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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Nouvelle configuration, toujours Windowsien

samedi 22 mai 2021 à 21:37

J'ai écrit un truc plutôt correct sur les configurations PC d'occasion sur restez-curieux, un site franchement plus intelligent que ce que je fais ici où je vais devoir malheureusement dire du mal de Linux une fois de plus. Ah ben oui pas le choix, c'est comme ça, c'est mon fond de commerce, je sais que ça fait vibrer le cœur des hommes de plus de 40 ans. Je tournais depuis quelques années avec une tour à base de i3-550, je viens de passer à l'i5-4460. Je vous envoie le lien vers le comparatif entre les deux processeurs, le gain est indéniable ... sur le papier. L'idée sous-jacente je ne vais pas vous mentir c'est de faire tourner quelques jeux. Au niveau utilisation quotidienne dans ce que je fais, à savoir l'utilisation du web et des outils bureautiques pour faire le travail, il n'y a absolument aucune différence, une différence que je ne ressens plus depuis le core2 (véridique) à partir du moment où j'ai mis un SSD, dernière véritable révolution informatique. Je vous montre l'engin, et quelques explications supplémentaires. 

Il s'agit d'une tour de type M83 avec le processeur cité plus haut 8 Go de RAM et le maillon faible un disque dur de 500 Go. J'ai payé l'ensemble 111 € FDP IN ce qui est une bonne affaire pour un processeur de 4ème génération. De ma tour précédente je n'ai pas récupéré le SSD qui commençait à dater, de mon brix de l'époque que j'avais filé à Alterlibriste, ce qui nous ramène à 2016. Cinq ans pour un SSD ça commence à devenir long, je n'ai récupéré que 8 Go de RAM pour rester à 16, le disque dur sur lequel je stocke quelques bricoles et ma 730 en carte vidéo que j'essaie de changer mais quand on voit les prix on se dit que ce n'est pas pour tout de suite. J'ai acheté un SSD pour une trentaine d'euros ce qui nous fait une machine à moins de 150 €, on applaudit l'artiste. 

Au niveau de la technique de transfert, j'ai utilisé le logiciel Macrium Reflect Free, toujours pareil, j'ai donné quelques détails sur restez-curieux, et sur le clonage, et sur les cartes graphiques avec notamment des contrefaçons de carte vidéo. Vous noterez que je pointe pas mal mon site sérieux, et c'est le but, j'essaie de faire un véritable cloisonnement entre ce qui peut partir à la poubelle, ce blog même si c'est rigolo, et les choses qui ont vraiment du sens, restez-curieux. Ce que je n'ai pas dit là-bas et que je vais donc dire ici pour faire un peu bouillir c'est que le clonage s'est fait du premier coup, que j'ai enquillé le SSD dans le nouveau PC et que ça a fonctionné du premier coup. 

Il y a quelques années, on va dire Windows 7 pour ne citer que lui même si désormais Windows 10 est largement ancré dans le territoire de l'informatique, il était impossible de réaliser cette manipulation. Windows 7 avec un changement de configuration explosait littéralement en vol. Ici et à ma grande surprise, tout est reconnu du premier coup jusqu'à la licence Windows alors que c'est quand même un sacré changement de matériel, on est passé d'une machine HP à une machine Lenovo avec des cartes mères totalement différentes. En passant, la licence de mon PC est une licence achetée il y a plusieurs années sur SCDKey une poignée d'euros et qui a donc passé l'épreuve du changement de machine. Il ne s'agit pas de relancer un débat que certains connaissent et où ça a sorti les crocs mais juste de souligner que chez moi ça continue de marcher. Je note enfin que je n'ai pas réinstallé ce PC depuis sa première installation, à savoir plus d'un an durant le premier confinement où mes outils métiers, les outils Microsoft m'ont conduit à passer au plus pragmatique dans une période de ma vie où je bossais 70 heures par semaine avec d'autres préoccupations que celles informatiques, à régler des problèmes de logiciel pour pouvoir faire du distanciel. De façon très synthétique :

Si je rajoute quelques arguments supplémentaires comme l'intégration de Linux dans Windows, la consommation de RAM grandissante dans les navigateurs modernes quel que soit le système d'exploitation, techniquement Windows 10 saute de la troisième corde et écrase le Linux de votre choix. J'insiste bien sur l'aspect technique de la chose, il nous reste la partie éthique qui pour ma part est désormais le seul obstacle, à savoir que nous savons que nous avons un système qui nous espionne. 

Malheureusement ce n'est plus mon combat, un combat qui ne m'intéresse plus et que je trouve désormais totalement dénué de sens, lorsque parallèlement à une utilisation d'un système d'exploitation sain sur PC on utilise une batterie d'appareils et de services qui font la collecte des données. J'en reviens toujours à dire qu'utiliser Gentoo, Firefox pour se connecter à Instagram, ça a peu de sens. Si ce n'est plus mon combat il est évident que je respecte ceux qui pensent encore qu'on va conquérir le monde avec le poste Linux, personnellement avec l'intégration dans ChromeOS des applications Linux pour le grand public ou celle dans Windows 10, je pense que c'est mort. Je pense aussi comme Pierre Lecourt que finalement les gens se moquent du système d'exploitation, la seule chose qui compte c'est l'utilisation finale et par le fait l'application, ou le logiciel, appelez-le comme vous le voulez.  

Pour moi le débat Linux est enterré, en tout cas pour le poste client, on fera tout de même avant de se quitter un petit tour du matériel chez Cyrille. Il s'agira, fontaine je ne boirais pas de ton eau, mais un peu quand même, de la dernière fois que j'aborderai le système Linux pour dire que c'est mort sur le poste client. Je crois que j'ai largement fait le tour, que c'est totalement inintéressant de répéter les mêmes choses, que chacun est libre de se faire son opinion et de trouver son bonheur dans le système d'exploitation de son choix, même des MAC à 2000 balles.

Dans mes critères d'achat pour un PC le plus important c'est de renifler le derrière un peu comme un chien. Et sur le papier, le derrière est tout ce qu'il y a de plus correct.

À l'emplacement des vis, on voit bien que nous sommes face à une alimentation ATX pour un boitier traditionnel et pas une cochonnerie qui coûte plus cher que la tour quand elle finit par cramer. Avec le recul j'ai peu cramé d'alimentations dans ma vie à titre personnel mais j'en ai vu pas mal dans mon entourage, c'est vraiment un point auquel j'attache énormément d'importance. Et comme souvent la faute à pas de chance, j'ai acheté un truc bizarre, merci les tours d'entreprise et les formats propriétaires. 

Voici ce qu'il faut comprendre. Les deux connecteurs noirs que vous avez sur la gauche ce sont les connecteurs d'alimentation des composants SATA, ils sont donc alimentés depuis la carte mère et pas directement depuis l'alimentation. Sur votre droite le connecteur blanc c'est le connecteur de l'alimentation, sauf qu'il n'est pas standard à 14 broches contre 24 pour le standard. L'alimentation est une 280 W ce qui est peu, le processeur en consomme déjà 70. On se dit donc que lorsque la situation va se calmer au niveau des composants et du minage de bitcoin et qu'on pourra se payer enfin une carte graphique sans vendre un rein, on ne pourra pas forcément mettre n'importe quoi à l'intérieur. On rajoutera pour reprendre le syllogisme que ce qui est rare étant cher, les alimentations de remplacement vendues sur le net coûtent un bras ce qui après un rein commence à faire beaucoup. La solution passerait par un convertisseur 24 broches vers 14 qu'on trouve à pas cher sur le net. 

Il y a deux moralités dans cette histoire. La première c'est que même en étant vigilant, on est jamais assez vigilant, j'aurais dû farfouiller davantage pour vérifier si on était avec une alimentation et une carte mère standard. La seconde c'est qu'il y a quand même une solution pour tout, et que la difficulté qu'on rencontre, il y a de fortes chances pour que quelqu'un l'ait déjà rencontrée avant vous d'où l'importance de partager. Je me suis remis à bloguer pour remercier les gars qui ont écrit dans des commentaires clients que le meuble que je comptais acheter était à siphon économie de place, sans eux j'aurais un meuble à 200 balles dont je n'aurais rien pu faire. Et les gars sont pas allés vous enfourner des tartines comme je suis l'un des derniers à en faire, preuve en est que partager c'est pas si compliqué, que ça peut prendre peu de temps et que ça peut dépanner tout le monde. 

L'informatique c'est vraiment un truc qui m'a passé. Je continue à me tenir au courant mais j'ai largement tourné une page, notamment pour les solutions tordues qui ne peuvent pas être maintenues derrière moi. Ce qu'il me reste : 

Aucun achat supplémentaire n'est prévu à ce jour, je cherche juste une carte vidéo mais pas trop, la grande inconnue pour moi sera l'arrivée de la fibre optique qui n'est toujours pas là, merci le COVID. Pour l'heure je n'ai pas du tout prévu d'acheter une console nouvelle génération, j'attends la fibre pour justement me débarrasser de mes consoles physiques et me trouver un abonnement satisfaisant qui me permettrait de jouer en streaming. Comme je l'ai dit, le Xbox Game Pass est vraiment très bon, et pour l'heure j'ai des tonnes de jeux à faire avant d'être dans l'angoisse de chercher autre chose. 

Nous nous quittons avec meilleurs vœux une chanson qui réunit 2 Bal Feat Viez, Swift Guad, Demi Portion, Sinik. Sinik bon, on sait que je suis fan, Demi Portion rappeur Sétois que j'aime beaucoup, 2BAL les jumeaux légende du RAP avec le titre la sédition de ma cité va craquer et Swift Guad qui est un rappeur que je découvre. Il fait partie de cette scène rap pas franchement la plus médiatisée comme Dooz Kawa ou Davodka qui ne font pas dans la facilité, qui rappent encore à l'ancienne, qui font encore du texte. Swift Guad a une voix rocailleuse assez impressionnante et surtout une capacité à suivre les tendances de façon assez surprenante, jusqu'à des titres drill particulièrement réussis. De bons jeux de mots, des chansons bizarres même sur les pirates, c'est un univers assez étrange dans lequel on se laisse embarquer.

Je signale que drill, c'est pas les pastilles mais bien un courant rap ce qui sera le mot de la fin.

Maître du déréférencement

jeudi 20 mai 2021 à 16:28

Vous venez d'arriver sur cette page car j'ai tellement pété de fois ce site que j'ai rempli l'univers de liens morts. Alors bien sûr vous m'en voyez un peu confus car je ne sais absolument pas ce que vous êtes venu chercher, mais il y a de fortes chances pour que vous ne le trouviez pas, enfin plus surtout. Si par le plus grand des hasards, vous aviez une passion pour le bricolage, pour les utilitaires comme le Partner ou le Némo, si les aventures des classes moyennes vous font rêver, si vous voulez vous rassurer en vous disant que ça n'arrive pas qu'aux autres, vous êtes au bon endroit !

Cyrille VS Sosh VS Sony VS boku - round 1 - le drame

mercredi 19 mai 2021 à 16:26

Je continue de recevoir des messages de gens qui comme dans un grand ouf de soulagement m'expriment leur bonheur de savoir que j'ai repris le travail, que je suis retourné à la mine du crayon. Elle n'est pas de moi, elle est de Saez, qu'est-ce que j'aurais voulu que ça soit de moi, mais je n'ai pas son talent. Vos témoignages sont franchement sympa, on se sentirait presque aimé. Malheureusement pour vous, si vous connaissez l'artiste, vous savez que c'est pour moi que je le fais, pas pour vous. Je vais quand même faire quelque chose pour quelqu'un vous lui direz merci, c'est kowalsky le gars qui blogue depuis environ 2000 ans faciles, la rumeur dit qu'il aurait même utilisé Dotclear. Il apparaissait que pour éviter de balancer des pavés en pleine page j'avais coupé le texte, la répercussion a aussi lieu sur le flux RSS. Je m'en voudrais de forcer les gens qui utilisent TT-RSS en version auto-hébergée de sortir de leur serveur pour venir sur mon bludit.

La France, je t'ai fait rêver avec mes histoires étranges, avec mes inondations, mes canalisations, mes travaux et mes pannes, mon Partner, ces histoires de la France du quotidien, le combat ordinaire, je vais t'en donner du rêve. Il s'agira d'un billet à épisodes, dont je vous livre la première partie, la suite arrivera dans plus de trois semaines.

Notre aventure commence le mercredi 19 mai à la fraîche. Je reçois trois SMS de la part de SOSH pour m'indiquer que BORNETTE, 17 ans, le mardi soir à 23h20 a dépassé le plafond des achats multimédias qui était de 50 € avec deux transactions de 50€ soit un montant de 100 € pour ceux qui ne sont pas profs de maths. Alors forcément quand tu es moi, que tu es prof, que tu sais de par ton métier, ton expérience, que le jeune quoi qu'il arrive est toujours coupable, ta douce voix porte jusqu'au dernier étage de la maison où BORNETTE descend les escaliers sans comprendre ce qui lui arrive. Ma fille enclenche les traditionnels moyens d'auto-défense et pleure. Vu sa façon de conduire elle s'entraîne avant d'utiliser cette méthode régulièrement avec les forces de l'ordre, pas sûr que ça marche. Je lui explique que c'est inutile et de faire un effort de concentration pour se rappeler ce qu'elle aurait pu faire : je sais paaaaaaaaaaaas. Bon de ce côté, on comprend que c'est mort et qu'on n'obtiendra rien, en même temps c'est pas comme si je n'avais pas l'habitude. On commence par faire une petite recherche sur Google qui reste notre ami. Voilà ce qu'il en sort. Il apparaît que chez SOSH comme chez les autres opérateurs, il y a une manière de payer en utilisant sa ligne. J'avais déjà rencontré le problème chez SFR il y a de nombreuses années avec mon beau-père qui avait validé une petite micro transaction. Ainsi, selon votre opérateur, vous avez un endroit pour gérer votre consommation, chez SOSH, ça ressemble à ça. 

C'est le premier réflexe à avoir, de façon à bloquer toute autre transaction ou presque. Car ici vous noterez le "blocage en cours", tout simplement parce que SOSH, Orange, opérateur historique, pas une petite entreprise, a besoin de 48 heures pour bloquer. Le plafond étant à 300 balles, le "pirate" peut repasser se servir, on va donc croiser les doigts pour qu'il ne revienne pas. Une fois que cette sécurité est mise en place, on essaie un peu de comprendre. Cette option comme chez tous les opérateurs est activée par défaut et j'aurais envie de dire que ce n'est pas grave, parce que dans un monde normal tu ne payes que ce que tu as demandé, on n'irait pas imaginer en 2021 que tu vas raquer 100 balles sans qu'on te demande ton avis. 

Dans le forum de SOSH, on lit des gens complètement fous furieux qui ne comprennent pas car effectivement, c'est hallucinant et pourtant ce n'est pas si difficile de comprendre. En vous poussant à la faute, SOSH prend sa petite commission sur chaque transaction puisque ces fameux achats sont faits vers des tiers. Ça veut dire que si vous vous trompez un peu, c'est un peu bien pour l'opérateur. Dans mon histoire et c'est le cas pour d'autres, ce qui me chagrine davantage c'est qu'il s'agit proprement d'une usurpation d'identité dont je ne comprends pas la mécanique, personne ne s'est un peu trompé en achetant pour 100 balles. Concrètement, à 23h20 ma fille dort, son téléphone est éteint, par quel mécanisme d'usurpation on a pu valider une transaction ? Est-ce que c'est un bot qui teste des téléphones au hasard et comme il n'y a aucune sécurisation puisque l'autorisation était donnée, l'achat est validé de façon automatique ? Son téléphone est-il incriminé par une application qu'elle aurait installée ? Beaucoup de gens dans les forums signalent que c'est le téléphone de leur jeune, et j'ai bien envie de croire que c'est en lien avec une activité suspecte car le jeune est toujours coupable. Je lui ai fait réinitialiser son téléphone, changé l'intégralité de ses codes et j'ai rappelé des règles évidentes de sécurité. 

J'ai commencé mon enquête, quelques messages intéressants notamment celui qui permet d'accéder au détail de la transaction : http://achatm.orange.fr/

100 balles de rechargement de Playstation Store ... Il devient effectivement évident que ce n'est pas elle qui est à l'origine de la transaction. Maintenant que j'ai l'ensemble des éléments je tente ma chance chez SOSH sachant que c'est perdu d'avance, ce qui nous donnera l'occasion de placer le rap du jour.

D'après ce que j'ai vu sur les différents forums c'est assez rigolo. SOSH va vous expliquer que la solution se trouve chez SONY car tout simplement c'est votre faute si vous achetez n'importe quoi. Des gens se sont armés de patience chez SONY qui fait preuve de mauvaise foi et va expliquer qu'ils ne sont pas capables d'identifier le propriétaire du compte PSN. Oui vous vous doutez bien que ma fille n'a pas crédité mon compte pour la fête des pères. SONY vous explique qu'ils sont incapables de tracer les transactions téléphoniques et qu'il faut contacter un prestataire intermédiaire, du nom de boku, prononcer bokou qui s'occupe de ça. Cela n'a bien sûr absolument pas manqué, voici ce que j'ai fait comme démarche un peu tout en même temps.

  1. Envoi d'un mail à boku, prononcer bokou à l'adresse suivante : https://boku.zendesk.com/ Leur numéro de téléphone est le 0975180235, ils ferment à 17 heures, j'essaierai de les joindre à un autre moment même si je connais la réponse. Il va falloir faire un dépôt de plainte.
  2. Envoi un mail à mon conseiller bancaire qui ne m'a pas encore répondu, à savoir qu'est-ce qui se passe si je bloque Orange pour le prélèvement. À priori ce n'est pas une riche idée car c'est un coup à se retrouver chez les gens interdits de ligne téléphonique. Certains évoquent un courrier recommandé pour revendiquer une complicité de l'opérateur pour des engagements qu'il vous fait prendre et que vous n'avez jamais voulus.
  3. Tentative de chance auprès de SOSH avec le conseiller en ligne qui m'a bien évidemment expliqué qu'il fallait que je m'adresse à SONY car SOSH n'est pour rien dans cette histoire, il n'est que le fusil pas celui qui tient l'arme. Tentative de récupérer aussi une facture mais il me dit qu'il faut attendre le 6 juin ce qui vous fera comprendre pourquoi la suite aura lieu dans environ trois semaines.
  4. Appel à SONY qui me renvoie vers boku, prononcer bokou parce que SONY ne sait pas tracer les téléphones.

Moralité car c'est un peu confus, SOSH m'envoie bouler, SONY m'envoie bouler, j'ai eu une longue liste de choses à faire chez boku, prononcer bokou, qui font penser aux fameuses vignettes que tu collectionnes et que tu dois renvoyer pour obtenir un remboursement de 2.50 € et que la liste est tellement décourageante que tu finis par te décourager. Dans la liste des courses, un élément qui me paraît totalement indispensable, le dépôt de plainte à la gendarmerie. 

Je n'ai jamais fait de dépôt de plainte à la gendarmerie, et je me suis dit je vais faire une pré-plainte sur le site officiel. C'est assez énorme, on a l'impression de choisir son drive.

Bon comme d'habitude il ne connaît pas Saint-Pierre la Mer pour bien nous rappeler que nous dépendons de la commune de Fleury. J'ai démarré l'ouverture de la pré-plainte pour Gruissan, et j'ai fini par m'arrêter car j'ai compris assez rapidement que le site n'était pas taillé pour 2021. Concrètement on sent bien qu'on est dans la plainte classique avec de la violence, du vol, quelque chose de physique et absolument pas quelque chose de virtuel. Je ne pourrais me présenter à la gendarmerie qu'avec une facture puis je pourrais commencer la démarche. 

Je vais tenter demain d'appeler boku, prononcer bokou et d'avoir un être humain à qui je vais évoquer la notion de droit de rétractation, l'idée d'avoir changé d'avis. Je vais voir aussi ce qu'en pensent les associations de consommateurs, mais uniquement pour la gloire. Ça me fait d'ailleurs un peu regretter d'avoir supprimé quelques billets notamment l'épisode des 100 km pour aller chercher la tête de lit. 

Bien sûr, lorsque j'aurais eu le remboursement et que je serais en train de chanter mes louanges dans ce blog, je ferais changer d'opérateur à ma fille qui ira n'importe où ailleurs que chez SOSH chez qui je viens de vivre une nouvelle expérience particulièrement désagréable depuis l'histoire de la VDSL et du répartiteur tout pourri. Quelle vie !

Pour l'heure et même si notre champion garde un moral de vainqueur, nous nous quittons sur Orelsan et perdu d'avance. La suite au prochain épisode.

PIX au collège, jusqu'à la certification et au-delà

mercredi 19 mai 2021 à 07:40

La notion de compétences, de petit examen, de cadeau bonux récupéré dans la lessive est devenu l'un des grands kifs de l'éducation depuis des années. Je passe le permis piéton, je passe le brevet de natation, je passe l'ASSR, je passe le niveau A2 en anglais, je passais le b2i. On notera bien sûr que tout ceci se fait sur le temps scolaire, une école qui apprend à nager, à conduire, peut-être demain la balalaïka. Une école dans laquelle il y a tellement de choses à apprendre qu'on ne sait plus lire, écrire et compter.

Vous noterez le "je passais le b2i", je ne le passe donc plus, je passe PIX. Le b2i était une certification informatique de fin de troisième qui a fini par disparaître avec l'arrivée des compétences pour le calcul des points du Diplôme National du Brevet des collèges. Le b2i n'a jamais pris et ce pour au moins deux raisons : 

Un bien beau mulot pour reprendre l'expression du président Chirac

Donc l'éducation a appris de ses erreurs et a bien compris qu'il était nécessaire d'avoir un examen, en utilisant en plus les moyens modernes à base de MOOC et d'outils d'autoformation qui permettent désormais de faire des examens complets depuis un ordinateur avec à peine l'intervention de l'adulte. Cette pratique se développe, on peut penser aux examens d'entrée en classe de seconde qui fonctionnent sur une principe similaire. Par contre il y a un point que l'éducation n'a toujours pas compris, et un autre point que l'éducation ne doit pas connaître. 

PIX m'est tombé dessus un peu par hasard et pourtant c'est pas faute d'avoir été averti il y a bien longtemps, mais ce n'est pas mon travail. Je n'ai plus de responsabilités informatiques au niveau de mon lycée sauf celui d'être prof des troisièmes donc concerné. Mais sur le principe, l'organisation, la documentation, les informations, j'aurais dû me contenter d'être le petit poussin qui reçoit avec tout l'amour du monde la becquée de sa maman oiseau. Cela n'a absolument pas été le cas et j'ai pris le train à très grande vitesse en marche. On est de ce point de vue totalement dans l'inchangé. PIX est le problème du professeur d'informatique, tout le monde s'en fout et on fait encore une fois tout à l'arrache, seul. Ce qui pose franchement problème, alors que le prof d'informatique pouvait se contenter de cocher des cases selon son bon plaisir, ici il est difficile de tricher ce qui fait qu'il faut compter sur l'autonomie de l'enfant. L'autonomie de l'enfant, c'est une légende, il paraît que certains l'auraient vue mais je n'y crois pas, comme la dame blanche. Le collégien aujourd'hui, ça peut marcher avec en gros n'importe quel jeune, si tu ne t'assois pas à côté de lui pour qu'il fasse, il ne fait pas, et c'est ici qu'on fait encore monter le level. 

Le prof faisait donc son cours pépère, son TD, et faisait le constat à un instant t que le gosse était capable de faire quelque chose. Avec un système moderne et informatisé, il faut que l'enfant le fasse réellement pour que ce soit quantifié. D'un point de vue très objectif c'est l'idéal, c'est juste, c'est normé, dans le sens où tous les enfants de France sont face à la même épreuve avec un juge impartial. L'enfant fait des parcours,16 différents, et il marque des points quand il réussit à faire certaines choses. Cela ressemble en gros à ça.

Pourquoi on fait monter le level ? Le gosse pour pouvoir prétendre à l'examen doit avoir 5 points. C'est en gros comme pour participer à une compétition avoir un score minimum. Mon exemple ci-dessus est pertinent car alors qu'on pourrait penser que l'enfant a 4 points, il en a 3. Seul le premier point est comptabilisé, il est nécessaire d'avoir 5 points dans 5 catégories différentes pour participer. Très peu d'élèves l'ont compris du premier coup, il a fallu avec chaque élève reprendre son profil pour lui indiquer ce qu'il pouvait finir et lui faire comprendre qu'il ne fallait pas "s'enfoncer" dans un parcours.

Voilà pour ma part ce qui me pose problème. Vous avez par exemple la partie traiter des données, je ne sais pas ce qu'il y a exactement à l'intérieur. J'ai un programme à faire, il y a certainement des choses intéressantes mais ça ne correspond peut-être pas exactement à mon besoin. Comme je l'ai dit, j'ai pris le train en route, avec le recul, il faut que je vois comment je fais rentrer PIX dans mes cours d'informatique et de mathématiques, ce qui veut dire des vacances studieuses. Néanmoins sur le papier, dans le monde merveilleux de l'éducation, il n'est pas de la responsabilité de l'enseignant de faire du PIX jusqu'à ce que l'enfant arrive à ses 5 points, c'est à lui, sur son temps libre, en autonomie de faire son PIX. Sur l'ensemble de mes élèves, seuls quelques-uns ont joué le jeu, il a fallu que j'en fasse à fond sur mes heures de cours. Le problème des absents, il faut relancer en permanence, avec des enfants qui ne jouent pas le jeu et qui ont toujours mieux à faire. Le jour de la certification il existe un parcours pour les élèves qui n'ont pas la totalité des points, on fait donc ça pour les occuper, environ 10% de mes élèves n'avaient pas réalisé les cinq points. À la décharge toutefois des élèves, PIX n'est pas responsive design, ce qui signifie qu'avec un taux d'équipement en ordinateur en baisse depuis années et un collège où on ne donne pas d'ordinateur, souvent le seul appareil c'est le téléphone. 

J'ai fait passer la certification dans des conditions une fois de plus qui relèvent de la quatrième dimension. Avant le commencement du week-end de cinq jours, j'ai envoyé un message copie parents pour dire que tout le monde vérifie son compte PIX et que le cas échéant on m'écrive pour réinitialiser. Trois personnes qui répondent. Nous rencontrons un vrai problème de communication auquel il faudra apporter une réponse forte, seulement 30% des familles et des élèves lisent les messages, nous avons donc des élèves qui ne sont jamais au courant de quoi que ce soit. Le lundi, je passe dans mes trois classes de troisième, je vais réinitialiser facilement selon les classes entre le tiers et la moitié des codes. Il faudra et c'est une décision d'équipe, en finir avec ce système d'assistanat supplémentaire. On devrait réinitialiser le code une fois, car une erreur, un oubli ça peut se comprendre, mais quand pour certains élèves on a franchi le cap des dix réinitialisations, on encourage le gosse à ne pas faire d'effort. Il faudrait refuser de donner, qu'il ne passe pas l'examen, mais c'est toujours la culpabilité, la peur de se retrouver avec seulement cinq élèves qui sont certifiables et devoir donner l'explication de pourquoi on a viré 25 gosses qui n'avaient pas leur code qui nous fait fléchir. Le fait aussi que le jeune avec son air perdu on l'aime bien quand même et on finit par lui refaire son code. 

Le jour de l'examen, alors que la veille j'ai réinitialisé leurs codes, des enfants me le redemandent. Tu comprends pas, et tu finis par t'exécuter pour les mêmes raisons citées plus haut, car finalement tu en viens à te dire que tu ne vas pas lui retirer ses chances de passer un examen. Je le répète encore c'est une erreur, je crois que lorsqu'on s'est fait taper très fort sur les doigts dans la vie, qu'on s'est cramé sur une plaque trop chaude qu'on n'a plus envie de recommencer. Notre filet de sécurité omniprésent pour nos enfants est une fausse protection, dans leur vie d'adulte rien ne les retiendra pour éviter qu'ils ne se cassent violemment la gueule. 

J'ai donc avec ma première classe découvert la certification en même temps qu'eux. Vous donnez un numéro de session, vous donnez un code d'accès et c'est parti. Nous sommes dans le cadre d'un examen officiel, cela sous-entend qu'il y a un PV et selon la gravité d'une potentielle infraction, c'est cinq ans sans la possibilité de passer un examen. Difficile de rendre toutefois le moment solennel car l'enjeu n'est pas clair, pas défini, et c'est aussi le cas pour moi. Cette année c'était facultatif à cause du contexte COVID mais comme toutes les nouvelles apprises au dernier moment, c'est trop tard, on avait lancé la machine, si bien que nous avons fait le choix de le faire passer. À terme, il devrait y avoir une prise en compte dans le LSU mais pas seulement, je regardais dans le livret de mes élèves de première qu'une page complète est consacrée à PIX, c'est dire son importance même si pour l'heure on ne sait absolument pas comment ce sera quantifié. 

Surprise, vingt minutes plus tard le premier élève a terminé, je lui demande s'il a fait n'importe quoi, en fait pas du tout. J'ai compris par la suite que si un enfant a fait ce qu'on lui demande et qu'il a validé les cinq points demandés, il n'a que 15 questions. L'examen était prévu pour 1h45, il a fallu que je brode autour alors que j'avais calé des séances de deux heures. Les questions sont sans surprise puisqu'elles sont issues du parcours dit de rentrée, le parcours qui permet de capitaliser les fameux cinq points. J'aurais bientôt le résultat pour pouvoir vérifier si ça c'est bien passé ou non. 

Il faut reconnaître que dans le métier, on a tendance désormais à être réfractaire à toute forme de nouveauté, qui s'associe souvent à de la paperasse inutile. J'évoquais plus haut le livret des élèves de première technologique, il faut désormais compléter des compétences, faire des courbes, tout ça à la main pour des livrets qui ne sont jamais regardés et qui vont prendre la poussière à une époque où tout est informatique. Je l'ai écrit, je le répète, on fait de moins en moins le cœur de métier pour se transformer en bureaucrate et faire de la paperasse au lieu de justement prendre le temps d'organiser notre pédagogie, de travailler en équipe, nos cours, des tâches indispensables. PIX est une bonne idée : 

La mise en place pourtant cette année a été catastrophique, notre manque de préparation, nos élèves si particuliers, sont autant de problèmes qu'il faudra régler. Ce qui est certain c'est que PIX est avant tout un travail qui ne peut se faire qu'en équipe et c'est certainement ici le plus gros défi à relever. Pour le reste, tout est une question de placer les exigences et d'accepter que des élèves qui auraient pu avoir la certification ne l'auront pas car ils n'ont pas eu la capacité de noter un code ou de prendre le temps de gagner leurs cinq points sur le temps personnel.

À l'instar des outils de visio qui cette année ont été adoptés beaucoup plus facilement du fait d'avoir une population qui a essuyé les plâtres l'an dernier, on se rend compte que si c'est bien fait les années précédentes, c'est autant d'avance pour les années futures. Concrètement et dans le cas des lycées agricoles, il faudra dès les classes de seconde et de quatrième, utiliser au plus pour induire des bases saines dans la scolarité de l'élève, la répétition étant la seule façon d'adopter une habitude. On peut donc espérer que plus on en fera, plus ce sera facile d'en faire, encore faut il que tout le monde le fasse.

Nous allons nous retrouver assez rapidement dans une nouvelle série qui risque de vous faire vibrer qui s'appellera : Cyrille VS Sosh VS Sony VS boku avec de l'émotion et de la gendarmerie à l'intérieur.

Le rap français, victime collatérale de la baisse de niveau et du business

samedi 15 mai 2021 à 08:36

J'écoute du rap depuis le début des années 90, il ne s'agit pas de dire moi ça fait 30 ans que j'écoute du rap pour légitimer un propos mais bien de dire que le rap j'en ai mangé, je l'ai dévoré et depuis désormais quelques années il a un goût un peu dégueulasse. Analyse assez simple du combo fatal : argent + illettrisme = tu hors de ma vue.

Le rap français émerge donc dans les années 90 en France et il faut se dire qu'à l'époque, ce qui n'est plus du tout le cas maintenant, ce n'est pas que le rap mais la culture hip hop, graffiti et danse avec le break danse sont indissociables. Par exemple si Akhenaton mauvais danseur a toujours été au mike, Shurik'n est arrivé au rap par la danse, tout comme NTM qui a pas mal fait de graphes au point d'en faire la chanson Paris sous les bombes. Il faut comprendre que dans le contexte de l'époque, tu ne fais pas du rap pour gagner de l'argent et ce pour deux raisons fondamentales, déterminantes pour toute la suite du propos.

À l'époque le rap est un moyen d'expression pour dénoncer le système, pour dénoncer le racisme, pour dénoncer les violences policières. Il s'agit d'un discours qui raconte le quotidien de gens qui vivent dans les quartiers. Comprenez que même un Médine qui joue les bonhommes est originaire du Havre tout comme Orelsan est originaire de Caen quand à l'époque tout était centralisé dans la capitale ou à Marseille. Le discours est engagé, le discours n'est pas universel, il n'est donc pas commercial dans le sens où ce n'est pas vendeur. Deux exemples :

Les tam-tams de l'Afrique qui raconte l'esclavage. Morceau choisi : Enfants battus, vieillards tués, mutilés Femmes salies, insultées et déshonorées Impuissants, les hommes enchaînés subissaient Les douloureuses lamentations de leur peuple opprimé. Totalement invendable en 2021, le titre sur la chaîne EMI a à peine 200.000 vues c'est dire que ça n'intéresse pas.

Suprême NTM qui dans plus jamais ça s'en prend à l'extrémisme et au nazisme : Les erreurs du passé peuvent se renouveler, Et, faire l'affaire des supporters de la croix de fer Le bras tendu en l'air, le sigle rebelle en bannière.

Ces deux chansons sont bien choisies, car elles s'inspirent d'un contexte historique. Lorsque j'explique dans le précédent billet qu'on se retrouve avec des élèves qui ne savent pas qui est le général de Gaulle, qui pensent que Hitler et l'Allemagne Nazie font partie des alliés, difficile d'imaginer aujourd'hui ce type de chanson s'appuyant sur l'histoire pour dénoncer des pratiques actuelles, racisme, antisémitisme. Il faudrait d'une part que les chanteurs soient capables de les écrire et le public de les comprendre.

Le message de l'époque n'est donc absolument pas vendeur, il est parfois radical et les forces de l'ordre sont très attentives au rap. Nous sommes dans un contexte inédit en France, les banlieues s'enflamment et avec un NTM qui explique qu'il se veut un haut parleur ou un Ministère Amer qui écrit la chanson sacrifice de poulet, on ne se pose pas la question de la liberté d'expression, on essaie surtout de bloquer les concerts et les chansons de personnes qui par leurs paroles peuvent appeler à la violence et au soulèvement. Les concerts de NTM, de Sniper sont interdits, les rappeurs se retrouvent régulièrement au banc des accusés. Le rap n'est pas une musique commerciale et c'est surtout une musique dont le message inquiète les autorités.

De l'eau a coulé sous les ponts et c'est l'explosion du nombre d'artistes car on se rend compte que finalement le rap ça vend, la musique devient de plus en plus populaire et surtout elle arrange tout le monde. En 1996, un quota de 40 % de chansons en langue française est imposé par Jacques Toubon pour résister à l'anglais. En 1996 en effet, la France, comme l'Europe a les yeux tournés vers les grands chanteurs et vers le rock, on ne jure que par les anglo-saxons, seuls quelques grands artistes français passent en radio. Seulement pour des radios comme Skyrock ou Fun, les fameux grands artistes  français c'est Johnny ou Sardou qui ne correspondent pas au public visé par l'audience. On va donc donner sa chance à des tas de groupes qui font du rap mais qui vont avoir une image beaucoup moins subversive que ceux qui ont amorcé la percée du genre en France. On aura donc des titres gentillets comme Respect d'Alliance Ethnik.

Nous sommes en 2021, de l'eau a quand même franchement coulé sous les ponts. Le rap est le style le plus écouté au monde et en France. Les quotas de musique française ne sont plus un problème, on tape dans un lampadaire et vous avez cinquante nouveaux rappeurs. Et c'est certainement un problème, trop de rappeurs, comment alors faire son trou, comment réussir à se distinguer des autres ? 

Dans mon dernier billet, j'écrivais que la baisse de niveau était un problème, car si par exemple on prend le cas des mathématiques, l'analyse des futurs décideurs serait nécessairement moins bonne que celle qu'on pouvait avoir avant. L'art n'échappe pas à cette problématique et pour cause. L'appauvrissement de la langue française va donner des textes beaucoup moins riches, le désintérêt pour l'histoire, pour la culture, pour le monde de façon générale va entraîner une baisse des contenus. 

Car il faut bien comprendre quelque chose. À l'époque, la volonté du rappeur de base c'était de dénoncer sa misère du quotidien, mais aussi de s'en extraire. Une extraction qui ne passait pas que par des sommes d'argent folles, des grosses voitures, mais aussi par une reconnaissance. Être reconnu en tant qu'artiste, être reconnu en tant qu'individu. On a donc des gens comme Disiz la peste qui auront écrit deux livres, engagé en politique auprès de Ségolène Royale ou Kery James pionnier du rap français et particulièrement radical qui aura chanté avec Aznavour ou qui aura réalisé le film banlieusard. Malgré la révolte contre le système ces gens-là n'ont eu de cesse de vouloir s'intégrer et de changer le regard des autres en passant par la grande porte. Et lorsqu'on veut se faire comprendre de quelqu'un, lorsqu'on se fait entendre dire que sa musique est une musique d'analphabète, il n'y a d'autre choix que d'élever le niveau pour manipuler les mêmes codes. C'est ainsi que les rappeurs de l'époque se sont engagés politiquement, ont appris, ont revendiqué l'importance de l'école malgré le rejet de leurs enseignants.

Aujourd'hui et c'est ici tout le paradoxe, la musique rap s'adresse à tout le monde et pourtant les textes sont devenus totalement hors normes puisque dans l'illégalité dans 90% des cas. Voici du rap d'aujourd'hui dans ce qu'il a de plus singulier.

Dans le clip, des jeunes qui n'ont pas le permis, qui se font poursuivre par la police, ils transportent de la drogue. Des armes à feu, même factice pour un braquage. L'intégralité du rap ou presque repose sur ces clichés : drogue, violence, argent facile et sexe avec une image de la femme catastrophique qui ne sert qu'à assouvir les pulsions de ces messieurs. Oui, l'époque où le rap français s'accordait au féminin avec Diam's, sté strausz ou K-Reen est révolu, même si effectivement ce n'était pas la majorité du mouvement rap, il y avait des chanteuses, aujourd'hui la scène rap se résume à Keny Arkana. 

La situation pour moi soulève plusieurs problèmes : 

Le rap conscient est mort, et c'est une logique. Difficile d'éveiller les consciences de jeunes qui passent leur temps dans leur bulle des réseaux sociaux qui ne sont pas au courant de ce qui se passe, de ce qui s'est passé. C'est certainement caricatural et comme je l'ai déjà écrit ma vision est biaisée par les jeunes que je côtoie. Ils sont certainement nombreux à vouloir s'engager, à s'intéresser, à lire, mais pour ma part ce ne sont pas les miens. C'est un peu le serpent qui se mord la queue ou la spirale infernale. Les jeunes rappeurs grandissent sans culture, en se basant sur ce qui marche : sexe, drogue, violence, image virile, les jeunes d'aujourd'hui les voit comme des nouvelles icones échappant aux règles, gagnant des fortunes dans la facilité. Quel intérêt aujourd'hui de remettre de la conscience, de l'engagement, une prise de risque qui risquerait de ne pas plaire et par conséquent de ne pas payer. 

En 1995, Akhenaton avait écrit une chanson du nom de "j'ai pas de face". Il se mettait dans la peau d'un producteur de chansons qui expliquait les rouages du système. C'était une critique sévère des Boys Band montés de toute pièce, des groupes de grunge ou des filles sexy sans cervelles qui chantent. Il terminait à chaque fois son couplet pour dire qu'il reversait les sous dans le hip-hop. Si Akhenaton devait faire une nouvelle chanson qui serait la troisième puisqu'il avait sorti un autre titre "j'ai vraiment pas de face", il serait obligé d'évoquer les rappeurs devenus jetables, musclés au possible, agressifs, qui revendiquent l'argent, la drogue et les relations faciles. 

Le plus inquiétant c'est comme toujours, c'est le et après. Avec un modèle économique basé aujourd'hui sur la surenchère, que pourront bien faire les rappeurs pour s'illustrer ? On verra dans quelques années, pour l'heure, il faut se contenter de subir ou d'essayer de trouver ceux qui essaient encore de raconter d'autres histoires que les armes à feu et la drogue, je pense que nous allons vers une longue traversée du désert. J'écoutais le dernier album de Youssoupha, si on trouve quelques belles punchline, le rap n'est plus engagé et sombre à son tour dans une certaine forme de facilité pour séduire un public plus jeune, qui nous rappelle que désormais le rap n'est plus un moyen d'expression mais un moyen de gagner de l'argent. 

Il serait injuste de dire que plus personne n'exprime rien, que la jeunesse n'a plus la capacité que ce qu'on entend maintenant. Big Flo et Oli ont par exemple sorti une chanson sur les migrants et je trouve que c'est courageux que c'est important. Il est en effet fondamental de se rappeler de la responsabilité de l'artiste encore plus quand il s'adresse à la jeunesse d'aujourd'hui. DJ Snake raconte qu'il est devenu DJ, accessoirement le français qui vend le plus au monde en regardant dans le film la haine de Kassovitz, Cut Killer aux platines en train de mixer et il a dit j'ai envie de faire ça de ma vie. Je serais rappeur cliché aujourd'hui, je m'interrogerai tout de même sur la pertinence du message que je transmets aux plus jeunes que moi, sur mon exemplarité. Il manque peut-être la prise de conscience, une prise de conscience qui arrivera d'elle même quand certains auront été broyés par la machine, ils auront peut-être envie de sortir du game, pour raconter d'autres choses. 

L'artiste n'est pas le seul responsable, mais bien celui qui "consomme" et c'est bien ici le problème universel de la consommation. On peut se plaindre d'Amazon mais les gens y dépensent des milliards, on peut se plaindre de tout un tas de choses sans rien faire pour les changer. Si les jeunes se complaisent dans ce style musical, pas forcément des textes subversifs mais des chansons plus joyeuses et festives comme celles de Jul, il faut peut-être y voir une façon d'échapper à notre réalité pas franchement rigolote. Écouter des textes sur le racisme, la violence, le chômage, ou la pollution, s'est s'ancrer un peu plus dans une réalité à laquelle il est difficile d'échapper au quotidien. Et pourtant tourner les yeux n'aura jamais résolu les problèmes, la génération actuelle ne pourra pas indéfiniment se cacher dans sa bulle, il faudra bien grandir et prendre ses responsabilités.