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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Version officielle de ckeditor 4.4.6 pour pluxml

mercredi 17 décembre 2014 à 11:35

Comme je l'avais expliqué dans un précédent billet, j'ai joué les beta testeurs pour Stéphane chef de projet pluxml. N'ayant pas envoyé de plaintes ces derniers jours c'est que l'ensemble est satisfaisant, c'est le cas, si bien qu'il publie le module de façon officielle. Pour mémoire il s'agit d'un éditeur WYSIWYG qui embarque de nombreuses possibilités, dignes d'un petit traitement de texte. Le problème principal c'était pour ma part le correcteur orthographique, il est désormais intégré et c'est très bien, même si je ne suis pas toujours d'accord avec le dictionnaire. Cela fait maintenant 15 jours que j'utilise de façon intensive pluxml, puisqu'on rigole, on rigole, mais j'ai passé le cap des deux cents billets, j'aurai du mal à revenir aujourd'hui vers Wordpress, dont la seule fonctionnalité qui me manque c'est la possibilité de faire des liens internes de façon facile vers des articles plus anciens. Voici le changelog donné par Stéphane, plus bas une capture d'écran pour voir ce qu'il y a dans les tripes de Cyrille BORNE. Il est à noter que nous avons mis à l'essai un temps, un outil qui permettait de faire des sauvegardes automatiques, le programme était trop agressif et demandait tout le temps si on voulait restaurer une sauvegarde. Il faut prendre le coup, je fais des backup de mes articles très régulièrement et je fais un CTRL+A, CTRL+C avant d'appuyer sur "enregistrer brouillon". Sur ce billet, la possibilité de rajouter des plugins supplémentaires à ckeditor, je n'ai pas le temps pour l'instant mais je le garde sous le coude au cas où.

Astuce : Réaliser des billets de tombola avec Libreoffice

mercredi 17 décembre 2014 à 08:49

Il faut savoir qu'il est possible d'utiliser le tableur calc comme base de donnée et d'alimenter des champs dans un document texte writer. La procédure est simple, voici un exemple simple. J'ouvre un tableur calc, chaque nom de colonne correspondra à un champ, il y aura autant de pages de créées que de valeur de champs, soit dans mon exemple trois pages, chacune comprenant les informations nom, prénom, date et lieu de naissance.

Dans mon document Writer, je vais dans édition, changer base de données et je vais pointer sur mon fichier base.ods que je viens de créer.

J'appuie ensuite sur F4, je retrouve bien les champs que j'ai défini et je fais un drag and drop du nom, prénom etc .. Si je lance une impression j'aurai trois feuilles différentes portant chacune les informations que j'ai alimentées dans les trois lignes de mon tableur.

Ma collègue m'a demandé comment réaliser 650 billets de tombola avec libreoffice, j'ai dit qu'on pouvait appliquer le même principe avec une colonne unique, le numéro de tombola. Dans calc il suffit de mettre 1 dans la première ligne et de tirer sur le carré noir pour obtenir une incrémentation rapide jusqu'à 650.

Elle s'est exécutée, voici son erreur. Dans le document qu'elle m'a envoyé, elle m'explique qu'elle se retrouve avec 650 pages alors qu'elle espérait en avoir 130. Elle a en effet coupé sa page en 5 comme on peut le voir ci-dessous. Elle pensait qu'il y aurait une incrémentation automatique pour chaque billet de tombola, c'est une erreur, l'ordinateur est bête et discipliné et n'incrémente qu'à la page suivante.

L'astuce en fait consiste dans un premier temps à redimensionner le billet de tombola pour qu'il fasse sa taille réelle, soit de l'ordre de 21 de large pour 6.5 cm de hauteur de la façon suivante. Ensuite on génère le résultat obtenu dans un fichier odt comme le propose l'outil à l'impression, si bien qu'on obtient les 650 billets de tombola correctement numérotés.

Enfin à l'impression papier du document, on va dans mise en page, nombre de pages par feuille pour en mettre le nombre désiré.

 

 

De la difficile position de celui qui sait en informatique dans le milieu pédagogique.

mercredi 17 décembre 2014 à 08:00

Je crois que nous ne réalisons pas notre niveau, on le réalise peut être parfois quand on a fait des choses qui sortent de l'ordinaire, un bricolage de folie ou la compilation de la mort. La réalité, celle des gens de mon entourage, je vous la donne c'est celle-ci :

Nous sommes utilisateurs de office365 depuis la fin de l'année scolaire dernière, nous utilisions la plateforme Zimbra avant. Cette migration d'une plateforme libre vers une plateforme propriétaire se justifie totalement par notre responsable national, à raison. En fait nous sommes régulièrement attaqués par des tentatives de phishing, et les profs ont tendance à donner assez facilement leurs identifiants de boîtes mail aux pirates si bien que ces mêmes boîtes mails ont commencé à arroser un peu le web entier au point de se faire blacklister par de nombreux serveurs mails. Dans les derniers temps passés sous Zimbra, il ne nous était plus possible pour exemple d'envoyer de mails en direction des comptes Microsoft, trop de spam. Il était donc nécessaire à notre administrateur de contacter les gros sites les uns après les autres pour s'excuser du spam et demander de ne plus figurer sur la liste noire, ce n'est pas viable, sachant qu'on sait pertinemment qu'il faudra recommencer dans la semaine car quelqu'un aura à nouveau donné ses identifiants. En passant chez Microsoft, ce problème est bien évidemment résolu, Microsoft ne sera jamais blacklisté à part peut être par quelques barbus Linuxiens intégristes, nous récupérons de plus 50 Go de stockage par personne ce qui n'est pas négligeable.

Travailler avec des profs c'est donc jongler avec des gens qui sont diplômés, cultivés, mais qui ont de grosses difficultés en informatique, pour preuve ils filent leurs codes à tout le monde, il n'est pas facile de composer avec cette population qui en plus sait souvent tout ou croit tout savoir, donc plus compliquée à éduquer. J'ai la chance d'avoir une équipe très docile pour l'informatique et qui a conscience que je sais ce qu'il faut faire. J'ai toujours insisté pour que nous travaillions en utilisant les outils dédiés, c'est à dire de notre fédération agricole, quels qu'ils soient, libre ou propriétaire, par souci de cohérence. Nous utilisons le groupware de la façon la plus complète possible, les mails bien sûr, le partage de calendrier mais aussi le partage de documents. Nous partageons des fiches de discipline pour nos élèves, nous fonctionnons en effet avec un permis à point, il s'agit de documents textes qui se trouvent donc en ligne. Pour y accéder, je dois aller dans les documents qu'on partage avec moi, entrer dans le répertoire du lycée, aller dans la section discipline, choisir la classe. C'est long, et c'est encore plus long parce que les serveurs sont lents.

Le bon sens, c'est celui de mes collègues. Si vous regardez dans les documents récents il y a 3ème, 4ème etc ... qui correspondent justement à nos fameux fichiers de discipline. Donc le raccourci c'est de cliquer là dessus et là c'est un drame extraordinaire. Si office365 était codé normalement, cela serait un raccourci dans l'application Office365, la faute à pas de chance celui-ci va télécharger le fichier, et si le fichier est associé avec un traitement de texte, celui-ci s'ouvre dans le traitement de texte. Je n'avais donc pas compris pourquoi certains de mes collègues me disaient qu'ils avaient rentré des informations et qu'elles n'avaient pas été enregistrées, elles sont tout simplement enregistrées au local, sur le poste. Cela signifie que plusieurs collègues ont eu le traitement de texte qui s'est ouvert et ils étaient persuadés que libreoffice enregistrerait derrière en ligne.

Je ne me moque pas, loin de là, c'est juste une illustration de plus pour montrer avec qui on travaille. Je vous donne de façon succincte, deux incidents qui se sont produits dans la même semaine. Le premier, je suis en récréation, on m'annonce qu'il n'y a plus de réseau, j'ai dix minutes avant d'aller en classe. Je fais les vérifications d'usage, reboote le serveur, ça ne fonctionne pas. Alors que je suis en cours, je demande à un élève d'appeler le factotum qui est un allié précieux pour moi car il s'occupe de tout l'aspect filaire et se débrouille pas mal en info, de débrancher les bornes Wifi une à une et plus particulièrement une sous le faux plafond, il revient plus tard pour m'annoncer que c'était ça, pour une raison inconnue la borne Wifi s'est mise à dérailler. Dans la même veine, j'arrive au lycée, j'ai à peine le temps de lancer mes photocopies, ma collègue me dit que le réseau en salle informatique ne fonctionne pas. Très rapidement, je ping en direction du serveur ça ne sort pas, je prends le câble qui arrive au switch, le branche directement sur un ordinateur de la salle, ça ne marche pas, je vais au switch côté serveur et me rends compte que les diodes sont figées. Cela m'était déjà arrivé dans le Cantal suite à des orages, nous avons dernièrement des pannes de courant, je pense que le switch est mort. Je change le switch, ça marche, j'ai à peine le temps de prendre mes photocopies et de partir en classe.

Dernièrement Gilles W, me demandait comment je fais pour ne pas craquer, question d'habitude en fait. Je gère, car effectivement, je suis le spécialiste des situations de crise mais c'est problématique car les gens oublient que je suis enseignant, les gens pas les élèves. Les élèves eux de leur côté me sollicitent pour les problèmes avec l'ordinateur de la région car justement ils savent que j'enseigne l'informatique, ce qui revient exactement au même, il me devient difficile de passer la porte du lycée sans me faire tomber dessus directement par quelqu'un pour un problème technique. Mes collègues me sollicitent pour tout ce qui concerne l'informatique car je suis celui qui sait, un peu comme si j'étais le seul qui pouvait sauver le monde, le dernier espoir de l'humanité, alors les attentes sont importantes. Je regrette qu'ils n'essaient pas d'apprendre quelques bases pour aller vers l'autonomie, car tout n'est pas si difficile. Dans le milieu scolaire, le savoir informatique est rarement partagé et c'est très problématique car on fait pression en permanence sur le même individu dont ce n'est pas la fonction première et cela empiète parfois sur son travail personnel.

Ce rôle que j'assume est la tâche de nombreux de mes collègues à travers la France qui se reconnaîtront dans ce billet. Même si c'est difficile, car d'une part vous avez la pression exercée par les autres mais surtout par celle que vous vous placez vous même par culpabilité du fait d'être celui qui a tout monté, s'il fallait passer un prestataire, on paierait des fortunes pour une intervention qui ne serait pas dans la minute et pas nécessairement efficace, une situation que je pense ne réalise pas réellement les collègues, plus le chef d'établissement qui tient le carnet de chèque. Il faut donc apprendre, faute de dire non, à dire on se calme, car la priorité c'est d'enseigner, et si l'absence d'internet ou un dysfonctionnement technique dont je ne suis pas le responsable perturbent vos cours, mon intervention pour réparer ce problème, m'empêche de faire cours.

La France a une véritable volonté d'informatisation, l'école numérique on y tient. Mes installations ne sont pas très compliquées, mais depuis le début de l'année c'est la multiplication des interventions, pour du matériel qui en plus est relativement récent. Il faut comprendre que l'achat de matériel, n'a pas de sens s'il n'y a pas de personnes pour l'entretenir, pour intervenir en cas de défaillance. Nous n'aurions pas besoin dans notre établissement de quelqu'un à plein temps, mais peut être deux heures par jour dédiés à l'informatique sans interruption, pour ne faire que de l'informatique, contrôler, réparer, mais aussi mettre en place pour évoluer. Il devient de plus en plus urgent de créer des postes de techniciens informatiques d'unités pédagogiques, la spécificité du public que ce soient les élèves ou les enseignants, fait que ces postes qui n'existent pas se devraient de ne pas être uniquement des brutes en informatique mais bien des individus qui sont des brutes, mais dotés d'une grande patience et d'une large pédagogie. 

Pour l'heure je continue ma course en faisant au mieux.

Supprimer accents et espaces dans les noms de fichiers et répertoires

mardi 16 décembre 2014 à 14:44

On dispose de plusieurs solutions pour supprimer accents, espaces, et autres éléments souvent gênants dans les noms de fichiers et répertoires, comme des lignes de commandes à base de sed, rename, voir des interfaces graphiques comme pyrenamer ( qui n'a plus de homepage. Copies d'écrans ici ).

J'ai découvert par hasard un autre programme faisant le travail avec une simplicité déconcertante, detox. Il permet de travailler en récursif, de simuler ce qu'il va faire pour prévisualiser les résultats, de modifier les séquences (codages + ) et peut être bien utile pour les débutants dans un terminal et bien au-delà des débutants.

Exemple d'utilisation pour supprimer les espaces et accents :
Dans un répertoire créé à cet effet nous avons :

$ tree
.
├── à é
├── autre b.txt
├── éé
└── un a.txt

Pour supprimer ces accents et espaces il suffira de faire :

$ detox -v *
Scanning: à é
à é -> a_e
Scanning: autre b.txt
autre b.txt -> autre_b.txt
Scanning: éé
éé -> ee
Scanning: un a.txt
un a.txt -> un_a.txt

Si on avait voulu simuler seulement le résultat il suffisait d'ajouter l'option -n. L'option -v est facultative bien sûr. Résultat :

$ tree
.
├── a_e
├── autre_b.txt
├── ee
└── un_a.txt

Enfantin donc et tellement plus simple qu'un programme graphique pour une utilisation basique. Detox est disponible en paquet Debian mais est aussi présent sur les principales distributions comme Mageia et bien d'autres encore.

cep

p.s. On peut discuter de cette astuce sur le forum : http://www.cyrille-borne.com/forum/showthread.php?tid=81

bédés - 2014 - C'est long

mardi 16 décembre 2014 à 14:00

De nos jours une archéologue belle et rebelle découvre la tombe de Cassio, un homme mystérieux entouré de mystères qui aurait été le médecin de l'empereur en 150 avant Jésus Christ. Il aurait été assassiné par quatre personnes, mais seulement le problème c'est que dans la tombe on retrouve quatre mains coupées qui tiennent chacune un couteau, le couteau qui aurait servi à tuer un homme revenu d'entre les morts pour se venger. L'histoire se déroule de nos jours donc, mais aussi en 150 après JC où l'on découvre le personnage de Cassio, garçon arrogant au possible, avocat, et comment quatre personnes ont pu s'énerver contre lui au point de vouloir l'assassiner. Assez rapidement on découvre que Cassio a des pouvoirs un peu spéciaux issus de sa mère, celui de la guérison, de là à imaginer que Cassio se baladerait au XXI° siècle il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement. Réussi cette série, les allers retours entre le temps présent et passé, l'enquête policière, historique, non rien à dire, c'est un mélange vraiment intéressant des genres.

Sherlock Holmes tout le monde connaît, l'inspecteur Watson qui va avec aussi mais les quatre de Baker Street c'est plus rare. Les quatre de Baker Street c'est trois gosses des rues qui jouent les indics pour le célèbre détective et un chat qui globalement ne sert à rien mais ça devait faire mieux les quatre que les trois. La bande dessinée a pour parrain Régis Loisel à qui l'on doit la quête de l'oiseau du temps, et ce n'est peut être pas pour rien, on a un niveau de graphisme extraordinaire, digne de la quête ou de Black Sad, c'est certainement l'une des bédés les plus réussies au niveau du dessin depuis pas mal de temps. Au niveau de l'histoire c'est assez dur, des gosses des rues, leur univers, les prostitués, les voleurs, etc ... mais la fierté de travailler pour le plus grand des détectives. Au niveau des histoires qui sont globalement des one shot, une gamine qu'on doit sauver d'un réseau de prostitution, un Russe qu'on fait passer pour Jack L'éventreur qu'il faut innocenter, les quatre aident enfin un jeune homme de riche famille à épouser sa belle, la mort de Sherlock Holmes qui porte un coup dur au petit groupe. Réussi, ça bouge beaucoup, une excellente bédé qui permet de découvrir l'univers de Sherlock Holmes d'une autre façon.

De nos jours, deux aviateurs s'écrasent, des aviateurs un peu particuliers, puisqu'il s'agit de deux furets, des furets qui parlent. Il s'écrasent et découvrent avec stupeur d'autres furets, ils pensaient que les autres communautés n'existaient pas. Ces furets cohabitent avec des transparents, les communautés se détestent, les transparents sont des êtres de la légende qui disparaissent dans le noir et qui risquent de mourir s'ils s'endorment sans lumière. La légende c'est celle-ci. Un arbre, un dieu en fait, avait une peuplade préférée, les transparents. Un furet et un transparent se sont aimés, de leur amour naquirent deux jumeaux. Les autres animaux jaloux, profitèrent de l'occasion pour s'indigner et réclamer le départ des transparents et des furets pour la faute commise par les deux représentants des communautés respectives, ce qu'accepta le grand chêne. En contrepartie les animaux acceptèrent de perdre la parole puis la raison. Le grand arbre garda en lui les deux jumeaux, mais en vieillissant, en devenant plus faible, il finit par les relâcher. Or les jumeaux réagissent aux sentiments qu'éprouvent les deux communautés, mignons comme des bisounours quand tout va bien, evil twins quand tout va mal, avec des communautés qui se haïssent, on imagine qu'ils ne sont pas tout amour si tout le monde se déteste. Difficile d'en rajouter plus sans une couche de spoil, il faut juste savoir que les lumières de l'Amalou c'est un univers très original, avec un vrai voyage imaginaire, une belle écriture, un dessin magnifique, des surprises, pour une bédé finie en cinq tomes.

Le casse est une série finie en 6 tomes indépendants qui comme son nom l'indique, présente à chaque fois, un casse, un gros coup.

Le thème de la série, les lieux, les époques, c'est original, on regrette toutefois que les albums ne soient pas d'un niveau égal.

Les aigles de Rome se déroulent dans la Rome antique comme on peut s'en douter, ambiance Peplum et compagnie. Les romains qui sont trop fort viennent de mettre la pâtée aux germains et pour être sûrs de leur alliance spontanée et de longue durée, ils prennent des otages. Parmi eux un ado, fils de chef de clan qui se retrouve à Rome pour être éduqué par un ancien général qui a aussi un fils du même âge. Très rapidement les deux garçons vont se détester pour finir les meilleurs amis du monde. Au fil des quatre tomes, on va les voir grandir, s'affirmer en tant que guerrier, subir leurs inintéressants problèmes amoureux mais surtout devoir s'affronter, en effet le premier est en train de rassembler les tribus germaniques pour mettre la pâtée aux romains pendant que le second reste fidèle à sa patrie, mais que vont devenir les deux amis, oh mon Dieu, je me le demande. Actuellement en quatre tomes, les Aigles de Rome font partie des bédés qu'on achète par faiblesse car le dessinateur c'est Marini à qui l'on doit les aventures d'Olivier Varèse, Rapaces, ou le Scorpion, c'est à dire un type qui dessine comme un Dieu grec ou romain dans le cas présent. Le problème c'est que l'histoire même si elle se laisse lire n'est pas à la hauteur du dessin, trop classique, des personnages trop similaires, l'aspect romantique placé dans cette histoire donne un côté artificiel, qui sonne faux. Alors nécessairement quand on voit la qualité des planches, on est partagé, mais pour moi les aigles de Rome reste avant tout une jolie coquille bien vide.

Un médecin qui travaille au Brésil pour les pauvres apprend le décès de ses parents qu'il n'avait pas revu depuis de nombreuses années, en effet champion de sabre, il en a profité pour fuir l'Allemagne de l'Est. Depuis la chute du mur de Berlin est passée par là et il "profite" de l'occasion pour retrouver sa sœur. Il n'était pas en très bon terme avec ses parents, il ne traîne donc pas et repart vers ses "patients", avec quelques broutilles dont un dessin à lui qu'il avait réalisé adolescent. Pendant le voyage, il casse le cadre et se rend compte qu'à l'intérieur se trouve un morceau d'étoffe avec une lettre hébraïque qui va le mener dans une aventure abracadabrantesque. Bon je spoile un peu pour vous donner envie ou pas. En fait il y a 5 morceaux d'étoffe, un partage réalisé par 5 gars pendant la guerre qui sont tombés sur une masse considérable d'objets d'arts, des millions et des millions qu'ils décident de planquer dans une banque Suisse avec la complicité d'un de leurs amis. Plutôt que de vivre comme des nababs à la sortie de la guerre, ils décident de faire fructifier l'argent afin qu'un jour ils aient tellement de fric qu'ils puissent bouleverser la société pour la faire basculer dans un truc de bien. L'idée du cercle de Minsk est intéressante, certains cliffhanger sont bien amenés néanmoins cinq tomes c'est trop. L'histoire se perd dans des détails qui n'ont pas d'importance, elle tire en longueur, on notera aussi un dessin pas top niveau, pour avoir au final une bande dessinée moyenne.

En Angleterre la chrétienté a largement progressé et on s'en va casser un site païen. En cassant un monument on déterre un Merlin endormi depuis plus de 500 ans qui s'était fait coincé dans la pierre. Avec l'avènement du christianisme, la magie ancienne a disparu, ou il n'en reste plus trop. Viviane donne pour mission à Merlin et à une descendante de Galaad à qui elle va donner Excalibur de se débrouiller pour rétablir la magie. C'est ainsi qu'à travers six tomes, nos deux héros vont redonner vie au petit peuple, faire apparaître un dragon, réveiller les dieux romains et quelques autres bricoles, poursuivis par un horrible abbé qui n'est autre qu'un vilain nécromancien. Le chant d'Excalibur est une bédé en 6 tomes pas désagréable à lire avec Arleston aux commandes à qui l'on doit pour ne citer qu'une série, l'univers de Troy. On est donc dans une bédé dynamique avec un Merlin qui joue toute la partie comique, alcoolique et satyre, on comprend rapidement les situations dans lesquelles il peut se mettre. Arleston est un maître de l'aventure, c'est une qualité indéniable, c'est aussi le spécialiste de la série à rallonge. Sachant pertinemment que la magie est vouée à disparaître, à moins de se lancer dans une uchronie, l'auteur traîne sur 6 tomes pour une fin nécessairement en sucette. L'ensemble reste très agréable à lire, amusant, mais pas extraordinaire non plus.

Les contes du Korrigan est une bédé qui comme souvent se trouve en Bretagne, comme 90% des bédés d'ailleurs, c'est vraiment le hold-up breton. Ici ça va encore plus loin puisqu'il s'agit des légendes bretonnes inhérentes au petit peuple, les fées, les sirènes et tout le bestiaire qui va avec. C'est réussi, les albums sont classés par thème, par exemple, comment les Korrigans réussissent régulièrement à déjouer les tentatives du diable qui cherche à prendre des âmes innocentes, un album complet sur le peuple de la mer et les histoires tristes entre des hommes qui tombent amoureux de jolies sirènes. Les histoires sont toutes très morales, mais la chute est souvent inattendue. Ce qui est assez plaisant c'est que même si les récits sont très nombreux, on a souvent des liens entre les histoires, les descendants, ou une suite, de plus on suit en parallèle les aventures du narrateur Koch ce qui donne un fil conducteur tout le long des dix tomes. A lire par tout le monde, les petits et les grands, c'est vraiment mignon et cohérent malgré le nombre d'intervenants sur les albums.

Notre histoire commence par une révolution, un roi va se faire décapiter. Pas n'importe quel roi, un roi qui a deux grand pouvoirs, la clémence pour se faire obéir, la tourmente pour déclencher des guerres. Du fait d'avoir trop abuser de ces pouvoirs, du fait d'être lassé de cette vie, de ce peuple qui le déteste, il décide de les enfermer dans des statues d'argile pour les confier à une jeune fille. C'est justement cette jeune fille que l'on croise, on comprend qu'elle s'est fait kidnappée par des méchants, elle va être délivrée par pop un artiste qui a un incroyable talent de lanceur de couteau mais qui la faute à pas de chance va se casser la main pendant la libération. Et comme le sort n'a pas fini de s'acharner sur lui, elle va se faire enlever à nouveau alors qu'il en tombe éperdument amoureux. L'aventure aurait pu s'arrêter là, mais ce dernier pendant 8 ans va vivre avec Justine son amour par songes interposés. N'ayant plus de talent pour le lancer de couteau, étant complètement abruti par ses rêves, l'histoire va connaître un tournant inattendu lorsqu'il va être embauché par les anciens complices du kidnappeur de sa bien aimée, nous voilà partis pour trois tomes d'une aventure finie avec un A. Il est très difficile d'aller plus loin dans vauriens sans spoiler, la bande dessinée suit vraiment une trame complètement non linéaire, très surprenante jusqu'au final. Ce que je peux dire c'est qu'il s'agit d'une excellente bédé, un incontournable.

Sur une gentille planète, un gentil mariage entre un gentil truc qui ressemble à un lutin et sa femme lutin, enceinte jusqu'au coup. Bien évidemment ils se font enlever par des méchants qui pompent leur énergie vitale jusqu'à la lie et les transforme en vieux. Du fait de cette manipulation malsaine, notamment pour un accouchement, la femme devenue très vieille décède et met au monde Alef Thau un enfant tronc. Alef Thau est récupéré par une espèce de vieux sage qui lui apprend à envoyer sa projection astrale à l'extérieur de son corps, exactement pareil que dans le Lama Blanc d'ailleurs, ce qui n'est pas bien étonnant puisqu'il s'agit d'une bande dessinée de Jodorowsky. Bien évidemment la trame on peut la deviner aisément Jodorowsky est le professionnel du parcours initiatique, ici il s'agira de récupérer les membres manquants mais pas seulement. Sur cette planète, tout n'est qu'illusion sauf une jeune femme du nom de Diamante dont le parcours initiatique quant à elle consiste à la domination de la planète, les deux personnages vont s'aimer, se détester et ... surprise pour la fin ou pas. Un classique de la bande dessinée, très onirique, à lire.

Dans la ville d'Hélios c'est pas la fête. La ville est en rouille et se désagrège au fur et à mesure, des monstres apparaissent de partout et bouffent tout le monde, mais le pire c'est certainement la justice des hommes. Hélios est une ville divisée en castes, les noirs qui sont les pauvres, les bleus qu'on pourrait apparenter à la petite bourgeoisie ce sont les techniciens et les commerçants, enfin les rouges qui représentent les nantis, la monarchie, ils sont protégés par les dragons, des soldats d'élites impitoyables qui fracassent tout ce qui n'est pas content à l'épée. Les âmes d'Hélios racontent l'histoire d'Ylang faisant partie de la caste des noirs, et dont la mère prostituée essaie par tous les moyens d'élever sa fille, élever au sens grimper dans les castes, celle-ci prépare en effet l'examen pour devenir dragon. Elle devra faire de nombreux sacrifices pour atteindre son but, gagnera, gagnera pas, réponse au bout des quatre tomes de cette bédé terminée. Bande dessinée dure, réussie tant au niveau du scénario que du dessin pour un final assez déroutant.

Le crépuscule des dieux est une transposition libre en bédé de toute la mythologie nordique. Tout commence avec Odin le grand chef qui subit la malédiction des Nibelungen comme dans les chevaliers du Zodiaque, et qui pour se défaire de cette malédiction doit féconder toutes les femmes qui passent afin d'évacuer. De cette lignée viendra Siegfried le gars qui a tué le dragon et qui recouvert de sang est indestructible sauf à l'endroit où une feuille est venue se poser. On a donc toute la panoplie, les valkyries, les midgard, le Ragnarök et le reste très joliment illustré par Djief qui avait participé à la bédé sur l'univers carcéral haute sécurité. Très belle série, de grandes scènes de bataille, de la romance, du drame, de la vraie grande série épique qui pour ma part m'a permis de découvrir une mythologie que je ne connaissais pas si ce n'est honteusement à travers les chevaliers du Zodiaque bien sûr qui nous aurons tout appris.

Le légataire est la suite du décalogue, l'une des bédés les plus originales et les plus passionnantes que j'ai eu l'occasion de lire. Le décalogue pour mémoire avait une narration ante-chronologique, elle démarrait de nos jours pour finir à l'origine, aux environs de 600 ans après JC où Mahomet aurait écrit une sourate inédite sur l'épaule d'un chameau, une sourate qui pourrait déstabiliser l'islam moderne et qui aurait été portée à travers les siècles sur un livre maudit, Nahik, entraînant tous ses auteurs dans une mort violente. Cette fois-ci l'histoire va dans le bon sens si l'on peut dire et a pour héros les personnages des premiers tomes dont certains ont bien vieilli, notamment Merwan Khadder ancien intégriste profondément bouleversé par la découverte de la sourate et qui va se lancer sur cinq tomes dans la quête de la vérité afin de trouver le parchemin original. J'ai fait l'erreur pour ma part de ne pas relire le décalogue (une fois de plus) pour profiter pleinement du légataire, si bien que certains détails de l'histoire m'ont paru moins limpides, moins clairs, je ne peux que vous inviter à faire les quinze tomes à la chaîne. Le légataire est une suite cohérente au décalogue, mais pas indispensable, si on dévorait la série originale en traversant l'histoire, passant les siècles avec l'envie de découvrir la vérité, la série ici est nettement plus basée sur les intrigues et sur l'action, on n'a moins l'envie de savoir comment ça finit, ça tombe bien, la fin n'est pas une réussite.

Dans un futur très lointain la terre a été plus ou moins détruite par une catastrophe pas trop naturelle. Les hommes sont répartis entre deux endroits, le grand extérieur un endroit particulièrement difficile, tant par les conditions climatiques que par le bestiaire qu'on y trouve, Dite, une ville de haute technologie où les "élus" s'abreuvent des rêves du titan Orphée, un robot poète qui parcourt le monde pour trouver l'inspiration. Un événement va précipiter la chute de Dité, Orphée s'en va et ses habitants vont sombrer dans la dépression la plus complète. Arkadi (le monde d'Arkadi), un habitant de l'extérieur va se retrouver au centre de cette quête, trouver le poète et plus si affinités. Il y a une vingtaine d'années on croisait régulièrement Caza sur les salons de dédicaces du sud de la France, un homme charmant qui a énormément dessiné de couvertures de livres de SF, il est ici aux commande du scénario et du dessin sur une série qui se conclut en neuf tomes. La série a la particularité d'avoir eu un trou de huit ans suite à des problèmes d'éditeurs, pas assez bankable, et cela se sent, le dessin a encore progressé ce qui est assez surprenant puisque l'auteur a aujourd'hui plus de 70 ans et maîtrisait déjà largement son art à l'époque, les derniers tomes sont magnifiques. Le monde d'Arkadi est une quête passionnante, onirique qui fait partie des classiques de la SF française.

Arawn a l'air de s'ennuyer sur son trône, lui qui est devenu un roi, un dieu, craint et respecté par tous. Cela dit, Paris ne s'est pas fait en un jour et avant d'en arriver là, une histoire, une longue histoire. Tout démarre avec la maman, une super guerrière de la mort qui se donne à un homme, un super guerrier de la mort qui tue, de leur union ne pouvait naître que des supers guerriers de la mort. Malheureusement alors qu'ils vivaient paisiblement, ils ont le tort d'héberger un homme, un homme intriguant qui possède un drôle de chaudron qui parle, il forge une épée pour le super guerrier de la mort, et la faute à pas de chance il le tue avec et viole la super guerrière qui pas très contente lui tranche la tête avec cette même épée qui comme vous pouvez le constater sert déjà beaucoup alors qu'elle est neuve. De cette union naîtra deux jumeaux ce qui lui donne quatre enfants dont Arawn. Notre super guerrière a en sa possession les osselets du destin, à chaque fois qu'elle les jette, une prédiction, la destinée lui explique que ses quatre fils vont passer leur vie à se poutrer, et que parmi eux il y aura un Dieu, on sait déjà qui a gagné la guerre mais il faut quand même nous raconter comment on en est arrivé là. Arawn, est une très grande série, avec un dessin qui déchire tout, des bastons grandioses, Arawn se hisse au niveau des chroniques de la lune noire avec un dessin à la Simon Bisley, incontestablement l'une des meilleures bédé du genre.

Block 109 : New York 1947 est ce qui s'appelle une uchronie ce n'est pas une bédé futuriste ou une bédé d'anticipation, c'est une bédé dans laquelle un élément d'histoire et modifié et par le fait toute l'histoire qui suit est bien évidemment différente. En 1941 Hitler est assassiné, l'Allemagne Nazie n'a d'autre choix que de réorienter sa stratégie et le fait vers le développement des armes nucléaires qu'elle balance à foison sur les USA au point de gagner la guerre. Comme si ce n'était pas assez, elle lance sur les states un virus mortel qui transforme les humains en espèce de zombis. La bande dessinée vous le noterez réalise la performance de mélanger des zombis et des nazis qui sont les héros de cette aventure. En effet pour une raison qui nous est inconnue mais qui nous sera révélée à la fin, on envoie une équipe de six hommes percer un coffre situé en plein New York dévasté. Bien foutu, bien graphé, prenant, le seul regret c'est la fin en sucette. La bédé reste à lire. 

Notre bonne vieille terre, le futur, l'apocalypse bien sûr, les êtres humains ne sont plus ce qu'il étaient, réduits au rang d'animaux, ils se baladent à poils dans ce qui reste des rues. Les patrons désormais, les chats. Organisés, ils vivent dans des villages de type moyenâgeux, les chats sont pépères et vivent dans la paix la plus complète un peu quand même ennuyés par les loups qui en sont aux balbutiements de la parole mais qui en sont surtout à prendre les armes pour poutrer tout ce qui bouge. Parmi ces chats, l'un d'eux fait un rêve récurrent, il voit un dernier être humain, enfin un être humain en état on va dire, qui serait immortel. Nous voilà partis pour l'aventure, le chat et son disciple partent à la recherche du dernier homme qui est en fait une femme enceinte, mise en conserve sous Notre Dame de Paris. Chats est une bande dessinée qui fait penser à l'univers des eaux de Mortelune en beaucoup moins sale quand même, on retrouve la France dans l'univers post-apocalyptique, le côté road movie, l'évolution des espèces, les insectes pour les eaux. Assez captivant, amusant, intriguant, on se demande comment ça va finir, à lire.

Le lama blanc est une bande dessinée de Jodorowsky à qui l'on doit entre autre les technopères, Mégalex ou encore la caste des Métabarons. Ici exit l'univers de sciences fictions, nous sommes au coeur du Tibet où Mipam un super grand Lama trop fort se réserve une dernière réincarnation car il voit son pays envahi par les armées chinoises et que son corps de vieux ne fera pas l'affaire. Les choses auraient pu se passer de façon traditionnelle, la bonne vieille réincarnation, mais les jalousies font qu'au lieu de se réincarner dans un petit tibétain de base qui se fait assassiner par un autre lama concurrent et avide de pouvoir, il finit dans un enfant blanc à qui il va arriver tous les malheurs du monde, mais qui poutrera tout le monde à la fin, un peu comme dans les technopères mais avec du karaté. Le lama blanc fait partie de mes bédés préférées chez Jodo comme on dit, on y trouve une fois de plus cette niaiserie caractéristique dans sa bande dessinée, l'onirisme, je trouve que le contexte ici s'y prête parfaitement, le voyage initiatique de l'enfant qui va devenir un lama super méga balèse.

Carmen Mc Callum est une bédé qui s'inscrit dans l'univers de Travis, un monde futuriste donc, 2050. Alors que Travis nous faisait plutôt voyager dans l'espace, avec Carmen Mc Callum on est bien les pieds sur terre. Carmen est une tueuse, une professionnelle comme on dit dans le métier, la meilleure. Dans les deux premiers épisodes elle est amenée à libérer une trafiquante de drogue pour le compte des Yakuza. La particularité ici c'est que pour pallier les problèmes de surpopulation carcérale les gens sont cryogénisés en attendant leur jugement, ici la jeune femme en a pris pour 20 ans. Tout le monde s'étonne de l'ampleur de l'opération, la tueuse est payée une véritable fortune par rapport au coût de la cargaison de drogue, si bien qu'on se doute qu'il devait y avoir autre chose dans le conteneur, hummm mystère. Les deux premiers tomes mettent en place la série, les personnages secondaires, ils sont nombreux et pas forcément lisibles, l'histoire s'appuie sur l'ensemble pour donner une bédé de 13 tomes actuellement. On a des minis histoires dans l'histoire avec des liens entre chaque mini-série pour un résultat cohérent mais pas indépendant. La série Carmen Mc Callum se doit d'être obligatoirement différente de Travis, un homme d'un côté, une femme de l'autre, très souvent dans l'espace pour le pilote de navettes, très souvent sur terre pour la tueuse, on y voit quand même de nombreux points communs comme l'action omniprésente et la moralisation. Alors que dans Travis on pointait du doigt la world compagny, de nombreux tomes ici critiquent la vision du monde face aux minorités, ici particulièrement, les êtres génétiquement modifiés. Très bonne série, on ne s'ennuie jamais, à lire d'un trait.


Deux jeunes étudiantes alors qu'elles ont un coup dans le nez, se lancent dans un pari qui pourrait paraître stupide, séduire le patron de l'une d'entre elle qui fait du baby sitting, virer sa femme et prendre sa place pour bénéficier du confort financier et de l'appartement. Une petite tentation est une bande dessinée qui accroche, la tension sexuelle omniprésente, laquelle des deux va-t-elle remporter le concours, la garce ou la sympa, quelles seront les répercussions sur tous les individus car ce jeu ne sera pas sans conséquences. La subtilité de la bédé qui traite avec efficacité les rapports humaines c'est d'illustrer les histoires sentimentales avec justesse, un gars sympa de 40 ans qui se fait prendre au piège, des jeunes femmes qui voient le sexe comme un outil, le couple, etc ... A lire.

Il a la quarantaine, il élève sa fille, les femmes l'ont particulièrement déçu et il se contente de coucher avec les filles au pair étrangères qu'il recrute. Elle aussi la quarantaine, elle est l'institutrice de sa fille, son mari qui vient de gagner au loto l'a plaquée elle et ses deux enfants. Elle est aigrie au possible et s'investit dans le quotidien, folle de rage elle en a planté la voiture dans un arbre alors il la prend chaque matin pour aller à l'école, il se met alors à imaginer une vie à cinq. Ce qui aurait du être une journée ordinaire tourne à la prise d'otages façon human bomb. Amusant, bien pensé, puisque c'est dans ce contexte totalement inapproprié que le couple va se rapprocher. Mise en bouche est une bédé amusante, bien pensée, bien écrite, au final surprenant comme souvent dans les one shot.

Le client raconte l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une prostituée et réciproquement, un homme sans histoire, passionné d'art, qui va élaborer un chantage pour libérer la femme qu'il aime, la fille du mafieux qui la retient contre sa promise. Très classique, mais une narration parfaite sous forme de lettre (l'homme qui écrit à sa sœur), très bien écrit.

Dans l'espace un grand vaisseau de voyage embarque à son bord le lieutenant Granite une femme belle et rebelle, mademoiselle Calista une femme très belle et arriviste qui cherche un mari riche, Narvarth un mécanicien plutôt doué. D'un coup, le vaisseau se retrouve dans une autre dimension et s'écrase sur Ythaq (les naufragés d'Ythaq), nos trois individus se retrouvent ensemble et sont rapidement poursuivis par les gens du pays où ils vont vivre des tonnes d'aventures. Les naufragés d'Ythaq est une bande dessinée d'Arleston l'auteur de la série Lanfeust et on retrouve tous les éléments parfaitement maîtrisés par l'homme, jolies filles bien graphées par Floch, de l'aventure, de l'action, de l'humour, et pour une fois un peu de mystère. On se rend compte en effet assez rapidement qu'il y a quelques bricoles qui clochent sur cette planète, d'une part des tas de vaisseaux se crashent, d'autre part des êtres étranges sur la planète qui ont l'air de gérer quelque chose, tant pis pour le spoil mais on vous le donnera assez vite, Ythaq est le lieu d'un grand jeu, je ne peux en dire plus. 11 tomes à l'heure actuelle avec un premier cycle de neuf tomes, les naufragés d'Ythaq souffre du problème traditionnel des séries d'Arleston, la rallonge. Beaucoup de choses inutiles pour une série qui reste très agréable à lire, un reproche supplémentaire, la fin qui n'est pas à la hauteur de la aventure. Le cycle principal se termine au tome 9, le nouveau cycle n'apporte pas grand chose, mais comme d'habitude, on redémarre.

L'histoire de Légende démarre sur une course poursuite, un homme beau, blond est poursuivi par des cavaliers, il leur met une raclée mais se fait grièvement blesser, il est ramassé par une sorcière qui vit dans une hutte isolée, il lui raconte son histoire. Tout démarre par une grosse boucherie, on comprend que blondinet est l'unique rescapé du massacre, qu'il est de façon très originale le dernier héritier du royaume et que de façon toute aussi originale, la servante qui arrive à s'échapper avec le confie à une espèce d'ermite sorcier qui vit avec les loups. Cinq tomes pour nous raconter de l'enfance à l'âge adulte, la vengeance et la reconquête de son royaume. Plutôt réussi plus par le dessin que par le scénario qui est trop prévisible, on peut raconter la fin dès le départ avec un gros happy end, la bande dessinée est agréable à lire.

Les technopères est une bande dessinée de Jodorowsky qu'on connaît pour l'incal, la caste des méta-barons, ou Megalex. Historiquement la bédé parait après les méta-barons qui a démarré en 1992, les technopères en 1998 et comme beaucoup j'ai été déçu, un côté niais je pense. J'ai lu et j'ai relu cette bédé une dizaine de fois, et chaque relecture est encore meilleure, c'est finalement une excellente bédé. Notre histoire démarre sur un astéroïde paumé où Panepha une vierge destinée à devenir un oracle, est violée par trois pirates qui vont lui donner trois enfants, un gris son préféré, un enfant méchant, une petite fille rouge à quatre bras qu'elle refuse, et le petit dernier qu'elle rejette aussi, un blanc du nom d'Albino. Albino est un fou de jeux vidéos et il rêve de devenir développeur, comme quoi ça reste une constante, on va suivre sur huit tomes ses aventures et surtout sa progression dans l'industrie du jeu vidéo, jusqu'à devenir bourreau et enfin le technopère c'est à dire le grand patron. La narration est intéressante, elle se place à trois niveaux. Albino centenaire qui raconte sa jeunesse et qui parallèlement emporte avec lui 500.000 personnes pour trouver un monde dépourvu de technologies où il lui arrive des tas d'aventures, ce qui nous fait deux niveaux et le dernier, les aventures de sa famille avec pour idée principale sa mère qui décide de se venger des trois pères de ses enfants et les rebondissements qui vont avec. On sent une critique franche des jeux vidéos, avec les gens qui s'abrutissent, de la technologie de façon générale, et c'est écrit franchement, au point parfois que ça en devienne un peu ridicule, une sensation qu'on avait ressenti en lisant Asterix, le ciel lui tombe sur la tête avec une critique non dissimulée de l'univers du Manga. A la relecture, on s'habitue au ton pour ne garder en tête qu'une saga passionnante du niveau de la caste, magnifiquement graphée par Zoran Janjetov.

Dans un monde parallèle Vlad l'empaleur alias Dracula, se réveille et il n'est pas content, prisonnier, il se met à tuer naturellement les femmes qui l'emprisonnaient, les gardiennes de la Magika. Il s'évade dans notre monde et tombe nez à nez avec une super flic taillée dans l'amour qui lutte contre un terroriste du nom de New Jesus, elle réussit à sauver la dernière gardienne de la Magika qui va lui transmettre une partie de ses pouvoirs. Super fliquette va être entraînée dans une histoire mêlant son passé, la fin du monde, des nazis, des zombis, des trafiquants de drogue avec des filles qui passent leur temps à se promener en petite tenue. Pas si mauvais sur certains points, le dessin de Tacito à qui l'on doit 666 est magnifique, les répliques cinglantes, l'humour. Néanmoins le fond apocalyptique trop classique n'est pas sans rappeler le même 666 précédemment nommé. Agréable à lire mais pas très originale, Magika reste une bonne bédé.

Haute sécurité est une série composée de 6 tomes, eux mêmes coupés en diptyque qui raconte les aventures d'un groupe de gardiens de prisons, la dureté du métier bien sûr, leurs amours, mais aussi les secrets et les relations avec les prisonniers. Le premier cycle pose les personnages et nous présente une série de meurtres de prisonniers dans des mises en scènes pour le moins macabre, le second cycle raconte comment des détenus dans la prison finissent par se suicider sans raison particulière, enfin le dernier cycle fait revenir un truand dans la vie d'un des gardiens et les problèmes qui vont avec. Haute sécurité est une bande dessinée violente, on peut s'en douter, elle reprend vraiment les mécanismes des séries télés américaines, on accroche assez vite et bien, il faut dire que le travail sur les personnages est remarquable, le dessin solide, une très bonne bédé.

Il y a plusieurs séries sur Merlin, il s'agit ici de la série parue chez Nucléa et Soleil, en 10 tomes au scénario assez original, puisqu'il s'agit des origines de Merlin sur fond de christianisme. En effet les anciennes religions cèdent le pas à la Chrétienté, les Dieux sont en train de disparaître en même temps qu'ils disparaissent des souvenirs des hommes. Ahès une ancienne déesse refuse de disparaître et décide de créer son propre messie, issu d'une vierge et d'un esprit de l'air. Le seul hic c'est que Merlin va être élevé par le père Blaise, un ancien druide qui a embrassé la religion du Christ, durant dix tomes son cœur va balancer entre les anciennes religions et le Christianisme. Le concept est assez intéressant même s'il a déjà été utilisé par de nombreux auteurs, on peut penser à Pratchett dans les petits dieux, il est en outre particulièrement bien mené, on se retrouve avec un Merlin comme on ne l'a jamais vu à la tête des armées d'elfes, de troll, d'orcs, de dragons pour montrer aux hommes que la mythologie d'autrefois est encore bien vivante. Plutôt réussie, on notera de nombreux points communs avec les chroniques de la Lune Noire, les grandes batailles, l'absence de texte aussi qui fait qu'on lit chaque tome en vingt minutes, des parties inutiles.

Les nuits écorchées est une bande dessinée en trois tomes qui se décompose en un diptyque pour la trame principale et un dernier album en complément, pas forcément indispensable pour conclure l'histoire mais plaisant quand même. Un riche industriel qui fait du trafic de corps pour des expériences génétiques qui peuvent plus ou moins sauver le monde voit sa fille mourir dans des circonstances mystérieuses, tout semble indiquer qu'il s'agit d'un truand voulant jouant sur les terres du paternel. Mia une jeune policière qui fréquente les clubs échangistes est chargée de l'enquête, contrairement au père elle est persuadée qu'il faut fouiller dans le passé de l'homme d'affaires, qui tient plus du mafieux qu'autre chose, et curieusement dans ses soirées folles, elle va rencontrer un couple d'amants passionnés qui pourrait être lié à l'affaire. Très bonne bédé, excellent background, des personnages parfaitement construits pour une histoire génétique qui aurait pu être plus profonde et qui n'est pas à la hauteur de la forme.

Megalex est une planète industrialisée au possible, régie fermement par un trio quasiment immortel. Sur Megalex, on né par clonage et on meurt au bout d'un temps déterminé, période de 40 ans pour les plus pauvres jusqu'à 400 ou 4000 ans pour les plus aisés. Dans une nouvelle portée, une anomalie est fabriquée, et d'habitude les anomalies sont massacrées même pour un millimètre de différence, là l'anomalie fait pas semblant, plutôt difforme et gigantesque, elle, enfin il parvient à s'évader non sans l'aide d'une peuplade de rebelles qui vivent sous la surface au milieu de racines et de la végétation. Megalex est un délire de Jodorowsky, un de plus à qui l'on doit la Caste des Méta-barons ou les Technopères qu'il faut que je vous raconte. On retrouve un univers bien pensé, cruel, comme il les aime et cette bédé n'échappe pas à la règle. En trois tomes pour un premier cycle avec une vraie fin, c'est bien, c'est bien graphé aussi, toujours dans la même veine que les deux séries précédemment citées. Le premier cycle s'il apporte une vraie fin se termine en cliff Hanger et ouvre la voie sur un second cycle qui à mon avis ne verra jamais le jour comme j'aime à le dire compte tenu de l'âge du scénariste qui reste quand même un sacré vieux pervers glauque.

Une enfant se réveille dans un manoir (des murmures), elle se rappelle que ses parents et sa sœur ont été tués par un monstre, un vampire en fait. Dans ce manoir, on lui fait avaler des pilules, on lui explique que les nazis ont développé un virus qui tue les gens et qu'on lui inocule le vaccin pour la sauver, mais on lui ment. Depuis la nuit des temps une guerre entre les monstres (vampires, loups garous, hommes lézards, minotaures, etc ...) et les humains (druides) a lieu, la petite Sarah a été contaminée et devient elle même un vampire, le produit qu'on lui donne permettrait de résorber le vampirisme, Sarah devra alors choisir son camp. Excellente bédé en trois tomes avec une vraie fin mais qui pourrait facilement rebondir sur une nouvelle saison, le manoir des murmures joue la carte du brouillage des pistes avec intelligence, évitant de tomber dans un duel manichéen entre les hommes et les bêtes, mêlant des relations plus complexes pour un épilogue pas si prévisible, le cœur de la petite Sarah balançant entre les deux mondes lequel finira-t-elle par choisir ?

En Bretagne ... En Bretagne quand même, en Bretagne encore je dirai comme les trois quarts de la bédé franco belge, un bateau fait naufrage dans des conditions mystérieuses ... La femme d'un des marins, belle et rebelle, décide de connaître la vérité, et c'est à bord de l'épave qu'elle trouve un journal de bord qui explique que le bateau s'est fait attaquer par des espèces de sirènes. Secret de marin mais elle finit par obtenir la vérité, une espèce de guerre qui lie une dryade collée à un arbre et les sirènes. Difficile d'aller plus loin dans l'histoire sans spoiler, je peux dire que les larmes de Fées est un diptyque, assez réussi où notre héroïne va se retrouver au beau milieu du bestiaire magique et être aidée par un korrigan qui lui même a bien des problèmes puisqu'il est amoureux de la femme de son meilleur ami. Classique mais réussi, à lire.

Les pionniers du nouveau monde est une série qu'on aurait pu adapter à la télévision, vous savez à l'époque quand on avait le feuilleton de l'été, les amours, les vengeances, les trahisons, les lourds secrets de famille, et le reste, on est exactement dans cette veine. L'action se situe au milieu du XVIII° siècle, et se focalise autour du couple Louise et Benjamin, un peu les amoureux maudits. On découvre Benjamin qui est un ancien mondain parisien venu prêter main forte à son oncle dans le commerce, au beau milieu de la guerre avec les anglais, les indiens qui cartonnent plus ou moins tout ce qui bouge et qui vont s'allier avec tel ou tel clan. Les personnages principaux sont assez rapidement mis en place, notamment lorsque Benjamin se fait capturer par les anglais en même temps que Louise qu'il va séduire et Mary la nièce du chef de camp qu'il va aussi séduire. Préférant la française à l'anglaise, cette seconde ne lui pardonnera jamais et ils vont passer le clair de leur temps à se haïr au point de faire capoter son couple avec Louise. Les pionniers du nouveau monde s'inscrit dans la grande tradition de la saga et c'est plutôt réussi malgré la multiplication des personnages et des événements inutiles, l'aspect historique, certaines traditions indiennes, les relations entre les écossais, les irlandais, j'ai appris deux trois bricoles, rien que pour ça c'est à lire.

Libre à jamais est la suite de la guerre éternelle qui reste un must de la bande dessinée, il me faudra par contre spoiler pour vous présenter l'histoire. Décomposée en trois tomes comme la série originale, le premier tome raconte comment  Marygay alors qu'elle est séparée de William réussit à passer des siècles dans un vaisseau en attendant son compagnon. C'est l'occasion de présenter plus en détail le vaisseau spatial qui lui permet de faire des sauts dans le temps et qui sera utilisé plus loin dans la bédé. La guerre éternelle se terminait sur une annonce, celle du premier bébé à être né de façon naturelle celui de Marygay et de William sur une planète qui accueille les vétérans, derniers hétérosexuels et surtout derniers individus à proprement parler. En effet à force de cloner l'humanité pour donner de la chair à canon pour lutter contre les Taurans, l'humanité a fini par donner un être unique, Humain qui représente une entité de 10 milliards de personnes interconnectées. Nos vétérans trouvant lourdingue d'être encadrés de la sorte, vus comme des cobayes en quelque sorte mais aussi comme un danger potentiel car chaque individu pense par lui même, décide de faire un bond de 400.000 ans dans le temps pour voir ce qu'il y a après. L'idée est intéressante, le premier tome apporte un plus, une sorte de tome 3 bis de la guerre éternelle qu'on voyait sous l'angle de William, le second tome est excellent, malheureusement le dernier tome, la révélation part totalement en sucette, pas du tout carré quand la série originale arrivait à rester cohérente malgré le difficile problème que pose les sauts temporels pour tout scénariste. On lit tout de même jusqu'au bout pour l'attachement qu'on a à l'univers, mais on est d'autant plus déçus qu'on attendait vraiment autre chose.

Le chat du rabbin est un classique de la bande dessinée, que j'ai eu énormément de mal à lire plus jeune, rebuté par le graphisme. En effet, je suis arrivé principalement à la bédé par le graphisme, les chroniques de la lune noire pour ne citer qu'elles, le dessin de Sfar à côté c'est pas pareil, pour ne pas dire que si c'est dégueulasse ce n'est pas la préoccupation première de son auteur dessinateur qui fait tout vite. Sfar c'est l'un des auteurs de Donjon qu'on connaît bien ici, c'est donc avant tout un type très délirant, et très second degré, ce n'est pas totalement le cas ici, même si on retrouve certaines situations grotesques qui pourtant sentent le vécu. L'histoire nous place en Algérie dans le début du XX° siècle avec un chat qui mange un perroquet et qui se met à parler. Du fait que celui-ci soit le chat du rabbin, il va nécessairement avoir une philosophie assez particulière au croisement de l'animal et du judaïsme ce qui donne souvent des réflexions assez absurdes passant de la pensée de haut vol à la plus basse comme se faire câliner par la fille du rabbin, sa maîtresse. Pas évident de rentrer dans la bédé même si les personnages sont attachants, car les albums sont une succession d'anecdote mises bout à bout. Le tome le plus intéressant pour ma part c'est le Malka des Lions, le cousin du rabbin, une espèce de légende qui se promène depuis trente ans avec son lion apprivoisé et qui raconte des histoires extraordinaires, celui-ci apparaît rapidement dans la bédé et un tome complet lui est dédié, où l'on a une réflexion assez profonde sur la vieillesse et la gloire passée. Ça se lit, ça a quand même une forme de volonté de se la péter notamment quand le rabbin et son chat rencontrent Tintin qu'ils font passer pour un type qui parle trop et Milou un chien stupide, et s'il serait difficile de faire un procès d'intention à la série Donjon tant c'est n'importe quoi, il y a à mon avis plus de calcul dans cette bédé au point d'en avoir fait un dessin animé paru sur grand écran.

Dans un établissement scolaire, un placard à balais, derrière la porte le collège invisible, un établissement scolaire dédié à la magie qui n'est pas sans rappeler Poudlard et Harry Potter. Contrairement à Harry Potter, sérieux comme un pape, et surdoué de la magie, Guillaume est un cancre, un bon garçon qui n'a que très peu d'aptitudes mais un gars franchement sympa. Pour ne pas qu'il se fasse virer son meilleur ami Thomas qui se verra assez rapidement transformé en loup garou truque les résultats aux examens et Guillaume devient le premier de la classe si bien que le petit peuple, les fées, les trolls, et les autres bestiaux de l'héroic fantasy pensent qu'il va pouvoir devenir leur protecteur car un grand danger les menace. Guillaume va, sans le faire exprès, devenir le protecteur du petit peuple, devenir le libérateur d'un peuple de ratons laveurs, être le propriétaire d'un dragon, sauver la terre sans trop d'effort et purement à l'instinct. Le collège invisible a été écrit par le duo de scénariste Ange et cela a son importance car ils sont aussi les scénaristes de la geste des chevaliers dragon, cette série de one shot où à chaque fois des jeunes filles vierges (plus ou moins) fracassent les dragons qui symbolisent le mal, et on découvre que les gros monstres qui apparaissent dans la bédé ne sont autre que l'évolution de ces dragons, un cross over assez rare dans la bande dessinée. J'ai lu pour l'instant les sept premiers tomes de cette série qui en compte plus de dix et je dois reconnaître que malgré son côté ado, c'est la meilleure "parodie" de fantasy que j'ai eu l'occasion de lire depuis longtemps, les situations sont amusantes, les personnages très marqués et très attachants, c'est réellement une excellente série, vraiment rafraîchissante, drôle.

Antonio est un fils d'immigré italien, vivant à Paris, en froid avec son père, un homme qui a connu la guerre, silencieux, distant. Dario, un ami d'enfance avec qui il a fait les 400 coups, lui demande un service, écrire une lettre à une femme. Quelques jours plus tard il est retrouvé mort d'une balle dans la têten Antonio commence alors à mener l'enquête. Il découvre d'abord que son ami était devenu gigolo et qu'il avait emprunté une forte somme d'argent à une dame tombée folle amoureuse de lui, pour un projet complètement fou, faire du vin sur la terre de leur enfance en Italie. Il se trouve ensuite et à sa plus grande surprise qu'il est l'unique héritier de Dario et devient donc le propriétaire d'une vigne. Il part alors en Italie pour découvrir ses terres, se rend compte qu'on produit effectivement une piquette, et qu'une étrange église est présente sur place avec un Saint méconnu de l'église mais qui bénéficie chaque année d'une messe lors d'une procession. Aller plus loin serait vous dévoiler trop de l'histoire, sachez juste que la Commedia des ratés est une excellente bédé, adapté du polar éponyme qui a remporté quelques prix, et ça le mérite.

Plus jamais ça est un Western psychologique en trois tomes pour l'instant et vu la date de sortie du dernier, il y a fort à parier qu'on ne voit jamais arriver la suite. Son héros dont on ne peut dévoiler la profession sans spoiler la fin du deuxième tome, est un cowboy qui a été traumatisé dans son enfance quand il a vu ses parents se faire exécuter devant lui, si bien qu'aujourd'hui il ne peut ni manipuler d'arme à feu chargée, ni traverser une voie ferrée puisque ces parents ont été assassinés devant des rails. La psychologie on va la retrouver dans toute la bédé, durant les deux premiers tomes il va se retrouver au milieu d'une bataille entre une voleuse issue de Mongolie que tout le monde prend pour une indienne et un chef de famille obsédé sexuel qui a un nombre conséquent d'enfants, tous aussi consanguins les uns que les autres. Réussi, original, violent, philosophique, on se plaît à découvrir l'histoire de tous les protagonistes sous forme de flash black, un dessin dynamique, du Western décalé et moderne très très loin des classiques comme bluberry, à lire.

Ralph Azham est une bédé particulièrement difficile à appréhender puisqu'il s'agit d'un histoire de Trondheim à qui l'on doit entre autres les aventures de Lapinot ou encore la série Donjon. Comprenez qu'on est souvent très loin, du onzième ou du douzième degré, c'est le genre d'auteur qui écrit réellement pour se faire plaisir et qui ne doit pas se poser souvent la question de savoir si les gens vont adhérer à son humour. Dans un univers plus ou moins médiéval fantastique Ralph Azham est un bleu, c'est à dire un individu doté de supers pouvoirs, un garçon qui aurait pu prétendre au titre d'élu, le seul capable de se débarrasser d'un super méchant qui vient régulièrement massacrer tout le monde. Les supers pouvoirs de Ralph sont au début de son aventure assez limités, puisqu'il n'a que la capacité de dire aux gens le nombre d'enfants qu'ils ont eu, ce qui le rend détestable auprès des gens de son village, notamment quand il annonce à un mari que son épouse attendait un enfant qui n'était pas de lui. Les choses vont se complexifier lorsque Ralph va voir les morts, qu'il apprend que son père lui a menti et qu'il n'a jamais passé les tests pour savoir s'il était l'élu, Ralph va se lancer dans une quête bien malgré lui, sans se poser de questions, et peut être devenir cet élu qu'on attend tous. Je pense qu'il est évident que les fans de la série Donjon se délecteront de cette bédé dans laquelle on retrouve tout l'humour de Trondheim, les situations décalées, les personnages hauts en couleur comme cet enfant faux magicien qui vieillit prématurément et qui se retrouve dans le corps d'un vieillard, les rebondissements totalement absurdes. Peut être que le seul reproche c'est de trop ressembler à Donjon justement au niveau du dessin avec son héros Ralph qui est tout de même un canard, les objets magiques de quête qui en rappellent d'autres, pour ne pas dire qu'il ne manquerait qu'une épée qui parle pour s'y croire. Je pense qu'on se situe dans le domaine du binaire, si on aime Donjon on aimera Ralph Azham et réciproquement.

Dans un monde médiéval fantastique, pas très original, la mort a été vaincue par un roi qui avait tellement peur de mourir qu'il a réussi à l'enfermer dans un miroir, plus original, c'est le postulat de la bédé Zorn et Dirna. Avec la disparition de la mort quelques inconvénients. Les gens ne meurent plus, mais pourrissent, si quelqu'un tue quelqu'un d'autre, celui-ci se retrouve avec son âme et ils doivent partager le même corps. Pour régler les problèmes de zombis que ne supportent plus les familles, se coltiner le grand père Ad vitam æternam, on a créé les laminoirs, des prisonniers condamnés à tuer les zombis pour absorber les âmes, et quand ils n'en peuvent plus, ils sont ingérés à leur tour dans le lamineur ultime. Au milieu de tout ça grandissent Zorn et Dirna deux enfants qui ensemble ont le pouvoir extraordinaire de tuer et qui bien évidemment vont être au centre de toutes les convoitises. Tout bascule alors qu'ils sont aux laminoirs pour achever une grand mère à qui ils avaient promis la libération de l'âme, un gros lamineur barbu les enlève, il s'agit tout simplement de leur mère, tellement émue de voir les enfants qu'elle réussit à écraser les autres âmes. Pendant ce temps là, Seldnör un mercenaire terrible à la solde du dauphin qui souhaite tuer son père devenu immortel mais sans pourrir, cherche aussi les enfants, surprise, il n'est autre que le mari de Splata, la maman des jumeaux. On imagine dès lors les problèmes de famille et de couple qui peuvent se produire quand l'homme va retrouver sa femme dans le corps d'un gros barbu musculeux. La série Zorn et Dirna est une des bédés les plus intéressante, sale et originale de la dernière décennie. Morvan s'amuse du concept de départ et place ses personnages dans les situations les plus impossibles à l'aide du dessin de Bessadi particulièrement rond et enfantin qui contraste avec la  dureté de l'aventure.

Le roi Elias est un conquérant qui ne fait pas semblant, c'est pour ainsi dire un roi cruel et un champion de la poutre. Il s'est lancé dans une collection d'un jeu de trente deux cartes, chacune de ces cartes a un pouvoir magique extraordinaire, il pense que le sorcier Melchior en cache quelques unes et il va donc le dézinguer joyeusement. Malheureusement les choses ne se passent pas comme prévues, Melchior le magicien arrive à battre le roi et lui prend son visage. Elias devient donc le roi maudit et déchu, à la recherche de son adversaire pour lui reprendre son bien le plus précieux, lui-même. Dans sa quête il aura pour compagnon une espèce de gobelin, un géant et une jeune doctoresse comme dans Grey Anatomy qui veut lutter contre la peste rouge qui attaque la ville. Plutôt bien fait dans la narration, chaque début de tome c'est un des compagnons du héros qui raconte son aventure ou un événement qui le lie à Elias, le graphisme quant à lui est en dents de scie, certains passages vraiment bien faits d'autres beaucoup plus faibles. Elias le maudit est une bonne bédé, il est regrettable qu'elle s'achève sur un premier cycle de trois tomes qui s'il peut faire office de fin, n'apporte pas toutes les réponses, dommage on en aurait voulu beaucoup plus.

Addidas pas comme la marque de sport est une petite fille qui vit avec son père un ramoneur, elle passe dans des conduits où son papa ne peut pas passer. Addidas souffre d'un mal que personne ne peut résoudre, elle s'évanouit et tombe dans le coma / koma pendant de longues périodes, problématique quand on est au fond du trou. En tombant dans les pommes, elle rêve d'un univers différent où de gros monstres ressemblant à des singes s'activent sur des machines. En fait elle ne rêve pas et un beau jour alors qu'elle descend profondément dans un conduit, elle tombe nez à nez face à son monstre car chacun a le sien, chaque monstre s'occupant de notre machine, lorsque la machine ne marche plus, on meurt. La machine d'Addidas est défaillante, elle ne fonctionne plus ce qui expliquerait qu'elle tombe dans le coma, pourtant elle devrait être morte. Addidas devient alors le centre des préoccupations de pas mal de monde, notamment du gouvernement qui force la population à creuser un trou gigantesque, dans les profondeurs, comme si elle cherchait quelque chose, des monstres et des machines ? Koma est une bédé graphiquement intéressante, au croisement des mondes du manga et de la bédé franco belge, le récit est réellement passionnant, original, on regrettera tout de même le final laissant trop place à l'interprétation dans cette bédé si déroutante et qui pourtant sait rester carrée tout au long de ses six tomes.

L'action de Chinaman se déroule au XIX° siècle dans un contexte rarement traité à part dans Kung Fu (sauras-tu marcher sur le parchemin sans laisser de traces ?), l'arrivée aux états unis des triades chinoises qui viennent mettre de l'ordre dans les affaires des chinois qui travaillent sur le sol américain. Le représentant des triades est accompagné de deux hommes d'élite dont Chinaman, des experts en arts martiaux, des frères d'armes qui doivent assurer la protection de l'homme. L'indépendance en effet semble-t-il touche aussi les chinois qui se sont implantés sur le sol américain et ils ne veulent plus payer les lourdes taxes que leur imposent les triades. Chinaman voue une admiration sans faille à son maître mais il va vite déchanter lorsqu'il va se rendre compte que l'homme est corrompu jusqu'à la moelle. Le premier tome s'achève, spoil, sur la mort du maître, Chinaman qui n'a vécu que dans l'obéissance va devoir apprendre à se débrouiller tout seul dans un monde qu'il ne connaît pas, entre les racistes, les indiens, les chinois, et les triades collées à ses tongs. Plutôt réussi ce Chinaman même si on peut lui reprocher d'être absolument sans aucune nuance, l'histoire tient la route, est assez originale. Il est à noter que les deux auteurs doivent avoir quelque chose avec les chinois en milieu hostile, Servais et Le Tendre sont déjà à l'origine des Voyages de Takuan qui racontent les aventures d'un prêtre bouddhiste en plein milieu du moyen âge.

Un homme écrit à sa fille c'est la lettre d'un condamné à mort, la fille grandit et devient une scientifique qui doit partir dans une longue expédition à travers l'espace pour  récolter des informations sur des civilisations perdues. Alors qu'elles va embarquer, elle reçoit un mystérieux message sur clé USB car même en 2300 et des brouettes l'USB est encore à la mode, son père lui explique qu'en fait il n'est pas mort mais qu'il a accepté de se faire transplanter le cerveau dans le corps d'un robot comme de nombreux prisonniers à mort afin de lutter contre une race d'extraterrestre qu'ils sont trop vilains. Elle profite alors de ce voyage pour essayer de retrouver son père qui en a profité pour être à la tête de la révolte des robots, rien que ça. Trois tomes pour cette bédé finie, c'est réussi. Eclipse fait partie de ces bandes dessinées qui ne suivent pas nécessairement les sentiers battus, on suit la jeune fille sur les trace de son père sans jamais réellement savoir où l'aventure va nous conduire, de rebondissements en rebondissements, de découvertes en découvertes. A lire.

En pleine fin de guerre de sécession une femme, sa fille et son fils tentent une mission suicide pour récupérer le père, un gradé du sud qui subit la question comme on dit. L'homme est en effet le centre de toutes les attentions des nordistes, on s'interroge sur sa disparition pendant trois mois. On apprendra assez rapidement que l'homme aurait un caché un magot incommensurable qui pourrait faire basculer la guerre dans le sens du sud. L'évasion réussie, la famille part à la recherche du trésor, la traque commence. Plutôt réussi ce gibier de potence, du rythme, des surprises, un Western moderne. Il est à noter que la trame de départ, le trésor, ne s'étale pas sur les quatre tomes de cette série finie, et s'achève à mi-parcours. La suite si elle reste cohérente, intéressante, est tout de même plus confuse, on sent la difficulté pour le scénariste de trouver quelque part une deuxième fin à sa bande dessinée. 

L'action de Travis se déroule en 2052 et nous présente un monde qui est largement contrôlé par des multinationales, elles possèdent l'industrie pharmaceutique, agroalimentaire etc ... Travis est un pilote de navette spatiale privé, un transporteur, et il ramène une livraison sur le satellite Hurricane qui grâce à un super rayon laser a la possibilité de supprimer des tempêtes. Il se trouve que la faute à pas de chance Travis a à son bord un groupe de terroriste, le très méchant Vlad et le hacker de génie Pacman, ils vont tout simplement prendre le contrôle du satellite pour utiliser le rayon laser à d'autres fins, purger une ville par exemple. Comme on l'aura compris, Travis est une bande dessinée d'action, ce n'est pas ce qui manque la castagne dans cette bédé, robots, corps à corps, fusillades et j'en passe, mais pas seulement. L'intrigue de Travis sur le premier cycle est plus complexe que ce qu'il n'y parait, comme les personnages, Vlad pour exemple, qui travaille pour les terroristes est en fait ici pour se venger, il y a quelques années son accident d'escalade qui l'a laissé comme un légume n'était pas dû au hasard mais bien à un coup monté de son associé propriétaire du satellite Hurricane. Par la suite, Travis aura donc ses ennemis comme associés, les tomes se suivent et se ressemblent, passionnant avec comme trame de fond l'action et une forme de justice sociale face aux world company, une excellente série.

Gabriel pas l'ange Gabriel la super star, mais Gabriel l'ange de bas étage est un gardien, il veille à ce que personne n'arrive au paradis par les différents passages qui le relie à la terre. Un jour, il croise son ex qui comme on le comprendra est un ange déchu, aux prises avec des démons et alors qu'il la suit en direction des enfers, il croise un gamin perdu qui n'aurait pas dû être là, bien vivant au pays des morts. Il décide de le ramener chez lui et c'est le drame, chien des enfers, démons, pagaille généralisée. Il le ramène au paradis et il sent que les choses ne sont pas claires, qu'il y a un problème et c'est bien normal, l'enfant n'est autre que le messie qui a débarqué sur terre, une bonne occasion pour lancer la guerre entre le ciel et l'enfer. Paradis perdu c'est assez spécial comme bande dessinée car le scénario est en fait quasi inexistant puisqu'il se contente de nous présenter une énorme baston entre les anges et les démons sur une succession de planches magnifiques dessinées aux trois quarts par Xavier. C'est beau, c'est relativement prenant car on aimerait savoir qui va gagner, mais l'histoire n'est pas toujours claire et quand elle l'est, c'est plutôt niais, cette histoire d'amour impossible entre cet ange et cette ange déchue c'est du déjà vu et ça n'apporte pas grand chose à l'histoire. A lire tout de même pour la claque graphique.

Pandora Box est une bande dessinée globalement composée de one shot, sauf en fait les deux derniers albums qui font référence à des tomes précédents où il est question des sept pêchés capitaux, le huitième tome se voulant donner une touche d'espoir à un univers assez dur. Chaque histoire donc met en avant l'avarice, la paresse, la luxure etc ... Ce qui est intéressant c'est qu'on n'est jamais dans le basique, et que c'est beaucoup plus nuancé qu'une simple morale à deux euros cinquante. Pour exemple la paresse raconte l'histoire du champion du monde de 100 mètres qui suite à une blessure va se laisser tenter par son frère par le dopage, une forme de paresse puisqu'il permet de gagner sans effort. L'envie nous présente des androïdes au service de l'homme qui ne se plaignent jamais de façon à justement couper court à tout mouvement de manifestation. A chaque fois, la fin est une surprise, bonne ou mauvaise, assez morale, mais très bien amenée. Pandora Box est une excellente série, originale, avec différents dessinateurs qui se succèdent avec brio, c'est très bon.

Luce est une archéologue hantée par un souvenir, l'accouchement d'une femelle orang-outan pour qui le bébé serait mort mais en fait il ne l'est pas. Elle va donc mener une enquête dans laquelle est impliquée son père un brillant généticien, un homme financé par un puissant magnat industriel qui n'a aucun principe si ce n'est l'amour profond qu'il porte à son fils, un artiste un peu suicidaire. On verra que l'amour pour son enfant a conduit l'homme et le père de Luce à des dérives scientifiques pour le moins inacceptables, si j'en rajoute un peu je vous spoil toute la bédé. Double Je est un diptyque très bien fait, haletant, à lire.

L'histoire nous place un peu dans le pays des milles et une nuits, le harem, les sabres, les chameaux, enfin voyez l'ambiance. Un homme recueille un enfant, un voleur et l'éduque comme son fils, un homme très bon, très respecté par la communauté. Quelques années plus tard lors du mariage de sa fille, il croise une femme qui est en train de lui piquer des bijoux, il s'agit du sosie de sa femme défunte, c'est le choc. Il se trouve que la fille fait partie d'une caravane de nomades, l'homme étant aujourd'hui âgé fait son timidou et n'ose pas démarcher la jeune fille si bien qu'il envoie son fils adoptif à sa place et là c'est le drame. D'un seul regard, les deux jeunes tombent éperdument amoureux l'un de l'autre et ça fait quand même désordre car il partait apporter le courrier du cœur de papa. Beaucoup de qualité pour ce diptyque, Awrah, avec le destin qui soudainement s'acharne sur une famille, on comprendra pourquoi à la fin, un dessin classique mais une histoire vraiment efficace avec du cliffhanger, une fin surprenante et tout ça sur deux tomes. A lire.

L'histoire nous plonge en France dans les années 50 post guerre avec un dessin qui est très très très largement inspiré de celui de Hérgé. D'ailleurs dans les derniers épisodes quand le dessinateur après tant d'années sera enfin libéré de son modèle pour un style assez propre, il fait un clin d’œil monumental en dessinant deux personnages travaillant dans la police militaire les Durand et Durand, des jumeaux fortement moins sympathiques que les originaux. Tramp nous raconte les aventures du capitaine Yann Calec qui se retrouve dans le premier cycle embarqué sur un bateau destiné à être coulé pour empocher la prime à l'assurance. Pendant ce premier cycle de quatre tomes, Yann va affronter des épreuves abracadabrantesques, être accusé de trafic de drogue, lutter contre d'anciens nazis enfin bref la routine. Dans le second cycle il embarque en direction de l'Afrique avec un capitaine particulièrement odieux qui finit par se faire tuer. Qui est le coupable ? Rajoutons à cela une sombre histoire de diamants et nous voilà dans la grande aventure. Le dernier cycle nous plonge enfin dans la guerre d'Indochine où Yann a passé son enfance et se retrouve à suivre les traces de son père qui aurait été une gloire locale, certainement le cycle le moins intéressant ou le plus difficile à suivre tant il est technique sur la guerre, le Vietnam et les relations politiques. Tramp est une bédé d'aventure où l'on sent le besoin des auteurs de partager la passion de la mer, de la navigation, de l'histoire. C'est très bon, pour ma part je dirai que le fait de monter à un tel niveau de vocabulaire, de technique, peut rendre la bédé moins accessible ce qui est dommage car elle mérite d'être lue. Il est à noter pour en revenir à la partie technique que le fait de s'affranchir d'Hergé bonifie largement le dessin, plus moderne, plus personnel, meilleur.

Tony Corso est détective privé à Saint Trop comme on dit, il porte des chemises à fleurs et vit chez un ami très riche, si bien que lorsqu'on fait référence à Magnum dans la bédé on ne s'étonne pas. Tony Corso mène l’enquête, la première histoire est assez légère une comtesse qui se fait dépouiller par un gigolo, Tony mène l'enquête, l'occasion de mettre les personnages en place. Et puis d'un coup, au fur et à mesure des albums on découvre un personnage plus dur, plus nuancé, un père au passé sombre, une adolescence difficile, un coup de gâchette facile. Tony Corso est l'une des meilleures bédés que j'ai lue ces derniers temps, la narration est réellement exceptionnelle comme l'écriture, je pense notamment à ce gang de tueurs dont l'un d'entre eux fait des mots croisés en permanence avec le contexte qui correspond aux définitions, c'est très bon.

Angus est un agent infiltré dans l'IRA, très infiltré, il a largement sympathisé avec le groupe armé. Un jour tout dérape, le chef du groupe prend une balle dans la tête lors d'une manifestation pacifiste, elle ne le tue pas mais le met dans un sale état si bien que c'est son frère qui prend les commandes, plus agité, plus violent, il décide de se lancer dans de vastes représailles pour venger son frère. Angus doit désamorcer la vendetta qui se prépare mais surtout comprendre pourquoi, et surtout qui a tiré car il ne s'agissait pas d'un agent britannique. Malgré l'aspect mystique car Angus a des supers pouvoirs des celtes qui lui permettent d'accéder à l'art de la divination, bon en même temps une bédé de Corbeyran qui ne fait pas dans le paranormal n'est pas une bédé de Corbeyran, la bédé est très carrée, bien foutue, une bonne intrigue policière.

Notre histoire se déroule au XIX° siècle sur la côte bretonne, comme les trois quarts de la bande dessinée française qui se passe en Bretagne, même les bandes dessinées futuristes où la terre a été détruite se déroulent en Bretagne, et ne cherchez pas à me contredire. Deux enfants s'amusent au bord de l'eau, la petite fille disparaît laissant le garçon le cœur gros et sa mère morte dans des circonstances mystérieuses. A la fin du siècle, dans ce même village débarque un auteur en mal d'inspiration et il se dit que venir dans un trou perdu, l'auberge du bout du monde en quelques sortes, sera l'endroit idéal pour pondre une merveilleuse histoire. Même pas besoin de faire preuve d'imagination puisque c'est le tenancier de l'auberge qui va lui servir une histoire fantastique, à tendance lovecraftienne. L'homme raconte en effet la suite des événements, à savoir l'installation d'une grande usine de fabrication de boîtes de conserve, de ses ouvriers qui deviennent un peu frapadingues, de la sortie de monstres issus de la mer qui emportent les gens et de la petite fille devenue bien grande qui revient des années plus tard, elle seule ayant la force de repousser les monstres et de résoudre tous les problèmes. En trois tomes avec au scénario mais pas au dessin alors qu'il aurait pu, Tiburce Oger qu'on connaît pour Gorn ou pour la forêt, un dessin plutôt réussi de Prugne, L'auberge du bout du monde est une bédé gentillette dans la grande tradition franco-belge, pas indispensable, simplement plaisante.

Le troisième testament nous place au moyen âge en Bretagne (ou pas), pour nous raconter une bien étrange histoire, quelque part traînerait un troisième testament, après l'ancien, le nouveau, le troisième. Conrad de Marbourg authentique sosie de Sean Connery est le personnage central de notre histoire. Ancien inquisiteur, il y a 20 ans il a été condamné en procès et il aurait dû être mort mais il a été secouru par ses amis dont Charles d'Elsenor qui lui demande un coup de main car des moines qui auraient déterré des parchemins menant au troisième testament viennent de fraîchement se faire massacrer et il a besoin d'un coup de main plutôt discret. Malheureusement celui-ci se fait tuer assez rapidement et Charles se retrouve dans sa quête avec Elisabeth sa fille adoptive, un personnage que vous aurez l'occasion de voir dans toutes les positions les plus lascives avec un décolleté plongeant. L'aventure sur quatre tomes amènera nos compagnons aux quatre coins du monde et devront affronter les pires dangers, l'inquisition, les templiers, des supers méchants et bien pire encore. Le troisième testament est une bédé que je lis et que je relis de façon régulière, la multitude de détails historiques, la complexité relative de l'intrigue car en fait la fin est plutôt simple est noyée dans un amas de détails qui ont tendance à semer le lecteur. Néanmoins la bande dessinée est une réussite globale, qui aurait pu être encore meilleure si elle avait été à mon sens plus claire pour les esprits étroits comme le mien. La réponse d'ailleurs, se trouve dans la série Julius, le préquelle du troisième testament.

Julius de Samarie est un personnage récurrent dans la narration du troisième testament puisque tout simplement il aurait été un apôtre qui se serait promené pendant pas mal de temps avec le troisième testament et c'est dans grâce à ses carnets que nos héros font l'aventure. On se retrouve donc une trentaine d'année après la mort du Christ avec Julius un super guerrier de la mort romain déchu qui finit par une suite d’événements abracadabrantesques à suivre celui qu'on pense être le messie de retour. Je n'ai lu pour l'instant que les deux premiers tomes sur les trois de cette série, et le moins qu'on puisse dire c'est que c'est très bon. C'est très bon car le personnage de Julius est un salaud, un salaud qui suit celui qu'on suppose le Christ revenu sur terre mais si on a lu le troisième testament, on sait qu'il y a un problème. C'est très bon car c'est clair et bourrin, ça se savoure d'autant mieux si on a lu la quête originale et ça vous donne envie de relire le troisième testament une fois de plus pour vérifier si tout entre bien en harmonie entre les deux séries.

A New-York la principale ville de Bretagne c'est l'heure des élections, deux candidats s'opposent, le maire sortant, qu'on suspecte d'avoir des accointances avec la mafia et une femme d'une générosité la plus complète. Dans la ville, des événements de plus en plus violents se produisent à chaque fois des délinquants, des pauvres, s'en prennent à des gens du peuple, renforçant la position du maire sortant et affaiblissant la candidate qui a passé sa vie à aider les pauvres. Parallèlement à cela une association appelée le pouvoir des innocents, arme les concitoyens pour que ceux-ci puissent se défendre. Le pouvoir des innocents est une bande dessinée complexe mais particulièrement claire, où les personnages centraux sont un soldat rescapé du Vietnam tellement torturé qu'il ne s'en est jamais remis, son épouse, le champion du monde de boxe, chacun va être une pièce dans le puzzle de la bande dessinée. Une histoire prenante, violente, une véritable réussite, un indispensable.

L'ivresse des fantômes est une bande dessinée finie en trois tomes scénarisée par Lupano qui est tout sauf un débutant, qu'on a connu pour Alim Le Tanneur ou Célestin Gobe La Lune qui sait encore s'entourer d'un dessinateur de qualité, le trait est particulièrement dynamique et la couleur flashy sont parfaitement adaptés à cette histoire où tout va vite. Dans un futur proche, la drogue du moment est une pilule bleue qui  est extraite d'une plante qui ne vit que trois jours et qui a besoin d'être fécondée à l'aide d'un papillon qui apporte la mort si on touche ses ailes. Lili est une dealeuse qui souhaite arrêter, mais la faute à pas de chance elle va se retrouver dans une histoire complètement folle où seront mêlés son père à qui il ne parle plus depuis des années, riche propriétaire d'un groupe pharmaceutique, son ancien petit copain, des triades peu recommandables, et son ancien partenaire de cirque, rien que ça. L'ivresse des fantômes a un scénario à la Tarantino, chaque personnage central racontant l’événement tel qu'il l'a vécu et permettant ainsi au lecteur de progresser dans la compréhension de l'histoire jusqu'au final. Dur, malgré son dessin enfantin, c'est une bande dessinée agréable à lire que je vous recommande.