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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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L'acceptation

jeudi 1 juillet 2021 à 20:16

J'ai corrigé le DNB aujourd'hui, je vais commencer par ici mais d'abord rappeler le contexte. On a passé une année catastrophique, le DNB est la seule épreuve qui n'a pas vu d'aménagement, l'aménagement est venu d'un sujet encore plus simple que les années précédentes. 

De façon synthétique ce que je dois retenir de l'année : 

De façon synthétique ce que je dois retenir de la surveillance. 

De façon synthétique ce que je dois retenir de la correction.

Voici le sujet, voici les éléments de correction et surtout ce qui était attendu, qui devrait m'interpeller, mais qui ne m'interpelle plus. 

Dans ce QCM la majorité des enfants ont répondu 12 à la surface du triangle. C'est ici la véritable difficulté, ça rentre pas. Il faut savoir que nous avons de plus en plus de parents qui sont réactifs face aux punitions, j'ai des collègues qui ont eu des mots avec des commentaires sur les punitions à la con. Je donne sur certains points des centaines de lignes aux élèves avec les formules à apprendre, je n'ai jamais eu un commentaire, ni de la part des parents, ni de la part des élèves qui se soumettent, mais ça ne rentre pas. Je fais gratter les pauvres gosses pour essayer de faire rentrer un truc qui n'est pas donné au DNB contrairement aux formules de trigo, ils s'en souviennent un temps puis oublient. La division par deux alors que j'ai montré que c'était un rectangle coupé en deux, ça ne passe pas. Les enfants font la confusion entre périmètre et surface, il faudra que j'insiste encore plus lourdement ici. La petite équation c'est mort, le diagramme en bâtons est encore la seule question qui fait l'unanimité, la racine carrée est hors programme pour des pro, les formes ont plutôt correctement fonctionné. 4 points par question, il était aisé de se gaver. De façon générale, les gosses ont pris 12 points.

Voici typiquement un exercice qui ne devrait pas avoir sa place en 2021. Le discours de l'inspecteur de maths c'est de dire que les maths pour les maths c'est terminé, et pourtant il s'agit d'un exercice d'application des deux théorèmes. Sans justification, le gamin prenait 6 point s'il écrivait 0.98. Ce qu'il faut comprendre, c'est que le calcul, la justification, la phrase réponse, l'unité de mesure soient présents on s'en contrefout, il fallait marquer 0.98.

Le théorème de Pythagore comme je l'expliquais plus haut a été un échec global, la question est décomposée sur 8 points. Si l'enfant note Pythagore il prend 2 points qu'il ne prend pas s'il ne cite pas le mathématicien. Des points sont à prendre sur la forme littérale, le calcul mais en aucun cas sur la condition. C'est ici un malaise profond pour moi, car cela laisserait supposer que Pythagore peut se faire dans un triangle quelconque, et qu'on n'insiste pas sur la condition de réalisation du théorème. C'est une perte de sens profonde, surtout que j'amène le théorème avec le voyage de Pythagore en Egypte qui trouve que les gars ils font quand même des murs franchement droits.

Il faut comprendre que la classe de troisième a ceci d'intéressant, c'est qu'elle valide la fin d'un cycle, qu'elle est le passage vers le lycée mais qu'elle est surtout validée par un examen. Cet examen c'est celui qui atteste des attentes de l'état pour le niveau de fin de troisième. On s'étonnera d'ailleurs de voir des examens d'entrée en classe de seconde trois mois après avoir passé le DNB, comme si on voulait vérifier un décalage ou une perte de mémoire pendant les vacances à coup de soleil, de tise et de moula. Ce dernier terme allant de la drogue à l'argent, chacun y trouvera l'interprétation de son choix. Par le fait, pourquoi me casser la tête à insister sur une rédaction qui n'est pas demandée, à mettre des conditions dont tout le monde se fout puisqu'il s'agit d'écrire d'après Pythagore, d'après Thalès. Il est bien sûr évident que je ne lâcherai pas sur ces points, au contraire, mais on y viendra plus loin. Ce qui est certain c'est qu'on nous ne rend pas vraiment service. 

Voici typiquement l'une des dérives. Il fallait chercher pour savoir si le gamin avait bien mis le Tarif B sur la droite 1. L'élève normal fait une phrase réponse, l'élève standard vous fait un B sur la droite 1, parfois quand il est sympa il met Tarif B. Qu'il écrive ou non une phrase réponse il prend les points. 

Pour la question suivante, deux possibilités, soit par le calcul, soit par le graphique. Si l'enfant faisait simplement les traits de constructions il avait trois points, s'il mettait 96 sur le graphique il avait les trois points de plus. Il n'y avait donc pas d'attente de phrase réponse quand je vous rappelle que la lecture, et quand même un peu l'écriture sont causes nationales et qu'on se plaint que les gosses ne savent plus écrire. 

La question 3 est un bout de fonction affine mais sans plus, des enfants ont réussi à se planter dessus en prenant des réponses avec un moins devant. La question 4 est typiquement ce qui me gêne dans cette mouture du DNB. On vient de voir d'après ce que je raconte et la correction officielle que la phrase réponse, on s'en fout. Et c'est ici que sur la question à 4 points, les traits de construction ne rapportent qu'un point, la phrase en donne 3. Et c'est ici la subtilité pédagogique du truc qu'il faut comprendre. 

Au collège, nous évaluons par capacités, par compétences, et dans les capacités de mathématiques, il y a "s'exprimer". On comprend alors que certaines questions vont évaluer telle ou telle capacité mais pas toutes. Celle-ci correspond typiquement à s'exprimer quand celle dont on ne se préoccupe pas de la rédaction c'est "calculer". Je trouve que c'est complètement idiot car ce n'est pas cohérent pour l'élève, il faudrait au contraire faire un qui peut le plus peut le moins. J'ai expliqué que ça permettait pour nous les enseignants de troisième de positionner le curseur par rapport aux attentes. Si les gars mettaient une grosse charge sur la rédaction, tous les profs de maths feraient monter le level dans les contrôles en mettant des points sur la rédaction. CQFD. Pas dit que ça fonctionne avec un public qui s'en fout complètement mais sur le principe ça pourrait en pousser quelques-uns à faire l'effort de rédaction. De la même manière, en systématisant la rédaction, on fait des copies plus cohérentes et on ne demande pas à l'enfant de réfléchir à quand il peut faire à l'arrache ou rédiger, il rédige et c'est tout.

Le 13% a été trouvé par la très grande majorité des enfants, les gosses ne savent plus calculer un pourcentage, la soustraction à 100% pour trouver 11% des femmes adultes c'est OK avec une très large majorité qui a présenté le calcul. Pour la question 4) et la question 5) on a eu un problème d'interprétation du fait d'avoir des enfants qui ne savent pas lire et ne comprennent pas les consignes, ils n'ont pas su dire que les mineurs représentaient plus de la moitié du diagramme donc ça passe, ils ont parfois mis deux fois le calcul pour prouver qu'il y avait 60% de jeunes. 

Le Scratch était un véritable cadeau mais confirme le problème signalé plus haut. La première question où il fallait répondre que la vitesse de la balle tournait entre 32 et 170 km/h était sur 8 points, soit 8% pour être capable de lire deux valeurs. La phrase en elle-même était sur trois points, un oubli d'unité sur un point. Et effectivement l'énoncé est sans ambiguïté, il est noté "rédiger". Au lieu de se casser la tête à savoir quand il faut ou non rédiger, alors qu'on comprend qu'on y attache de l'importance, on impose une rédaction systématique qui force à écrire, et tout le monde est content. Cette rigueur aléatoire est frustrante et ne rend ni service aux enseignants ni aux élèves qui s'ils lisent mon billet de blog se diront qu'ils peuvent se contenter du minimum pour prendre les points.

Beaucoup de notes entre 30 et 60, j'ai mis un 0, alors que le sujet était cadeau. Par exemple la dernière partie de Scratch, il suffisait de reprendre les éléments de la question et de les mettre dans les bulles. Quand tu vois 4 secondes et que dans la bulle orange, tu vois secondes, tu as quand même envie de mettre 4. Le problème de fond, le véritable c'est que des enfants n'ont pas essayé, et je sais que si j'avais été à côté, juste en disant fais le, le gosse l'aurait fait. Comment réussir à insuffler la volonté chez nos jeunes, le défi de 2021-2022. 

Mon billet vous le noterez s'appelle l'acceptation, la dernière phase du deuil. La génération de l'an dernier quand on s'est retrouvé confiné pour la première fois, celle où on a bossé 70 heures par semaine, c'est vraiment des gosses pour qui on a fait preuve d'une compassion évidente. C'était nouveau, on était à l'isolement, et déjà nous en tant qu'adulte ça était la grosse merde, malgré les dérives, c'étaient nos pauvres chéris. Cette année quand on s'est retrouvé avec des phases de confinement avec des élèves qui nous prenaient pour des imbéciles, avec une mauvaise foi caractérisée, on n'a connu qu'une phase dans le deuil, la colère. Ah ça je peux vous dire que ni dépression, ni déni, ni marchandage, c'était la guerre. Pour la première fois de ma carrière, j'ai vraiment ressenti du mépris pour les élèves, une colère sourde face à cet énorme foutage de gueule. Un sentiment unanime et partagé par l'ensemble des collègues où nous avons tous adopté une posture très dure alors qu'on est quand même à la base des gens bienveillants.

Est arrivée une première phase d'acceptation, à savoir travail non fait, ben c'est 0. Une contrôle à 4 de moyenne, ben un contrôle à 4 de moyenne. À une époque, on aurait fait des devoirs de rattrapage, on aurait compté la meilleure note, supprimé la plus mauvaise, mais finalement à quoi bon ? Les élèves se moquent de leur résultat, ils assumeront. Et c'est d'ailleurs le cas, de nombreux jeunes se retrouvent sur le carreau dans les résultats d'affectation tels que nous l'avions annoncé. Le fait d'avoir cette attitude dégagée, détachée a réussi à nous apaiser pour beaucoup. Le travail a été fait, froidement, sans regret, comme un contrôleur des impôts qui vide une maison. 

Et puis en fin d'année, est arrivée la préparation de l'oral qui pour moi a changé pas mal de choses. Il y a quelques années on expliquait l'oral, on guidait un peu, et ça se faisait tout seul avec l'aide des parents, souvent. On s'est aperçu que les élèves étaient totalement incapables de faire leur oral, leur diapo. Bien sûr, le manque de travail, mais surtout le manque d'autonomie. Nous avons dégagé des heures sur les matières qui ne sont pas au DNB pour leur donner un coup de main. Le lien, celui qu'on a perdu, a commencé à se retisser pour des productions moins catastrophiques que prévu et des comportements agréables. J'ai un gamin qui vient sapé comme un black bloc et qui le pauvre a quatre mots de vocabulaire à son actif, le jour de l'oral il est arrivé en pantalon, en chemise, et a fait un énorme effort sur son expression, avec les moyens du bord. 

Alors j'ai retrouvé la foi dans le métier, et j'ai compris ce qu'il fallait faire. J'ai jeté l'intégralité de mes cours car il va falloir niveler vers le bas, et j'ai compris désormais qu'il allait falloir faire différent. Je ne dis pas que c'est bien car j'ai conscience qu'à force de niveler vers le bas, on va vers la révolution comme je l'ai exprimé dans un billet mais pour l'instant face au public présent, il n'y a qu'une seule chose à faire, c'est tendre la main. Il va falloir assister, insister, il va falloir contrôler davantage les cahiers, vérifier les affaires, il va falloir se transformer en maîtresse d'école. Il va falloir essayer de trouver les moyens pour faire revenir les parents dans nos écoles, et reformer la relation tripartite qui s'est bien pétée la gueule. 

Quelques mots de remerciements des parents en cette fin d'année, de quelques élèves, des mots touchants, je pense que je ne me trompe pas. En même temps c'est pas comme s'il y avait le choix, à l'heure actuelle nous sommes littéralement au fond du seau. 

Nous nous quittons ce soir avec entrer dans la légende, Guider sa vie sous le phare de la victoire Etre gravé dans le marbre de l'histoire Avoir une flamme à sa mémoire Comme ce soldat inconnu Marquer les esprits de mythiques exploits En bref, entrer dans la légende, ça et obtenir l'ordre national du mérite agricole. L'objectif un peu ambitieux de l'année prochaine.

Informatique à outrance

jeudi 24 juin 2021 à 11:14

J'évoque de moins en moins l'informatique sur le blog, et comme je l'ai déjà écrit, alors qu'à une époque c'était une fin en soi, une passion, aujourd'hui c'est une corvée, mais une corvée nécessaire, comme le lavage en machine ou la vaisselle.

Dans un épisode précédent j'expliquais que nous changions enfin de serveur et que la version de parallel desktop installée n'était pas compatible avec un Windows Serveur 2016 ou 2019 mais remmina oui. J'avais créé une nouvelle image et c'est ici qu'on voit le changement de Cyrille, une base Xubuntu. Plus joli, plus facile à mettre en route, en LTS pour avoir la sécurité sur plusieurs années et éviter de mettre à jour tous les quatre matins. Je devais former mon collègue pour qu'il réalise la migration des 100 postes du lycée, finalement j'ai proposé à mon chef de prendre mon fils au forfait pour faire l'ensemble des postes. Mon collègue a accepté, mon chef était d'accord, nous avons réalisé 100 postes en 14 heures. 

Alors bien évidemment et j'ai envie de dire comme toujours, je sais pertinemment que ce n'est pas la bonne méthode mais c'est la méthode que je maîtrise le mieux, donc à l'essentiel. J'ai fait toutefois une variation, l'image disque était sur réseau si bien qu'il m'a suffi de booter sur clonezilla pour passer par SSH et faire le clonage de l'intégralité des postes. Le fait de travailler à deux c'est plus sympa et d'ailleurs il faut nuancer les 14 heures. En effet certains postes étaient dans des placards, il a fallu donc prendre les PC, brancher les PC, débrancher les PC, et c'est ici qu'il est sympa d'avoir un jeune pour porter et de travailler à deux. Comme je l'ai dit, j'ai changé et c'est certainement en lien à quelques mésaventures. On a donc fait redémarrer certains postes qui n'avaient pas été allumés depuis plus de un an. Nous sommes en travaux, on a donc des salles qui ne sont plus accessibles. Certains postes n'ont pas fonctionné, j'ai fait le test de souffler sur les barrettes de RAM, ça repartait souvent. Parfois, nous sommes tombés sur des unités récalcitrantes, je n'ai pas donné suite. Démontage de l'alim, du HDD et des barrettes de RAM poubelle. Le message est clair, finie l'époque où j'aurais passé deux heures pour faire fonctionner une unité achetée il y a quatre ans à 20 €. On en revient toujours au même principe, le temps c'est de l'argent, et pour la réalisation d'une tâche si tu n'es pas payé en conséquence, tu vas à l'essentielle. Et puis soyons honnêtes, dépenser du temps sur une rougne à 20 balles ce n'est pas cohérent. 

J'en ai donc profité pour faire un grand nettoyage de printemps qui n'avait pas été réalisé depuis mon arrêt de la responsabilité informatique. La salle des serveurs était une véritable poubelle. C'est assez désolant de voir que ce qu'on a laissé n'a pas été maintenu. 

En haut à gauche du clonage de poste, en haut à droite, une partie de ce qui part à la benne. En bas des images de Xubuntu

En ce qui concerne la solution TSE en 2021, je suis très partagé et c'est certainement le linuxien qui parle. Avec 400 gamins, avec une centaine de machines, la solution en elle-même qui permet de centraliser les sessions des élèves et les ressources, pour en plus avoir en bout de chaîne de vieux PC, je trouve que c'est plutôt cohérent. Ce qui me dérange le plus c'est de le faire chez Microsoft.

Dotriver ou encore Microlinux proposent des solutions équivalentes pour un environnement Linux complet. Et le côté Linux c'est pas pour dire Linux c'est plus mieux ou Microsoft sucks mais c'est comme toujours chez moi essayer d'être objectif. Si dans le cadre de la partie administrative, avec les logiciels métiers, Windows est totalement légitime, faut voir ce qu'on fait dans la partie pédagogique pour être beaucoup plus perplexe. Le gros de l'activité avec nos élèves c'est internet et l'utilisation de Libreoffice, pas plus, ni moins. Et forcément, quand tu vois que la politique de Microsoft c'est le renouvellement permanent, on reste très très otage du système pour une plus value qui reste totalement discutable. Microsoft pour mémoire c'est la société qui a dit qu'on s'arrêtait à Windows 10 pour voir arriver Windows 11, ça ne s'arrête jamais. 

Car si on réfléchit bien, il y a 20 ans, on tapait du texte, aujourd'hui on continue de taper du texte. Et si on peut effectivement reconnaître que les productions d'hier sont moins jolies que celles d'aujourd'hui, on peut s'interroger tout de même sur la nécessité d'avoir des machines de course pour faire les mêmes choses ou presque qu'hier poussant de plus en plus d'ordinateurs au rebu car malheureusement Linux ne sauvera pas tout le monde. 

Il s'agit d'un EM-200, c'est un appareil utilisé à l'époque comme point de vente, ou POS pour ceux qui savent. Un gentil membre du forum m'avait à l'époque donné trois de ces appareils pour pouvoir les utiliser au magasin école. Il s'agit d'un ordinateur tactile à base d'Atom n270. Et forcément pour ceux qui savent encore, on a dit Atom et là c'est le drame. Les Atom sont des processeurs Intel bas de gamme absolument pas puissants et qui surfent sur la frontière du 32 ou 64 bits. La machine était livrée sous Windows XP, et d'après cette vidéo avec un clone de Bill Gates, on a un produit qui date de 2012, j'ai donc envie de dire pas si vieux.

Une étrange vidéo des années 2000 qui ressemble à une vidéo des années 90

On en revient toujours à la même chose, ceux qui essaient de vous faire croire que les distributions Linux genre Xubuntu ou Lubuntu vont lui mettre une seconde jeunesse sont les mêmes qui ne les ont jamais essayées. La réalité c'est qu'une distribution comme Zorin sympa sur le papier, se traîne comme c'est pas permis, et Q4os pas mieux. La réalité c'est que pour une raison qui m'échappe, les appareils se mettent en veille quelle que soit la distribution Linux à part Slitaz. La réalité c'est que dès que vous lancez un navigateur internet, c'est totalement mort. Et pourtant ces appareils ont su être réactifs à leur époque sous Windows XP et même sous Seven. C'est la capture correspondante en haut à gauche. L'élément bloquant reste de façon systématique la navigation web. Ces machines en fait n'auront de sens que pour en faire des petits serveurs, pas du Nextcloud hein, pas une grosse consommation électrique, un écran présent pour dépanner, juste besoin de mettre un clavier pour vérifier. Pour le reste faut oublier. Alors bien sûr on pourra me rétorquer que neuf ans d'existence pour un appareil, il a vécu, mais pour ma part je fais le calcul que ma télé a plus de 15 ans et qu'elle fonctionne encore sans compromis. En informatique, tout va trop vite, tout s'use trop vite sans jamais avoir la sensation d'une véritable plus-value. J'entends par là que comme je l'ai écrit plus haut, il y a dix ans on faisait du traitement de texte, alors que les technologies ont radicalement évolué les lenteurs de lancement sont toujours présentes, rien n'est instantané, rien ne va plus vite. 

Vous noterez donc que j'ai repris du service pour le lycée mais c'est de façon totalement ponctuelle et cadrée. C'est l'un des soucis de l'informatique, c'est peut-être l'un des soucis de tout, tant que vous n'avez pas cadré la mission, il n'y a pas de limite. Ici il s'agissait de migrer des postes, j'ai migré des postes et c'est tout. Le nettoyage que j'ai réalisé dans la salle des serveurs c'est pour mon plaisir personnel, parce que c'est mon lieu de travail et que j'aime que les choses soient propres. 

L'informatique personnelle j'ai arrêté pour énormément de gens, je dépanne encore ponctuellement et pas n'importe qui. Des gens qui ne font jamais rien pour moi, je ne vois pas pourquoi je me fendrai d'un service qui leur coûterait des fortunes chez le réparateur, qu'ils y aillent. Je dépanne un peu et je vois arriver des choses qui me font de la peine, comme ceci. 

Sur votre gauche, vous m'excuserez c'était un peu pagaille mais j'ai tout rangé, un Lenovo tout en un symbole du mal. Sur votre droite, mon écran. Le Lenovo tout en un est branché sur mon écran et ça marche, la dalle du Lenovo quant à elle est noire comme la nuit noire, on peut donc supposer que la dalle est morte. Compte tenu de l'âge de la machine, compte tenu du facteur ça a l'air bien collé tout ça, compte tenu du fait qu'une dalle de 13 pouces ça peut monter à 70 balles, donc une 24 pouces ça doit faire mal, le diagnostic est assez radical, il faut brancher l'écran sur un écran. On notera qu'il vaut mieux avoir une grande maison parce que c'est pas un PI qu'on glisse dans un coin. 

Il y a parfois des gens qui m'écoutent et qui ont le bon goût de boire mes paroles car ils savent que je prêche le bien dans l'informatique si on fait abstraction des supplices réguliers que je fais, que je faisais en achetant des gadgets chinois. C'est d'ailleurs un positionnement masochiste assez intéressant quand on sait que je suis toujours de bon conseil. Il s'agit d'un ancien collègue de mon précédent établissement qui se retrouve avec un i7 qui se traîne comme un veau. Une machine payée aux environs de 800, un i7 avec 8 Go de RAM. Ceux qui savent ... savent, pourquoi la machine rame comme c'est pas permis avant même de finir ma phrase, un disque dur de 1 To à l'intérieur. C'était une époque où il fallait choisir entre un petit SSD et un gros disque dur, les fabricants jouant l'esbroufe avec le gros disque, on finit par se retrouver avec une machine pourrie avec des caractéristiques très bonnes sur le papier. Il m'a fallu moins d'une heure pour faire la manipulation qui va du clonage par Macrium reflect au démontage du disque et remontage du SSD. 

avant

après

Les vérifications à la Cyrille BORNE

Une économie de PC conséquente pour un résultat net et sans bavure, il s'est même offert le luxe de mettre 1 To de SSD à l'intérieur. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, il m'a demandé de lui trouver une tour pour remplacer son vieux portable un T quelque chose, c'est-à-dire du vieux dual core que j'avais boosté à l'époque en mettant un SSD. Je ne me rappelais même plus l'avoir fait, j'en ai tellement fait. Tu le sais public quand j'achète de l'informatique je l'achète toujours sur ebay qui reste pour ma part le plus grand bazar d'occasions accessibles, tu trouves tout sur ebay. Au moment où j'ai passé sa commande, on avait franchement baissé sur les prix, j'ai trouvé un icore 5 de troisième génération à 100 balles frais de port compris en provenance de l'Allemagne. Les types vous vendent des tours super propres, nettoyées et ça fonctionne franchement bien. J'avais un fond de matériel qui traînait pour aller avec, écran, clavier, souris et le voilà équipé pour un bon moment.

Comme je l'ai écrit, j'ai fini le face-à-face élève, je profite de cette période de transition pour ranger chez moi, et je me suis attaqué au garage pour me rendre compte que ces dernières années alors que j'avais pas mal vidé, j'ai quand même gardé n'importe quoi. J'avais conservé des claviers de portable à moitié pourris pour les touches au cas où je retomberai dans mes réparations sur ce type de matériel ... Alors c'est sûr que quand tu vois que des claviers de portable peuvent être vendus aux environs de 60 €, tu te dis que c'est malin, mais c'est malin quand tu en fais ton activité. Je fais donc du grand nettoyage, des barrettes de RAM en DDR2 que je refile au lycée pour les vieilles UC et dont je n'ai plus besoin, des câbles RJ45 que j'ai conservés au cas où je devrais faire 30 machines en filaire chez moi, tout ce qui aurait pu avoir du sens à l'époque et qui n'en a réellement plus aujourd'hui. Je me contente désormais d'avoir des ordinateurs de passe au cas où dans la famille ça crame, des chargeurs parce qu'on a toujours besoin de chargeur et c'est en gros tout. 

Pas trop de moralité dans ce billet, si ce n'est que j'arrive encore à me débrouiller avec Linux pour faire des choses simples, et que je me félicite d'être encore dans le camp de ceux qui savent faire pour beaucoup de choses sans être totalement largué dans une informatique qui n'en finit plus de se complexifier pour pas grand-chose. 

Pas de fin en RAP comme le précédent billet, par manque d'inspiration mais rassurez-vous ça reviendra. 

Bilan de l'année et perspectives : école

jeudi 24 juin 2021 à 06:33

J'ai quasiment fini l'année même si ce n'est jamais vraiment fini, je suis dans cette phase où se rajoutent les dernières bricoles avant les grandes vacances. Il me reste une surveillance du DNB pour les mathématiques, je me suis porté volontaire dans mon établissement car il y a parfois des coquilles et il vaut mieux un prof de maths dans les parages. Il me reste la correction du DNB le premier juillet et j'en ai terminé pour les obligations de service. Par contre pour le reste j'ai un travail colossal à faire, je dois refondre l'intégralité de mes cours, quelques explications. 

Je n'enseignerai plus en seconde générale à mon grand soulagement. Cela fait des années que je demande à ne plus intervenir dans cette classe pour au moins trois raisons. La première c'est que je n'ai jamais demandé à y être, il y avait un problème d'enseignant à mon arrivée dans l'établissement et on a dit que je ferai bien l'affaire. La seconde c'est que je ne me suis jamais senti légitime. J'ai une maîtrise de sciences physiques, et je trouve que pour enseigner des maths en seconde générale où c'est théoriquement une passerelle possible vers des enseignements pointus dès la classe de première, il faut quelqu'un de largement plus compétent que moi. Car si pour l'enseignement professionnel, il vaut certainement mieux des gens qui soient plus pédagogues au détriment d'une certaine rigueur même si tout n'est pas incompatible, j'ai pour vision une seconde générale où tout doit être parfaitement carré. Ce n'est pas mon cas. J'aime bien ce dessin vieux comme le monde qui traduit largement ma pensée quant à la physique-chimie et la rigueur.

Et le dernier point, qui découle aussi du second, il n'y a pas que moi qui ne suis pas légitime, mes élèves aussi. Concrètement nous recrutons à bas niveau, les enfants qui viennent chez nous le font pour poursuivre vers un BAC STAV qui est un bac technologique, sans avoir à subir une seconde générale très difficile, marche monumentale d'un collège où tu prends 20 pour la page de garde. Nous faisons donc une seconde qui tient plus de la seconde technologique que de la seconde générale et parfois même qui frôle la seconde professionnelle. Avec des élèves qui ne savent pas placer des points dans un repère, face aux complexités du programme pour ne citer que Python, j'ai vraiment la sensation que personne n'est à sa place, ni eux, ni moi. 

Je garde toutefois d'excellents souvenirs dans ces classes avec des élèves indéniablement plus fins, plus reposants, sans avoir à gérer des problèmes de discipline et où l'on peut tenir une conversation. Des cours de SNT agréables à réaliser avec de véritables échanges sur les pratiques, un éveil à la réflexion informatique, mais encore ici pas aussi poussé que ce qu'il aurait dû être sur le papier où certains collègues dans des établissements classiques ont fait des sites web et ce genre de choses. Avec les SNT je touche aussi à mes propres limites qui sont celles de la conviction. Enseigner à des élèves comment réaliser des pages web à la main avec la CSS et le reste, je trouve que c'est aussi absurde que d'essayer d'allumer sa gazinière avec deux silex. Montrer ce qui se cache derrière oui, montrer comment le faire non, lorsqu'on sait le pouvoir d'automatisation de l'informatique. J'ai préféré apporter la part de réflexion qui me paraît indispensable pour mieux appréhender notre monde technologique dans lequel on s'enferme un peu plus chaque jour plutôt que d'insister sur des détails techniques sans importance. 

Alors comme chez Lavoisier où rien ne se perd, tout se transforme, mes heures de seconde générale deviennent des heures de 1ère et Terminale SAPAT. Service à la personne et aux territoires, c'est le BAC PRO qui se rapproche le plus du BAC PRO ASSP de l'éducation nationale et pour ceux qui ne connaissent pas le monde de l'enseignement, c'est du sanitaire et social. La différence fondamentale dans le BAC PRO agricole, c'est que s'il est effectivement orienté vers la petite enfance et la maison de retraite en classe de seconde, une ouverture incompréhensible pour les élèves se fait en classe de 1ère et terminale avec la possibilité de travailler dans les offices de tourisme ou les communautés de commune. Incompréhensible car les élèves sont obsédés par le sanitaire et n'arrivent pas à voir les opportunités dans le développement du territoire. Le public est souvent féminin et nombreux, et tout le monde ne peut pas le faire, de se retrouver face à 30 filles. Il se trouve que ça c'est toujours bien passé pour moi. Les femmes ont souvent des problèmes de conflit, elles y voient la rivale, la mère, enfin tout ce que vous voulez, moi elles y voient le chauve à l'humour bizarre à la patience inquiétante qui n'est étonné par rien. J'ai beaucoup de respect pour ces élèves, de façon générale on y trouve des vraies gentilles, et de vraies travailleuses. Comprenez que certaines travaillent dans les maisons de retraite pendant les vacances ou même les weekends, si bien qu'elles arrivent dans un état de fatigue avancé qu'il faut comprendre et gérer. Si dans le cadre d'une seconde générale, les maths sont une fin en soi, pour une élève de filière professionnelle ce n'est qu'un moyen pour avoir le sésame qui permettra de tenter le supérieur ou d'aller directement travailler. J'avais déjà des cours de faits, mais comme toujours, quand on regarde ce qu'on a fait avant on y porte un regard critique, dépoussiérage et remise au goût du jour s'impose. L'intérêt d'être dans une classe d'examen c'est qu'on connaît les attentes, la réussite à l'examen. 

S'il y a bien un endroit où on aura vécu la catastrophe c'est indéniablement en classe de troisième mais après avoir accepté toutes les phases du deuil, je viens de passer à la résurrection. Il y a je crois quand même deux choses que nous ne pouvons pas nier. La première c'est que nous avons vécu une véritable année de merde. Pas de sorties, pas de visites d'intervenants extérieurs, des modifications de dernière minute, aucune projection possible. C'est arrivé spontanément en réunion de fin d'année, quand on est dans le guidon on a tendance à broyer du noir en faisant le constat des urgences du moment. En réunion, on tourne la page sur l'année passée qui a été pourrie pour se focaliser sur la prochaine partie à jouer, on est alors plus optimiste en soulignant le caractère exceptionnel de la situation, on commence à poser les pions, les stratégies pour une meilleure année. Et pourtant, malgré l'optimisme rassurant de ceux qui n'ont pas abandonné la partie, il ne faut pas se mentir, le ver est très largement dans la pomme. Ce que nous vivons actuellement avec des élèves qui ne veulent plus rien faire a été simplement catalysé par la crise sanitaire, mais on le voyait déjà venir. Plutôt que de vous faire un énième billet pour expliquer la dégradation de la situation, je préfère mieux vous raconter que je vais mettre à la poubelle l'ensemble de mes cours de troisième, et en maths et en informatique pour faire mieux l'année prochaine. 

Pour moi le plus simple c'est de commencer par l'informatique qui à raison d'une heure par semaine ne peut plus être que la matière au service du reste avec une progression jalonnée des grands événements de l'année.

Ce qu'il est important de comprendre ici c'est le travail de préparation que l'enseignant doit réaliser en amont, et ce travail est fondamental. Plus le cadre est serré plus c'est facile. C'est ce que j'explique souvent dans mon mode de vie, je suis en gros réglé comme une pendule ce qui me permet de gérer les choses quand c'est franchement la merde, et on sait ici que ce n'est pour faire le malin que je dis ça mais bien parce que je suis un routard de la merde. 

En mathématiques, la discussion avec l'inspecteur a été particulièrement inspirante. Je repense tout, je vais à la simplification absolue pour ne retenir que ce qui est donné au DNB. J'attends d'ailleurs le sujet la semaine prochaine avant de tout refondre. L'idée est assez simple désormais, elle consiste à se focaliser sur la classe de troisième et seulement la troisième sans prendre en considération l'éventuelle classe de seconde qui désormais est surtout une classe de seconde CAP. Concrètement, quand j'attaquais l'année avec un chapitre sur les probabilités où j'insistais lourdement sur le vocabulaire, la notion d'événements contraires, incompatibles et j'en passe, je donne la définition de la probabilité avec des exemples simples, j'oublie les jeux de carte que les enfants ne connaissent plus pour aller directement aux problèmes. 

Indéniablement cette année scolaire aura été mauvaise, très mauvaise. Notre positionnement vis à vis des élèves a changé, s'est durci et puis en fin d'année une forme d'adaptation est apparue, une adaptation qu'il sera difficile d'éviter. Il faudra assister davantage mais seulement ce qui le veulent, devenir beaucoup plus procédurier, plus carrés. À une époque on se retrouvait avec cinq de moyenne sur un contrôle, on vivait ça avec culpabilité et on faisait le contrôle de la deuxième chance. Il est apparu pour beaucoup d'entre nous que le contrôle de rattrapage est plus mauvais que le contrôle original. Désormais on ne rattrape plus et on avance, jugeant que le niveau est suffisamment raisonnable pour que chaque enfant qui le désire vraiment puisse raccrocher les wagons. Je pense que pour les familles c'est la même chose, je vous informe que votre enfant n'a pas ses affaires, ne fait pas le travail, une fois, deux fois, trois fois et puis c'est fini, laisser des traces écrites pour laisser des preuves, car ici encore les ouvertures de parapluie sont devenues indispensables. 

Je crois que c'est dans ce genre de moments que je me rends compte que je ne suis pas désabusé par le métier, ni lassé, car je construis encore, j'essaie de nouvelles choses. Je trouve que c'est très positif, tout est devenu compliqué, les relations avec les familles, les relations avec les collègues, la hiérarchie, mais aussi avec nos jeunes et c'est peut-être ça le pire. J'ai tout de même envie de croire que cette situation exceptionnelle que nous avons vécue, tout le monde l'a vécue et nos adolescents de façon plus dure que nous, avec des réactions que nous avons du mal à comprendre. Demain tout ira mieux. 

La prochaine révolution sera pas télévisée, on y diffuse des sitcoms de chez AB

dimanche 13 juin 2021 à 09:48

Je voudrais commencer ce billet par cette photo, parce que je pense que quand tu montres ça, tu vois rapidement où je veux en venir.

Si vous êtes un grand fan de mes aventures, vous savez que mercredi il y a dix jours j'ai manqué me tuer en roulant sur une flaque d'essence qui m'a permis de payer 425 € au garagiste de Gruissan en changeant la jante, les deux pneus avant et en bonus des plaquettes qui n'auront fait que 15000. Mercredi dernier je devais amener mon grand à la banque, car si vous avez bien suivi il devrait être en CDI dès le mois de septembre si bien qu'il a désormais besoin de la carte bleue et du chéquier. D'un naturel que je qualifierai de prudent je fais de façon très étonnante le tour de la voiture pour me rendre compte que le pneu côté conducteur est fatigué. Je vois sur le côté la vis à l'intérieur, je suis ravi. J'appelle mon garagiste qui me dit que si le pneu est bien dégonflé et que je roule avec, en 100 mètres il est mort. Je ne prends pas le risque et je démonte la roue. Il y a quelques années alors que je vivais à Olargues, une aventure similaire s'était produite avec la clio, j'avais fait deux pneus. Je vivais dans un hameau complètement perdu et c'est il y a dix ans maintenant que j'ai pris conscience que le matériel de base qu'on te met pour démonter une roue, soit tu t'appelles l'incroyable Hulk, soit tu n'y arrives pas. J'avais fait le tour des maisons, un gentil monsieur m'avait donné une barre de fer supplémentaire pour pouvoir faire levier, car comme dirait Archimède, file-moi une barre de fer et je soulèverai le monde. Beaucoup plus pratique, la clé télescopique, indispensable dans la voiture.

Dans les différents problèmes que nous rencontrons actuellement, la canicule, il fait une chaleur terrible et comme dirait Sinik, j'ai plus 20 ans. Je finis par démonter ma roue, je découvre grâce à Google comment récupérer la roue dans le Némo, je n'ai jamais eu à le faire avec le Partner qui se contentait de suinter dignement par tous les trous. J'arrive chez le garage, une mèche, une heure trente de perdue et me voici à la maison.

Donc mon grand est en CDI, c'est tout le mal que je lui souhaite, il a tout de même sa place en BTS. Je me dois de vous expliquer un peu ce que j'ai vécu en tant que parent avec Parcoursup. Mon fils a passé trois ans de BAC PRO à ne rien foutre. Au moment où j'écris ces lignes il doit réviser son BAC, il ne fait rien, il se considère en vacances sachant qu'il commence avec un CDD au premier juillet, il juge que c'est légitime de ne rien foutre avant le BAC. On pourrait se dire qu'avec le tour de passe-passe qui consiste sur quatre épreuves à prendre les deux meilleures pour ensuite appliquer les coefficients dans les autres matières, le COVID, le fait d'avoir trouvé du boulot, d'avoir le BAC avant de le passer, il n'y a rien de stimulant, mais c'est une nature, c'est beaucoup plus profond que ça. Mon fils en troisième avait 14 de moyenne, par contre au collège on était derrière, la prison. Contrôle des devoirs, sanctions si c'est pas fait, obligation de résultats. À la fin de la troisième, comme tout gamin qui se respecte, je pars en seconde générale, je fais un BAC STI2D, et je travaille dans l'informatique alors que je n'ai jamais tapé une ligne de code de ma vie mais je joue beaucoup aux jeux vidéos. Rires dans la salle, ambiance briseurs de rêves, voici la liste des BAC PRO du lycée à Narbonne, tu choisis. Il a pris donc le MELEC, qui est le BAC électricité et ça lui a certainement sauvé la vie. En EGT mon fils se serait fait massacrer, en BTS, il se serait fait aussi massacrer. On n'attend pas de gratitude de sa part, mais il reconnaît qu'effectivement, c'était bien d'avoir des parents briseurs de rêve, et qu'on lui a évité le mur, quelques explications pour les non-initiés. 

À la fin d'une classe de troisième, un gosse qui finit avec 14 de moyenne, ce n'est pas assez pour une poursuite en filière générale. Pour un enfant qui se projette vers du général et donc qui va vouloir embrayer sur du général pur et dur, pas un BAC Techno, c'est 18 de moyenne. La moyenne page de présentation, DM fait par les parents, notes de participation, les notes de collège ne veulent plus rien dire. J'ai pour ma part cessé de participer à cette farce, mes moyennes s'en ressentent avec un large plongeon mais qui sera cohérent avec les notes obtenues au DNB.

Un enfant qui part en seconde générale doit avoir trois choses : des notes exceptionnelles, avoir faim au point de passer des heures derrière un bureau à étudier, savoir ce qu'il va faire à la sortie de la terminale. Car ici on ne va pas se mentir, il y a 30 ans, tu avais ton BAC C c'était pour les gens normaux la FAC de sciences ou maths sup, pour certains des BTS ou des IUT un peu particuliers, pour les illuminés, ils pouvaient même envisager la FAC de lettres. Le BAC C était le sésame aujourd'hui c'est beaucoup moins vrai.

des élèves sur le chemin de parcoursup

Car ce qu'il faut comprendre ici c'est qu'avec une volonté de 95% de réussite aux examens du BAC, il ne peut pas y avoir de places illimitées dans l'enseignement supérieur. À mon époque, avec un BAC médiocre j'ai pu obtenir ma place sans problème à la FAC comme tout le monde, les meilleurs partaient en sup. Alors que j'ai réussi à avoir une maîtrise de sciences physiques, en 2021 je n'aurais pas eu ma place en faculté parce que mes notes étaient trop médiocres. C'est donc le problème numéro 1, un BAC général obtenu de façon médiocre aujourd'hui ne sert à rien. Comme indiqué plus haut, on a inscrit mon fils en BTS pour jouer la carte de la sécurité. Le BTS maintenance des systèmes est un BTS dont le recrutement se fait à 45% en BAC PRO, à 45% en BAC Techno, à 10% en BAC générale, c'étaient les chiffres de 2020. Désaffection par les filières générales ou choix pour le recrutement, on se dit que lorsqu'on vient de BAC PRO on a de façon théorique sa place ... à fortiori quand on a 16 de moyenne et qu'on est premier de sa classe depuis 3 ans. Comme je l'ai dit, mon fils n'a rien fait pendant trois ans, mais comme le gars est pas totalement débile, juste en suivant en classe, il n'a pas eu de problème pour s'en sortir. Avec des notes donc plus que satisfaisantes, il s'est retrouvé en dix-huitième position en liste d'attente, même s'il a fini par être pris. L'opacité de l'algorithme de Parcoursup interroge, interroge encore plus quand le premier de sa classe demande une poursuite d'étude logique dans le BTS qui se trouve chez lui et qu'il est en liste d'attente. On peut alors imaginer ce que ça peut donner avec un enfant aux résultats médiocres qui veut partir vers du supérieur très demandé, vétérinaire par exemple, parce que j'aime travailler avec les animaux. 

La filière BAC PRO n'est pas assez exigeante avec les élèves, et je m'en suis rendu compte en tant que parent alors que j'enseigne en professionnel depuis 18 ans. Dans le cas de mon fils, j'ai noté deux problèmes majeurs. Le premier est inhérent à l'enseignement de façon générale, à savoir que sans retour des profs dans le monde de l'entreprise, il est difficile de se tenir à jour des nouvelles normes, des nouvelles façons de faire. Même si pour beaucoup, on a peur d'avoir le MEDEF aux commandes de l'école, il me paraît évident que dans tous les domaines professionnels, un enseignant qui n'a plus travaillé depuis 25 ans va enseigner des choses désuètes aux enfants. Il faudra créer un retour à l'école pour les enseignants, si on veut être sérieux dans la formation des professionnels de demain. Le second point c'est le manque de travail demandé, les élèves de BAC PRO ne sont pas assez sollicités intellectuellement. En fin de terminale mon fils ne sait plus résoudre une équation du premier degré, il savait le faire en classe de troisième. La responsabilité ne vient pas du côté de mon fils qui a fait le travail demandé. Seulement, pour envisager un BTS, des études supérieures, il faut en demander plus, car le supérieur est un autre rythme, un autre niveau d'abstraction, moins les mains dans le cambouis, plus d'utilisation de son cerveau. Ma fille qui est dans la filière de l'enseignement agricole des services est en train de prendre le même chemin et les discussions sont impossibles. Elle envisage de faire une IFSI à la fin de son année de terminale, mais passe des week-ends à ne rien faire. La justification est aisée, elle fait le travail qu'on lui demande, ni plus ni moins, sans réaliser la masse de travail qui est demandée en école d'infirmière. Le cerveau est un muscle, si on ne s'en sert pas, et c'est le cas pour mes enfants, le passage dans l'enseignement supérieur est équivalent à celui de quelqu'un qui aurait fumé, fait du Mac Do pendant trois ans, aucun effort physique et qui se lancerait dans le marathon de Paris.

Mon discours que je lui tiens actuellement et qui est briseur de rêves, c'est que sans travail personnel, sans volonté d'ouverture d'esprit qui consiste à arrêter de ne regarder que toute la merde du monde pour ouvrir un peu ses chakras à d'autres choses, son parcours dans l'enseignement supérieur n'aura pas lieu ou ce sera une étoile filante. Ici le combat a été le même que pour mon fils, plus sérieuse mais avec davantage de difficultés de compréhension, la seconde GT aurait été une véritable boucherie. Si elle échoue dans le supérieur, son diplôme lui permet de travailler dans n'importe quelle maison de retraite et c'est ici que se joue un enjeu qui va nous amener à la révolution dans notre pays. 

Je pousse mon fils vers la sortie de la maison pour qu'il prenne son envol. L'idée n'est pas de le foutre dehors, l'idée c'est qu'il comprenne deux trois bricoles. Je fais partie des gens rares et c'est un compliment que je me fais, des gens qui en ont assez chié dans la vie pour comprendre l'importance des gens, l'importance des choses et ne pas attendre d'avoir perdu un individu ou quelque chose pour réaliser l'importance que ça avait. Mon fils est nourri, logé, blanchi, n'a aucune préoccupation dans ses papiers, mais ça ne l'empêche pas d'être incapable de respecter trois règles de vie dans la maison, dont quelques-unes sur l'hygiène des locaux qui me tiennent particulièrement à cœur. Avec un job à niveau BAC, on part sur un SMIC à 1200 € par mois. Besoin de voiture, besoin de payer l'assurance, la mutuelle, l'essence, un appartement et ce genre de choses. 360 € le studio de 20 mètres carrés sur Narbonne avec une place de parking privative. Pas les moyens de se payer une voiture autre qu'une poubelle, le calcul a été assez rapide, il ne s'en sort pas financièrement. Il a donc fait le calcul alors qu'il pensait pouvoir voler de ses propres ailes, qu'il était bon pour rester chez nous pendant un bon moment, notamment le temps de rembourser l'argent pour la voiture que nous lui prêtons. Pas si mal que ça d'avoir des parents. Il est assez amusant de voir que lorsqu'on commence à s'intéresser à la réalité, que sa grande gueule de douze mètres de long et les certitudes se ferme très rapidement quand on se rend compte qu'on a besoin de ses parents financièrement mais aussi pour toutes les démarches du quotidien. Je l'ai vu spontanément aérer sa chambre et faire des trucs qu'ils n'avaient jamais faits avant alors qu'il n'a même pas été poussé dans le grand bain.

Il faut comprendre que le positionnement de mon fils est un positionnement normal de celui qui a 19 ans. C'est un positionnement normal chez tout jeune qui vit dans le cocon bien douillet parental, il suffit d'effleurer la réalité pour se rendre compte que ce n'est pas si facile. Seulement il y a quand même un problème qui demeure c'est que si tout le monde doit toucher la réalité pour l'accepter, si on ne croit plus les gens sérieux on va se retrouver avec une situation qui va devenir très problématique, celle de la sous-qualification. Nous avons fait un conseil de classe de troisième, 90 % des élèves veulent partir en CAP, que ce soit en formation continue ou en apprentissage. Pour l'apprentissage, depuis le début de l'année on dit que sans signature par les patrons pas d'apprentissage, les élèves ne se bougeant absolument pas finissent par demander des CAP en formation continue parce que curieusement le patron de leurs rêves n'est pas venu frapper à la porte pour proposer un contrat signé. Il y a deux ans, c'était une moitié de classe ou plus qui voulait s'orienter vers un BAC PRO. 

Il est évident que c'est un rejet fort de l'école qui nous est fait, et c'est un message que nous devons entendre car c'est un message qui est doublement inquiétant. Si les enfants ne veulent plus se lancer dans des études supérieures, ou s'ils ne peuvent plus parce qu'ils n'ont pas le niveau, nous nous orientons vers une France sous qualifiée. Déjà qu'on a une pénurie de médecins en France qu'on doit importer de tous les coins du monde, lorsque cette pénurie va taper les ingénieurs, ou quand on arrivera plus à trouver un prof de maths en France, c'est une nation de gens peu qualifiés qui sera aux commandes et c'est inquiétant, y compris pour l'exercice démocratique. Et seulement et c'est ici un problème qu'il est important de soulever, c'est que la plupart du temps ça se fait dans le sens inverse. On parle de pays émergents, de pays qui avaient peu de qualification et qui ont fini par grimper en élevant par le fait leur niveau de vie. Des gens qui n'avaient rien et qui ont un peu plus sont forcément contents. Avec des gosses qui auront connu des pairs de Stan Smith et des Samsung à 1200 balles, lorsqu'ils vont se retrouver avec une paye de 1200 € par mois il va y avoir un problème. Comment se soumettre, comment se priver de ce qu'on a connu, comment accepter que le fruit de notre travail ne nous permet de maintenir le niveau de vie que nos parents nous offraient à la sueur de leur front ou en cramant ce qui restait un peu de capital des grands parents. 

La génération actuelle qui vit dans l'illusion n'acceptera pas de se contenter de peu et vous pouvez me trouver très pessimiste, mais j'ai bien peur qu'ils finiront par le chercher, ce plus qu'ils n'auront plus. Nous avons vu le phénomène des gilets jaunes, ce sont les prémices révolutionnaires du monde qui nous attend demain. Des gens qui n'auront pas voulu faire d'effort, des gens qui n'auront pas voulu suer dans les études, se faire violence et qui ne comprendront pas pourquoi ils gagnent si peu alors que tout leur est dû. N'allez pas croire que je fais une généralisation à tous les enfants, à tous les parcours, les gens qui n'ont pas eu le choix j'en connais et pas qu'un peu, je pourrais vous faire un grand billet sur l'ascenseur social tombé en panne.

Aucune pédagogie ne peut lutter contre la révolte, et si on peut encore parler des gens qui s'enrichissent, des nantis, des grands patrons, lorsqu'on aura pris l'argent du capital pour se payer du capital, car ici le but n'est pas de manger ou de vivre dignement mais bien de consommer, il ne restera plus rien. Celui qui arrivera à faire passer le message qui consiste à dire que lorsqu'on fait le choix d'un petit boulot, la paye en conséquence impose un style de vie en conséquence et qu'il faut l'accepter, n'est pas encore arrivé. Celui qui arrivera et qui arrivera à faire passer le message que le monde capitaliste dans lequel nous vivons où il faut consommer au plus, avoir encore plus de pognon pour encore plus consommer, lui non plus n'est pas arrivé et c'est certainement de lui dont on a besoin. Je ne vois pas d'autre conclusion que de dire qu'on va tous mourir, et que j'espère que je ne serais plus de ce monde pour assister à ça.

Nous nous quittons bien sûr la chanson de Shurik'n, esprit anesthésié qui disait, la prochaine révolution sera pas télévisée, on y passe des sitcoms de chez AB.

Jouer autrement

jeudi 3 juin 2021 à 21:27

J'avais écrit dans un billet que ma façon de jouer avait évolué, principalement en fonction de quelques critères : 

Dans cette période de pénurie où les cartes graphiques coûtent un bras, j'ai commencé à me retourner vers le marché de l'occasion pour réaliser que des cartes graphiques datées d'il y a plusieurs années coûtent un bras et un rein. La spéculation va bon train. Dans l'offre des cartes, il n'y a rien, à part la GT1030 qui n'est objectivement pas faite pour jouer. Je me suis fait bien évidemment engueuler par mes compères dont le grand maître de la carte vidéo, mais pour l'instant je ne regrette pas mon choix qui est plutôt cohérent avec ma nouvelle configuration.

oh, un torchon qui va brûler !

La GT1030 a deux avantages indéniables : elle fait 0 bruit, elle ne consomme rien. Lorsque j'avais fait la présentation de ma configuration, j'avais noté qu'elle n'avait pas une alimentation standard par rapport à une carte mère encore moins standard. De cette façon je préserve mon silence et c'est très important pour moi, de l'autre j'évite de flinguer mon alimentation ou me lancer dans des bricolages qui finiront certainement en incendie. Dernier critère de cohérence, je suis quand même possesseur d'une Xbox One et d'une PS4, ce n'est pas comme si j'étais à la rue des gros jeux, bien au contraire. 

L'avantage du PC c'est que jouer coûte beaucoup moins cher, et que le nombre de jeux accessibles de la scène indépendante sur PC est bien plus important que celui de toutes les autres plateformes réunies ou presque. La Switch proposant de très nombreux jeux indépendants. Et si on y réfléchit bien, c'est plutôt logique, la Switch est une machine peu puissante, elle va donc compenser l'absence de licences à très gros budgets aux effets de fou par un catalogue de jeux indépendants bien plus gros que les autres consoles avec de très jolis coups, on peut penser à Hadès, seulement présent sur PC et Switch. 

La scène indépendante a quelque chose de franchement rassurant pour moi, c'est que souvent il s'agit de mécaniques de jeux qui sont datées, identiques, simples. Du fait d'avoir peu de moyens, le type de jeu c'est souvent du hack and slash, des jeux de plateforme, du beat them all, dont on connaît spontanément les mécaniques sans avoir besoin de trop réfléchir. D'un côté c'est bien parce que l'engagement est assez faible, on peut se lancer dans une partie d'un peu ce qu'on veut sans trop se casser la tête pour casser très vite des têtes. De l'autre côté c'est pas bien car effectivement l'engagement est plutôt faible si bien qu'on joue sans vraiment de passion. Pour être totalement juste, on notera quand même que si les mécaniques sont les mêmes que les jeux que j'ai pu faire il y a 20 ans, on a quand même progressé sur des éléments du gameplay et sur la technique. On va intégrer par exemple à des jeux de plateformes, des éléments rôlistes avec des augmentations de niveau.

Dans les jeux que j'ai eu l'occasion de faire et qui correspondent à ce que je raconte bladed fury est un bon archétype. Il s'agit d'un beat them all pour le moins traditionnel qui se déroule en Chine ce qui est plutôt rare. Une jeune femme pense tuer un démon mais elle se rend compte qu'elle a finalement tué son père. Elle s'enfuit, en menant son enquête, elle va castagner sévèrement des tas de monstres et des boss particulièrement impressionnants. De beaux effets de lumières, la possibilité d'utiliser des supers pouvoirs récupérés des monstres, la possibilité d'augmenter ses caractéristiques. Le jeu est plié en cinq heures où l'on prend plaisir à tout casser.

Shattered: Tale of the Forgotten King est un jeu que j'ai démarré, j'ai joué quelques heures et puis je me suis arrêté. Il s'agit d'un clone de Dark Souls qui n'est pas sans faire penser à Necropolis dans le choix de la direction artistique. On en revient toujours à la même chose, quand tu n'as pas de pétrole tu as des idées, quand tu n'as pas les moyens de faire des animations de la mort, des graphismes de fou, tu fais le choix du minimalisme et des polygones. Artistiquement c'est assez réussi mais le jeu a de gros problèmes qui m'ont fait couper :

Je pense que ce jeu pourra de façon évidente trouver son public chez les inconditionnels de la série en manque, mais pour moi il faut m'en donner plus pour réussir à m'accrocher. 

Stela est un jeu dans lequel vous incarnez une jeune femme qui passe son temps à courir, poursuivie par des monstres, dans un monde qui a l'air de ne plus tourner bien rond. On pourrait considérer que le gameplay est particulièrement limité puisque le personnage se limite à courir, à sauter et réaliser quelques actions comme déplacer des objets, et pourtant pour les très courtes deux heures que dure le jeu, vous allez vous retrouver face à des puzzles, des actions bien plus riches qu'il n'y parait. On évite des monstres en utilisant les éléments du décor, on fait sonner des gongs gigantesques pour en éloigner d'autres sans aucune indication, c'est au joueur de comprendre l'action à mener. Très joliment réalisé, je n'ai pas essayé de m'attarder sur le scénario où tout est laissé à la libre interprétation du joueur pour me focaliser sur la plaisante expérience de jeu.

J'avais beaucoup apprécié le jeu Remnant from the Ashes, que j'avais pu faire grâce au Xbox Game Pass. Il s'agissait d'un Souls, je sais ce n'est pas original, mais qui se jouait principalement aux flingues. L'action était particulièrement nerveuse et prenante, le jeu présentait toutefois trois défauts principaux. Une génération aléatoire des niveaux si bien qu'on ne croisait pas forcément toujours les mêmes boss, je pense de plus que ce type de jeu se doit d'avoir un level design fixe avec des monstres bien placés et des pièges bien sentis. Ce qui nous amène au second défaut qui découle du premier, des monstres placés n'importe où et en nombre pour faire augmenter la difficulté de façon pas très intelligente. Enfin un boss de fin complètement idiot où le temps à passer par rapport au challenge m'avait fait arrêter le jeu plus tôt. Chronos before the Ashes est un préquel du jeu, c'est d'ailleurs assez plaisant d'affronter des monstres connus, dans un univers connu mais de façon différente. La première chose qui choque dans le jeu c'est la lenteur du personnage. Je pensais que cela venait des paramétrages en lien avec ma carte pas assez puissante mais ce n'est pas du tout le cas. Le personnage est d'une lourdeur incroyable, les adversaires ne sont pas très rapides non plus, mais pour un jeu du genre c'est très problématique. Pour le reste il s'agit d'un Soul très classique, mais beaucoup plus basique, un Soul budget. C'est assez sympathique, avec un système de mort que je n'ai pas eu le temps d'exploiter jusqu'au bout, je pense m'être arrêté au deux tiers du jeu. Lorsque le personnage meurt, il est banni du donjon pour un an, si bien qu'il vieillit. La date limite est semble-t-il de 80 ans, après le personnage ne vieillit plus. Si dans ses premières années il peut augmenter ses capacités de force et d'agilité, en vieillissant elles restent bloquées (elles diminuent ?) au profit de la magie. J'ai arrêté le jeu dans un lieu bien précis avec des monstres assez marrants sur le principe. Il s'agit de statues de pierres, façon un, deux, trois, soleil. Lorsque vous ne les avez pas dans votre champ visuel, elles se déplacent pour vous tuer. Bien évidemment elles sont indestructibles, bien évidemment avec un jeu à la technique datée, se battre contre les monstres bien vivant pendant que les statues se rapprochent, c'est compliqué. Dans cette partie de jeu, les développeurs cèdent à la même facilité que Remnant from the Ashes à savoir qu'on a tendance à monter le nombre de monstres pour augmenter la difficulté. Le challenge devient alors beaucoup moins intéressant et c'est plutôt dommage, certaines idées sont excellentes. Par exemple, vous voyez un objet dans une bibliothèque, en passant par un portail magique vous êtes réduit et vous vous promenez dans un mini niveau dans les livres. Avec davantage de travail le jeu aurait pu être excellent, on peut supposer que les développeurs sont sur la bonne voie et que le prochain épisode sera le bon. 

Sparklite est un roguelite comme c'est dans l'air du temps qui se la joue façon Zelda ce qui n'est pas forcément commun. Vous incarnez une gamine qui s'écrase sur une île où on a un sacré problème d'écologie. Il faudra en effet marave des méchants pollueurs qui exploitent les ressources, vous seul pouvez sauver ce monde. L'univers est assez mignon et fait forcément penser à du Zelda 16 bits. Le jeu n'est pas très compliqué avec des patterns assez faciles à maîtriser, mais comme tous les roguelites il pose le problème de redémarrer au départ si bien qu'il faut rusher parfois pour revenir à l'endroit où on était parce que faire tous les monstres de la carte c'est long. Avec une carte aléatoire, pas évident de poser des repères si bien qu'on peut arriver à une certaine forme de lassitude. Le jeu en outre a ceci d'intéressant, vous avez des gens pour vous aider, en ramassant suffisamment de cristaux vous allez pouvoir débloquer plus d'armes, plus de vie, et ainsi vous faciliter la tâche. Le jeu est plaisant avec des mécaniques simples, quand on est lassé, on peut quitter et revenir comme si de rien n'était.

Avec désormais des jeux indépendants qui sortent à la pelle, où beaucoup tentent leur chance et à raison quand on voit le succès d'Hadès, ce billet aurait pu être infini. Je vais quand même m'arrêter là. Lorsque j'ai vraiment accroché à un jeu, j'ai tendance à écrire une bafouille sur restez-curieux, il s'agissait surtout ici de montrer qu'on peut jouer à moins de 250 € et que ce n'est pas parce qu'un jeu affiche 600 milliards de pixels en même temps que c'est forcément un jeu de qualité. À l'instar toutefois de toute l'industrie culturelle, on se retrouve avec la problématique de ne pas pouvoir tout faire, de ne pas pouvoir tout voir, tout entendre, tout lire, tout jouer, il faudra donc faire des choix et ne plus hésiter à stopper au plein milieu si on a l'impression d'en avoir fait le tour. 

J'ai mis pas mal de temps à écrire ce billet, pas parce que ça ne vient pas tout seul mais parce que les fins d'années chez les enseignants restent toujours complexes et celle-ci n'échappe absolument pas à la tradition, pire peut-être, cela sera l'objet de notre prochain épisode.