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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Premiers adieux, classe de première

jeudi 4 juin 2015 à 18:48

Ma classe de première a ceci de particulier, c'est qu'elle est arrivée la même année que moi au Cep d'Or, il y a donc dans cette classe des enfants que je connais depuis la quatrième et avec qui nous avons vécu des grands moments de vie, les conseils de discipline, les fous rires, les engueulades très très très régulières, et puis parfois un sauvetage. Il y en a quelques un qui me doivent leur tête. Alors qu'ils m'ont réellement pourri l'année, qu'ils rentrent dans le top 5 des classes les plus pénibles que j'ai pu avoir pendant ces 12 dernières années, ils sont particulièrement tristes de me voir partir. Étant donné que ma tête est dans snapshat depuis quelques heures et maintenant sur les profils facebook, je me permets cet échange de bons procédés, moi dans le monde propriétaire, eux dans le monde libre.

De gauche à droite, Vanessa Linuxienne depuis l'année dernière, une gamine qui était une véritable horreur à 14 ans et qui depuis a bien grandi, une forme d'encouragement pour tous les pères propriétaires de peste à domicile, combien de fois j'ai failli l'appeler Susan, le prénom de ma fille quand j'étais en train de la pourrir. Anaïs la fille la plus gentille et la plus calme du monde, Linuxienne depuis quelques mois, elle ne m'avait jamais eu en classe avant cette année, j'avais honte de hurler autant sur les autres devant elle, je lui ai demandé dans le début de l'année si ça allait, elle m'a fait un grand sourire pour me dire que ça va. Soufiane notre commerçant qui me montrait fièrement son dernier achat, 30 ou 40 € un portable avec un pentium II faisant tourner Windows 98 ... Marine que j'ai tenté de réveiller pendant une année, en vain d'ailleurs, l'opposée de sa soeur que j'ai eu il y a quelques temps complètement folle qui pouvait passer du rire aux larmes en 15 minutes. Morad à qui je dois un Fifa qui achètera certainement le PSG un de ses quatre, Tony et Théo qui marchent par deux, ils monteront certainement un duo comique un jour dans lequel il y aura forcément "tes morts" dedans. Jean-José alias Juan, un garçon particulièrement surprenant qui ne parle que quand il a quelque chose d'important à dire, c'est assez étonnant de voir ce jeune homme prendre la parole de façon rare, ses camarades si agités stoppant alors toute activité pour entendre la bonne parole et c'est le cas. El José, le plus grand champion de beatbox de Clermont, le seul certainement, ce garçon toujours dans l'amusement, paradoxalement si respectueux des adultes pour qui je répare tous ses objets électroniques cassés ou bloqués, le Samsung dernièrement. Il manque Valentin sur la photo qui a pris la peine de passer un coup de téléphone cet après midi pour me dire qu'il regrettait de ne pas être là mais qu'il était fier d'avoir réussi son permis de conduire. Nous avons fait nos dernières heures aujourd'hui, lundi ils partent en stage.

C'est certainement eux que je trahis le plus. L'un de mes collègues me surnomme Judas en ce moment, et malgré la plaisanterie, il n'a pas tort, les abandonner à un an de l'examen ce sera dur pour eux, car malheureusement travailler avec eux, c'est réussir à manipuler toutes les stratégies pédagogiques possibles pour réussir à les faire avancer, passant de la sanction, à la menace, à la carotte et pouvant se le permettre car il y a derrière un passé de quatre ans pour certains, des relations fortes, de l'affect, celui qui passera derrière moi ne pourra pas construire ceci en quelques heures notamment avec des élèves si difficiles que nous connaissons dans l'équipe si bien et pourtant qui continuent encore à nous faire suer.

Professeur c'est un métier, plus qu'un métier d'ailleurs, c'est à la croisée des chemins entre un art martial et un art de vivre, de l'art dans les deux cas, une espèce de comédien qui ferait une pièce de théâtre permanente, passant de la tragédie au comique, en équilibre sur un fil au-dessus de la cage aux lions.

Si à 40 ans t'es pas retourné sous Debian, tu as raté ta vie

jeudi 4 juin 2015 à 08:00

Mon PC était devenu tellement lent depuis le passage en 15.04 que Google Maps ne fonctionnait même plus. J'ai fait une passe sur les problèmes de Firefox mais nous le savons, surtout moi, quand c'est lourd le problème est plus profond, c'est Ubuntu. Je regardais un peu les processus en tâche de fond, même des choses liées à Ubuntu One, étrange, le service est désactivé il me semble. En route donc pour debian Xfce, pour profiter du bureau le plus laid du monde.

Installation, il me demande le micro-code pour mon code Wifi. Il s'agit du RTL8723AE, il me donne précisément ce qui manque, je downloade le deb qui va bien, je décompresse, je prends le bin qui va bien, je le mets à la racine de la clé USB multisystem, ça ne marche pas. Ayant la patience qu'on me connaît et ne sachant pas réellement si c'était parce qu'il fallait que ça vienne d'une autre clé, sur l'autre clé, je mets le deb, je mets tous les fichiers bin à la racine, je mets le deb décompressé et ça passe. Il est à noter que Debian propose des images avec le firmware non-free ce qui m'aurait permis d'éviter cette manipulation mais ça aurait été moins drôle.

Contrairement à l'an dernier où l'installation de debian Wheezy m'avait contraint à un fort bricolage, ici tout est reconnu directement. Le bureau est ignoble, je n'ai pas cherché à le customiser, iceweasel est livré dans une version ESR, malheureusement des sites comme dailymotion trouve le navigateur trop vieux et me réclament du flash ne voulant pas lire le html5, un coup dans les backport et me voilà dans une version 38.0.1. J'ai viré speed dial et je me sers désormais de la page d'accueil de iceweasel qu'on peut configurer plus ou moins avec le about:config qui est en train de devenir mon nouvel ami pour désactiver nombre de fonctions, même si c'est dommage de devoir mettre les mains dedans.

En terme de ralentissement, performances et j'en passe c'est sans appel, la machine ne ralentit plus, je peux même regarder mes itinéraires sur Google Maps, même si c'est un mauvais exemple. Cela dit, cela va rester une réflexion que je vais étendre, on a tendance à raisonner en consommation côté ordinateur, sauf qu'aujourd'hui les pages internet sont devenues un véritable festival de lourdeur, il faut donc creuser dans les alternatives pour exemple j'ai tendance de façon pavlovienne à regarder le site allociné, le site le plus lourd du monde, il doit y avoir des alternatives mieux codées, fin de la parenthèse.

Aucun problème pour installer mon imprimante, on remarquera que la couche ia32-libs a disparu on a donc une installation similaire à Ubuntu avec une architecture i386, la seule anomalie que j'ai pu rencontrer c'est pour blueman qui plante et il semblerait que le problème provienne de la communication avec obex-data-server. Moralité échange impossible entre mon téléphone et mon PC, il faut soit installer gnome-bluetooth qui va tomber tout Gnome ce qui limite un peu l'intérêt d'etre sous Xfce, je me passerai donc de bluetooth en branchant mon téléphone à l'USB ou en envoyant les fichiers par mail, me rappelant quand même que le monde impitoyable du zéro bug chez debian entre ça et le pilote nvidia, reste une belle histoire qu'on raconte aux enfants sages : si tu es sage tu auras une debian sans bug.

Épilogue :

Nouveau blog, la veille de Cyrille BORNE

mercredi 3 juin 2015 à 18:30

Avant que certains d'entre vous cèdent à la panique en imaginant que je me lance dans un nouveau projet, crise de la quarantaine tout ça, je rassure tout le monde, il s'agit d'un simple remaniement de ma façon de fonctionner. La veille est toujours une difficulté à partager, je m'explique. Il y a plusieurs écoles :

J'avais trouvé un compromis intéressant avec le forum, cela permettait d'une part de faire de la veille collective et d'autre part de pouvoir réagir. Malheureusement ou comme d'habitude, la veille est assurée à 95% par moi, Alexandre G participe un peu de temps en temps, de la même façon cela commente peu, l'imposition d'avoir un compte (de plus) sur un forum peu fréquenté mais de qualité j'insiste ne facilite pas les échanges.

Écrire de façon personnelle et obtenir des commentaires, c'est la définition d'un blog, j'ai cherché des cms en php simples, je n'ai rien trouvé, j'ai donc balancé un second pluxml, soyons fous et riches que j'ai humblement appelé la veille de Cyrille BORNE et dont le flux RSS est : http://cyrille-borne.com/veille/feed.php?rss. Je donne le RSS car cette technologie si peu utilisée, si old school c'est quand même le flux RSS qui est la page la plus lue du blog ce qui me fait souvent sourire, je pourrai mettre du rose, des pubs de partout, personne ne s'en rendrait compte.

Pour voir à quoi ça ressemble pour les gens qui n'ont jamais mis les pieds sur le site mais qui le lisent, vous noterez ce splendide non travail d'intégration puisque j'utilise deux fois le template de base de pluxml. Bonne lecture.

C'est la vie à la plage, aou cha-cha-cha

mercredi 3 juin 2015 à 08:00

Les gens qui vivent à la plage vous diront que c'est un peu les vacances à l'année, c'est un peu le cas. A l'année, seuls, une véritable convivialité avec les voisins parce qu'un village qui a une capacité d'accueil de plus de 40.000 personnes pour vivre à 1500 hors saison, c'est un peu la ville fantôme, alors forcément quand dans un pâté de maisons il n'y a que deux habitations d'occupées ça fait du lien. Le matin on part on voit la mer, le soir quelles que soient les misères qu'ont pu vous faire les élèves, on voit la mer, on oublie tout. Le reste du temps, vous voyez des gens en slip, forcément ça casse le sérieux, la solennité de la conversation, des gens qui ont plus ou moins d'argent et qui viennent plus ou moins détendus. En effet je vis dans le quartier des maisons, c'est notre résidence unique et principale, le voisin a payé 250.000 € sa maison secondaire, il a donc de l'argent et est détendu, les gens qui viennent passer la semaine dans un studio de 18 mètres carrés et qui vont quand même payer 600 € pour quatre, sont largement moins détendus. L'ensemble fait qu'on a quand même l'impression de vivre dans un camping géant, des gamins plein les rues qui ont la priorité sur la voiture, les gens tous dehors, qui discutent, qui échangent, en slip, oui c'est vraiment une ambiance de vacances.

Cela fait 12 ans que je suis propriétaire à Saint-Pierre, à l'époque c'était notre refuge quand on était n'importe où en France, région parisienne, Cantal, arrière pays de l'Hérault, un peu le seul endroit où on savait qu'on reviendrait la saison prochaine, alors que le domicile principal c'était une autre histoire, on vivait les valises prêtes. En douze ans, le village n'a pas changé, ni en bien ni en mal, c'est l'immobilisme le plus complet. Parfois on rebouche un peu les trous dans les rues, mais quoi qu'on fasse, cela ressemble toujours à Bagdad. De l'autre côté, à la frontière, quand on passe le port de Navallia, on arrive  à la soeur ennemie, Narbonne plage. Il y a vraiment une concurrence entre les deux stations, et c'est Saint-Pierre qui draine le plus de monde, il faut dire que le marché gigantesque et quotidien de jour, de nuit, la fête foraine, les spectacles, sont autant d'atouts pour mon village par rapport à Narbonne plage qui n'a pas réellement de centre. Néanmoins, force est de constater que la petite ville qui bénéficie de la puissance financière de Narbonne s'est développée dans la dernière décennie, constructions, aménagements nombreux, la plage a été intégralement refaite, de nouveaux cafés beaucoup plus classes et désormais des animations de plus en plus nombreuses, comme on a pu le voir ce weekend avec des cerfs-volants géants et tout un bazar organisé autour du vent.

Au même moment Saint-Pierre était totalement déserte, quand à cet instant les vendeurs de glace, les cafés se frottaient les mains devant les teletubbies géants.

La plage sera toujours la plage pour la simple et bonne raison que la mer Méditerranée, son soleil, ses plages garderont leur pouvoir d'attraction quoi qu'on fasse. Malheureusement on a tendance à faire souvent n'importe quoi, oublier que l'Espagne n'est pas si loin, et que certaines personnes comme moi peuvent témoigner de ce qu'on peut vivre ici, hiver comme été, on profite ici qu'on a la meilleure clientèle du monde celle qu'on ne reverra pas ou qui aura passé tellement de temps dans les embouteillages pour pardonner l'accueil parfois limite du sud et ses soupes de poisson qu'on qui ne portent que le nom, eau parfum poisson étant plus adapté.

Même si j'affectionne le coté "sauvage" ou disons le côté pas Grande Motte, le peu d'animations l'été dernier, la concurrence qui s'organise de l'autre côté du port, la grise mine des commerçants me font espérer que les choses vont un peu bouger ici, sans trop de moyens malheureusement, nous payons encore ici le prix des idées pharaoniques.

Lundi matin, l'empereur, sa femme, le petit prince, Cyrille BORNE et la numérisation dans l'éducation

mardi 2 juin 2015 à 08:00

Le lundi c'est ma journée maison, une journée que j'apprécie, je suis dans le calme le plus complet à la maison et j'en profite pour bosser. L'objectif de ce lundi c'était la saisie des notes dans la procédure affelnet, la saisie des notes pour le brevet des collèges. Première remarque amusante qui montre le cloisonnement entre les différents services. Les notes pour l'orientation sont arrondies au point, les notes pour le DNB sont au demi point. Je vous épargnerai tous les amis que j'ai pu me faire ce matin dans toute la chaîne de l'éducation nationale avec l'élève inconnu, oui Julien, une véritable montagne, un type qui a une intelligence pratique délirante, qui coule du béton comme personne et qui vous arrange une station d'épuration à 16 ans est inconnu, il n'a pas le fameux INE. Cela dit, les gens du rectorat de Montpellier dans tous les services que je suis amené à croiser sont vraiment tous sympas, je joue de plus la carte de façon systématique de l'agricole privé, c'est à dire les gars totalement hors système mais qui dans certaines occasions doivent utiliser les services de l'éducation nationale auxquels ils ne comprennent rien. Revenons donc sur le brevet des collèges, le DNB comme on dit, je vais récupérer mes notes dans scolinfo mon ENT à l'année, je les colle dans un tableur et je me rends compte que le copier coller marche mal, il me met une petite guillemet qui fait que le tableur ne peut pas comptabiliser la note si on ne s'en rend pas compte.

Le calcul dans l'enseignement agricole est assez original, il y a une dernière note sur 60 intitulée de la façon suivante : Technologie, sciences et découverte de la vie professionnelle et des métiers : biologie-écologie, physique-chimie, sciences et techniques professionnelles. Si les 40 premiers points sont jouables, les 20 derniers points laissent supposer qu'on peut faire rentrer un peu ce qu'on veut à partir du moment où c'est plus ou moins professionnel. L'application Notanet permet de faire la saisie de l'intégralité des notes que j'évoque ici mais alors que nous sommes en 2015, il est encore nécessaire de maintenir une version papier. Dans sa bienveillance, le ministère met à disposition un document en .doc bien sûr, qu'on transforme en .odt bien sûr et par le jeu du publipostage entre une base calc montée à la main je peux sortir mes 25 fiches de façon automatique, il ne restera plus qu'à saisir pour chacun de nous les appréciations à la main.

Plus subtil par contre, le LPC, le fameux livret de compétence, livré en PDF et seulement en PDF. Il faudrait donc imprimer 25 exemplaires et pour chaque élève mettre à la main le nom de l'élève, le prénom, la date de naissance, le nom de l'établissement, du chef d'établissement, informations que j'ai déjà recueillies pour remplir mes fiches brevet. Cette année j'ai fait de façon informatique, j'ai utilisé le convertisseur en ligne zamzar pour récupérer un fichier odt un peu sale, puis j'ai remanié les deux premières pages, j'aurai pu le faire uniquement pour la seconde mais par économie j'imprime en recto verso. J'ai donc un fichier PDF de 9 pages, j'ai modifié les premières, le bon sens voudrait que j'imprime de la page 3 à 9 sauf que c'est impossible sur la passerelle de la photocopieuse à laquelle j'accède à 80 km de distance, si bien que je dois envoyer un PDF complet, donc je dois tronquer les deux premières pages à l'aide de pdfsam. Dans pdfsam je vais dans split, je fais burst, il explose le document en 9 pages, je vais dans merge pour récupérer les 7 pages et avoir un document complet sans les deux premières.

En ce lundi, j'ai passé de 7 heures le matin à 16h30 en mangeant devant l'écran pour faire la quasi-totalité de la paperasse pour le brevet des collèges, des traitements informatiques maison bien sûr, mais aussi des tonnes d'appels à gauche et à droite pour des élèves un peu particulier, pour des erreurs etc ...

Alors que nous sommes en marche vers le tout numérique, nous n'avons jamais cessé d'utiliser le papier, en aucun cas le papier n'a été remplacé par des sites informatiques bien trop nombreux mais c'est une autre histoire, et il ne s'agit pas du DNB en particulier mais bien de tous les examens, le BAC par exemple. Il est possible pour l'application Notanet pour la saisie des notes du DNB de réaliser un import d'un fichier, malheureusement il n'est pas indiqué la nature du fichier ni sa construction. De la même façon, on peut regretter que le logiciel Aplon / scolinfo qui a pourtant une place importante dans les établissements de l'enseignement catholique n'offre pas directement l'export qui va bien pour alimenter directement les notes. Dommage aussi, le fait qu'on nous donne des fichiers de type PDF et pas des documents éditables qu'on peut bricoler facilement.

Tablettes à l'école, informatisation à outrance, volonté d'informatiser et pourtant il y a de l'informatique bien plus évidente à mettre en place, une informatique qui nous faciliterait bien la tâche, bien loin des grands projets. Comme souvent d'ailleurs, il faut commencer petit pour convaincre les gens de l'utilité de l'informatique, continuer à nous faire brasser des tonnes de papier quand il serait simple de tout alimenter en quelques clics, c'est certainement ici le défi du futur.