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Le Blog de Cyrille BORNE

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D'une installation virtuelle à une installation bien réelle

dimanche 6 septembre 2015 à 08:00

Comme je vous l'ai expliqué dernièrement je vais virer l'intégralité des postes XP pour mettre du Debian à la place. Voyez quand même qu'il ne m'aura fallu qu'une semaine pour migrer l'établissement sous Linux même si nous le savons, cela reste du Linux pour accéder à du Windows mais c'est toujours mieux que rien. Et quand je dis rien, je ne suis pas loin de la réalité, ma première séance d'informatique a été parsemée de Windows XP qui veulent se mettre à jour et qui coincent, de Windows XP qui veulent se mettre en veille et qui n'arrivent plus à en sortir, enfin des Windows XP à l'agonie.

L'idée c'était de prendre une machine de base qu'on trouve au lycée, d'installer une debian, de la travailler et de monter un serveur Clonezilla pour faire un déploiement sur environ 70 machines. Je ne l'ai jamais fait, c'était l'occasion, mais pas pour ce coup là ou à moins qu'on me dépanne. Donc je sors une bonne vieille rougne de type P4 du lycée, je tente une installation de debian par usb ou par CD, ça crashe dans les deux cas avec un petit grattement de disque dur pas terrible. Avec une machine qui doit avoir au moins dix ans, il ne faut pas s'étonner. Sur le principe, je peux m'amuser à ça pendant pas mal de temps, j'ai donc opté pour une formule pour le moins originale, créer une installation virtuelle sur mon ordinateur, la cloner avec un logiciel pour la rebalancer dans un environnement physique bien réel.

J'y vois au moins trois avantages : je sais que mon SSD fonctionne donc pas de souci matériel, j'ai le master de mon installation sous la main sans avoir une machine supplémentaire à bricoler, pas de problème de taille de disque dur, j'ai fait le choix d'un disque virtuel de 20 Go, largement suffisant pour l'utilisation que je compte en faire. VirtualBox propose par défaut de faire un disque extensible, c'est à dire qu'on va lui dire par exemple qu'on veut un disque de 50 Go, mais celui-ci ne prendra que la place nécessaire. Du fait de ne pas vouloir prendre de risque, j'ai pris une taille fixe. Au niveau de l'installation de debian, je me suis contenté de prendre une version 32 bits, de mettre à 0 le timeout de grub, de virer tous les logiciels, d'installer epoptes, de faire un autologin dans lightdm en éditant /etc/lightdm/lightdm.conf et de rajouter quelque chose à autologin-user= qu'on décommente et ne pas oublier bien sûr le client de parrallels, 2X RDP ce qui nous donne ceci au niveau du résultat 

Premier réflexe, faire un clonezilla, ça passe sans bien sûr quelques problèmes. Dans Debian malgré l'ajout de Cyrille au vboxusers il m'est impossible de voir les périphériques USB sans passer par le compte root, une fois que c'est fait, il faudra quand même que je trouve une solution, on obtient un clone traditionnel sur un disque physique externe totalement exploitable. En voulant rebalancer sur la machine physique, Clonezilla n'arrive pas à s'en sortir au niveau de la table des partitions avec un message d'erreur. Là encore il faudrait peut être que je creuse, surtout qu'il y a un intérêt derrière avec la possibilité de monter un serveur clonezilla pour ne pas avoir à passer derrière chaque poste avec une clé USB mais je tenais à vérifier si c'était réalisable.

J'ai utilisé le peu connu et abandonné ou pas redo backup (pas de mise à jour depuis 2012) mais qui pour mon besoin fonctionne, restaurer une machine prend moins de 3 minutes, même s'il faudra ajouter à cela la modification du hostname. 

et le résultat sur l'optiplex test à tout Cyrille Borne

Je vais déployer sur quelques postes, ça me permettra de régler des bios mal configurer, changer les clavier et les souris en mauvais état, je ferai le point vendredi où plus d'une petite dizaine d'élèves passera dessus ce qui me permettra de me donner le feu vert pour faire le déploiement sur l'intégralité des machines du lycée pour un établissement presque totalement sous Linux, d'une certaine façon en tout cas.

Avec la sortie en 2017 de Debian 9, cela me laissera largement le temps de trouver les solutions pour mettre tous les postes à jour de façon synchronisée sans me faire violence.

Vos remarques, compléments, aide, sont bien sûr les bienvenus.

Edit 1 : passage en version 5.02 et rajout à vboxusers, reboot et ça tourne.

Ce fut ma rentrée épisode 13 - épilogue

samedi 5 septembre 2015 à 09:10

Mon premier face à face élève a eu lieu mercredi matin, une classe d'à peine quinze quatrièmes, un effectif réduit, voulu. Je réalise que je n'ai pas le papier pour l'appel, mes premiers mots sont hésitants et puis la machine démarre. Les automatismes, les réflexes, le show est parfaitement rodé, le public il faut le reconnaître étant particulièrement mignon. Le complément de ce cours c'est vendredi après midi, l'intégralité des enfants avait fait le travail demandé plus ou moins mal, une avait indéniablement recopié sur ses camarades. Quelques un sont très contents d'être ici car on sent la compréhension dans le regard, d'autres n'osent pas dire qu'ils ne comprennent pas mais je lis dans les yeux alors j'y vais, pendant que j'en profite pour secouer les passifs qui pensent que je vais les oublier, je continue entre temps de répéter 50 fois, l'organisation des cahiers.

Mercredi matin deuxième heure, classe de troisième. Une élève qui rentre avec des lunettes de soleil, deux qui s'assoient directement, trois qui ont les téléphones portables, je commence à gueuler net. C'est une approche qui si elle est mal exploitée va bloquer 95% de mon public qui ne retiendra que "connard qui gueule", il est nécessaire de très rapidement varier les stratégies. Deux se démarquent très rapidement, ce sont les enfants pénibles qui vont tenter leur chance, dans les deux premières minutes, le premier est au tableau, nous démarrons le cours sur les probabilités avec pile ou face, deux ou trois traits d'humour, à peu près le même traitement plus tard avec la seconde, la rébellion est calmée, en moins de 10 minutes la classe est au travail, les premiers pas de l'adoption.

C'est d'ailleurs intéressant car on va retrouver la nette différence entre les enfants qui vous connaissent et ceux qui vous découvrent. Le vendredi matin j'enchaîne quatre groupes qui vont composer l'intégralité des trois classes de troisième, curieusement c'était très calme avec ceux qui m'ont eu, plus difficile nécessairement avec les autres et ce sera certainement plus difficile avec la classe qui ne m'a que cette heure par semaine. Sur les heures passées avec les troisièmes, j'aurai des soucis de façon évidente avec un élève, le problème sera réglé dès lundi et pas dans la finesse, pour les autres on retrouve le profil des élèves de l'enseignement agricole, qui va de la gamine super gentille et serviable qui veut bien faire et qui ne comprend rien, en passant par l'élève brillant mais tellement atypique qu'il n'est pas adapté à l'enseignement traditionnel, pour finir par les gamins hyperactifs mais très sympas qui comptent pour dix élèves tellement ils sont fatiguants. 

Vendredi dernière heure de l'après midi, seconde générale, la vraie nouveauté pour moi. Je commence d'abord par la calculatrice, ils sont très nombreux à l'avoir achetée, j'en suis étonné, un gamin s'est fait piéger il a acheté l'ancien modèle je vous rappelle la subtilité du BAC 2018 où il faut pouvoir désactiver la partie programmation, une petite joue avec la calculatrice et ne m'écoute pas, je la sèche, un grand blanc dans l'assemblée qui s'inquiète. Le métier c'est aussi de saisir les expressions, et de se connaître soi-même. J'ai d'entrée de jeu rassuré tout le monde en expliquant que j'enseignais depuis 12 ans de façon majoritaire dans des classes de 4ème et de 3ème et que j'avais des réflexes basiques, mais qu'à partir du moment où ils se comportaient comme des jeunes responsables, je n'aurai pas besoin de me transformer en père fouettard. Une heure de plaisir complet, je n'irai pas dire que j'ai fait pour la première fois des maths en 12 ans mais il faut reconnaître que les élèves sont à l'écoute, qu'ils jouent le jeu, qu'ils ont des connaissances, c'est plaisant et ça change.

Une semaine que je qualifierai donc de normale et quelque part rassurante. Je crois que dans les questions fondamentales qu'on peut se poser dans l'enseignement c'est : est ce que ça va marcher cette année ? Le rapport au théâtre que j'exprime assez souvent a réellement du sens, est ce que le jeu de scène est toujours bon, l'acteur pas trop ringard, la pièce démodée, enseigner c'est pareil. Cette année nécessairement se posait la question, est ce que ça va marcher ailleurs, et là encore on peut se demander si l'humour est le même à Marseille qu'à Poitiers quand on va présenter sa pièce à travers la France. Le public ici, sans trop d'ambiguité est le même que dans mon précédent établissement, comme je suis un sale type prétentieux j'ai directement signé ce billet épilogue car j'ai l'intime conviction que ce sera pareil ici ou ailleurs et qu'avec beaucoup de travail, ça devrait le faire.

Beaucoup de travail c'est indéniable, car se pose pour moi à l'heure actuelle une véritable difficulté : le nombre. Vous me direz qu'il faut être patient mais ce n'est pas mon genre. Avec plus de 60 adultes c'est déjà difficile, une journée comme vendredi m'aura fait défiler tous mes élèves soit en gros 115. J'ai commencé à retenir des prénoms, des visages, mais ils sont tellement nombreux que trente minutes après j'ai oublié la tête d'une gamine que je venais d'avoir en cours et ça m'est insupportable.

Mon métier c'est plus que les mathématiques, c'est savoir qui j'ai en face de moi. C'est savoir que cette gamine ici a perdu son père il y a quelques jours alors forcément ça ne va pas. C'est de savoir que celui-ci vit en foyer donc c'est plus compliqué. Si la maîtrise de l'historique, de la connaissance de l'enfant c'était jouable avec les 50 élèves que j'avais l'an dernier, là je peux vous dire qu'il va falloir que je me dope comme un cycliste pour arriver à mon meilleur niveau. Mais comme précisé plus haut, cela ne me fait pas peur, le travail ne m'a jamais fait peur, il le faut.

Cover art, sisyphus by Igor Morski

Odysseus - BORNE - Firefox OS s'en va en terre

jeudi 3 septembre 2015 à 19:15

Alors forcément la démarche quand tu sais que du côté de ZTE c'est mort, ben tu demandes au seul autre constructeur c'est à dire Alcatel ce qu'il a prévu.

Avant d'aller plus loin, je vous fais remarquer que Twitter c'est quand même pas mal pour aller chercher l'info, avec des marques qui jouent plus ou moins le jeu, et quand on dit plus ou moins, Alcatel est vraiment dans le plus quand ZTE fait le moins. La réponse officielle est donc simple, pas de Pixi 3 sous Firefox OS en France et donc quand je disais que la presse informatique c'était n'importe quoi et que personne ne creusait, je confirme. Pas de possibilité de changer de façon officielle de système d'exploitation quand le téléphone à l'origine est disponible sous Android, Firefox OS et Windows, ce qui laisse penser que c'est une annonce mal comprise mais qui laissera à terme je l'espère la possibilité de voir des bricolages avec une mise à disposition de ROM Firefox OS et pourquoi pas Windows si le matériel est le même dans les trois cas. On notera enfin qu'aucun modèle n'est prévu pour Firefox OS, donc c'est mort.

Comme le faisait remarquer Genma dans le billet précédent, après avoir joué les VRP dans les Leclerc, avoir essayé de mobiliser, on ne peut qu'être déçu de voir comment ça part en sucette. A titre personnel je ne jette pas la pierre aux constructeurs, qui font ce qu'ils ont à faire c'est à dire de l'argent. Si aujourd'hui on ne cherche pas à faire du Firefox OS c'est qu'on considère à tort ou à raison que c'est un mauvais produit puisqu'il ne doit pas se vendre assez. La responsabilité vient pour moi de la fondation Mozilla, qui si elle a réussi au départ à trouver des constructeurs pour faire ses téléphones, a lancé un produit complètement immature avec une connotation de pauvreté et de marchés émergents quand il aurait fallu présenter Firefox OS comme une alternative libre qui ne traque pas l'utilisateur.

Fort quand même de cet échec, car vous m'excuserez mais on ne peut pas appeler ça un succès, il serait temps de changer de stratégie, pour adopter un principe à la Linux ou à la Cyanogen pour voir l'adoption du système d'exploitation qui permettrait de donner une nouvelle vie à certains smartphone et d'en libérer d'autres. Si le succès comptable est au rendez vous alors que peut être les constructeurs auront de bonnes raisons de vouloir vendre du Firefox OS, raisons qu'ils n'ont pas pour l'instant.

Décidément 2015 ne sera pas l'année Mozilla, et je ne serais pas étonné si bientôt on voit apparaître sur ce blog, quelqu'un d'autre qui va en terre, une fondation par exemple. 

Odysseus - BORNE - Firefox OS j'y étais

mercredi 2 septembre 2015 à 21:01

Ca part d'une discussion hier soir avec Odysseus Libre sur l'utilisation d'un dessin que je lui avais fait faire et qui n'a pas été exploité. En fait une société de fabrication d'objets imprimés nous proposait de faire un concours, il suffisait de lui envoyer un dessin on avait choisi des mugs, et avec mon humour pourri, je me rappelais de ces fabuleuses pubs Jacques Vabres que je trouve formidable avec le gars qui rentre et qui dit à propos du café, non pas celui là, mais celui là derrière. Ca continue avec une discussions sur jabber avec Gilles, vous pouvez m'ajouter d'ailleurs : cborne@dukgo.com

(18:46:07) Gilles: t'es content d'avoir vécu l'intégralité de FFOS en France ? :D
(18:46:29) cyrille: totalement
(18:46:32) cyrille: j'y étais
(18:46:44) cyrille: on devrait faire des T-Shirts

et ça finit comme ça. N'allez pas croire que je remonte le blog libre, mais c'est toujours plaisant de faire sainement du travail collaboratif avec des camarades de Golf. Bientôt si on est motivé on va faire des strips, une variante bizarre de Loisel et Le Tendre, la quête du manchot du temps perdu pourrait être une base intéressante.

PS : je n'ai pas fait mon second billet sur la rentrée, j'attends d'avoir fait l'intégralité de mes classes vendredi soir.

Preuve de l'utilité de Twitter : le ZTE OPEN L ne sortira pas en France

mercredi 2 septembre 2015 à 17:00

Comme je l'expliquais l'un des intérêts de Twitter c'est de pouvoir interpeller les marques, les individus c'est certainement le réseau social le plus "populaire" dans le sens où l'on peut interpeller n'importe qui. Démonstration :

Comme vous pouvez le voir l'intéressé a fini par répondre à ma première demande, on va essayer d'avoir une réponse pour la suite mais concrètement il n'y aura pas de nouveau ZTE prévu pour Firefox OS à l'heure actuelle en France, à l'origine ce modèle étant pourtant prévu sur notre territoire. Vous noterez aussi pour ceux qui me suivent sur Twitter, bon allez je vous la refais pour les anciens, FOLLOW MOI SUR TWITTER, @cyrborne, JE TE L'ORDONNE, enfin pas trop non plus, vous savez qu'il n'est pas trop bon de me suivre ça dure pas longtemps, qu'il est nécessaire de faire preuve d'agressivité pour une question qui avait déjà été posée beaucoup plus poliment par d'autres personnes et moi-même. Une incitation en quelques sortes pour être agressif et violent, j'en prends note.

Si maintenant on regarde la situation des téléphones portables Firefox OS c'est catastrophique, j'évoquais dans un dernier billet le "pixi 3" d'Alcatel, il n'est vendu que sous Android. Il faudra donc faire preuve de débrouille pour trouver un modèle ailleurs et certainement en dehors de l'union Européenne, dire que Firefox OS est mort en France et peut être ailleurs est un pas que je ne franchis pas tout de suite, mais qu'on risque de franchir bientôt tous ensembles.

Portons peut être nos regards ailleurs, on commence à voir du Ubuntu Touch en entrée de gamme à 169 € et là on est bien loin des 50 € payés à l'époque pour l'OPEN C qu'on a intérêt à faire perdurer le plus longtemps possible. Il est réellement temps que Mozilla change radicalement sa façon de concevoir les choses, ne plus viser le partenariat avec les fabricants qui ne fonctionne pas mais bien de se lancer dans des roms compatibles avec le plus grand nombre de téléphone comme le fait cyanogenmod ou Linux pour les ordis. Continuer dans la même direction c'est plus que foncer dans le mur, c'est indescriptible.