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Le Blog de Cyrille BORNE

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Comprendre l'interopérabilité

mercredi 24 février 2016 à 08:00

L'interopérabilité est un mot compliqué de plus de huit lettres qu'on pourrait traduire par le fait qu'un objet marche dans le truc du voisin. Prenons un exemple simple, tu prends une cassette VHS, elle marche dans le magnétoscope de René, de Michel et de Raoul la cassette vidéo est interopérable et ce quelle que soit la marque du magnétoscope. Si on part de cette définition simpliste, on peut se dire qu'il suffit pour un objet donné d'avoir le truc qui est capable de l'interpréter et en voiture Simone, le problème est réglé. Oui, si on part du principe d'une logique commerciale où il ne peut en rester qu'un. 

A l'heure actuelle, si vous voulez acheter un film, vous allez l'acheter à Carrefour au format DVD ou au format bluray, sachant que le format DVD est interopérable avec la platine bluray c'est à dire que la platine bluray sait lire les DVD, pas l'inverse car la technologie bluray est plus récente. Si aujourd'hui, il n'y a pas d'ambiguité, il y a quelques années ce n'était pas aussi simple, le bluray avait son concurrent : le HD-DVD. Que s'est-il passé ? Dans une logique commerciale, il ne pouvait en rester qu'un, le fait que la PS3 a l'époque possédait un lecteur bluray a certainement contribué à faire basculer l'avantage et enterrer le concurrent qui ne pouvait pas survivre car les deux formats n'étaient pas interopérables. Comprenez que si les les platines BR avaient la capacité de lire le HD-DVD et réciproquement, les choses auraient été plus simples pour le consommateur, mais sans aucun intérêt pour le "créateur" qui doit tuer la concurrence pour empocher le pactole. 

Il faut donc comprendre que l'interopérabilité et surtout son absence est un enjeu avant tout commercial, le "meilleur" format, en tout cas celui qui rencontre les faveurs du public remporte la mise s'il arrive à s'imposer. Il est important de savoir que la mise est non seulement remportée sur les ventes directes du produit mais aussi sur le brevet de l'invention que les concurrents n'auront d'autre choix que de payer s'ils veulent participer au marché. C'est d'ailleurs à cause de cette notion de brevet, ou grâce, que Microsoft gagne énormément d'argent avec les téléphones Android où certaines technologies inventées appartiennent à la société. 

Ce problème d'interopérabilité, nous le subissons au quotidien, des dosettes de café aux cartouches d'encre, les industriels se gardent bien de créer des standards, de cette façon ils poussent le consommateur à acheter leur produit et pas un autre qui n'est pas compatible. Il existe pourtant un monde qui procède à l'envers, pas travailler par rapport à celui qui a écrasé les autres mais poser les standards, une norme afin que tout le monde puisse lire cette norme, c'est le monde du logiciel libre. L'objet libre a ses plans qui sont parfaitement définis et la personne qui va travailler avec sait ce qu'elle doit faire pour l'utiliser. Si demain on voulait faire une cafetière à dosette libre, on ferait d'abord le format de la dosette, pour trouver quelle serait la dosette idéale, et ensuite chaque personne qui voudrait faire sa machine à café qui pourrait être plus au moins fantaisiste s'adaptera à ce standard de dosette. L'avantage bien évidemment pour le consommateur c'est de se dire qu'en achetant la dosette libre, si sa cafetière venait à rendre l'âme, il n'a pas à s'angoisser quant à l'achat d'un modèle exactement similaire, un modèle de la même marque, il lui suffirait d'acheter une cafetière libre qui est construite pour utiliser cette dosette. 

On a bien compris que dans le monde commercial, tout est fait pour qu'il n'en reste qu'un et c'est plutôt efficace dans le monde réel. Dans le monde virtuel, c'est un peu différent car les coûts de fabrication sont moins élevés ce qui permet à des alternatives d'exister face au ténor et même parfois de faire jeu égal. L'exemple le plus pertinent est celui de la suite bureautique libreoffice. Avant de créer les logiciels pour travailler, pour écrire, pour calculer, on est parti du problème à l'envers c'est à dire qu'on a fait les standards des documents qu'on va éditer : l'odt pour le texte, l'ods pour la feuille de calcul, etc ... Les normes étant accessibles, n'importe quel logiciel peut fabriquer ce type de document et on peut donc sans problème passer d'un de ces logiciels à l'autre. L'intérêt est évident, le choix bien sûr d'utiliser le logiciel qu'on veut, mais surtout la garantie de la pérennité si l'un de ces logiciels venait à disparaître. A contrario, Microsoft qui édite la suite logiciel Microsoft Office ne propose pas de format ouvert mais un format fermé, un format propriétaire de la firme. Si dans une entreprise Paul fait une lettre (un doc) avec Word de Microsoft, Jacques n'aura pas d'autre choix que d'avoir Word à son tour pour lire le document de Paul et éventuellement le retravailler. Il est bien sûr facile de comprendre que Microsoft n'a aucun intérêt à ce que ses formats de document soient lisibles par d'autres logiciels, car il vend sa suite bureautique, le client est donc prisonnier de sa suite bureautique. Et le problème de la prison c'est qu'on subit, notamment l'obsolescence logiciel. On va vous expliquer que le logiciel que vous utilisez n'est plus assez performant et qu'il est urgent de tout changer, moyennant finance bien sûr. 

L'interopérabilité est un enjeu et encore plus dans l'éducation où il est indispensable que les élèves qui travaillent aujourd'hui puissent le faire dans les valeurs de la république, la gratuité en fait partie. Si une école fait le choix de travailler avec des logiciels propriétaires, des formats donc non interopérables, c'est un choix de l'école et on peut se dire que l'élève ne le subit pas, l'école reste gratuite, il n'a pas payé son logiciel. Néanmoins, il y a un énorme effet de bord dans le choix du logiciel propriétaire, si l'élève veut poursuivre son travail à domicile, il n'a pas d'autre choix d'acheter le logiciel propriétaire ou de le pirater puisque les documents propriétaires ne sont lisibles que par les logiciels propriétaires qui les ont fabriqués. Il faut impérativement dans le cadre scolaire privilégier les logiciels libres afin que les élèves puissent disposer de leurs documents sans avoir à débourser un centime. 

Note de sa seigneurie. Il se pourrait que dans cet article j'ai pris de très nombreux raccourcis pour aller à la simplification. Par exemple on sait que Libreoffice ouvre les fichiers de Microsoft. Cela dit quand on voit le résultat c'est un peu comme s'il ne savait pas les ouvrir.

Bill Gates s’oppose à la décision d’Apple concernant le chiffrement de ses téléphones

mardi 23 février 2016 à 22:09

Si on me demandait mon avis, on ne me le demande pas, mais je le donne quand même, je rejoins totalement Bill Gates dans la démarche. Quand on touche à la sécurité des autres, éventuellement à la mienne, tous les moyens sont bons. Si dans le cas de nos boîtes noires françaises on peut discuter de l'efficacité et de la pertinence des protocoles, de ce qui est suivi, de ce qui n'est pas suivi, ici il s'agit du téléphone portable d'une personne dont la culpabilité a été prouvée, je crois qu'il n'y a même pas de question à se poser. 

http://www.universfreebox.com/article/33802/Bill-Gates-s-oppose-a-la-decision-d-Apple-concernant-le-chiffrement-de-ses-telephones

Que faire quand on trouve un oiseau déglingué ?

mardi 23 février 2016 à 18:30

Comme vous l'avez compris ces vacances sont reposantes et forcément quand c'est reposant, il faut un peu de piment, comme si j'en avais pas assez du marteau piqueur et du reste. Les gosses me disent que chez le voisin, il y a un goéland qui bouge mais pas trop, genre goéland bourré qui n'arrive plus à tenir sur ses pattes. Que faire ? Coup de chance, j'ai un élève qui a fait son stage à la ligue de protection des oiseaux, et qui m'expliquait que c'était le boulot de la ligue de réparer les oiseaux cassés. J'appelle donc la ligue de l'Aude, pas de chance, c'est la ligue de l'Hérault et on m'explique qu'il va falloir capturer l'oiseau et l'apporter chez la bénévole la plus proche à plus de 20 km de chez moi. Bien sûr la tentation de laisser mourir l'oiseau devient alors énorme, mais les enfants vous regardent avec un air que chaque parent connaît, l'air du gamin qui attend que tu fasses quelque chose, cet air détestable où tu sais que tu vas finir par céder. Il faut savoir que s'il peut arriver à la ligue de se déplacer, elle ne le fait que pour un animal capturé, parce qu'avant les gens se déplaçaient mais curieusement les oiseaux étaient partis. Capturer un goéland, j'aurai tout fait dans ma vie. 

Le goéland, c'est pas très souriant comme oiseau, ça a un bec énorme, donc on prend des gants. Ensuite, technique ultime, vous lui jetez une serviette sur la tête, et automatiquement il est neutralisé car il croit qu'il fait nuit. C'est quand même là qu'on se dit que le plan de domination des goélands pour conquérir le monde n'ira pas bien loin, pas bien malin le goéland. A partir de ce moment là il suffit de le chopper et de le mettre dans une caisse avec du journal, parce que je vous garantis que le goéland ça envoie quelque chose, genre tourista dans un pays exotique, nous avons fait la route, les fenêtres ouvertes.

Rendez vous sur le parking de bricodepot avec la bénévole du coin qui remettra le goéland à la ligue le lendemain. Voilà, vous saurez désormais comment sauver un oiseau. On dit merci qui ? Merci le déconstructeur !

 

Monument veut ramener vos photos dans le cloud à la maison

mardi 23 février 2016 à 14:00

Le projet vient d'exploser les comptes, quasiment du simple au double, 60.000 dollars attendu. Un truc qui va donc être vendu aux environs de 100 € sans disque dur quand un NAS fait la même chose à pas grand chose. Comme le rappelle l'auteur du billet à raison, cette solution ne protège pas de tout et je dirai qu'à titre de comparaison elle protégera moins qu'un NAS puisque je suppose vu la compacité de l'appareil, qu'il n'est pas doublé pour faire du RAID et garantir une sécurité supplémentaire, pas forcément pour les drames du genre les incendies mais dans le cas d'un crash de disque dur. Les gens ne voient que l'aspect mignon du boîtier sans réfléchir que c'est à lui qu'ils confieront leurs précieuses photos. 

http://www.numerama.com/tech/146297-monument-veut-ramener-vos-photos-dans-le-cloud-a-la-maison.html

L’importance du contexte et l’effort du lecteur

mardi 23 février 2016 à 10:00

Cascador a construit dernièrement un long article sur la problématique du contexte et la volonté d'effort du lecteur. Cascador est un garçon qui réfléchit beaucoup et je suis à l'origine d'une partie de sa réflexion, notamment par rapport à mon positionnement étrange quant au journal du hacker où j'avais demandé de ne pas être cité. Pas que là d'ailleurs, à l'époque, présent sur le réseau diaspora, je ne linkais pas mon blog, je suis finalement discret sur le web malgré le bruit que je fais ici. 

Mon contexte, c'est celui d'un gars de 40 ans, avec la culture d'un gars de 40 ans, les préoccupations d'un gars de 40 ans qui n'a pas d'enjeu dans l'écriture de son blog si ce n'est le partage et user de son droit à la liberté d'expression, se marrer un peu. Cascador m'a dit que je devrais mettre des pancartes à l'entrée pour que les gens qui arrivent ici comprennent un peu, je suis dans une démarche inverse. Pour moi, c'est le gars qui vient ici qui doit faire l'effort. S'il ne comprend pas, je dirai que ce n'est pas mon problème, je ne vais pas écouter du Justin Bieber par souci de jeunisme, changer ma façon de m'exprimer. Si je prends un livre de Umberto Eco c'est à moi d'adapter mon niveau culturel, pas à Umberto Eco de changer sa façon d'écrire. Bon en même temps comme il est mort, c'est un peu tard, mais je suis sûr qu'il ne l'aurait pas fait. 

Le problème du journal du Hacker, du simple lien, c'est que justement ce n'est qu'un simple lien et qu'il laisse au lecteur la surprise de la découverte sans avertissement. Il y a une appellation NSFW qui signifie Not Safe for Work et que les gens vont mettre pour informer la personne que le lien qu'ils pointent n'est pas à regarder avec du monde derrière, comme ça peut être le cas sur son lieu de travail ou si on a des enfants derrière. Sans tomber dans la caricature qui consisterait à mettre un point d'exclamation et la mention attention blogueur provocateur aux idées débiles, je pense que celui qui linke a quand même la responsabilité d'expliquer où il envoie les gens. 

Dans son billet, Cascador précise donc qu'il est important d'appréhender le contexte et que l'auteur doit faire des efforts pour l'expliquer, je crois que pour comprendre mon contexte, il faut me lire un peu, je crois que c'est d'ailleurs le cas de toute personne qui produit, il faut écouter, lire, voir, s'imprégner pour se faire une opinion. Il précise de la même manière, que le lecteur doit faire l'effort de s'y intéresser et c'est ici certainement qu'on bute. Les gens veulent impérativement commenter dans la seconde, prendre au premier degré, foncer dans le tas pour une bonne arène pleine de sang. 

Si ma demande de ne pas me linker est cavalière, il s'agit d'une simple demande qui n'a rien d'une imposition que je ne peux pas réclamer, c'est la moins mauvaise manière que j'ai trouvée pour rester dans un certain cadre de lecteur pour que ce blog reste lu par ceux qui le lisent. Je pense rester sur cette position, la potion magique pour rendre les gens moins cons n'ayant pas été réalisée, lorsque je vois que Denis se fait attaquer physiquement sur son serveur pour un article qu'on peut discuter, que j'ai discuté d'ailleurs sans m'énerver, je me dis effectivement qu'il vaut mieux éviter de faire de la propagande pour se faire connaître et rester dans une forme d'entre soi curieux à définir, le net n'ayant pas de frontières. 

http://www.laurent-napias.com/post/2016/02/20/limportance-du-contexte-et-leffort-du-lecteur