un porc, pour l'instant ça a l'air de passer. Déculpabilisez, jointez comme des porcs.

J'émets quelques doutes quant à la longévité du meuble, même si ça a de la gueule, que ma femme est contente, j'ai peu d'espoir dans la durée avec des gens qui ne font pas assez attention. Pendant ce temps-là du côté de la hotte. 

Pas de grosses difficultés dans le passage du conduit un de chaque côté et on fait passer. Pour la pose de la hutte j'étais en train de mastiquer comme un porc, je n'ai donc pas suivi, des chevilles molly, quelques mesures, pas plus. La grosse difficulté aura été le coup des 20 cm en 22 cm. La cheminée n'arrivait pas à rentrer, il a fallu s'y reprendre à plusieurs fois pour faire passer dans le placo, couper des bouts de rail pour arriver à un résultat convenable. 

Si vous êtes un peu attentif vous pouvez voir des trous bien dégueulasse, il va falloir que je rebouche. Il faut reconnaître qu'à un moment faut bien que ça rentre et on n'a pas fait nécessairement dans la dentelle. 

Les journées sont longues mais le bricolage à plusieurs ça reste toujours des bons moments. Tu ne penses à rien, tu racontes des conneries, tu partages quelque chose et l'espace d'un moment on finit par oublier tout ce qui peut se passer, trop concentrés sur l'objectif de la réalisation. L'apprentissage est toujours présent et c'est vrai pour tout, plus on en fait plus c'est facile d'en faire. Ce qu'il faut c'est encore pour tout, avoir un peu la confiance, oser faire. La rénovation reste quand même compliqué et j'ai la sensation qu'on ne fait rien pour faciliter la tâche. 

Je crois que c'est certainement moi qui vieillis, je trouve tout de plus en plus compliqué, l'informatique, le bricolage, la vie tout simplement. Je me mets à la place des petits vieux totalement déconnectés de cette réalité aux cadences infernales. C'est ici qu'on se dit qu'il vaut mieux avoir des gosses qui gèrent un peu et une sacrée dose de pognon. 

Avant de conclure ce billet, je remercie ceux qui spontanément ont exprimé leur joie de me voir remonter une énième fois sur le ring. Il me paraissait important de dénoncer le drame des meubles à siphon plat et je crois que malheureusement si je ne l'avais pas fait, personne ne l'aurait fait, et j'ai presqu'envie de dire qu'il n'y avait que moi pour le faire, alors finalement je l'ai fait et je crois l'avoir bien fait. Comme je l'ai écrit en billet d'introduction, je crois que désormais je sais parfaitement ce que j'ai à faire, il y aura bien sûr un prochain billet, une suite, mais peut-être pas demain ou après demain, mais quand elle sera prête, quand il le faudra. J'ai presque envie de dire comme Debian, ce qui ferait presque une forme de teasing pour un billet Linux c'est de la merde. 

Nous nous quittons sur la chanson de Onze, tout va bien, c'est de circonstance, sauf si j'ai une fuite demain dans le meuble. Je trouve le son intéressant, le rap technique, le flow assez incroyable et même une référence à Lovecraft. 

Le bricolage une obsolescence pas vraiment comme les autres - préparation

jeudi 6 mai 2021 à 11:39

On rigole, on rigole mais cela fait maintenant huit ans que je suis installé à Saint-Pierre la Mer à plein temps. La maison ne m'aura pas réservé de grosses surprises, pas de gros travaux à part bien sûr les fameuses canalisations qui débordent et encore ce n'était pas vraiment de gros travaux, juste des travaux de merde, au sens propre. Les travaux à venir, car il y en aura, seront en lien avec le départ des enfants de la maison. Mon fils qui va vers ses 19 ans doit signer un CDI avec une grosse boîte en électricité. 

C'est ici que je me fais la réflexion qu'on n'a pas été trop mauvais avec sa mère, et que d'avoir enterré depuis toujours le fantasme d'avoir des enfants avocat ou médecin pour avoir des enfants heureux, c'était certainement la meilleure des choses à faire. Alors qu'il est en terminale BAC PRO, il est déjà en saturation d'école, comme on le retrouve chez de nombreux jeunes et de plus en plus tôt, s'il avait dû partir en BTS ça aurait été une véritable punition pour lui, j'espère donc vivement que ça va fonctionner pour lui. Enfin bon, on en est pas encore à l'aménagement dans sa chambre d'une salle de jeu, d'un mini-bar et d'un banc de muscu comme tous les gars qui font la crise de la cinquantaine, pour l'heure j'en suis au changement du meuble de la salle de bain et de la hotte de la cuisine.

La hotte de la cuisine c'était déjà de la récup de l'ancien propriétaire qui était un gars qui faisait tout en récup, je peux donc me dire que c'est une hotte qui devait avoir franchi le cap des 20 ans. J'avais expliqué fièrement dans un billet de blog parti dans les limbes de l'internet que j'avais déjà réussi à la récupérer une première fois en démontant l'interrupteur, les connecteurs s'étaient encrassés si bien que j'avais des positions qui ne fonctionnaient plus. J'y ai cru, car la hotte fonctionnait sur les positions 1 et 2, pas sur les positions 3 et 4, j'ai tendance à penser qu'un moteur c'est binaire, à croire que non. Il faut comprendre que j'ai un montage de hotte un peu particulier, je vais vous expliquer en photo pour comprendre pourquoi.

J'aime beaucoup le trou, ça me rappelle mes canalisations en plus gras

Voici ce qu'il faut comprendre. La première chose c'est que dans le caisson que vous voyez passer en haut, il y a l'évacuation de ma salle de bain qui est au-dessus. La moralité c'est que la cheminée ne peut pas faire une taille trop importante sinon elle passe à travers l'évacuation ce qui est franchement gênant. La seconde chose et c'est toujours en lien avec le placo, dans le monde merveilleux du bricolage on imagine qu'une cheminée de hotte c'est quelque chose de standard. C'était plutôt bien parti pourtant la taille du conduit c'est 20 cm. 20 cm c'est plutôt sympathique, ça sonne bien 20x20. 

Des hottes sur internet, vous en avez en pagaille, vous en avez des légions et encore plus désormais que ManoMano est dans la place. Cela dit je mets quand même un gros bémol sur ce site même si j'ai acheté dessus, il s'agit en fait ni plus ni moins d'un gros marketplace, vous pouvez retrouver les mêmes produits sur Amazon. Alors que le bricolage est tout de même quelque chose d'un peu pointilleux et qui se joue de façon très régulière au centimètre, il apparaît que les descriptions quand elles existent sont floues ou inexistantes. Trouver alors un plan avec et les dimensions pourtant indispensables relèvent du défi. J'ai pu acheter une hotte dans des dimensions en gros similaires pour ma largeur, mais à 22 cm, il va donc falloir couper deux centimètres de placo sur la droite, du fait que sur la gauche j'ai la prise électrique. On notera enfin comme dernier point et pas des moindres que les tuyaux sont passés de 10 à 15 cm, si bien qu'il faudra sortir marteau et burin pour élargir le trou. 

Le meuble de salle de bain c'est dans la même veine, j'aurais tendance à dire que c'est pire. Les gosses ne faisant attention à rien, de la flotte a coulé sur le côté si bien qu'avec les années le bois a fini par pourrir pour obtenir un résultat franchement dégueulasse que vous pouvez voir ci-dessous.

Le meuble fait 80 cm de large et ici pas réellement de problème, les meubles en 80 ce n'est pas ce qui manque. Par contre il y a quelque chose que je n'avais pas prévu et c'est pour ça que le bricolage c'est vraiment quelque chose qui se prépare très largement en amont. Et dans la préparation, il est important de regarder les commentaires même si pour la grande majorité, on devrait exécuter les gens qui les écrivent. Cinq étoiles "je n'ai pas eu le temps de monter le meuble". C'est ici qu'on se dit qu'on n'a pas le même sens de l'intelligence et du bon sens. Revenons-en à nos moutons, à nos meubles. Il s'agit du meuble imandra vendu chez Castorama donc forcément un meuble de qualité, mais aussi vendu chez Bricodepot, donc un meuble tout pourri. La conclusion c'est que désormais toutes les enseignes ne sont finalement que des marketplaces. Le meuble correspond à ce que je cherche, il est de plus vendu avec une vasque qui a des bords si bien qu'il empêche l'eau de tomber sur le meuble et d'avoir le drame qui s'est produit plus haut.

Si on n'est pas attentif et si on n'a pas fait de meuble depuis longtemps, on ne va pas forcément faire attention à un truc de pourtant évident, mais où que tu le mets ton siphon ? Eh bien en fait ton siphon traditionnel, tu ne le mets pas, il s'agit d'un siphon extra-plat ou siphon à économie de place qui va s'intercaler à l'arrière du meuble et pas dans le tiroir avec une découpe adaptée. C'est ainsi qu'on découvre que désormais une majorité de meubles sont taillés de cette façon, un espace de 5 à 6 cm au niveau des tiroirs, de façon à laisser la place pour un siphon qui n'est pas "conforme" même si j'ai l'impression que cette non conformité est en train de devenir une généralité. Dans les commentaires clients, des gens se disent surpris parce qu'ils ont acheté sans lire, c'est en effet indiqué dans la description qu'il faut utiliser un siphon gain de place. Et donc les gens expliquent que le tiroir ne ferme pas et certains ont même fait des découpes à la main pour réussir à faire passer le siphon.

Je vais donc à bricodepot et je passe dans les rayons à forcément ouvrir l'intégralité des tiroirs, la quasi-totalité des tiroirs est sur le même modèle ... Le vieux siphon traditionnel facilement accessible est donc voué à disparaître. Dans mon cas, il faudrait que je bouge aussi ma tuyauterie, ces modèles en effet poussent à encastrer l'intégralité de la tuyauterie dans les murs, pas forcément facile à faire "après" dix ans de travaux. C'est une forme d'obsolescence programmée pour ma part, car on est pas loin de devoir faire le calcul de jeter la maison tant certaines évolutions sont contraignantes. Et pourtant, une tuyauterie apparente c'est quand même une plus grande facilité d'accès, le siphon extra-plat, je pense qu'après le passage de ma femme et de ma fille qui sèment des cheveux aux vents ou dans les lavabos, c'est bouché de façon systématique. 

C'est totalement par hasard que j'ai trouvé mon meuble, j'en avais vu un sur internet qui semblait correspondre, ici encore la démarche est compliquée, il faut essayer de trouver les plans de voir des photos, de lire des avis clients pour voir si on n'a pas de mauvaise surprise. Comme il me fallait quelques bricoles et que ma femme était avec moi, elle a vu ce modèle avec une vasque au-dessus, ce sera mon premier modèle de ce type. J'ai quelques énormes réserves parce qu'entre flipper le dauphin, bibifoc et la baleine de Pinocchio, je pense que le plan de travail sera tué en trois jours. Je mettrai peut-être un truc absorbant dessus pour éviter les traces d'humidité. Pour l'heure c'est pas encore fait, le résultat final devrait ressembler à ceci.

Je fais une semaine extraordinaire dont je vous épargnerai les commentaires du fait d'avoir repris du présentiel plus ou moins distanciel ce qui fait que je jongle pas mal pour finir les cours, sauter dans la voiture et faire visio depuis chez moi où mon équipement fonctionne, ce qui n'est pas le cas du lycée où le réseau sature. Le confort de mon écran 24 pouces et de mon casque USB Logitech, ça n'a pas de prix. J'ai quand même monté le meuble sans le poser, tout comme j'ai retiré l'ancienne hotte, demain ma fille qui est en distanciel videra les tiroirs. Je m'inquiète toujours de voir que je suis toujours aussi bon, même meilleur sous pression que lorsque j'ai le temps de faire les choses.

J'ai pris ce temps de préparation nécessaire car avec l'expérience, on se rend compte qu'il manque toujours quelque chose. Si vous regardez le meuble vous voyez un robinet qui sort, sauf que si vous regardez le plan de travail, il n'y a pas de trou pour le robinet. Un papier accompagne le plan et précise que si un trou est bien présent pour l'évacuation de la vasque, il faut faire appel à un professionnel pour faire le trou du robinet ce qui fait doucement rigoler pour un meuble à 200 €. Cerise sur le gâteau, le plan de travail fait 82 cm et pas 80 ce qui veut dire qu'il faudra scier 1 cm sur un côté.

On se rend compte donc que : 

Nous verrons dans le prochain épisode la réalisation finale et les difficultés rencontrées. 

Teaser

jeudi 6 mai 2021 à 06:10

Tu as des moment dans ta vie où tu as quelque chose de pas du tout intelligent à partager mais tu sais qu'il faut impérativement que tu le partages parce qu'il est évident que tu vas changer le monde. Malheureusement tu te rends compte que ton site internet est trop intelligent pour le partager et que si tu le mets sur un blog de libriste ça va pas le faire. L'envie est pourtant là, bien présente et tu ne sais absolument pas quoi faire si ce n'est faire un blog parce que de toute façon tu ne sais rien faire d'autre. Et puis il y avait ce nom de domaine qui est là, bien présent, un nom de domaine qui si je puis me permettre me colle à la peau, un nom de domaine dont je ne peux pas me débarrasser parce que sinon il sera racheté pour vendre tout et n'importe quoi. Alors plutôt que de ne servir à rien, je relance la machine pour une douzième saison, j'ai arrêté de compter les coups, enfin surtout les morts pour une formule qui est désormais totalement maîtrisée. 

Il y a une dizaine d'années Youssoupha avait fait une chanson qui s'appelle j'ai changé, j'avais pensé la mettre parce que Youssoupha malgré son dernier album qui me fait pleurer des larmes de sang c'est quand même un maître de la punchline, un phrasé extraordinaire. Malheureusement il apparaît que je n'ai absolument pas changé, j'ai toutefois appris deux trois bricoles. La première c'est que je suis le maître de mes écrits, c'est pas comme si on me mettait un fusil sur la tempe pour écrire de la merde, la seconde c'est que je ne suis plus pressé par le temps et que si je n'écris pas pendant trois semaines, ce n'est pas comme si ça allait changer la face du monde. La combinaison des deux fait que je pense savoir dans quoi je m'engage, sauf pour le moteur de blog où je prends bludit un CMS dit flat, développé par deux gars dans un garage, peut-être moins, où insérer une vidéo en responsive design relève d'un défi que je ne vais peut être pas relever, je ne sais pas, je suis forcé de poster pour vérifier.

Ce sera donc le retour du phœnix, j'aime beaucoup, tu mets du Saint Seiya tu sais que tu joues déjà dans la carte de l'élitisme, tu mets du Saint Seiya dans sa version française qui a bercé nos mercredis après-midi, tu n'es plus dans l'élitisme, même plus dans le confidentiel, mais dans le vieuxconnisme où tout était certainement mieux avant.

Dans notre prochain épisode, il sera question de meuble de salle de bain et d'obsolescence programmée ou quand tu réalises qu'il vaut mieux certainement vendre sa maison que de changer quoi que ce soit, le concept de la maison jetable devient certainement à réfléchir.

Cultures, épisode 69

lundi 1 février 2021 à 17:26

Après un excellent nains 17, on continue avec un tout aussi bon tome 18 pour une série qui pour l’instant ne déçoit pas, ce qui est une performance après autant de tomes. Ararun du Temple, est un enquêteur au pays des elfes, il est accompagné d’une elfe bleue pour partenaire ce qui pourrait presque faire penser à un cross over des deux séries. Le prince de la ville a été assassiné, un meurtre impossible à des hauteurs incroyables. Et c’est curieusement par hasard que le fils prodigue, héritier, et frère de l’ancien partenaire assassiné de Aarun refait son apparition après des années où l’on croyait lui aussi mort ou disparu. Le nain et l’elfe mènent l’enquête pour un récit comme toujours pas très original, mais franchement bien mené avec de la castagne et de l’humour noir à tous les étages.

À chaque fois que Maïwenn sort un film, c’est un peu la hype, je pense que c’est en lien avec le côté excessif de l’actrice, de ses performances où tout le monde crie, tout le monde pleure, où les sentiments sont exacerbés. ADN n’échappe pas à la règle avec pour contexte la mort du grand-père, l’enterrement qui va avec et la recherche des origines. S’il fallait faire la synthèse du film, je dirais qu’il s’agit de l’histoire d’une femme perdue dans ses origines, dans ses relations familiales avec des parents avec lesquels elle a des relations catastrophiques, dédicace à Fanny Ardant en mère horrible. Pour le reste c’est une tentative d’accumulations de clichés, avec des situations qui prêtent aux clichés comme le choix du cercueil, pas trop cher quand même parce qu’on va laisser 1500 balles pour partir en fumée. Je suis plutôt perplexe quant au résultat, j’ai réussi à le regarder jusqu’au bout ce qui est assez exceptionnel ces derniers temps pour moi, faute de passionner, le film intrigue.

Robert Rodriguez aura produit des films en pagaille, pour les petits, pour les grands, avec une bonne dose de fantastique. Personnellement je préfère retenir Alita Battle Angel ou Desperado et une nuit en enfer que Spy Kids. Malheureusement avec we can be heroes, c’est plutôt vers ce dernier qu’on s’oriente. Les extra-terrestres débarquent et c’est le drame, les super héros se font tous marave. Qui pour sauver les héros ? Leurs enfants bien sûr ! C’est franchement à vomir, ça mise sur les générations futures, sur la mésentente des grands qui est compensée par l’unité des petits, on dirait que le film a été écrit par Greta Thunberg avec malheureusement l’ambition d’un block buster mais la réalité des moyens des films Netflix. Je pense que le film est à interdire au plus de douze ans. Je vous recommande plutôt de lire dans le même esprit, la bande dessinée superworld bien plus trash et plus intéressante.

Après avoir réveillé la flamme du hack and slasheur en moi avec le Dark Siders Genesis le combo soldes playstation store et Shadows Awakening m’aura été fatal. À priori Shadows Awakening se situe dans l’univers de Shadows: Heretic Kingdoms, qui me dit quelque chose de nom mais sans plus, ça évoquera peut-être quelque chose chez vous. Le scénario a l’air d’être bien ficelé, les dialogues sont de qualité, mais force est de reconnaître que quand tu joues à ce type de jeu, c’est pas pour philosopher mais pour faire une grosse boucherie. J’ai donc fini par zapper parce que c’est long, tout est d’ailleurs trop long dans ce jeu pour un concept pourtant intéressant sur le papier. À la façon d’un Mortal Shell, vous êtes le dévoreur, vous allez pouvoir dévorer des personnages selon des classes et des caractéristiques différentes, les classiques guerriers, archers, magiciens. Alors que dans ce type de jeu on reste figé dans le gameplay, il faudra ici jongler entre quatre personnes de son choix plus ou moins adapté à la situation. On notera de plus que le dévoreur n’est pas sur le même plan de réalité que les « marionnettes », si bien que vous allez pouvoir traverser certaines parties interdites ou éviter des monstres pour les fracasser par-derrière. Dans le plan astral ce n’est pas le monde de Bambi, le dévoreur a aussi son lot de monstre à marave. Ce gameplay est utilisé tout au long du jeu de façon plutôt intelligente, passer en mode dévoreur pour faire certaines actions, revenir à la normale. Et c’est certainement ce point qui me fait arrêter le jeu. Lorsque je joue à un hack and slash, je ne joue pas à un jeu de mémoire ou un casse-tête, je veux justement casser des têtes. Les énigmes sont poussives, et ralentissent la progression dans le jeu où l’on peine déjà à prendre du plaisir.

Car s’ajoute à ce premier souci un problème de fond, le jeu tout simplement. Alors que Discorde sautait dans tous les sens et offrait un gameplay nerveux, le personnage est tellement lent qu’il ne peut éviter les attaques à distance. On se voit forcé de diminuer la difficulté car l’un des premiers boss du jeu pose problème, on ne peut pas éviter les boules de feu. Le jeu est donc mal foutu, et souffre de nombreux ralentissements sur PS4, ce qui veut dire que vous avez une action molle ralentie. Rajoutons à cela des cartes interminables et je préfère limiter les frais, tant pis j’aurais jeté 11 € pour rien.

C’est ici que je regrette de ne pas avoir poussé davantage les recherches, ce que j’ai fait après, j’ai vu ce Youtubeur qui faisait les commentaires, rares, sur le jeu. Ça vaut ce que ça vaut comme façon de tester, néanmoins le problème de lenteur du personnage et de manque de plaisir est largement souligné. Sur jv.com, le jeu n’a pas été testé, les commentaires des joueurs sont malheureusement dithyrambiques.

Le film mignonnes a connu son heure de gloire mais pas forcément dans le bon sens. Il s’agit d’un film Netflix et la force du concept Netflix c’est d’internationaliser un film si bien qu’il peut tomber dans de mauvaises mains, de mauvais yeux ou disons des gens qui n’ont pas les mêmes critères culturels que les nôtres. Au niveau du pitch, c’est l’histoire d’une bande de gamines pré-adolescentes qui veulent passer un concours de danse. Pas du tout des femmes, elles sont pourtant prises dans l’hypermédiatisation où tout est à portée de vue, où tout fait rêver, où les codes c’est la sortie de l’enfance à tout prix. Alors forcément quand tu vois les chorégraphies, les attitudes provocantes, il est normal qu’aux États-Unis ça ne passe pas. On ne refera pas le match entre le paradoxe de ce cri contre la pédophilie d’un côté et une Amérique qui fait n’importe quoi de l’autre, à l’origine notamment de toutes les tendances les plus dégueulasses. On restera sur nos critères francophones, sur ce que montre, sur ce que dénonce le film. Des gamines prêtes à tout pour être populaires, et qui ont compris que dans les codes de la popularité il faut oser, il faut en montrer un maximum. Le film est très bien réalisé, il montre après que tout que ce ne sont que des gamines, avec des jeux de gamines, totalement dépassées par notre monde actuel. Je dois dire que pour ma part, c’est certainement le film qui m’a mis le plus mal à l’aise depuis un bon moment, et je pense que c’est certainement une normalité, que je sois mal à l’aise face à des gamines qui se déhanchent. Je pense que c’est un film qu’il est nécessaire de montrer aux jeunes, comme d’autres, car il vise juste, c’est un support pédagogique pour aborder pas mal de thèmes, même s’il faut bien prendre conscience que ça ne changera rien. Les mêmes américains qui dénoncent, ont des mécaniques trop bien huilées avec les réseaux sociaux qu’ils ont créés, aujourd’hui être grand ce n’est plus allumer une cigarette pour faire comme les grands, c’est bien plus que ça.

Isabelle Huppert travaille pour les services de police, elle est traductrice. Veuve depuis vingt ans, une maman dont il faut payer la maison de retraite, les fins de mois sont difficiles. Par le coup du hasard, elle va trouver une cargaison de drogue très importante et se mettre à dealer à très grande échelle, connaissant parfaitement les rouages pour travailler de l’autre côté de la barrière. Même si c’est un classique avec une situation largement vue au cinéma, c’est une très bonne comédie, Isabelle Huppert très à l’aise dans ce rôle de Daronne (La).

Jalil Laspert et Mélanie Doutey essaient d’avoir un enfant, fécondations in vitro, ils ont tout essayé, il ne reste plus que l’adoption. Lorsque Louise Bourgoin apparaît, une cliente aisée qui vient de s’installer avec son mari, c’est le coup de foudre, la passion amoureuse, elle va tomber enceinte. L’homme, désireux d’être père, va être bouleversé par la nouvelle. L’enfant rêvé est le classique triangle amoureux, portés par des acteurs de talent qui savent parfaitement faire, mention spéciale à Jalil Lespert, ce n’est pas particulièrement passionnant, mais on reste quand même pour voir comment ça va finir.

Une bande dessinée sur les monnaies virtuelles, c’est forcément dans l’air du temps, c’est ce que propose Crypto monnaie, le futur de l’argent. Josh est une ancienne star du football américain reconverti dans la banque, métier dans lequel il ne s’épanouit pas. Trop honnête il finit par se faire licencier et s’intéresse à une nouvelle monnaie qui se doit d’être un bitcoin killer. Malheureusement après avoir impliqué l’intégralité de sa famille et de ses amis, il réalise que tout ceci est une grosse arnaque comme ça a été plusieurs fois le cas avec des pyramides de Ponzi. L’histoire m’a fait penser à celle de OneCoin, une histoire vraie, la bande dessinée est assez technique, réaliste, bien documentée, mais dans l’ensemble c’est un grand classique du gentil qui se retrouve au milieu d’une machination et qui finit par gagner à la fin.

Dans le futur, on a trouvé un moyen de réguler la population, des tueurs qui assassinent les gens selon une grande loterie gérée par une IA. Si au départ on pense que c’est le hasard, l’un de nos furets, le nettoyeur gouvernemental, est mis sur la piste d’un dysfonctionnement, et si justement la mort des gens était déterminée à l’avance ? Les chroniques de centrum est une bande dessinée en trois tomes qui ne casse pas trois pattes à un canard ni par son dessin ni par son histoire qu’on a déjà vu une bonne centaine de fois. La lecture reste agréable, le travail est fait.

Toujours dans le pas original, dans un futur proche, les gens sont atteints d’une maladie étrange qui les transforme en … zombis. Fou. C’est l’histoire d’une troupe armée qui doit faire une livraison ultra-importante et la faute à pas de chance, il y a des zombis de partout. Classique, one shot, très efficace, pas original pour deux sous, Voraces fait passer le temps.

Dans le futur, la terre a forcément eu des problèmes et c’est le retour à l’état plus ou moins sauvage après une guerre qui a tout fait péter. Des survivants a émergé le culte de mars, des individus persuadés que les anciens humains ont quitté la terre pour partir sur Mars et qu’ils ont une civilisation prospère. Seulement les savoirs ont été oubliés, on est revenu à l’obscurantisme, à la barbarie, à la peur en pensant que les sacrifices humains feront revenir les anciens hommes. Leur leader, à l’opposé de la sauvagerie de ceux qui le vénèrent comme un Dieu collecte les savoirs à travers le monde en ruine qu’il reste, jusqu’à ce qu’il tombe sur une mystérieuse femme sourde muette qui pourrait bien cacher des secrets, comme une fusée. Excellent one shot, une histoire solide, des sentiments, un très beau dessin.

C’est l’histoire d’un ange qui se contente de faire des missions de seconde zone, apporter du pain pendant un pique-nique, éviter que quelqu’un ne marche dans une crotte de chien. Et pour couronner le tout, chaque intervention doit être réalisée avec un chapeau de bouffon, sa tenue de travail. Alors qu’un jour il n’en peut plus, il décide de voler la mission d’un collègue plus noble, sauver une vie. Malheureusement les choses ne se déroulent pas comme prévu. L’ange ordinaire est comme on peut s’en douter, une bande dessinée franchement absurde, qui se laisse lire malgré sa fin toute aussi absurde.

La flamme est une parodie du Bachelor avec Jonathan Cohen dont il faut conquérir le cœur et un casting féminin très impressionnant. Angèle, Leïla Bekhti qui joue une psychopathe, Marie-Pierre Casey, Adèle Exarchopoulos à qui l’on a greffé un cœur de singe, Ana Girardot en fille normale, Camille Chamoux qui ne porte jamais de bas, Laure Calamy en super catholique, Florence Foresti en aveugle, Géraldine Nakache en lesbienne qui se rapproche des autres candidates ou encore Doria Tillier qui pleure tout le temps. Bien sûr les ficelles sont particulièrement grosses, la satyre est énorme mais finalement tous les codes sont respectés pour donner une série très amusante. À voir.