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Le Blog de Cyrille BORNE

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La livraison c'est un peu comme tout c'était mieux avant

samedi 11 juin 2016 à 08:00

Ma femme a le mauvais goût de commander sur Amazon, je pense que ça devrait évoluer. Il se trouve qu'avec Amazon, d'après elle, je ne commande pas sur Amazon et je n'ai pas encore vérifié si on ne peut pas mieux faire, on ne peut pas choisir le "livreur". Dernièrement elle se retrouve avec pas mal de colis qui doivent lui être livrés par le site colis privé. Il se trouve que curieusement colis privé livre le lundi, le mercredi et le vendredi des jours où curieusement les profs travaillent, oui les profs travaillent n'est pas un oxymore. Dans le cas bien évidemment où il serait impossible d'être présent dans des tranches souples allant de 8 heures à 18 heures, il est toujours possible d'aller chercher son colis au dépôt le plus proche : Lezignan Corbières. 

Je parle peu de ma femme depuis bien des années que j'écris, la peur certainement qu'elle m'inspire, mais sachez que ma femme faut pas l'énerver. Ma femme quand elle s'énerve, elle marave tout ce qui bouge dans un rayon de quatre kilomètres, et le pire c'est quand elle est seule à la maison et que je ne suis pas là pour résoudre le problème, sachez qu'un jour si ça pète dans le monde, c'est parce que j'étais en conseil de classe et que seule à la maison elle a cherché une solution à sa manière. Je vous explique le problème. 

Au départ, j'ai dit c'est pas possible, tu dois forcément te tromper. Mais en fait pendant que je n'étais pas là, elle a téléphoné à colis privé pour demander s'il n'y avait rien de plus proche qu'une heure de route, Narbonne par exemple, et comme elle a commencé à marave la dame au téléphone on lui a donné le téléphone d'Amazon qui lui a confirmé qu'il n'y avait pas plus proche, marave de nouveau, on lui a annulé sa commande et renvoyé par la poste. Comme vous le savez on n'est pas madame Borne sans avoir quelques travers, et là où ça aurait dû servir de leçon et passer par un autre site de vente, elle a racheté chez Amazon et son colis part joyeusement en direction de Lézignan. Bon ça va que sa soeur vit là bas, mais sur le principe c'est quand même très moyen. 

J'ai commandé sur cdiscount un boitier mini-itx, le même que j'avais tenté d'acheter chez Abix mais qui n'avait pas honoré la commande. C'est donc GLS qui s'y colle, j'avais déjà eu une mauvaise expérience similaire avec le livreur et le site kubii.fr. Nous sommes jeudi, je ne travaille pas avant 15 heures où je dois partir au conseil de classe et théoriquement ça passe. Pas obsessionnel pour deux sous, je tracke mon colis comme un foufou sur le site. Soudainement, je vois ça : 

ça c'est 13h17 et ça me dit qu'un avis de passage a été déposé. Et moi à 13h17 j'étais sur mon balcon en train de plier du linge sans voir passer une bagnole à part mon facteur qui fait bien son boulot. Je commence à regarder le site, et on me balance un numéro surtaxé à 80 cents la minute. J'envoie un mail à l'adresse de contact où je les pourris, j'envoie un mail de menace au vendeur qui m'indique la procédure à suivre pour récupérer mon colis, je vais lui faire une appréciation moisie pour le choix de son transporteur, et je commence à fureter pour trouver un numéro gratuit pour la zone de Narbonne qui me donne le 06 du chef des livreurs. Un homme sympa à l'accent ensoleillé, je lui dis que je peux tout à fait concevoir que le chauffeur ne trouve pas l'adresse d'autant plus que les sites balancent de fausses adresses, Saint Pierre la Mer étant rattachée à la commune de Fleury d'Aude, on sort parfois sur Fleury ce qui peut perturber, mais qu'on me colle un avis de passage alors qu'il n'y en n'a pas, je trouve ça honteux. Je lui demande d'aller me le déposer au mondial Relay à 10 minutes de chez moi, comme ça je suis sûr de le récupérer, même si je dois me faire 20 bornes. Vous noterez que curieusement à 14h36 le libellé change, preuve que le chauffeur a dû avoir une explication avec son patron. 

En quelques semaines cela fait plusieurs fois que j'ai un problème avec la vente en ligne : colis non envoyé par un obscur marchand Chinois, admettons, commande non honorée par un revendeur qui n'a pas su gérer ses stocks, trois colis de madame Borne qui se promènent à Lezignan, enfin bref, du grand n'importe quoi. Le grand n'importe quoi induit nécessairement une crise de confiance, donc une modification du comportement de l'acheteur. Mon épouse pour exemple qui achète principalement des livres va peut être faire son effort pour les prendre ailleurs. On pourrait penser à une librairie, mais d'une part je ne sais pas s'il y en a à Narbonne encore, et d'autre part, se taper 40 bornes pour aller chercher un bouquin, ça va. En outre il est toujours possible de passer chez quelqu'un d'autre, la FNAC ou Cultura par exemple. Si les mauvaises expériences se multiplient, je ne dois pas être le seul, la vente en ligne qui n'a pas que des avantages prend le risque de scier la branche sur laquelle elle est assise. A tirer les prix vers le bas, si les gens ne reçoivent plus leurs commandes, ça n'a plus de sens d'acheter en ligne, autant acheter en magasin pour être sûr d'avoir son produit. 

Don't feed the Cyrille

vendredi 10 juin 2016 à 08:00

Dans l'article d'avant hier, j'écrivais que ce coup-ci c'était fait, une partie du libre que je qualifierai d'amateur, ou des petits, c'était fini. Je ne cherchais pas de raison particulière, et j'écrivais que le problème venait certainement de moi, ça fait mieux de dire qu'on a été un mauvais garçon, j'ai été très très vilain. J'insistais tout de même sur un effet domino, en disant qu'à une époque quand quelqu'un écrivait, il y avait de bonnes chances pour que ça fasse écrire un autre et que si forcément moins de gens écrivent, c'est moins inspirant pour les autres CQFD. 

Démonstration : Damien essaie une réponse hier matin, Genma l'après-midi de l'écriture de mon billet. Preuve donc que un type écrit, deux autres types écrivent, on pourrait même en avoir plusieurs. La différence notable entre les billets de Damien, de Genma et le mien, c'est que je ne cherche pas l'origine de la disparition, je constate son influence sur mes pratiques. A une époque j'aurai monté blog-libre pour essayer d'enrayer cette disparition, aujourd'hui j'assume pleinement mon côté de loup solitaire narcissique qui hurle à la lune loin de la meute. Savoir qu'on ne fait pas partie de la fête, c'est un vrai soulagement, le plus pénible c'est d'essayer d'expliquer qu'on n'y va pas, qu'on ne veut pas y aller et de démentir quand certains pensent vous y avoir vu. Et pendant que j'y suis dans don't feed the Cyrille, l'association OIympe n'a pas réussi à récolter les fonds nécessaires à sa survie, n'allez pas croire que la mort d'une association me réjouisse mais ça confirme tout de même un peu ce que je racontais, le modèle du don montre réellement ses limites, c'est un peu finalement comme une grosse ficelle pédagogique, on veut de l'argent il faut poser un tarif fixe, défini, clair, et c'est tout. Et de renchérir sur la modification des tarifs chez Web4All.

La réponse de Damien est sombre, on ne se refait pas, il y voit de façon synthétique un cumul de mauvais penchants humains qui font que ça ne marche pas, à côté de ça il oublie l'explosion d'autres initiatives citoyennes qui ont l'air de mieux marcher, mais ce n'est pas le débat, car je ne cherche pas de débat, comme je l'ai précisé je constate. Genma quant à lui évoque la lassitude, les changements d'usage, le fait qu'effectivement ça marche bien et qu'il y a donc moins de choses à dire, il évoque enfin en conclusion qu'il faudrait passer de la technique à la philosophie quand je pense parfaitement le contraire à savoir que la philosophie je pense qu'on l'a bien évoquée, que les gens s'en foutent ou veulent du faut que ça marche, et qu'un peu de technologie pour montrer aux gens qui ne se découragent pas et qui cherchent encore qu'il est possible qu'après de nombreuses heures ça finisse par marcher. Dans les commentaires on m'a fait remarquer qu'il pouvait y avoir le déplacement vers d'autres plateformes, et c'est le cas, je l'avais déjà évoqué, la vidéo par exemple, ou les réseaux sociaux. 

Il y a quand même un vrai problème de fond dans cette démarche à part pour des gens qui ont monté leur propre pod et encore. La problématique des réseaux sociaux est assez importante :

Par le fait on place le "suiveur" sur un jeu de pistes qui fait désordre, pour en être il faut s'inscrire un peu partout, jusqu'à youtube pour suivre et participer à ce "nouveau" média, mais passons, ce qui m'intéresse c'est la fin, pas comment on en est arrivé là. 

Je notais que mon blog filait de plus en plus auto-centré et sans se préoccuper du reste du monde ou pas trop, ou sauf quand ça a une incidence sur moi. En gros c'est mégalo, mais du mégalo juste, du mégalo qui ne gêne personne, sauf si ça gêne quelqu'un de voir un type s'agiter tout seul dans son coin, mais c'est un autre débat qu'on pourrait rentrer dans les causes de la disparition, les gens qui veulent vous faire taire (bonus de parano). A une époque donc, j'aurai agrégé le maximum de sites pour avoir le plus d'informations possibles, même une information qui ne m'intéresse pas réellement, mais qui aurait pu m'apprendre quelque chose. Aujourd'hui la démarche est différente, j'ai des choses à faire qui sont liées à une vie bien remplie, et il faut que j'arrive à faire ce que j'ai à faire, ce qui n'est pas nécessairement simple, donc je cherche et je cherche encore, google pour ne citer que lui. Avant j'ai pu jouer comme Frédéric à faire tourner bon nombre de distributions Linux, le fait de n'utiliser que Debian Stable pour bureau, serveur, réduit l'envie de s'intéresser à d'autres distributions, leurs nouveautés, et j'en passe, je vais certainement commencer à suivre les listes de diffusion Debian. 

Cette situation a un côté particulièrement plaisant. Je me spécialise sur une thématique, Debian en plus, il y a toujours quelque chose à faire ou à apprendre avec Debian et la force du produit c'est justement de vous laisser ce temps qui manque à l'apprentissage par une nouvelle version tous les 2 à 3 ans, sans vivre dans l'urgence. Dans ma démarche de recherche d'information pertinente pour moi, il faut aller la prendre à la source, comme le font de nombreuses personnes bien plus compétentes que moi et qui se moquent depuis toujours de ce à quoi peut ressembler la blogosphère francophonie qui ne leur apporte pas en fait, l'information détaillée, technique.

Le mot de la fin quand même. Le discours de Damien est sombre, mais moi j'aurai tendance à l'assombrir un peu plus encore. Un autre Damien, Saez chante aujourd'hui c'est chacun sa gueule et j'emmerde. La lassitude, le changement des usages, on pourra m'expliquer ce qu'on veut, mais pour moi si les gens ne remontent plus sur le ring de la communication, c'est que la combinaison de vies mornes où l'on ne s'interesse plus à rien à un égoïsme profond donne ce nouvel internet qu'on mérite, un internet qui se rapproche de plus en plus de la télévision, où les plus intelligents réussissent à monétiser ce qu'on ose appeler partage. 

 

Les grosses ficelles pédagogiques enfin révélées

jeudi 9 juin 2016 à 08:30

En début de semaine, je vois mon collègue de la technique qui râle. Nous devons nous inscrire dans une démarche de tri, une démarche un peu écolo, et forcément c'est chez les profs que c'est le plus catastrophique. Le prof c'est comme un élève mais en pire, il est pourtant plus facile à manipuler qu'un élève car il est beaucoup plus prévisible. Dans notre très grande salle du personnel, une grande poubelle à papier à côté des photocopieurs, dans le reste de la salle, des tas et des tas de poubelles. Le prof s'il est à une table de travail doit se lever et jeter ses papiers à plus de 4 mètres, le prof jette donc ses papiers dans la poubelle la plus proche. A chaque problème, une solution pédagogique. La remédiation est très simple, on vire toutes les poubelles de la grande salle, on met dans la pièce centrale une poubelle à papier jaune, on met à côté de la poubelle jaune du photocopieur, une poubelle à déchets et on obtient de très très très gros progrès. On remarque tout de même que les gobelets de cafés commencent à apparaître sur les tables, la poubelle étant trop éloignée, j'expliquais qu'on devrait prendre des élèves comme ramasseurs de gobelets comme à Roland Garros, j'espère que personne n'a pris ma proposition au sérieux. 

Bon je le reconnais, ce n'est pas de la pédagogie. La pédagogie aurait voulu qu'on fasse une pièce de théâtre devant les enseignants avec une tenue de capitaine planète et de montrer comment la pollution c'est mal et le tri c'est mieux.

La pédagogie, cette forme de pédagogie ne tient pas à grand chose. Hier après-midi, mercredi après-midi donc, nous étions avec mes élèves de seconde la seule classe à bosser. Une chaleur à crever, des élèves dont le conseil de classe est ce soir, des élèves qui n'attendent qu'une seule chose, partir en vacances. Ce sont de braves gosses qui aiment la note, sur les 26 élèves, 24 étaient présents, une absente de longue maladie, un seul donc a fait péter. A la fin de l'évaluation ils ont été quelques uns à venir me dire au revoir car ils partaient en vacances, mon collègue CPE me disait qu'on en aurait certainement perdu la moitié d'ici la fin de la semaine ce qui d'ailleurs me fait me demander ce que je vais faire avec ceux qui restent. La pédagogie, la véritable pédagogie aurait été d'expliquer que l'école c'est formidable, qu'ils ont la chance d'aller à l'école pour se cultiver quand certains sont forcés d'avoir des vies toutes pourries et se battent pour aller à l'école. 

Est ce que les profs ont compris réellement l'importance du tri, la démarche ? Oui sans aucun doute, de la même manière qu'on a tous compris que la vitesse tue mais ça n'empêchera pas d'appuyer sur le champignon parce qu'on est pressé. Ce qui est certain c'est qu'on va quand même lever le pied à l'approche d'un radar parce que 90 € dans les dents ça fait mal. Est-ce que mes élèves ont réellement compris l'importance de l'école, la chance qu'ils ont de pouvoir vivre leur vie de jeunes et de ne pas être dans un pays en guerre, un pays où ils auraient l'obligation d'aller travailler pour manger ? Pas si sûr, ils en ont certainement vaguement conscience, mais se prendre un 0 en maths parce qu'on a fait péter, ça fait désordre à la veille du conseil de classe.

De là à dire que la pédagogie ça n'existe pas, je ne franchis pas le pas. Je mentionne tout simplement que parfois, la meilleure idée du monde, celle qui pourrait sauver l'humanité, si elle doit avoir une petite contrainte, et bien pour aider un peu, il faut mettre à la clé un enjeu encore plus contraignant ou tout simplement positionner quelques artifices pour guider un peu. 

De là à dire que les grands discours ne servent à rien, il y a un pas que je franchis un peu. Les grands discours ont leur importance car ils vont en faire percuter plus d'un, et ces gens qui prennent conscience ont alors envie de changer le monde, même s'il faut passer parfois par des méthodes pas vraiment orthodoxes. Il me parait donc aussi important de faire de grands discours que de trouver de grosses ficelles pour essayer de les mettre en application même si elles ne font pas appel à l'intelligence tant attendue des concitoyens. 

Le vrai début de la fin

mercredi 8 juin 2016 à 08:00

Il y a un moment que je n'avais pas fait de billet, on va tous crever, le genre de billet où souvent je me fais casser les pattes arrières derrière mais 6 mois plus tard on se rend compte que j'avais raison, allez je le dis, FirefoxOS, mais passons. Je lisais le billet d'Alterlibriste sur la façon se s'informer ou comment suivre ses sites préférés, on se doute qu'il s'agit des flux RSS qui vont derrière. Curieux, je repense à ce billet au moment même où je fais le ménage dans mes flux, je purge et je purge encore. A une époque j'avais pris la décision de conserver certains flux RSS au cas où les gars se réveilleraient, sauf qu'ils ne se réveillent pas, c'est mort. La catégorie dans laquelle je tranche le plus ce sont les gens qui faisaient du libre à une époque. J'ai fait un tour sur planet-libre, pour faire une stat que j'aime bien, compter le nombre de personnes qui ont écrit depuis un an. Sur globalement les 400 flux agrégés sur le planet libre 100 ont diffusé un article depuis un an, cela signifie que 300 n'ont rien diffusé ou n'ont pas diffusé sur du libre sur le planet-libre. 

Le libre c'est un peu comme tout, c'était mieux avant, on avait du libre de partout, c'était sympa. A l'heure actuelle on disserte sur la définition du libriste, c'est amusant, c'est comme se pencher sur une langue morte ou une espèce disparue, essayer de savoir combien il avait de tentacules, mais comme on ne trouve plus de trace, il ne reste que de la spéculation. Comprenez que quand on est dans l'effervescence, on ne se pose pas de question sur les mots, on fait, point barre. 

A l'argument on va tous crever on m'a souvent rétorqué que ce n'était pas les autres qui mouraient mais moi. Ca fait penser un peu à du Mano Solo quand je ne serai plus là. C'est vous qui serez tous morts et de continuer quand même j'ai pitié pour tous ceux qui croient que ma vie n'est pas un cadeau alors que toute leur vie ils l'emploient a alléger leur fardeau mais c'est une autre histoire. Admettons donc, le problème vient de moi et je n'ai plus la capacité à trouver les lectures qui vont bien, mon monde est mort, c'est triste tout ça. Et pourtant dans cette année scolaire, cette année civile, rarement je n'ai autant creusé la technique en fait, découvrant de nouvelles applications, de nouveaux logiciels, cela a été une année particulièrement riche où jusqu'à dernièrement j'apprends à créer ma propre distribution Debian. 

Cet exemple est d'ailleurs relativement pertinent, j'ai sillonné le net, j'ai beaucoup cherché, j'ai trouvé de nombreux blogs, tous aussi morts les uns que les autres, mais bon ça doit certainement venir de moi. La moralité de l'histoire est en fait particulièrement simple, à une époque quand un copain écrivait quelque chose, ça donnait des idées, ça inspirait franchement ou moins, ça faisait écrire. Si les copains écrivent moins pour des raisons qui n'engagent qu'eux ou eux même subissent l'érosion de leurs lectures, la principale source d'inspiration est alors unique : soi-même. Oh la la la le vilain connard narcissique qui revient à la charge, pire que l'entre soi, le soi-même. 

 

Très courageux et réussi, chanter Mano Solo faut oser, réussir à le chanter mérite au moins les deux oreilles et la queue.

J'ai parcouru rapidement ce que j'ai pu écrire pendant ces derniers mois : mes bédés, mes films, mes travaux, mes ordinateurs, mon boulot, mon contrôle parental, mon serveur, la découverte du ciflox, mon futur langage de programmation scolaire, ma tablette Windows 8 et sa revente à part deux articles où je tacle Cascador notamment sur les planets, la quasi-totalité des billets est liée à une expérience personnelle quand il y a quelques années on jouait au ping pong entre blogueurs. 

En repassant les derniers mois de mon blog, je dois dire sans aucune modestie que c'est plutôt réussi, tu vois un gars tout essayer, tu apprends des choses quand tu viens chez Cyrille BORNE et quelque chose en fait d'original, que tu ne vois pas nécessairement ailleurs. Le système a pourtant sa limite, on ne peut pas avoir tout le temps quelque chose à faire, quelque chose à dire, et on est parfois bien content que quelqu'un vous fasse réfléchir pour alimenter votre réflexion pour la bouleverser, comme un gamin qui serait heureux d'avoir trouvé une fiche de l'histoire de l'art qu'il n'a pas écrite pour fortement s'en inspirer. 

A l'heure actuelle par exemple, je suis en 2016, c'est une phase de finalisation, vous le savez, 2016 pour tout finir, les journées sont très scolaires, il faut finir l'année et par le fait il n'y a rien de passionnant à dire, beaucoup trop de fatigue pour le faire, l'inspiration est en berne car mon moi-même n'est pas vraiment passionnant. Pour exemple j'écris ce billet mardi soir, demain matin au moment où vous lirez ces lignes un collègue est absent, je vais donc certainement prendre deux classes de troisièmes pour faire des sujets de maths, s'ils sont nombreux ça veut dire entre 40 et 50 gamins à gérer pendant deux heures, après ça tu ne penses plus, il te reste à peine quelques neurones pour prendre le repas, aller aux toilettes et espérer reprendre les cours plus ou moins normalement. 

Si j'écris moins, on peut être quasiment sûr que cela aura une influence négative sur d'autres, comme le fait que si les autres n'écrivent pas, ça a une incidence négative sur moi. Pour étayer ma démonstration, j'ai abordé la création des images debian, tout le monde s'en fout sauf deux personnes, mais ces deux personnes qui ont lu mes articles essaient de contribuer, d'aller plus loin, me permettent de rebondir. Si la synergie globale est cassée, c'est l'individu qui est cassé et je pense qu'on en est vraiment là, si du sang frais ne débarque pas rapidement, il n'y aura bientôt plus personne pour évoquer le libre à part les gros sites institutionnels du libre. 

Ce que je décris c'est la disparition du petit, c'est d'ailleurs ce qu'on voit à l'heure actuelle de partout, disparition des entreprises, rationalisation, même chez les opérateurs mobiles, imaginez un opérateur comme VIrgin à 1.5 millions de personnes est encore trop petit, même Canal+ est trop petit, les acteurs se concentrent dans tous les thèmes sur une poignée d'individus. Rationalisation pour les sociétés, professionnalisation pour le libre avec la fin programmée des amateurs. Et oui, si des drôles comme moi ne font pas de tuto, une forme de support en dégrossissant le terrain, si les gens n'échangent plus, si l'amateur ne donne plus d'informations, il faudra alors se tourner vers des supports payants, n'oublions pas libre ne veut pas dire gratuit. 

Comme je l'évoquais plus haut, la difficulté de trouver de nouvelles sources d'informations, l'actualité du libre du libre de façon générale, est aussi conjuguée à la difficulté de trouver de la documentation. Alors certes, la documentation c'est aussi lire le man, les logiciels existent donc il suffit de tâtonner mais si pour la fabrication des images isos, je peux m'amuser, sur d'autres logiciels libres utilisés notamment dans le monde professionnel, je ne pourrais pas prendre le risque. 

A mon sens, avec moins de contributeurs, une documentation difficile à trouver, il sera de plus en plus difficile de faire du libre "gratuitement" d'ici quelques temps. Peut être un juste retour pour un système qui a tant cherché son modèle économique, tant pis pour les petits qui devront ramer sévèrement ou envisager de mettre la main à la poche pour réussir à utiliser. 

Pour ma part et c'est tant mieux, ce blog n'a jamais eu de vocation à ne parler que de logiciels libres qui désormais pour moi ne représentent que des outils parmi d'autres, dans quelques années vous verrez on se régalera à échanger nos meilleures astuces sur MAC. 

La catastrophe éducativo-pédagogique

mardi 7 juin 2016 à 08:00

J'ai participé en tant que jury à l'épreuve de l'histoire des arts, une première et une dernière puisque cette épreuve tellement désirée passe à la trappe à compter de l'année prochaine. L'épreuve de l'histoire des arts se prépare tout au long de l'année avec les enseignants mais surtout à domicile, l'élève doit présenter cinq fiches au jury, qui peuvent être un film, un monument, un courant musical etc ... En terme de notation c'est 40 points pour le brevet des collèges en sachant qu'on joue quand même à domicile face à ses enseignants et que c'est vraiment l'occasion de se gaver.

On peut comprendre que cette génération se fout complètement du fait artistique et qu'un tableau de Picasso c'est pas bien, parce qu'il est mort, que c'est vieux en plus, qu'on va pas au musée et qu'il a pas de Facebook, si bien qu'on pourrait considérer que l'épreuve n'a aucun intérêt pour eux. Néanmoins à partir du moment où c'est quand même assez ouvert, les gamins pourraient prendre quelque chose qui les fait vraiment vibrer, s'exprimer sur du manga, un film, une musique, enfin je sais pas, gueuler à la face du monde qu'à 15 ans on est vivant et qu'on a envie de hurler sur les toits ce qu'on aime. 

Résultat des courses, la grande majorité des candidats se sont retrouvés avec des fiches qu'il avaient récupérées sur internet, copier coller. Et le pire, c'est que c'est copier coller de trucs artistiques méga classiques, qui ne sont finalement pas intéressants pour l'élève et pour le prof pour des raisons simples et évidentes. Le prof quelque part a envie de découvrir un peu son élève, qu'il se dévoile un minimum, qu'il le fasse un peu rêver, découvrir, ouvrir un peu son jardin secret. L'élève parle d'un truc qui ne l'intéresse absolument pas et par le fait n'arrive pas à le faire vivre. Pire, on a vu des élèves présenter des livres qu'ils n'avaient pas lus, des films qu'ils n'avaient pas vus. Les notes sont donc lamentables et nous n'avons pas tenu compte du critère, travail non original. Une collègue me racontait que son fils dans un autre établissement, les enseignants tapaient les phrases des fiches en direct live pour vérifier s'il s'agissait d'une production originale ou d'un travail personnel. Est-ce qu'ils renvoient le candidat si c'est pompé ? Est ce qu'ils mettent zéro ? Aucune idée, l'épreuve étant particulièrement mal cadrée et laissée à la liberté des établissements que d'un endroit à l'autre les critères sont différents. Une journée particulièrement décevante où parfois nous avons eu la surprise d'avoir un gamin qui présente quelque chose d'original au milieu de fiches vues des dizaines de fois, et c'est forcément vers ce sujet qu'on s'est orienté pour finalement bien noter. 

Pourquoi catastrophe éducativo-pédagogique ?

Ce qui est réellement catastrophique parmi toutes les choses qui sont catastrophiques c'est le fait qu'en fait les gosses, j'en suis persuadé, ont certainement des choses à nous raconter. Mal, certainement, pas avec des mots de vocabulaire pompeux, des fautes de partout, mais c'est une certitude ils ont des choses à dire. La paresse et / ou la fainéantise fait / fonts qu'ils préfèrent mieux passer par du copier coller du net plutôt que de réaliser une production personnelle. Et là c'est un vrai problème, un problème de fond que nous retrouvons de façon systématique, le plagiat de Wikipédia ou ailleurs est devenu omniprésent, on se contente désormais de balancer de l'information sans l'ombre d'une réflexion comme si plus personne n'était capable de penser par soi-même. Que va devenir alors la production originale, pire, la pensée nouvelle quand les gamins se contentent d'aller chercher les infos en permanence sans oser en imaginer de nouvelles. 

Le malaise est profond, grave, il va falloir qu'on essaie de redonner le goût de l'apprentissage, le penser par soi-même, l'envie de faire, d'être, enfin bref, on n'est pas dans la merde.