PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Scratch, Faire une addition

jeudi 16 juin 2016 à 14:00

Comme vous l'aurez compris, scratch c'est bien rigolo mais moi je ne suis pas quelqu'un de rigolo, moi je suis prof de maths, l'archétype même des gens qui rigolent pas. La problématique jusqu'à maintenant avec Scratch c'est que tout ce qui est présenté est ludique et qu'à priori les gens n'ont pas réellement cherché à se faire violence avec des maths. D'ailleurs j'ai lancé pas mal de recherches et finalement il n'y a pas tant de ressources que cela, la meilleure des ressources, c'est prendre le code qui a déjà été réalisé et regarder à l'intérieur. 

Voici la structure du programme qui permet d'additionner trois valeurs, a, b, et c. Le truc qui parait évident dans n'importe quel langage de programmation et ici pourtant c'est un peu plus tendu. 

Au départ j'ai commencé à virer tous les lutins parce que pour moi ça ne dépend pas d'un lutin, je veux tout simplement rentrer trois valeurs, les ajouter et obtenir le résultat. Le problème c'est que le "dire" n'apparaît que s'il est associé à un lutin. Ca veut dire que concrètement si on veut faire un affichage du genre truc super sobre ben on est forcé de placer un lutin pour afficher le résultat ............ j'ai choisi un prince .......... j'aurai été en troisième A j'aurai choisi une licorne en silicone qui est l'emblème de la classe et en 2 nde GT ..... Ben en seconde GT on aurait rien mis parce qu'en seconde GT on est des gens sérieux et c'est peut être pour ça qu'on utilise Algobox. 

La moralité tentante serait de dire que trop de ludique tue les mathématiques, je ne franchirai pas le pas, je vais donc me faire à l'idée qu'il faudra introduire de façon systématique un aspect rigolo dans Scratch. Ceci étant, et maintenant que j'ai bien percuté le truc, j'en viens à me demander si je maintiens algobox dans le programme de seconde ou si je passe aussi à Scratch. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a fort à parier que tous les gamins qui se pointent en seconde "maîtrisent" (imaginer 24 paires de guillemets), le logiciel, le passage à Algobox dès lors ne devrait pas poser de problèmes. Néanmoins si les élèves maîtrisent et que j'arrive à faire la même chose, pourquoi s'en priver ? 

Je vous renvoie à cet article pour vous montrer que je ne suis pas le seul à avoir cette réflexion à savoir jusqu'où on peut aller avec Scratch : Scratch un logiciel pour créer des algorithmes un article daté de 2009 et dont je vous livre la conclusion, SCRATCH est un bon logiciel pour initier les élèves à l’algorithmique. Sa véritable fonction est de réaliser des animations ou des jeux. On peut bien sur faire des mathématiques avec, à condition de choisir des activités pas trop gourmandes en calcul.

Une mention au bac, oui, mais pour quoi faire ?

jeudi 16 juin 2016 à 11:30

S'il y a de plus en plus d'élèves qui ont une mention c'est que nécessairement le niveau monte. Plaisanterie mise à part, le problème de l'examen se produit aussi au niveau du Diplôme National du Brevet des Collèges. Du fait que l'enfant sait globalement s'il est admis ou pas, que l'utilité de l'examen dans le monde professionnel ou dans la poursuite d'étude n'a pas d'incidence, et que les profs eux mêmes se demandent à quoi il sert, il suffirait d'en faire une condition de réussite pour le passage en seconde pour complètement changer la donne. 

Néanmoins avec une politique qui veut le 0 rédoublement, quand on voit les cartouches qu'on ramasse notamment avec des élèves qui ont un petit niveau et qui veulent s'orienter vers le CAP ou l'apprentissage, on sait pertinemment que l'état ne se fendra pas de ce genre de mesure qui pourtant revaloriserait complètement l'examen. 

http://www.liberation.fr/france/2016/06/15/une-mention-au-bac-oui-mais-pour-quoi-faire_1459461?xtor=rss-450

Les Snaps d'Ubuntu se démocratisent ou le début de la fin (encore)

jeudi 16 juin 2016 à 08:00

Si je devais faire une grosse vulgarisation, je dirai que les Snaps sont à Linux ce que les exécutables sont à Windows. Concrètement, tu veux installer un logiciel sous Windows, tu vas chercher ton setup, qui va installer tous les trucs dont il a besoin et hop ça fonctionne. Sous Linux tu peux pas, parce que toutes les dépendances doivent être présentes pour faire tourner un programme qui théoriquement se trouve dans les paquets de base. Ubuntu qui n'en est pas à son coup d'essai, proposait de rajouter des dépôts supplémentaires, les PPA, de cette façon on peut ajouter des choses à l'extérieur des dépôts officiels. Avec le Snap, on facilite encore plus le processus puisque le Snap va contenir toutes les dépendances dont on a besoin pour faire tourner le programme. 

Pour l'utilisateur final c'est bien, c'est évident, le programme qui n'est pas officiel devient enfin accessible, un pas de plus vers la démocratisation du système. 

Voici mon opinion, telle que je la pense sans l'ombre d'une tentative de troll ou d'envie de débattre :

http://www.clubic.com/linux-os/actualite-809244-snaps-ubuntu-faciliter-installation-applications-democratisent.html

Le mot de la fin

mercredi 15 juin 2016 à 14:15

Voilà, je viens de finir le face à face élève de cette année 2015-2016 avec ma classe de troisième A bien évidemment. La classe de troisième A c'est comme rentrer dans un univers parallèle, c'est comme si on multipliait Nabilla par 20 en version 15 ans. Classe composée majoritairement de filles, nous n'étions que deux enseignants hommes à travailler dedans, c'est une classe qui va s'orienter par la suite vers la petite enfance, le service aux personnes, la coiffure, c'est la classe hyper méga féminine. Travailler avec des filles c'est toujours très particulier, surtout pour un homme, et on peut tourner le problème dans tous les sens, passer la gaudriole chez les bourrins c'est beaucoup plus simple de travailler avec des garçons. Tout le monde ne peut pas bosser avec des filles, cela ne m'a jamais posé de problèmes, j'ai souvenir d'avoir passé mon inspection avec 35 gamines de BEP dans la pièce. Cela dit, je dois reconnaître qu'après 12 ans de métier, cette classe a su réellement me surprendre. Dans le désordre :

J'ai passé certaines semaines plus de 8 heures de cours avec elles et je crois qu'on est forcé avec ce genre de classes de se soumettre, c'est globalement ce que j'ai fait. Au bout de quelques mois j'ai arrêté de m'énerver car cela ne sert à rien et pris mon parti d'accepter la part de bizarrerie contre laquelle il est difficile de lutter. Jade range ta brosse à cheveux, Océane range ton portable, Julia essaie d'être normale, Sarah tu penses faire la gueule pendant toute l'après midi de façon modérée ou nous faire une crise d'hystérie dont toi seule a le secret ? Et en gardant inlassablement mon calme dans toutes les situations les plus absurdes possibles, on a fini par y arriver. Nous venons de finir l'année avec 11 sujets de maths réalisés, jusqu'à ce matin sur les tables de la cantine mises à l'extérieure pour profiter de la fin de l'année. Et malgré toutes ces hormones, toute cette bétise, cette fatigue, car canaliser l'énergie de gamines hystériques ce n'est pas forcément simple, je dois dire que j'ai énormément pris de plaisir à enseigner chez elles, il ne me reste d'ailleurs que de bons souvenirs, le sourire aux lèvres. 

J'ai fini sous les applaudissements, un classique dans ma classe de garçons d'habitude avec le petit mot de la fin qui montre quand même que le plaisir a été partagé. Je suis éreinté, je vais m'étaler et commencer à sérieusement m'intéresser à Scratch, à la pédagogie et attaquer mon grand ménage de fin d'année.

Océane : je me suis fait chier à faire les coeurs, alors vous jetez pas la feuille

Julia : vous pouvez la montrer à votre femme mais faut pas qu'elle soit jalouse

Scratch, un cours inattendu (comme le hobbit mais dans une salle de classe)

mercredi 15 juin 2016 à 08:00

Cette fin d'année est affreuse, comme toutes les fins d'années me direz vous mais celle là encore plus. Le gros de mes journées se passe avec mes élèves de troisième qui passent l'épreuve dans 10 jours, j'ai la sensation d'être un preneur d'otage. En fait les véritables terroristes sont les enfants, ils font la guerre à leurs parents pour ne pas aller en cours mais comme les parents veulent que leurs gosses aillent en cours, alors ils sont intenables en classe pour bien nous le faire sentir passer. Résultat des courses, ils gagnent la bataille, les parents les sortent de classe car nous les renvoyons. Quand les élèves expliquent qu'ils vont travailler à la maison, personne n'y croit, pas eux, pas nous, pas leurs parents qui les envoient à l'école, ils ne réalisent pas qu'ils ont la chance d'être accompagnés par des gens qui peuvent les faire avancer, la seule préoccupation c'est de rentrer à la maison et de ne rien faire. Difficulté donc ici, alors qu'il s'agit d'un examen, que dire des classes qui ne sont pas en épreuve terminale, c'est une calamité. Désormais l'élément déclencheur c'est le conseil de classe. Mes élèves de seconde ont fait le conseil le 9, ils n'étaient que 7 sur une classe de 26 élèves. Dès lors pas évident de travailler dans des conditions pareilles, j'ai donc fait une initiation à scratch aujourd'hui. 

Pour conclure tout de même sur ces problèmes, difficile de jeter totalement la pierre aux élèves. Ce matin je n'ai pu assurer mon cours de seconde de huit heures, j'étais en classe de troisième pour remplacer un collègue, nous sommes dépouillés de nos profs pour les surveillances d'examen, pour les corrections, si bien que les élèves disent qu'ils n'ont pas cours à leurs parents ou pas loin et c'est la désertion des salles de classe. Moi-même, je ne renverrai plus mon fils au collège à partir du 17, ils vont en effet se trouver à moins de cinq en classe, des professeurs sont absents, ils sont évacués à compter du 23 pour les épreuves du brevet. Bref, le milieu éducatif organise lui même chaque année la cacophonie du mois de juin, et personne ne réfléchit sur la façon de régler le problème pour de bon. Les parents cèdent, les profs saturent, les élèves pensent être les grands gagnants, c'est un leurre bien évidemment. Le constat est pourtant édifiant, le mois de juin non travaillé devient désormais une normalité, les gamins voient désormais dans le mois de mai la fin de l'année scolaire ... 

Donc avec l'absence d'un collègue j'ai pris mon groupe de sept garçons pendant deux heures, on s'est posé en salle informatique où j'ai totalement improvisé une présentation de scratch. Sur les 7 élèves, un s'est endormi en moins de cinq minutes, il n'est intéressé que par la chasse. Pour les 6 autres, l'adhésion a été quasi complète pendant deux heures avec un véritable intérêt, un amusement. Des gamins ont commencé à chercher des sprites pour tenter d'animer leurs jeux. En fond j'ai fait défiler une vidéo sur la réalisation d'un beat-them-all, les gamins suivaient les consignes au fur et à mesure pour certains, d'autres ont fait leurs propres expérimentations. Je pense que dans le lot, un va continuer à titre personnel, il était en train de monter un space invader. On a commencé à regarder la vidéo ci-dessous pour voir un peu comment faisait le gars. En discutant avec mon collègue d'histoire sur les fameux EPI, je pense qu'on va faire quelque chose de simple l'an prochain, un projet autour du jeu vidéo, histoire et réalisation par exemple. 

C'est positif. Alors que j'ai fait une impro totale et pas formidable sur un sujet que je ne maîtrise pas, l'adhésion sur le thème est vraiment bonne. Il faut travailler, il faut structurer des séquences de cours, enfin bref, y a plus qu'à.

Avant de nous quitter je persiste tout de même sur l'aspect qui restera le plus gênant dans scratch, sortir du ludique pour faire des mathématiques. D'ailleurs quand on regarde les bouquins de seconde générale, il faudra que j'en retrouve d'autres, on utilise algobox. On pourrait me faire remarquer que le programme de seconde générale reste basé sur de l'algorithme et pas de la programmation, j'aurai tendance à dire qu'avec scratch on est quand même un peu à la frontière entre les mondes. Néanmoins la volonté de faire l'algo en seconde est tout de même quelque part liée à la volonté de faire programmer la calculatrice, programmation interdite bien évidemment le jour de l'examen ... Qu'on arriverait à une nouvelle réforme de la classe de seconde en mathématiques ne m'étonnerait qu'à moitié.