PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Comment te dire que tout va bien si tout va mal ?

dimanche 23 février 2020 à 16:09

Le coup de l’hélicogate me fait franchement cogiter parce que c’est réellement l’air du temps. Souvenez-vous, dans une station de ski, le manque de neige est tellement important, qu’on finit par en transporter par hélicoptère. Seulement, l’hélicoptère pour de la neige, pour du loisir, mais sous-jacent, pour sauver l’emploi, dans des campagnes municipales où tout le monde crie haut et fort « pistes cyclables », ça fait désordre.

Dans les différents articles que j’ai pu lire, il y a effectivement prise de conscience que c’est mauvais pour l’écologie, pourtant, dans le fond, on s’en fout. On trouve des tonnes de justifications pour dire que ce n’est pas si dramatique, on dit que c’est facile de la part du gouvernement de dire que c’est pas bien quand on sort les avions privés pour tout déplacement. De toute façon et cela peut se comprendre, le poids de l’emploi local, face à l’écologie, il n’y a pas photo, mère nature ne fait pas le poids. L’écologie c’est dans toutes les têtes, mais lorsqu’il s’agit de la mettre en pratique, face au quotidien, le choix est fait. Il faut aussi reconnaître que de la part du gouvernement, la réponse n’est pas franchement terrible : yakafokon.

Je crois que le pire en fait c’est l’espoir de l’homme face à la catastrophe, certainement ce qui nous maintient encore en vie. L’homme est toujours persuadé qu’il y a toujours moyen, dans un des articles quelqu’un dit qu’il y aurait une technique chinoise pour faire de la neige à 3 degrés, on a du mal à s’avouer perdu d’avance et adapter la situation. Oui c’est mort, les glaciers fondent, je vous écris la fenêtre ouverte chez moi, il fait quasiment 20 degrés au mois de février, quelles que soient les politiques qui seront mises en place, le réchauffement climatique est tel qu’il faut sortir de cette perspective d’espoir. La seule façon de régler le problème, de le régler de façon drastique, c’est le pognon.

Attention, pas des flots de pognon utilisés n’importe comment comme pour faire un boulodrome à 1 million d’euros dans un village perdu. Du vrai pognon utilisé avec intelligence pour transformer l’intégralité des stations de ski française en autre chose. Des espaces verts, du grand air, on doit certainement pouvoir faire autre chose que de dévaler les pistes. Seulement ça nécessite des gens qui ont de l’idée, une connaissance du terrain, une vision sur le long terme en tenant compte du changement climatique et bien sûr du pognon.

Le pognon c’est le nerf de la guerre dans beaucoup de choses, Saint-Pierre la Mer n’y échappe pas. Il fait beau, les restaurants rouvrent, certains non, d’autres étaient déjà ouverts, au moins quatre restaurants à la vente. On a certains restaurants chez nous qui sont d’une autre époque, un peu comme les stations de ski. Des restaurants avec des terrasses gigantesques dans lesquels on peut accueillir un nombre de couverts très important. Je regardais l’un d’entre eux qui est de moins en moins rempli chaque année, et je peux donner quelques explications simples :

À Saint-Pierre il y a quelques années, le PMU du coin a été changé en bar glacier. Les gens qui ont repris l’affaire ont mis le pognon, tout a été changé pour passer d’un bar plus que vieillot à une entreprise moderne. Malin, les repreneurs ont coupé un bout d’intérieur parce que l’emplacement était trop grand. L’emplacement laissé est utilisé en location saisonnière, ce qui veut dire que c’est une manne financière supplémentaire. Les crêpes, glaces, et j’en passe sont excellentes, dans l’air du temps il y a même des parfums sans gluten. Les reprises à succès à Saint-Pierre, on les connaît, pas difficile de voir l’origine du succès. Les établissements sont refaits intégralement, on modernise l’ensemble, on change le service, on change tout et on privilégie l’accueil, le service, et la qualité.

Saint-Pierre doit assurer sa transition de la même manière que les stations de ski. Le tourisme de masse va perdurer, et nous héritons d’une clientèle fauchée qui dépense de moins en moins. Ne compter que sur la saison estivale, ne faire que du tourisme de masse de basse qualité, c’était avant, et les candidats qui se présentent à la municipalité l’ont bien compris, Saint-Pierre ne peut plus vivre que sur l’été, ça ne marche pas. Le changement de climat va certainement contribuer à favoriser cette transition pour en faire une station quatre saisons, comme les stations de ski. Lorsqu’on se retrouve au mois de février, en période de vacances, qu’il y a du monde et que la boulangerie est fermée, ce n’est bon pour personne. De la même manière, s’essayer à la marche dans la clape avec des chasseurs dans tous les coins, ce n’est pas bon pour le tourisme vert, comme l’art de vivre avec de la frite surgelée.

Ce qu’il est important de noter ici, c’est qu’il faut du pognon c’est certain, de l’idée, parce que l’argent sans idée c’est ce qu’on appelle les plans numériques dans l’éducation nationale, mais il faut aussi que les gens, les locaux, se prennent par la main sans forcément attendre l’aide de l’état. Si dans le cas d’une station de ski il est évident que la transition, les infrastructures ne pourront se faire sans l’aide de l’état mais aussi des banques qui doivent aider et favoriser les projets, par chez moi, le rôle de l’état est un peu ailleurs. Entretien des routes, création de services à l’année pour rendre attractif le coin, mais lorsqu’il s’agit d’une entreprise privée, c’est aux patrons de prendre leurs responsabilités.

Je crois que si dans le cas des stations de ski où le manque de neige fait réagir, certainement pas de la meilleure manière mais une réaction quand même, qu’à la mer, le chiffre d’affaires à la ramasse et des avis catastrophiques devraient faire réagir mais sans réaction jusqu’au dépôt de bilan, la véritable catastrophe c’est celle qu’on ne veut pas voir. Les 80% de médicaments fabriqués en Chine, vous savez le pays qui va bientôt se couper du monde à cause du virus de la mort qui tue. Il serait faux de dire qu’on ne sait pas, on sait, vous-mêmes avez pu vous retrouver confrontés au problème de médicaments, je ne vous le souhaite pas, l’exemple de cet homme malade d’un cancer et qui ne pouvait plus se soigner fait froid dans le dos. On pourrait aussi évoquer l’éducation nationale, le métier de l’enseignement, mais c’est un peu comme l’écologie, c’est plus difficilement palpable. Iceman nous donne un témoignage de plus, un témoignage qui en rappellera d’autres. Je vais me contenter de condenser deux phrases que vous avez pu lire chez moi, écrites d’une autre manière :

Mais mon sentiment réel est que l’enseignement devient, de plus en plus au fil du temps, un travail ingrat accompli péniblement dans un environnement d’hypocrisie généralisée. Une mauvaise pièce de théâtre indéfiniment jouée devant un public indifférent.

Il suffit d’y réfléchir trente secondes pour comprendre que, bien entendu, les enseignants bossent parce qu’il faut bien bosser pour manger, payer le loyer et s’occuper des enfants. Personne ne se lève tous les matins en s’écriant qu’il va sauver la République. On pourrait penser que c’est un détail mais ce n’est pas le cas. La pression sur les enseignants est extrêmement forte et beaucoup l’intériorisent et se font leur propre persécuteur.

J’ai dernièrement dit que j’arrêtais d’écrire des billets stériles pour dire que les distributions Linux et surtout Manjaro, j’insiste fortement sur Manjaro c’est de la merde, qu’il y a trop d’environnements de bureaux, parce qu’on le sait. Il est à mon sens plus intéressant de présenter un programme qui fait le travail ou dire que Gnome sur Ubuntu fonctionne, plutôt que de balancer une énième fois le même constat qui laisserait penser qu’on n’a rien d’autre à dire et qu’on tourne en boucle. Au niveau de l’éducation, je vais m’orienter vers deux positionnements.

Le premier est très personnel, j’entre dans une forme de grève, sans faire grève, ou qu’on appelle parfois grève du zèle. Le mot culpabilité est un mot qui revient souvent et j’en parle. Il faut utiliser les nouvelles technologies, les élèves n’ont pas le niveau c’est la faute des profs, les élèves ne travaillent pas c’est la faute des profs, il faut innover, utiliser toutes les dernières méthodes en même temps, c’est du bull shit. Je vais sortir de ce piège pour faire mon métier comme je le sens, dans le respect des textes bien sûr, parce que sinon je ne ferais pas mon métier, mais ni plus ni moins parce que c’est un métier et pas un sacerdoce. La grève du zèle est donc un concept très personnel, dès la rentrée je donnerai un coup de main sur mon temps de repas à une de mes anciennes élèves qui doit passer le BAC cette année. L’institut de formation de ma fédération agricole propose une formation pour retrouver le goût du métier. Il faut se dire que si une telle formation arrive c’est qu’il doit y avoir un sacré malaise dans la profession.

Le second positionnement c’est dans ma production personnelle. J’ai dernièrement écrit un billet qui s’appelle échec et maths que j’ai retrouvé dans les réseaux sociaux par des gens qui se félicitaient de voir un vrai prof faire un vrai constat de ce qu’est le métier aujourd’hui. Je ne regrette pas ce billet, parce qu’il relate effectivement mes difficultés, mes inquiétudes et de la même manière que lorsque je lis le billet de unbruitblanc je me sens rassuré, je me sens moins esseulé, je me dis que je ne suis pas fou, mais je n’apporte rien qu’on ne sait déjà et que j’ai déjà écrit. Si. j’apporte de l’eau au moulin d’on va tous mourir, mais qu’est ce que je fais pour apporter des solutions ? Rien. Tirer sur l’ambulance indéfiniment ne sert à rien.

Je vais essayer de me consacrer à essayer d’apporter des solutions, des astuces, une façon plus positive de faire avancer la pédagogie.

Je pense que tout est lié au pognon, à notre société capitaliste, c’est mon passage de gauche. La quête du profit avant l’écologie, avant l’éducation, parce que si on voulait résoudre les problèmes d’éducation je vous dis pas le paquet de pognon qu’il faudrait mettre sur la table et je ne parle pas du salaire des profs. Il faudrait tout casser, tout recommencer, avoir une vision du monde qui privilégie le confort de tous plutôt que le bonheur de certains. C’est en gros le communisme, sauf qu’on voit ce que ça a donné.

À moins d’une guerre mondiale, ou d’un effondrement complet de notre société qui pourrait arriver avec le coronavirus, la remédiation première est individuelle, changer chacun ses propres habitudes, ses aspirations pour espérer vivre mieux, ensembles. Un travail qu’il va falloir faire assez rapidement parce que le monde va particulièrement mal. Je vous invite à regarder les nouveaux pauvres, où l’on réalise que les fameux modèles allemands ou suédois ne sont pas si fameux que cela.

Complément 108

vendredi 21 février 2020 à 14:26

RSS, libéré, délivré

Dans un des derniers billets j’écrivais que je n’avais plus d’intérêt de limiter le flux RSS. J’avais fait ce choix à l’époque, pour limiter le duplicate content. J’avais quelques problèmes d’agrégateurs qui diffusaient intégralement les contenus de façon publique, les autoblogs ou un site bizarre qui repompait mes articles pour se faire du contenu. Avec la disparition des blogueurs, on assiste aussi à la disparition des autoblogs. Je suppose qu’entre mes cassures de blog où l’adresse du flux XML a changé régulièrement, mon contenu certainement pas intéressant, on n’a moins besoin de me copier coller de peur que mes propos disparaissent.

Les autoblogs c’est une véritable connerie, je l’ai dit à l’époque et je vais le redire aujourd’hui, parce qu’il y va de la bien-pensance sans s’interroger sur les aspirations du type à qui l’on veut prétendument du bien. À l’origine le principe de l’autoblog c’était pour lutter contre ce qu’on appelle l’effet Streisand.

Pour éviter qu’un contenu ne disparaisse de la toile, on le multiplie de façon à être sûr qu’il existera toujours une copie. De cette façon, on décourage les gens à vouloir supprimer du contenu puisque des gens qu’on appellera les gardiens du temple, sont capables de le dupliquer à l’infini. C’est une connerie parce que si effectivement on se sent l’âme d’un justicier, on se dit que c’est une façon de faire vivre la démocratie face à des gens qui veulent faire disparaître des preuves. C’est la vision positive du truc, moi je me contente comme souvent de la vision négative. Si quelqu’un duplique un blog de peur qu’il disparaisse, il pénalise l’auteur du blog avec un contenu dupliqué sanctionné par Google. Ce n’est pas sans faire penser à l’histoire du petit oiseau.

Je rajouterai aussi deux choses. On ne m’a jamais demandé mon avis pour savoir si je voulais être listé dans un autoblog. J’aurai répondu non parce que je juge qu’il n’est pas nécessaire de maintenir ma pensée à un instant t. Les documents qui on du sens sont en PDF. Ensuite, par ces temps qui courent de revenge porn et de droit à l’oubli, l’autoblog est certainement mal venu alors qu’il part d’une bonne intention. Finalement l’autoblog c’est un peu comme le fusil de chasse, on part du principe que c’est utile pour se défendre sauf qu’on l’utilise pour tuer la maman de Bambi.

Tout ça pour dire que le flux RSS est accessible en complet dans votre agrégateur, j’ai eu déjà un témoignage de bonheur dans le forum des bons pères de famille.

L’effet Streisand : vous avez très peur devant votre écran et c’est bien normal, c’est ça l’effet Streisand

Caprine c’est pas fini et dire que c’était un client pour messenger

Toujours dans un précédent billet j’ai dit ma volonté de faire moins de Facebook. J’ai écrit que je conservais Facebook uniquement pour le market et pour les événements locaux comme les fêtes de village ou les inondations. J’ai oublié de dire que j’utilisais régulièrement Messenger parce que j’aime échanger avec Gilles le Parigot Manchot. Ça lui permet d’avoir des discours de droite à tout moment, ce qui lui fait beaucoup de bien. Du fait de vouloir éviter Facebook et par le fait d’aller sur le site de Facebook, j’ai découvert l’existence de Caprine, un client local pour Messenger.

Pour ceux qui seraient des jeunes sans aucune culture musicale, Capri c’est fini est une chanson d’Hérvé Vilard qui est encore vivant. Vous noterez la qualité du jeu de mots qui est peut-être le meilleur pour cette année 2020. J’ai placé la barre très très haut.

Je pense qu’avec Gilles on a un peu tout essayé, je ne sais pas si on n’avait même pas fait du jabber. Seulement c’était l’époque où les serveurs plus ou moins de référence étaient en carafe tous les deux jours. La moralité c’est qu’avec des gens normaux qui utilisent Facebook au quotidien, Gilles qui a aussi un compte Facebook, c’est la manière la plus facile que nous avons trouvée pour communiquer.

Je suis persuadé qu’en plus les espions de Facebook nous piquent toutes nos meilleures idées pour sauver le monde. Si ça marche ça pourrait bien venir de nous. Et comme il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin, Instagramport que vous pouvez trouver dans le dépôt snap d’Ubuntu.

Instagramport n’est pas une application révolutionnaire, il s’agit en fait à pas grand-chose d’instagram encapsulé dans un pseudo-navigateur avec un user agent d’appareil Android. Vous pouvez exactement réaliser la même chose avec Firefox et l’extension User-Agent Switcher and Manager. L’intérêt c’est de pouvoir poster des photos sur instagram depuis l’ordinateur mais aussi d’utiliser la messagerie. C’est bien pratique pour les vieux qui ont besoin d’un clavier pour s’exprimer. C’est un outil qui dépanne mais qui est tronqué de nombreuses fonctionnalités, mais qui dépanne.

J’essaie de me faire violence et d’utiliser le moins possible le PC pour justement me forcer à utiliser le smartphone qui est un outil qui me dégoûte mais qui reste incontournable.

Les talents cachés de Libreoffice

On m’a demandé comment on faisait pour avoir des images découpées en ovale pour les mettre dans un publisher. Je n’en ai aucune idée, je dois reconnaître mon incompétence notoire dans le domaine de l’image. Incompétence d’autant plus importante que j’ai tendance à régler de plus en plus de problèmes d’images par Libreoffice. Comprenez que pour moi l’utilisation de l’image reste assez sommaire :

À une époque je passais par des outils comme Photofiltre y compris pour la pédagogie avec les élèves et kolourpaint4 pour mes besoins personnels. Comme aujourd’hui Libreoffice est capable de cropper redimensionner, que j’ai le plugin WordPress qui va bien pour redimensionner à la volée, je n’ai plus besoin d’outil de dessin. J’ai regardé ce qu’il était possible de faire avec Libreoffice.

Première étape, insérer la forme géométrique de votre choix depuis la barre de dessin.

Seconde étape, clic droit sur la forme, remplissage. Bitmap.

Ajouter / importer, choisir étiré et c’est fini.

On notera que c’est aussi valable pour un dessin réalisé à main levée, la procédure est la même dès lors qu’on a une boucle fermée.

Obtenir un site en version mobile avec Firefox SHIFT + CTRL + M

Astuce que je ne connaissais pas, vue sur le forum ubuntu-fr.

Cultures, épisode 53

vendredi 21 février 2020 à 11:45

Amédée est un SDF qui vit avec ses deux amis sous un pont parisien. Un beau jour, alors que la police veut les faire partir pour qu’ils arrêtent de faire fuir les touristes, il se retrouve héritier d’une grande maison d’une tante éloignée. L’aubaine quand on n’a pas de toit. Il y a toutefois une contrepartie, celle de devoir prendre en charge Nicolas, le fils trisomique de la tante passionné par Youri Gagarine. La préface de cette bande dessinée en deux tomes est écrite par l’association perce-neige, l’association de Lino Ventura qui vient en aide aux enfants handicapés. Il est évident que pour le plus jeune public cela n’évoquera pas grand-chose, mais je pense que cela a son importance et ce pour deux raisons. La première c’est que l’association cautionne le traitement de la trisomie dans cette bande dessinée, et c’est vrai qu’on n’est pas dans le pathos, ni dans les clichés. La seconde c’est qu’on retrouve des dialogues particulièrement riches et travaillés qui ne sont pas sans faire penser aux tontons flingueurs avec ce même Lino Ventura. À coucher dehors est une excellente bande dessinée, fraîche, avec un très bon dessin, très vivant, coloré, de très bons dialogues comme précisé plus haut que je vous recommande vivement.

Flora et les étoiles filantes ne révolutionnera pas la bande dessinée, néanmoins c’est une bd qui vaut le détour pour ses qualités graphiques et son ambiance. Flora la quarantaine, larguée par son mari, se cherche un nouveau compagnon. Si on peut considérer que tous les clichés y passent et c’est vrai, les sites de rencontre, la jeune cousine qui était une adolescente moche et qui est devenue une bombe faisant de l’ombre aux femmes de quarante ans, le poids de l’âge, le traitement est bien réalisé, implacable. Dur pour celles qui veulent recommencer une nouvelle vie où Flora se voit dans l’obligation de revoir ses critères à la baisse. De ce côté-là, la bande dessinée joue franc jeu, pas d’eau de rose, juste la triste réalité des gens qui sont seuls.

Et à l’opposé Jane adaptation de Jane Eyre le livre. Jane est une jeune femme qui vient à la ville, orpheline, elle trouve une place de nounou auprès d’un riche veuf, trop beau, trop ténébreux qui élève sa petite fille seule, tellement chouki. Élever est un bien grand mot, il est tout le temps en voyage. Alors que les nounous se suivent et se ressemblent, Jane quant à elle s’implique et comme on peut s’en douter réussit à faire plier le papa dans toutes les positions. Une belle histoire qui commence mais le papa cache un terrible secret. Qui a-t-il dans l’étage interdit de la maison ? L’adaptation a été réalisée par Aline Brosh McKenna à qui l’on doit entre autres le diable s’habille en Prada ou 27 robes. Dire qu’on tient une spécialiste de la comédie romantique est un euphémisme et c’est ce qui transpire dans cette bande dessinée. Je l’ai lue d’un trait, ne me demandez pas pourquoi, certainement l’adolescente qui se cache en moi et qui rêve de belles histoires d’amour avec un happy-end.

Corbeyran est certainement comme on dit l’un des auteurs les plus prolifiques de sa génération, je dirais certainement trop prolifique. Auteur des Stryges pour ne citer que cette série qui est devenue un bourbier, l’auteur se disperse dans des dizaines de séries, trop de séries. Cognac a l’intérêt d’être en trois tomes, une série finie qui ne casse pas des briques mais qui est plaisante à lire. Anna-Fanély Simon une journaliste de guerre, n’en peut plus des atrocités, elle demande une pause. Elle est envoyée pour faire un article bateau dans le monde du cognac, ce qui sera l’occasion pour l’auteur d’étalier sa culture ou ses recherches, on sent que ça lui tenait à cœur. Il se trouve qu’une de ses anciennes amies est morte, son mari l’aurait tuée avant de se suicider, seulement ça ne colle pas. Des vins précieux ont disparu, notre journaliste mène l’enquête. Si je devais synthétiser de façon très simple, je dirais qu’il est étonnant que cette série ne fasse pas partie de la collection série B de Delcourt et qu’elle n’y figure pas au sommet de la pile.

J’avais bien aimé ces lendemains qui disparaissent de Timothée le Boucher. Je n’étais pas le seul, la bande dessinée avait fait un carton à l’époque. Il faut dire que l’histoire de cet homme qui perd des jours de sa vie au profit de sa seconde personnalité était assez singulière. Avec le patient, on passe à un roman graphique de plus de 200 pages qui cette fois ne brille pas du tout par son originalité. On cherchera le plaisir ailleurs, la psychologie des personnages ou la mise en scène. Dans une famille, c’est la boucherie, la sœur tue au couteau l’intégralité de sa famille sauf l’un des frères, 15 ans, qui survit. On le retrouve à l’âge de 21 ans, il se réveille, entièrement paralysé, il se dit observé par un individu. Si au départ on ne sait pas si on est dans du fantastique ou de l’imaginaire, la bande dessinée très rapidement ne laisse pas la place au doute. Il s’agit d’un classique, la victime qui n’en est pas une et c’est certainement le principal reproche, le seul, le manque de suspense dans cette histoire très prévisible. Pour le reste, rien à dire, le traitement graphique, l’ambiance de l’hôpital, les personnages, tout est excellent, les 200 pages se lisent d’une traite.

Quand on évoque Lupano dans la bande dessinée, on pense directement aux vieux fourneaux, personnellement je pense directement à Alim le tanneur. Il y a d’ailleurs un point commun entre ces deux séries, c’est le fait de mettre en avant des gens qui ne sont pas des héros dans une bande dessinée. Une bande de vieux pour le premier, un vieux, son gendre et sa petite-fille dans le second, et c’est encore le cas avec ma révérence où Lupano est au sommet de son art avec deux énormes loosers qui vont faire le braquage de leur vie. C’est l’histoire de Vincent qui décide de braquer un fourgon. Il nous explique tout au long de ce récit d’environ 130 pages, sa vie avec des parents racistes, la femme qu’il a rencontrée en Afrique, avec qui il a eu un enfant, la fuite, la peur de rentrer dans le moule. Ce détournement, c’est la chance de se refaire, retrouver sa compagne et refaire sa vie. Il s’est choisi pour compagnon d’infortune un gars avec des santiags, qui écoute du Johnny et du Dick Rivers, le type le plus lourd de la terre. Un récit énorme, un côté Pulp Fiction avec les nombreux flashbacks où Vincent raconte sa vie, des événements totalement imprévisibles pour un happy end mérité. Bravo Lupano, quand on voit la production de bandes dessinées faciles, ce récit sur ces perdants magnifiques est tout simplement génial.

Le concept de Murdered : soul suspect, est, il faut le dire, particulièrement séduisant. Vous êtes un policier qui intervenez sur une infraction dans un domicile. Tête brûlée, vous y allez tout seul pour finir défenestré et tué par votre arme de service. Vous avez été tué par un psychopathe que la police recherche. Alors que vous allez au bout du tunnel, votre épouse disparue vous annonce qu’il est trop tôt pour la rejoindre et que vous avez quelque chose à finir, de toute évidence enquêter sur votre propre mort.

Le jeu se déroule dans une Salem moderne, mais avec l’aspect fantôme, vous avez une superposition entre le passé et le présent. Vous ne serez donc pas étonnés de trouver une naufragée des années 1800 totalement perdue, il faudra lui expliquer après enquête qu’elle a sauvé des vies avant de périr en mer pour la délivrer. L’idée de Salem permet de faire un tour de passe-passe et expliquer que les bâtiments sont protégés, vous ne pouvez pas traverser tous les murs. Si au départ l’idée d’être un fantôme est franchement sympa puisqu’une fois dans les bâtiments rien ne vous arrête, la mise en œuvre est franchement plus laborieuse, on peine à se guider, au point qu’on revienne douze fois sur ses pas. La caméra de façon générale est capricieuse. Le gameplay est je trouve intéressant et particulièrement bien amené avec des possibilités de fantôme qui se rajoutent au fur et à mesure. Au départ vos possibilités sont limitées, vous pouvez prendre possession des individus pour lire ce qu’ils voient, lire leurs pensées. Par la suite vous pourrez vous téléporter pour accéder à des endroits inaccessibles, prendre la possession d’un chat ou encore jouer les poltergeists en activant des appareils.

Si sur le papier l’idée est vraiment sympa, la mise en œuvre est finalement plus laborieuse pour ne pas dire qu’une fois de plus nous sommes dans un film un peu interactif. Il n’y a pas d’association d’objet, il n’y a pas de pénalité si vous ne mettez pas les énigmes dans l’ordre, résoudre l’enquête se résume à trouver les objets sur les scènes de crime. Le peu d’interaction c’est parfois de faire s’agiter un ventilateur pour faire apparaître les feuilles qui sont en dessous. Pour finir de gâcher le jeu, il y a des démons. Ces démons s’ils vous attrapent vous tuent, il est possible toutefois de leur passer derrière et de les faire exploser. Malheureusement ni la caméra, ni la maniabilité du jeu ne sont destinées à le faire correctement. Moralité vous mourrez plusieurs fois, c’est lassant et surtout inintéressant par rapport à l’enquête dont on aimerait bien savoir les tenants et les aboutissants. J’irai certainement regarder les vidéos sur Youtube.

Comme je le faisais remarquer à ma femme, je ne sais pas comment je faisais plus jeune pour faire des jeux de rôles où les personnages au nombre de huit avaient trois pages de caractéristiques. Je prenais du temps pour bien choisir chacune d’entre elles alors que finalement l’incidence sur le jeu était quasiment nulle. Aujourd’hui quand je joue, dire que je suis en recherche de simplicité est un euphémisme, c’est pour cela que je viens de me faire en ligne droite shadows of the damned. Attention histoire en béton : Garcia Hotspur est un chasseur de démons, quand le roi des démons kidnappe Paula sa femme sous ses yeux, il part la rejoindre. Pauvre Paula, rien ne lui sera épargné, elle est décapitée, noyée, découpée durant tout le jeu. Garcia massacre tout ce qui bouge dans un bain de sang avec son crâne, ancien démon qui peut se transformer en fusil, en flingue ou en mitraillette. De ce côté-là, on n’est pas envahi par la complexité, quelques possibilités d’upgrade mais particulièrement sommaires.

Ce jeu est une boucherie, c’est graveleux, mais c’est franchement drôle et plaisant même si la visée pose des problèmes, ce qui est un souci de fond pour un jeu de shoot. Néanmoins malgré quelques passages rendus difficiles par la maniabilité parfois aléatoire du flingue on progresse. L’action est assez variée, on aura même droit à un shoot-em-up en 2D où l’on retrouve les éléments du jeu dans un univers de papier. Dans les idées assez intéressantes du gameplay, la notion de lumière. Certaines zones sont envahies par les ténèbres, il faut tirer dans des têtes de boucs pour les allumer. Certaines zones ne sont accessibles que dans les ténèbres, des interrupteurs par exemple, y rester trop longtemps finit par vous tuer.

J’avais écrit que lolipop chainsaw était un bon délire, mais pas assez d’éléments pour en faire un véritable jeu. Ici même si la difficulté n’est pas très relevée, on prend quand même bien du plaisir à tirer sur tout ce qui bouge pour un petit challenge bien distrayant.

Politique fiction, réalité bien réelle.

jeudi 20 février 2020 à 17:21

Quand je cuisine, j’aime bien allumer la télévision. C’est une mauvaise habitude que je traîne depuis l’enfance, j’ai toujours besoin d’avoir du bruit, du mal à me concentrer sur une tâche. J’écoutais quelqu’un du gouvernement ou proche dire que Castaner avait présenté ses excuses, et qu’on pouvait passer à autre chose, qu’il fallait que la politique soit plus grande que les petites phrases.

Pour ceux qui auraient raté un épisode. Griveaux abandonne la campagne de Paris pour l’histoire du revenge porn. Olivier Faure qui selon la rumeur appartiendrait au « parti socialiste », ce parti venu grandir les rangs de ceux disparus, explique que Griveaux c’est pas bien ce qu’il a fait. Et notre ministre de l’intérieur d’en remettre une couche sur Faure en disant qu’il le trouvait bien moraliste alors qu’il l’a accompagné dans ses divorces.

Partons de la fin. Tout le monde se met à gueuler sur Castaner parce que tout le monde gueule sur Castaner, mais surtout pour trois raisons. La gauche se trouve un moyen de montrer qu’elle existe encore, plus personne n’y croit sauf elle, Castaner est le ministre de l’intérieur ce qui fait que discuter de vie privée avec lui prend un autre sens quand le gars peut te dire ce que tu as fait précisément la veille, et le dernier point, les hommes politiques ont envie de mettre quelques barrières entre leur vie publique et leur vie privée, ce qui est un faux débat.

Joue la comme Pasqua !

Est-ce que l’affaire Griveaux m’intéresse ? Non. Les histoires de coucherie de mes élus ne me préoccupent pas, néanmoins je peux concevoir qu’elles intéressent le Parisien ou monsieur et madame tout le monde et pas pour le côté graveleux comme essaie de le faire croire la classe politique. Il faut se dire que si on n’avait pas eu l’affaire DSK, on aurait eu certainement un président avec un … problème. On peut se dire que Mitterrand et sa fille cachée ou Chirac surnommé deux, trois ou cinq minutes douches comprises par son ancien chauffeur ont été présidents. Est-ce qu’ils ont été des mauvais présidents ? Je n’ai pas de réponse, on n’a certainement pas assez de recul sur l’histoire et sur leur décision. Il y a à mon avis quelques questions à se poser sur la vie privée des candidats :

Pour être particulièrement terre à terre, personne ne se préoccupe de la sexualité du gars qui vient de vous sauver la vie après une opération de douze heures. Et si le gars qui vient de vous sauver la vie après une opération de douze heures a trois maîtresses, ce n’est pas votre problème parce qu’il a fait son job, c’est le problème de sa femme. Néanmoins si on ne parle plus de votre chirurgien mais de votre pasteur marié inscrit sur un site de rencontre adultère, comme ça a été le cas dans le site de rencontre Ashley Madison où le pauvre homme a mis fin à ses jours, il y a conflit entre la vie privée et la vie publique. Est-ce qu’on va accepter les leçons de morale de quelqu’un qui n’applique pas ses propres leçons ? Le pasteur a certainement donné sa réponse en mettant fin à ses jours.

Je crois sans me tromper que le problème de fond, c’est la césure entre le politique et l’homme de la rue. Si le maire est l’homme politique le plus apprécié, c’est parce que le maire de ton village, c’est ton voisin, tu bois le café avec lui au bistrot s’il existe encore, parce qu’il y a de bonnes chances pour qu’il doive continuer à travailler sauf s’il était ton enseignant à la retraite. 1 million d’euros pour le couple Fillon, qui aurait pu être notre président, les affaires qui se suivent et qui se ressemblent, un homme politique que j’écoutais à la télé disait qu’il fallait que la classe politique fasse preuve d’exemplarité, il serait temps effectivement qu’elle commence. Je ne me préoccupe pas de la sexualité de mes hommes politiques, je veux qu’ils soient intègres, efficaces, qu’ils améliorent mon quotidien.

Viens la chercher ma culotte !

Je pense que Griveaux s’est trompé et c’est Ovidie qui le dit le mieux. Elle ne pousse pas assez loin son raisonnement. Griveaux aurait dû continuer la tête haute, et dire que sa vie privée, cette décision qui est la sienne, n’a pas d’incidence sur ses qualités futures de maire de Paris. Ovidie ne pousse pas assez loin le raisonnement parce que finalement Griveaux n’aurait été qu’un précurseur de l’homme ou de la femme politique de demain. Un bon tiers des jeunes avoue avoir balancé des photos de son intimité à quelqu’un. Ce qui concrètement veut dire que votre jeune de 16 ans qui a déjà montré ses boules du haut ou du bas, dans 15 ans quand il entre en politique, pourra-t-il se laisser toucher par ce type de révélations ?

Je ne vous ferai même pas l’affront du discours libriste, simplement vous rappeler ceci. Nos jeunes sont inscrits pour certains avant l’âge de dix ans sur des réseaux sociaux qui n’oublient rien, sur des réseaux sociaux qui se manipulent, qui s’influencent. Le jeune aura tenu un nombre de propos à la con incroyable, s’est fait photographier dans toutes les situations les plus bizarres une chicha à la main. L’homme ou la femme politique de demain devra se contenter d’assumer son passé et il faudra que l’électeur de demain, ce qui sera beaucoup plus facile à faire pour lui parce qu’un tiers est à poil sur la toile, comprenne que ce n’est pas forcément la vie privée du candidat qui a son importance. Pour l’aspect libriste, c’est d’autant plus important pour la future génération d’assumer ses erreurs que si à l’époque des tontons flingueurs on n’était pas content d’un président on mettait un tireur et une balle magique sur le toit, aujourd’hui, Google Facebook, Amazon ou n’importe quelle société peut déterrer ce qu’il a envie de prendre dans la vie privée des individus et le mettre au grand jour. Bien sûr, la confiance serait bafouée mais de façon discrète qui saura réellement d’où provient la source ?

Dernièrement une de mes anciennes collègues m’a dit qu’elle voulait se créer un compte Facebook. En effet, une de ses voisines a vendu son bien immobilier par ce biais, ce qui rejoint ce que j’écrivais sur l’importance de Facebook et de son Market. Elle m’a demandé des conseils, elle est particulièrement réticente par rapport aux réseaux sociaux. Je lui ai donné un seul conseil, celui de tout faire de façon publique pour s’imposer une gestion d’une image publique et de considérer que de toute façon tout ce qui est écrit sur le réseau a un fort potentiel pour devenir public. Je pense que ce n’est pas une mauvaise façon de considérer ce type de réseaux et de rester à l’ancienne quand il s’agit des proches, se voir pour de vrai par exemple.

La politique, le futur, le traitement de la politique, c’est pas gagné. En surfant mon attention s’est portée là-dessus :

Pour combler le manque de neige, les gars ont livré de la neige par hélico. Moralité c’est le drame, parce que l’hélicoptère ce n’est pas écologique. On a ici l’affrontement typique entre ce qu’on aimerait, le monde des bisounours et la réalité de terrain, à savoir des gens qui vont vous expliquer qu’il faut impérativement sauver l’emploi. Je ne leur jette personnellement pas la pierre, si demain on venait nous voir pour nous dire qu’on est remplacé par des machines, les gens seraient dans la rue pour essayer de sauver leur emploi, leur vie tout simplement.

L’argument peut s’entendre, oui ça ne mérite certainement pas de se faire convoquer par la ministre, cela ne vaut pas non plus un tollé médiatique mais si on ne fait rien c’est comme la cigarette, les produits toxiques qu’on vend en 2020 parce que des industries et des emplois sont derrières. À force de ne pas s’interroger, de ne pas vouloir tourner les yeux dans la bonne direction, on finira par crever la bouche ouverte en faisant un détour par la case dictature. Car ce qui est indéniable, le réchauffement climatique est bien présent, la génération actuelle par ses quelques tours de passe-passe essaie de sauver les emplois mais ce n’est que du provisoire.

La politique, la vraie, la bonne, ce n’est pas de mettre au pilori ces gens qui essaient de s’en sortir même si les moyens ne sont pas les bons mais de les accompagner pour que les stations de ski deviennent des stations quatre saisons. Les hommes et les femmes politiques de demain ont du pain sur la planche, bien plus important que de savoir s’ils se promènent à poil sur internet. Les hommes et les femmes politiques de demain doivent avoir de l’idée, du bon sens, une certaine forme d’exemplarité, mais surtout être efficaces. Bonne chance !

Trop ou pas assez

mardi 18 février 2020 à 23:08
Finalement moi qui râlais que ces vacances qui devaient être sous le signe du repos n’ont été qu’une grosse blague à courir dans tous les sens, le repos forcé est arrivé. C’est bien rigolo d’avoir 25 degrés dans le sud, faire des travaux les fenêtres ouvertes pour le lendemain avoir 12 degrés de moins et…