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Le Blog de Cyrille BORNE

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Pas le droit à l'échec ou les vertus du désengagement

vendredi 18 décembre 2015 à 08:00

Dans les commentaires du billet d'hier, j'écrivais qu'en parallèle à la réparation de Lordi, je passais un ordinateur sous Handylinux, enfin j'essayais. Les mentalités ont changé mais pas à en faire un effet de masse, cela fait partie des choses à garder en tête. Un collègue me dit que ses parents ont un ordinateur acheté il y a deux ans sous Windows 8 qu'il l'a monté en Windows 10 et que ça rame comme c'est pas permis, il me demande un passage à Linux. Au lycée, je ne fais pas de prosélytisme, sur le net je ne fais plus de prosélytisme, j'utilise Linux pour moi, si on me le demande, j'installe Linux gratuitement. Néanmoins il y a quand même derrière tout ceci un paramètre auquel ni vous ni moi ne pensons quand nous acceptons, et si on n'y arrive pas ? Qu'est ce qui se passe en cas d'échec ?

Alors bien sûr vous me direz que nous sommes des kadors de l'informatique et que nous ne connaissons pas l'échec, mais imaginons que cela se produise, on fait quoi ? J'ai failli vous répondre car j'ai failli ne pas réussir à installer la machine qu'on m'a confiée. Il s'agit d'un ACER XC100, trop tard, j'aurai dû avertir à l'avance de sortir un sac à vomi. C'est une machine mal foutue, 1 To de disque dur, 4 Go de RAM et un processeur AMD complètement poussif cadencé à 1.6 Go, ce qui fait que paradoxalement, un Windows 10 va tourner mieux sur un E5200 vieux comme le monde que sur cet appareil de moins de deux ans. J'avais prévu d'installer Handylinux et j'ai eu de nombreux problèmes, dans un premier temps pour l'installation, et par multisystem, et par unetbootin, je suis passé par la commande dd pour réussir à faire passer l'iso. Il est à noter que je n'ai pas trouvé la procédure d'installation sur clé USB de Handylinux dans la doc officielle, soit elle est bien cachée, soit je suis un gros tâchon. La machine est classiquement protégée par le secure boot, mais dans une version plus pénible, voici la façon de désactiver qu'on peut trouver sur le site de Acer :

  1. Éteignez complètement votre ordinateur.
  2. Allumez le système. Dès l'affichage du premier logo à l'écran, appuyez immédiatement Supprimer pour accéder au BIOS.
  3. Utilisez la touche à flèche droite pour sélectionner Authentification.
  4. Avec marquage sur Secure Boot, appuyez Entrer et ensuite sur la touche flèchée vers le bas pour sélectionner Désactivé.
  5. Utilisez la touche à flèche droite pour sélectionner Options de Démarrage Boot .
  6. Avec marquage sur Lancer CSM appuyez, Entrer et utilisez la touche à flèche vers le bas pour sélectionner Toujours.
  7. Appuyez Entrer.
  8. Appuyer sur la touche F10 pour enregistrer les changements et redémarrer l'ordinateur

C'est la partie CSM que je ne connaissais pas. L'installation se déroule sans aucun problème et c'est au reboot que ça pose problème, pas de disque pour booter. J'ai retenté plusieurs fois et je suis tombé dans la facilité, j'ai collé une Xubuntu. Ce n'est pas formidable, mais en désespoir de cause, ça vous permet de vous sauver la mise surtout quand vous n'avez que quelques heures devant vous. On comptera environ 10 secondes pour avoir un lancement de Firefox, il me dira si c'est mieux que Windows 10 et si l'interface n'est pas trop perturbante. Le problème pour debian, donc pour Handylinux semble trouver sa solution sur le forum de debian-fr, un post de 2012 mais qui correspond exactement au problème que j'ai rencontré. Il aurait fallu que je creuse pour ma culture personnelle et pour faire la remonté d'anomalie, mais pas le temps, l'ordinateur est à rendre pour ce vendredi. Merci quand même Xubuntu pour le out of the box qui dépanne quand même souvent.

Qu'est ce que c'est mignon, et le jour où l'alimentation brûle on a trois fois le prix du PC à changer. Les acer se suivent et se ressemblent

A chaque fois que je donne un coup de main à quelqu'un, à chaque fois que je fais quelque chose, je donne comme accord tacite à la personne que je dépanne, la certitude que je vais faire le nécessaire, que tout va bien se passer. Par extension (de garantie), à partir du moment où j'ai réparé un ordinateur, que je suis intervenu dessus, on peut supposer que s'il arrive un problème dans les jours qui arrivent, les mois, pour certaines personnes que rien n'arrête, parfois même les années, je reste responsable de la machine. On pourrait penser que j'exagère mais quand on a vu que j'ai été sollicité pour un site internet réalisé il y a des années dans le Cantal, ou que des personnes se sont débrouillées pour m'appeler pour un ordinateur que j'avais réparé il y a quatre ans ou que j'avais conseillé d'acheter, on réalise que je ne suis même pas dans la surenchère. Avec une installation de Linux, on double la mise car on met la personne sur un système exotique ce qui rend le lien de dépendance plus important, on est paradoxalement moins ennuyé quand on met du Windows.

Les gens sont à cran avec l'informatique, et sont d'autant plus à cran car ils sont persuadés que vous avez toutes les réponses, que vous pouvez tout faire, que vous devez tout faire. On en revient à l'une des problématiques chroniques de ce blog, jusqu'où on va ? Jusqu'où on peut est ma réponse du moment, à une époque je vous aurais qu'il aurait fallu commencer par poser un cadre tarifé ce qui aurait largement facilité la cartographie pour se rendre compte que d'un coup on va aller beaucoup moins loin qu'avait prévu la personne demandeuse.

A l'heure actuelle, je ne peux pas aller bien loin, je ne veux pas aller bien loin. Plus on aide, plus on s'engage, c'est un principe de la vie, moins on en fait, moins la prise de risques est importante, selon le grand principe que seulement ceux qui ne font rien ne font pas d'erreur. Les gens de plus ne vous feront pas de cadeau, ce n'est pas parce que vous leur sauvez la mise aujourd'hui qu'ils toléreront une erreur demain. C'est à cause des exigences des autres, toujours plus importantes qu'il est impératif de choisir son positionnement par rapport à l'entraide, il faut non seulement jauger ceux qui vous demandent mais aussi jauger vos propres capacités, techniques bien sûr, mais humaines aussi, supporter la pression, l'urgence que vous imposent les gens n'est pas chose aisée.

Cyrille BORNE à l'époque où il était engagé

Lordi en fin 2015, toujours pas ça

jeudi 17 décembre 2015 à 11:00

Nous sommes jeudi et je me suis transformé en fontaine de morve avec les courbatures et la grosse fatigue qui vont avec. On reconnaît là un métabolisme de travailleur qui va s'arrêter de fonctionner pile poil pour le premier jour des vacances, il faudra que je tienne la journée de demain pour m'effondrer samedi, pour l'heure je dois tenir aux produits dopants, doliprane tu es mon ami. La vie est ainsi faite, cette journée à la maison, cette journée de repos, ne sera pas consacrée à jouer à la console, mais à réparer quelques ordinateurs.

La première machine est un Lordi dans sa version 2014, c'est à dire un HP Beats X360. Il s'agit d'une machine transformable en tablette, livrée sous Windows 8.1. Dalle fendue, un classique, l'ordinateur est tellement vérolé qu'il n'est même plus capable de se connecter à internet. Pas évident à réparer de plus, le HP a tendance à ne pas s'éteindre réellement pour permettre un démarrage super rapide, si bien qu'on a l'impression qu'il est toujours en veille mais jamais éteint, la procédure de "sauvetage" qui devrait apparaître en appuyant sur F11 n'apparaît pas vraiment, j'ai dû passer trente minutes pour y avoir accès. J'ai tenté le point de restauration sans succès, quelques antivirus pour voir si ça arrangeait les choses, sans succès, c'est donc la réinitialisation des paramètres d'usine, pour l'heure je le passe en Windows 10. On ne peut que faire une parenthèse Linuxienne, en se disant quand même que le système d'exploitation de la banquise aurait quand même résolu pas mal de problèmes du côté software. Même si on a une pléthore de logiciels pédagogiques qui ne sont certainement pas disponibles pour Linux, les grands usages, ceux d'ailleurs qui sont demandés par les enseignants, le web, la suite bureautique, on aurait pu largement les faire avec le manchot, un raté éducatif de plus qui montre qu'on ne connaît pas le gosse de 2015, fin de la parenthèse.

Mon collègue d'informatique, big Apple, enseigne sur toutes les grandes classes si bien que comme désormais l'intégralité des élèves est en possession de Lordi de la région, il donne du travail à la maison partant du principe que chaque élève a son ordinateur. Sur le papier c'est le cas, mais dans le match, c'est totalement différent : ordinateur perdu, cassé, volé, vérolé, tombé en panne, il faudrait que je lui demande de faire une petite étude à renvoyer à la région, à un instant t, qui possède son ordinateur en parfait état de marche. Forcément si on donne un devoir et que l'ordinateur est "indisponible", on peut se retrouver avec des élèves qui ne peuvent pas faire le travail, ce qui est faux, nous avons toujours des ordinateurs disponibles au lycée mais cela reste un argument que des parents d'élèves ont présenté pour justifier d'un travail non fait. J'ai trouvé sa formulation intéressante, il part du principe qu'il est comme le prof de sport, c'est à dire que s'il n'a pas de certificat médical, ici un document attestant que l'ordinateur est en réparation, il ne dispense pas de son travail.

La masse d'ordinateurs qui n'est pas en état est conséquente et cela traduit énormément de choses. Les élèves n'ont pas de respect pour ces ordinateurs, ordinateurs laissés au milieu d'une pièce parfois c'est nous mêmes qui les rendons parfois à un élève une semaine après. Les élèves ne savent pas utiliser des ordinateurs, ça nous le savons déjà et à l'instar des adultes qui reproduisent exactement le même schéma, ne font pas la distinction entre un ordinateur de loisir et un ordinateur de travail, si bien qu'ils considèrent qu'ils peuvent installer tout et n'importe quoi dessus. Les enfants ne sont pas les seuls coupables, si le corps enseignant poussait à l'utilisation de l'ordinateur dans toutes les matières, l'usage créant le besoin entraînant le souci de conservation de la machine en l'état, on aurait peut être un parc en meilleur état. Je défendrai toutefois ma profession, en disant tout simplement que nous n'avons pas été associé à Lordi si bien que nous ne savons pas ce qu'il y a vraiment dessus, nous vivons au gré des réformes, des changements, pas que dans les textes de loi mais de la société, ce qui fait que nous sommes en première ligne pour prendre de plein fouet cette jeunesse qui n'est pas la même qu'il y a quinze ans et qui dans cinq ans aura encore changée. Nous devons tout intégrer dans nos pédagogies, l'informatique, la différenciation, et j'en passe. J'apprenais qu'on aurait bientôt une nouvelle réforme du DNB, l'examen qui emmerde tout le monde, alors qu'on s'attendait à une disparition ou à une très noble intégration dans le contrôle continu, on s'oriente certainement vers un examen de type BAC avec encore plus d'épreuves, nous sommes actuellement en pleine réforme du CAP, il n'y a pas si longtemps c'était le BAC PRO trois ans ...

Il risque d'y avoir tout de même pas mal de changement, une réforme de plus qui va concerner Lordi, la fusion des régions Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon, dans les noms possibles, l'Occitanie ce qui serait un bon choix, ça fera des panneaux plus courts. Alors qu'en Languedoc, l'ordinateur est donné aux enfants, en Midi-Pyrénées la démarche est différente, on propose aux familles un ordinateur en fonction des revenus. D'un côté c'est bien, car cela sous-entend que les gens les plus démunis peuvent avoir un ordinateur à faible coût, que les gens les plus riches qui ont souvent acheté un ordinateur à leurs enfants n'ont pas une machine de plus à la maison dont ils ne font rien, on est donc face à un système plus responsable économiquement et peut être écologiquement. Au niveau de la gestion du parc c'est différent, les machines ne sont pas homogènes, les gens qui fournissent leur machine en sont responsables. Je pense que la version de Midi-Pyrénées est quand même plus intéressante car elle responsabilise plus, d'un point de vue psychologique, les enseignants auront aussi moins de culpabilité à se retrouver face à un ordinateur qu'ils se sentent dans l'obligation d'utiliser alors qu'ils n'ont rien demandé.

La problématique de l'informatique reste complexe, mon vécu, mon quotidien, illustre une partie du problème, je sais que dans d'autres établissements, les Lordi sont utilisés de façon naturelle et que tout se passe très bien. Je reste pour ma part très dubitatif quant à ces opérations régionales, sans lien avec les enseignants, le nombre d'heures d'informatique en classe trop faible, la complexité de l'utilisation de l'ordinateur dans une prise de note quotidienne notamment dans les matières scientifiques trop complexe, je ne pense pas que le Lordi 24/24 se justifie, vouloir mettre du progrès partout n'est pas nécessairement judicieux.

Une aventure rocambolesque de Manu Larcenet ou c'est quand même franchement l'histoire qu'on assassine

jeudi 17 décembre 2015 à 09:00

Manu Larcenet est quand même un homme avec un univers étonnant. Capable de faire l'une des plus belles tranches de vie de la bande dessinée française, il est aussi un grand maître de l'humour absurde comme ses collègues Sfar ou Trondheim. Une aventure rocambolesque, est une série qui va prendre un personnage célèbre ou plutôt sa caricature et le plonger dans un univers dans lequel on ne l'attend pas. Le premier tome démarre avec Freud qui accompagné de son fidèle Igor quitte la vieille Europe pour aller psychanalyser des cowboys, mission difficile les victimes sont trop traumatisées, les bourreaux sont trop mauvais, pour un peuple qui ne semble être que composé de bourreaux et de victimes. Il va croiser la route d'un chien qui parle en cavale, animal persuadé que s'il avait une âme, tous ses problèmes avec les hommes seraient résolus. Le personnage en fait des tonnes, il demande à tout le monde de lui parler de sa mère et essayer d'allonger les gens sur un divan, c'est très drôle.

Dans le deuxième opus c'est Vincent Van Gogh qu'on retrouve, on le pensait mort mais il est en pleine forme en 1914. Les généraux trop éloignés du front, veulent saisir ce qu'est la guerre et c'est pour cela qu'ils envoient le peintre qui en a marre de se faire critiquer pour l'excès de jaune qu'il serait amené à mettre dans ses toiles. Le personnage de Van Gogh est très amusant, Larcenet a choisi d'en faire le croisement d'un warrior et d'un peintre un peu fou, avec une fascination pour la déstructuration et le jaune. Au fur et à mesure que les tableaux arrivent, les généraux envoient de plus en plus loin le peintre dans la bataille, c'est pas du Tardi mais c'est bien trash quand même, une cinglante critique de la guerre.

Attila va mener sa dernière bataille, qu'il remporte sans effort. Maintenant que sa conquète du monde est fini, il ressent un grand vide, il n'a plus aucun but dans sa vie. Il rejette tout alors en bloc, son armée, son empire, tout pour se retrouver à vagabonder. Retrouvera-t-il un jour l'envie ?

Robin des bois a bien vieilli, au point d'avoir la maladie d'Alzheimer et d'être dans un univers contemporain, il vit dans la forêt de Rambouillet. Comme il est défaillant assez régulièrement, il lui arrive de tuer des touristes de passage, ce qui va l'amener à affronter le shérif de Nottingham, qui est un vrai shérif genre cowboy, mais aussi Lord Greystoke aka tarzan qui lui aussi a bien vieilli mais qui continue à se promener en peau de bête dans la forêt, un peu zoophile en plus. Toujours accompagné de son ami fidèle petit Jean, il retrouvera frère Tuck devenu pape ... Un bon gros délire.

Un homme entretient un cimetière gigantesque, il essaie de contacter sa hiérarchie désespérément mais en vain, les colis alimentaires ne lui parviennent plus, il se contente de manger des petits animaux qui passent. Un jour, il trouve dans sa maison le soldat inconnu, qui serait mort de façon théorique mais qui est bien vivant, ils décident de partir ensemble trouver d'autres personnes dans ce grand cimetière. Indéniablement l'album le moins réussi de la série, car il va trop loin dans le délire, au point d'être difficile à comprendre, pas réellement drôle, l'intrigue réside essentiellement dans l'énigme : est ce que le cimetière s'arrête, est ce qu'il y a d'autres personnes ?

Moitié de 2009, moitié de 2010, 100% achevez moi

mardi 15 décembre 2015 à 08:00

Et le grand serpent ailé dit à Cyrille BORNE :"avec ton marteau piqueur de la mort tu as creusé dans le cimetière indien de Saint Pierre la mer, et ce n'est pas la peine de prendre ton air ahuri, Pocahontas vivait à Saint Pierre. Pour cela, tu seras condamné à avoir un nouveau problème à chaque fois que tu auras résolu un problème". Dimanche matin, 500 mètres de voiture, le moteur se coupe ... putain d'indien. Alors bien sûr vous me ferez remarquer que cela ne s'est produit qu'une fois, que ce matin j'avais bien tort de stresser sur l'autoroute même si sur les moteurs HDI 1.6 de chez Peugeot ou de Citroën, le boîtier BSM semble être une panne récurrente pour une réparation de 80 à 400 €. Je retrouve le chèque, un nouveau problème apparaît, non j'ai vraiment dû faire quelque chose d'horrible dans une vie antérieure.

Le serpent à plume de Saint-Pierre, divinité locale chez les indiens du sud de la France

Je crois que j'ai dû commettre un crime dans un vie antérieure, pas vraiment besoin d'aller chercher si loin en fin de compte, il suffit de se plonger dans cette période de la moitié de 2009 à la moitié de 2010. A cette époque je suis totalement séduit par la philosophie du logiciel libre et je me radicalise, presque au point d'apprécier la pensée profonde de RMS. Curieusement, à cette époque, c'est un discours qui ne passe pas, je ne sais pas si c'est un discours qui est déjà réellement passé d'ailleurs. De l'autre côté je continue à avoir des problèmes de distributions Linux, je dois changer de carte graphique et j'opte pour une Radeon, aucune distribution n'arrive à gérer correctement la carte. On me voit quand même à l'époque de plus en plus clairement me positionner et vers debian, et vers Ubuntu, les prémices, aujourd'hui je ne suis que sur Debian.

L'idée la plus stupide c'est ma participation en tant que modérateur puis d'administrateur du planet-libre avec Fred et Christophe. On connaît mon côté rigolo dans mes textes, mais on sait en fait que tout ceci ne fait que cacher les textes d'un gros facho qui a des idées arrêtées sur un tas de choses. Alors forcément les posts kikou lol du premier avril, ça passe pas, des gens que je considère qui se font de la pub personnelle ou pour de la presse ça ne passe pas, des textes de trois lignes ça ne passe pas, des textes qui ne font que remettre une même info qu'on a déjà vu dix fois, ça ne passe bien sûr pas. Il faut se remettre dans le contexte de l'époque, nous sommes dans une période d'euphorie Linuxienne. Chaque nouvelle version de logiciel, de distribution et notamment Ubuntu où chacun espère que la version qui arrive va corriger les bugs de la version précédente et reconnaître davantage de matériel, c'est 20 annonces sur le planet quand aujourd'hui tout le monde s'en fout.

Cyrille BORNE alors modérateur du planet-libre et même administrateur

Forcément à jouer les juges, les flics, on finit par s'attirer les foudres de pas mal de gens. Je réalise à travers mes textes que tout ceci est vecteur de stress, de justifications, de débats totalement stériles et surtout totalement inintéressants, j'ai évacué pas mal de textes de l'époque. Précurseur en 2010, je ferme les commentaires du blog car je sature de batailler dans tous les sens. Cette action entraînera des réactions d'une rare virulence, alors qu'aujourd'hui un blogueur qui ferme ses commentaires, qui les modère dans tous les sens c'est considéré comme une stratégie, une décision normale. Mais à l'époque c'était contre-nature, il paraissait totalement légitime de pouvoir répondre, on m'avait même invité à passer à un moteur statique ...

Je quitte alors toute responsabilité au niveau du planet-libre, je commence à revenir sur la notion de liberté absolue et de pragmatisme, je commence à ce moment là à réaliser qu'il serait temps de s'isoler un peu. L'expérience de blog-libre nous montre que cela ne m'a pas servi de leçon, je crois qu'à l'approche de 2016, je suis clairement vacciné contre ce genre de conneries.

Deux événements sans lien dans cette tranche d'histoire : la grippe A et cette atmosphère anxiogène liée à la montée en puissance des réseaux sociaux, on commence à flipper sévèrement et penser qu'on va tous mourir. L'ipcop de mon établissement tombe en carafe et le matériel acheté est trop récent pour supporter le si vieux noyau présent à l'époque, si bien que je tourne ma veste pour passer à ipfire. Preuve parfois que tourner sa veste peut être une nécessité, c'était le cas à l'époque.

Astérix et Obélix par Conrad et Ferry

lundi 14 décembre 2015 à 14:00

Je n'avais pas encore lu les deux derniers albums d'Astérix, j'en étais resté à cette véritable catastrophe, le ciel lui tombe sur la tête où Uderzo se tape un délire pour dénoncer le manga et le comics face à la bande dessinée française. La période Uderzo pour ma part n'a jamais été mémorable mais elle avait au moins le mérite de ne pas faire office de trahison jusqu'à cet album, je pense que le changement d'auteur était une nécessité quoi qu'il arrive. Au niveau du travail réalisé par Conrad pour le dessin, il n'y a absolument rien à dire, c'est du "copier coller", si d'habitude lorsqu'il y a reprise, on voit la différence, une différence souvent voulue par l'auteur pour montrer qu'il y injecte son propre style, je pense que les consignes vu l'importance du personnage, les enjeux financiers, c'était de reproduire à l'identique, le pari est largement réussi. Forcément quand on pense à Jean-Yves Ferry on pense au retour à la terre, à De Gaulle à la plage, on pense à un humour totalement absurde qui aura du mal à cadrer avec celui d'Astérix qui joue sur les jeux de mots, les situations anachroniques, alors pari réussi ?

Faire un Astérix sur le principe, ce n'est pas bien compliqué, on fait intervenir un personnage exotique, ici un picte c'est à dire un écossais, il faut donner un coup de main, et nos deux héros partent pour son village, découvre le pays, mettent une raclée à des romains et finissent autour d'un banquet. C'est exactement la trame d'Astérix chez les pictes, où nos deux héros découvrent un jeune homme amené à être roi qui a été jeté à la rivière par son rival et qui est récupéré en glaçon au village Gaulois. Pas forcément une riche idée de le baser sur l'Écosse, car si chez les bretons on avait droit au rugby, aux Beatles, à Londres, au thé, à part les pierres aux inscriptions bizarres, le lancer de poteaux et le monstre du Loch Ness dont on use et on abuse, les situations ne sont pas franchement propices aux plaisanteries. Pas extraordinaire mais pas traumatisant non plus, l'album fait le job, on sent un Ferry qui n'ose pas trop, prise de risque minimale, un peu comme si on disait à un type que demain il va restaurer la Joconde, je pense que quel que soit le niveau du professionnel, il y a des choses où l'on ne doit pas se sentir trop à l'aise quand on doit s'y attaquer.

Le payrus de César est largement plus réussi et permet à l'auteur de pleinement s'épanouir. César va faire paraître la guerre des Gaulle dans lequel on raconte qu'il a conquis toute la Gaulle sauf un village d'irréductibles Gaulois. Il se trouve que son conseiller l'invite à faire disparaître cette partie de l'histoire, considérant que les Gaulois sont illettrés et qu'ils n'y verront que du feu. La faute à pas de chance, un petit Gaulois qui représente la presse libre, réussit à récupérer ce parchemin et va vers le village des irréductibles afin de faire éclater la vérité. Panoramix ne croyant pas aux écrits va partir dans la forêt des Druides pour retrouver son maître qui maintient tout le savoir par tradition orale et lui faire apprendre ce morceau d'histoire qu'on voudrait faire disparaître. On s'amuse beaucoup ici et on nous amuse beaucoup avec les communications, les pigeons voyageurs en illimités par exemple qui lorsqu'il se prend un bateau pirate, ça s'appelle du piratage, pour un récit plus détendu, plus drôle qui n'a rien à envier au travail que pouvaient faire Uderzo et Goscinny avec en plus l'empreinte de Ferry qui va plus s'amuser sur les situations que sur les lieux.

Astérix ne disparaîtra donc pas avec son auteur comme ça aurait pu être le cas, c'est une bonne nouvelle, le petit Gaulois et son gros copain étant dans de bonnes mains pour poursuivre leurs aventures.