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Le Blog de Cyrille BORNE

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Et si lutter contre l'obsolescence c'était lutter contre le progrès

mardi 16 février 2016 à 08:00

La nouvelle n'aura échappé à personne, Google va fermer le service Picasa, l'occasion de rappeler une fois de plus que Google ferme plus de services qu'il en ouvre mais pas une occasion de céder à la fatalité et à la dénonciation facile. Il sera toujours possible si j'ai tout compris de récupérer les photos, de les balancer dans photos si ce n'est pas déjà le cas, concrètement rien n'est perdu ou disons pour l'instant. On peut supposer aussi que l'annonce de la fermeture sera faite directement au niveau de l'application si bien qu'on ne pourra pas dire que les gens n'auront pas été tenus au courant. Si on réfléchit bien, le gars qui finalement est le moins embêté pour la conservation de ses photos c'est le type qui a tout mis sur papier. Parfois les gosses aiment bien sortir des photos d'enfance il y a 35 ans, pour se foutre de moi et montrer comment j'avais une chevelure digne de Balavoine, les photos n'ont pas bougé. Qui connaît aujourd'hui en 2016 un standard ou un support sur lequel il peut miser dans 35 ans, personnellement, je ne parierai sur aucune technologie qui sera encore présente dans 35 ans. On pourrait parier sur le papier, mais je mettrai ma main à couper que le papier aura disparu pour les photos dans quelques temps, on aura réussi à nous faire croire à la destruction de la forêt pour nos souvenirs, et nous embarquer dans du tout cloud où si on peut se dire que nos photos seront à l'abri d'un point de vue technologique, rien ne permettra de savoir que le prestataire qui héberge les photos sera encore là demain. 

Sans pousser si loin dans le futur, mettons nous dans le temps présent. Entre un gars qui a toutes ses photos sur papier et un gars qui a tout sur numérique, je pense que le gars qui a tout sur papier a une solution beaucoup sûre que celui qui a tout sur numérique. Sûre d'un point de vue sécurité, dans le sens où il y a plus de chance d'avoir un crash d'un disque dur que de se prendre une inondation ou un incendie à la maison, sachant que cela revient souvent dans le blog, vous trouverez toute une panoplie de coffre fort qui résistent à tout en cas de drame. Paradoxalement, les vieilles solutions sont plus fiables que les solutions actuelles, et de la même manière d'un point de vue vol de données, il y a plus de chance d'avoir le prestataire qui se fait hacker qu'on vienne vous faucher vos photos dans votre coffre. C'est rigolo, je vous fais presque un discours à la RMS. Le papier n'a pas que des avantages, depuis le téléphone portable on peut montrer ses dernières photos de vacances, étaler son bonheur, plus difficile de sortir l'album de vacances au bureau pour épater ses collègues de travail et tenter de les faire dégueuler devant tant de bonheur. Le numérique a cette force que n'a pas le papier, il peut circuler rapidement et être exploité simplement. On devrait quand même réfléchir en terme de sauvegarde pour ses photos de n'imprimer que les plus importantes. Car là encore le passage au numérique a tellement facilité la prise de cliché, que la photo qu'on devait réfléchir, poser à l'époque est devenue mitraillette, on photographie on verra après. 

Et si lutter contre l'obsolescence c'était lutter contre le progrès ? C'est mon titre, je sais, néanmoins la question mérite d'être posée. A une époque, le progrès c'était une avancée pour l'homme, pour qu'on vive mieux, aujourd'hui dans l'innovation, la dosette de café pour ne citer qu'elle, c'est parfois pour qu'on dépense plus. Pour en revenir à notre exemple de la photo, on peut très bien partir en week-end, faire 600 photos, en imprimer les 20 plus importantes et stocker le temps que ça durera le reste sans regret si cela venait à disparaître. Ou même mieux, ne conserver que les 40 clichés qui paraissaient vraiment les plus importants et supprimer le reste qui n'apporte rien de plus. Cela nous pousse à faire des choix, à se limiter, et c'est certainement ce qui manque dans ce progrès qui nous est offert ou imposé, la frustration. Aujourd'hui vous allumez la télévision, c'est 150 chaînes qui vous sont proposées et même des chaînes pour les chiens, demain ce sera certainement encore plus. Comment apprendre à nos enfants à choisir, alors qu'on nous explique que le seul choix c'est de ne jamais en avoir assez, donc de ne pas choisir.

Moscou veut supprimer Windows de ses ordinateurs et passer sous Linux. Le nouveau responsable informatique de la Russie a des idées bien arrêtées, il râle d'une part parce que les GAFAM ne payent pas ce qu'elles doivent sur le territoire national, et parce que les données des citoyens Russes ne restent pas non plus sur le territoire national, il serait amusant de voir la Russie dégager l'intégralité de ce qui se fait actuellement pour passer à des solutions libres. Il ne faut pas y voir nécessairement une cause charitable dans cette démarche, mais le fait que la Russie a bien compris que pour retrouver le contrôle, il fallait passer des solutions qui n'ont rien à gagner dans le progrès tel que je le décris plus haut. Le problème en informatique, comme pour la photographie mais en pire c'est qu'on pousse ouvertement à la consommation sans aucun recul, sans s'interroger si le progrès qu'on propose a du sens. Pour s'en soustraire, il faut faire le choix de refuser ce progrès, choisir le logiciel libre ou Linux est une façon de le faire, sans pour autant tomber dans la caricature du gars qui par élever ses chèvres dans le fin fond du Larzac avec des toilettes sèches. 

Mon établissement pour exemple offre une dualité. Nous subissons d'une part le progrès en passant à Windows 10 car il faut le faire maintenant et nous pouvons le faire, nous avons passé des machines sous Debian c'est à dire que nous avons refusé le progrès en ne mettant pas au rebut des machines qui ont plus de 10 ans et en leur offrant une durée de vie supplémentaire. En s'extrayant du rythme que nous impose Microsoft nos élèves ne profiteront peut être pas des dernières technologies au top du dernier système d'exploitation de Redmond, ils ne seront pas pénalisés pour autant en utilisant des alternatives. Et puis à quoi bon céder de façon systématique au early adopting qu'on nous impose. Voyez le titre de cet article : La tablette est morte, vive l’ordinateur deux en un ! On ne peut pas taxer le site de retournement de veste puisqu'il s'agit principalement d'un site de hardware orienté PC mais le titre est fort et effectivement, à part dans l'éducation nationale où on a toujours un train de retard, il semblerait que l'engouement tablette soit vite retombé pour un retour en arrière, le retour du clavier mécanique, le retour, un mot devenu récurrent dans la nouveauté. Le retour du menu démarrer dans Windows 10, un retour en arrière pour une nouveauté, cherchez l'erreur. 

Le marché des nouvelles technologies est en berne, faut-il y voir des poches vides ou un acheteur qui devient plus responsable, qui refuse de subir. On espère que le foot va faire redémarrer le marché de la télé sans se rappeler que la 3D pour les télés c'est du passé, technologie qui n'est pas passé, en ce moment on fait dans l'écran incurvé jusqu'à ce qu'on réalise que c'est générateur de fragilité, la télévision connectée ne se vend pas si bien que ça et pourquoi faire d'ailleurs, le décodeur qu'on est obligé plus ou moins de brancher à sa télé est déjà bien trop connecté. Les initiatives comme les repairs café se multiplient, les gens découvrent les fablab, on commencerait presque à rêver d'un monde ne subissant plus la technologie mais où la technologie est maîtrisée, raisonnée pas pour qu'on vive vieux mais pour qu'on vive mieux. 

 

Cette famille « Zéro Déchet » vous aide à faire de même !

mardi 16 février 2016 à 07:15

Un article dans l'air du temps et qui donne envie, mais qui pour ma part relève quand même du sacerdoce. Pour éviter les déchets ils évitent les supermarchés, et vont donc battre la campagne pour aller à droite à gauche pour passer du boucher au poissonnier. Si j'étais vache, je pourrais prendre le problème à l'envers en écrivant qu'avec tout ce qu'ils doivent rouler, ils faudrait peut être mettre dans la balance cet élément, ils doivent certainement le faire du fait de la rigueur qu'ils s'imposent. Dans la démarche, plus que le côté zéro déchet qui serait difficile à réaliser pour nous, c'est cette notion de "sobriété volontaire" qui me parle, à savoir éviter la consommation à outrance pour acheter ce dont on a réellement besoin. 

On vit réellement dans un monde qui change mais c'est aussi inquiétant. Le discours c'est de passer de l'ordre mondial à l'ordre local, et si effectivement il paraît bien plus judicieux avant toute chose de vivre avec ses voisins, de faire travailler ses commerçants, on ne peut quand même qu'être interpellé sur une forme de replis sur soi, alors qu'il y a fort à parier qu'on a réellement besoin d'avoir un maillage mondial pour connaître les activités des uns et des autres. 

https://mrmondialisation.org/cette-famille-zero-dechet-vous-aide-a-faire-de-meme/

Note de service : suppression de mon compte diaspora*

mardi 16 février 2016 à 06:38

Avant qu'on ne me fasse le commentaire, je prends un peu les devants. Suite à un échange un peu houleux avec les personnes qui hébergent le pod, il me paraissait difficile de continuer à profiter de ce service. On peut difficilement en effet critiquer le repas de quelqu'un et continuer à jouer les piques assiettes à sa table, c'est une simple question d'intégrité. Je pourrai chercher un autre pod, mais la quatrième ou cinquième création de compte, je pense qu'on va arrêter les frais pour un service intéressant, qui fait le job qu'on lui demande, mais pas indispensable pour moi comme tout autre réseau social. Alterlibriste gagne 50 points de je l'avais dit.

 

 

Tails facile avec Debian

lundi 15 février 2016 à 11:35

Dans l'article Tor facile avec Debian je précisais que si vous deviez utiliser Tor en terrain sensible il était préférable de le faire à travers une distribution dédiée comme Tails sur clé usb qui ne laissera pas de trace.

En effet Tails, The Amnesic Incognito Live System, construite sur une base Debian, est l'outil idéal pour certains journalistes ou ONF, (organisations non gouvernementales, indépendantes et d'intérêt public), travaillant sur des sujets sensibles ou sur des territoires non réputés pour le respect des droits de l'homme car tous les outils nécessaires pour une certaine forme d'anonymat y sont présents, grâce en particulier à Tor et au fait qu'aucune trace de ce qui va être fait avec à ces outils n'est sensé laisser un quelconque historique sur la clé usb ou le disque, sauf si vous en décidez autrement puisqu'il est possible de configurer une partition dédiée pour y sauvegarder son travail. Je précise aussi une certaine forme d'anonymat car il n'y a jamais aucune garantie en la matière, soit de fuites, soit d'erreurs de votre part.

Ce billet s'adresse avant tout à des personnes ayant besoin de préserver leur anonymat sur le web dans un but louable (vaste sujet). Ne nous voilons pas la face, Tails tout comme Tor ou tout autre logiciel ou Os est aussi utilisé sur le dark web à des fins bien moins avouables que la défense des droits de l'homme et la protection de la vie privée là où elles sont véritablement en danger, (voir par exemple : Note stratégique Dark Web MaaS.pdf).

Ceci posé, voyons comment installer facilement la distribution Tails depuis une Debian car, comme on peut le vérifier ici, l'ancienne procédure classique n'est ni simple ni rapide.

Procédure d'installation :

1/ Télécharger l'iso de Tails sur http://dl.amnesia.boum.org/tails/stable/ ou depuis torrent https://tails.boum.org/torrents/files/
2/ Depuis votre Debian installer le paquet tails-installer
:~# aptitude install tails-installer

Pour Jessie il faudra activer les backports :
deb http://http.debian.net/debian jessie-backports main

Pour Ubuntu avant Xenial il faudra ajouter le ppa :
ppa:tails-team/tails-installer

3/ Lancer tails-installer depuis le menu des programmes ou depuis un terminal :
:~$ tails-installer-launcher

Il faudra pointer vers l'iso téléchargée et confirmer la clé usb cible pour installer le système :

tails1

tails2

tails3

tails5

Il ne reste plus qu'à démarrer une machine en sélectionnant de booter sur la clé usb

Vendredi, c'était ... vendredi

lundi 15 février 2016 à 08:00

Vendredi c'était une journée un peu particulière, j'avais cours de 15h35 à 16h30, amusant quand même, plus de 1h10 de voiture pour enseigner moins d'une heure. Les collègues de façon récurrente, dans la journée : tu t'es pas fait remplacer ? Ben non, je ne me suis pas fait remplacer, j'avais quelques bricoles à faire. Arrivée 8h30.

J'arrive vers la fin de la matinée, je vais manger, je mange trop vite et je retrouve une collègue qui de la même façon que moi, n'a qu'une heure de cours et travaille depuis ce matin, à la différence elle débute dans le métier tout est à faire. Elle m'explique qu'elle a un ordinateur portable Asus, que le connecteur pour le courant a déjà été soudé mais que ça tient pas, une panne assez récurrente et si je connaissais quelqu'un sur Pézenas et environ. Je dis que non, surtout pas se mouiller, et j'explique qu'il faudrait peut être envisager de changer le connecteur en entier. Elle m'a dit qu'elle avait fait le tour, que la batterie lui coûterait déjà 90 € parce qu'elle est vide et que personne ne voulait lui faire la réparation ce que je peux comprendre pour un assembleur, pas intéressant. Je lui ai dit qu'elle devrait peut être essayer de trouver un repair café ou de revendre son ordinateur sur le bon coin. Elle a déjà un écran, son PC de toute façon ne sortait jamais de chez elle et je lui trouve une tour sur une boutique de Béziers / Narbonne, plusdepc, Damien en avait parlé dans un billet et j'avais validé dans les commentaires, ma belle-soeur ayant acheté du matériel là bas. Elle me dit que le calcul est assez simple 90 e de batterie pour éviter d'avoir l'ordi qui se coupe dès que le fil de son chargeur bouge à peine, une réparation pas évidente, à 110 € elle a un ordinateur qui correspond à son besoin et elle serait intéressée par Linux. Elle me dit que des tas de gens lui en disent du bien et qu'elle voudrait y passer sans savoir que face à elle se tient le Dieu Linux Voldemort le Déconstructeur, celui dont les copains n'osent plus dire le nom de peur de l'invoquer, ils n'ont pas tort. Je lui dis que je suis un Dieu Linux et que si elle le veut je lui mettrai son poste sous Linux car ce que femme veut, Dieu Linux le peut. 

17h00, je retrouve une dernière secrétaire. J'avais déjà réparé son Windows XP, une machine que des spécialistes annonçaient comme morts, alors qu'il suffisait de réinitialiser la machine. Elle m'explique que son ordinateur s'est remis à débloquer, que la seule utilisation qui est réalisée c'est la connexion sur le net pour les enfants. Je lui ai proposé la mise en place d'un Linux en lui garantissant qu'elle n'aurait plus de virus, elle a dit OK, ce sera une handylinux et un peu plus de travail ce week-end. 

Marrant quand même le vendredi, cette journée où tout est possible, où tous les délires sont autorisés. J'ai passé des heures à manger du Microsoft à en vomir, et je vous garantis que c'est tout sauf une activité plaisante, et d'un autre côté des gens me parlent de Linux, ne rechignent pas à une installation, preuve que du chemin a été parcouru dans l'esprit des gens.