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Le Blog de Cyrille BORNE

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Linux Mint : Site piraté, données à vendre et ISO infecté !

dimanche 21 février 2016 à 10:55

Mauvaise nouvelle pour Mint et pour Linux en général, des isos ont été modifiées pendant un moment, ce qui prouve bien qu'on n'est à l'abris de rien. Vous avez dans l'annonce officiel de Clément Lefebvre la procédure à suivre si vous êtes concernés. Couper la machine du net, faire la backup des données, formater et réinstaller.  

http://www.undernews.fr/hacking-hacktivisme/linux-mint-site-pirate-donnees-a-vendre-et-iso-infecte.html

Les noyaux Linux moins fiables que le noyau Windows !

dimanche 21 février 2016 à 10:42

Je regardais l'article de Denis ce matin, je pense quand même qu'il faut distinguer la théorie de la pratique. Soit Kevin un utilisateur de 15 ans, nous nous proposons de lui confier un ordinateur sous Windows 10 avec une connexion internet à très haut débit. Ne dérangeons pas Kevin et revenons dans 10 minutes. Kevin a réussi à planter sa machine après avoir installé cacaoweb et téléchargé 20 plugin VLC si indispensables pour regarder du porno. Bien sûr vous pourrez dire que je suis dans la caricature et pourtant c'est une réalité, une réalité que je connais bien pour la vivre au quotidien. Vous prenez le même Kevin vous le collez devant Debian, il aura beaucoup plus de mal à la mettre à sac. On ne peut nier les failles de sécurité, on ne peut non plus nier l'expérience utilisateur, et je pense qu'on ne peut nier aussi le fait que la transparence du libre permet de savoir quand c'est la grouille ce qui n'est peut être pas nécessairement le cas avec les programmes Microsoft. 

Dans un cas comme dans l'autre, il me parait évident de remettre aussi le comportement de l'utilisateur au centre de la sécurité. A part des attaques de type SASSER que j'ai dû croiser en 2001, je n'ai pas souvenir d'avoir attrapé un virus de façon spontanée, le fameux virus de cinéma qui contamine tous les ordinateurs de la planète. Par contre des couillons qui vous plantent un PC j'en ai vu à la pelle et que ce soit par l'installation de programmes néfastes pour leur machine ou par la modification de leur distribution en y faisant rentrer tous les PPA du monde. 

http://www.dsfc.net/infrastructure/securite/noyaux-linux-moins-fiables-que-noyau-windows/

2016, parce qu'on est en 2016, février

dimanche 21 février 2016 à 08:00

Souvenez nous sommes en 2016, Cyrille BORNE vient de fêter ses 40 ans, il ne lui reste que 5 ans avant d'être grabataire, il doit relever le défi de cette année 2016 pour tout finir et ne plus rien faire parce qu'on est en 2016. 

Après 15 ans de fidélité je quitte la Banque Populaire de la Région Parisienne. Je m'en souviens comme si c'était hier, on avait expliqué à l'époque à mon épouse qui venait de réussir son concours d'instit que t'es prof, si t'es prof tu ouvres un compte à la banque populaire, c'est comme ça et pas autrement, c'est écrit dans les textes. C'était la grande banque populaire de la place Saint-Jean de Melun, je me rappelle très peu de cette ville où j'ai vécu trois ans quand même, il faut dire que j'étais plus souvent dans le train, le métro, le bus et Paris qu'à mon domicile. Ces quinze années passées avec la Banque Populaire n'auront été qu'une succession de désamour aux travers de très nombreuses erreurs informatiques et humaines, je pense que la perte du chèque du prêt de plus de 100.000 €, les conditions d'obtention du prêt, des conseillers si souvent en vacances, feront partie certainement des meilleurs moments. Aujourd'hui ma banque est à quelques kilomètres de chez moi, je peux même y aller en tongues et à pieds. Ce n'est certainement pas celle qui propose les tarifs les plus attractifs, mais elle propose quelque chose qui aujourd'hui est devenu totalement indispensable pour mon grand âge, un visage. J'y vais on me reconnaît, je suis accueilli, et quand j'y vais pas, j'appelle, et j'ai un numéro direct, c'est magnifique, c'est tellement XX° siècle cette relation à l'autre. Je ne tiens pas rigueur à ma banque, c'est une entreprise comme une autre, une entreprise en outre qui n'est toujours pas prête pour faire de la relation à distance comme c'était mon cas puisque mes comptes n'avaient jamais quitté la région parisienne. Cela fait partie des choses que je ne pourrais plus faire, le téléphone c'est devenu la croix et la bannière, l'attente, les gens qui ne sont pas là, qui ne rappellent pas, les messages jamais laissés, ça ne marche pas. 

effectivement une banque qui m'a réellement donné envie d'agir.

Nous sommes en 2016, tout est possible, voilà l'histoire du syndic est réglée. Souvenez vous, la loi Alur vient de passer par là, il faut un syndic et les papiers qui vont avec pour vendre. D'une part il me parait normal que mon voisin puisse vendre son bien, d'autre part si on bloque c'est un coup à se retrouver au tribunal de grande instance comme ça commence à arriver sur Saint-Pierre ou parfois à quatre ça réussit à se passer mal. On a finalement opté pour une syndic propriétaire, qui prend pas cher. En fait du fait de la particularité de "notre" maison, où les parties communes se limitent au sol et au toit, il n'y a rien à faire, sachant qu'en plus on fait tout nous même et qu'on a mis un tel foutoir dans les façades qu'on continue à faire chacun dans notre coin ce qu'il veut. Pour cette première année, la mise en place, le syndic professionnel me paraît bien et pour deux raisons. D'une part je ne voulais pas me taper le truc à monter tout seul alors que ce n'est pas moi qui vend ma maison, d'autre part ça permet d'apprendre les choses, des choses que je ne savais pas. Par exemple, parmi les papiers que le syndic doit être capable de fournir il faut désormais un bilan pour l'amiante pour l'intégralité du bâtiment et pas seulement individuel. S'il n'y a que quelques documents à fournir, à s'occuper de façon régulière et une assemblée générale à faire en short autour d'un barbecue chaque été, je prendrai peut être le relais, moi ou un autre des copros qui pourrait aussi se lancer, j'ai jusqu'en 2017 pour décider de ce que je ferai, mais ce sera en 2017, et 2017 c'est pire que demain, c'est loin. 

Nous étions hier le 20 février et le février the wall est en construction, voici donc la moitié du mur. 

Pas de réelle difficulté pour cette partie si ce n'est certaines coupes dégueulasses du fait que je n'ai pas tracé droit au marteau-piqueur. Il s'agit de la première partie du mur, on est monté à un mètre et coulé une ceinture. D'ici quelques jours quand c'est sec, je vais ramasser les trois tonnes de caillasses que j'ai laissées pour combler l'arrière du mur. Imaginez quand même qu'il va me manquer de la terre et des cailloux alors que j'en ai excavé des tonnes. Il faut que j'aille à la déchetterie, virer un peu de ferrailles, nettoyer et me débrouiller pour faire rentrer les piles de sables que j'ai devant la maison où des chats ont déjà commencé par faire leur besoin, décidément j'ai un problème avec les chats en ce moment. Dans deux semaines, on monte la partie face à la bétonnière à 2 mètres, et envisager de mettre une semelle supplémentaire pour mettre le grillage sur la partie qui me sépare de mon voisin dans la première photo, ce qui fait que je vais arrêter d'aller entreposer des trucs pendant qu'il est pas là. 

Voyez que les projets avancent, que 2016 est l'année où il est possible de tout finir, pour certainement tout recommencer en 2017. Mais pour l'instant c'est 2016, parce qu'on est en 2016.

La réforme des programmes, premières réfléxions

samedi 20 février 2016 à 08:00

Comme je l'ai écrit, c'est la réforme du Brevet, c'est la réforme de tout le collège, c'est la grande fête qu'on n'attendait pas réellement, trop occupés à se dépatouiller avec nos élèves et les quinze dernières réformes. J'ai commencé à lorgner dans les programmes de mathématiques du côté de nos amis de l'éducation nationale, c'est la fête. En fait, la notion d'algorithme, de programmation entre directement dans le programme de maths et pas "ailleurs". Si les référentiels ne sont pas encore sortis dans l'agricole, on devrait avoir quelque chose de pas bien différent, si j'enseigne les mêmes matières l'année prochaine, je ferai donc de l'informatique en mathématiques mais aussi de l'informatique en informatique, vous m'avez compris, il sera judicieux d'être le même prof. De ce qui ressort des textes, on retrouve un grand classique, le flou artistique. Pas de langage de programmation imposé, je n'ose à peine parler de la formation des enseignants et sans faire preuve de pessimisme, enfin pas plus que d'habitude, il y a fort à parier que ça bloque très largement du fait d'avoir une population d'enseignants qui ne sait pas coder.

Le programme de mathématiques a l'air d'être complètement mis en charpie pour faire de la place au code. Il y a désormais une véritable volonté gouvernementale de transformer nos chères têtes blondes en armée de codeurs. Nos gosses ne savent pas lire, ne travaillent pas, ont perdu un certain sens manuel, ne maîtrisent pas les outils en tant que simples utilisateurs, ne savent même pas entretenir une machine pour y accueillir un logiciel pour programmer, mais ils coderont. 

Au moment où j'écris ces quelques lignes, je suis en train de finaliser mon concours informatique avec mes élèves de troisième, des élèves en plein dedans donc. Dans les consignes, pour une maquette de journal qu'il fallait réaliser, le prix, la date du journal fictif, la source pour les images, un poids à la sortie de 500 Ko maximum. Au niveau du concours, je pense qu'ils doivent jeter pas moins de 50% des productions des élèves, c'est à peu près ce qui va partir au niveau de ma promotion, car les gamins alors que les consignes ont été répétées des dizaines de fois et vous savez qu'on peut compter sur moi pour ça, ils sont nombreux à ne pas avoir la rigueur pour le faire. On gâche, car on des productions qui sont très intéressantes mais qui ne respectent pas les conditions. Le compilateur n'aura pas plus de pitié alors qu'on nous demande d'en faire preuve chaque jour vis à vis de nos élèves, de la bienveillance au déficit de la rigueur. Au brevet pour ne citer que lui, un gamin vous met le théorème de Pythagore sans condition, sans dire que c'est Pythagore, on lui file tous les points. et de l'autre il faudrait apprendre la programmation à des enfants qui ne laisse aucune place à l'approximation, nous prenons donc des chemins inverses dans les enseignements. 

Il y a je pense une erreur de fond, celle qui tendrait à croire que tout le monde peut coder, que tout le monde a besoin de savoir coder. La France avec les classements qui la font reculer régulièrement vit dans la culpabilité de ses résultats et imagine qu'il faut mettre de la programmation à toutes les sauces. A ce compte là si on monte le code à un tel niveau d'importance, il faut mettre des cours d'économies dès la maternelle, des cours d'agriculture, de recyclage, des cours de système D. J'ai la conviction que les gens qui veulent se mettre à coder le feront par eux même, de la même façon que les gens qui font du bricolage ont le besoin de tout démonter. Comme pour tout, il ne faut pas forcer, il faut faciliter. A titre d'exemple alors qu'on est dans une ambition de niveau nationale, le seul BAC PRO informatique n'en porte même pas le nom, c'est SEN, service électronique et numérique, si on veut coder il faut aller en BTS ou en IUT. Des BAC PRO en informatique ou même un CAP pourquoi pas, de maintenance informatique des particuliers, un BAC informatique général ou technologique, il aurait peut être fallu commencer par là plutôt que d'arroser de la maternelle à la fin de troisième où les enseignants deviennent à mon sens trop variés. 

Cela dit, on y est donc allons y. Si j'ai tout compris je vais avoir deux parties à traiter, la partie informatique des mathématiques, la partie informatique de l'informatique. Après avoir discuté avec l'inspecteur d'informatique, pour sa partie on du algobox, pas de problème et on a de la programmation au sens très large avec le choix qui nous est donné. Je vais me focaliser je pense sur deux axes : 

Comme je l'ai déjà écrit, on doit certainement avoir une énorme estime des enseignants pour imaginer qu'en à peine quelques mois ils aient la capacité de procéder à une telle révolution et transmettre avec brio et sans accroc de nouveaux programmes qui sont encore en cours d'écriture. Quelque chose me fait dire qu'on va avoir quelques campagnes de recrutement pour faire le plein, avec des professeurs de mathématiques qui vont devenir des professionnels du développement d'ici à septembre, les chasseurs de tête vont nous poursuivre et je ne parle pas de nos élèves. 

Parce que vendredi sera toujours vendredi

vendredi 19 février 2016 à 19:20

Rentré à pas d'heure après avoir récupéré l'épouse et la fille, je suis à 7 heures dans la voiture en train de cracher des flammes et je roule, certainement trop vite mais je dois être au lycée, 32 minutes, record du tour partner édition.

Je choppe mon documentaliste en lui expliquant que ce matin j'ai commencé à 6h30 à envoyer les épreuves de mes élèves pour mon fameux concours, et qu'au sixième mail je n'ai plus reçu l'accusé de réception ce qui laisse supposer que mon adresse mail a été considérée comme un spam, j'ai plus de 50 épreuves à envoyer et je ne compte pas créer 50 comptes fictifs. Il faut dire que si j'avais poussé la démarche jusqu'au bout, il aurait fallu que les enfants envoient leur mail tout seul, rire dans la salle. Il y a un désaccord pédagogique pour ma part. Les gosses aujourd'hui sont connectés à des réseaux sociaux, ont des dropbox, et j'aurai tendance à dire que le mail s'il n'est pas mort, ne leur aurait été utile que pour cette occasion. A raison d'une heure de cours par semaine, le temps de la création et par le fait l'inscription des gosses à un quelconque service propriétaire pour mailer un coup, je passe mon tour. J'insiste au niveau des gamins pour l'utilisation de l'ENT qui a toute les fonctionnalités qui me permettent de valider le futur défunt B2i. Donc je prends tout et je balance moi-même, il me trouvera la réponse plus tard dans la matinée, j'ai droit d'envoyer un tir groupé. Je peux continuer à me propager dans le lycée, mais je me fais serrer dans tous les coins, les gens me jettent des ordinateurs portables au vol que j'attrape, ils n'ont même pas le temps de commencer leur phrase, je donne déjà la réponse "oui, pas de problème", je suis en chasse, je vois ma proie, elle est blonde et s'appelle M*. 

Et je continue ma tornade folle. Ce matin quatre heure de surveillance de brevet blanc. 12h10 fin des cours je suis en vacances, je me déplace avec vivacité vers ma voiture en ramassant des ordinateurs portables au vol, direction Clermont L'Hérault. Mon ancien lycée organise un tournoi de foot en salle réunissant de nombreux gamins du coin, des élèves à moi y sont, mes anciens élèves aussi, j'ai trois heures devant moi, transport compris. Je gare la voiture, T* sort de la salle en hurlant. T*, gamin que je connais depuis 4 ans et dont j'ai sauvé la peau plus d'une fois, c'est un sanguin, de la race des tueurs, le genre de gamin totalement imprévisible. T* et moi avec le prof de physique remplaçant pour savoir comment on règle le problème parce qu'il y a eu contact, T* et moi dans le bureau de CPE parce qu'il a mis un coup de tête à un gamin, T* a failli frapper sur quelqu'un parce que perdre n'est pas dans sa logique, T* me voit, s'appaise, me fait la bise. C'est un tour d'honneur pour moi, anciens collègues, anciens élèves, bises, poignée de main, des visages inconnus qui s'interrogent et ils savent qui je suis, Judas, celui qui est parti, mes anciens élèves actuellement en terminale ne manquent pas de me le rappeler et me disent que ce serait pas mal de finir l'année avec eux. Je vois M* sur le terrain de foot, la même tête mais avec 50 cm de plus que lorsque je l'ai laissé. M* à qui je disais souvent "non tu vas d'abord muer puis prendre la parole" est devenue une montagne, cet escroc dont le père m'avait donné l'autorisation de taper dessus est un garçon de 17 ans qui étudie la plomberie et qui est venu participer au match, deux heures de bus pour retrouver son ancien lycée et faire du foot, il nous aura tous marqué au fer rouge ce bahut. Le lycée le Cep d'Or, un lycée où on rigole plus qu'on pleure, j'y laisserais certainement mes années d'enseignement les plus difficiles et les plus drôles, les emmerdements ça rapproche. 

Une heure de route m'attend pour rentrer chez moi, je n'ai pas changé de lycée pour rien et je me demande en écoutant Saez me raconter que dans mon partner, je suis un chevalier, que le monde est à mes pieds, comment j'ai fait pour tenir physiquement entre les difficultés de l'établissement, les travaux à la maison, et ces plus de deux heures de route. 

Il est quinze heures, je n'ai pas mangé, c'est pour les faibles, je m'empiffre de gâteaux pour éponger le café que je me suis envoyé, ma livraison arrive. 

J'appelle Imhotep l'architecte et lui donne l'interdiction de mourir dans la soirée, avec ce que j'ai derrière, je suis forcé de laisser tout devant et de rentrer au fur et à mesure qu'on rentrera les parpaings. Demain samedi premier jour des vacances, on monte le mur à 1 mètre avec la ceinture, ils annoncent un froid de chien, c'est pas grave, je serai malade plus tard, mais "cailloux" qui dure maintenant depuis 2 ans et demi doit prendre fin, car c'est 2016, l'année où tout s'achève. Après avoir avancé les parpaings comme on a pu, rentré le ciment et dégagé à peine la voie publique appelée hors saison la rue Borne, je m'assois paisiblement à mon ordinateur pour imaginer faire ma veille. 

14 secondes après m'être assis une petite fille qui fait la gueule est à côté de moi avec un appareil photo à la main, je crois malheureusement me souvenir de son visage, c'est la présidente du syndicat des enfants : 

Respiration, je passe sur l'ordi de ma femme, je sors 28 photos avec recuva, et je dis : ben voilà tu as paumé tes 400 photos du voyage. Larmes ... Grande respiration. Au moment où j'écris ce billet, il est 19h15 et je suis encore en train de faire tourner photorec, un composant de testdisk, je pense que j'ai récupéré les 400 photos après 6 ou 7 passages dans tous les sens ce qui prouve que la ligne de commande c'est plus fort que Windows, c'est plus fort que tout, le voyage en Espagne a l'air d'être sauvé.

Nous sommes vendredi, je suis en vacances, à ce qu'il parait.