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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Quelques Live

mercredi 23 décembre 2015 à 16:00

Ma mère quand j'étais gamin trouvait toujours insupportable que je fasse deux choses à la fois, jouer aux Légo et regarder la télévision en même temps, faire mes devoirs en musique, j'étais un précurseur, c'est mon nouveau nom de super héros, le précurseur, sur les générations qui font douze trucs en même temps. En remettant au complet, à 1000 articles, mais qu'est ce que 1000 articles me direz vous, la bdd, je l'ai fait en musique et en, vidéo.

Démarrage tranquille avec Danakil, le live au cabaret sauvage de 2008. J'aime bien Danakil, c'est du reggae tranquille et francophone, assez chantant même s'ils ont fait un album de dub. J'aurai tendance à dire que c'est du reggae variété, sans être péjoratif, j'entends par là qu'il y a le souci d'être audible et entrainant, pas des titres qui durent 14 minutes où l'on s'endort pour réaliser que le titre suivant de 17 minutes est quasi à l'identique. Pas que la musique que j'aime bien, ils ont monté leur label de production et sont indépendants, ils utilisent les réseaux sociaux, ça fait vraiment les gars qui bossent et qui contournent le système. J'avais acheté un album, des stickers, des dédicaces, des bonus, c'est du bon business. Le concert en lui-même est "décevant" comprenez qu'il n'y a aucune différence d'interprétation entre la version live et la version album ce qui n'invite pas réellement à regarder. A noter la participation de Général Levy qu'on entend chanter dans la chanson incredible tirée de la bande originale de Ali G, un film que je ne peux que vous inviter à regarder

Dans la même veine, Patrice en concert à Paris (Raw & Uncut), un live de 2006. Patrice est un chanteur pop / reggae allemand qui lui aussi fait des titres particulièrement chantants et qui de plus a la capacité de débiter comme un rappeur, on ne s'étonnera pas de l'avoir entendu chanter avec le Saïan Supa Crew dont j'attends toujours le retour. L'une des forces de Patrice c'est sa voix, le charisme du gars, dès la première chanson Change Today, on est captivé. Le bonhomme a de plus des chansons franchement pêchues, le mec est culotté, maîtrise son corps, il fait danser la foule tranquillement, joue avec le public avec une facilité déconcertante, on a une véritable osmose dans la salle entre les spectateurs et le chanteur. Il rentre pour moi dans la catégorie des Keziah Jones en version junior, c'est à dire des grands maîtres de je suis tout seul devant la foule avec ma guitare et vous êtes en mon pouvoir, ils ne sont pas si nombreux à être capables de le faire sans artifice, c'est un jedi en la matière. Ci-dessous Soulstorm, je n'ai pas trouvé la version correspondante au concert mais ça illustre un peu ce que je veux dire, vous vous mettrez à danser derrière votre écran sans vous en rendre compte, car vous êtes en son pouvoir.

Dans un univers totalement différent Orelsan. Fils de bonne famille, petit blanc, qui peut difficilement s'exprimer sur les quartiers, sur la misère, en étant fils d'enseignant, il dénonce d'autres choses en rappant, ces relations avec les femmes notamment qui l'ont conduites aux tribunaux. Je n'irai pas polémiquer ou débattre, mais force est de constater que l'invitation à la violence, il vaut mieux la faire avec des clips vidéos bardés d'armes à feu dans les cités que dans les textes, on prend finalement moins de risque. Orelsan est un vrai provocateur, avec des chansons qui sont souvent drôles, mauvaise idée par exemple où il évoque un ensemble des mauvaises idées à ne pas avoir (porter le maillot du PSG sur la Canebière), il fait un rap à l'ancienne avec des références à Ovomaltine, le tatou, le tamtam, et des chansons plus introspectives, où il évoque clairement les problèmes de la célébrité, de la solitude, de l'éloignement de la normalité, son infidélité, sa fragilité. C'est un véritable univers, et pour ça, le rappeur est intéressant. Que dire du concert, plutôt du spectacle. Énorme machinerie, des costumes, un véritable orchestre avec des musiciens qui déchirent, des invités avec Disiz la peste sur un morceau ce qui donne une caution rap, l'intervention de Kyan Khojandi qui vient faire du violent, l'armure de chevalier du zodiaque sur le morceau ils sont cools par exemple. Je vais être vachard, mais j'aurai tendance à penser qu'une telle débauche d'effets est faite pour dissimuler la faiblesse dans la voix, c'est souvent faux, très faux, ça manque largement de flow et c'est assez impardonnable pour un rappeur. Alors effectivement c'est 2h15 d'un énorme show, mais on ne peut quand même s'empêcher de penser que c'est pas formidable en terme de performance.

Le dernier concert que j'avais regardé d'I AM c'était le concert des 20 ans aux pyramides, et c'était une véritable catastrophe. Le concert était mou, NTM faisait son retour au même moment avec une énergie incroyable, pulvérisant tout sur son passage. En 2014, I AM a donné un concert intimiste pour ARTE, et on y trouve un concert sans enjeu où l'on sent du plaisir partagé pour tout le monde. J'évoquais la voix défaillante d'Orelsan, force est de constater que le flow de Shuriken et d'Akhénathon est quant à lui totalement inflexible malgré les années. Le groupe a l'intelligence de reprendre les gros titres, troisième album surtout, pas nés sous la même étoile, l'empire du côté obscur, la saga, mais aussi des chansons des albums individuels comme un samouraï ou les bad boys de Marseille et l'incontournable Mia. En une heure, le groupe montre qu'effectivement quand la jeunesse arrive, eux ils y reviennent, on reste partagé entre la performance et les regrets de ce groupe qui a gâché son rap.

Transition toute faite avec Manu Chao et son concert Radio Bemba de 2001, ce qui nous ne rajeunit pas. Pourquoi transition avec le groupe I AM alors que les styles musicaux sont totalement différents ? Tout simplement parce que Manu Chao tourne depuis 20 ans avec les mêmes chansons et semble encore remplir les salles c'est ce qu'aurait dû faire I AM en s'arrêtant avec l'école du Micro d'Argent. En 2001, Manu Chao a déjà pris son tournant loin du punk qu'il pouvait offrir avec la Mano Négra et offre une musique plus accessible et surtout particulièrement chantante avec des textes majoritairement en espagnol. Il n'empêche que le concert est particulièrement énervé avec des rythmes très rapides, une parfaite illustration du rock festif. De tous les concerts que je viens de citer c'est certainement le plus "simple". Quelques pauvres éclairages, une caméra qui ne met rien en valeur et pourtant le public est déchaîné. Les gars font un boulot complètement hallucinant. Si dans le cas de Patrice, on a le travail individuel, ici c'est un sport d'équipe, une dizaine de personnes sur la scène qui finissent à moitié à poil tellement ils suent, c'est le concert où les gars perdent dix kilos, ça se jette dans la scène, le public saute de façon frénétique, les filles tombent le haut, des gars commencent à faire des pogos, avec rien, on a une véritable démonstration de force des artistes ce qui nous rappelle qu'il ne faut pas grand chose pour faire de la musique.

 

La dichotomie

mardi 22 décembre 2015 à 16:30

En algorithmique, la dichotomie (« couper en deux » en grec) est une méthode qui consiste à diviser récursivement le problème à traiter en deux sous-problèmes, jusqu'à atteindre des problèmes simples qu'il est possible de résoudre directement. Il s'agit d'un cas particulier de la méthode diviser pour régner où le problème est toujours divisé en deux. Les algorithmes dichotomiques se prêtent naturellement à une écriture récursive, mais une approche impérative peut tout à fait être utilisée.

Que je traduirai globalement par ça :

Plus sérieusement et par observation des quelques années que je viens de parcourir, je crois qu'aujourd'hui j'ai réussi à trouver l'équilibre après être passé par des périodes extrêmes, en affinant au fur et à mesure des années. Pour exemple, j'ai durant ma jeunesse possédé des intégrales de logiciels piratés comme 3D Studio Max ou les adobe en pagaille pour faire une phase Stallmanienne où je regardais le nombre de paquets non libre que j'avais sur ma machine. Les années sont passées, j'ai 40 ans aujourd'hui et je pense que j'ai trouvé pour beaucoup de choses, une certaine forme d'équilibre.

La règle numéro 1 c'est certainement : la raison fait loi. On m'a raillé quand j'ai sorti un téléphone Windows, en pensant qu'il s'agissait d'une provocation de plus, j'anticipais simplement la fin de Firefox OS. A moins d'une alternative fonctionnelle libre, à un tarif raisonnable, je serai chez Microsoft pour ma téléphonie, celle de ma femme quand son smartphone qui n'est autre que le M'Pop que j'avais acheté à l'époque et un de ces quatre les enfants quand ils seront capables de gérer un smartphone. Les appareils Microsoft sont d'un rapport qualité prix intéressants, l'interface est plaisante, j'ai déjà un compte Microsoft du fait d'être lié à Office365 au boulot, ou d'avoir une XboX 360, si bien que je n'ai pas besoin de me "corrompre" avec un compte propriétaire de plus. De la même manière, je dois travailler avec Windows au lycée, je le fais, mais cela ne m'empêche pas d'être sous Linux et d'utiliser les logiciels libres. Je n'irai en aucun cas m'interposer face à ma hiérarchie, néanmoins si je peux faire rentrer du libre, mais pas seulement, du bon sens, je le ferai, c'est d'ailleurs déjà le cas, tout notre parc est composé de vieux ordinateurs fonctionnant avec comme client léger Debian pour se connecter à un serveur Windows.

La règle numéro 2 : vivre avec de l'occasion et du recyclage au plus. Je lisais Jérome-Baptiste qui s'interrogeait sur la possibilité d'acheter des jouets d'occasion pour les gosses, ça fait un moment que nous avons franchi le cap, mon fils surtout. Samuel aka main innocente possède une Xbox 360, une Wii, une PS3 que nous partageons et un vieil ordinateur avec lequel il joue à Minecraft. A Noël, il veut de l'argent car il sait tout simplement qu'avec le bon coin il fera de meilleures affaires. Il évoquait que ses collègues jouaient à des jeux de PS3 sur leur PS4 payées au prix fort et que finalement la différence entre les graphismes étaient minimes. De ne plus renouveler mon matériel informatique de façon régulière alors qu'avant c'était tous les deux ans, me règle de façon définitive tous les problèmes que je pourrais rencontrer avec Debian en terme de reconnaissance matérielle. A part quelques utilisations spécifiques, je ne mets désormais que du debian / handylinux sur les postes, en désespoir de cause comme ça peut m'arriver, Xubuntu. Je rajouterai enfin que du fait de n'utiliser mon ordinateur que pour "travailler", je n'ai plus de contrainte quant à du hardware performant, les cartes vidéos, qui sont un véritable enfer à gérer sous Linux pour les pilotes. Jouer sur la génération "old gen" me permet de jouer à moins cher et de réaliser des économies. Cette année à part le téléphone et le orangepi, je n'ai acheté aucun matériel informatique si ce n'est l'ordinateur pour la petite, une bonne occasion à pas cher.

Règle numéro 3 : simplicité et maîtrise. Avec la vie que je mène, même si ça va se tasser car finalement la fin des travaux approches tout comme la fin de cette première année scolaire dans mon nouvel établissement, je suis forcé d'aller à l'essentiel. Debian que je cite plus haut est un exemple, j'aurai du mal compte tenu de mon besoin à justifier l'utilité d'une rolling release. Aucune évolution logiciel à l'heure actuelle que je ne trouverai pas dans les backports ou qui me pousserait à compiler. Il est à noter de plus que le passage d'une partie des logiciels dans le cloud, Rainloop pour exemple pour les mails ou kriss feed me permet de monter facilement dans les numéros de version. Maîtrise, Ipfire à la maison, 5 ans d'utilisation, c'est une solution parfaitement maîtrisée si bien que j'ai tendance à la trouver simple. On pourra certainement m'expliquer qu'on peut faire mieux, mais cela fait désormais partie des sirènes auxquelles je me refuse de céder.

Règle 4, la dernière : se connaître, ses qualités, ses forces et ses faiblesses. A l'heure actuelle si je devais citer mes plus grandes faiblesses, c'est mon manque d'implication, de concrétisation des projets, de tenir sur le long terme à part ce blog. Paradoxalement l'une de mes forces c'est ma pugnacité, je tiens ce blog solidement et sans discontinuer depuis des années malgré des épreuves de vie qui occupent (sainement). Je suis bon pour bloguer, je pense que je ne suis pas bon pour grand chose d'autre, par le fait, dans ces périodes de vache maigre où tout le monde en est à l'abandon, il vaut mieux se focaliser sur ce qu'on sait faire de bien, de mieux. J'avais raconté ma rencontre avec Stéphane aux vacances de la Toussaint, j'ai une dizaine d'ordinateurs que je comptais revaloriser pour les donner dans des écoles, des personnes défavorisées, je n'en ai fait aucun. Pas le temps c'est un mauvais prétexte, j'ai eu le temps pour faire d'autres choses, je n'ai pas pris le temps de m'en occuper. Stéphane m'écrit hier pour me signifier que son entreprise déménage et qu'il craint de ne pas pouvoir récupérer le matériel. En quelques mails je le mets en relation avec l'association Montpel-libre qui a un partenariat avec Emmaus. Comme j'envoie des mails à plein de gens, j'ai Patrick d'Emmabuntus qui me raconte qu'il était à Narbonne il y a quelques jours pour livrer 4 ordinateurs pour une épicerie associative. Il y a des gens qui savent faire, qui ont des réseaux, qui sont bien meilleurs que moi à ce jeu là, il faut que je fasse un effort pour me rapprocher d'eux plutôt que de m'user tout seul dans mon coin.

40 ans d'essais dans un sens ou dans son extrême, je crois que maintenant il devient urgent de trouver, on va essayer de s'y tenir. A suivre.

Mi demi 2012 - La fin de Blog Libre

mardi 22 décembre 2015 à 15:30

Je viens de me farcir l'intégralité de la bdd, j'arrive à 1760 billets, j'avais franchi le cap des 2500, j'ai dû en faire 300 dans l'année ce qui nous donne à la louche selon la calculatrice bornienne 1760-300=1460 billets soit grosso modo 1000 billets sont passés à la trappe. A la lecture de certains textes on sent qu'il manque quelque chose mais le gros est bien présent. Notre fil conducteur sera le grand n'importe quoi personnel : l'annuaire libre pour faire tomber framasoft et l'association avec terre des tux. Je me rends compte que toute ma démarche est liée à une volonté de bien faire, une volonté de réunir. A l'époque, la toile libre s'effrite de plus en plus rapidement, on rentre de plein fouet dans les problèmes de monétisation, dans l'omniprésence des réseaux sociaux, le libre est en train de disparaître, il faut réunir les acteurs. Les premières victimes sont indéniablement les forums généralistes, Linux pour les nuls par exemple, j'ai toujours maintenu un forum pour communiquer avec des gens que je connais depuis maintenant 15 ans, je reste persuadé que c'est un outil indispensable pour qui veut partager, bien plus que les réseaux sociaux. Nous sommes des tas de blogueurs éparpillés, et je me mets à penser que ce ne serait pas une mauvaise idée d'avoir au moins un terrain commun, un forum. Travailler avec moi n'est pas simple, c'est se plier à un rythme, un rythme qui n'était pas celui des administrateurs qui voulait monter un forum tranquille, quand moi je voulais réunir la blogosphère libre, c'est parti en sucette très rapidement. De l'autre côté, le représentant français c'est indéniablement Framasoft, ça l'est toujours, à cette époque on se rend compte que l'association continue à demander de l'argent pour son fonctionnement mais son annuaire est vieux, pas clair, et il fait pourtant encore office de porte d'entrée pour qui veut découvrir le logiciel libre. Donc à moi tout seul ou presque, je me lance dans la création d'un annuaire, qui prendra très rapidement l'eau quand je me rends compte de l'ampleur de la tâche.

la vision de la réunification par Cyrille BORNE ... J'ai dû certainement trop regarder de télé réalité

Pendant ce temps là le blog fonctionne très bien, c'est ce que je sais faire de mieux, pour ne pas dire la seule chose que je sais faire. J'ai échoué à maintes reprises dans les réunifications, et pourtant je suis persuadé, encore aujourd'hui d'ailleurs, qu'il faut que nous soyons tous à un même endroit. C'est plus facile pour tout, ça permet d'enrichir les contenus, à plusieurs on est forcément plus fort. La mort de Michel Eudes me fait me précipiter dans l'affaire pour un motif simple, si demain je meurs, tout ce que j'ai écrit finira par disparaître. L'avenir m'a donné raison d'ailleurs, le site de Michel n'existe plus, avec lui tous les tutoriaux qu'il a pu écrire et qui demeurent d'actualité. Wikipedia survivra parce que ce n'est pas le site d'une personne mais un travail collectif. Le problème c'est que cette vision précise que j'ai d'un blog collectif, est biaisée par le fait que je maintiens des écrits personnels comme je l'ai toujours fait et comme je le ferai toujours. Samedi 2 janvier, j'attaque le mur, je vous montrerai les photos, ce qu'on fait, je trouve que c'est aussi intéressant ou même plus que de compiler un noyau. Comment dès lors imposer aux intervenants de lâcher leurs opinions, leur vie, qu'ils exposaient déjà dans leurs blogs respectifs quand moi je continuerai sereinement. C'est ainsi que blog-libre est devenu non pas un blog centré sur le logiciel libre et par extension, une certaine façon de vivre qui passe par le bio, le do it yourself, mais un espace à temps partagé totalement illisible où chacun balance sans cohérence son opinion sans se poser de questions.

Les idées trop arrêtées des uns, les incompréhensions des autres qui se traduisent par des dissensions, les commentaires de plus en plus durs et une vie privée de plus en plus laborieuse avec la maison en travaux et les inondations, me font stopper l'aventure. 

Des regrets ? Oui. Si j'avais su, j'aurai été plus sérieux dans le bloguing, j'aurai continué à écrire seul, je n'aurai pas multiplié les bastons, les ouvertures et les fermetures de compte, tiens j'ai rouvert un compte diaspora, mais la vraie question, est-ce que j'aurai été capable de faire autrement ? De faire preuve de rigueur, de sérieux sur ce qui reste depuis tant d'années, mon espace de liberté d'expression ? Non, indéniablement.

Début 2011 - Mi 2012 : l'âge de raison

dimanche 20 décembre 2015 à 15:15

Je me soigne, sous-entendu je ne fais pas une semaine de 60 heures de travail et 400 kilomètres de voiture, je profite de la mauvaise météo pour ne pas cavaler et pour ne pas être dans le froid. Dimanche, c'est bien le dimanche, les administrations, les banques sont fermées, demain je dois reprendre les hostilités avec ma banque à qui je proposerai d'endosser le symbole de l'escargot quand certains visent l'écureuil. Lente à encaisser mon chèque, lente à me rembourser mon échéance injustement prélevée, lente à m'envoyer mon document d'attestation de fin de prêt, l'escargot, oui c'est bien choisi, la bave par contre c'est pour les clients qui ... en bavent. Un an et demi balayés du revers de la main, enfin du clavier, l'événement qui détermine tout c'est la mutation tant attendue dans l'Hérault, nous rentrons chez nous après être partis pendant 11 ans. Enfin rentrer chez nous c'est un bien grand mot, nous allons passer un an dans les Hauts Canton, la sybérie de l'Hérault, il y fait froid et il faut faire 20 km pour trouver un supermarché, l'intermarché de Bédarieux, ça envoie du rêve.

Nouveau lycée, je refais intégralement l'informatique avec des gens particulièrement enthousiastes qui accueillent Linux et les logiciels libres de façon très positive tout comme ils auraient accueilli des Commodore 64 pourvus que je les fasse marcher, la mise en place aura été particulièrement rapide avec des technologies que désormais je maîtrise sans problème, Ipfire et debian. Je n'aurai rencontré en fait que deux problèmes avec cette salle que j'administre encore à distance, le vol complet des ordinateurs aux vacances de la Toussaint qui m'obligent à tout recommencer, les pannes d'électricité récurrentes qui font du mal aux bornes Wifi. 120 gamins travaillent au quotidien sous Linux sans que je m'en occupe, on se dit quand même qu'il y a des choses à faire dans l'éducation. Le déménagement entraîne la fermeture de l'auto-entreprise, pas le choix, je ne trouve pas de clients, je sais d'ailleurs que je ne vais rester que 10 mois et il sera impossible de se reconstruire une clientèle. Je cesse, car après c'est la taxe professionnelle que j'aurai à payer renommée CFE, comme je l'ai dit, travailler c'est fait pour gagner de l'argent, ce n'est pas un hobby qui me permet de donner de l'argent à l'état.

Après avoir passé huit ans dans le Cantal, sans dire que je m'encroûtais parce que je travaillais énormément, j'avais des habitudes, un cadre connu, presque rassurant. Du jour au lendemain alors que je travaillais à côté de mon lycée, je me retrouve jeté sur les routes avec plus de deux heures de voiture par jour, des nouveaux collègues, des élèves "différents". Forcément dans ce genre de circonstances, tu vas à l'essentiel, c'est dans cette période où j'arrête profondément les bricolages, les initiatives, j'aurai envie de dire que c'était le début de la fin. Les billets sur mon âge, sur le ralentissement qui n'est pas qu'individuel mais bien collectif prennent de plus en plus de place, la mort du PC, les tablettes et les réseaux sociaux omniprésents montrent avec le recul comment en moins d'un an tout a été balayé, dont une bonne partie de la blogosphère. Comprenez qu'on était dans la période est ce que je dois continuer mon blog ou me déplacer vers les réseaux sociaux mais continuer à produire des contenus gratuits quoi qu'il arrive, alors qu'aujourd'hui, ce que nous découvrirons dans les années 2013 à nos jours, nous sommes dans la monétisation, la non participation, la désertion de l'internet participatif, ce fameux web 2.0 auquel j'avais cru.

Technologiquement si je puis dire, deux événements majeurs quand le reste n'était qu'une suite logique enclenchée dès 2010, la fin de Megaupload qui n'aura eu de majeur que l'acte en lui-même mais pas ses conséquences puisque la multiplication des sites de direct download n'a jamais cessée conformément à la théorie de l'hydre, l'annonce fracassante de Free sur le marché de la téléphonie où l'on réalise qu'on a réellement été pris pour des pigeons par nos opérateurs respectifs. A cette époque j'enchaîne les problèmes avec SFR et j'expose tout, comme j'ai pu le faire avec Sosh, preuve que je ne m'en sors jamais. Je serai contacté directement par une responsable de la marque, qui effarée par mes aventures prend mes dossiers en charge et me demande de participer à un forum spécial, ce que je décline. Dans cette période je tourne entre Xubuntu, LMDE Xfce, Fedora Xfce pour finir de façon quasi-définitive sous Debian, je sais que par la suite avec l'arrivée du brix mal reconnu par la version stable j'aurai fait un come back sous Xubuntu. Néanmoins s'affirment chez moi la domination du deb et surtout l'utilisation du bureau Xfce, que j'utilise toujours, le fameux Gnome castré. Unity pendant ce temps là continue de créer des "tensions", Gnome dans sa nouvelle mouture ne plaît pas à tout le monde, les forks ne sont pas encore arrivés, c'est pour bientôt.

La sensation d'ouvrir un livre d'histoire de l'informatique conjuguée à mon histoire personnelle est toujours aussi présente et c'est avec plaisir que je me relis surtout quand mon agréageur est à sec. La démarche de transposition de Wordpress vers Pluxml est particulièrement laborieuse mais je ne la regrette pas, se plonger dans le passé c'est mieux comprendre notre présent, et notre avenir, quand les historiens voudront comprendre pourquoi tout a tourné en sucette, ils viendront explorer mes récits et feront des "oh mon Dieu, nous aurions dû l'écouter", mais ce sera certainement trop tard, j'espère récupérer l'ordre national du mérite agricole à titre posthume.

De mi 2010 à Fin 2010 : simply beautiful

samedi 19 décembre 2015 à 08:30

Voilà, nous sommes en vacances, je tiens une crève carabinée, et je viens de clôturer l'année 2010 du blog. La fatigue dans cette période est récurrente, avec le mois de juin, il s'agit d'un des moments les plus difficiles de l'année. A cette époque, je n'ai pas eu ma mutation pour Clermont l'Hérault et c'est quelque chose que je vis particulièrement mal, les conditions de travail dans mon établissement du Cantal sont particulièrement mauvaises. En effet, avec un lycée agricole qui va de plus en plus mal, qui finit par tomber sous les 100 élèves ce qui est dérisoire, on vit dans le stress de la fermeture de l'école, on en fait donc 10 fois plus pour essayer d'inverser la vapeur. Je ne suis pas fonctionnaire mais contractuel de l'état, si mon lycée ferme, c'est soit le chômage, soit la Bretagne. Aujourd'hui dans un lycée beaucoup plus important, je suis à l'abri, mais il en faut tellement peu pour qu'un établissement se plante que je continue de toujours donner le maximum. Pas évident de faire comprendre à des gens qui n'ont jamais connu la merde, qu'il faut s'y préparer tout le temps. Parfois quand on me lit, on pourrait me qualifier de type pessimiste, mais en fait c'est autre chose, j'ai parfaitement intégré le fait que les choses pouvaient se passer mal, et en France force est de constater que ça se passe souvent mal, et pour moi force est de constater qu'effectivement ça se passe souvent mal.

Mais revenons en 2010. Donc j'ai les boules comme c'est pas permis, et la frustration me fait faire n'importe quoi, comme d'habitude. La première chose c'est l'auto-entreprise, qui n'était pas une mauvaise idée en soi. Les collègues de l'époque considèrent que faisant tellement d'informatique, je pouvais en faire un peu plus encore, si bien qu'ils me demandent d'intervenir sur les ordinateurs personnels. Il suffit de dire non mais c'est tout de suite moins évident quand on travaille au quotidien avec des personnes, et qu'accessoirement ils sont vos voisins. Avec du recul, c'est tout de même une mentalité Auvergnate, les gens n'osent pas dans le sud ou savent faire quelque chose en retour. Devenir auto-entrepreneur coupe la chique à tout le monde, car il y a un statut, comme on ne demande pas à un ami garagiste de réparer la voiture gratuitement. Aujourd'hui il serait difficile de se relancer, comme je lai écrit, mon secteur reste très particulier avec ses 1500 habitants à l'année et la pléthore de sociétés de Narbonne à Béziers, moi quatre jours par semaine où je ne vis pas sur place, l'envie n'y est pas non plus, je suis trop vieux pour me remettre dans ce genre d'activité.

Au niveau du blog, je suis toujours avec mes commentaires fermés, et je me lâche complètement, me réjouissant de la frustration des gens qui me lisent et qui ne peuvent me répondre que par mail loin de l'arène. Je me rends compte que cela aura été une réelle période de bonheur, j'en fais des tonnes, c'est drôle. Je sais d'ailleurs qu'après, quand j'ai réouvert, les commentaires ont été plus posés jusqu'à la fin du blog libre, où c'est quand même franchement parti en sucette. Noyé dans le travail, auto-entrepreneur à côté, j'ai la bonne idée de créer le planet-educalibre avec Christophe, histoire de s'en rajouter une couche supplémentaire. On sent quand même chez moi une obsession de la fédération, de la centralisation, cette idée persistante qui consiste à dire qu'à plusieurs on est certainement plus fort que tout seul, on voit ce que ça a donné. Il y a d'ailleurs dans un des articles de cette période, un dans lequel je décris qu'on sent un grand coup de calme collectif et qu'il serait temps de se rallier avant qu'il ne soit trop tard sous un même blog qu'on appellerait le manchot libéré. Le planet-educalibre c'était une bonne idée, faire une communauté pédagogique autour de la thématique du libre, ça n'a jamais pris, si on regarde le site aujourd'hui, Arnaud qui est très investi dans la pédagogie avec ses problèmes en vidéo notamment, n'a pas fait mieux, je préfère tout de même que les choses soient ainsi, j'ai tendance à flinguer ce qui ne fonctionne pas.

Pourquoi simply beautiful ? Parce que je trouve simplement merveilleux que de voir qu'en 2010, alors que je raconte n'importe quoi, j'ai soulevé tous les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui avec une lucidité assez extraordinaire. A cette époque tout commence à se précipiter et pas forcément dans le bon sens. J'invite Steve Ballmer à acheter Facebook car j'écris qu'il est en train de devenir le perdant face à Google et Apple, j'accueille l'interface Unity avec beaucoup de scepticisme, j'annonce la mort de Mandriva alors qu'elle n'est pas vraiment morte, le déplacement de la blogosphère vers les réseaux sociaux et bien d'autres événements encore comme la bataille Libreoffice / Openoffice

L'informatique de l'époque est en train de totalement changer pour ressembler à ce qu'on a aujourd'hui, un appauvrissement général, très loin de la diversité qu'il y avait encore à l'époque, cela va continuer pour se ramener à des offres uniques, tous les petits sont en train de mourir dans tous les domaines. Il serait malhonnête pour moi de cautionner le discours qu'ont certains, à savoir que jamais on a autant utilisé le logiciel libre, que le logiciel libre recrute, qu'il est implanté solidement dans le monde, c'est vrai, mais ce n'est pas le logiciel libre que j'utilise au quotidien, le logiciel libre grand public, ordinateur ou téléphone, qu'on espérait voir un jour débarquer en force dans le vrai monde, pas celui des barbus, mais celui des autres.

Trop fatigué pour chercher des solutions, je continue de mettre mes affaires en ordre, c'est une occupation parmi d'autres, il me reste encore 1200 billets à traiter, le blog en compte désormais 1103, nous étions à plus de 2500 à l'époque avec des gens qui écrivaient en plus de moi, nous verrons à combien j'arrive en tenant compte tout de même d'une année d'écriture en 2015.