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Le Blog de Cyrille BORNE

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Cinéma, cinéma, TCHI TCHA !!! Février 2016

samedi 27 février 2016 à 08:00

Robert De Niro est un vieux, et comme tous les vieux il s'ennuie. Pour moins s'ennuyer il décide d'aller bosser et va être le nouveau stagiaire d'Anne Hathaway, une jeune femme qui a monté une boîte d'envoi de vêtement à domicile, une start up avec tout plein d'idées débiles comme recruter des vieux comme stagiaire. Ses relations avec les gens ne sont pas faciles, elle est solitaire, mais il y a quelque chose de troublant chez cet homme âgé qui gère tous les problèmes avec un calme totalement exceptionnel. Cauchemar de bons sentiments, moralisateur à souhait, la confrontation du vieux monde du travail face aux clichés du nouveau, cliché, oui c'est le mot, ce film est un énorme cliché.

Joaquin Phoenix est une espèce de poète maudit, une forme de légende. Professeur de philosophie, il n'a plus goût à la vie, il se contente de cumuler les excès, l'alcool, la drogue, les femmes, souvent ses étudiantes. Un jour un événement va complètement changer sa vie, à la table d'un restaurant il entend une femme se plaindre d'un juge ami de son ex mari qui lui rend la vie totalement épouvantable, menaçant la garde de ses enfants. Et s'il la débarrassait de cet homme, comme ça, juste histoire de se rendre utile à la société en commettant le crime parfait. L'homme irrationnel est un film de Woody Allen, et si on ne le sait pas on peut difficilement l'imaginer tant ça change quand même des histoires torturées de l'artiste. Le concept est assez classique mais bien mis en oeuvre, avec un Joaquim Phoenix bien sale, tout à fait à l'aise dans le rôle.

Matt Damon a bien des problèmes, alors qu'il doit quitter Mars avec le reste de son équipe, un accident se produit et on pense qu'il est mort, son équipe repart en direction de la terre. Seulement Matt n'est pas mort et se retrouve seul sur Mars comme un imbécile. En même temps, Matt c'est un warrior, et il va se débrouiller pour survivre tranquillement sur la planète en faisant pousser des patates avec son caca et de la terre martienne. Ceux qui ont trouvé que la fille qui apprend la force en 20 minutes pour devenir un Jedi c'est choquant doivent voir d'urgence seul sur Mars pour voir le gros délire de Ridley Scott. Au moins, il se met à l'abris des gens qui vont rechercher des incohérences dans le film, on s'envoie 2h30 de grand n'importe avec énormément d'amusement et de plaisir. Le film qui ne se prend pas au sérieux une véritable réussite, Matt Damon tient tranquillement le film sur ses épaules, c'est un vrai plaisir.

On avait quitté nos héros à la sortie du labyrinthe, ils étaient tout content de trouver des hommes en armes pour les sauver. La faute à pas de chance car il faut se méfier de tout le monde, ben les gens qui les ont sauvé travaillent eux aussi pour la méchante. Il n'y a pas d'autre choix que de s'évader dans les terres brûlées et d'affronter des tas de nouveaux dangers. Et ça bouge, et ça court, et c'est énervé, et y a des zombis partout parce qu'il y a toujours des zombis partout. Alors que le premier labyrinthe était une bonne idée sur le principe, on aurait pu espérer avec ce deuxième épisode un peu plus qu'un Fallout. Je crois que c'est comme Prison Breack, c'est mieux à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Emily Blunt travaille pour le FBI, à la frontière Mexicaine, la drogue, les sombreros, rien de bien rigolo. Elle est repérée par un groupe d'intervention armé qui à priori travaille pour l'état, qui lutte contre la drogue mais avec des méthodes particulièrement violentes. Elle réalise que la situation est bien plus complexe que ce qu'elle croit et en vient à se demander si les gentils sont si gentils, alors que les méchants, eux, pas de problème sont très méchants. Sicario n'est pas un film à regarder en famille, une violence rare qui se veut illustrer la violence des cartels, c'est réussi. Un bon film, prenant, choquant.

Dans un trou perdu, la petite ville américaine à la limite de la caricature, un jeune homme veut partir, seulement il n'y parvient pas. Son père est malade, il s'occupe de lui, il n'a pas d'argent, pas le courage. Il va tout de même tenter un coup en faisant croire que le facteur se fait assassiner, et curieusement être présent au moment où ça se produit la caméra à la main pour filmer sa petite copine qui s'entraîne à être miss. Seulement avec le facteur mort c'est la disparition du courrier qui se produit et l'un des habitants attend un colis avec énormément d'impatience et sera prêt à tout pour le récupérer. Gros casting pour ce Hell Town, John Malkovich ou Billy Bob Thornton pour n'en citer que deux, si le film se laisse regarder, ça manque singulièrement de patate quand même. 

Sylvie Testud est procureur de la république, elle voit débarquer dans son bureau Mathilde Bisson qui n'est autre que la mère biologique de son fils qu'elle a abandonné. Incapable de faire la part des choses, elle déclenche son ire sur la jeune femme, une façon de se débarrasser d'elle. Son mari, un avocat va contacter la jeune femme et lui donner un coup de main, au départ un sentiment de culpabilité par rapport à l'attitude de sa femme. Malheureusement et comme on peut l'imaginer ça va partir en sucette. Au plus près du soleil est un film très très très glauque, qui en fait vraiment trop pour n'être que sordide. Dispensable. 

Laurent Lafitte de la comédie Française, est en plein divorce, c'est un homme qui ne va pas très bien parce qu'il porte un lourd secret de famille, la mort de sa mère. Il a beau ressasser le problème dans tous les sens, l'histoire qu'on lui a raconté enfant ne lui convient pas, il va donc mener l'enquête et remuer le passé. Pas mal ce boomerang, je ne serais pas aussi enthousiaste que Gilles, le film manque réellement de rythme et le côté de la famille traumatisée par ce lourd secret me parait peu crédible, ça manque singulièrement de testostérone. 

Jalil Lespert est beau, plutôt fortuné, il est un oenologue de renom et chaque année son guide fait la pluie et le bon temps chez les grands crus. Son père Gérard Lanvin est viticulteur, son exploitation est en train de prendre l'eau. Le fils est nommé patron chez le père pour relancer la machine et il va donc se lancer dans la création de ses premiers crus. Difficile d'être objectif pour moi, je suis un grand fan de Jalil Lespert et encore plus de Lanvin, je pense qu'ils auraient fait un remake de la cage aux folles, j'aurai trouvé ça formidable. Le film est plaisant mais prévisible au possible, les ficelles étant aussi épaisses que des pieds de vigne. On se doute que le père est bourru et va avoir du mal à suivre son fils, Lanvin bourru, quelle folie, que le fils malgré les épreuves de la nature finira par gagner à la fin et dans la foulée conquérir la fille d'à côté. 

Lily Tomlin est une grand mère atypique (grandma), professeur d'université, lesbienne, militante, pénible. Sa petite fille vient lui rendre visite dans un but intéressé, trouver l'argent pour se faire avorter. La grand mère et la petite fille vont se lancer dans un road movie pour aller à la clinique et dans la foulée récupérer de l'argent chez de vieilles connaissances. Difficile de ne pas adhérer au jeu de l'actrice déjantée complètement à fleur de peau qui cherche encore à révolutionner la société, un bon film. 

Dans une famille un peu étrange, avec un père épicier (Ramzy) qui donne ses produits pour faire plaisir, et une mère qui fait de la psychanalyse gratuite (Agnès Jaoui), deux enfants essaient de se construire, difficilement. La fille sur la même démarche que ses parents ne sait pas dire non aux hommes et passe son temps à coucher avec eux pour les consoler, le fils quant à lui se radicalise et cherche à partir en Algérie. La construction du film est étrange car le réalisateur de je suis à vous tout de suite, oscille en permanence entre la comédie et le drame, il aurait dû choisir le drame où les scènes sont plus réussies. Pas de vrai fil conducteur, décousu, on regarde forcément pour Ramzy. 

Deux gamins, mais du genre du vrai petit qui vivent en banlieue vont trouver de la drogue et commencer à se lancer dans le deal. Le problème c'est que la vie en grand qu'ils sont en train de s'offrir est loin d'être dénuée de risques, les clients pas toujours clair, les gros dealers et j'en passe, ils ne sont que deux pauvres gosses après tout. Si on est capable de passer tous les clichés réunis sur la banlieue et le système scolaire, on a un film bien gentil. 

Un braquage sanglant, des gars un peu psychopathes qui prennent en otage Virginie Ledoyen une jeune femme qui vient de se marier et qui globalement ne sert à rien pendant tout le film et Lambert Wilson qui essaie de se rendre à l'hôpital d'urgence car sa petite fille doit subir une greffe. Voilà la trame d'enragés qui se résume à une cavalcade folle pas très originale, pas très engageante, un peu comme si des français avait voulu se la jouer à l'américaine. Très moyen. 

Claude Brasseur est un vieux bonhomme qui vit seul dans son appartement parisien. Son fils, a trouvé comme bonne idée de lui coller une étudiante (et Monsieur Henri) dans les pieds pour être sûr qu'il n'arrive rien au vieil homme. La jeune fille essaie de joindre tous les bouts, ses études où elle peine, un petit boulot dans un bistrot, sa vie privée, en ne réussissant finalement nulle part. Claude Brasseur ne supporte pas sa belle fille et propose à l'étudiante un plan simple, des mois de loyers offerts contre la mise à l'épreuve du couple formé par son fils et cette bru qu'il trouve stupide. Le film est intéressant mais mélange tout : le temps qui passe, l'échec, la relation entre les enfants et les parents. Dommage, les idées sont plutôt bonnes, l'ensemble est un peu lourd. 

Sergi López et Céline Sallette c'est l'amour fou, sauf que Sergi López c'est un fou et qu'après avoir mis minable un type dans une soirée qui s'approchait trop de sa copine, il prend trois ans de prison. Pendant ce temps là, elle se console avec Eric Cantona, un homme posé qui va reprendre la boucherie de son père, acheter une maison et lui faire des enfants, mais Sergi revient. Les rois du monde c'est pas que c'est mauvais, mais le coup du triangle amoureux on connaît un peu, un peu trop. Le film n'apporte rien si ce n'est un jeu des acteurs au top, Sergi Lopez en type à fleur de peau alcoolique, dépressif et amoureux, Cantona qui fait vraiment bien le job avec de la retenue, les acteurs arrivent à nous passionner pour cette histoire qu'on a tant de fois vue. 

Guillermo del Toro avec ses super univers, c'est un peu comme Tim Burton, au bout d'un moment ça commence à gaver et on se dit qu'il serait bon que ça change. Dans des super tenues d'époque une fille qui voit un peu des fantômes tombe amoureuse d'un gars un peu bad boy qui cherche à vendre une invention un peu folle. Papa qui est un gros bourgeois s'oppose à l'union, mais curieusement papa se fait éclater la tête contre un lavabo et morte de chagrin elle trouve le réconfort avec son ténébreux qu'elle épouse. Elle part vivre dans un trou perdu, un château en ruine, son aimé et sa soeur qui la regarde vraiment mais vraiment méchant. Oh la la la que va-t-il lui arriver, je me le demande. Crimson Peak est un film dont le scénario tient sur une feuille de papier toilette. A force de privilégier l'esthétique, le réalisteur finit par oublier que de temps en temps une bonne histoire ça pourrait être bien sympa. Long à mourir et se transformer en fantôme pour hanter l'actrice. 

Ermite

vendredi 26 février 2016 à 14:00

Il faudrait que je creuse mais je pense que cela fait plus d'un an que je n'avais pas été sans réseau social, peut être plus. Pour être plus précis dans les dernières années j'ai flingué : 

A l'heure actuelle je suis en manque, et j'en suis à lire ce genre d'articles : les sept réseaux sociaux à surveillerLa Liste des Réseaux sociaux, et d'autres titres du même genre, comme si finalement je cherchais la perle rare, la communauté qui serait prête à m'accueillir après avoir échoué ailleurs. C'est idiot, il faut savoir jeter l'éponge et se rendre à l'évidence, les réseaux sociaux ce n'est pas pour moi. Je me rends compte que l'utilisation que j'ai pu faire des réseaux n'est pas forcément la meilleure, alors que 90% de ce que vous pouvez trouver c'est de l'info repiquée ailleurs et redistribuée, la recherche du bon mot ultime, la promotion surtout pour ses propres articles, je me suis contenté d'échanger et de raconter des conneries, comme d'habitude en fait. Je réalise que le gain de temps est vraiment considérable, mais l'aspect social tellement facilité, me manque. S'il ne devait rester qu'un réseau social pour quelqu'un comme moi, ce serait certainement twitter, twitter c'est tellement fort que les gars ne se cassent plus la tête pour faire des articles, ils balancent juste les échanges. 

Nos blogs nous poussent à battre la campagne pour aller commenter chez les uns et chez les autres, c'est ici que se fait le social, ce social dont on ne veut plus comme je l'avais écrit, ce social qu'on cache de plus en plus pour poursuivre la conversation plus loin, ces fameux réseaux, des conversations qu'on n'a désormais plus envie de gérer, d'arbitrer, de modérer. Il est devenu beau ce web participatif, les sites internet passent quasiment au statique.

La question donc, comment tu fais du social, sans réseau social ? 

A l'ancienne, c'est définitivement une étiquette qu'il sera désormais difficile de décoller, plus ça va, plus je me ferme de portes, et le pire c'est que si sur le coup ça me fait un petit pincement, je me rends compte que je suis désormais trop vieux pour faire autrement. Un jour j'avais dit que la définition de la vieillesse c'est quand en 2004 tu continues d'écouter Claude François, que tu y prends du plaisir, et que tu n'as ni le besoin, ni l'envie, ni la capacité à écouter autre chose, là je crois qu'on y est. 

Into the wild ou l'histoire d'un cercle vicieux

vendredi 26 février 2016 à 08:00

Selon les rumeurs, je serais en vacances, mais je n'arrive pas à redescendre. C'est assez rare d'ailleurs, souvent j'arrive aux vacances et je m'effondre dans les premiers jours, là je reste sur le même rythme, je pense que les travaux du samedi ont contribué à la montée d'adrénaline. Lundi matin, correction de l'intégralité de mes copies, un contrôle sur les multiplications de fractions avec des relatifs en 4ème, un brevet blanc en 3ème. Voici une copie type de 4ème. Je ne demande même plus de feuille, je laisse la place dans l'énoncé pour répondre. Pourquoi ? Parce qu'à force d'avoir des gosses qui arrachent les feuilles de leur cahier parce qu'avoir une pochette de feuilles, c'est compliqué, même avoir un stylo c'est compliqué, si bien qu'un des élèves m'a fait l'intégralité de sa copie au feutre, j'ai adopté cette stratégie comme la grande majorité de mes collègues. A une époque, je faisais un contrôle sur les fractions, aujourd'hui j'en fais trois, additions / soustractions, multiplications et enfin divisions. Pourquoi ? Tout simplement parce que déjà qu'ils ont du mal à se rappeler que pour les additions et les soustractions il faut un même dénominateur, si on rajoute les multiplications et les divisions ils essaient de mettre tout au même dénominateur quel que soit le calcul. En décomposant en trois épreuves, c'est mieux mais pas formidable.

La copie ci-dessus fait partie des difficultés que je rencontre de plus en plus, les élèves ne sont plus capables d'organiser une feuille. Il y a de la place en pagaille, la gamine est allée m'enquiller les calculs dans les cases minuscules. Vous vous doutez bien sûr que les consignes ont été données 50 fois. Un calcul, on passe à la ligne, on met de la couleur, et encore il s'agit d'une copie propre. Quels sont mes choix ? Je peux mettre 0 directement aux copies que j'estime inacceptables, je peux coller pour faire comprendre que je suis mécontent et que c'est de l'irrespect, je peux gueuler, je peux appeler les parents pour dire que le gosse se moque de moi. Déjà fait, rien ne marche. Aux corrections des examens, les collègues de français expliquent que l'enseignant doit se débrouiller pour comprendre ce que raconte le gosse, qu'importe le nombre de fautes de français, on se débrouille. Comme je l'avais expliqué, aujourd'hui en maths, un gosse met le résultat sans tout le tralala qui va avec les théorèmes, on met le maximum de points. Voilà le résultat de l'enfant au centre du système scolaire, l'enfant peut faire n'importe quoi, c'est pas grave, on s'adapte. 

Autre univers, même ambiance. 

Aucune explication, aucune justification, alors que tous les profs de maths avant moi qui se sont succédés pour que la propriétaire de la copie arrive en troisième ont tous dû dire qu'il fallait expliquer, j'ai droit à du oui ou du non. 2 heures pour réaliser le sujet, je pense qu'elle a dû le faire en moins de 20 minutes, ce qui signifie 1h40 à regarder au plafond ou à dormir sur sa table. Là j'ai sorti la copie un peu extrême, mais le oui ou le non sans autre justification reviennent de façon régulière. En fait les gamins ne sachant pas expliquer tentent leur chance alors qu'ils savent pourtant que je ne donne pas de point sans raisonnement. 

Quand je vois ça, je ne crie pas au désespoir, comme je l'ai toujours écrit, les mathématiques ne sont pas une finalité en soi. Ce qui me gêne ici c'est la logique élémentaire, c'est à dire qu'on n'arrive plus à communiquer avec les enfants ou à se faire entendre. Pour moi, avoir un stylo, espacer, prendre le temps, rédiger, c'est de la logique élémentaire, mais pas pour une grosse majorité des élèves qui s'en foutent royalement. Il faut reconnaître qu'on leur a largement facilité la tâche en baissant en permanence le niveau des exigences, tous, et les parents en premier qui tolèrent tout. Bébé c'est le plus beau, c'est le plus fort, et il ne faut pas trop lui en demander sauf quand un jour bébé à 15 ans, est un véritable paillasson et qu'on ne sait plus quoi en faire. 

On dira encore que je prône le c'était mieux avant, ce n'est pas le cas. Une époque où les enseignants pouvaient être insultants, humiliants, parfois violents avec les élèves, une époque où l'école n'était pas synonyme d'épanouissement mais de passage obligatoire, une école où si on ne brillait pas scolairement, on montrait les lycées professionnels comme la menace, la poubelle, une école du mépris en quelque sorte. Si ce n'était pas mieux avant, ce n'est pas mieux maintenant, on a oublié que l'exigence n'est pas nécessairement une contrainte, c'est ce qui permet de tirer les gens vers le haut. Si les adultes ne sont pas là pour pousser les gosses, ils ne le feront pas tout seul, il devient désormais urgent que tout le monde reprenne sa place, pas comme avant, mais certainement pas comme maintenant. 

piqo ou cultivons encore l'art de se faire de nouveaux amis

jeudi 25 février 2016 à 08:00

Il aura été difficile d'échapper à piqo l'ordinateur made in France dans les sites que je suis donc que vous suivez aussi car je suis un blogueur influent et je vais encore troller pour le vérifier. Je ne remercierai jamais assez l'auteur de cette phrase :

​La liste est très très longue, et avant de rentrer dans les détails, j'aimerai quand même vous inviter à lire ceci : Il en restera toujours quelque chose... Il s'agit concrètement de l'initiateur du projet qui explique qu'il se retrouve avec de nombreuses critiques de Geek et de libristes sur ce projet avec je cite : J'aurai toujours du mal à comprendre ceux qui défendent l'informatique libre tout en s'opposant aux initiatives de vulgarisation, parce que cela va à l'encontre même de la philosophie « libriste ». La question c'est pourquoi, n'ayez pas peur les gens, vous le savez, ici le suspense ne dure jamais bien longtemps. 

Piqo est un raspberry pi 2 avec un boîtier, une alimentation et une carte micro SD dont la taille varie, par défaut l'installation d'une xubuntu modifiée. Forcément les critiques des gens qui savent vont fuser sur au moins deux points : 

  1. il ne s'agit pas d'un ordinateur français mais d'un ordinateur fabriqué en France, puisque le pi 2 est anglais, le boîtier chinois.
  2. et le classique "oh mais tu as vu l'arnaque on te vend un pi2 comme une nouveauté alors que le pi2 je te le paye moitié moins cher et je te fais tourner Gentoo les yeux bandés". Je vous invite à lire le blog de François, les commentaires où on est en plein dedans

Avant de vous déconstruire l'ensemble, j'aimerai quand même juste souligner qu'on est mal barré chez les libristes. Entre les fanatiques qui disent que chaque projet libre est béni des dieux, du genre la bombe nucléaire libre, je vous garantis qu'on en aura pour applaudir à deux mains et les autres qui voient des escrocs partout sans s'interroger, on est à la lisière du bois des rageux et des illuminés, je crois que les fanboys d'Apple s'en sortent mieux. Il devient de plus en plus difficile de s'exprimer sans que ça parte dans tous les sens, c'est le plus gros problème du libre je pense. 

PARLONS ARGENT 

Le modèle de base avec une carte 8 Go est vendu sur le site du projet à 79 €, si je vais chez Kubii pour en gros la même chose je suis à 66.90 pour la même chose, soit 67 € parce que compter avec les centimes me fait peur ce qui nous donne une différence de 12 €, dérisoire. Il faut payer quelqu'un pour assembler même si ça peut paraître dérisoire, mais il faut le faire quand même, d'après le site la version de Xubuntu est adaptée, il faut bien un codeur pour le faire, il y a des charges, des locaux à payer. Vous me ferez remarquer que Kubii a aussi une marge, et bien nous allons imaginer puisqu'il s'agit d'une action à but non lucratif que cette marge et le supplément partent dans les frais engendrés, on ne peut donc pas parler d'arnaque.

Une volonté de rendre accessible le raspberry pi, Linux de façon générale au plus grand nombre, trouver une façon de le faire sortir de l'ornière. D'un point de vue communication c'est une réussite, je l'ai vu passer sur un tas de site, on pourra dire que le message est passé. Donc j'achète l'appareil, c'est pour faire du desktop, je l'achète dans sa version de base, c'est à dire une carte à 8 Go avec au moins 5 Go de mangés pour le système il me reste 3 Go. Il faut donc enquiller un disque dur en USB ou acheter le modèle à 32 Go ce qui reste faible, acheter un disque dur externe ce qui avec le RJ45 partagé avec l'USB est sale, éventuellement acheter un dongle Wifi compatible pour 15 €. Une addition qui pourrait commencer à devenir salée pour une expérience classique

PARLONS TECHNIQUE

900 MHz, 1 Go de RAM et une Xubuntu dessus qui est devenu un gros veau avec les années, j'espère qu'ils ont fait de sacrées optimisations. Souvenez vous, j'avais fait quelques tests sur le pi2 en mode desktop avec un libreoffice qui se lançait relativement rapidement, je n'avais néanmoins fait aucun test de charge, c'était convenable, mais pas extraordinaire et on était sur une raspbian c'est à dire quand même le système qui va bien, ou qui va le mieux.

Poussons un peu plus loin. Le pi de façon générale est un ordinateur qui est destiné à l'apprentissage, au bidouillage, le lancer en production n'est peut être pas une super idée parce que les concepteurs n'ont jamais parlé de production et on s'adresse ici à l'utilisateur final. Car, si l'auteur a une véritable volonté de bien faire, je vois des pi en mediacenter, je vois des pi en console retrogaming, je vois des pi en petits serveurs, mais je n'ai pour l'instant pas vu ou pas cherché des expériences de pi en version desktop, c'est à dire des gens qui se contenteraient de cet appareil pour ordinateur. Et je trouve que c'est inquiétant, car si l'expérience utilisateur est mauvaise, et y a de bonnes chances pour qu'elle le soit, lent, pas de place, et Linux en plus le pays où rien n'est simple, la promotion du libre qui part d'une bonne intention risque de se retrouve mise à mal par des utilisateurs déçus. Je rajouterai de plus que si on a une volonté de vulgarisation, The Gimp c'est peut être pas la meilleure des idées. 

Enfin qu'on le veuille ou non, Linux restera toujours une implication dès qu'on veut faire plus. Je n'ai pas vu de "communauté" sur le site officiel, j'ai peut être raté quelque chose, mais je pense que l'accompagnement doit aller jusqu'au bout. 

PARLONS LE HULOT OU LA HULOTTE

Forcément on met en avant la faible consommation électrique de l'appareil et par le fait l'aspect écologique, sauvons la planète tout ça. Oui indéniablement mais le problème c'est qu'on a sorti le mot Linux. Moi tu me dis écolo, tu me dis Linux, je te réponds que je te prends un ordinateur du genre dual core et que je prolonge sa vie, ce sera ma prochaine machine, une machine d'occasion. Car même si ça consomme plus, Linux nous permet tout de même d'éviter de balancer des composants qui fonctionnent et c'est une autre vision de l'écologie que je vois, du recyclage. 

Majesté, le mot de la fin ?

J'ai souvenir de l'époque où j'avais taclé Frédéric Baille patron de Linutop, le backlink reste offert, parce que raisonnant en terme de geek, de bricoleur, j'avais du mal à comprendre qu'on puisse payer un produit plus cher quand on peut faire par soi-même. Aujourd'hui c'est quelque chose que j'ai parfaitement intégré, le fait que des gens veuillent un système out of the box, sans se prendre la tête, le fait qu'un développement ça coûte de l'argent et qu'il faut bien le passer quelque part, je ne suis donc absolument pas choqué par le prix si la Xubuntu a été adaptée en force. Et d'ailleurs si on veut faire la comparaison, ce n'est pas si cher, ce même Frédéric Baille qui disait que le pi et ce genre de choses c'était pour les bricolos propose aussi sa solution à 159 €. Là par contre je peux vous dire qu'on a un vrai travail et qu'avec cet appareil on peut faire une borne d'affichage digital ou un kiosque et pour avoir étudié les solutions, ce n'est pas un truc qui se met en place en 5 minutes, même si je trouve une fois de plus que le tarif chez Linutop est cher. 

Je reste en outre perplexe quant à l'expérience utilisateur qui je pense ne sera pas au top de la fluidité. 79 € seulement me direz vous, mais à ce prix là on a une tablette, et pas la nécessité d'acheter clavier, écran, souris, wifi, disque dur externe. J'espère donc que le projet ne va pas gâcher la visibilité qu'il a actuellement, l'image positive du "made in France" par des retours de gens déçus qui ne feront pas de cadeau. Car il ne faut pas oublier que si le projet prend un camouflet, c'est encore un coup dans les dents des solutions libres et ça je pense que personne ne le souhaite. 

A titre personnel, j'ai passé mon tour sur les solutions pi 2 et je préfère mieux m'orienter vers le recyclage de machines plus anciennes. L'auteur évoque dans son billet énervé qu'il est pour les solutions de vulgarisation, et je le rejoins, c'est juste la solution matérielle à laquelle je n'adhère plus. Des initiatives de vulgarisation il y en a de nombreuses dans le monde libre, Handylinux pour exemple qui permet d'accompagner les utilisateurs débutants dans le passage vers Linux et ainsi de réhabiliter leur ordinateur abandonné par Microsoft. Mes beaux parents de 60 ans passés sont utilisateurs au quotidien, et c'est du pur made in France en plus. 

Remarque : l'iso est disponible au téléchargement à cette adresse ce qui montre bien la volonté de transparence du projet. Si quelqu'un a un pi2 que je n'ai plus et veut faire un retour, je ferai tourner ici. 

Le fisc français réclame 1,6 milliard d'euros à Google

mercredi 24 février 2016 à 20:36

Pas trop tôt. Maintenant la question, que se passera-t-il si Google refuse de payer. Il est temps désormais que les états se réveillent un peu pour récupérer ce qui est dû, et surtout rétablir l'égalité entre les entreprises qui font de l'emploi en France, qui payent les impôts en France. 

http://www.lepoint.fr/economie/le-fisc-francais-reclame-1-6-milliard-d-euros-a-google-24-02-2016-2020790_28.php