PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Cinéma, cinéma, TCHI TCHA !!! Mars 2015

lundi 30 mars 2015 à 08:00

Chaque grand acteur se doit d'avoir son film de guerre de 39-45, c'est au tour de Brad Pitt d'avoir le sien. Comme on a quand même un peu tout fait sur 39-45, il fallait faire un peu d'originalité, c'est ainsi que Fury nous embarque dans  l'univers des chars, ça on l'avait pas fait. Brad Pitt dirige un char d'une manière implacable avec ses seconds à qui il a tous sauvé la vie, Shia LaBeouf quand même, Jon Bernthal le salaud de The Walking Deads. Il est à la fin de la guerre et finit de tuer de façon impitoyable les allemands qui fuient, n'hésitant pas à exécuter chaque SS qu'il croise d'une balle dans la tête. Fury est un véritable hommage aux films de guerre de la grande époque, des moments de tension, des personnages sales, des grosses bastons, de l'héroïsme, c'est classique mais c'est du grand cinéma.

Faire oublier Harry Potter n'est pas chose facile, Danierl Radcliffe doit en avoir conscience et c'est ainsi qu'il mise sur des rôles pas forcément simples pour assurer la suite de sa carrière. Accusé d'avoir tué sa fiancée, une histoire d'amour depuis l'enfance, fille très pieuse, il se lève un matin avec des cornes qui lui poussent (horns). Du fait de cette anomalie, toutes les personnes qu'il croise se libèrent de leurs secrets et font fi de tous leurs tabous et de leurs obligations, amour pour les enfants, sérieux, sexualité etc ... Du fait que tout le monde soit honnête avec lui, il profite de ce pouvoir pour trouver qui a réellement assassiné sa compagne. Curieux, original, accrocheur.

Un homme est obsédé par les yeux, au point d'en avoir fait son métier, il est chercheur et vise à recréer des yeux ou pas loin. Parallèlement à ça, sa vie amoureuse est un peu houleuse, il rencontre une jeune mannequin dont il a été fasciné bien évidemment par les yeux. Un événement va tout bousculer, je ne peux pas en dire plus sans mettre un grand coup de spoil, mais sa vie privée et ses recherches vont se croiser pour un film qui va prendre un autre tournant. Avec un démarrage assez lent I Origins a du mal à captiver, ça vaut quand même le coup de largement s'accrocher pour voir une deuxième partie captivante.

John Wick est un super tueur qui a travaillé pour les mafias, pour le crime organisé de façon générale. Son épouse qu'il a tant aimé est morte d'un cancer, il déprime dur en s'occupant d'un petit chien qu'elle lui a laissé et de sa voiture. Malheureusement, un fils de mafieux qui ne le connaît pas croise sa route et décide de s'approprier son véhicule, il vole donc la voiture et tue le chien, malheureusement pour lui car cela fait sortir John de sa torpeur qui reprend du service pour tuer tout le monde. Film délirant dans lequel on ne s'étonne pas de trouver Keanu Reeves, John Wick fait partie de ses films d'action comme Shoot'Em Up ou Wanted, où l'action est complètement décomplexée si bien qu'on pardonne le grand n'importe quoi complet au profit du divertissement.

Olivier Baroux qui n'est autre que la moitié de Kad Merad réalise un nouveau film, un véritable navet. Kad Merad un présentateur télé d'émissions chocs qui caricaturent ce que peut faire M6 par exemple voit son émission supprimée ce qui fait mourir d'une crise cardiaque son compagnon de toujours, Gérard Jugnot. Avant de mourir, celui-ci lui demande de démystifier un dernier secret, prouver que les américains sur la lune c'est du bidon. Il devra faire équipe avec Alice Taglioni une tête brûlée avec qui plus personne ne veut travailler. On a marché sur Bangkok est mauvais, il reproduit tous les clichés des duos improbables dans l'aventure, la mayonnaise humoristique ne prend jamais, et c'est dommage le tandem est meilleur quand il se lâche complètement, est réellement dans les excès ce qui n'est pas le cas ici.

Robert Downey Jr. est un très grand avocat mais qui a choisi ses affaires pour gagner de l'argent, sans se poser de questions quant à la moralité. Sa mère décède et il retrouve ses frères et son père dans son village d'enfance. Les relations avec son père ont toujours été catastrophiques, et alors qu'il pense partir le plus rapidement possible, il apprend que son père un juge (le) respecté de tous mais qui est en train de perdre la mémoire, est impliqué dans le meurtre de la seule erreur judiciaire qu'il a pu commettre durant toute sa carrière. Le fils va prendre la défense du père et plus. Drôle, émouvant, un film sur les relations entre les hommes parfois pas si simples, magistral.

Deux femmes sont les meilleures amies du monde, inséparables, c'est le drame quand l'une des deux meurt de maladie. L'histoire aurait pu s'arrêter là si elle ne découvrait pas que le veuf interprété par Romain Duris ne se travestissait pas en femme pour faire croire au bébé que sa mère est encore vivante. Choquée au départ, la femme a l'impression de retrouver un peu de son amie disparue, une nouvelle amie en quelques sortes. Je suis fan de Romain Duris depuis que je l'ai vu jouer dans De battre mon coeur s'est arrêté, c'est vraiment un type qui ne fait pas son métier à moitié, il est extraordinaire dans ce rôle de travesti. Le film est assez malsain dans l'ensemble, très accès autour de la sexualité, n'apporte pas grand chose, on est juste captivé par le jeu des acteurs.

John Favreau qui est ici l'acteur principal et le réalisateur du film est un chef, un homme passionné par la cuisine. Il travaille depuis dix ans pour Dustin Hoffman, la cuisine est bonne mais n'a pas varié et quand le blogueur le plus en vogue vient manger dans son restaurant, il se laisse convaincre par son patron de proposer la même cuisine sans innovation. La critique est sans appel, il se fait littéralement exploser. Totalement ignorant des pratiques sur le web, il s'inscrit sur twitter afin de communiquer avec son "ennemi". Un joli casting, un film où l'on sent la passion de la cuisine mais pas au point d'en être pénible, une histoire sympathique et amusante même si elle reste très moralisatrice.

Dans le futur, on a éradiqué plus ou moins la notion de sentiments, la haine, l'amour, le mensonge et ce genre de choses. Les enfants sont assignés à une famille et pas à leurs parents naturels, les jeunes sont sélectionnés pour leurs aptitudes et vont par le fait être affectés à un métier qu'on a choisi pour eux, enfin bref tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Ce qui va vous étonner, oui j'ose le dire, dans le troupeau, un garçon pas comme les autres ... quelqu'un de diverge ... ah ben non en fait on n'est pas dans divergente mais dans the giver. Là forcément on sent que c'est pas original parce qu'à force de cloner les films à la hunger games, on se dit qu'Hollywood devrait commencer à avoir honte, mais on n'a honte de rien car on sait introduire de l'originalité là dedans, oui c'est possible. Le film est en noir et blanc au départ car les couleurs c'était pas bon pour les gens ça les énervait, mais comme notre héros est l'élu, il va voir les couleurs. En effet, il y a un être unique dans cette société, c'est le gars qui connaît tout le passé, qui a tous les sentiments, qui a le droit de mentir, de tout faire, une espèce de vestige du passé. On aura donc droit à un bon film bien moralisateur qui va vous expliquer qu'une société super structurée et sans sentiment c'est bien triste, et que s'aimer c'est trop mieux. Même si le film à certains moments donne la nausée, c'est accrocheur, on a envie de voir comment ça va se passer, pas de chance, comme divergente et les autres films du même type c'est en plusieurs épisodes, il faudra patienter.

Dans la cité de la Courneuve, pendant les années 80, la vie d'une jeune fille qui tente de s'en sortir entre sa mère adolescente attardée jouée par Aure Attika qui ne se fait pas trop violence, un beau père violent interprété par Marc Lavoine qui quant à lui passe tous les rôles de film en film avec talent. Papa was not a rolling stone est un très joli film qui montre la cité non pas sous un aspect racaille, trafics en tout genre même si c'est présenté, mais sous l'angle de la mixité sociale, les juifs cohabitent avec les arabes, les noirs, les blancs, le sentiment humain étant au dessus des différences. Même si je pense que c'est largement romancé et que des souvenirs on ne garde que le meilleur puisque c'est autobiographique, on a envie de croire à cette jolie fable des années 80.

De l'apprentissage

dimanche 29 mars 2015 à 21:01

On a vu passer la nouvelle, les enfants devront savoir utiliser une tablette à l'entrée en CP. En fait c'est impropre, on évoque ici les notions, mais une fois de plus ça ne cadre pas. Savoir utiliser une tablette ça n'a pas de sens, tous les gosses de cinq ans savent lancer un jeu débile sur le smartphone ou sur la tablette parentale, ils peinent d'ailleurs plus à ne pas lâcher l'appareil dans un moment d'inattention, c'est surtout ça les gosses. Une tablette ça n'est qu'une machine avec des applications, savoir utiliser une tablette n'a donc aucun sens, tout n'est qu'une question d'utilisation d'applications, reste à savoir quelles sont les compétences qu'on attend chez les gosses. Je pourrai ajouter à ça les difficultés en français des gamins, les problèmes de logique, le manque de volonté, passer dans des textes officiels le mot tablette alors que dans quelques années ces appareils auront évolué ou disparu comme le minitel ou le magnétoscope qu'on trouvait dans les référentiels de l'enseignement agricole il n'y a pas si longtemps.

J'ai trouvé ceci très intéressant : L’enseignant sera d’autre part tenu de présenter aux enfants « l’idée d'un monde en réseau qui peut permettre de parler à d'autres personnes parfois très éloignées ». En gros ça veut dire que les enseignants c'est à dire une population qui a énormément de mal à travailler en réseau, et pas à des personnes qui sont à l'autre bout du monde mais bien avec des gens qui sont dans le même établissement à quelques mètres vont devoir expliquer à des gosses le travail collaboratif.

Je crois que tout ceci part d'un très bon sentiment, comme essayer d'introduire le code à l'école, mais que comme d'habitude, on est à côté de la plaque parce qu'on ne demande pas aux bonnes personnes. Je suis prof, je suis un power user en informatique, je suis plutôt pas mal placé pour avoir une idée, je pense que la place de l'informatique qu'on essaie de faire prendre dans l'école est trop importante, à contrario, il n'y a pas de formations professionnelles adéquate en informatique à petit niveau, développons un peu. Les carences en français des petits français sont pénalisantes, comment imaginer la communication, le réseau, si le langage de base n'est pas maîtrisé. Dans l'informatique, peut être plus que dans d'autres domaines, l'auto-formation a une place prépondérante, 95% des choses que j'ai apprises en informatique je les ai apprises "seul". Seul entre guillemets, c'est à dire que ce n'est pas à l'école dans le cadre d'un cours magistral, c'est à la base un besoin, les solutions je les ai trouvées auprès des autres. On peut donc étendre ceci à l'apprentissage de façon générale et à la place des connaissances qu'on donne à l'école, de ce qui est utile à l'enfant, de ce qui ne l'est pas, si vous demandez à certains de mes élèves ce qu'ils pensent des cours d'histoire, la réponse, c'est on s'en fout, ils sont morts, on était pas là, et pourtant il me parait important pour comprendre le monde dans lequel nous vivons de savoir comment on en est arrivé là.

Christophe dirait que j'ai une vision pessimiste du monde, des élèves de façon générale, que je prône le conservatisme et que je suis le roi du c'était mieux avant. Tout n'est pas vrai, j'ai certes un regard déformant du fait d'être dans l'enseignement professionnel, mais j'ai une vision tout à fait optimiste pour notre jeunesse même s'il y a quelques bricoles qui me chagrinent. A l'heure actuelle bon nombre de gamins veulent devenir développeurs de jeux vidéos, médecins, pilotes, ont beaucoup d'ambition mais ne réalisent pas qu'en contrepartie il faut fournir des efforts. Le sens de l'effort fait partie des choses qui me posent problème face aux jeunes, mais c'est à moduler. On a un paquet de gamins qui sont en souffrance sur les bancs de l'école mais qui sont de véritables machines de guerre quand il s'agit de bosser dans un chantier, une boulangerie, et j'en passe, est-il nécessaire que ces gosses qui saturent de façon générale de la culture, de l'effort intellectuel, doivent aussi se taper du code.

Parallèlement à cela, un gamin qui veut faire de l'informatique aujourd'hui, c'est le BAC PRO SEN pour le plus petit niveau de qualification. le BAC PRO MRIM a été supprimé, le BAC PRO SEN comporte en plus pas mal d'électronique, si bien qu'en fait il faut arriver au niveau POST BAC pour travailler de façon théorique dans l'informatique. Quand on voit le nombre d'installations que je fais pour les box en ce moment, quand on voit le travail de maintenance informatique qu'il y à faire dans le hardware, il n'est pas nécessaire d'avoir des gens sur-qualifiés pour faire ce job, malheureusement on n'offre pas à des gosses l'opportunité de travailler dans une branche de l'informatique. De la même façon, l'utilisation de logiciels d'infographie ou artistiques de façon générale, on a rien avant le BAC. Coder nécessite d'avoir des capacités, tout le monde ne peut pas coder, j'ai vu de mauvais codeurs qui savaient quand même coder mais de façon dégueulasse, j'ai vu des artistes du code, apprendre les rudiments du code n'a pas de sens, je crois que c'est un peu comme tout, il faut être capable de déceler les talents le plus rapidement possible et leur proposer des filières adaptées.

De façon synthétique dans ce billet très mal foutu :

On vise à individualiser au mieux le parcours de formation des élèves et même si c'est crevant c'est certainement le mieux, un gamin qui arrive à trouver sa voie, s'insérer dans la société, être heureux, c'est le must. Le problème c'est qu'il manque les structures, les filières pour tenir compte de la variété des élèves, la compétence aussi pour déceler les compétences.

Orange ou Free, même combat

samedi 28 mars 2015 à 18:34

Comme je l'avais expliqué, j'ai mis la télé chez ma voisine par ADSL, elle est chez Free, ce qui pour moi est une véritable nouveauté. En fait la freebox est totalement différente d'une box Orange ou SFR, le paramétrage ne se fait pas dans la box mais se fait par l'intermédiaire d'un site internet ce qui est complètement pourri à mon sens. Le seul intérêt c'est la conservation du paramétrage au changement de box, sinon je ne vois absolument pas l'intérêt. Le téléphone ne marchait pas chez elle, pas de tonalité, j'ai fait les tests d'usage, mon téléphone chez elle, son téléphone chez moi, la vérité était donc ailleurs d'autant plus qu'on a le paramétrage par le biais de la télévision qui affichait sur le téléphone un gros "défectueux". Elle prend contact chez free qui lui confirme l'incident sur sa ligne et qui lui explique que tout va bien, que le problème n'est pas chez elle et qu'on va faire le nécessaire, on lui ouvre pour la peine un ticket d'incident. Deux jours plus tard, l'incident est clôturé, on lui dit en fait que tout va bien du côté de la ligne ... hummm ...

Il y a une boutique Free à Béziers, à Saint Pierre nous sommes à égale distance de Narbonne et de Béziers, je lui conseille de jeter sa box avec son téléphone à la tête des gens et elle le fait, on lui détecte une anomalie dans sa box. On lui envoie sa box, je récupère le téléphone en moins de quelques minutes et je suis interpellé par l'absence de liaison entre le décodeur HD et la box. La différence hardware chez Free c'est vraiment jusqu'au bout, en fait c'est livré avec des Freeplugs, c'est à dire des boîtiers CPL. Or, dans le colis avec la nouvelle box, il apparaît que l'alimentation livrée est classique, moralité pas évident d'avoir la télé. Ma pauvre voisine fait donc un rush au point relais, comme on est au village et que tout le monde se connaît, elle lui rend l'autre plug. Je rebranche, ça ne marche absolument pas bien évidemment, je rentre chez moi manger, et je lis que lorsqu'on est bloqué sur réseau, il faut redémarrer le décodeur avec le bouton central appuyé pour réinitialiser la procédure, ça marche mais ça fait un bruit pas possible. Je prends l'appareil, je vois le ventilo sur le côté je souffle un grand coup, nuage de poussière, tout marche.

En résumé :

Imaginez tout de même cette dame de plus de 60 ans devoir se débrouiller toute seule avec un merdier pareil. La moralité est toujours la même, quel que soit l'opérateur c'est la misère pour le simple quidam, il est nécessaire d'avoir un power user à domicile, et quand on voit mes déboires avec Sosh / Orange, même les power user ont du mal. L'informatique ne va vraiment pas vers la simplification.

pi2 troisième passe : la télécommande

mercredi 25 mars 2015 à 11:00

Voilà j'ai reçu ma télécommande, je suis donc au top des hautes technologies. Je pense qu'il s'agira de mon dernier article sur le thème, pas grand chose à rajouter de plus. Comme je le dis en conclusion de cette magnifique vidéo, à moins de 100 € en combinaison avec mon serveur ipfire qui fait ici office de NAS (mais aussi de contrôle parental), on a un système domestique vraiment bien sympathique. La télécommande c'est celle qui sort de façon systématique quand on fait des recherches sur ebay ou sur les sites traditionnels, il y avait peut être mieux, plus simple certainement puisque c'est ce qui m'agace un peu, trop de touches, mais à moins de 10 € c'est pas la fin du monde.

Bédés - Mars 2015

mercredi 25 mars 2015 à 08:00

Des enfants se réveillent dans leur ville, ils sont seuls. Tous les enfants ne sont pas présents, tous les adultes quant à eux sont bien absents, il y a les animaux qui sont devenus à moitié fou et bien sûr un ensemble de questions. On va suivre principalement un groupe de cinq enfants, la fille super débrouillarde, le garçon traumatisé par son beau père qui le battait et qui est un gros dur qui va être le chef naturel, deux intellos et enfin Terry le tout petit de six ans. La dynamique de la bédé est réellement intéressante au début car on a réellement l'impression d'avoir un walking dead avec des enfants. Le mystère omniprésent bien sûr, (pourquoi ???) les lois de la survie qui s'imposent, la rencontre avec d'autres enfants et les rivalités, énormément d'éléments traditionnels de la survie qu'on voit dans les séries avec les zombies ou post nucléaire. Et puis, sur les différents tomes qui sortent on voit que la bédé remporte pas mal de prix ce qui nous amène à la grande tradition française du "partage en sucette". Aux environs du tome 5 ou 6 on tourne dans le grand n'importe quoi, mais sans vous spoiler trop la bédé, sachez que les clins d'oeils vont de Games of Throne à Hunger Games où le dernier tome est une histoire de joutes entre enfants sans queue ni tête. Alors que la bédé posait vraiment des bases intéressantes, qu'on avait des cliffhangers monumentaux, aujourd'hui on part dans tous les sens et la bande dessinée est largement moins intéressante à lire qu'à l'époque où j'avais fait l'article sur l'univers de Gazzoti.

Une femme voit sa vie se transformer en véritable cauchemar, elle se voit poursuivie en permanence par des espèces de zombis à qui on aurait arraché la peau et qui cherchent à l'entrainer dans le territoire, un endroit super mystérieux et mystique qui lui fait peur. Dans une soirée, elle rencontre un homme, celui-ci est persuadé de voir en elle une petite amie dont il était éperdument amoureux dans ses années universitaires, mais elle ne le reconnaît absolument pas. Tout ceci vire à l'obsession et il essaie de retrouver la jeune femme qui meurt par accident et qui réapparaît quelques jours plus tard dans une autre identité comme si de rien n'était. Le territoire est une bande dessinée sur six tomes finie, écrite par le très / trop productif Corbeyran qui décidément aime les univers sombres et parallèles, les créatures qui font peur, avec les stryges il l'a largement prouvé. On est d'ailleurs dans une mécanique similaire, les cliffhangers à chaque fin d'épisode pour finalement ne rien raconter, les héros s'agitent beaucoup mais il ne se passe pas grand chose pour un final complètement raté. On lit assez rarement de mauvaises bédés en fait quand on sait choisir un peu, j'entends par là éviter les bédés auxquelles Bigard a participé, ici c'est pleinement le cas, c'est insipide à souhait.

Le triskell n'est pas qu'une distribution Linux 100 % libre c'est aussi un énorme pouvoir du monde des fées qui a été séparé entre trois soeurs, celle de la terre, celle de l'eau et celle de l'air. C'est justement cette dernière qui vient mourir dans un orphelinat et qui confie son morceau à une jeunette pauvre malheureuse. Il se trouve que cette dernière soeur a été assassinée par ses deux aînées et plus particulièrement par la soeur de la terre qui cherche à réunir les trois morceaux pour avoir des pouvoirs encore plus grands. Tout ceci n'est pas sans conséquence, puisque la réunion des trois talismans fera cohabiter le monde des humains et du petit peuple, invisible depuis 200 ans. Triskell comme 80% de la bédé francophone se déroule dans l'univers breton, vous n'échapperez donc pas à l'Ancou, au cornu, aux sirènes, aux sorcières bien évidemment et que serait cet univers sans les korrigans ! A la base pas très originale, mais les personnages bien travaillés, un tournant inattendu que prend la bédé alors qu'il ne s'agissait à la base que d'une simple quête de pouvoir font de triskell un excellent ouvrage bouclé en quatre tomes.

Des différents univers, XIII, Largo Winch, et Thorgal j'ai souvent préféré le premier, le second et enfin le dernier. XIII, l'action, le charisme, le beau gosse irrésistible qui se sort des situations les plus folles, le second étant quand même une imitation réussie du premier et le dernier à part qui finalement offre un univers très intéressant. Je viens de me relire l'intégralité d'un trait, et je pense que c'est ce qu'il faut faire, j'ai souvenir de l'attente de certains tomes et de la déception car l'histoire n'avançait pas, mais c'est très cohérent dans cet univers particulier. Thorgal est un enfant des étoiles, il s'est crashé sur la terre et a été recueilli par les vikings. On va donc avoir cette dualité permanente, d'un côté les extraterrestres et de l'autre côté Asgard et le reste. Thorgal est un héros radicalement différent de ses compères même si sur certains points les ressemblances sont classiques, il est beau gosse, toutes les femmes sont folles de lui, il lui arrive des situations totalement improbables mais Thorgal s'en fout. c'est un héros en recherche de paix. bon père de famille, il n'a d'yeux que pour sa femme et ses enfants, n'en vient à la violence uniquement que s'il est obligé. La série a dépassé les 30 tomes, Jean Vanhamme l'auteur officiel a lâché l'affaire ce qui a donné l'occasion de voir apparaître des spin off autour de tous les membres de la famille et une forme de membre, Kriss de Valnor une vraie méchante de chez méchante, qu'on prend plaisir à détester. Une excellente série qui tient mieux le temps que ses confrères, l'alternance des histoires autour des Dieux, des "étoiles", des personnages multiples et très bien travaillés qui sont capables d'éclipser Thorgal apportent une réelle diversité dont on ne se lasse pas.

Aymard de Bois-Maury est un chevalier sans terre qui enfant a dû fuir son pays, il n'a donc de cesse de vouloir retrouver les tours de Bois-Maury. On va suivre dans une première partie de dix tomes le chevalier dans ses aventures qui le conduiront dans tous les trous de France et à Jérusalem afin de se constituer un patrimoine pour se payer une armée et reprendre son château. La bédé est difficile à lire, l'auteur a fait le choix d'utiliser le vieux français, ce qui fait que d'un côté on s'y croit mais de l'autre on relit à deux fois pour être sûr d'avoir bien compris. Le scénario sur certains albums est parfois assez tordu si bien qu'il faut faire une véritable lecture attentive. Le chevalier Aymard c'est vraiment sans peur et sans reproche, l'intégrité à tout prix, le personnage est austère mais attachant, le voir se lancer dans toutes les batailles pour l'honneur a toujours un côté amusant.

Je pense que beaucoup de gens ma génération ont démarré avec Tintin, cela faisait peut être plus de 25 ans que je n'avais pas touché un album, c'est quand même surréaliste, c'est un peu comme si on essayait de légaliser le tabac aujourd'hui, ce serait mission impossible. On a essayé de censurer dernièrement Tintin au Congo parce que la vision de l'homme noir en fainéant stupide est aujourd'hui comme étant raciste, on peut aller plus loin dans le type de héros qu'offre tintin, il dynamite des rhinocéros, il tue des éléphants pour prendre leur ivoire, il dépece des singes, il se fait lyncher, il tue des gens, enfin bref c'est complètement surréaliste. Un auteur pondrait aujourd'hui un bouquin pareil, il lui serait impossible de le publier. Pas forcément évident de se replonger dans la bédé mais néanmoins il faut reconnaître les forces de l'ouvrage, énormément d'action, de l'aventure, du dépaysement, pas mal de choses pour conquérir le coeur des enfants.