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Le Blog de Cyrille BORNE

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Complément 109

mercredi 15 avril 2020 à 15:06

Avec quelques jours de recul, suite à l’allocution du président, j’aimerais affiner ma pensée.

Le billet que j’ai écrit à chaud, suite à l’intervention du président, reste pour moi toujours d’actualité mais il mérite deux choses, être nuancé, être précisé. Il est certain qu’à un moment il faut reprendre, et avoir posé une date de reprise fait changer d’état d’esprit, elle laisse entrevoir quelque chose. Les jalons dans cette période où le temps perd de son sens a de l’importance. Manger, se laver, dormir à des heures fixes, une rigueur indispensable pour tenir. Il est évident qu’il faut garder les gosses des gens qui doivent retourner bosser, parce que dans notre monde capitaliste, on ne va pas se mettre à faire un meeting avec des fleurs dans les cheveux à un mètre d’écart les uns des autres en chantant give peace a chance. C’est comme pour l’hôpital qu’on a massacré durant toutes ces dernières années, il y a un temps pour tout, celui de l’action, on réglera les comptes plus tard.

Dans le forum où il n’y a pas que des profs, on disait à juste titre qu’il allait falloir retourner bosser parce que sinon on allait bientôt sucer des cailloux et c’est véridique. Le problème, c’est comme toujours, c’est le discours du politique, un discours qui sonne faux et qui donne une fois de plus la sensation qu’on nous prend pour des cons. Retourner bosser physiquement, je l’entends. Garder les enfants des parents qui travaillent, avec un vrai travail qui paye le salaire des enseignants, il n’y a pas un prof en France qui n’est pas capable de l’entendre, même si on fait partie d’une profession avec de très nombreux abrutis. Mais qu’on le dise. Qu’on ne fasse pas croire que la nation se préoccupe des laissés-pour-compte de l’éducation, qu’on n’aille pas faire croire qu’on fait rentrer 100% de personnes pour 5% qui ne fonctionnent pas et qui continueront de ne pas fonctionner car ils ne fonctionnaient pas avant.

Oui, on évoque une date du 11 mai comme une date de reprise partielle, progressive, avec les conditions de sécurité qui vont bien, oui le gouvernement se donne un plan de 15 jours pour dire comment ça va se passer dans les grandes lignes, cela laissera 15 jours pour laisser les établissements, les transports scolaires, les cantines, les parents, les crèches, des dizaines de millions de personnes pour s’organiser. Drôle de logistique. Tout ceci sent le parfum de l’amateurisme, du plan qui n’est pas préparé, du hasard.

Il aurait fallu prendre le problème à l’envers, partir des corps de métier qui ont besoin d’aller bosser, voir qui peut poursuivre l’éducation à distance, voir qui sont les professeurs qui ne pourront pas travailler et il y en a, des gens diabétiques, des gens en rémission d’un cancer, des gens qui ont des problèmes cardiaques et faire le point en commençant par le niveau local. Je rajouterai aussi les gens qui ont peur, il y en a et pas qu’un peu, des gens qui ont peur de mourir. Mais c’est ici le reproche principal, plus que les conditions sanitaires, parce que quand je vais faire mes courses sans masque, sans gant, j’ai des demeurés qui me grimperaient dessus pour chopper leur plaque de chocolat, une fois de plus, les acteurs de terrains, les gens qui gèrent la situation au quotidien dans les écoles de France seront la dernière roue du carrosse, et encore. Même dans une telle situation, on trouve encore le moyen de nous faire sentir le mépris, bravo !

J’ai donc désormais en tête qu’il faudra reprendre, je ne sais pas quand, ni comment, quelle organisation, et je dois reconnaître que c’est source de démobilisation pour qui prévoyait de poursuivre la préparation de ses cours à distance. Je ne me sens pas concerné puisque j’ai déjà refait tous mes cours d’informatique la première semaine des vacances et que pour ma part le travail à distance ne me gêne absolument pas, comme le disait Iceman dans son dernier billet :

C’est un peu la revanche des casaniers solitaires, comme moi, comme madame, ceux qu’on jugeait associaux….

Didier aka Iceman

La fin du confinement serait perçue certainement comme un soulagement si elle s’accompagnait de la fin de la maladie, ce n’est pas le cas et pas avant un long moment. Elle sera une source de stress supplémentaire pour des tas d’individus, on risque d’avoir pas mal de dérapage. Il faudra apprendre à vivre avec, et effectivement si les hôpitaux sont désengorgés, il faudra se confronter au microbe en espérant ne pas y passer pour arriver à cette fameuse immunité de groupe qui semble pour l’instant la seule solution tangible. La pédagogie d’ailleurs est particulièrement mauvaise dans la communication gouvernementale, les gens auront certainement du mal à percevoir l’intérêt du confinement si c’est pour faire un open bar en date du 11. La période de confinement était indispensable pour maîtriser la maladie, faire prendre conscience aux populations l’intérêt des gestes barrières sauf pour les gros connards qui me sautent dessus dans les supermarchés pour chopper leur chocolat. Il est impératif désormais que tout le monde prenne conscience que l’on passe du petit bain au grand bassin mais que les gestes n’ont pas changé.

Comme je l’ai écrit, toujours dans ce dernier billet, j’ai arrêté Facebook, je vous garantis que ça fait un bien fou, vous devriez essayer. Néanmoins, j’avais expliqué la problématique d’avoir des informations de secteur local, qui ne sont diffusées que par le biais de ce réseau ou presque. Je viens d’apprendre par exemple, que mon bureau de poste allait rouvrir la semaine prochaine, partiellement, c’est le mot du moment. J’ai mis en place une instance de rss-bridge. Il s’agit de glisser le programme dans un ftp quelconque et c’est parti, le service auto-hébergé vous récupère à partir de services aussi variés que twitter, instagram ou facebook, le flux RSS de la page.

En trois images, il manque l’ajout à l’agrégateur RSS qui a peu d’intérêt :

Je continue donc à faire du mélange des genres : du propriétaire selon mon besoin ou mon obligation. J’entends par là que j’utilise onedrive comme solution de backup, mais c’est une solution dont je peux me passer. J’ai un To de dispo, je n’utilise que le minimum. Mon adresse mail professionnelle, est une solution dont je ne peux pas me passer, je l’utilise à minima, à savoir pour échanger avec les collègues et dans le domaine professionnel. Pas plus, puisqu’un jour j’ai bon espoir d’avoir une adresse en ac-montpellier.fr. J’utilise Youtube parce que le savoir est en train de se déplacer là-bas, mais cela ne m’empêche pas d’essayer de trouver des sources d’informations écrites, même s’il faut reconnaître et à mon grand désespoir que cette situation, il me semble, n’a pas multiplié les talents et les partages mais plutôt l’encensement du « low effort ».

En fin de compte, pas si difficile que ça de trouver le bon choix de logiciel, le bon choix de service :

C’est l’heure de la PS3.

Retour au front le 11 mai … ou pas

lundi 13 avril 2020 à 22:59

L’allocution du président, je dois vous le dire particulièrement surpris. Alors que le midi-libre qui est au journal papier ce que le journal de Jean-Pierre Pernaut est au JT, Coronavirus : Macron annoncerait un confinement jusqu’à mi-mai et pas d’école jusqu’en septembre, une rumeur de source sure, je ne m’attendais absolument pas à un retour en classe avant la rentrée du mois de septembre.

Quelques arguments qui plaident en ma faveur et que ne manqueront pas de mettre en avant les syndicats et certainement les médecins qui ont dû être horrifiés devant leur télé. Vous pouvez d’ailleurs parier que tous les gars qui ont craché sur la période de confinement en déplorant la perte des élèves seront les premiers à crier haut et fort qu’on nous envoie à la mort et que c’est un scandale sanitaire.

Absolument pas dans l’ordre :

Je suis très étonné par cette annonce et je suis d’autant plus étonné par la phrase suivante :

« A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, écoles, collègues, lycées. C’est pour moi une priorité car la situation actuelle creuse les inégalités. Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, sont privés d’écoles, n’ont pas accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents. Les inégalités de logement, entre familles sont encore plus marquées »

Notre bon président

C’est pour ma part très hypocrite parce que les inégalités étaient déjà présentes bien avant, elles seront présentes bien après. Le président voudrait presque nous faire croire que l’ascenseur social est au point. Il le sera quand on aura un jour un président qui aura été boursier pendant toute sa scolarité. Les gamins qui ne suivent pas actuellement, sont les mêmes que les parents ne mettaient pas à l’école souvent, sans justificatif d’absence, parce que l’école n’est pas importante. J’ai donc du mal à comprendre qu’on se soucie désormais de ces pauvres gosses, quand il faudrait déjà multiplier les signalements, quand les contrats jeunes majeurs ne devraient pas s’arrêter à l’âge de 21 ans mais laisser l’opportunité à ces jeunes dans des situations difficiles de réussir.

Je vois pour ma part trois explications qui peuvent être rationnelles par rapport à ce discours dans un contexte assez particulier. La population jeune est la moins sensible au virus, tu remets tous les gosses ensemble ça fait circuler le virus pas trop méchamment et ça fait monter l’immunité naturelle. Tant pis pour les pertes. Je le dis froidement, même si je sais que la perte ça peut être moi, ma femme ou mes gosses qui sommes aux premières loges, la fameuse première ligne, mais à la guerre comme à la guerre. Il y a un journaliste ou un gars qui est intervenu sur BFM, vous me direz que ce n’est pas une référence, qui a tenu des propos très durs mais plein de bon sens. En gros il expliquait que si on ne reprenait pas rapidement, l’état qui pour l’heure sort des milliards, jouait la carte de l’urgence maintenant, et que dans un an ou moins, on aurait une guerre civile avec des gens qui crient famine. Et d’étayer son discours en disant que pendant les guerres on ne comptait pas les morts sur le front.

La remobilisation des troupes. Si on fait une annonce pour dire qu’on rentre en septembre en ayant dit que les notes de confinement restent à confinement sans donner les détails de la quantification de la fameuse assiduité, on a plus rien. Car quand Jean-Michel notre bon ministre dit qu’on a perdu 5% d’élèves, il oublie d’évoquer le rendu quand il a lieu par ceux qu’on n’a pas perdu, et la qualité qui va avec. Une reprise le 15 mai, forcément ça fait méditer un peu le gosse en se disant qu’il a peut-être intérêt à s’y mettre, surtout si on fait des conseils de classe tardifs. Enfin, la dernière explication va dans le sens de l’intervenant de BFM. Il faut que l’économie reprenne, et quand tu as les gosses dans les pieds, tu peux pas bosser parce que Kevin et Kevina âgés de 4 et 7 ans respectivement, ne sont pas capables d’ouvrir une boîte de salé aux lentilles, à leur plus grande honte.

Et si on pousse le raisonnement de notre président jusqu’au bout, qu’on met en parallèle à celui de Jean-Michel, cela voudrait finalement dire qu’on reprendrait l’école pour les 5% de décrocheurs quand tout va bien pour 95%. Il aurait fallu prendre le problème à l’envers et mettre les moyens pour faire raccrocher les 5%, et laisser tout ce beau monde finir son année virtuelle en précisant bien mieux la notion d’assiduité. Trouver des ordinateurs, payer des forfaits 4G illimités pour les familles qui sont dans le besoin, plus économe, moins dangereux, plus « sanitaire » quand se dessine ici une reprise « économique ». N’étant pas spécialiste, et partant du principe qu’il y a certainement des gens plus intelligents que moi qui nous dirigent, les mêmes qui nous ont fait voter (sic), je serais bien évidemment au boulot le jour où on rentrera, la fleur au fusil comme les soldats de la guerre de 14-18 sapés en bleu et rouge.

Un prof qui va combattre le virus !

La date du 11 mai me paraît pour ma part totalement illusoire et j’espère que quelqu’un fera remarquer le gros bordel que ça va être dans des écoles qui ne sont pas conçues pour avec un public qui n’est pas conçu pour. Dès qu’il va y avoir des cas dans l’établissement, fermeture de l’établissement, on va jouer à ça pendant combien de temps ?

Alors dans ce temps où tout paraît très incertain, je vais de plus en plus jouer la carte du low et du slow. J’écrivais dans un de mes derniers billets que les supers outils de la mort Microsoft c’était super rigolo mais pas du tout interopérable, que la mobilisation des collègues c’était compliqué, je vais me focaliser sur les bonnes vieilles solutions que sont Libreoffice par exemple et qui sont respectueuses de la RGPD. On a pas mal échangé dans le forum des bons pères de famille sur les solutions utilisées, vous avez même pu me voir passer de snap à discord pour arriver à Teams, l’officiel. On y est, mon chef a envoyé un document aujourd’hui sur la dangerosité de Zoom. Comme je l’ai écrit, ça commence à se réveiller, et c’est dommage qu’on coupe l’herbe sous le pied de quelque chose qui commençait à peine à éclore, la prise de conscience qu’on ne peut pas utiliser n’importe quel logiciel. Dommage, quelques mois de plus et on aurait pu enfin avoir de véritables habitudes, elles n’arriveront pas. Pour ma part je n’utiliserais plus aucun service nécessitant un enregistrement d’élève, ce que j’ai fait à tour avec Adobe Spark. Faut que je regarde si on trouve des choses similaires sur PC ou en service sans inscription.

Et comme je suis dans une phase de restructuration, j’ai supprimé mon compte Facebook aujourd’hui. Deux raisons : lassé de voir de la merde circuler en boucle. Le fait que la totalité des gens en relation sont des gens qui font partie ou ont fait partie de mon milieu professionnel sauf Gilles avec qui je vais devoir expérimenter de nouveaux moyens de communication sauf s’il fait l’effort de s’inscrire sur le forum.

Avec cette période, j’ai réalisé que le maintien du contact avec les anciens élèves c’est sympa, mais finalement ça n’apporte rien. C’est sec dit comme ça mais c’est vrai. Si à un moment un élève s’intéresse, il n’est pas compliqué de me trouver sur la toile, d’envoyer un mail et d’échanger un numéro de téléphone, un rendez-vous à un café. Facebook, les réseaux sociaux biaisent finalement les relations et poussent faible effort. Mieux vaut moins mais mieux. J’ai réalisé que j’avais une forte proportion de mes collègues de boulot et que j’échangeais pour le boulot avec eux, et quasiment uniquement pour le boulot. Nous ne sommes pas des amis, de simples collègues. Si j’ai besoin de communiquer, j’ai le mail, et pour certains avec qui j’ai de vrais relations, j’échange par SMS ou on s’appelle.

Je considère aussi que c’est un nouveau défi pour moi, de redécouvrir l’internet à l’ancienne, je viens de m’inscrire à la newsletter du site de mon village. Je vais aller chercher l’information des préfectures de l’Hérault et de l’Aude autrement, Facebook était pour moi une bonne source d’infos locales. Tant pis pour le Facebook Market, je passerais par le boncoin ou ebay.

Si je dois faire la synthèse de mes réseaux, de mes moyens de contact :

À chaque jour suffit sa peine, je viens de relancer la PS3, une façon comme une autre aussi de faire de la Low tech. À noter que moins de temps perdu dans Facebook, plus de temps pour faire d’autres choses. Je regarde pas mal de vidéos Youtube, en ce moment c’est Horizon Gull, ça fait un peu réfléchir.

Edit : même pas deux heures après l’intervention du président : Coronavirus : la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai inquiète les syndicats d’enseignants

La parenthèse

samedi 11 avril 2020 à 22:27

Dans le dernier billet, j’écrivais que je refaisais mes cours d’informatique, qui ne serviront d’ailleurs peut-être à rien si j’obtiens ma mutation, mais pour l’heure mon instinct me dit qu’il faut refaire. Dans le dernier épisode j’écrivais aussi qu’une capture d’écran avec un peu de texte c’était trop pour mes élèves, je fais des tutoriaux avec simplescreenrecorder.

On m’a fait remarquer dans le forum que le son était dégueulasse, mais il reste audible. J’ai fait quelques essais avec obs-studio qu’on m’avait recommandé, il est effectivement livré avec beaucoup plus d’options, dont notamment des filtres audios qui coupent le son en provenance de l’extérieur. Il apparaît en effet que chez moi où le bruit est permanent, encore plus depuis que ma femme utilise sa machine à coudre, que ce n’est effectivement pas du luxe. Néanmoins, avec les filtres ou sans les filtres, le son reste plus dégueulasse qu’avec simplescreenrecorder. Partant du principe qu’on est sur maths à l’arrache, partant du principe que j’ai plusieurs sources qui me confirment que ça reste audible, je n’investirai pas dans un micro même si j’ai vu des modèles aux environs de 35 €.

Je ne pense pas faire des dizaines de vidéo avec le PC, mais je dois reconnaître qu’à l’instar des vidéos de maths, pouvoir montrer le geste c’est bien. Comprenez que l’exemple ci-dessus, notamment de la rotation de la zone de texte, quand dans une séance vous le refaites quatre fois sur le vidéo projecteur, ça commence à devenir sérieusement gavant. C’est une façon de pousser l’élève vers l’autonomie et l’auto-formation, une auto-formation avec la voix et la méthode du prof, je trouve que c’est beaucoup plus personnel qu’un tutoriel trouvé sur le net. Comme je l’ai écrit, je me fais des ressources pédagogiques qui vont me durer un temps, quand bien même tout disparaît de Youtube, mon engagement est assez faible, si bien que s’il fallait refaire, ça ne poserait pas de gros problèmes.

J’échangeais avant les vacances avec le responsable informatique de ma fédération et lui demandait l’intérêt d’un Yammer interne face à un Teams. Pour ceux qui n’ont pas la culture Microsoft, Teams c’est donc le super outil pour faire les classes virtuelles, gérer les équipes tout ça, Yammer est l’équivalent d’un réseau social à la Facebook mais d’entreprise. Si au niveau national, on peut effectivement voir l’intérêt d’un Yammer, au sein d’un établissement scolaire, si on a du Teams d’un côté, le Yammer perd son sens. J’ai monté une équipe avec les profs, Yammer serait redondant.

C’est certainement une des critiques que je ferais à la période actuelle, et qui traduit l’un des problèmes que rencontre l’informatique de façon traditionnelle. Trop de choix tue le choix. Sur les sites internet, chez les documentalistes, chez ceux qui font de la veille, on va vous proposer 350 liens vers des chaînes Youtube avec énormément de déchets quand il faudrait avoir le courage de faire des choix précis. Dans ma fédération agricole, j’en vois qui sont partis sur Teams mais qui ont déjà un Yammer, ils font la réflexion de partir désormais sur Moodle. Alors que certains sont dans le grand délire de la multiplication des plateformes quand il en faut au moins une qui marche, la réalité est autre.

Cyrille dans Yammer

En avril 2019, j’écrivais :

Cela fait des mois que je n’ai pas mis les pieds sur le Yammer de la boîte, je pense fermer mon compte pour montrer que cela ne m’intéresse pas, ou que cela n’est pas intéressant car les responsables n’ont pas su le faire vivre

Cyrille BORNE, aigri de la vie

Avec du recul, ma phrase est injuste. Il ne s’agit pas des responsables mais il s’agit de l’ensemble des enseignants. Yammer est un excellent outil, c’est un Facebook épuré, si l’outil était mauvais on pourrait incriminer les responsables. Si les gens ne dansent pas, ce n’est pas parce que la musique est mauvaise, c’est parce qu’ils ne veulent pas danser. J’essaie de jouer la carte de la solidarité, je suis revenu sur le réseau social de mon entreprise. Le responsable informatique me disait qu’il y avait une augmentation de 1000 personnes sur le réseau. 1000 personnes à notre niveau c’est assez conséquent pour ne pas dire que c’est énorme. Alors qu’on compte 1000 personnes de plus, alors que nous sommes dans une phase où cela devrait échanger dans tous les sens, c’est toujours aussi mort. Ce sont toujours les mêmes qui échangent, ce sont toujours les mêmes qui regardent.

L’article de Cascador tombe à point, il écrit :

Je vous invite à lire l’article sur Wikipédia : Dans la cyberculture, la règle du 1 %, loi de 1 % ou hypothèse du 1 pour cent, également appelée principe 90-9-1, reflète le fait que la participation active des membres d’une communauté en ligne est extrêmement faible. Ainsi, sur Internet, moins de 1 % de la population contribue de façon active, 9 % participe occasionnellement et 90 % sont des consommateurs passifs, qui ne contribuent jamais.

En fait il faudrait étendre plus loin la réflexion. Si certains ont adapté leur pratique pédagogique, se sont lancés sur Youtube, ont modifié leur cours, combien vont réellement changer leur pédagogie de façon profonde. C’est exactement pareil que celui qui fait le régime de l’été et qui perd quatre kilos pour les reprendre et celui qui change fondamentalement son alimentation. Avec cette période de calme, où je vois des collègues qui se plaignaient de l’agitation permanente à juste titre, de l’augmentation du nombre d’outil, je me dis qu’il sera d’autant plus difficile de les faire revenir à la rentrée parce qu’ils n’ont pas envie, n’ont pas intégré, cette notion de réseau au sens large du terme appliqué au domaine professionnel. Et c’est ici toute la subtilité du concept, les mêmes qui vont dire que Teams ou d’autres outils ça fait trop, seront présents sur Facebook, seront de gros consommateurs de Messenger ou de Whatsapp.

Je ne juge pas. Mal dit. Je juge mais je ne condamne pas. Comprenez que je fais comme d’habitude, je peste mais je suis dans l’action, et j’aurais tendance à dire que ce que font les autres m’importe de façon modérée parce que je n’ai pas le temps, j’avance. On est obligé de tenir compte de la façon de travailler des autres, parce que c’est le principe même d’une équipe pédagogique. J’envie parfois mon épouse, non pas pour travailler avec des gosses de 11 ans que je ne supporterais pas longtemps, mais pour la faiblesse des interactions avec les autres collègues, à part pour certains décloisonnements. Pour des collégiens, les lycéens, c’est comme éduquer des gosses à 15, déjà à deux c’est compliqué, à 15 individus c’est très compliqué. Je ne condamne pas mais je juge, parce que ce jugement me permet de savoir dans quoi je m’embarque. J’ai poussé pour l’ouverture des classes virtuelles, et je les utilise, néanmoins je ne pousserai pas mes collègues à les utiliser, liberté pédagogique oblige.

J’ai de plus en plus la conviction que tout ceci n’est qu’une parenthèse, et que ce qui se sera passé à Corona, restera à Corona. À la rentrée, si le virus est derrière nous, si nous ne rentrons pas, que restera-t-il de cette période à part des changements individuels mais pas de changements collectifs si personne ne force ces changements.

Je ne connais absolument pas la bande dessinée mais je voulais illustrer une parenthèse

Je lisais cet article typique de prof, quelques enseignements du confinement à l’usage de ceux qui dirigent l’école. Les profs sont les plus beaux, les plus forts, et on retiendra de cette histoire qu’on est les plus beaux, les plus forts, que nous sommes indispensables, que la classe est indispensable, qu’on a pas le matériel et que les outils pédagogiques qui ont été mis à notre disposition étaient en bois.

Il est évident que cette période est propice aux remises aux questions, à une remise en question profonde de la société, à se dire que finalement en France on est pas si mal quand on voit le résultat du capitalisme libéré aux States, et les enseignants ne devraient pas échapper à cette remise en question. Ça ne se produira pas, de la même manière qu’on est forcé de mettre 160.000 policiers et gendarmes pour empêcher les bourgeois de venir dans les résidences secondaires pendant que la France des gilets jaunes fait tourner le pays, parce qu’il ne s’agit bien que d’une parenthèse.

À l’instar des 1% qui participent, combien seront nous à repenser notre façon de vivre, notre façon de consommer, ou même notre métier ? J’ai bien peur que le premier réflexe lorsque ce sera possible, sera à nouveau d’acheter des produits à bas prix sur Aliexpress, et de consommer un maximum de merdes inutiles dont on peut très bien se passer. De la même manière qu’on applaudit de façon très hypocrite le personnel soignant, qu’on félicite les caissières, qu’on salue l’agriculture française qui nous fait manger, qui s’en souviendra demain, le fameux jour d’après ?

Lorsque la rentrée arrivera, je sais que je vais me mettre en retrait sur pas mal de point, car comme je l’ai écrit, à froid, dans le calme, quand on n’est plus dans l’action, on arrive à prendre mieux la mesure des choses. J’avais pensé renoncer à ma mutation, la curiosité de voir la suite, mais malheureusement la suite je la connais, rien ne se produira de plus dans mon établissement car les personnalités n’auront pas changé, la parenthèse sera clôturée.

Je fais donc finalement ce que je fais depuis des années, je travaille uniquement avec ceux qui le veulent, ceux qui ont l’envie de ramer avec moi. Pour l’heure, je continue à m’occuper à la maison, ce ne sont pas les tâches qui manquent. Je désherbe où je peux, je fais à manger, je travaille, je bouquine, je me cultive, je viens de sortir la PS3 même si je ne l’ai pas encore allumée. Je fais propre dans mes cours, je supprime des fichiers, des sites internet en pagaille, ces fameux au cas où que je ne regarderai jamais. J’ai monté une ébauche de site pour Tony, ce qui explique que vous ne voyez plus les articles à vendre sur le blog qui n’est aujourd’hui plus qu’un blog. Je vais pousser le bonhomme un peu, je vais continuer à lui donner un coup de main et gérer la plateforme, mais je trouve que c’est plus lisible et pour lui et pour moi, de ne pas avoir les œufs dans le même panier.

Désormais et je trouve que c’est plutôt pas mal, ma présence sur l’internet se traduit de la façon suivante :

C’est la première fois, après toutes ces années à faire et défaire que j’arrive à une véritable satisfaction quant à ma présence sur le net. Il aura fallu cette épidémie de Corona pour y arriver, preuve que cette situation n’aura pas que du mauvais, j’espère que vous qui me lisez, arrivez à trouver votre part de contentement, de réflexion, d’opportunités et de changement.

Cultures, épisode 56

samedi 11 avril 2020 à 07:48

Le principe de Skyjo est assez élémentaire :

Pas très subtil dans le sens où il n’y a pas réellement de stratégie. La seule variable pour mettre un peu de piquant, c’est si on a une colonne composée par les mêmes nombres, alors la colonne est retirée du jeu. Si par exemple, on a deux douze, on peut être dans l’attente d’un troisième douze plutôt que de trouver des cartes inférieures pour les deux cartes à changer. Le jeu en famille reste amusant, rapide et facile à maîtriser.

La série des maîtres inquisiteurs qui fait largement penser à la série Elfes, nains et j’en passe, reste une des bandes dessinées les plus efficaces du moment. Dans ce tome 13, Iliann, est un jeune inquisiteur qui a la particularité de se transformer en loup-garou. Il mène l’enquête sur la transformation d’un des leurs qui pour une raison inexpliquée est devenue une énorme bête sauvage qui massacre tout sur son chemin. Gore à souhait, classique mais toujours efficace, à lire.

L’œil du STO est une bande dessinée assez originale puisqu’elle traite de la guerre de 39-45 pas du côté guerre, pas du côté occupation, pas les camps de concentration, mais des Français qui sont partis travailler dans les camps en Allemagne. C’est l’histoire d’un garçon de café qui se retrouve dans l’obligation d’aller travailler pour l’Allemagne nazie qui a nécessairement besoin de main d’œuvre pour fabriquer les armes ou le matériel. C’est assez intéressant parce que c’est une histoire qu’on n’évoque pas, le sentiment de malaise est bien retranscrit par le personnage central qu’on retrouve de l’enfance jusqu’à l’âge de la retraite. Un sentiment de culpabilité, comme d’avoir collaboré avec l’ennemi, alors que les conditions de travail étaient particulièrement horribles et sans laisser d’autre choix que d’exécuter les tâches. Une bande dessinée passionnante et qui lève le voile sur une période historique certainement trop honteuse pour qu’on l’évoque.

Dans un village de campagne, type trou perdu, à cause d’une suite d’événements, un drame se produit, un gamin de douze ans tue par accident son petit camarade. Au lieu de tout révéler à la police, le garçon cache le corps dans la forêt. L’action se déroulant dans la fin des années 90, le film utilise la tempête qui a soufflé le nord pour faire stopper les recherches. On retrouve notre meurtrier 15 ans plus tard, venu assister au départ en retraite du médecin du village, lui-même étant devenu médecin. Comme on peut s’en douter, il va être largement rattrapé par son passé. Trois jours et une vie porte parfaitement son nom, bien plus que le poids du secret, le film montre comment un homme est capable de se mettre ses propres chaînes sur trois jours pour une vie complète. Excellent film qui fait pourtant deux heures et qui vous tient en haleine.

Braagam est un vieil orc qui attend la mort. Légende encore vivante des campagnes orcs, il se remémore son passé avec ses vieux camarades. Devant ses yeux, une injustice qui commence à lui peser de plus en plus, deux jumeaux sont maltraités par leur oncle, la fille est harcelée par le fils du chef du village. Il finit par intervenir et forme le garçon pour qu’il puisse protéger sa sœur. Novateur dans le positionnement, puisque le héros de ce tome 7 de orcs et gobelins, est un vieillard. Toujours aussi bien dessiné, toujours aussi prenant, on continue avec le tome 8, renifleur qui se déroule cette fois-ci chez les gobelins. Renifleur, c’est un gobelin qui est capturé quand il est enfant par des humains, un cadeau pour l’un des princes. Traité comme un chien, d’où son surnom de renifleur, il est utilisé comme tel par le prince qui le tient en laisse pendant ses chasses. L’homme et le gobelin finissent par se lier d’amitié, le gobelin se révélant un précieux allié quand le roi est assassiné. Du très bon, même si on s’attendait au final, la série ne déçoit toujours pas. On doit à Jérémie Moreau, La Saga de Grimr primé à Angoulême, c’est donc un gars qu’on attend forcément au tournant. On passe des vikings aux hommes des cavernes avec Penss (et les plis du monde), un homme préhistorique fasciné par la contemplation de la nature, au point de se faire rejeter par son clan lui et sa mère. Il finit par arriver dans une plaine où il se lance dans la culture des fruits. Passionnant, original, poétique, c’est pas far cry primal.

Nier est un jeu sorti en 2010, c’est un jeu Square Enix et c’est un action RPG qui se rapproche d’ailleurs plus de l’action que du RPG. À partir du moment où tu écris Square Enix et RPG Japonais, les fans sortent des cierges et se mettent à prier en cœur. Je n’ai jamais été un grand fan de Final Fantasy, des jeux que je trouve très niais, avec des combinaisons toujours bizarres pour te faire comprendre que les japonais ne pensent pas comme toi. L’action démarre à notre époque avec une introduction qui prendra son sens à la fin du jeu, un homme essaie de protéger sa fille malade de monstres qu’on appelle les ombres. On se retrouve 1500 ans après dans une situation totalement similaire, avec notre bon père de famille, un guerrier qui essaie de trouver un remède pour guérir sa fille alors que les ombres sont de plus en plus nombreuses et se rapprochent du village.

L’action est orientée beat them all 3D, ça bastonne dans tous les sens, parfois de façon un peu confuse. Votre héros marave bien évidemment à l’épée et va trouver un livre qui est capable d’exécuter des pouvoirs magiques. C’est ici que je dis que c’est plus action que RPG, parce que l’inventaire ne sert à rien à part pour les potions de vie, l’évolution des armes n’apporte rien, j’ai fait l’intégralité du jeu avec seulement deux sorts, toute la panoplie que vous récupérez ne sert absolument à rien, sachant qu’on a tendance à aller à l’efficace face à des hordes de monstres. C’est globalement un bon jeu, disons que l’histoire m’a accroché même si j’ai failli arrêté plusieurs fois, le jeu tombant dans une facilité honteuse qui en 2010 n’aurait pas dû exister et qui fait jeu de pauvre. Vous allez devoir refaire certains donjons trois fois, et quand on sait que les donjons en question sont des labyrinthes, ça ne donne vraiment, mais vraiment pas envie.

La mise en scène est prodigieuse avec certains combats contre des monstres géants particulièrement épiques, et c’est d’ailleurs ce qui contraste entre certaines parties comme évoqué plus haut qui font vraiment pauvre et certaines scènes magnifiques. L’un des points fort du jeu c’est sa bande originale, vous le verrez mentionné de partout et c’est vrai, c’est audacieux, ça chante, c’est beau, c’est tellement beau qu’ils en ont même fait une représentation en concert qui s’appelle le Nier Orchestra. C’est certainement ici que tu te dis que si les Japonais font des jeux qui sont parfois franchement pénibles et longs, ils ont toutefois compris bien avant tout le monde que le jeu vidéo est un art, quand en Europe on méprise, eux font des concerts, ils sont forts ces Japonais.

J’ai donc tenu pour l’ambiance, et parce que finalement ce n’est pas prise de tête. Les gens qui s’extasient à filer des 20/20 sur jeuvideo.com me font très très peur, certainement des fans inconditionnels de Square Enix, la note de 16 donnée par le testeur est déjà largement bien payée.

Dans le pouvoir de la force numéro 2, vous incarnez un clone d’un Jedi. Comme la vie est plutôt mal faite, Dark Vador n’arrive pas à vous faire obéir si bien que vous vous évadez avec perte et fracas. Les premières minutes de jeu sont assez magiques, nous sommes en 2010 et on incarne un Jedi à deux sabres dans un univers franchement bien foutu. Pas du Jedi de pacotille, du Jedi qui sabre tout le monde, qui envoie des éclairs qui fait déplacer de gros objets, rien à dire l’univers de Star Wars est parfaitement respecté. Si c’est sympa au début, le jeu montre rapidement quelques faiblesses, la maniabilité du personnage pour le moins catastrophique. Et puis, la répétitivité, dans les décors, dans l’action, c’est très répétitif. La palme du pénible revient certainement à la fin dans le combat contre Vador, où il faut sauter de plateforme en plateforme pour atteindre le sommet avec un personnage qui a plus la souplesse de l’éléphant que du cabri. Se battre contre Dark Vador c’est sympa bien sûr, sauf qu’une fois encore la répétition est très lourde, ça n’avance pas. Dommage, il y a quelques scènes qui sont assez mémorables, je pense notamment à la scène de baston géante contre un monstre gigantesque qui finit en combat dans les airs.

Un divan à Tunis c’est l’histoire d’une jeune femme qui rentre au pays après plus de 25 ans pour monter un cabinet de psychanalyse dans la banlieue tunisienne. Très rapidement, dans un pays où on ne parle pas, les gens affluent pour se livrer. Seulement, Tunis n’est pas la France, la complexité administrative, le fait d’être une femme, la psychanalyse tout simplement, tout devient très compliqué. Difficile de porter un regard autre que celui qui ne connaît pas. Comprenez qu’il est possible que ce soit particulièrement caricatural, car on dépeint quand même le pays de façon tendre certes mais franchement sévère quant aux moyens, la compétence et j’en passe. En tant que simple spectateur, un bon divertissement, amusant.

Tom Hanks part en Arabie Saoudite pour vendre une technologie au roi, c’est un peu le tout pour le tout pour cet homme d’affaires en plein milieu de la crise. Rapidement il prend conscience que les choses vont être compliquées, les traditions, le roi qui n’est pas rentré depuis un an et demi, et puis la maladie, une tumeur lui apparaît dans le dos. Pas désagréable malgré un manque de rythme évident. Un hologramme pour le roi insiste largement sur le non-dit dans un pays où tout le monde s’espionne pour respecter les préceptes religieux mais dans la grande hypocrisie avec les étrangers qui font des fêtes avec cocaïne, alcool et sexe à volonté. Engagé mais pas trop, ça se laisse regarder.

Selfie est un film divisé en sketches comme parfois on peut le voir dans le cinéma avec quelques liens entre les différents protagonistes. L’idée de base c’est l’utilisation irrationnelle des réseaux sociaux et des téléphones portables, une satyre de la vie actuelle. Le film va assez loin avec comme fil rouge une famille dont l’un des enfants est atteint par un cancer et qui filment les événements de sa vie jusqu’au jour du drame, le gamin est guéri, la vie devient alors moins intéressante. C’est typiquement l’esprit du film qui en fait certainement trop, et pourtant malgré les exagérations, le fond de vérité est bien là. Ça se regarde.

Cultures, épisode 55

vendredi 10 avril 2020 à 12:55

Michelle Williams travaille dans association humanitaire en Inde, elle reçoit une proposition de don de l’entreprise de Julianne Moore à hauteur de 2 millions de dollars. Une proposition qui ne se refuse pas. Julianne Moore est dirigeante d’une grande société qu’elle vend, elle fait le don de cette somme à une association sélectionnée parmi d’autres. Sauf qu’il se pourrait bien que plus que son association, c’est Michelle Williams qui l’intéresse. Cette dernière arrive en plein milieu de la cérémonie de mariage de la fille de Julianne Moore et c’est le malaise quand elle voit le père, un artiste célèbre qu’elle connaît. La performance du film after the wedding, c’est de nous entraîner à la moitié du film sans qu’on sache le lien entre les personnes. Une fois qu’on le sait, le suspense diminue, mais pas forcément l’intérêt du film. À voir.

Dans cet album 15 de Nains, nous retrouvons Oboron du bouclier, tranquille avec sa compagnie jusqu’à ce qu’il se fasse attaquer par des elfes. Il se réveille, le corps troué de flèches mais sans vraiment souffrir. Il arrive à rejoindre les siens qui le pensaient mort, et c’est un peu logique, il a massacré une grosse partie des elfes à lui tout seul pour finir par se prendre une lance et tomber d’une falaise. Plutôt que de l’accueillir en héros, ses camarades le capturent. Oboron découvre qu’il fait partie d’une lignée de berserker, et que le problème avec tout bon berserker qui se respecte c’est que sur un champ de bataille quand il est bien chaud, il ne fait pas la distinction entre les amis et les ennemis. La mort ou devenir une bête de combat, il fait forcément ce second choix, avec une seule obsession, retrouver sa famille. Comme toujours la série nains ne déçoit pas, efficace, bien dessinée, prenante.

Franck Dubosc devient le 11 septembre 2001 le présentateur vedette du JT de la grande chaîne. Caricature complète du monde de la télé, la débauche, la drogue, les fausses amitiés, les relations, le business, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles jusqu’à l’arrivée de Denis Podalydès le nouveau directeur de la chaîne. Ce dernier n’apprécie pas le personnage et cherche à le remplacer par une présentatrice plus jeune, la guerre est déclarée, tous les coups sont permis. Le titre toute ressemblance … qui n’est pas un bon titre fait nécessairement penser au monde de la télé et peut-être en particulier à la rivalité sur TF1 entre PPDA et Laurence Ferrari ou les fameuses soirées Canal. Premier film de Michel Denisot bien placé pour connaître le monde de la télé, un bide commercial. Les critiques publiques et pro sont unanimes, entre règlement de comptes et cumul de clichés, le film se fait enfoncer. Et pourtant même si c’est vrai, c’est un des rares films qui a réussi à me faire tenir une heure trente devant mon écran ces derniers temps. Amusant, taillé pour Dubosc, le film fait le job de la distraction.

Patchwork est un jeu de société qui fait penser à un mélange de jeu de l’oie et de Tétris. Le principe est simple, vous avez une grille que vous devez compléter au mieux avec des pièces qui ont la forme des pièces de Tétris. Chaque pièce coûte des « boutons », puisque le jeu patchwork c’est un assemblage de morceau de tissus, certains vous rapportent des boutons et chacun vous fait avancer sur le parcours (en colimaçon). Quand on arrive au bout du parcours, c’est forcément celui qui a rempli au plus sa grille et qui a le plus de boutons qui l’emporte. Un jeu simple pour qui a une bonne vision de l’espace, à deux et plutôt amusant.

Similo est un jeu qui se décline en plusieurs versions : histoire, contes, et mythes. Un maître du jeu, des joueurs qui doivent trouver la carte mystère, un peu sur le même principe que le qui est-ce, mais sans affrontement, en collaboratif ce qui est suffisamment rare pour être remarqué. On va donc avoir un ensemble de cartes disposées sur la table, le maître du jeu a cinq cartes en main qu’il ne choisit pas. Si le joueur pose à la verticale, cela veut dire que la carte mystère a un point commun, si le joueur pose à l’horizontale cela veut dire qu’il n’y a pas de point commun. Douze cartes posées, au départ on élimine 1, puis 2, puis 3, puis 4 et enfin le duel entre les deux dernières.

Si j’évoque les différentes versions ce n’est pas pour rien, et je vous invite à faire le choix. L’idée du point commun a du sens ça change des coupes de cheveux ou des yeux bleus du qui est-ce à partir du moment où vous avez la culture générale. Parce qu’en effet trouver les points communs entre Léonard de Vinci ou Gengis Khan va rapidement devenir compliqué si vous jouez avec des personnes qui ont une faible culture générale. La moralité c’est que mon épouse avait acheté au départ, le jeu histoire, avec nos ados, ça a tourné au qui est-ce sans aucun lien historique, le jeu est donc mauvais. Elle a finalement acheté le conte et c’est ici que cela devient plus intéressant car les gosses ont tous la culture Disney. Le jeu prend alors son sens car le point commun n’est pas seulement physique, est ce qu’il s’agit d’un conte commun, d’un être avec des pouvoirs magiques, des liens dans l’histoire etc … Moralité, un bon jeu en famille, attention à choisir l’édition adaptée sauf si vous êtes dans la famille de Bernard Pivot.

Undertaker n’est pas que l’un des catcheurs les plus célèbres au monde c’est aussi une bande dessinée au titre éponyme qui raconte l’histoire d’un croque-mort. Comme c’est devenu souvent le cas, des séries de diptyques, on est actuellement au tome cinq, je vais m’arrêter sur les deux premières aventures. Les deux premiers tomes, la présentation des personnages centraux de l’aventure. L’undetaker qui se traduit par croque-mort en français a pour mission de transporter et d’enterrer un riche propriétaire qui a décidé de se suicider se sachant condamné. Seulement, l’homme n’a pas fait les choses à moitié, il a avalé l’intégralité de son or. Dans sa mission, l’undertaker est accompagné par une servante asiatique et la gouvernante, une jeune femme aux convictions bien trempées. Comme tout ceci serait bien trop simple, la jeune femme pour être sûre que la mission sera accomplie a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, un otage sera exécuté si elle ne s’assure pas que le corps est bien enterré. Comme tout ceci serait vraiment très simple, les ouvriers de la mine découvrent qu’il y a de l’or dans le corps du défunt et se lancent à la poursuite des trois personnages. Rajoutons à cela que nous avons un undertaker qui a un lourd secret et on obtient deux premiers tomes qui posent des bases plutôt solides.

Curieusement, et c’est suffisamment rare pour le remarquer, ce premier cycle s’il est prenant ne l’est pas autant que la suite qui est vraiment excellente. L’undertaker a un lourd passif dans l’armée, la guerre de sécession, et un personnage ressurgit, Quint le médecin psychopathe qui est un des personnages les plus intéressants que j’ai vu depuis bien longtemps. Ce docteur fou soigne des gens mais en tuent quelques-uns pour se livrer à ses expériences. Médecin de génie, il a sauvé la jambe de notre héros, qui a couvert ses crimes en contrepartie. L’undertaker se lance à sa poursuite quand il prend en otage sa compagne. Série de western moderne, avec des personnages très bien travaillés et un dessin accrocheur, à lire.

Compadres raconte l’histoire d’un indien et d’un français qui font la ruée vers l’or. Le premier s’est lancé dans une vengeance meurtrière contre les blancs qui ont tué sa famille, le second a fui son pays et rêve de faire fortune. Les deux hommes deviennent compagnons d’infortune, jusqu’à ce fameux ouest, où se trouve une mine. L’indien qui a une très bonne gâchette va devenir porte-flingue du patron pendant que le français qui est ferronnier de formation va travailler avec les ouvriers. Les conditions de travail étant très dures, les hommes préparent la révolution, les deux amis sont dans des cas opposés. Western original, drôle et dynamique, à lire.

Robert a réussi, 500.000 ans après l’extinction de la race humaine, il s’écrase sur la terre dans le but de recommencer à 0. Accompagné de ses robots dont alpha, un robot qui a le pouvoir de lui désobéir, le premier réflexe c’est de se défendre dans un monde hostile et de retrouver June, sa femme qui était dans une capsule similaire. La faute à pas de chance, le vaisseau de June s’est écrasé 100 ans plus tôt, Robert désespéré devient fou et s’en prend aux créatures locales. Seul alpha peut faire quelque chose. Assez classique et prévisible, Humain n’en reste pas moins un one shot très efficace.

Max Boublil filme l’intégralité de sa vie depuis qu’il est gamin, avec le bon vieux caméscope de la famille. À trente ans passés, pour une raison qu’on comprendra plus loin, il décide de revoir l’intégralité de ses cassettes, le film de sa vie et c’est une grande claque dans la gueule pour tous ceux qui ont connu cette période, ma période. N’est certainement pas Rémi Bezançon qui veut et il est évident qu’avec Play c’est sur ce territoire que vient jouer Anthony Marciano. La comparaison s’arrêtera là, c’est juste pour dire que c’est vraiment très bien, et c’est vraiment très bien. La nostalgie d’une période où les téléphones avaient un fil, les appareils dentaires, les non-dits, les amitiés, la mort des parents, le divorce, tout y est, un film magnifique à voir.

Kad Merad est l’entraîneur d’un club de foot d’un trou perdu mais qui reste très important pour le village. Lors d’un match, ça dégénère pour tourner à la baston générale, les joueurs sont tous suspendus pour les trois derniers matchs de la saison mais pas le club. L’astuce consiste alors à monter une équipe de joueuses féminines pour remplacer les joueurs, ce qui bien sûr va créer quelques difficultés. Les moqueries, les hommes incapables de garder les enfants, c’est la guerre entre les hommes et les femmes. Une belle équipe est immense cliché à lui tout seul, le sexisme dans le sport et dans la vie quotidienne de façon générale, les hommes, les femmes mais aussi les films d’équipe, tout y passe. Néanmoins le divertissement est au rendez-vous, ça se laisse regarder.

J’avais présenté bikini atoll, une bande dessinée qui changeait un peu puisqu’il s’agissait d’une bd d’horreur. Dans la même collection sunlight, toujours en noir et blanc, exit ici les monstres, mais la situation qui fait peur. Trois amis partent dans une usine désaffectée pour faire de l’urbex un peu sportif. Malheureusement ça démarre mal, ils tombent dans un puits, pas d’issue, personne n’est au courant qu’ils sont partis. Vont-ils survivre ? Pas original pour deux sous, mais efficace. À lire.

Alain Chabat est restaurateur, il s’ennuie dans sa vie dont il n’est pas vraiment l’acteur. Il rencontre par internet une jeune femme en Corée du sud qui lui vend un tableau avec des cerisiers. Et puis, la relation s’installe, au point qu’un jour il saute dans l’avion pour aller la retrouver. Seulement, elle ne vient pas à l’aéroport. Il l’attend avec le hashtag #jesuislà, sympathisant avec le personnel, tuant le temps comme il peut, jusqu’à devenir une star des réseaux sociaux. Le film est lent et les critiques sévères diront qu’on s’ennuie au même rythme qu’Alain Chabat dans le film. Largement enfoncé sur Allociné, les gens certainement par la présence d’Alain Chabat, s’attendaient à une comédie, d’autres critiquent la ressemblance évidente avec l’aéroport dans lequel joue Tom Hanks. Oui le film est imparfait, mais j’ai trouvé l’ensemble excellent, peut-être mon goût pour les remises en questions chez les hommes et les rencontres. Je vous le recommande vivement.

Ma femme est une grosse consommatrice de jeux de société et j’ai souvent du mal à adhérer, je me rends compte qu’en vieillissant c’est le même syndrome que pour le jeu vidéo. Quand j’étais plus jeune j’étais capable de prendre le temps de remplir six pages de caractéristiques de personnages dans des jeux de rôles PC, pour m’accrocher aujourd’hui il faut aller à l’essentiel, avec une hache de préférence. Dans les jeux de société, on a trois types de jeux actuellement, les jeux simplistes, les jeux simples, les jeux tellement complexes qu’ils font penser au kamoulox. Il faut donc réussir à trouver le compromis entre le jeu qui ne nécessite pas d’avoir une feuille pour se rappeler les règles en permanence et le jeu tellement simple qu’il n’amuse pas.

Lost cities et love letters sont deux jeux de cartes particulièrement efficaces, le premier se joue uniquement à deux, le second de deux à six joueurs, je vous conseille de ne pas y jouer à deux, les parties à quatre sont beaucoup plus intéressantes. Dans Lost Cities, le principe est simple, des cartes avec des couleurs qui correspondent à une expédition, elles ont des chiffres, il est nécessaire de les aligner dans l’ordre croissant pour obtenir le plus de points possible.

Le principe est simple, mais il y a ici une notion d’engagement et de prise de risque, puisque ce sont les points au-dessus de 20 qui sont comptabilisés. Moralité, quelqu’un qui se lance dans une expédition doit être plus ou moins sûr d’avoir les bonnes cartes en main s’il ne veut pas être pénalisé. Rajoutons à cela des cartes en forme de poignée de mains qui correspondent à des coefficients multiplicateurs et on arrive à un jeu bien plus stratégique qu’il n’y parait. Forcément si vous voyez quelqu’un s’engager dans une expédition, vous aurez tout intérêt à garder les cartes 9 et 10 pour l’empêcher de marquer.

Love letter est un jeu avec des cartes numérotées de 0 à 9, chaque carte va avoir sa propriété. Le but du jeu c’est de finir avec la carte de plus haut niveau ou de deviner la carte de l’adversaire. La carte de plus haut niveau c’est la princesse à 9, il se trouve que si quelqu’un la défausse, il a perdu la partie et bien évidemment il existe des tas de manières de faire jeter une carte à l’adversaire. Alors que finalement le jeu ne comporte que peu de cartes, il est réellement stratégique, amusant, d’opposition réelle. Des cartes qui protègent, des cartes qui permettent d’essayer de trouver celle de l’adversaire, des cartes qui permettent de faire des duels c’est très complet pour un si petit paquet. Vraiment excellent, mais comme précisé plus haut, le jeu n’a pas d’intérêt à deux alors qu’à quatre c’est beaucoup plus intéressant.