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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Le jour d’après

dimanche 15 mars 2020 à 19:17

Au départ ma femme ne me prenait pas vraiment au sérieux lorsque je lui ai dit qu’on allait y laisser notre santé, moi j’avais prévu le coup. Quelques explications, résultats et succès.

Voici ma façon de travailler et celle qui sera je pense adoptée par une partie de mes collègues qui me regardent faire. Ah dans ce genre de circonstances, on regarde très fort en direction du gros con qui gueule tout le temps parce qu’il apparaît qu’il a toujours réponse à tout et encore plus quand c’est la panique.

Chaque jour dans SCOLINFO je donne un travaille le matin pour le récupérer le soir. Cela concerne 85 élèves, je vais le faire 4 fois par semaine, je ne travaille pas le mercredi donc je ne travaille pas, cela veut dire que je vais corriger environ 300 devoirs par semaine en comptant ceux qui ne rendront rien.

Il apparaît que dans SCOLINFO le dépôt de devoir est limité à un seul fichier, vous vous doutez bien que taper des maths est une véritable hérésie. Comme je l’avais fait remarquer dans le dernier billet, nous avons des problèmes entre l’ENT et les différents navigateurs du fait de la vétusté de l’outil mais aussi du non-respect des standards par ces mêmes navigateurs. L’outil étant en fin de vie, il y a peu d’intérêt pour maintenir l’ensemble des navigateurs, principalement ceux du téléphone.

J’ai fait le calcul d’une méthode qui n’utilise que le téléphone pour tenir compte des élèves qui n’ont que le téléphone. Du fait que les élèves n’ont droit qu’à un fichier, ils déposent au format PDF. Je les ai donc orientés vers le site I LOVE PDF qui permet d’ajouter des images et de les convertir au format PDF.

Certains élèves ont réussi sans aucun problème, d’autres non, soit parce que le tutoriel que j’avais donné à lire était encore trop compliqué, soit parce qu’on avait des soucis avec les navigateurs. J’ai donc repris le chemin de la vidéo avec Main Innocente pour qui c’est aussi une grosse foire puisque son stage est maintenu en entreprise et que je vais devoir faire 500 km par semaine pour l’amener. Voyez que je ne m’en sors jamais du partner mais c’est une autre histoire. Nous avons fait la vidéo, j’ai fait comme à mon habitude en une prise pour se rendre compte que le téléchargement du fichier pdf ne se fait pas correctement tout comme l’upload vers Firefox mobile. On a donc recommencé et c’est ici que je me rends compte que je pense vieux. Je pense vieux parce que je pense navigateur, parce que je pense PC. Donc j’ai commencé à penser jeune et j’ai pensé smartphone, donc application, I LOVE PDF existe en appli. Voici le résultat :

Il apparaît qu’avec l’utilisation de l’application, on finit par décanter une bonne partie des problèmes, avec la mise en vidéo aussi. La difficulté qui en ressort désormais c’est que l’ENT est limité à 8 Mo pour le dépôt de pièces jointes. Dès lors quand des gamins ont un téléphone un peu violent, la qualité est trop importante. L’appli permet de recompresser le fichier à la volée ce qui nous permet de nous en sortir.

Ces premiers temps sont très éprouvants parce que retrouver les élèves sur snap c’est retrouver exactement les mêmes défauts qu’ils ont en classe. Exemple type :

Celui qui ne comprend rien en vrai, ne comprend rien en virtuel, il faut tout répéter. Celui qui est assisté vous demande les choses en privé, pas en public. On arrive plus ou moins à imposer ses règles, j’ai dû toutefois sévir avec deux élèves qui ont pris ça à la rigolade. J’ai demandé pas de messages vocaux que je n’écoute pas parce que je partage mon espace de travail avec ma femme, elles ont arrosé le groupe. Exclusion directe. Les enfants sont gentils, demandeurs et rassurés de nous avoir en ligne, une collègue s’est rajoutée à la partie. Les gosses vous souhaitent bonne nuit, on vit ensemble actuellement ce qui bien sûr est horrible.

Du fait d’être no-limit en ce moment, je me couche à 23h je me lève à 5h. Je travaille bien sûr trop, et je vais instaurer des coupures parce que le lien est constamment en place ce qui n’est pas une vie. Il y a toutefois des limites que je vais poser, en repos le mercredi où je n’ai jamais cours, une pause de deux heures entre midi et deux, le week-end etc … Une sortie en bord de mer tous les jours. J’ai l’habitude de travailler de cette façon, ça ne me gêne pas, pour les enfants c’est plus compliqué mais on va y arriver.

Vous comprenez que les abrutis qui nous souhaitent bonnes vacances ça me fait rire jaune. J’ai souvent décrit qu’on n’envisageait jamais le droit à la déconnexion dans le monde de l’éducation, ici on a littéralement ouvert la boîte de Pandore du non-stop. Si je vais d’ailleurs plus loin dans le raisonnement, la troisième semaine c’était le stage. Mon temps de travail, du fait d’être dans un établissement professionnel est annualisé, je n’avais pas à travailler sur ces heures ce que je ferai quand même. Enfin passons ce n’est pas le plus important, malgré la haute complexité de la situation qui nécessite de gérer de l’humain pénible à distance, c’est une grande période d’apprentissage. C’est aussi une période de solidarité avec les gosses, pas mal d’entraide pour les outils, ils s’appellent, ils passent derrière moi quand ils voient que je sature. À la sortie, ils auront certainement fait plus de progrès en informatique que toutes ces dernières années et en français aussi du fait de refuser l’oral.

Avec la qualité de l’appareil photo de mon fils, plus de 500 Mo les 4 minutes, il a fallu compresser. Alors que totem lit la vidéo sans l’ombre d’un problème, en ligne elle est écrasée, je ressemble à moi mais en nain. Le profil d’encodage qui passe bien avec Handbrake :

Même si c’est compliqué parce que le jeune vous use, que je n’ai pas encore mis de filtre, c’est une véritable période de défi pour tout le monde. Comprenez qu’on passe de la théorie à la pratique et c’est ici qu’on peut vérifier la robustesse des outils et des solutions.

L’informatique étant comme Manjaro, de la merde …. Je voulais quand même faire une pause pour vous montrer que le moral est très bon, tout ce qui devrait être simple apparaît comme complexe. Il faut reconnaître que le vieil ENT n’aide pas. Dans le forum, Sébastien a écrit que cette histoire était le dernier clou planté dans le cercueil du libre. Il faut en effet comprendre que toute la stratégie est basée sur des services propriétaires. Je ne serais pas aussi formel. La catastrophe économique que nous vivons, la catastrophe sanitaire, est le résultat du grand n’importe quoi que nous vivons depuis trop longtemps et qui espérons, finira par faire changer les mentalités, je l’espère.

La même catastrophe finira par se produire en informatique, c’est une évidence. De la même manière qu’on se rappelle aujourd’hui de l’agriculture française, on se rappellera demain quand il y aura un grand crash, Linux et les logiciels libres. De le même manière que ça valait le coup de moins consommer, de s’intéresser aux nouvelles technos, demain je serais prêt comme un survivaliste face à la fin du monde.

On y croit !

Drôle d’époque

samedi 14 mars 2020 à 07:53

L’annonce du président Macron est tombée comme un couperet, la décision de fermeture des écoles avec notre bon Jean-Michel toujours dans la confiance qui annonçait le matin même qu’il n’était absolument pas prévu de fermer les écoles, n’était effectivement pas prévue au programme.

Mon laïus que je balance depuis des années à savoir qu’on va tous mourir, s’il y a toujours chez moi du second degré, je dois vous reconnaître que sans être désarçonné pour l’instant par la situation, je ne m’attendais pas à vivre ça, je pensais qu’on allait laisser ce genre de catastrophe pour la génération de nos petits-enfants. Je dis régulièrement à mes gosses de ne pas avoir d’enfants parce qu’ils verront la fin du monde, on prend semble-t-il un tour d’avance. J’aurais envie de dire qu’avec le Coronvirus il y aura un avant et un après, j’espère qu’on sera présent pour voir l’après.

Je vais quand même essayer de tenir un discours cartésien. Mon inquiétude porte davantage sur mes vieux, ceux de ma femme. De la même manière, j’ai tendance à penser que lorsqu’un bon nombre de personnes seront confrontées aux virus, ça va se tasser. De la même manière à la Trump, quand on aura une bonne canicule et le 40 degrés dans le sud, ça va calmer l’ensemble. Le tout c’est surtout d’éviter de tomber malade de façon plus ou moins importante si les hôpitaux sont saturés.

Le président Macron a trouvé les mots justes, assez étonnant pour un type qui nous envoie voter dimanche, il va certainement falloir s’interroger sur nos modes de vie. En même temps vu la claque des marchés financiers, je crois qu’on n’aura pas trop le choix. On va peut-être enfin parler sérieusement sens de la vie, relocalisation, de solidarité, ce genre de choses plutôt que de bénéfices.

Comme tu le sais public, je fais partie des gens qui ont souvent raison, mais ça ne se voit pas toujours tout de suite. Mon chef hier dans cette journée qui était franchement bordélique, m’a dit rapidement : vous aviez raison. Ce à quoi j’ai répondu que j’avais toujours raison, et que souvent j’avais un tour d’avance. Ce à quoi il a répondu que ça a joué des tours à Copernic, on voit qu’il est prof d’histoire. Il y a une dizaine de jours, j’ai dit que nous n’étions pas prêts et qu’il faudrait se bouger pour gérer un peu nos usages et ceux de nos élèves. J’avais dit aussi qu’on y allait tout droit et qu’il fallait anticiper. C’est mon côté survivaliste.

Dès le jeudi soir pendant l’allocution du président, mes gamines de seconde GT avec qui nous avons déjà une forte habitude du travail à distance, faisaient le groupe maths, mes élèves de troisième le faisaient le lendemain. Dans la réunion générale on a bien sûr souligné le caractère illégal des réseaux sociaux, vous savez la RGPD tout ça, ce qui me fait doucement sourire.

Quand on voit que des données médicales vont transiter par des services de Facebook, Apple, et Microsoft, vous comprenez bien que tout ça me fait sourire. Je n’avais pas de compte snap, c’est de la merde. C’est amusant parce qu’en fait c’est comme si on avait un IRC mais qu’on avait foutu des couches de peinture arc-en-ciel.

Le choix de snap apparaît comme une évidence et ce pour au moins trois raisons qui me viennent à l’esprit :

Pourquoi le besoin de snap alors qu’on a l’ENT et c’est ici que cela devient croustillant :

Le mauvais outil de manière indéniable mais la bonne façon de faire, j’en suis convaincu. Les gosses n’ont pas peur pour eux, leurs parents certainement plus, les statistiques régulières montrent que les jeunes ne sont pas touchés ou très peu. La liesse autour d’une école qui ferme a été de très courte durée, tout le monde a compris que nous ne partions pas en vacances, l’inquiétude était ailleurs, celle de vivre dans un monde encore plus merdique et incompréhensible que d’habitude. Ma classe de gars qu’on appelle le « vestiaire à la troisième mi-temps », tous proches du monde agricole, jamais les derniers à faire des blagues à deux balles, quand ils m’ont vu passer la porte pour la dernière fois hier, il y avait quelque chose sur les visages. Des élèves qui passent le BAC qui s’inquiètent, bien sûr certains considèrent que c’est les vacances mais ce n’est pas la majorité des cas.

Comme on peut le voir dans de nombreux articles sur le net, et comme je l’écris depuis des années, l’informatique en milieu scolaire c’est n’importe quoi, les gens ne sont pas prêts, le matériel n’est pas adapté, les outils ne sont pas adaptés. La confiance de Jean-Michel fait donc sourire.

J’avais pensé me lancer dans de la visioconférence mais ce n’est pas une bonne idée. Au niveau de mes classes de troisième je ne suis pas loin de la fin du programme. Chaque année je finis aux environs de la mi-mai pour faire des annales comme un fou. Je perds deux semaines de cours, la troisième était un stage, si bien que je préfère mieux les faire bosser sur des annales de maths sur les parties du programme que nous avons déjà vues plutôt que de me lancer dans un nouveau chapitre où ils ne comprendront rien. C’est aussi dans ce genre de circonstances que tu te rends compte que l’enseignement à distance est une vaste blague sauf pour les élèves qui n’ont pas besoin de profs et ils ne sont pas si nombreux. Hier on refaisait une batterie d’exercices sur Pythagore et sa réciproque, théorème vu en quatrième mais oublié deux heures après, en moins de 3 minutes j’avais débloqué 8 élèves et corrigé les erreurs de 3 autres. L’interaction à ce niveau-là est compliquée. Il y a de bonnes chances pour que l’apprentissage de l’homme vers l’homme dure encore un bon moment.

J’ai travaillé tard hier soir, et je pars aux portes ouvertes dans trente minutes au moment où j’écris ce billet. Tout était prêt, on a des familles qui viennent, la fermeture c’est lundi. J’ai réalisé des fiches pour les élèves, mais aussi pour mes collègues. Mon fils continue son stage alors que son lycée va fermer, il est interne et les horaires des bus vont passer sur le modèle de celui des vacances. Il est donc fort probable que les 2×50=100 km que je fais pour aller travailler, se transforment en 25×4=100 km pour jouer les taxis.

Ma femme est convoquée dès lundi à son école pour garder les élèves dont les parents sont dans le milieu médical. En gros s’occuper des gosses qui ont une probabilité plus importante d’avoir la maladie vue l’activité des parents. Nous sommes tous les deux d’accord sur le fait que c’est une nécessité et qu’il est vital pour ces gens qui vont passer un très mauvais moment qu’on leur facilite au mieux la tâche pour sauver des vies. Nous espérons juste qu’on filera de quoi nettoyer au mieux. Ma fille est avec moi, on lui a donné douze tonnes de travail à l’impro. Nous ne sommes pas vraiment dans un dynamique d’école à la maison, de continuité pédagogique mais d’occupationnel à la maison. Cela devrait s’arranger dans les semaines qui arrivent. Je vais donc commencer à m’organiser.

Comme un pressentiment, j’avais écrit que les 27 minutes que je passais sur Instagram, cette fameuse éducation populaire pour nos jeunes, il valait mieux la faire passer ailleurs. Je vous présente mon nouveau site que vous pouvez largement relayer : restez-curieux.ovh.

À la bannière Odysseus bien sûr qui a bossé hier soir. Vous noterez que nous sommes deux sur la bannière, je partage l’affiche avec mon collègue Benjamin qui fait sa chaîne histoire à la carte. Le titre vient de la conclusion des vidéos de Benjamin qui finit à chaque fois par restez curieux. Comme je le disais à Gilles qui me dit que ça ne durera pas un an, Benjamin est mon collègue d’histoire dans la vraie vie, un type qui sait comment je fonctionne depuis cinq ans. L’idée bien sûr c’est de l’éducation populaire, mais aussi de la diffusion de fiches de cours simples. Du fait de la limite de notre ENT, notre collègue de cuisine est intéressée pour diffuser des tutos qu’elle va réaliser pour cette période, une autre collègue d’histoire aussi. On risque donc d’avoir quelques bras supplémentaires. J’ai fait le choix d’un thème facile, d’écrire peu et d’aller à l’essentiel, à destination des jeunes. La skin a été choisie en fonction d’un support smartphone ce qui donne un rendu simple pour le jeune :

Comme il paraissait difficile de diffuser des tutos sur SCOLINFO depuis SCOLINFO avec des élèves qui n’utilisent pas SCOLINFO, j’ai fait pointer l’url depuis snap.

Je dois partir, je reviendrais au fur et à mesure pour commenter cette nouvelle expérience dont j’aurais pu me passer, sur le comment ça se passe. Prenez soin de vous.

Antisocial garde son sang froid

lundi 9 mars 2020 à 07:01

Suppression compte reddit

J’avais créé un compte reddit il y a quasiment trois ans, c’était à l’époque où Numworks avait ouvert son forum, un forum reddit forcément. Je n’irais pas jeter la pierre. La centralisation facilite bien les choses, au lieu d’avoir des communautés séparées, tu fais un forum pour rassembler toutes les communautés du monde, c’est une logique implacable, la même qui fait qu’on va au supermarché pour tout trouver. J’ai peu utilisé mon compte reddit, car il apparaissait que les échanges autour de Numworks étaient pointus, plus sur la programmation Python ou les erreurs de la machine que sur les applications pédagogiques.

J’ai eu quelques articles qui ont été référencés dans le forum France, et dernièrement celui-ci : Polaroïd experience. Dans cet article je me moque joyeusement de mon épouse, où j’explique qu’elle n’entrave rien dans les technologies. Le couperet tombe dans le premier commentaire. Comprenez que me moquer de ma femme parce qu’elle ne comprend rien en informatique a été perçu comme une parole misogyne. J’ai donc utilisé mon compte pour dire que j’étais dans le second degré, j’ai joué la carte de l’apaisement ce qui m’a valu de me faire traiter de con de machiste.

J’avais oublié, à l’abri de ma tour d’ivoire et des commentaires fermés ce que cela veut dire de se faire rouler dans la merde. Bien sûr, l’envie de répondre, de se justifier, de raconter 26 ans de vie commune, les maladies, l’adoption, les épreuves, qui font que ma femme se contrefout complètement de mes remarques à deux balles parce que dans notre quart de siècle de vie de commune, son mari était toujours présent dans les moments les plus merdiques. Mais ça la partie adverse s’en fout, comme elle s’en fout de votre vie, ce qui compte c’est le moment présent, rentrer dans la gueule de l’individu sans s’interroger sur qui il est vraiment.

Je suis un dinosaure, comme beaucoup de mon âge, parce que mes réflexions paraissent nécessairement comme machiste, à l’époque du féminisme, un féminisme que j’ai dû mal à définir. Pour ma part, le féminisme actuel c’est surtout dresser les hommes contre les femmes. Attention, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Je n’évoque pas ici, comprenez-le, les femmes qui meurent sous les coups des brutes, les inégalités salariales, les mains mal placées ou les réflexions sexuelles de gros porcs, je me contente d’évoquer le simple quotidien.

Ma femme disait avec un sourire espiègle, qu’elle n’était pas féministe. Voitures, travaux, changer les ampoules, c’est bien pour les hommes. Elle ne doit pas être la seule à avoir ce type de pensées, lorsque la photocopieuse ne marche pas, toutes les collègues me regardent. Moi par contre à ce jeu j’ai tout perdu, devoirs, ménage, bouffe, je sais tout faire et je fais tout.

La moralité de cette altercation c’est un petit rappel, chaque chose, chaque individu à sa place. J’aurais pu faire appel à la modération, cela ne sert absolument à rien, les forums sont remplis des fameux piliers, gardiens du temple, vous trouverez bien un nom qui font régner l’ordre ou la terreur, c’est selon. Étant donné que j’ai passé l’âge de me crêper le chignon avec des cheveux que je n’ai plus, que ma présence n’apporte rien et que donner une réponse à quelqu’un qui de toute façon n’infléchira pas sa façon de penser, qui se fout totalement de qui vous êtes, mieux vaut tirer sa révérence.

L’analogie avec le supermarché n’est pas anodine d’ailleurs. Les gens quittent les grandes surfaces pour des commerces de proximité, verra-t-on un jour la réouverture de forums à taille humaine ?

reddit

Suppression compte Instagram. Du problème de l’éducation populaire.

J’avais expliqué toujours dans ce billet, qu’Instagram était un terrain intéressant d’expérimentation, mais qu’il y avait certainement de bonnes chances que les photos Polaroïd de mon épouse durent plus longtemps que mon compte. C’est chose faite. Voilà, je sais ce qu’est une story, j’ai compris les codes, je sais ce qu’est l’éphémère, l’inutile. Et maintenant ? J’ai annoncé la suppression de mon compte, et qu’il était toujours possible de me contacter sur Messenger. Un élève non sans humour m’a envoyé un message pour dire son désespoir, mes photos de carottes, de courgettes, de machines à café seraient un manque dans sa vie. 27 minutes par jour en moyenne sur Instagram pour voir des selfies ou pour poster des conneries c’est une perte de temps. Pas que des conneries toutefois, c’est un peu à moduler.

Du fait d’être enseignant tu es automatiquement suivi par une partie de tes jeunes. Tes élèves te suivent par curiosité, parce qu’ils associent réseau social et vie privée. Ils espèrent donc quelque part te trouver dans une situation ridicule pour pouvoir se foutre de ta gueule. Certains de mes collègues ont fait de leurs profils sociaux des temples inviolables jusqu’au pseudonymat pour ne pas être importuné par les élèves, ni montrer une faille dans l’armure. J’ai fait le choix opposé, tout est ouvert, je maîtrise mes contenus, je n’ai donc pas besoin de dissimuler quelque chose. Vous avez donc un public jeune, il faut profiter de l’occasion pour faire de l’éducation populaire. J’ai donc distillé dans mes contenus Instagram deux trois bricoles qui permettent de réfléchir ou qui pourraient être utiles, un exemple parmi d’autres :

L’idée ici c’était de démontrer la puissance de l’intelligence artificielle qui permet de créer de fausses personnes. Je m’étais aussi lancé dans une série d’images comme celles-ci :

J’avais fait ça à l’arrache avec Libreoffice, si on fait une conversion de 1080p*1080p qui est le format standard d’Instagram en cm cela nous fait du 9.14 cm*9.14 cm et j’avais trouvé intéressant de jouer le jeu du format imposé pour essayer de faire rentrer un peu d’info dans un si petit endroit.

Il y a au moins deux problèmes dans ma démarche :

Cette notion d’éducation populaire chez nos jeunes a vraiment du sens et ne peut malheureusement pas s’arrêter à la porte des écoles, dans nos cours. Un exemple personnel. Comme je suis un bon père de famille et que ma fille a un diaporama à faire pour son oral de stage de 3ème, je me suis collé à l’utilisation d’impress. Je lui ai appris à faire un fond en dégradé mais seulement ça pose problème, parce que les images qu’elle a choisies avaient un fond blanc. Je lui ai montré le site remove.bg, bien évidemment j’ai vu sa tête quand j’ai dit bg où elle pensait à beau gosse qui permet de retirer les fonds des images pour passer l’ensemble en transparence.

Qui t’apprend ça à l’école ? Si je ne le fais pas en cours d’informatique, personne ne l’apprendra aux gosses, et pourtant c’est le genre de choses franchement utiles. Ma fille n’étant pas dans l’enseignement professionnel n’a pas de cours d’informatique dédié, à peine une heure toutefois chez moi, mais des cours de technologie dans lesquels on n’apprend pas ce genre de choses. C’est pour vous dire qu’il était temps que je passe par là, pour faire les animations elle avait utilisé l’outil comme un dessin animé, elle avait donc un début de diaporama à 72 planches …

Mon collègue Benjamin a quant à lui résolu le problème partiellement puisqu’il a monté sa chaîne Youtube : histoire à la carte. J’écris partiellement parce qu’il va par exemple rater toute la partie actualité. L’an dernier dans la crise des gilets jaunes nous nous étions retrouvés avec peu d’élèves, nous avons donc fait une animation question réponse à deux sur toutes les questions du moment. Nous avions expliqué parcoursup, les fausses informations, on en avait profité pour parler des décodeurs, du site équivalent de Libération checknews, face à un public qui ne savait pas grand-chose sur le sujet si ce n’est que Macron est méchant.

Si lui peut faire de l’histoire au travers de ses vidéos, c’est presque une fois par semaine qu’il faudrait qu’il s’y colle pour faire de la vulgarisation de l’actualité. Il y a tellement à leur apprendre, ils savent tellement peu. La vidéo est un bon support, et c’est cohérent avec le public jeune. Tu sais qu’une vidéo va être vue, il te suffit après d’utiliser des codes de Youtubeurs avec des trucs qui vont vite et tu es finalement dans les clous de la communication.

Mon cas est plus difficile, enfin façon de parler. Mon lieu d’expression c’est ici, un blog qui s’adresse principalement à des gens d’un certain âge et qui ne vise pas la vulgarisation. Même si mon niveau est faible pour vous lecteurs, qui êtes la plupart du temps, cadres, profs, travaillez dans l’informatique, vieux, aigris et barbus quand on lit le billet précédent sur les technologies DAV on élimine 90% des gens normaux. Si je commençais à vous balancer des nouvelles très rapides avec des mémentos sur les vecteurs, je ne pense pas que ça fasse rire tout le monde. L’idée de passer par le réseau social, où se trouve le jeune part donc d’un bon sentiment, sauf qu’il s’agit d’une mauvaise idée. Instagram aujourd’hui, demain tictoc avec des maths en chanson ? Je suis persuadé que certains le font déjà.

Benjamin est à l’aise avec la vidéo parce que c’est son dada, ça et le théâtre qu’il a pratiqué plus jeune. Moi je suis à l’aise avec l’écrit parce que c’est une façon de me structurer et je la pratique depuis toujours. Il faudrait donc que je me lance dans un second site avec un nom de domaine différent de celui-ci qui serait dédié à l’éducation de base en informatique, en maths, des trucs simples, comme calculer le volume d’une pièce.

L’idéal ou la réflexion qu’il faudrait faire plutôt que de viser son nombril, c’est pourquoi ne pas mener directement cette activité depuis le site du lycée et pourquoi pas avec les élèves. Le manque de temps, nous n’avons pas non plus monté la plateforme adéquate et c’est un véritable problème qui pourrait se poser si le lycée venait à fermer pour une contamination au Coronavirus. Je pourrais imaginer par l’ENT à chaque réalisation d’une fiche de maths, spoiler la « boîte mail » de mes élèves, mais je sais pertinemment que peu regarderons. La moralité et c’est celle que je prône désormais pour Linux ou le logiciel libre de façon générale, tu fais l’info, la prennent ceux que ça intéresse. Il y a des gens que ça intéresse, l’article que j’ai écrit il y a un moment sur la différence entre la médiane et la moyenne est l’un des plus lus du blog. Le problème de monter quelque chose directement en lien avec le site du lycée c’est le jour où je quitte le lycée, je laisse mes contenus derrière.

Faire donc venir le jeune sur un nouveau site, indépendant des réseaux sociaux dans lesquels il s’enferme relève déjà du défi. Il faut donc se soumettre à l’exercice de mettre des contenus simples, de façon accessible, donc certainement de l’image ou de la vidéo. J’ai commencé à regarder l’outil adéquat, il apparaît que WordPress n’est certainement pas le plus mauvais pour faire ça avec une skin simple qui ferait penser éventuellement à une timeline instagram.

Il s’agit pour moi d’une des semaines les plus pénibles de l’année avec des conseils de classe tous les soirs et d’autres réunions, il est fort probable que je mette l’application de ma réflexion en suspend. Le projet devrait toutefois apparaître assez rapidement.

Cultures, épisode 54

dimanche 8 mars 2020 à 21:09

Nick est hypermnésique, c’est une pathologie qui fait qu’il se rappelle de tous les éléments de sa vie. J’ai regardé, ce n’est pas de la SF, ça existe réellement. Il enchaîne les jobs minables qui ne demandent aucun effort intellectuel de façon à éviter d’engranger trop d’informations supplémentaires qui lui feraient sauter la tête. Une vie qu’il essaie la plus simple possible quand elle est compliquée, et elle devient un jour plus compliquée quand des hommes armés le kidnappent. Le père de Nick était un brillant chercheur, mort dans un accident de voiture avec des documents capitaux qui pourraient changer la face du monde. Et si Nick enfant à l’époque, avait lu ces documents ? Bande dessinée de Corbeyran, le gars qui écrit trop, de mémoire est une bande dessinée convenable, trop classique certainement, qui ne laisse place à aucune surprise. Seul le personnage central, charismatique, relève un peu le niveau. On reste dans le moyen.

Harmony se réveille dans un lieu qu’elle ne connaît pas, plus ou moins séquestrée par un homme qu’elle ne connaît pas et qui lui dit qu’il n’a pas informé les autorités de sa présence. Amnésique, elle entend des voix dans sa tête et se rend compte assez rapidement qu’elle a des pouvoirs psychiques, elle peut déplacer des objets. Elle n’est pas seule, d’autres enfants ont des pouvoirs, si au départ on pense que c’est grâce à un médicament, ils sont en fait les descendants d’une civilisation perdue. Très joli dessin coloré, le scénario qui mange à tous les râteliers, l’Atlantide, Akira, destinent principalement cette bande dessinée à des adolescents chez qui elle fera certainement mouche.

Fahim et son père débarquent du Bangladesh, ils ont laissé la maman derrière, ils ont dû quitter leur pays pour des problèmes politiques mais aussi parce que Fahim est champion d’échecs et qu’il se verrait bien faire carrière. Dans le dénuement, sans papier, ils sont récupérés par un foyer, et le jeune garçon s’inscrit dans un club d’échec dirigé par Depardieu, un homme qui comme on peut s’en douter est taciturne et pas facile. Il serait vachard de dire que le film de Pierre-François Martin-Laval est mauvais. Le film se regarde, il fait parfaitement le job. On appréciera de voir Depardieu en état et jouer de façon juste mais facile ce maître d’échecs qui se retrouve avec ce garçon brillant mais rageux. Le problème profond du film pour moi, c’est la multiplication de tous les clichés possibles et imaginables sur les gosses, sur les relations entre le maître et l’élève, c’est une collection.

Au moment où j’écris ces lignes, je réfléchis si on a des bandes dessinées d’horreur taillées sur le modèle américain des filles sexy et des adolescents idiots qui finissent par se faire découper par un monstre quelconque. Pas d’idée, ce qui est sûr c’est que s’il n’y a pas, Bikini Atoll vient compléter parfaitement cette lacune. Il s’agit d’un groupe de touristes qui fait du tourisme extrême, en allant sur l’île où les essais nucléaires ont eu lieu. Les radiations ont laissé des traces, un monstre tueur et un requin mutant. Les tomes deux et trois sont une suite au premier épisode où il reste des survivants, je ne spoilerai pas. Bande dessinée pas prise de tête, même si le côté, vilains américains qui ont déporté les populations locales est assez marqué, l’ensemble se hisse au niveau des classiques américains. Du mauvais goût, des jolies filles et des tripes à l’air. Ça se laisse lire.

La bande dessinée parfois ça ne tient pas à grand-chose. Tu prends un gars célèbre, Vatine pour ne citer que lui, qui s’est fait connaître pour la série Aquablue. Il fait un one shot où il s’appuie sur une nouvelle de Stefan Wul l’un des piliers de la science-fiction, ce qui évite de se fouler pour le scénario. Tu t’adjoins les services d’un dessinateur qui claque, Varanda, à qui l’on doit le premier tome de la geste des chevaliers dragons, la série qui a commencé à devenir intéressante au bout d’une dizaine de tomes après avoir joué la facilité des filles en culotte qui luttent contre des dragons sur des doubles planches magnifiques. L’ensemble vous donne la mort vivante. Dans le futur, la terre est sous les eaux, les terriens sont exilés sur vénus, pourtant certaines personnes continuent d’exploiter la terre. Martha en fait partie, elle récupère des antiquités pour les revendre au prix fort. Sa fille Lise, 10 ans fait une chute, elle meurt. Avant de mourir, un contact se produit avec un poulpe géant qu’on a déjà vu dans l’univers de Wul, on se doute que ce contact ne sera pas anodin. Martha fait appel à un généticien pour cloner la petite et la ramener de façon artificielle à l’âge de sa mort. Une histoire qui tient forcément la route, une mise en scène prodigieuse grâce à un dessinateur qui claque, un vrai travail de scénariste pour réduire l’histoire à quelques planches, sans aucun doute la mort vivante remplit les cases à cocher de la bonne bd.

Les bandes dessinées qui se déroulent pendant l’occupation sont assez nombreuses, et il est difficile d’ajouter sa pierre de façon originale à un édifice déjà bien rempli, les souliers rouges aura du mal à se démarquer de la concurrence. J’ai fait le choix de vous montrer la couverture du second album, le premier est moins parlant, la couverture fait penser à du Gibrat qui est un peu le spécialiste de ce type d’histoire, je trouve que ça aide encore moins à se démarquer. Pour l’histoire, en deux tomes finis, l’histoire d’un duo formé par un paysan du coin et d’un homme qui a fui la Russie pour se réfugier dans un petit village de Bretagne aux environs de la fin de la guerre. Les Allemands sous pression car ils savent qu’ils perdent vont commettre l’irréparable. La bande dessinée fait incontestablement le job, c’est plaisant, néanmoins les clichés sur les collabos, les allemands qui n’étaient pas tous des pourris, ont été vus et revus un grand nombre de fois. À lire donc, on appréciera encore plus si on n’a pas déjà vu cinquante ouvrages du même type.

La première chose que j’ai faite quand j’ai fini de regarder le film hors normes, c’est d’aller voir la part de vérité là-dedans. Le film se termine en effet sur des images de Stéphane Benhamou et Daoud Tatou joués par Vincent Cassel et Reda Kateb et tout est vrai. Tout est vrai sur la base, si on ne tient pas compte des éléments scénarisés, mais la base est totalement vraie ce qui est un peu fou. En Seine Saint-Denis, Vincent Cassel est à la tête d’une association qui facilite la vie des autistes dont plus personne ne veut. Des autistes très violents, des gamins qu’on ne sait pas gérer, et qu’on a tendance à bourrer de cachets pour avoir la paix. Vincent Cassel se fait aider par Reda Kateb qui quant à lui tient une association de réinsertion de jeunes en difficultés qu’il forme pour devenir éducateurs. Le lien entre les deux associations est évident, les jeunes de Reda Kateb aident les autistes de Vincent Cassel. Le titre hors norme s’applique à tout dans ce film. L’association est sous le feu d’une enquête car elle est hors norme, les personnes encadrantes n’étant pas diplômées. Les autistes sont hors normes, parce qu’ils n’ont pas le comportement rationnel qu’on attend d’un individu. Pour ma part ce qui m’a paru totalement hors norme et je suis allé vérifier si Eric Toledano et Olivier Nakache n’avaient pas placé cet élément pour l’ambiance, Stéphane Benhamou est juif pratiquant quand Daoud Tatou est musulman. On trouve des interviews de Stéphane Benhamou, des photos où il apparaît de façon systématique avec une kippa sur la tête.

C’est donc dans une ambiance totalement hors norme, qu’on voit dans le film des juifs en tenue traditionnelle accompagnés de jeunes musulmans des cités venir en aide à de jeunes autistes, où tout le monde se fout du côté communautaire pour former une communauté d’entraide. Ces hommes méritent le prix Nobel de la paix, certainement celui de l’intelligence et de la débrouille.

On pourrait reprocher à Nakache et Toledano d’essayer de la refaire comme intouchables, un film inspiré d’une histoire vraie, sur la différence et le handicap, de retenter le coup à 20 millions d’entrées. Alors qu’on sait que je suis le type le plus aigri de France, je n’y ai pensé que l’espace de quelques secondes. Nakache et Toledano font plus qu’un film, c’est un reportage. Un reportage engagé qui montre la fragilité de ces associations de terrain qui font un travail extraordinaire sans vraiment en avoir le droit au pays de la paperasse où rien n’est facile. Chapeau les artistes.

Patrick Timsit est le père de Leïla Bekhti, Géraldine Nakache. La première travaille dans le milieu médical, on dira qu’elle est froide, introvertie. La seconde est chanteuse, elle fait de l’animation dans les mariages. Elle participe à un casting pour recruter une choriste pour Céline Dion à travers un concours de la meilleure Céline. Timsit, père hyper-présent, qui a accompagné sa fille sur toutes les étapes, ne pourra pas assister à la finale, il est atteint d’un cancer et doit commencer une chimio. Il demande à Leïla Bekhti de l’accompagner, les deux sœurs que tout oppose ne se sont pas vues depuis un an. Troisième film de Géraldine Nakache, ça partait plutôt pas mal. Les deux sœurs doivent passer plus de temps que prévu ensemble, car la faute à pas de chance elles arrivent le jour de la mort de René, le mari de Céline. Les quelques scènes qui tournent autour de ces chanteurs caricaturaux sont amusantes, le film prend par la suite un côté sombre, beaucoup moins plaisant. J’irai où tu iras a réussi à m’amener jusqu’à la fin du film, j’aurais certainement arrêté s’il avait été un peu plus long. Dommage.

C’est l’histoire d’un gamin très protecteur de sa petite sœur. Il faut dire que la situation n’est pas simple, la maman est décédée après un passage en asile psychiatrique. Un soir sa sœur s’endort et ne se réveille pas, il se retrouve au pays des doudous abandonnés guidé par son chat pour retrouver sa sœur qui se serait perdue dans ce monde. Obscurcia est une bande dessinée en trois tomes avec un scénario qui n’est pas très original, un dénouement non plus, mais le traitement quant à lui est une vraie claque. L’idée des doudous est excellente, ceux-ci auront des pouvoirs d’autant plus importants que le lien avec leur propriétaire était fort. La majorité des doudous sont devenus fous, on est donc dans des combats particulièrement gores dignes des plus grandes scènes de baston dans un style qui mélange manga et comics. Très belle découverte.

Richard Jewell (le cas), fait partie de ces personnages qu’on pourrait qualifier de caricature dans le cinéma américain. Un homme bedonnant, qui donne l’impression d’être un peu limité, qui vit seul avec sa mère, la passion des armes à feu, la volonté de devenir policier mais sans jamais y arriver. Il travaille à la sécurité d’une salle de concert et devient un héros lorsqu’il découvre une bombe. L’action se déroule dans les années 90, il s’agit d’une histoire vraie que raconte Clint Eastwood, cet homme qui montre quand même qu’on n’est pas forcément mort à 89 ans. Le FBI se saisit de l’enquête et avec les moyens de l’époque, conclue de façon très rapide, que le malheureux Richard Jewell est le coupable. Logique, il voulait changer de vie et devenir une star, il a posé la bombe lui-même, le principe du pompier pyromane. Une histoire classique mais efficace, le film se laisse bien regarder.

Dans les comics, les dystopies ne manquent pas, elles sont mêmes utilisées dans les films, il suffit de penser aux X-Mens où l’on multiplie les univers parallèles. Imaginez que Superman ne soit pas tombé aux États-Unis d’Amérique mais en URSS. Élevé par Staline face à l’ennemi américain c’est le pitch de ce Superman : red son. Je ne vous dévoilerai pas le film mais il faut reconnaître que les scénaristes sont allés assez loin. Superman finit par devenir le maître de l’URSS et va affronter Batman qui a grandi dans un goulag et qui devient terroriste. Inspiré, avec un dessin et une animation convenables sans être extraordinaires, c’est un anime à voir.

Passage de DecSync à Radicale

dimanche 8 mars 2020 à 11:33

Pour ceux qui auraient raté un épisode, j’utilise le logiciel de synchronisation de fichiers du nom de Syncthing. C’est tout simplement du p2p entre plusieurs machines, vous pouvez réaliser les partages de fichiers en réseau local ou même avec des machines distantes ce qui en fait un logiciel simple à configurer et particulièrement puissant. Mon utilisation est assez simple, je synchronise de façon automatique les fichiers de ma femme sur mon PC ce qui fait un backup en temps réel, je synchronise mes fichiers personnels sur mon téléphone ce qui me fait aussi mon backup en temps réel. J’ai rajouté une utilisation supplémentaire avec DecSync un outil qui s’appuie sur Syncthing et qui permet d’assurer la synchronisation des contacts et des calendriers. Le développeur a créé en effet des plugins pour certains logiciels comme Evolution, a forké davx5 de façon à ce que les événements et les contacts soient dans des fichiers qui sont synchronisés par Syncthing. C’est une solution que je viens d’utiliser pendant plusieurs semaines pour laquelle j’ai dû toutefois intervenir manuellement pour « débloquer ».

Dans le courant de la semaine, j’ai réalisé que j’avais un problème de synchronisation au niveau de mon calendrier, j’ai dû forcer, purger, recommencer à zéro pour réussir à retrouver la synchronisation ce qui est pénible. En fin de semaine, j’ai rajouté un nouveau contact téléphonique ce qui est particulièrement rare, la synchronisation vers Evolution ne s’est pas faite malgré les nombreuses manipulations que j’ai pu réaliser. DecSync « marchote » mais ne fonctionne pas parfaitement, le temps passé à débloquer régulièrement en fait donc une solution imparfaite et gonflante. La bonne technologie c’est celle qui se fait oublier.

Nous en revenons donc à notre cahier des charges et aux solutions qui existent :

Attention, récit classique Bornien qui tente d’installer un truc sous Linux. La logique veut que vous suiviez l’installation proposée par le site, déjà c’est une galère parce qu’on se prend du 404 dès qu’on fait des recherches dans Google. Des pages ont changé mais n’ont pas été redirigées ce qui est particulièrement pénible. Oui je sais c’est mal de ma part quand on sait que j’ai tué des centaines d’articles, mais au passage à WordPress je me suis fendu d’une redirection. Du fait qu’il s’agisse d’un logiciel et pas d’un blog, ils auraient pu faire un effort.

On demande de réaliser une commande par pip :

$ python3 -m pip install --upgrade radicale
$ python3 -m radicale --config "" --storage-filesystem-folder=~/.var/lib/radicale/collections

ça ne marche pas pour la deuxième. On est là on attend, on fait du tricot mais la commande ne finit jamais. Il apparaît que Radicale est le bon choix de solution parce que Radicale se trouve dans les paquets Debian / Ubuntu, qui je vous rappelle sont les deux seules distributions qui méritent d’exister ou presque. Un petit Manjaro pour la route ? Non, peut-être plus tard.

Dans la documentation on peut lire :

Victory! Open http://localhost:5232/ in your browser! You can login with any username and password.

La documentation radicale

Sauf que si effectivement j’arrive bien à l’écran suivant

Contrairement à ce que dit la documentation, je ne peux pas rentrer n’importe quoi et me connecter. Je mets ça sur le compte du packaging dans Ubuntu / Debian. C’est à ce moment là où il faut sortir la ligne de commande, cette ligne de commande qu’on ne devrait jamais voir. Cachez cette ligne de commande que je ne saurais voir.

sudo nano /etc/radicale/config

Petite explication des modifications que j’ai réalisées et justifications. Dans le passage [auth] j’ai mis type = none alors qu’on était à type = remote_user. Cela signifie qu’il n’y a aucune protection et c’est effectivement mon choix. Rappelez-vous désormais de mon contexte. Je pars du principe que je ne travaille que sur deux postes. Mon ordinateur fixe, mon téléphone portable. Si je rajoute un contact, si je rajoute un événement dans mon calendrier sur mon téléphone c’est que je ne suis pas chez moi. Je préfère 100 fois l’interface clavier souris qui est plus confortable. Je n’ai donc pas besoin d’avoir une synchronisation automatique vers mon appareil fixe si bien que je peux paramétrer la synchronisation dans davx5 uniquement en Wifi. Lorsque je passe la porte de la maison, mon téléphone se connecte de façon automatique au Wifi, la synchronisation est immédiate.

La sécurité c’est quelque chose que je conçois, que je comprends, la paranoïa par contre est discutable et c’est à cause d’elle que je suis souvent bloqué dans certaines de mes actions. J’ai souvent écrit que l’auto-hébergement était suicidaire parce que mettre une machine face au net était une véritable folie si on n’avait pas les compétences pour l’administrer. Maintenant prenons le problème sous un autre sens. La machine n’est pas au net dans le sens conventionnel du terme, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de serveur connecté au net, vous vous contentez de mettre votre machine en réseau local. Cela veut dire que pour accéder à mon agenda, à mes contacts qui ne sont pas des données sensibles, il faut être dans mon réseau Wifi, donc faire partie de la maison. Si l’on part de ce postulat, on peut se dire qu’on peut oser davantage et pourquoi pas se prendre à rêver d’installer un Nextcloud qui ne se synchroniserait qu’en Wifi.

La seconde modification que j’ai réalisée, c’est celle du hosts qui pointe sur 127.0.0.1. Je l’ai modifié par l’adresse ip de ma machine que j’ai fixée. Ensuite, j’ai modifié le fichier /etc/hosts de mon PC pour associer le 192.168.1.x au 127.0.1.1. De cette façon-là j’évite les problèmes plus ou moins de loopback avec mon PC. Une fois que ces modifications ont été réalisées, je me connecte donc à la passerelle et je crée mon carnet d’adresse et mon calendrier d’un simple clic de souris :

J’en ai donc profité pour virer Evolution qui est d’ailleurs un problème de fond. Vous avez une application calendrier pour Gnome très jolie, et que vous retrouvez d’ailleurs en haut si vous cliquez sur la barre d’outil où vous avez la date et l’heure. De la même manière vous avez une application contact. Ces deux applications dépendent directement d’Evolution, vous ne pouvez pas rajouter un calendrier sans passer par les comptes en ligne, mes calendriers et mes contacts ne sont pas en lien avec une adresse internet, si bien que je suis forcé de les ajouter à Evolution pour les voir apparaître. Il est évident que ce paragraphe ne veut absolument rien dire pour qui ne connaît pas le bureau Gnome. On retiendra simplement que le choix de Thunderbird par défaut pour Ubuntu n’est pas forcément judicieux tant les composants du bureau sont associés au client Evolution de Gnome. Que je changerai de distribution sous peu ne m’étonnerait d’ailleurs qu’à moitié, mais à l’approche de la semaine des conseils de classe, ce n’est pas la meilleure idée du monde. C’est pour moi un problème parce que c’est ma fait mais ce n’est bloquant en aucun cas.

La rapidité forcément pour la partie calendrier de Thunderbird est immédiate tout comme la synchronisation avec le téléphone qui se fait de façon immédiate avec davx5. Il suffira par contre de veiller à paramétrer l’application de la façon suivante :

La solution que je propose ici est pertinente pour quelqu’un qui a un usage de bon père de famille et qui n’est pas vraiment nomade. J’entends par là que quelqu’un qui ne travaille qu’avec son ordinateur portable, en déplacement permanent est en droit d’avoir une synchronisation automatique quel que soit l’endroit où il se trouve entre ses appareils. Par conséquent, il faudra passer par un serveur hébergé sur le web ou faire un bricolage supplémentaire.

Nous nous quittons bien sûr avec la chanson d’I Am rêvolution, en lien avec le jeu de mot à deux balles : Révolution à la seule condition qu’on garde en mémoire qu’elle constitue un rêve d’évolution. J’arrête pour ma part de rêver d’utiliser Evolution pour revenir à Thunderbird.

Finalement on ne se quitte pas tout de suite, je vous montre juste une distribution Linux qu’il est bon de couder, c’est Porteus kiosk variante thin client. J’avais déjà présenté Porteus Kiosk qui est une distribution basée sur Gentoo, oui ça existe encore, qui permet de transformer un ordinateur en simple navigateur internet. L’intérêt bien sûr c’est la réinitialisation du poste à chaque redémarrage et empêcher les gens qui passent de dégueulasser la configuration. La variante thin client c’est la même chose sauf qu’on a rajouté un client RDP. L’intérêt, on le voit tout de suite dans mon cadre d’utilisation, puisque c’est le principe de fonctionnement de mon établissement. Je vais peut-être ni vu ni connu migrer une salle pour voir à l’usage ce qui éviterait d’avoir des gamins qui effacent les icônes sur le bureau ou ce genre de choses, étant donné qu’ici on ne peut absolument rien faire. Il faudrait par contre que je regarde, parce que je ne l’ai pas étudié, s’il est possible de configurer le client de façon à ce qu’il se connecte directement au serveur de façon totalement transparente, c’est à dire que l’utilisateur ne verrait même pas le Linux qu’il y a en dessous.