PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Back to life, back to reality

mercredi 8 avril 2020 à 10:50

J’ai pas mal bossé sur ces derniers jours, je me suis mis dans la tête de finir le plus rapidement possible la refonte de mon cours d’informatique. J’ai quasiment fini, j’ai énormément dégrossi. À l’instar de ce que je fais sur Maths à l’arrache et certainement sur maths à l’arrache, je vais m’orienter vers des tutos vidéos pour certaines opérations informatiques où le geste me paraît important.

Un exemple parmi d’autres.

Pour mes jeunes, c’est trop long à lire. On peut effectivement me reprocher de trop faire descendre le niveau, c’est discutable. C’est une génération du visuel, plus de l’écrit, il ne faut pas avoir peur d’évoluer aussi dans ce sens-là plutôt que de perdre du temps à faire cinquante captures d’écrans.

Dans les parties que j’ai tronçonnées, les risques de l’internet. À l’époque, quand c’était tout beau, tout nouveau, qu’on était aux prémices de Facebook, ou même à l’époque de MSN, c’était différent. Les gens découvraient l’internet et se livraient, les jeunes particulièrement. Aujourd’hui même si les prédateurs sont présents, mon public d’ado où les plus jeunes ont 14 ans sont avertis, et manipulent les réseaux d’une façon quasi diamétralement opposée à la nôtre, nous les vieux. Pour moi l’internet c’est l’ouverture sur le monde, croiser des individus de l’autre côté de la planète pour échanger, alors qu’eux c’est reconstituer la sphère quotidienne pour la prolonger sur le web. Les comptes deviennent privés et la place des pervers se trouve réduite. Les problèmes qui ressortent aujourd’hui des réseaux sont les mêmes qui existent en vrai. La masse de « nudes » envoyée par les jeunes et les moins jeunes comme a pu le voir pour la campagne de la mairie de Paris, n’est pas faite à destination d’inconnus mais bien de l’amoureux du moment. C’est toujours la même histoire, l’amour, la confiance et la trahison.

La fake news, la culture, c’est pour moi l’enjeu. Dans cette crise de Corona virus, je fais figure du gardien du savoir. C’est flatteur, mais c’est quand même inquiétant. Quelle que soit la nouvelle qui passe, le jeune me demande si c’est vrai ou si c’est faux, aussi grossier que puisse être le montage. J’ai pas mal écrit ces derniers mois que notre rôle dépassait la fonction d’enseignant et que chaque individu qui avait un QI au-dessus de celui d’une moule se devait de devenir un guide pour cette génération perdue, je guide dur. Nos jeunes sont incapables de vérifier l’information et c’est compréhensible, ils n’ont pas les armes :

Je suis en train de me créer une banque de données d’arnaques et de fake news, je vais en donner une par semaine, avec des questions simples pour orienter la recherche. Je crois dans le grand pouvoir de la répétition et du martelage. Cela ressemble à ceci pour ma première fiche et évoluera certainement au fur et à mesure des réponses données par les élèves où je m’attends au pire.

Pour ma part les réponses attendues. Est-ce que j’ai déjà un ami en voyage en Afrique, et si je ne suis pas au courant c’est que cela ne doit pas être un ami. Est-ce que je connais un Jean-Claude ? Le gars me demande du pognon mais il me demande de mes nouvelles ? C’est sérieux, il a des problèmes, mais il me demande quand même de mes nouvelles ? Pourquoi il ne veut pas que je l’appelle ? La première chose à faire et je l’ai déjà fait plusieurs fois c’est de contacter la personne qui s’est fait hacker sa boîte mail. Je reçois ces messages parce que j’ai un peu trop donné mon adresse mail à l’internet du monde entier, et accessoirement pour me soutirer de l’argent.

Dans ma compilation d’arnaques et de fake news je vais quand même chercher du plus jeune et du plus « concerné » dans le sens où le mail ne veut plus rien dire ou presque pour cette génération, néanmoins c’est un travail de bon sens.

Forms m’a franchement plu, je trouve le principe du quiz, questionnaire ou formulaire, vous l’appellerez comme vous voulez vraiment pertinent. Voici l’explication de mon titre, avec d’authentiques morceaux de libristes à l’intérieur, ça peut m’arriver parfois.

Ce n’est pas parce que je prépare avec acharnement mes cours de l’an prochain que le contexte a changé. Le 23 avril, la liste des postes paraîtra dans l’académie de Montpellier pour les établissements privés et je suis toujours sur le départ. Et c’est d’ailleurs ici que vous voyez que je suis toujours resté un prestataire dans l’âme, un de ces COBOLISTES qui pourrait changer le monde, le gars qui bosse comme un acharné jusqu’à la fin de la mission, même si potentiellement il sait que demain il ne sera peut-être plus là.

J’ai posé ma mutation sur un coup de tête suite à une goutte d’eau qui a fait débordé mon vase personnel, le même vase qui avait déjà débordé quand j’avais lâché la responsabilité informatique. La situation actuelle montre pourtant que j’avais raison sur toute la ligne et je n’en tire absolument aucune gloire ni aucun profit d’ailleurs, j’ai travaillé et je travaille comme un dingue pour un lycée que je veux quitter pour pas un centime. Mais mon président a dit que c’était la guerre, et à la guerre comme à la guerre. J’aurais la fierté d’avoir fait partie des résistants même si la tentation de crever des voitures qui ne sont pas immatriculées du 11 et du 34 est aussi pressante que d’appeler la police pour dénoncer les gens qui ont débarqué à Saint-Pierre dans la nuit.

Même si je dois reconnaître que j’ai envie désormais de poursuivre, de rester dans mon établissement pour voir le jour d’après, il y aura toujours les 400 km de route par semaine, contre 250 si j’avais un emploi du temps pourri qui me ferait travailler 5 jours par semaine, il y aura toujours un fleuve qui me sépare du lycée, il y aura toujours des fuites et des problèmes de bagnole, il y aura certainement plus de journées en alerte rouge et d’inondations avec un climat qui se dérègle.

Si demain je quitte l’enseignement agricole pour l’éducation nationale, je laisse l’ensemble de la suite office365 derrière moi, avec elle Forms. Dès lors, s’investir dans Forms c’est prendre le risque de perdre des contenus. Comme il n’y a bien évidemment aucune possibilité d’export vers d’autres formats, je vais abandonner cette solution pour la création de contenus durables, mais seulement pour des contenus ponctuels et sans trop d’engagements.

On pourrait retenir c’est propriétaire c’est pourri et c’est vrai mais le libre dans ce contexte n’est pas une réponse directe. Attention vacherie. J’ai pas mal Googlé les alternatives à Forms de Microsoft et de Google, et forcément les gens orientent vers Framaforms.

La vacherie n’en est pas vraiment une, c’est en fait le même problème que je rencontre avec Microsoft Forms. Je n’ai pas de vision sur la pérennité du service. Avec Microsoft Forms, c’est en lien à mon départ, avec Framasoft c’est le positionnement de suppression de certains services. Attention je ne critique pas la décision de Framasoft qui est la bonne, à savoir qu’à force de tout faire, ça n’invite pas à la création de CHATONS, c’est juste qu’il ne s’agit pas d’une bonne solution.

Je pourrais utiliser le logiciel libre et monter un limesurvey. C’est un CMS comme WordPress qui est dédié à la création de formulaire, il est de plus disponible dans Softaculous ce qui veut dire que je peux l’installer en deux clics.

Et c’est ici qu’entre un nouveau problème dans l’équation, un problème qui à mon avis va être un énorme retour de bâtons dans la tête de pas mal de profs qui n’en ont pas pris conscience, la RGPD. Comme ça a été la grosse fête du slip au départ du confinement et que désormais tout le monde a un peu de recul sur les outils, il va y avoir un rappel à l’ordre dans toutes les provinces de France et de Navarre. Le sujet est tellement sensible que même un service comme FramaForms, je ne sais pas s’il est considéré comme RGPD proof ou non. Alors vous vous doutez bien que d’aller stocker sur un serveur personnel mon instance de Limesurvey c’est un peu suicidaire.

Il faut donc que je trouve un service qui soit RGPD proof et que je puisse réutiliser si je venais à quitter l’agricole. À priori la Quizinière du réseau CANOPE remplirait les conditions, j’ai posé la question à mon collègue documentaliste. On peut voir sur le site : Établissement public à caractère administratif sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale.

L’interface ne m’a pas franchement emballé.

On retrouve encore ici la problématique de service, la prévision sur le long terme. Je pense donc que je vais me résoudre à une politique particulièrement simple, celle de ne rien faire et de me contenter de pdf éditables ou d’une page web simple, avec des documents à consulter sur le site du lycée. Le pdf éditable, dans 10 ans j’ai la conviction que je pourrais encore l’utiliser, la page simple du site du lycée pour simplement consulter, ça doit être RGPD proof, enfin je pense.

Si on peut comprendre l’intention de la RGPD, ça reste dans les faits une bonne grosse connerie. Pourquoi ? Parce que les contraintes qui sont imposées aux enseignants pour l’utilisation des outils oublient totalement que les élèves utilisent des logiciels propriétaires sur des téléphones propriétaires qui pompent les données personnelles. C’est un peu comme vouloir utiliser la voiture électrique avec une recharge qui provient de l’énergie nucléaire. Si vous suivez les aventures de Bronco le warrior du dimanche, vous verrez que ça peut aller relativement loin, surtout si on est en conflit avec son chef d’établissement. Je n’irai personnellement pas me mettre en porte-à-faux pour un logiciel ou une licence, tant pis si on fait des choses qui sont moins rigolotes. J’avais de la même manière fait utiliser à mes élèves l’application adobe spark, c’est donc illégal sauf si je fais inscrire les enfants avec de fausses informations depuis l’adresse IP du lycée. La moralité c’est que même si les logiciels en dur comme Libreoffice Draw ça ne fait pas franchement rêver, et encore moins le jeune en attente d’autres interfaces, ils ont au moins le mérite de ne pas poser de problème de légalité si on ne tient pas compte du droit à l’image … Enfin, vous voyez où je veux en venir, on ne s’en sort jamais.

La RGPD est une entrave évidente à la liberté pédagogique, on fera des choses qui sont certainement moins intéressantes, on va limiter des enseignants dans leur créativité, on va surtout filer l’intégralité du marché à quelques acteurs comme Microsoft en générant du paradoxe, mais tant pis, on le fera dans le cadre de la loi.

Qu’est ce que j’ai pu kiffer cette chanson, je trouve qu’elle reste indémodable, plus bien sûr que le clip avec les chorégraphies à la limite du malaisant et les pantalons à la MC Hammer.

VACANCES ! J’oublie pas tout

lundi 6 avril 2020 à 21:00

Cela peut sembler étrange pour un type qui est chez lui depuis trois semaines, mais je peux vous garantir qu’on sent la différence. Ne pas recevoir 80 messages par heure, c’est un luxe qui n’a pas de prix. Il y a aussi quelque chose que je fais désormais et que je vais continuer à faire, c’est mettre mon smartphone en silencieux. Arrêter de regarder l’appareil à chaque notification comme si j’allais sauver le monde. Tous les gars que je connais prennent désormais plaisir à désherber, je ne boude pas le mien non plus, sauf que ce n’est pas chez moi que je désherbe mais chez mes voisins. On vient de s’attaquer à la rue avec mon fils, parce qu’il n’y aura personne avant un moment on l’espère.

Par chez nous, les gens ont l’air tout de même de jouer le jeu, quelques plaques d’immatriculations du 31, quelques bretons, mais pas grand monde de plus, ça reste entre le 34 et le 11. Pour ceux qui n’ont aucune culture géographique, Saint-Pierre la Mer se trouve dans l’Aude (11) à six kilomètres de l’Hérault (34), deuxième département le plus pauvre de France, on est globalement la plage des Toulousains (31) et des Castrais (81). Ce n’est même pas pour faire un jeu de mots à deux balles même si ça me fait toujours rire, mais il est vrai qu’à part mon voisin dont vous voyez la terrasse, le parisien est rare.

Le touriste est rare tout court, comme vous pouvez le constater c’est vraiment calme. Hier dimanche après-midi nous avons dû croiser sept personnes.

Dans mon planning de vacances il y a des choses qui me tiennent à cœur de faire, et dans le top cinq à part mettre du frameto sur le pied du parasol qui avait un peu trop rouillé à mon goût, refaire mes cours d’informatique qui sont bons pour la poubelle. Le constat est un peu sans appel et j’y vois quelques bonnes raisons :

Trop de texte. C’est mon côté verbeux, ils ne lisent pas, ça ne sert à rien.

Trop d’explications pour tout. L’exemple type c’est la documentation que j’ai faite sur l’utilisation de editor.pho.to ou pour savoir comment redimensionner les photos avec Paint. C’est totalement inutile. Paint de toute façon est bon pour la poubelle, editor.pho.to est tellement intuitif que ça ne sert à rien de le documenter. Je vous montre une capture pour vous montrer comment c’est vraiment bidon. 3

Pas assez orienté vers le smartphone, cela fait partie désormais des choses sur lesquelles je dois penser de façon systématique ou presque. Comprenez que le programme d’informatique de troisième, on peut faire un bon 20 heures par semaine pour essayer de l’aborder. L’enfant doit devenir un expert en sécurité, coder en scratch, maîtriser les tableurs, reconnaître toutes les fake news possibles et imaginables, ah oui être un professionnel de la photo. Je ne suis pas prof d’informatique, comprenez que ce n’est pas anodin, je ne peux pas être inspecté en informatique ce qui me laisse une plus grande liberté pédagogique sans pour autant faire n’importe quoi. Ensuite, j’ai de vrais impératifs du programme à suivre, au moins deux : scratch et les tableurs qui reviennent chaque année au DNB. Pour le reste ça peut rentrer dans ma liberté pédagogique. Il y a mon projet Koad9 qui consiste à la réalisation d’une fausse une de journal qui me tient à cœur et qui mine de rien me permet de balayer de nombreux éléments du programme. J’en reviens souvent à ce que je raconte, à savoir qu’avec une heure d’informatique par semaine faut pas rêver, il faudra faire des sacrifices, reste à savoir quoi, reste aussi à se poser la question de ce qu’on peut faire autrement, avec une nouvelle manière de travailler. Nous avons démontré qu’on pouvait travailler autrement, je vais certainement poursuivre avec mes élèves de troisième. À une époque je cherchais un moyen pour leur faire faire de la veille aux gamins. Vu le niveau des gosses, vu les lacunes, imaginer qu’ils soient capables de se chercher des infos et de la traiter c’est un leurre. Je vais essayer de faire un travail annuel sur les fakes news, parce que finalement ça demande juste un peu de bon sens.

Trop libriste, trop engagé, trop social gauchiste. On trouve ce genre de choses dans mes cours :

Un logiciel est neutre quand il n’y a pas d’intention politique ou financière de la part de ceux qui développent le logiciel. Imaginez qu’un développeur d’un moteur de recherche soit propriétaire d’un magasin de chaussures. Si à chaque fois qu’un internaute utilise le mot chaussure dans son moteur de recherche, si celui-ci affiche en premier résultat le magasin de chaussures du moteur de recherche alors on peut dire que le moteur de recherche n’est pas neutre. La majorité des logiciels ne sont pas neutres, ils sont développés par des sociétés avec des intérêts financiers dans des états aux lois spécifiques. Les logiciels doivent se soumettre aux demandes des états, de la limitation des liens vers les sites de téléchargement pirate à la censure comme en Chine. Il est important de comprendre que le système d’exploitation, le navigateur ou le moteur de recherche peuvent être orientés par ceux qui le développent.

Cyrille BORNE, ancien libriste repenti

Sur le principe vous me ferez remarquer que c’est une bonne chose d’éveiller la conscience chez le jeune, j’aimais bien balancer si c’est gratuit c’est vous le produit. Le problème c’est que cette réflexion avec les populations que je fréquente est trop élevée pour qu’ils arrivent à la percevoir. Je vous donne un exemple, un exemple qui avec du recul est mauvais :

C’est une véritable arnaque que m’avait envoyé un élève me demandant si c’était vrai à l’époque. J’ai demandé simplement à mes élèves de cette année en travail de décrypter l’arnaque. Alors que le gars qui est un peu averti est capable de voir en un coup d’œil qu’on a une adresse pourrie, que pour 1€ faut pas croire au père Noël, qu’on te demande un moyen de paiement en direct sans te demander ton nom et ton adresse. Les gosses ont tous fait une fixation sur le fait que ce soit un iphone 4 qui n’existe plus, d’où le fait que mon exemple est mauvais parce qu’il n’est pas assez actuel, et sur le fait qu’on demande 1€ pour un étui qui doit être gratuit … Même si gravitant au quotidien dans ce milieu, les enfants arrivent toujours à m’étonner par leur faible niveau, par leur manque de logique.

À une époque j’aurais fait un cours en amont sur les fake news, sur les arnaques, dorénavant je vais prendre le problème à l’envers, leur donner des exemples concrets d’arnaques, de fake news, ce ne sont pas les exemples qui manquent et voir avec eux s’ils sont capables de progresser sur l’année complète avec des corrections approfondies. Le problème bien sûr c’est qu’ils ne lisent pas les corrections, si bien qu’on risque de rapidement tourner en rond, j’en viendrai certainement à faire la correction en classe en début d’heure sur un timing relativement serré.

Ce qui est certain c’est que les premiers cours de l’année seront fondamentaux, utilisation de l’ENT poussée pour rendre le travail y compris depuis le téléphone portable, utilisation de Teams peut-être plus discutable parce que nous ne sommes pas nécessairement en interaction permanente avec les collégiens. Mais après tout, si je réponds à un message Scolinfo, pourquoi ne pas faire un coup de visio de temps en temps, c’est à moi d’être capable de poser des limites. Pour l’instant et encore dans le feu de l’action, ma réflexion n’est pas assez poussée pour l’an prochain quand je ne sais même pas où je serais dans un mois. Maison, lycée ?

Pour l’heure ce qui est réalisable c’est refondre ce qui peut être refondu, se constituer une base de données de fake news et d’arnaque en tout genre, si vous avez des sources, si vous avez des exemples, merci de me les envoyer à cyrille chez familleborne.com, je ferai un sujet dans le forum, que je distillerai l’an prochain. Il y en a quelques-un au sujet du corona, mais ils sont à traiter en période d’actualité. Je pense que l’important, plus que de faire un cours dessus, c’est de monter une fiche méthode avec les élèves sur la façon de démonter la fake news ou l’arnaque. Est-ce que c’est crédible, comment puis-je le vérifier facilement, c’est plus un protocole qu’il faut construire à partir de différents exemples qu’un cours trop théorique. Avec les collégiens, c’est toujours la pratique le plus important.

Une dernière réflexion que je n’ai pas eue l’occasion de faire parce que j’en ai pris conscience aujourd’hui. Et pourtant mon dernier billet avait un titre suffisamment éloquent avec la référence au 4 juillet. Souvenez-vous. Une année normale de 3ème se termine avec le DNB qui est aux environs du 28 juin, grosso modo. Chaque année on met les gosses en révision aux environs du 18, 19 juin. Cela veut dire que pour ma part, à la mi-mai, j’ai bouclé le programme pour bachoter comme un fou-fou. Si je pousse désormais la réflexion jusqu’au bout, cela veut dire que je n’ai pas d’examen à faire préparer à mes élèves et qu’il me reste un chapitre et demi pour finir l’année. Vous voyez où je veux en venir ? L’obligation d’assiduité de Jean-Michel notre bon ministre jusqu’au 4 juillet alors que nous étions dans une année pour laquelle nos progressions visaient le 15 mai, ça laisse envisager un mois et demi à faire preuve de beaucoup d’imagination pour réussir à combler les trous. Je vais donc très largement ralentir la cadence et m’autoriser quelques expérimentations à distance et même en face à face si nous finissons par nous retrouver en salle de classe, à priori avant la fin du mois de mai.

Pour l’heure, c’est le presque repos du guerrier, si la PS3 hackée est encore dans mon tiroir et que je n’ai pour l’instant pas le temps de jouer, j’ai repris la saine lecture des bandes dessinées, et le visionnage des films. J’essaie d’être aussi productif sur mon site secondaire restez-curieux.

Né un 4 juil … Ah ben non c’est assassiné un 3 avril

vendredi 3 avril 2020 à 22:33

L’annonce du gouvernement est logique, incomplète, et avec un parfum de décapitation qui une fois de plus ne rend pas service aux enseignants. La première chose et c’est encore une catastrophe en termes de communication, nous avons appris l’information en même temps que nos élèves. On a donc découvert que le DNB et le BAC c’est fait. On prend quand même un malin plaisir à nous traiter comme de la merde, déjà que certains d’entre nous font des semaines de 60 heures, qu’on réorganise tout, qu’on compose, la moindre correction aurait été de nous envoyer un message pour nous informer, pour nous expliquer comment ça va se passer et comment résoudre les problèmes que cela va engendrer. Pas comme si c’était pas tendu en ce moment.

L’annonce est incomplète, tout simplement parce que reculer le DNB qui est un examen que j’ai eu l’occasion de faire au mois de juillet c’est un aveu que nous ne reprendrons pas avant septembre, ce que je commence à marteler dans le blog depuis le dernier billet écrit il y a douze ans (ah tu croyais que j’avais oublié hein !). Et je dois vous reconnaître que lorsque j’ai vu passer ça dans mon office de tourisme, je n’ai pu m’empêcher de réagir alors que je suis plutôt passif sur facebook.

Il nous est demandé d’assurer la continuité pédagogique jusqu’au 4 juillet, j’y reviendrai plus loin, je trouve que l’office du tourisme manque largement de recul pour au 3 avril annoncer que pendant l’été, les français doivent remplir la France pour dépenser l’argent qu’ils n’auront pas ou les congés qu’ils n’auront plus. En effet, si on fait sauter le DNB ça veut dire pas de reprise en juin, si on doit tenir les gosses jusqu’au 4 juillet, peut-on imaginer cinq minutes que mon village de 1500 habitants va passer à 40000 personnes qui vont s’empiler sur la plage ? Soit effectivement la canicule tue tout ça et on pourra parler de vacances, sinon ça restera le chacun chez soi avec de nouvelles tensions et de nouvelles inégalités supplémentaires.

Comment aurait-il pu en être autrement que le contrôle continu ? Par contre et c’est ici qu’il faut comprendre mon titre, le drame vient d’ici :

Mais l’obtention de ces diplômes sera aussi « soumise à un contrôle de l’assiduité », jusqu’au 4 juillet, que les cours aient lieu physiquement ou à distance.

Jean-Michel notre bon ministre, source 20 minutes.

Il faut comprendre que tout dans la vie est une question de contexte, et qu’il n’est pas toujours évident de se mettre à la place des autres. Dans les familles où ça fonctionne, je peux vous en parler parce que j’en ai qui fonctionnent très bien, j’ai des mamans qui m’envoient des remerciements pour mes vidéos qu’elles trouvent très instructives. Nous n’avons pas de nouvelles de certains élèves depuis trois semaines, les familles et les élèves ne répondent pas au téléphone. Comme je m’entête à le répéter, nous sommes dans une période qui fait péter les inégalités. Les familles qui ont du pognon avec un bout de terrain, un ordinateur ou plusieurs, qui vivent dans un cadre vie plus serein qui éduquent leur gosse à ma gauche versus les familles où l’école n’a pas d’importance, à 9 dans une maison minuscule sans ordinateur et une connexion pas terrible. Ce n’est pas un cliché, c’est la réalité de certains de mes élèves. La moralité c’est que dans certains établissements où l’on travaille au fouet à la maison parce qu’on note, qu’il pleuve, qu’il vente, on fera le travail, je pense à l’établissement de Arnaud, où les sixièmes doivent profiter de l’opportunité pour faire le programme de maths sup en cachette, la note n’a finalement aucune importance. Dans un lycée professionnel comme le mien, c’est un levier, dans des lycées professionnels du 93, je me doute que le taux de présentéisme pour faire le travail à distance doit être proche de zéro.

Nous retirer la fameuse note, la carotte ou le bâton c’est selon, c’est se retrouver à poil devant le public et dire d’une voix timide mais convaincue sans convaincre personne : « vous savez les enfants, le travail c’est important, apprendre c’est formidable ! ». Et comme notre public c’est plutôt des lols, ils vont nous rire au nez et retourner montrer des selfies avec des oreilles de chats ou faire du fortnite. Il faudra donc compter sur les parents, ceux qui comprennent qu’un élève de seconde qui ne finit pas le programme, ça va bloquer l’an prochain. Pour les troisièmes c’est beaucoup plus tendu, surtout pour ceux qui partent en apprentissage.

Alors effectivement on pourrait se dire qu’il y a le fameux mot, assiduité, je vais regarder la définition pour être sûr de mon coup :

Exactitude à se trouver là où on est appelé par ses fonctions ou ses obligations ; application constante à un travail, une action

Larusso, chanteuse qu’on a oubliée, qu’on a oubliée.

Ce qui laisse sous-entendre que contrairement à ce que je pouvais penser au début, si chaque élève me dépose dans chacune de mes enveloppes de dépôts un Mickey, ça ne passe pas, puisqu’il ne remplit pas ses obligations d’élève.

Malheureusement on sait comment ça finira, dans un torrent de bienveillance. On pourrait en effet faire barrage dans le cas d’une orientation à un élève porté disparu pendant quatre mois, il n’en sera absolument rien. Personnellement, un gosse dont on n’a pas de nouvelle, ce serait un signalement aux autorités pour carence éducative. Malheureusement, quand on voit une explosion des violences conjugales dans les maisons, que la police est obligée d’intervenir pour remettre tous les imbéciles qui ne respectent pas les règles du confinement, on comprend bien qu’il y aura d’autres chats à fouetter que de courir dans les maisons parce que le petit ne fait pas ses devoirs.

La moralité c’est que si on nous retire les heures de colle, les notes, il ne reste plus que nous et notre conviction à faire apprendre, à faire rêver, à faire découvrir. Et là public je dois te reconnaître que ce n’est même pas une boutade de ma part, je suis très sérieux. Je vais désormais réfléchir parce que j’ai deux semaines pour ça, à savoir ce qu’on peut essayer de faire de sympa avec les mômes, les volontaires les assidus, pour faire des maths ou de l’informatique, un peu plus intéressantes qu’au quotidien.

Cette période est bien évidemment très riche pour moi en expérimentation pédagogique, et je n’en finis pas de pester sur mes enfants qui adoptent leur positionnement traditionnel de mollusque quand il y a tant à apprendre, à faire, à créer. J’ai déjà commencé à les entreprendre et avec les vacances où ça va commencer à se calmer de mon côté, ils vont commencer à déguster.

Pour l’heure c’est le grand débarquement sur Teams, et pour comprendre ce qui se passe, c’est cette vidéo qui malgré sa mauvaise qualité est extraordinaire parce qu’elle explique le fonctionnement de l’humanité.

Le gars commence à danser tout seul avec une véritable conviction et forcément il a l’air un peu con tout seul à se tortiller. Et puis un deuxième arrive et c’est tout le monde qui finit par danser. S’il fallait remettre dans le contexte, j’ai posé le dancefloor, on a été deux à danser dès le départ avec mon collègue Ben, et puis là on est en train de faire arriver les gens en masse.

Ce qui est beau dans cette histoire c’est de voir des collègues sortir complètement de leur zone de confort, et se lancer dans des trucs qu’ils n’auraient jamais faits. Il est d’ailleurs dommage qu’il faille arriver à une situation catastrophique pour que les gens se révèlent, dans le bon sens ou dans le mauvais.

Je vais pour ma part mettre à profit ma période de 15 jours de vacances, période dans laquelle je n’ai pas à traiter les devoirs des élèves, pour préparer la suite : formation des collègues, activités pédagogiques un peu ludique. Même moi finalement, je suis amené à essayer des trucs que je n’aurais pas tentés, la paresse, l’habitude, autant de mauvaises raisons de ne pas innover dans sa pédagogie.

J’ai lu dernièrement un article de Framasoft, je n’arrive pas à retrouver le passage, il me semble que c’est Pyg qui écrit. Globalement il remercie les GAFAM pour avoir réussi à mettre tout le monde en relation. Il a raison de le dire, c’est honête. Je dois vous reconnaître pour ma part que j’en suis resté là, et que ça n’ira pas très loin, en tout cas pas pour l’instant. La situation catastrophique que nous vivons est un stress test pour tout. Dans ce stress test il apparaît que le libre est totalement invisible ou je ne le vois pas très bien face à l’efficacité redoutable des services de Microsoft pour ne citer qu’eux. Aujourd’hui, j’ai la sensation qu’on a plus besoin de gens qui donnent un coup de main pour utiliser ces outils, que de s’interroger sur le nombre de données qu’ils pompent. Je crois qu’on a davantage d’avoir des enseignants aptes à faire leur métier sans s’interroger sur le bienfait de l’ouverture du code.

En gros si je devais résumer ma pensée, Coluche avec son humour pourri, la picole, les motos et les rails de coke, une moralité certainement discutable c’était quand même le gars qui filait à bouffer aux pauvres gens. L’analogie est certainement mauvaise, mais dans la merde dans laquelle je vis en ce moment, je n’ai pas pu dire une seule fois, merci le libre. C’est Youtube qui me permet d’aider mes élèves pour me voir et me revoir en boucle, c’est Messenger qui me permet de garder le contact avec bon nombre de personnes, c’est Microsoft qui me permet de poursuivre mon travail, de réunir nos classes et donner un semblant de normalité en brisant la solitude.

Bien sûr, c’est simpliste, combien de serveurs Linux et de technologies libres se dissimulent derrière ? Mais dans les faits, au bout de la chaîne, le libre pour l’utilisateur final n’a absolument rien démontré. Il est grand temps de s’interroger sur la finalité de son logiciel, de son utilisation, pour une bonne partie des projets. Je ne rejette rien, je ne jette pas le bébé et l’eau du bain, je me sers au quotidien de WordPress, Libreoffice, et de nombreux outils comme mon bureau Linux, mais combien de projets ont réellement du sens dans la masse actuelle ? Il est peut-être temps d’arrêter de penser à son plaisir personnel dans la réalisation d’un énième DE ou de la distribution de trop et de se concentrer sur les réelles attentes des utilisateurs. Beaucoup d’observateurs espèrent un changement profond de la société pour une vision du monde plus solidaire. Le logiciel libre devrait peut-être revenir un peu plus à la notion de partage, pas seulement que du code ou pour un club très fermé de barbu qui maîtrisent mais pour un logiciel universel à la portée de tous.

On a retrouvé la septième compa… Matrix

mercredi 1 avril 2020 à 19:11

Attendez, je regarde ce que j’ai écrit il y a 7 ans. J’écrivais entre autres que j’étais un connard dans le jugement, et qu’on avait démarré Teams. Les choses ont commencé à se précipiter lundi, ma sous-chef m’a autorisé à balancer l’intégralité du lycée dans Teams. Quand forcément je partais sur une période d’accalmie ça redémarre en fanfare.

C’est ici les copains que nous réalisons que nous sommes des êtres supérieurs. Moqués pour nos passions geeks, à monter des petits serveurs en cachette en chantant du Bernard Minet, nous sommes les piliers de la création, presque au sens propre. Je crois que finalement notre plus grande force réside dans le fait d’admettre quelques bricoles :

Logique, rigueur, sang froid, je crois qu’on peut le dire, nous sommes des surhommes. Forcément ce ne sont pas que les élèves qui débarquent, les élèves d’ailleurs qui ne sont pas les moins à l’aise. Je vais me jeter des fleurs, mais les groupes les plus actifs sont dans lesquels j’enseigne. C’est un constat. Je vais vous raconter une histoire parmi des dizaines dans les jours qui viennent de se produire. Certains collègues sont particulièrement enthousiastes mais peinent un peu en informatique, mais ils sont enthousiastes. J’ai montré à une collègue comment faire un formulaire avec forms, pour qu’elle puisse réaliser un concours de dessin et faire voter l’équipe pédagogique.

Elle réalise donc son forms à l’arrache, l’envoie à toute l’équipe pédagogique et demande de voter sauf que ça ne marche pas. Elle me demande de l’aide alors que comme tu peux t’en douter, c’est pas que j’ai que ça à faire, pour modifier son forms, sauf que pendant que je le modifie elle le modifie en même temps que moi …

Perdre du temps pour en gagner, c’est mon nouveau mantra, et je suis sûr que tout ceci n’est pas vain parce qu’il y a quand même de bonnes chances qu’on rentre au mois de septembre. Sans être un expert, je vois que les Chinois sont en train de se contaminer à nouveau et cela peut se comprendre. Tant que le virus est présent, tant qu’on n’aura pas de vaccins, on sera systématiquement repartis pour un tour. Je vois mal 12 millions de gamins reprendre le chemin de l’école, je ne vois pas des profs un peu malades ne pas faire appel à leur droit de retrait, je ne vois pas des familles ne pas flipper et remettre bébé à l’école pour affronter la maladie et jouer à la roulette de la faible probabilité de voir son enfant mourir.

Je vois aussi mal débarquer 40.000 personnes cet été sur ma plage alors qu’on ne sait pas encore quel sera le comportement du virus face à la chaleur. Je vois pour ma part une seule issue, la vaccination totale de la population, un traitement et on retourne au charbon dans le grand n’importe quoi habituel avec des excès dans tous les sens pour faire une nouvelle génération de boomers.

Saint-Pierre la Mer est à moi … Plus de chats que d’humains dans les rues, la dernière fois on était avec ma fille, des vieux se sont mis à 20 mètres sur le côté pour nous laisser passer, le péril jeune.

Public, je dois te reconnaître que si je suis le premier à râler à chaque fois que je dois transformer mon partner en white submarine à chaque inondation, s’il y a bien un endroit détendu où tu peux passer ton confinement c’est ici. Il faut dire que nous ça ne change pas vraiment grand-chose à notre mode de vie traditionnel, on vit déjà le gros de l’année sans voisin, à part les restaurants et les crêpiers fermés, la boulangère habillée comme Dexter. C’est donc naturellement que la cellule familiale fonctionne sans encombre. Il faut dire que les gosses sont habitués à vivre dans le no man’s land, il faut dire que les enfants ont l’habitude d’être confinés avec nous parce qu’on est toujours en vacances avec eux, il faut dire qu’ils ont l’habitude de nous avoir en prof à la maison. Nous sommes dans une situation presque normale.

La situation n’est pas vraiment normale pour moi puisque je travaille 12 heures par jour. La porte est finalement ouverte tout le temps, selon les horaires des uns ou des autres. Des élèves vous posent des questions à 23 heures, pendant que j’échange tous les matins avec mon collègue Ben à 7 heures. Il faudra que je mette des contraintes horaires, mais comme je le dis, je perds du temps aujourd’hui pour en gagner demain, et même après-demain.

Du fait de recevoir des copies d’élèves et de ne pas faire la correction en classe, je renvoie la correction à partir des copies d’élèves. Je pense que c’est quelque chose que je vais faire durer sur le long terme même si ça demandera un peu d’organisation. Quelques explications. Voici un exemple de loin de correction.

Je prends donc des morceaux d’élèves, justes ou faux et je commente. J’y vois de nombreux avantages :

C’est certainement quelque chose que je vais mettre en place pour l’an prochain, cela dit ça pose un vrai souci d’organisation. Un exemple simple, je donne du travail pour le lendemain, j’ai conseil de classe jusqu’à 20 heures, je ne peux pas m’amuser à le faire pour l’ensemble des élèves. Je peux toutefois viser pour savoir qui a fait le boulot ou non.

Nous développons nos stratégies pédagogiques, Ben cité plus haut a fait son premier cours en visio. Il s’agit de nos élèves de GT que nous suivons depuis le début, ils étaient 20 sur 23 présents ce qui montre bien que lorsqu’on éduque, ça marche. J’ai jeté un coup d’œil à ce qu’il faisait, c’était les Mayas, il faisait tranquillement son partage d’écran depuis un powerpoint comme s’il avait fait ça toute sa vie. Les élèves étaient tellement ravis, un cours, une ambiance classe, qu’ils ont demandé une séance pendant les vacances.

Dans ma matière c’est un peu différent, il apparaît que le support vidéo plus que la visio est mieux choisi. En effet, dans une salle de classe, notamment avec les collèges, on va répéter environ 45 fois pour 25 élèves. La vidéo prend alors tout son sens pour le gamin qui peut me revoir en boucle et même me mettre en pause, un rêve enfin accompli. Par contre, j’ai fait de la visio avec mes collègues notamment ma collègue citée plus haut pour utiliser forms et c’est ici que les problèmes ont commencé et qu’une fois de plus je finis par les résoudre.

Il faut savoir que Teams avec Firefox c’est limité, à savoir que vous n’avez pas la possibilité de faire de la visio par caméra. La moralité c’est d’installer le logiciel teams proposé par Microsoft puisque désormais le client Microsoft est disponible depuis novembre ou décembre 2019. Seulement comme d’habitude et pour bien emmerder les linuxiens, toutes les possibilités ne sont pas offertes, le partage d’écran ne se fait pas. En informatique c’est fondamental pour montrer ce qu’on fait à l’autre. J’ai commencé à chercher une raison, elle est très simple, la fonctionnalité n’est tout simplement pas implémentée sous Linux. C’est encore ici qu’on se retrouve dans un monde parallèle, des gars ont codé un client non officiel que vous pouvez retrouver en snap pour Teams qui gère le partage d’écran. Malheureusement ça ne fonctionne pas, et en creusant un peu il semblerait que cela provienne de Wayland.

Alors forcément à ce moment-là, je réfléchis très fortement à revenir sous Windows. Le partage de bureau est fondamental, regardez par exemple le reste de mon écran partagé pour faire une explication de l’équilibre des équations parce que je sais tout faire :

Oui je sais tout faire, oui j’aime me faire interrompre toutes les trois minutes dans ce billet que je vais faire en douze heures, mais je perds du temps pour en gagner. Parce que j’aime arpenter les forums en anglois, je vois que Google Chrome sait tout faire et j’installe donc Chrome qui fonctionne parfaitement. Mon Linux a failli y passer.

C’est vraiment une période riche en apprentissage, il va falloir que j’investisse dans une tablette graphique si ça dure pour pouvoir écrire. Comme je l’écrivais plus haut, les maths c’est comme le crépi, c’est la vie, on a besoin du papier crayon pour s’en sortir, et écrire à la souris risque de ne pas être franchement convivial. Et dans une visio où on va me demander de répéter cinquante fois, j’ai intérêt à avoir les outils adaptés.

Comme je le répète très souvent depuis le confinement, le président Macron a raison, nous sommes en guerre. On ne reconnaîtra peut-être pas à la sortie, surtout à la rentrée du mois de septembre qui auront été les collabos et les résistants mais je me souviendrais de l’attitude de chacun. S’il est certain que les télé-travailleurs n’ont peut-être pas que ça à faire, je me dis que des gens qui ont des compétences, quel que soit leur domaine devraient être sur la toile pour proposer de l’entraide, des fichiers d’informatique, des cours de français, ou prendre la guitare et faire de l’art, tout ce qu’on peut partager. Quand je vois les sites qui expliquent comment procrastiner le plus possible, je dois vous livrer mon dégoût tant il y a à faire.

Un maire de l’Eure donne des ordinateurs pour faciliter l’école à la maison titre le parisien, titre le parisien, ce maire nous le connaissons bien ici. Ce maire réélu au premier tour dans son village malgré le qualificatif de maire tueur de chats, c’est Denis, le gars qui se fait régulièrement pourrir dans la communauté du libre. Eh oui public. Et pourtant les vrais bonhommes on les voit dans cette situation, Denis équipe les enfants de son village avec des postes sous Kubuntu. Moi le Denis, malgré sa grande gueule, malgré la place qu’il prend, ça vaut tous les RMS du monde.

Ma résistance à moi est d’être présent dans la matrice, de donner un semblant de normalité à mes élèves et de leur demander de me rendre un DM Python de 600 exercices avec un exercice par page et une couleur différente par exercice. J’ai des rendus plutôt sympas.

Soyez des bonhommes, aidez votre prochain, il n’y a que dans la solidarité que nous arriverons à faire face. Ma contribution personnelle, le volume du saumon d’avril. Bon sang, j’aurais jamais cru que j’allais finir ce billet.

Une petite réorganisation du blog

samedi 28 mars 2020 à 17:24

Jusqu’à maintenant je maintenais une page avec des fichiers plus ou moins obsolètes. Cette page a d’autant moins de sens, parce que d’une part une partie de ces tutos devient vraiment très obsolètes, c’est un peu le problème de l’informatique et des wikis où il faudrait tout le temps mettre à jour, d’autre part, je déménage l’intégralité de mes contenus pédagogiques sur restez-curieux.

Du fait que je ne compte pas maintenir ces tutoriaux, du fait que je m’ancre de plus en plus dans la notion de blog, un moment, pas de conservation à long terme, je vais vous délester ceci dans ce billet. Trouvera qui voudra.

Je rajouterai enfin un dernier point, tout ceci est très orienté vers de l’informatique plus ou moins complexe et a répondu à un besoin à un instant t, besoin qui a largement évolué, il est d’ailleurs intéressant de voir certaines périodes Borniennes uniquement sur les titres. L’installation de dofus ou de scratch, c’était la période où je découvrais scratch dans le programme de troisième. Depuis on est passé en version trois qui n’a plus de dépendance avec adobe Air.

J’ai utilisé Pastèque pour le magasin école, pour finalement passer à une solution plus simple, POS, un plugin WordPress pour Woocommerce qui s’intègre parfaitement en récupérant les produits et les prix de la boutique. Le délire de l’installation sur l’installation de Linux, pourquoi Linux ou l’installation de Linux à côté de Windows, c’était ma période je vais Linuxer le monde et ce sera formidable. Il apparaît que globalement tout le monde s’en fout, et que si quelqu’un me demande comment installer Linux, ou me demande Linux, j’irai lui mettre moi-même.

L’informatique m’intéresse de moins en moins, en tout cas cette informatique, cette informatique de technicien qui viserait à changer le monde pour le rendre plus libre. Moi l’informatique qui m’intéresse davantage c’est celle-ci.

J’ai demandé dans un court paragraphe à mes élèves pourquoi ceci était une arnaque. La très grande majorité des réponses a tourné autour du fait que l’étui était gratuit et qu’on demandait de payer. Quasiment personne ne s’est étonné du prix de 1 €, du fait qu’on donne sa carte bleue sans donner son adresse, pas évident pour recevoir le téléphone ou encore l’adresse du site un peu rock’n’roll.

Il y a un sacré travail d’éducation à faire auprès de nos jeunes, et je crois que je ne suis pas trop mal placé pour accomplir cette tâche plus gratifiante que de compter le nombre de migrations forcées sur Linux.