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Le Blog de Cyrille BORNE

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La part des choses

vendredi 13 novembre 2015 à 08:00

Tiens je vais citer Korben, ici c'est un peu comme si j'employais le nom de Voldemort mais étant donné que c'est positif, je ne pense pas que cela puisse être mal interprété. Son article que vous avez pu lire sur les youtubeurs repris par Fred, son édito, on va commencer par l'édito. Dans son édito, le blogueur remarque que c'est franchement tendu sur le net, avec des coups aussi aussi bas qu'un vol d'hirondelles avant l'orage et que ce serait bien si on était un peu plus aimable les uns avec les autres. J'ai pour tradition depuis que j'enseigne, de prendre mon téléphone pour appeler les parents des gosses qui travaillent, qui sont gentils, qui n'emmerdent pas le monde. Je prends aussi mon téléphone pour signaler à des parents dont l'enfant emmerdait le monde qu'il a su trouver la voie intérieure de la sagesse et qu'il fait de gros efforts. Les réactions sont de façon systématique les mêmes, les dix premières secondes c'est l'angoisse que j'abrège le plus rapidement possible mais il faut bien se présenter et quand tu te présentes comme le prof de maths du gamin, tu t'attends pas à quelque chose de bon, après c'est la surprise et enfin les remerciements. J'ai pris une heure trente de mon temps, un temps pour faire le bien, un temps pour être un bonhomme, la seule chose qui compte dans la vie. Cette situation traduit quand même quelque chose de lourd, l'école n'appelle que pour du négatif, n'appelle que pour des mauvaises nouvelles. Le prof c'est donc le gars qui apporte la mauvaise nouvelle, c'est pas le type qui appelle pour porter un diagnostique professionnel qu'il soit bon ou mauvais sur un enfant, c'est le gars qui va prendre son téléphone parce qu'il en a marre de ton gosse et qu'il fait appel à toi pour régler le problème. Ce raté de ma profession, car c'est un raté, n'est pas imputable à l'enseignement, ton banquier ne t'appellera pas pour te féliciter de ta fidélité et de ces années sans poser de problème, la gendarmerie ne t'arrêtera pas pour dire que ça fait 150 kilomètres qu'on te piste et que tu n'as pas enfreint le code de la route une seule fois, notre société est construite sur le modèle du négatif sans savor faire la part des choses.

Korben dans son article sur les youtubeurs a raison dans les grandes lignes, les youtubeurs ne plaisent pas pour deux raisons : ils symbolisent la réussite, ils ont réussi par la petite porte et ça c'est complètement honteux. Réussir en France c'est dégueulasse, il faut rester dans le camp des perdants. En fait ce n'est pas exactement vrai, ce sont les perdants qui s'expriment largement plus fort que les gagnants qui ont d'autres choses à faire car ils ont gagné, quand tu as perdu, tu as du temps pour mépriser. La télé qu'on le veuille ou non c'est aussi Drucker et Patrick Sébastien. Je n'ai rien contre les deux artistes, un peu plus contre Patrick Sébastien qui a pollué les soirées familiales de mon adolescence, et contre Drucker quand même avec Champs Elysées, néanmoins avec tout le recul et l'esprit positif qu'on peut avoir, le buzz, l'info, la nouveauté, s'est largement déplacée sur le web, la télévision à part quand elle réussit à diffuser du trash dans les émissions de Direct 8 est totalement has been. Et donc à la conclusion de l'article : Vous êtes actuellement les reines et les rois du net et vous n’avez jamais eu besoin des anciens médias, pour exister. Alors par pitié, arrêtez de jouer leur jeu et de répéter ces vieux schémas. Continuez à leur piquer des budgets et des audiences, continuez à soulever les foules, continuez à nous faire marrer... et bien oui, ils continueront tous à chercher à prolonger leur quart d'heure de gloire car dans l'esprit de ces jeunes qui n'ont pas encore grandi devant le net mais devant la télévision, passer à l'écran c'est une forme de reconnaissance, cela reste dans l'air du temps, c'est la possibilité peut être de passer au cinéma, la gloire quand tu la cherches, tu vas tout faire pour essayer de la trouver, les youtubeurs ne sont malheureusement que des gens comme les autres en quête de reconnaissance et de gratitude, le pognon qui va avec accessoirement.

Ca ne durera pas. mes enfants grandissent devant les écrans, pas devant la télé, ma fille veut être une youtubeuse célèbre mon fils jouer à la console. La sacro-sainte télévision que nous avons pu connaître plus jeune trônant dans le salon familial avec ses icônes n'est qu'un écran parmi d'autres. Un jour, ça finira bien par arriver, y aura un gars un peu plus malin que les autres qui aura compris que d'accepter de faire des émissions bas de gamme c'est se salir, qu'il a le succès sur le net, et qu'il n'a pas besoin d'aller séduire la ménagère de moins de cinquante ans car dans pas si longtemps la ménagère de 50 ans ce sera la petite fille qui a grandi devant youtube.

La télé affiche le mépris du perdant pour les youtubeurs, c'est pour cela que ça se passe souvent mal sur les plateaux télés. Les youtubeurs ce n'est pas pour moi, je pense que ce n'est pas de ma génération. J'ai regardé un jour avec ma fille EnjoyPhoenix, elle a même acheté le livre, cela reste un mystère pour moi. Le mystère n'est pas forcément là où vous le pensez, ma gamine qui ne se maquillerait certainement pas si elle avait le droit, ma gamine qui se contrefout d'aller les cheveux en pétard à l'école, cette enfant qui ne porte pas de boucles d'oreilles parce que ça l'irrite et qui joue à uncharted ou aux jeux de voitures, je me demande si elle écoute les conseils ou si elle regarde cette nouvelle icône qu'elle aura certainement remplacée dans quelques mois.

La part des choses c'est d'essayer d'être juste. Il est effectivement à la mode de taper sur les youtubeurs, je ne peux pas le faire, je ne connais pas ces gens là. Je rejoins Frédéric sur ce point dans son article, j'ai une culture de l'écrit, j'ai vu de très bonnes choses sur youtube et je devrais prendre le temps de les regarder, 2 minutes pour convaincre ou des émissions de vulgarisation scientifique originales, je reste néanmoins partagé pour le reste. Ce qu'il dénonce sans arrière pensée dans son billet au niveau financier, au niveau des coulisses, on le retrouve depuis toujours dans la presse écrite, à la télévision. Dis moi à quel groupe de presse tu appartiens, je te dirai ce que tu vas dire ou écrire. C'est devenu le lot de tout communiquant ou presque aujourd'hui, selon mon fameux plan, le gars qui est en face de toi a de très fortes chances d'avoir quelque chose à te vendre.

La difficulté c'est pour les gosses, leur apprendre à décrypter le monde. Essayer d'expliquer qu'EnjoyPhoenix il faut bien qu'elle vive, et que si elle te conseille ce produit de beauté c'est pas forcément le meilleur, mais la marque du produit a payé un peu plus cher que les autres pour finalement que ce soit celui là qu'elle choisisse. Que si elle fait une émission sur le harcèlement scolaire, c'est peut être pas la gamine la plus représentative de France mais ça fait ses affaires de passer à la télé et pour elle et pour l'émission. Dans un raisonnement comme celui-ci on pousse à tendre vers la paranoïa, malheureusement c'est le monde dans lequel nous vivons, un monde de haine, de manque de confiance en l'autre, de sous entendus, de violence, où parfois on aimerait trouver autre chose et on le trouve, mais c'est rare et faut bien plisser les yeux pour être sûr de ne pas le rater.

En lien avec cet article :

Logiciel propriétaire ou libre, le mauvais débat

jeudi 12 novembre 2015 à 08:00

Ca n'aura pas manqué le logiciel libre n'aura pas la priorité en France, il faut dire qu'avec le patron de Microsoft qui joue les tontons d'Amérique en distribuant des millions, il pouvait en être difficilement autrement. C'est le problème de l'argent, on se prend les pieds dans le tapis, et on finit par se casser la gueule. Entre la distribution financière d'un côté, les emplois qui sont fournis par le logiciel propriétaire en France, je crois que ce qu'il manque c'est le courage, celui de prendre la calculatrice et de s'interroger uniquement sur Libreoffice versus Microsoft Office en standard dans l'éducation de savoir quelles seraient les réelles économies pour le portefeuille du contribuable. La décision quant au logiciel libre était prévisible mais favoriser un logiciel, un système au détriment d'un autre c'est quelque part ne pas s'interroger sur ses performances. Je crois que ce n'est pas tant favoriser le logiciel libre qui compte mais bien imposer lors de tout contrat public d'avoir une alternative libre chiffrée. Le décisionnaire aura alors la liberté de prendre l'offre qui lui parait la plus adaptée en espérant qu'il n'est pas trop débile et refermé aux alternatives.

Car, vouloir coller du libre partout, c'est souvent philosophique, pas forcément pratique et il faudrait vraiment chiffrer pour savoir si c'est économique. Dans un dernier billet Christophe me disait que je ne donnais pas envie de boire la soupe libre, je répondais dans les commentaires que quand on en venait à compiler régulièrement pour tout et n'importe quoi alors qu'on est dans du Debian Stable, on peut s'interroger sur la validité du produit sur des millions de postes en production. Attention, je ne dis pas que le logiciel propriétaire est de meilleure qualité, il diffère néanmoins sur un point important : le support. Mon propos est à compléter avant d'aller plus loin, certaines sociétés de logiciel libre vendent le service autour, ce qui fait qu'on a désormais un support.

Le problème n'est pas tant de payer, le problème c'est :

Le logiciel propriétaire n'est pas forcément meilleur parce qu'on le paye ce qui restera quand même marqué dans l'esprit des gens avec des personnes qui pensent que plus c'est cher mieux ça marche, le logiciel libre n'est pas forcément meilleur car il est éthique, il faut choisir le logiciel qui va bien dans un environnement, un environnement qui s'étudie, il faut tarifer de façon précise en tenant compte des débordements et prendre la solution la plus judicieuse.

Quelques exemples :

Le gouvernement doit aider le logiciel libre non pas en l'imposant dans toutes les structures, il doit veiller à ce qu'il soit représenté de façon systématique et communiquer autour pour donner les avantages et les inconvénients, on l'a bien fait pour les médicaments génériques (comparaison hautement douteuse). Si des sociétés voient qu'il est possible de vendre du libre car c'est considéré comme un marché sérieux, on verra peut être d'autres choses que des marchés de niche. Le libre ne doit pas avoir la tâche facilitée par des lois, il doit montrer que son alternative est viable, puissante et qu'elle peut aisément concurrencer des logiciels propriétaires qui sont souvent truffés de bugs eux aussi, qui ont des anomalies ou des carences.

La f(r)acture numérique

mercredi 11 novembre 2015 à 16:00

Je viens de renouveler mon abonnement pour o2switch, je pense que c'est la sixième ou septième année que je suis client. Je me rappelle à l'époque que j'avais écrit, quittant mavenhosting, que si j'avais un problème, il serait plus facile d'aller balancer un parpaing pendant les corrections du BAC à Clermont-Ferrand plutôt que d'aller traverser l'océan. Ce que j'ai toujours apprécié c'est la dimension humaine du service, car comme j'aime à le rappeler on se rend compte qu'un service est le bon quand c'est la merde. D'un point de vue réactivité o2switch a toujours été au top avec une réponse humaine et pas formatée comme on peut en trouver chez OVH par exemple. Depuis pas mal de temps plus une seule coupure à signaler, ça marche du feu de Dieu, cela fait longtemps que je n'ai pas eu besoin de contacter le service technique pour une défaillance. Même si l'hébergeur a fait quelques choix drastiques, je suppose encore que c'est le cas, blacklister TOR ou certains serveurs, pour un internaute que je qualifierai de "normal" mon site est accessible sans difficulté ainsi que tous les services que j'utilise en toile de fond, des services libres. J'ai payé 72 € je paye moins de 30 € par an pour mes noms de domaines, en gros une centaine d'euros annuels.

Dire que je suis radin serait faux, sachant qu'aujourd'hui la radinerie c'est un mode normal de consommation, j'ai besoin de savoir pour quoi je paye, je pense que c'est devenu aujourd'hui le principal obstacle des campagnes de dons et de l'autre le moteur des campagnes de crowdfunding.

Je suis arrivé au logiciel libre libre en ayant beaucoup mais vraiment beaucoup piraté dans ma vie, il y a prescription aujourd'hui. Tout ceci n'était qu'une évaluation du besoin, je pouvais utiliser un logiciel gratuit, obtenu de façon légale sans avoir à le payer, depuis j'y suis resté. Je me suis essayé à la philosophie du libre sans succès, je pense en 2015, j'insiste sur le 2015 car nous savons que chez moi les opinions fluctuent que c'est une vaste fumisterie, que le logiciel libre s'inscrit dans un mouvement plus global basé sur l'alternative et la solidarité.

Il m'est arrivé de donner parfois, plus par accident que par véritable conviction que ce soit à une association comme l'April, Framasoft, ou à certains logiciels libres, je fais toutefois un très mauvais donateur pour les raisons suivantes :

On a donc le problème suivant. Un public qui utilise quand même le libre parce que c'est "gratuit" en apparence. De l'autre côté des gens qui demandent de l'argent pour leur projet mais souvent sans construction précise. J'évoquais plus haut les campagnes kickstarter dans lesquelles les gens vont détailler le projet, le besoin, car la concurrence est rude et il faut convaincre. Donc, non seulement le public est difficile à convaincre mais en plus l'artiste est certainement prêt à jouer gratuitement pour le simple plaisir de jouer.

Remédiation ? Pas simple. Certains ont choisi la stratégie qui consiste à dire on va crever si vous ne payez pas. Stratégie qui ne fonctionnera pas à long terme, et qui reste usante pour ceux qui la font, mendier c'est pénible. La seule issue possible c'est le business modèle, un service rendu contre de l'argent. Pour exemple Wordpress qui représente aujourd'hui 25% des sites web au monde a su trouver sa voie. Il permet non seulement de conserver la gratuité tant recherchée pour qui n'a pas peur de mettre les mains dedans, et a permis à tout plein de gens de faire du business autour directement entre les plugins et les thèmes, mais aussi dans les installations, Wordpress en fait vivre du monde.

Il n'est donc pas honteux de demander de l'argent quand c'est bien fait, il n'est pas non plus honteux de ne pas en demander, une fois de plus c'est la liberté.

La question bonus, celle qu'on doit me poser, celle que certains d'entre vous qui ne doivent pas être bien loin de ma situation doivent se poser. Qu'est ce qui pourrait bien me faire payer ? Une taxe logiciel libre. L'idée peut paraître farfelue, mais si ça m'était imposé quelque part, j'entends par là par exemple dans mon hébergeur web de reverser une petite somme pour le logiciel libre je ne serai pas choqué. La taxe a ce côté pratique qu'on paye sans se poser de question pour savoir ce que ça va devenir, c'est le côté rassurant de la taxe. Bien sûr, une taxe logiciel libre n'est pas envisageable, il faudrait alors un organisme qui reverse aux auteurs de logiciels libres, quelqu'un qui me prenne totalement en charge, sans avoir à m'interroger, quelqu'un qui arriverait à créer en moi le bon vieux réflexe de Pavlov que j'ai devant une facture ou devant mes impôts.

Ca c'est fait, ou comment Linux et le libre auront du mal à quitter l'ornière

mardi 10 novembre 2015 à 08:00

Il y a quelques temps Cep s'interrogeait sur l'aspect bricolo de Linux, un Linux qui a quand même du mal à sortir du garage quelles que soient les qualités de notre système d'exploitation. Il faut dire que c'est difficile, c'est le combat de David contre Goliath comme le montre cette petite visite de Satya Nadella qui vient de poser 83 millions de dollars sur la table. Il n'y a pas si longtemps quand je faisais mes billets à rallonge sur l'utilisation de Windows 10 / Office 365, j'expliquais qu'il s'agissait de l'outil utilisé par ma fédération agricole et par le fait il fallait utiliser ça. C138 expliquait qu'il y avait des gens qui utilisaient Owncloud, que rien n'imposait dans le monde éducatif d'utiliser les produits Microsoft, je serais bien curieux de voir comment les choses vont évoluer dans l'éducation nationale avec cette enveloppe. Quand on pense à la circulaire sur le logiciel libre de l'ancien premier ministre qui n'a jamais été mise en application, l'Europe qui recommande l'utilisation du logiciel libre, et bien je pense que c'est mal barré, tout ceci ne restera qu'au rang d'intention.

Pessimiste ? Non, réaliste. L'état n'aidera pas le logiciel libre, l'état ne mettra pas en place les moyens qu'il n'a pas pour faire une vraie politique logiciel avec un OS et des logiciels indépendants, l'état est tellement à court de fric qu'il prend 83 millions d'euros et dit merci. L'éthique dans notre monde capitaliste ne fonctionne pas dans une économie à cette échelle et je crois qu'il faut se faire une raison, viser au niveau national pour du libre, viser les grandes institutions, ratisser large, c'est s'opposer à des entreprises qui ont des moyens que nous n'avons pas.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas annoncé la fin du monde, on pourrait me citer l'exemple de Xiaomi qui va produire des ordinateurs portables Linux ou encore les Steam Machines qui arrivent avec SteamOS dessus, même materiel.net y va de sa machine à 800 €, avec du Linux ce qui est quand même franchement courageux. Pour le premier j'attends avec curiosité de voir ce que va proposer Xiaomi, s'il jette un Ubuntu sans préparation, sans customisation, sans application spécifique ça n'ira pas bien loin, Xiaomi va-t-il se transformer en acteur du libre ? Pour le second, quand je vois une machine annoncée à 800 € et qui devrait être disponible dans la semaine, je dois reconnaître que je marque mon incompréhension économique en un écran et demi

Moins d'un cinquième de ma collection accessible, quelques AAA, dans l'ensemble on reste sur du jeu de seconde zone, par quel miracle on va réussir à faire débourser 800 € à un gamer pour qu'il ne puisse pas profiter de l'intégralité de sa collection, quand à ce prix là il se paye deux PS4 ou un PC de compétition sous Windows, je suis vraiment étonné. Comme je pense, je l'avais écrit dans la veille, Linux c'est la Russie des géants de l'informatique, dès qu'un gars veut se lancer, il s'y casse les dents, Napoléon devait être certainement Linuxien. A moins d'une véritable surprise de folie, je ne vois pas comment Valve peut inverser la vapeur, Steam, vapeur, quel humour ce Cyrille, et pourtant il y a là un énorme coup à jouer qui pourrait déstabiliser Microsoft qui a dû mal à séduire avec Windows 10 au point que certains constructeurs proposent un retour en arrière.

On a donc de toute évidence une difficulté, le grand plan de domination mondial pour le grand public n'est pas arrivé, entre les acteurs d'un côté qui ne sont quand même pas vraiment au point et des états de l'autre qui ne sont pas vraiment clairs avec une volonté molle pour le logiciel libre qui s'effrite à la moindre perspective d'un gros chèque.

Linux et le logiciel libre ça se rapproche de plus en plus de l'écologie. On a conscience du problème, malheureusement on n'a pas l'organisation pour sauver le monde ni les moyens face aux géants de l'industrie qui réussissent encore à vendre en toute impunité des cigarettes dans un monde qu'on veut de plus en plus sain avec d'indispensables objets connectés qui vont vous scanner mais qui ne vous conseilleront certainement pas d'arrêter de fumer. Utiliser Linux c'est comme avoir des toilettes sèches à son domicile, c'est contraignant, il y a un côté artisanal mais on sait qu'on fait économiser de l'eau à la planète, qu'on lui fait du bien. On pourrait pousser d'ailleurs l'analogie au fait que d'avoir des toilettes sèches n'empêche pas d'utiliser les toilettes traditionnelles car quand il faut, il faut. D'ailleurs je suis persuadé que les écolos convaincus, les plus durs, se retiennent en cas de besoin ou trouve une alternative pour ne pas avoir à tirer la chasse quelle que soit les circonstances.

Faute d'un plan de domination mondial, comme l'écologie, il faut accepter de jouer la carte de la différence et pour cela il faut en avoir envie et être informé. Si on voit régulièrement des articles qui expliquent que faire pipi sous la douche pourrait faire des économies considérables, on voit beaucoup moins d'articles quant aux alternatives aux GAFA, aux logiciels propriétaires, au gratuit de façon générale. Hier une collègue m'explique qu'elle a perdu des photos sur sa carte SD, je n'ai même pas eu le temps de l'aider qu'elle avait déjà payé 40 € un logiciel qui ne lui a rien récupéré et qui a l'air d'être un malware. Je lui ai installé Recuva, pas libre mais gratuit, l'affaire était pliée.

Je n'ai plus envie de convaincre, je pense que ça ne sert à rien, c'est d'ailleurs un coup à s'attirer du travail ou des problèmes supplémentaires pour des gens qui ne comprennent pas ma démarche, je me contente de montrer qu'on peut faire autrement en vivant moi-même autrement. Si les gens ont envie de regarder ailleurs, il leur suffit d'observer, s'ils sont contents de leur mode de vie, ce n'est pas à moi de leur expliquer comment ils doivent vivre.

Timbré

dimanche 8 novembre 2015 à 12:00

Moite von Lipwig est un escroc, un escroc qui va se faire pendre, la faute à pas de chance. Il faut dire qu'il en a escroqué du monde et pas qu'un peu, c'est un arnaqueur de première. Dès lors il est particulièrement surpris de voir qu'il n'est pas mort et qu'il se réveille dans le bureau du Patricien Véterini qui lui offre tout bonnement la place de ministre de la poste. La poste de Ankh n'est plus réellement ce qu'elle était, elle a été remplacée depuis pas mal de temps par les tours clic clac qu'on pourrait assimiler au télégraphe ou à l'internet. Seulement la société est tenue par des gens peu recommandables qui ont augmenté les tarifs pour un réseau qui tombe régulièrement en panne.

La poste est en ruine totale, avec des lettres qui n'ont pas été distribuées depuis plus de 50 ans mais c'est sans compter sur Moite von Lipwig qui va devenir l'élu, celui que les postiers attendaient pour renverser complètement la vapeur. Pour se faire, il va utiliser ce qu'il sait faire de mieux, le mensonge, l'escroquerie, les coups fourrés mais mis au service du bien.

Après un très bon régiment monstrueux, timbré est excellent, j'ai d'ailleurs vu qu'on l'avait adapté pour la télé. Pas vraiment étonnant, cet escroc qui va devenir un super héros, c'est de la fable à la Pratchett et on a vraiment tous les éléments, l'humour omniprésent bien sûr, un vrai super méchant, de l'aventure, et de la romance. Dans les bouquins de Pratchett, il y a toujours une dénonciation, et ici c'est fin, on aurait pu imaginer qu'un homme de lettres qui fait gagner la poste, un moyen vieillot contre un moyen moderne voudrait montrer que c'était mieux avant, ce n'est pas le cas. Il montre comment les requins de la finance se sont appropriés le moyen moderne pour en faire un truc de pourri, c'est la World Company qui est dénoncée ici. Moite von Lipwig qui est un David un peu particulier du fait de ses mauvaises habitudes au départ devient le pourfendeur du Goliath en bossant pour le service public, presque un discours de communiste.

Plus de trois cents pages d'une clarté exemplaire pour un Pratchett qui a parfois l'habitude de partir dans des délires qui n'amusent que lui, la construction est remarquable, l'intrigue très bonne, les personnages particulièrement attachants au point que Moite devienne un personnage récurrent puisqu'il semble qu'il est le héros d'au moins deux bouquins avant le décès de l'auteur.