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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Le plan

jeudi 5 novembre 2015 à 16:30

Je regardais cette annonce que vous avez dû voir circuler plus d'une fois : Elle a quitté les réseaux sociaux pour trouver le bonheur. Je ne connaissais pas du tout la jeune femme, dans certains articles on a beaucoup plus de détails sur ses pratiques qu'elle livre sans détour, plusieurs centaines de fois la même prise, mal s'alimenter pour avoir le ventre le plus plat possible, enfin bref une manipulation complète de l'image pour avoir l'air d'être la plus belle. Elle explique que ce n'est pas le vrai monde et donc elle vire tout pour être délivrée, libérée, la routine de toutes les princesses sauf que c'est faux et ça arrange tout le monde, décryptage du plan collectif.

J'étais à table et j'expliquais à ma fille le phénomène Hannah Montana dont elle a été fan, et bientôt ce que va devenir Violetta dont elle a été fan aussi, mais plus maintenant, elle est dans la phase d'attente de sa nouvelle célébrité. Hannah Montana est une jeune femme formatée Disney, elle répond à ce qu'on attend d'elle. Il est certain que Miley Cyrus quand elle était plus jeune, ne devait pas s'attendre à 25 ans à se retrouver face à un public de gamines de 10 ans complètement hystériques et se sentir trop vieille pour ce genre de choses. Et puis, si elle ne se sentait pas trop vieille, Disney l'aurait trouvée trop vieille, les gamines de 10 ans qui ont besoin de nouveautés aussi, adieu Hannah, tu es un kleenex qu'on a bien aimé, maintenant c'est la poubelle. Malheureusement quand tu vis pour exister aux yeux du monde, et que ton plan était à court terme parce qu'à 50 ans il aurait été difficile de faire rêver les gamines de dix ans, c'est pour ça que pour détruire rapidement l'image que tu ne peux plus avoir, tu es obligée de faire n'importe quoi et d'être photographiée très régulièrement sans culotte avec du vomi dans la bouche. Et pour conclure ce magnifique message éducatif paternel, je finissais par lui dire que la société essayait de lui faire avaler le maximum de choses possibles, le plus rapidement possible, l'habituer à s'attacher le moins possible pour passer à autre chose. Je la rassurais enfin pour lui expliquer que papa et maman étaient là pour garantir l'attachement et donc qu'elle n'aurait ni téléphone ni nouveaux vêtements plus à son goût car ceux qu'elle porte lui vont encore très bien mais qu'elle aurait le loisir de se venger plus tard en me mettant dans une maison de retraite avec mes anciennes élèves qui sont devenues majoritairement aides soignantes.

Revenons en à notre star des réseaux sociaux. Les filles jolies on en trouve à la pelle et la problématique est toujours la même : lassitude d'une part, vieillissement d'autre part. Le plan n'est donc malheureusement pas sur le long terme, il faut donc essayer de trouver une autre voie et ça arrange tout le monde.

Pour moi, si quelqu'un écrit, publie, diffuse sur le web c'est qu'il a un plan. Vous pouvez me trouver tordu mais quand je lis un article, je fais comme avec Shrek, j'essaie de ne pas m'attacher à la première couche de l'oignon mais bien d'essayer de trouver le message qu'a voulu m'envoyer l'auteur, un message subliminal parfois mal dissimulé qu'il est simple de décrypter selon le contexte.

J'avais évoqué dans ma veille, la déclaration de PewDiePie face à adblock, c'est le discours général d'ailleurs de la presse informatique où vous aurez la grande langue de bois collective face au sujet car dénigrer les adblockeurs c'est prendre le risque de fâcher le lecteur. Et oui, on a un plan pour le lecteur, réussir à lui faire débourser pour une formule premium ou lui faire retirer son bloqueur pour les pubs du site, c'est pour ça que dans le plan, il faut donner l'impression qu'on aime le lecteur alors que la seule chose qu'on voudrait bien aimer c'est son portefeuille. Quel plan peut on supposer qu'a PewDiePie ? Totalement dépendant de Google, l'individu a l'air quand même d'être un peu désireux de conserver son indépendance, je pense que le plan principal c'est certainement de gagner de l'argent, même si le plan annoncé c'est de partager avec des millions de personnes une expérience de jeu pour le fun. Après je pense qu'il y a une partie de son plan qui nous surprendra tôt ou tard, entreprendre et se séparer de Google, se vendre à un média, continuer jusqu'à ce qu'il lasse, je mise qu'avec le vieillissement, avec le nombre de personnes qui se sont lancées, il n'aura pas d'autres choix que de réagir, l'avenir nous le dira.

Tous hypocrites, tous pourris, tous brosseurs dans le sens du poil pour mener à bien son plan ? Pas forcément. Il y a quelques années lorsque j'ai monté le blog de Cyrille BORNE sous dotclear. Attendez je fais une pause ... dotclear ... ce nom évoque en moi quelque chose, ah oui dotclear le moteur de blog des années 80, je pensais sincèrement pouvoir gagner un peu d'argent avec le blog. La problématique c'est qu'avoir un plan est une chose, être capable de se donner les moyens pour le mener à bien en est une autre, et là force est de constater que je n'ai jamais été très fort, je me rappelle que j'annonçais mes recettes publicitaires en fonction du nombre de chocolatines que je pouvais me payer. Quand j'ai monté blog-libre le plan était ouvertement de réussir à fédérer sur une même plate-forme l'ensemble des blogueurs (libres) francophones, on connaît la conclusion de l'histoire, digne d'un épisode de Minus et Cortex.

Aujourd'hui je n'ai pas de plan précis pour le blog, ou disons pas réellement de plan bien carré comme pourrait en avoir des carriéristes professionnels du web ce qui me permet d'ailleurs cette liberté de ton. D'ailleurs c'est un peu à chaque billet que le plan diffère. Je lisais ici ou là les commentaires sur le jdh, le plan était de faire un gros pogo pour rigoler et d'ouvrir grand le piège à couillons où j'ai vu des masses de gens tomber dans la brèche.

Je crois que mon plan, car j'arrive parfois à avoir du mal à me suivre moi-même prend les axes suivant :

Bon je suis désolé, je ne peux pas m'en empêcher, et toi lecteur quel est ton plan secret ?

Pourquoi je n'aime pas le journal du hacker et pourquoi il me le rend bien

mardi 3 novembre 2015 à 18:00

Il y a des billets qu'on ne devrait pas écrire, celui-ci en fait partie, mais vous le savez, chassez le troll il revient au galop. Le journal du hacker est un agrégateur géant autour du libre créé à l'instigation de Carl Chenet un monsieur très bien sous tout rapport qui participe au projet debian en tant que développeur. Dans les gens qui contribuent au journal du hacker vous avez Cascador qui intervient sur le blog de Laurent Napias (bien discret), depuis que j'ai suicidé le blog-libre, il y a bientôt un an, joyeux anniversaire. Cascador est un garçon exaspérant qui vit dans le doute et qui lorsqu'un jour il laissera exploser sa colère chassant ses incertitudes, il détruira certainement la terre version Super Saïan. Il m'écrit souvent, je lui réponds, c'est un garçon sympathique que j'apprécie (oui je t'aime bien même si tu es exaspérant). Je suis tombé là dessus, et j'étais un peu vert, comme la couverture.

Un journal qui fait un article sur un site qui se contente de linker des articles, c'est un peu comme si Bernard Pivot s'intéressait à la robotisation de l'écriture. Pourquoi tant de haine ?

  1. le journal du hacker ne produit rien, il se contente de linker le boulot des autres. J'apparais régulièrement comme Genma et la poignée de blogueurs qui écrivent encore un peu, si je ne suis pas là, le journal du hacker n'existe pas. Et oui plus facile de linker que d'écrire.
  2. le journal du hacker ne m'aime pas, car contrairement à un shaarli traditionnel, il possède un système de commentaires. Par conséquent quand je suis linké là bas, on commente pas chez moi, on commente là bas. Le commentaire il est bien connu enrichit les contenus de blog, si on me vole mes commentaires, on fait diminuer la qualité de mon blog, mes bastons sanguinolentes, le suspense autour des réponses les plus haineuses possibles, en gros on me vole mes stats et ça il ne faut pas. Je vous laisse le temps pour reprendre votre sérieux. Sur le principe, je dis bien sur le principe, si un blogueur a son système de commentaires ouvert, c'est qu'il attend que les discussions se fassent chez lui et pas ailleurs, le fameux problème théorique de l'érosion des commentaires lié aux réseaux sociaux avec des conversations qui se déplacent. Le journal du hacker c'est donc un sacré ingrat, car non seulement il a besoin de moi et des autres blogueurs pour vivre mais en plus il me tape mes commentaires, l'ordure.
  3. on pourrait dire que l'ingrat c'est moi, car je devrais être reconnaissant de la visibilité que m'offre le journal du hacker qui est de plus en plus "lu" ce qui est normal. Plus personne n'écrit, on a donc le fol espoir de voir arriver une nouvelle source d'informations dans son agrégateur qui crie famine. Je n'ai rien demandé à personne, il existe d'ailleurs un système qui s'appelle le planet-libre où le blogueur peut choisir lui même de faire paraître un article qu'il trouve judicieux dans cet agrégateur. Antistress depuis plusieurs années publie les news du planet-libre, il aurait été peut être intéressant de faire un rapprochement avec le site historique.

On pourrait croire que je dénonce le journal du hacker, certains le penseront, tant pis pour eux, je tiens juste à montrer deux trois bricoles, prof, donneur de leçons gratuites et libres, quarante ans power, tout ça.

Je suis persuadé que tout ceci part d'une excellente intention avec une volonté d'avoir une veille efficace dans le monde du libre francophone qui s'effrite, offrir une visibilité, tout ça. Si on prend mon cas, il serait étonnant qu'un gars découvre un de mes articles dans le journal du hacker sans l'avoir déjà vu shaarlié ailleurs, ou cité ailleurs. Je me la pète, pas tant que ça, ce que je veux dire par là c'est que c'est un peu comme les gars qui se mettent à retwitter la timeline de Maître Eolas, si tu vas sur Twitter et que tu as choisi de ne pas suivre Maître Eolas (aujourd'hui c'est plus facile) c'est que tu ne veux certainement pas le suivre. Si dans le monde du libre tu connais pas Cyrille BORNE, Fred Bezies, Genma, la Vache Libre, Scoffoni, tu finiras tôt ou tard par tomber dessus, si tu évites et c'est ton droit tu n'as peut être pas envie de voir encore une info que tu as déjà vu ailleurs ou des gens que tu n'aimes pas car tu as le droit de ne pas m'aimer. Et je peux vous dire qu'avec 97% d'accès direct, 1.5% d'accès par les moteurs de recherche, 1.5% d'accès par les référents, je ne suis pas nécessairement en recherche d'un nouveau public, on est très bien entre nous, mes énormes efforts SEO le montrent, comme précisé plus haut, je ne demande rien à personne, je ne demande pas à être mis en avant, je ne demande pas à être linké.

Ce qui précède, est, tout de même je le reconnais, un cas un peu particulier, on écrit pour être lu, moi je suis assez lu comme ça. Ils seront nombreux à apprécier d'être mis en avant, ce n'est pas mon cas, pas comme ça. Dans sa grande époque Christophe, écrivait des billets complets pour expliquer pourquoi j'étais un crétin, il reprenait des paragraphes, argumentait, c'était de la citation qui avait de la classe, c'était de la citation qui sentait l'effort. Un lien et rien, ça manque de travail, moi je veux qu'on me linke avec respect, moi je veux qu'on me linke en disant pourquoi ce que j'ai écrit prête à la réflexion ou pourquoi on devrait envoyer des enfants par centaines pour me jeter des cailloux (un exemple de vas y fais moi mal élégant chez alterlibriste même si j'avais raison et que j'ai encore raison). Seulement pour ça, faudrait écrire des billets et écrire des billets, c'est long, agréger le travail des autres, ça prend une minute.

En ce qui concerne les commentaires, je suis plus partagé. Je pense que quelqu'un qui n'écrira pas le commentaire chez la personne qu'il a linkée, veillée, shaarliée c'est une question de mépris ou d'inutilité. Mon système de veille permet le commentaire, la plupart du temps je n'attends pas de réponses et j'ai tendance à faire lien sur des gros sites où effectivement j'aurai le sentiment d'inutilité d'aller poster là bas. Charité bien ordonnée commençant par soi même, je veillerai (+50 points de bonus de vocabulaire adapté) à fermer les commentaires quand je pointe un blogueur, de façon à respecter sa volonté d'avoir le débat chez lui, si bien sûr il a les commentaires ouverts.

Cet article vient de franchir la barre des 1100 mots, il m'aura pris une heure d'écriture hier soir, le linker prendra moins de trois minutes. Si vous respectez mon travail, ne diffusez pas cet article, ou écrivez en un pour témoigner de votre désaccord, de votre opinion, c'est un effort que vous ne regretterez pas car il permettra au journal du hacker de vivre encore longtemps, alors oui, faites un geste fort : écrivez !

Créer un environnement de construction de paquets Debian

mardi 3 novembre 2015 à 10:26

Créer un environnement de construction de paquets Debian

Dans ce billet nous verrons comment créer un environnement sécurisé pour gérer ou construire des paquets Debian sans interférer sur le système installé car les paquets en dépendances nécessaires pour le développement du programme ne seront pas installés sur notre os mais dans un système de chroot afin d'isoler les procédures.

Dans un autre billet nous verrons comment obtenir un paquet Debian de A à Z depuis les sources originales en amont. Ces deux billets ne prétendent pas traiter le problème de la construction de paquets dans sa totalité, pour cela se référer au handbook Debian in extenso, mais plutôt à des débutants motivés susceptibles de créer des paquets pour leur usage personnel ou pour pour une distribution en petit comité, dans un groupe de confiance. Ne sera pas abordée non plus la signature des paquets.

Pour créer notre environnement de gestion nous allons utiliser pbuilder qui, comme dit plus haut, va créer un chroot dans lequel sera installée une autre distribution Debian, indépendante de celle utilisée, qui peut être d'une autre version, Stable, Testing, Sid, totalement indépendante de la version hôte, voire une Ubuntu sur un hôte Debian ou l'inverse. Bénéfice donc, le paquet créé sera indépendant de l'os utilisé et pourra ainsi aussi être installé sur une autre machine.

Installation de l'environnement :

:~# aptitude install pbuilder dh-make debootstrap devscripts unp

Dans cet exemple j'utilise une Debian GNU/Linux 8.2 (jessie) et je veux fabriquer un paquet pour fonctionner sur une Sid amd64. Je vais donc fabriquer un chroot que je pourrai utiliser à nouveau dans les mêmes circonstances.

:~# pbuilder --create   \
    --distribution sid  \
    --architecture amd64 \
    --basetgz /var/cache/pbuilder/sid-amd64-base.tgz

Explications des options de construction :
--distribution Ici je demande la version Sid mais j'aurais pu construire une Jessie, une Stretch, une Ubuntu Quantal, vivid, etc. Comme pbuilder utilise debootstrap on peut voir la liste des constructions possibles dans /usr/share/debootstrap/scripts en sachant tout de même que suivant le choix il faudra ajouter d'autres options comme les adresses des miroirs et autres variantes. À noter qu'avec pbuilder on peut aussi utiliser experimental.

--architecture Il est demandé amd64 mais ce pourrait être aussi i386

--basetgz On peut créer plusieurs chroots indépendants les uns des autres, il est donc bon de leur donner un nom explicite. Dans le cas contraire le chroot compressé sera placé dans /var/cache/pbuilder/base.tgz

Le fichier de configurations principal de pbuilder est dans /usr/share/pbuilder/pbuilderrc. Il existe un autre fichier de configuration dans /etc/pbuilderrc qu'il est préférable d'utiliser pour modifier la configuration principale, ou bien créer un pbuilderrc dans son /home. Il ne sera pas modifié lors des mises à jour.
En ce qui me concerne comme modifications génériques j'y ai ajouté l'adresse des miroirs dans la ligne MIRRORSITE et "main contrib non-free" dans COMPONENTS.

Après lancement de la procédure elle se termine par :
I: creating base tarball [/var/cache/pbuilder/sid-amd64-base.tgz]
I: cleaning the build env

Voilà, nous avons uns Debian Sid contenant le minimum nécessaire de 257 Mo compressé.

Nous verrons plus tard comment créer un nouveau paquet Debian mais là, pour tester pbuilder nous allons utiliser les sources Debian pour avoir le deb du programme axe, un simple éditeur. Comme on peut le vérifier par aptitude -s build-dep axe si nous devions créer ce paquet sur notre système principal il faudra ajouter plus de 20 paquets afin de satisfaire les dépendances de création. D'où l'intérêt de le faire dans le chroot car pbuilder appellera les dépendances nécessaires puis, une fois le paquet créé, nettoiera le chroot en supprimant ces paquets pour le conserver dans son état d'origine.

Après avoir récupéré l'adresse du fichier dsc sur https://packages.debian.org/sid/axe on le télécharge car c'est ce fichier qui donnera à pbuilder tous les renseignements nécessaires pour construire le deb :

$ dget -d http://http.debian.net/debian/pool/non-free/a/axe/axe_6.1.2-16.2.dsc

et j'aurai ensuite mon fichier et les signatures vérifiées automatiquement :

axe_6.1.2-16.2.dsc:
      Good signature found
   validating axe_6.1.2.orig.tar.gz
   validating axe_6.1.2-16.2.diff.gz
All files validated successfully.

$ ls -1
axe_6.1.2-16.2.diff.gz
axe_6.1.2-16.2.dsc
axe_6.1.2.orig.tar.gz

On peut maintenant construire (build) le paquet en précisant - mais ce n'est pas toujours nécessaire - la distribution et l'architecture, l'adresse de la base.tgz puisqu'elle est spécifique ainsi que l'adresse où trouver le fichier .dsc.

sudo pbuilder --build  \
--distribution sid     \
--architecture amd64   \
--basetgz  /var/cache/pbuilder/sid-amd64-base.tgz \
~/axe/axe_6.1.2-16.2.dsc

Voilà, dans le dossier result on trouve ensuite le deb construit ainsi que les diverses parties propres à un paquet Debian, les sources donc, le changes, le diff, le dsc, fichiers que nous aurons l'occasion d'étudier lors de la création de notre premier paquet.

$ ls -1 /var/cache/pbuilder/result/
axe_6.1.2-16.2_amd64.changes
axe_6.1.2-16.2_amd64.deb
axe_6.1.2-16.2.diff.gz
axe_6.1.2-16.2.dsc
axe_6.1.2.orig.tar.gz

On peut maintenant vérifier la qualité de construction de notre deb avec lintian :

$ lintian /var/cache/pbuilder/result/axe_6.1.2-16.2_amd64.deb

E: axe: info-document-missing-dir-section usr/share/info/axe.info.gz

Il y a une Erreur. En effet sur aXe le mainteneur a omis de renseigner le dir, ce qui d'ailleurs a fait l'objet d'une déclaration de bug, mais le paquet est opérationnel :

https://bugs.debian.org/cgi-bin/bugreport.cgi?bug=528866

Pour faire la mise à jour d'un chroot avec pbuilder on utilise la commande pbuilder --update mais dans notre cas puisqu'on a précisé le nom de la base.tgz il faudra la renseigner par la commande :

:~$ sudo pbuilder --update --basetgz /var/cache/pbuilder/sid-amd64-base.tgz

À suivre.

La machine

lundi 2 novembre 2015 à 20:30

Je me lève, et je te bou..., je me lève, je suis épuisé. Paradoxe, sorti de 15 jours de vacances, je suis plus fatigué qu'à l'entrée. Il faut dire que les vacances ont été riches, j'ai couru partout, famille, travaux, les rendez vous médicaux que nous n'avions pas pu faire, de la paperasse, la vidange de la voiture, des courses, sortir pour aller s'aérer, enfin la vie quoi. Il est 8 heures ce matin quand je tourne la clé du contact, j'arrive sur du Nirvana à fond, je passe la porte, elles sont trois, même pas le bonjour tu as passé de bonnes vacances, on s'en fout, c'est l'informaticien, c'est le sauveur des mondes. L'ordinateur marche pas, en deux secondes je suis par terre, je rebranche le cable RJ45 les photocopieurs réseaux marchent pas, je vois qu'ils ont été déplacés, donc je me remets à quatre pattes, une position particulièrement naturelle pour l'informaticien (oui j'insiste), et je vois qu'en bougeant les photocopieurs, quelqu'un a tapé dans le switch et fait bouger un fil dont la tête a été cassée, je ne sais pas pourquoi. Il est 9h et j'ai résolu tous les petits problèmes de mes camarades, je démarre donc la suite de mes tâches. D'ici la fin des sept semaines je dois avoir réglé toute la partie administrative, secrétariat, personnelle de vie scolaire et les avoir basculés sur Windows 10. Il s'agit de gens dont les postes sont sous Windows XP, je cache ma joie mais c'est une reconfiguration nécessaire qui va me permettre d'abandonner un vieux contrôleur de domaine qui nous pose de gros problèmes et un serveur qui va avec.

9h10 j'entre en classe, ma classe de gars. Il y a en effet deux classes de troisièmes spécifiques dans mon établissement, une avec 20 filles, une avec 20 gars, les ateliers proposés ne sont pas les mêmes, rose pour les filles, bleu pour les garçons, puériculture effectivement pour les filles, bleu de travail pour les garçons. On pourrait imaginer qu'avec 20 gars c'est plus difficile mais en fait pas du tout, les gars sont réceptifs à l'humour à deux balles, les gars sont simples, et finalement plutôt tranquilles. Les classes de filles ça reste toujours une ambiance particulière, globalement l'hystérie collective, cette classe n'échappe pas à la règle. Mais bon comme j'aime à le rappeler c'est un métier, j'ai été inspecté dans une classe de 35 filles, tout se fait. Je me rends compte que je vois tout, que je suis zen, et que je me débrouille plutôt pas mal avec 25 jeunes dont les cervelles sont dans le même état que les lampes dans les citrouilles d'Halloween, éteintes. Après 15 minutes laborieuses de rappels sur la médiane, tout le monde arrive à faire les exercices, l'heure se finit, c'est la récréation. Le reste de la journée sera du même niveau, une bonne journée de boulot où je suis plutôt bon pour un type lessivé. Je réalise que j'ai été relativement peu sollicité par mes collègues en salle des profs et que j'ai pu même travailler pour moi, ce qui est quasiment mission impossible d'habitude. La mayonnaise prend, l'informatique commence à fonctionner, les habitudes se mettent en place, auto-congratulations, félicitations Mister Borne.

J'ai 40 ans et à part l'arbre de l'an dernier après avoir passé les 200 seaux de terre et de cailloux en pleine tempête dans le froid de janvier, je dois dire que je tiens plutôt la forme. Jusqu'ici la machinerie fonctionne à plein régime, mais je me rends compte que j'ai de plus en plus de mal à faire front sur 20 trucs en même temps et pire encore j'ai de moins en moins envie et j'ai tendance au découragement. Je viens de relancer pour la deuxième fois le même banquier que j'avais relancé deux fois déjà pour fermer les comptes des gamins et qui n'avait que fermé les livrets A, qu'il a fini par fermer après un énième coup de fil. Je suis fatigué rien que de penser à toute la série d'incompétents qui ne vont pas enregistrer mon nouveau RIB et me retrouver interdit à la banque de France parce qu'un gars n'aura pas fait son travail. J'en ai de plus en plus marre de la paperasse, de faire attention à tout, de tout devoir recommencer car les interlocuteurs ne font pas le travail, je me lasse de la bêtise, de la paresse crasse, de l'incompétence, de passer derrière les autres, je me lasse de beaucoup de choses, en ce moment. Ma curiosité intellectuelle en a pris un sacré coup, je suis de plus en plus dans ma phase faut que ça marche. J'ai envoyé un de mes ZTE OPEN C à Stéphane le garçon qui m'a donné des Optiplex, j'en ai gardé un par curiosité, tout n'est pas encore terminé. Il y a quelques temps j'aurai essayé de trifouiller dans tous les sens pour réussir à sortir quelque chose de ce téléphone, aujourd'hui je m'achète un Windows Phone et je suis ravi. Je ne passerai certainement pas au Mac ou à Windows car en fait Linux c'est plus facile. Moins de choses, moins de possibilités, moins de questions à se poser, quand je vois les 150 panneaux de configuration de Windows 10 et mon panneau de Xfce, je me sens rassuré. Je n'ai plus envie de faire le tour des distributions, la dernière que j'ai mal testée on sait comment ça a tourné, et en plus je me rends compte que seule Debian me donne réellement satisfaction, Ubuntu ou Handylinux me dépannent dans l'urgence. J'ai à peine envie de me fâcher avec les gens, de faire des billets provocs, bon je vous le dis tout de suite, je vais me faire incendier pour le prochain billet mais c'est parce que j'ai encore envie d'écrire et qu'il peut arriver au vieux lion de rugir encore, pour rien, ça aussi ça va finir par me lasser.

Alors que la machine carbure, que j'ai le feu sacré, que je gère beaucoup de choses avec panache (la classe), je sens qu'une partie de moi est en train de doucement crever : la curiosité, l'envie, l'excitation du moment présent, les projets, j'ai envie d'autre chose. Jamais je n'ai autant lu en ce moment, je suis en train de me faire un Pratchett de plus, et je prends plus de plaisir dans mon livre que dans la lecture d'une énième info stérile sur le web qu'il était urgent de lire comme la fausse mode des gars qui se prennent les testicules dans le champ de vision. Je crois qu'on y est, je crois que je suis vieux.

 

Une histoire de gaming

dimanche 1 novembre 2015 à 10:00

Notre histoire commence avec une certaine forme de lassitude de voir le gamin squatter le canapé et de n'avoir qu'une télé dans la maison avec toutes les consoles branchées dessus, et l'envie de jouer à Skyrim. J'ai terminé Black Flag et je vous balance la fin, on découvre en fait que Edward le héros est le père de Ethan et par le fait le grand père de l'indien dont j'ai oublié le nom dans le trois. C'est la seule révélation que vous aurez dans cet épisode, ne me remerciez pas c'est cadeau. Le jeu est le plus réussi de tous d'un point de vue technique, paradoxalement c'est celui qui vous inonde le moins avec la trame principale pour ne pas dire qu'alors qu'elle était omniprésente, insupportable et incompréhensible dans le précédent opus, ici elle est trop absente, c'est l'épisode qui ne sert à rien. En fait c'est l'épisode qui vous fait prendre conscience qu'Assassin's Creed est une drogue à gameplay, on prend plaisir à sauter du haut des arbres pour faire son assassinat, courir dans les fourrés pour aller se cacher et remettre ça quelques secondes plus tard depuis une charrette de foin. Et d'ailleurs les développeurs l'ont bien senti, puisqu'ils vous proposent de multiplier les actions, qu'elles soient navales avec les combats de bateau, les missions annexes, la plongée sous marine et des millions de choses à faire. La mayonnaise doit certainement pas mal prendre, puisqu'il y a en plus la part "sociale" avec le classement des joueurs, pour avoir été au plus vite, j'ai fini dans les 230000 premiers joueurs mondiaux, ce qui veut dire qu'il y a 230000 joueurs dans le monde qui ont pris le temps de faire mieux, ce n'est pas rien. En fait ce qui me gène dans ce jeu, c'est que si c'est magnifique, qu'on se régale au niveau du gameplay, il ne s'agit pas d'un jeu de rôle ou d'un univers persistant mais juste d'une histoire qu'on devrait pouvoir mener à fond. Pour le reste comme je l'avais déjà écrit il aurait fallu faire un jeu séparé à la "pirates". L'erreur fondamentale que font les développeurs d'assassin's creed c'est de ne pas avoir fait le choix de la série des Mass Effect avec un jeu court mais intense. La multitude de missions qui n'apportent rien dans la trame principale finit par conduire à l'écoeurement, pour exemple, je n'ai rien compris à la fin du trois car je me suis contenté de zapper les cinématiques pour arriver à la fin. On rajoutera enfin et toujours en référence à Mass Effect que des choix auraient été sympas, et que l'impression permanente de liberté est en fait totalement faussée par une trame trop prévisible et linéaire.

Envie de gameplay, peu d'envie d'investissement dans un jeu, donc envie de Skyrim. Car en fait si on réfléchit bien, Assassin's Creed vous force à jouer d'une certaine façon, dans Skyrim on a un univers peu attachant, où c'est le gameplay que vous choisissez qui est totalement déterminant. Du fait d'avoir le squatteur devant la télé, qui joue justement à Skyrim sur la 360, j'ai pris une config qui traînait dans la maison, un E5200 avec 4 Go de RAM et une Radeon HD5450, un optiplex bien sûr. J'ai monté un SSD dedans pour voir si ça passe, je vous montre d'ailleurs comment je l'ai monté sans adaptateur 3.5, c'est sale mais ça tient

J'ai testé en 1280, les détails au plus faible, c'est moche et injouable, tant pis pour Skyrim. Enfin tant pis pour Skyrim, maintenant que j'ai posé la 360 à côté de mon écran qui a une double entrée HDMI, je me fais une joyeuse partie en snippant tout ce qui bouge avec mon archer voleur. J'ai commencé à regarder dans ma logithèque Steam, bien grasse et épaisse, je suis impressionné par le nombre de daubes que j'ai pu acheter, force est de reconnaître que de multiplier des Humble Bundle n'était pas la meilleure des idées.

Finalement c'est pas plus mal, une machine, un usage, c'est un peu masochiste mais c'est pas plus mal. Avec le recul j'aurai fait certainement les choses autrement, j'aurai investi dans un PC plus cher, silencieux, un PC qui puisse faire tourner mes jeux sans broncher. Les jeux sur console sont quand même très largement plus chers que sur steam, l'argent que j'aurai placé dans une grosse machine m'aurait fait faire des économies, c'est un peu le raisonnement qu'on a quand on achète des imprimantes qui coûtent un bras mais dont les cartouches sont finalement moins cher que les imprimantes d'entrée de gamme. Et là où c'est quand même franchement drôle, c'est que j'en avais marre de la ventilation, du bruit de façon générale, la 360 est une véritable soufflerie. A minorer tout de même puisque je ne joue pas H24. De plus, cela m'aurait contraint à mettre du Windows sur mon PC, faire du dual boot, j'ai passé mon tour Linux rules. Attendre de l'autre côté l'arrivée des Steam machines qui feront tout tourner, je pense que c'est un doux rêve. Linux c'est la Russie du poste client, dès qu'un constructeur décide de s'y attaquer ça finit toujours très mal.

Je "lisais" cet article, Protéger sa vie privée sur Internet, combien ça coûte vraiment ?, je me suis arrêté rapidement devant le ridicule de l'article, si cette femme dépense une fortune en logiciel cela signifie qu'elle travaille sous Windows ou Mac et par le fait elle ne peut pas protéger correctement sa vie privée. Le mot Linux ne figure pas dans cet article, ce qui montre à quel il est mauvais, il ne faut pas être Edward Snowden pour utiliser Linux au quotidien. Mon beau père sous Windows 7 a réussi à prendre un virus un peu pénible sous Chrome qui lui envoie de la pub en pagaille, si de plus on va dans la partie extension le navigateur se ferme automatiquement ce qui montre que le système est bien ficelé. Virus attrapé uniquement en faisant un mauvais clic au mauvais endroit. J'avais présenté un vieux portable Dell Inspiron que j'avais payé une misère pour ma belle mère et sur lequel j'avais installé à la va vite HandyLinux. C'est un ordinateur que lui aussi utilise sans problème, si bien qu'il m'a dit que je pouvais aussi lui installer sur son ordinateur.

Avec un papier qui disparaît et donc quelque part des périphériques de moins en moins pénibles et de moins en moins nombreux à gérer sous Linux, je pense que le vrai rempart de la réussite de Linux c'est certainement le jeu, la boucle de ce billet bien confus est bouclée.