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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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En attendant la fin du monde

jeudi 7 mai 2020 à 17:50

Avec du recul, à quoi devait ressembler le déconfinement du 11 mai ? On faisait rentrer tout le monde parce que c’est la catastrophe pour les gosses qui sont à l’abandon et qui ont décroché. Seulement 5% selon la police, même si Jean-Michel dit qu’on est passé de 10% environ à 4% alors que dès le départ, il avait quand même sorti 4. On doit être franchement plus fort dans l’éducation nationale que dans l’agricole, hier je n’ai reçu que 40% du travail pour mes élèves de troisième. On part pour être à la maison jusqu’au 4 juin au mieux, ça va devenir compliqué d’aller jusqu’au 4 juillet.

Qu’est-ce qu’on annonçait dès le début ? Que c’est une vaste hypocrisie, que si on avait voulu s’occuper des gosses à problèmes, ce n’était pas la période du COVID qui allait changer quelque chose, mais avant. Un enfant avec des problèmes en lien avec sa scolarité, n’a pas attendu le COVID. Néanmoins force est de reconnaître que cette période a tendance à tout démultiplier. On annonçait aussi que s’il fallait garder les enfants pour que la France puisse redémarrer et éviter de sucer les cailloux qu’on finira par sucer quand même, nous garderions les enfants.

Et finalement ça va ressembler à quoi ?

Même s’ils sont prioritaires les enfants « défavorisés » ne viendront pas à l’école car on ne s’est pas donné les moyens d’aller les chercher. Nous avons des enfants qui sont effectivement sortis des radars, d’autres qui sont en train de le faire avec des familles qui ne répondent pas. Mon côté de droite profonde enverrait bien la police et les assistantes sociales pour aller faire un petit pointage. Je pense que les forces de l’ordre ont d’autres chats à fouetter quand les services sociaux déjà noyés dans la masse des dossiers et se préparent à une nouvelle vague. Le confinement démultiplie tout, y compris la violence dans les familles. L’absence de notes, l’absence de pression, l’absence de carotte et de bâton, tout nous a été retiré. Nous aurions pu par exemple maintenir les troupes en expliquant qu’un élève que nous n’avions pas vu pendant 4 mois c’est un élève qui ne passe pas en classe supérieure. Le cadre de la note d’assiduité n’est toujours arrivé. C’est le temps de la préparation pour l’orientation des troisièmes par exemple, les élèves portés disparus ne seront pas sanctionnés, les élèves et leurs familles qui ont fait le maximum pendant toute cette période ne seront valorisés certainement que par des appréciations. On sait bien que les appréciations ne nourrissent malheureusement pas l’homme, disons pas plus que les cailloux.

Alors qu’on sait que les pauvres gosses de maternelle et même de primaire ne sont bons qu’à se chopper pour se marave ou se faire des bisous, que les sixièmes et les cinquièmes se tapent dessus, et je vous raconte pas si l’un d’eux à l’idée d’amener un ballon, ils seront les premiers à rentrer. C’est normal, ils ne sont pas capables de se garder tout seul à la maison. Le fait que les plus grands ne rentrent pas, est particulièrement significatif, ils savent se débrouiller.

Je crois qu’on peut sans trop se tromper qu’après avoir tenu un beau discours de gauche pour sauver les 5% d’enfants pour qui ça débloque dans le système, on a réussi à basculer dans le doux monde du MEDEF où désormais l’école va contribuer à l’effort de guerre et sauver ce qu’il reste de l’économie française. Il aurait fallu commencer par là.

L’inquiétude pour ma part n’est pas vraiment le virus, 0.5% de morts, 0.6, ce n’est pas la reprise que je ferai ou que je ne ferai pas, c’est l’organisation du mois de septembre. Car, si on table ici sur 30% des effectifs à tout casser, dans un objectif de garderie, c’est tout le système qu’il faut repenser l’an prochain. Il apparaît que de nombreux enfants ne sont pas capables de travailler de cette manière et pas seulement mes élèves de l’enseignement agricole qui se destinent à un parcours professionnel mais bien l’ensemble des élèves dont les problèmes que toute l’éducation soulève depuis des années : manque d’autonomie, de curiosité, de volonté, et j’en passe. Livrés à eux-mêmes, avec les technologies, à devoir chercher d’autres façons de chercher l’information que de lever la main, ça tourne à la catastrophe. Pas que chez les élèves, les enseignants sont concernés et certains auront fait six mois de vacances. On n’est pas rendu.

Alors que les entreprises pour beaucoup vont se pencher sur la norme du télé-travail, l’école doit y réfléchir de façon maîtrisée et partielle. Maîtrisée parce que certains enseignants tournent encore sur discord ou sur zoom, maîtrisée parce que le discours ambigu sur le logiciel libre et les services temporaires ne peut plus durer et l’état français doit mettre en place ses propres outils collaboratifs pour travailler. Partielle parce que nos jeunes vont finir par péter les plombs à cause de la coupure sociale. Il n’est possible de faire de l’enseignement à distance uniquement parce que vous avez créé un lien en présentiel. Il faut donc construire une relation forte entre les élèves et l’enseignant pour que cela fonctionne à distance. Ce lien passe par une présence en classe avec de vrais personnages qui ont peut être du sens actuellement virtuellement parce qu’on les a côtoyés en vrai. Il faudra donc réussir à trouver la combinaison magique permettant de faire venir les élèves à l’école mais pas trop et d’assurer les cours à distance.

Quand les syndicats réclamaient des augmentations de salaire, de meilleures conditions de travail, nous participerons à l’effort de guerre, pour ceux qui auront compris les enjeux, je ne parle pas de ceux qui pensent être en vacances depuis le mois de mars. Déjà que le métier d’enseignant n’était pas le plus rigolo du monde, où tu comptais peu tes heures de travail, avec ce nouveau rythme qui se profile où tu vas devoir faire cours en présentiel et à distance en même temps, ça va devenir franchement chaud patate. Si tu as un gros diplôme va surtout pas enseigner et va télé-travailler dans une boîte qui ne dépend surtout pas du transport.

Pour l’heure, le déconfinement va accélérer le processus de mort rapide de cette année scolaire 2019-2020. Nos jeunes sont à bout, parce que c’est différent, c’est pas bien, mais sont surtout dans une rupture sociale dont ils ne veulent plus. Comprenez que coincé à la maison, déjà qu’on se retrouve avec trois classes à 60% qui ne font rien parce que les parents ont repris le travail ou les parents ne regardent pas ce que font le jeune, alors qu’il a déjà vu Netflix trois fois et devenu champion du monde de Fortnite ou a épuisé toutes les positions possibles et les tenues du placard pour les selfies, lorsqu’on va appuyer sur le bouton open, l’école sera finie pour de bon. Les gamins iront traîner ce qui leur donnera une raison de plus de ne rien faire.

Je suis pour ma part dans ces périodes de transition que j’abhorre. D’un côté des gamins qui ne font rien dans des conditions qui ne sont pas vraiment au top avec une incertitude complète sur des tas de domaine : rentrera rentrera pas, mutation ou pas mutation. En effet, si je suis muté, j’ai des cours de sixième, cinquième et quatrième à faire ce qui n’est pas rien. Si je ne suis pas muté, de bonnes chances pour que je fasse chauffer la PS3. J’ai pris du poids, je ne suis pas productif comme je le voudrais, même si ce n’est pas si dramatique. On s’occupe :

Je cuisine, je fais des gâteaux avec ma fille. On a commencé à désherber l’intégralité de la rue, le village est laissé à l’abandon. Si la limite des 100 kms est respectée nous devrions être seuls dans la rue sachant que nos voisins les plus proches sont de Toulouse et que même à vol d’oiseau, ça passe pas. Je vous laisse trouver quelle est la rue Borne. On en a profité pour faire les terrasses des voisins, c’est un bon défouloir.

J’ai installé un ordinateur portable pour ma femme pour aller bosser. Elle a un ordinateur dans la classe mais d’une part, il n’y a pas l’intégralité de ses documents, d’autre part y accéder avec un sens de circulation sans s’approcher de trop d’un gamin ça va être tendu. Pour récupérer l’intégralité d’un Firefox et d’un Thunderbird, vous procédez à l’installation des deux logiciels, vous videz ensuite les répertoires dans appdata local et roaming puis vous faites un copier coller des répertoires que je viens de citer, ça passe comme une lettre à la poste, vous récupérez l’intégralité des mails et des répertoires.

Ils sont certains à me prédire un retour sur Windows 10, ça ne se fera pas, même si c’est mal de dire fontaine je ne boirais pas de ton eau. Le nombre de mise à jour, le paramétrage, Windows c’est quand même un truc qui vous file le vertige, ça bouge dans tous les sens. Je rajouterai de plus que l’approche de Windows 10X laisse présager encore du changement.

Je vais moi-même profiter du déconfinement pour relancer deux trois bricoles restées en suspend. Les dents de sagesse de la jeune, l’opération était prévue au mois d’avril, ne te déconfine pas d’un fil, ses heures de conduite pour passer à la conduite accompagnée, le permis de conduire du jeune. Sachant que pour l’ensemble cela reste un gros point d’interrogation, et pour les conditions d’opérations sachant que l’intervention sera planifiée quand on peut en espérant ne pas se retrouver en pleine seconde vague dite de l’apéro et pour l’ouverture des auto-écoles qui n’étaient pas déclarées comme prioritaires. À part m’acheter une paire de pompes, je n’ai pas de raison particulière de changer le gros de mon mode de vie, à savoir aller marcher en bord de mer et faire mes courses au supermarché du coin. Peut-être me laisser tenter par un tour à Bricodepot pour acheter du crépi. Je suis sérieux pour le crépi et c’est pas pour placer le crépi c’est la vie, le crépi a pris un coup, c’est l’occasion.

Je vais vous montrer pourquoi il y a de fortes chances pour que je ne fasse plus jamais de documentations écrites et que je peux comprendre pourquoi les gens s’orientent vers la vidéo. En un écran, celui-ci :

Cette fenêtre Libreoffice a son interface qui vient encore de changer. Ce n’est pas la première fois que je le constate dans le logiciel avec des éléments qui se déplacent y compris dans les menus. Jusqu’à maintenant, pour mes cours d’informatique notamment, je faisais des captures d’écran, des annotations dessus, etc … À partir du moment où des devs s’amusent à bouger les interfaces dans tous les sens sans pour autant améliorer les fonctionnalités, se lancer dans un travail à l’écrit est beaucoup plus long que de faire une vidéo avec un engagement beaucoup plus faible, de quelques minutes. À la sortie, avec toute une génération qui est orientée uniquement vers l’image, des interfaces qui changent tout le temps, l’écrit n’a de sens que pour la ligne de commande et les fichiers de conf, et encore. Si Libreoffice reste vraiment un excellent logiciel, de plus en plus complet, son interface vagabonde ne donne pas envie de le documenter.

Puisque j’évoque la ligne de commande, je vous montre celle-ci :

Il s’agit du logiciel Ventoy qu’a présenté le blogueur Korben. C’est l’équivalent d’un multisystem pour faire des clés USB bootables. À la grosse, très grosse différence, c’est qu’une fois la clé installée en ligne de commande (petit moment de stress comme quand on fait un dd), on fait directement un copier coller des isos. J’ai fait l’essai avec Clonezilla et Gparted, ça passe :

L’intérêt est évident, les procédures sont longues, il faut de façon systématique modifier la clé USB pour supprimer l’iso puis passer la moulinette qui va décompresser l’iso au grand complet pour la mettre sur la clé. Ici c’est différent, puisqu’il suffira de supprimer l’iso d’origine dans l’explorateur de fichiers et de faire un copier coller. Ceux qui ont l’habitude de la gestion de ce type de clé savent qu’on a souvent tendance à en faire une jolie au départ qui finit par prendre la poussière au gré des sorties TRÈS répétées des versions.

Pour finir, j’ai trouvé une utilité à mon abonnement 4G en cette période et mes 20 Go de data. J’ai pondu deux vidéos de maths à l’arrache dont une magnifique sur les probas avec les couverts de la maison. Avec mon petit upload de mon ADSL et avec la qualité du téléphone de mon fils, aux environs de 1 Go les 10 minutes de vidéo, il me faut 2h30 d’upload. Moins de 10 minutes en 4G. Bien évidemment l’upload et le download sont confondus au niveau d’un forfait mobile si bien que c’est 2 Go que je viens de me prendre dans la tête. Du fait d’être encore confiné, du fait de ne plus avoir aucun réseau social, à part Youtube, l’utilisation en bande passante est donc particulièrement faible, à l’heure actuelle proche de zéro. J’étais tellement content de la rapidité du débit que je suis allé regarder du côté de la box Bouygues 4G. Malheureusement, alors que je suis abonné chez eux pour le forfait mobile, on ne me le propose pas sur le fixe. Les autres opérateurs proposent uniquement des enveloppes à 200 Go de DATA, on attendra le déploiement de la fibre.

À bientôt pour de nouvelles aventures.

Elementary OS

dimanche 3 mai 2020 à 19:49

Les quelques bricoles que j’ai pu voir sur Fedora ne m’ont pas franchement inspiré. Et puis il faut quand même se dire qu’un bureau full gnome, c’est pas forcément ce qui envoie du rêve. Je vais vous montrer le genre de choses que je ne supporte plus.

Je fais partie des gens qui n’utilisent jamais l’économiseur d’écran sur mon fixe parce que j’ai un doigt tout puissant qui me permet d’éteindre et d’allumer selon mon bon plaisir. Oui je sais c’est impressionnant. Tu te dis que quand tu vas dans le panneau de configuration d’un truc et que tu vires tous les liens, et ils sont nombreux avec l’alimentation de ton écran, tu devrais de façon théorique te retrouver avec un écran qui ne s’éteint pas, sauf qu’il continue de s’éteindre. J’ai découvert au hasard d’un post qu’il fallait cocher cette case. Oui c’est de la merde.

Donc procédons par élimination :

Et c’est ici qu’entre ce besoin d’autre chose. J’avais besoin de virer Firefox et je l’ai fait, je vous fais un HTOP parce que la vie ne serait rien sans HTOP.

Ça c’est du HTOP de j’ai viré Firefox et j’ai remplacé par Opera. Dans les mêmes conditions d’onglets, c’est 2 Go de RAM de gagnés, en faisant n’importe quoi je n’ai jamais dépassé la barre des 4 Go. Alors Opera bien évidemment ça pue, c’est pas libre, mais Firefox c’est libre et ça fonctionne de plus en plus mal. Je n’entrerai pas dans le grand débat des moteurs de navigateurs internet, pour me limiter au fond de ma pensée. Quand une boîte comme Microsoft jette l’éponge pour prendre Chromium comme base, il y a quand même de quoi se poser des questions. Firefox essaie de maintenir sur tous les environnements du monde, mobile ou fixe, Linux, Mac, Android, Windows, autant de versions de son navigateur quand Microsoft s’est cassé les dents dans moins d’environnement. Si le nouveau standard du web doit être basé sur Chromium, et bien qu’il soit basé sur Chromium. Firefox devrait embrasser cette base, arrêter de se casser la tête, vider de toutes les cochonneries pour proposer autre chose. Quelque chose de libre, d’innovant, avec des services sympas, ça par exemple qui est ma killer feature opera.

Il s’agit du player de Youtube détaché, c’est formidable ça me permet de faire deux choses en même temps.

Bon maintenant la question de fond, c’est comment tu fais pour te retrouver sur Elementary. J’avais un bon souvenir de la distribution, j’avais à l’époque installé la distro sur un ordinateur de la région, c’était la seule distro qui donnait quelque chose de correct avec le tactile. J’écrivais à l’époque :

Si l’expérience était vraiment satisfaisante, ce serait une réflexion d’abandonner Xubuntu pour passer à cet environnement plus moderne. Pour l’heure, rien ne presse, à suivre.

Bon quand on sait que j’ai fait un passage à Windows pour revenir à Ubuntu de base, on se dit que l’expérience n’a pas été satisfaisante. En fait l’ordinateur de la région est resté au garage et je n’ai ressorti l’ordinateur portable qu’en préparation d’une reprise des cours avec l’idée d’éviter de toucher les claviers que je croise. Elementary OS est une distribution qui a mauvaise presse pour deux raisons. Tout se résume à l’écran suivant qui correspond à la page d’accueil du site officiel.

Le acheter la distribution chez Linux, ça ne passe pas. Il suffit pourtant de choisir autre et de mettre 0 dollar pour pouvoir télécharger. Personnellement je ne jette la pierre à personne dans ces histoires d’argent, si le gars ça permet de lui faire quatre sous c’est une bonne chose. La seconde c’est le look MAC et ça c’est pas possible. Les icônes de fermeture en haut à gauche c’est horrible. Voilà comment se tailler une sale réputation dans le monde Linuxien, et comme vous pouvez vous en douter, je m’en contrefous complètement. Voici les quelques avantages pour ma part d’Elementary.

C’est un système qui je trouve est difficile à prendre en faute. Comprenez que prendre en défaut Xubuntu c’est pas compliqué. Prendre en défaut n’importe quelle distribution à base de KDE c’est pas compliqué non plus. Il faut dire que le choix de ne se baser que sur un seul DE, Pantheon c’est quand même consacrer ses efforts au bon endroit.

Voici la liste des problèmes que j’ai rencontrés :

Voici donc ma distribution du moment. Je la trouve jolie, dépouillée, elle répond à mon besoin. J’utilise l’intégralité des outils par défaut sauf le navigateur epiphany. Pour ceux qui sont en recherche, je vous conseille de regarder la distribution du Caribou Tommy Desrochers. C’est intéressant parce que c’est fait avec sérieux, sans intention trollesque.

Ne touchez pas à ma petite zone de confort

dimanche 3 mai 2020 à 17:22

Je suis en train d’arriver au clash avec mes élèves de seconde. Cela devait finir par arriver, c’était déjà arrivé durant la période scolaire à l’époque où nous étions en face à face élève. Il s’agit d’un problème que tous les enseignants connaissent, le problème du devoir maison où tout le monde se pompe dessus. Alors bien sûr public, tu me feras remarquer qu’avec les poutres que nous a placées le gouvernement dans les roues, à savoir une note d’assiduité qui a l’air d’être portée disparue, une rentrée pour les plus faibles mais qui fait garderie, des notes de confinement qui ne comptent pas, il faudrait encore se féliciter d’avoir des élèves qui rendent le travail, même si c’est quinze fois le même.

Pas d’accord.

La référence a un jour sans fin pendant le confinement est revenue assez régulièrement. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est un film avec Bill Murray qui reste coincé dans une boucle temporelle. Le gars revit la même journée en continu. Forcément, on en vient rapidement à penser à ce fameux jour de la marmotte, quand nos journées de confinement sont quasiment identiques les unes aux autres. Pour tuer le temps, et peut-être parce qu’il va tomber amoureux, il essaie de séduire Andie Macdowell qui n’a pas droit à son nom sur l’affiche, il est loin le vieux temps des affiches sexistes, en apprenant entre autres le piano, les arts, autant d’éléments pour conquérir l’actrice. Chaque jour il recommence à l’endroit où il a échoué pour contourner l’obstacle, pour devenir meilleur et atteindre son but. C’est le principe du die and retry comme dans Dark Souls.

Concrètement, l’homme met à profit l’éternité pour progresser. Et c’est ici que je dis non. À l’heure actuelle je suis rentré en conflit ouvert avec mes élèves en associant les familles pour les forcer à bouger de leur zone de confort. Au niveau de la seconde générale vous avez les calculs d’écart type qui sont arrivés. Les élèves ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre qu’on n’attend pas d’eux un calcul de variance à la main puis un calcul d’écart type, on attend d’eux l’utilisation de la calculatrice puis de raisonner, de comparer, de réfléchir sur les résultats obtenus. De la même manière, j’ai dû sortir la grosse voix pour expliquer que Python, il fallait tester ses programmes sur l’éditeur qui va bien. Les gamins écrivent sur feuille leurs travaux sans prendre le temps de les tester. C’est certainement ma faute, puisque pendant les évaluations on fait sur feuille, ils n’avaient pas toujours le temps de tester le programme. Néanmoins dans le cadre d’un devoir maison où tu as le temps, ça paraît du bon sens de tester le programme que tu viens d’écrire.

J’ouvre une parenthèse à ce propos. Parmi toutes les difficultés informatiques de mes élèves, l’utilisation d’une version portable d’un logiciel c’était encore compliqué. Oui, trouver le site, télécharger, clic droit décompresser, c’est compliqué. Comme l’an prochain, rentrée au mois de septembre, l’utilisation d’une salle informatique pour faire du Python me paraît largement compromise, car j’imagine mal le clavier, qu’on dit dans la rumeur populaire plus sale qu’une cuvette de toilette, passer de mains en mains potentiellement contaminées par le COVID. Il apparaît dans cette période de pause, ce temps différent où l’on a le temps de réfléchir, de justement anticiper et trouver des techniques. C’est ce que j’essaie de faire au plus.

La Numworks que nous avions choisie pour sa facilité notamment pour nos BAC PRO, sera désormais l’outil de programmation Python, un outil individuel. Néanmoins et je dois le reconnaître taper à la calculatrice c’est franchement galère. Mais comme le fabricant français ont tout prévu, on a un éditeur en ligne qui permet en plus de communiquer avec la calculatrice pour transférer et sauvegarder les scripts.

J’ai envoyé un message à mes élèves pour leur demander de s’inscrire, très peu de retour. En gros, les élèves sont restés ancrés dans leur démarche scolaire, la démarche de la note. On ne peut pas vraiment leur en vouloir, ils ont été conditionnés à ceci toute leur scolarité, avoir une bonne note. Dès lors, quand on les affranchit, ils courent dans tous les sens pour se remettre les chaînes.

Alors que je suis disponible sept jours sur sept, environ douze heures par jour, les timides qui auraient pu profiter de ne plus supporter la pression de la classe ne le font pas, ils ne quittent pas leur zone de confort. Alors qu’il n’y a rien à gagner si ce n’est de montrer qu’on est engagé, les élèves me rendent n’importe quoi sans avoir lu les consignes ou les corrections que j’ai pu donner et qui donnent les indications de ce qu’il y a à faire ou pas. Pas de remise en question, on n’essaie pas de se faire violence, on reste dans sa zone de confort. Alors qu’ils savent que ma liberté pédagogique me donne le droit de mettre en fin de trimestre une note de participation du fait qu’il ne s’agisse pas d’une classe d’examen, dans la tradition de la bienveillance, je pense que je ne la mettrais pas pour la majorité d’entre eux. Ils n’ont pas compris que ce qui comptait dans cette histoire c’était de participer, et de montrer qu’on évoluait. Celui qui n’utilisait pas sa calculatrice l’utilise, celui qui était timide vient demander de l’info, on essaie d’avancer.

Pour ma part, quand je suis désormais dans l’incapacité de savoir qui fait le travail, si je divise en autant de participants une note sur 20, c’est pénalisant, donc pas de note. On pourrait alors se dire qu’ils ont travaillé pour rien et c’est ici encore que je dis : pas d’accord.

J’inculque des méthodes de travail, de la logique, de la réflexion, du savoir faire. Ce ne serait donc rien, des outils qui vont servir pour la vie, pour la suite de la scolarité parce qu’il n’y a pas de notes à la clé ? Pour moi, c’est typiquement un problème de refuser de sortir de sa zone de confort, et de façon plus générale, refuser l’apprentissage ou la nouveauté. Le manque de volonté quant à Python est évident, c’est nouveau, c’est pas bien. Faut utiliser la calculatrice, faut faire preuve d’abstraction c’est difficile. De la même manière, la volonté de mettre des calculs à rallonge dans les copies, c’est la même chose que les élèves qui vous mettent une tartine pour dire que le ciel est bleu. Ils se rassurent. On a dit à ces enfants pendant toute leur scolarité qu’il fallait justifier par le calcul, ils ont donc du mal à comprendre qu’il faut justifier par la calculatrice et raisonner. Le calcul à rallonge qui donne un résultat, sans s’interroger de sa pertinence, c’est la sensation du travail bien fait, du travail accompli.

On pourrait s’inquiéter du fait de leur jeune âge d’être ancré dans de telles habitudes que cela en devient de l’indiscipline. C’est malheureusement un effet de circonstances. J’ai employé le mot provocation en envoyant un message aux parents. J’en suis à quatre travaux dans lesquels je demande d’utiliser la calculatrice et de cesser les calculs à la main ce n’est toujours pas fait, c’est de la provoc. Voyez jusqu’où on est prêt à aller pour ne pas infléchir ses habitudes. Voyez aussi ce que l’absence de bâton et de carotte peut induire sur les comportements. On aurait été dans une condition normale de classe, j’aurais retiré des points, les élèves auraient ajusté le tir. On comprend alors que le confinement ne peut pas durer une éternité ou c’est la notation complète qu’il faut repenser, et finalement tenir compte de façon très forte, autant que la réussite à l’exercice, de l’engagement de l’élève. Tout un programme que je mettrais en place quand je serais devenu ministre de l’éducation nationale. On appellerait ça, « valoriser le petit gars qui en veut ».

C’est ici mon regret le plus profond, ils sont certainement trop jeunes pour le comprendre, ou la pression familiale, la réussite, ou tout simplement ils préfèrent aller à la facilité parce que ça les gave.

Le dernier point est totalement compréhensible, je peux tout à fait concevoir qu’on préfère mieux pomper sur le voisin ou éviter d’utiliser une méthode nouvelle qui même si elle est plus rapide, n’est pas rassurante. Néanmoins, ne pas vouloir faire d’effort intellectuel, c’est pour moi une forte interrogation sur la place d’un élève dans une classe de GT, qui se projette vers un BAC général ou Technologique.

Un élève s’entraînant à refuser l’utilisation de la calculatrice.

Le refus que je vois chez les élèves face à Python, face à la calculatrice, et Dieu sait quand même que la Numworks c’est vraiment facile, on le retrouve chez les adultes pour l’utilisation des nouvelles technologies, ou tout simplement du partage. Je l’ai déjà écrit, je le refais, le réseau Yammer de ma boîte est au point mort, malgré l’aspect exceptionnel de la situation on ne change pas un prof. On vient pour prendre, surtout pas pour donner, imaginez quelques minutes qu’on en vienne à juger le travail, quelle horreur !

La différence entre l’élève et le prof c’est le côté vindicatif. On n’utilise pas Teams parce que c’est un canal de communication supplémentaire et c’est pas bien, ça fait trop. Comprenez ma bonne dame, les sollicitations sont trop nombreuses, alors on va pas tout accepter parce que sinon c’est la porte ouverte à tout. Ah s’inscrire sur tous les réseaux sociaux possibles et imaginables, c’est pas pareil, ça n’a rien à voir, c’est personnel.

J’ai fait le deuil pour mes collègues. Il ne faudrait pas, il faudrait batailler car nous formons un tout. Si l’ensemble de l’équipe pédagogique utilise les outils c’est gagné pour les élèves qui vont certainement l’utiliser à leur tour. C’est toujours le même principe, vous aurez largement tendance à vous orienter vers un restaurant plein plutôt qu’un restaurant dans lequel il y a trois tables de prises. Plus vous êtes nombreux à utiliser l’outil, plus vos élèves viendront l’utiliser et c’est vrai pour tout. Je ne fais plus de propagande, je n’en ferais plus, certains se sont cachés derrière la liberté pédagogique, quand il s’agit surtout de ne pas sortir de sa zone de confort. C’est nouveau, la peur que les élèves maîtrisent mieux, la peur du ridicule, chez les profs c’est encore plus marqué. On a vu ça dans l’année avec le TBI que certains n’utilisent pas de peur d’être mauvais comme si nos élèves en avaient quelque chose à foutre qu’on se trompe tant qu’on est indulgent avec leurs erreurs. Tiens ça me donne envie de vous mettre cette vidéo sur l’échec.

Pour les élèves, j’espère qu’ils infléchiront leur façon de faire, pour s’y mettre vraiment, d’appliquer les consignes, sinon tant pis pour eux, on ne peut pas tout faire à leur place. Ils ne saisissent pas l’opportunité qu’il y a dans ce confinement.

Durant cette période, j’ai fait quoi ? Je me suis mis à la classe numérique, j’ai fait de la vidéo, des questionnaires en ligne, j’ai lancé un site de vulgarisation, j’ai quelque part la sensation de m’être bougé. Un début même si on peut toujours mieux faire.

Cultures, épisode 57

vendredi 1 mai 2020 à 19:23

L’île fantastique fait partie des séries qui ont bercé mon enfance, taillée dans la veine de toutes les séries des années 80 de l’époque, comme la croisière s’amuse. En gros, la trame, des gens arrivent sur l’île dans la quête d’un fantasme à réaliser, comme l’île est fantastique elle réalise le fantasme, les gens viennent avec une idée précise pour se rendre compte que c’était autre chose qu’ils cherchaient. Comme nous ne sommes plus dans les années 80 mais en 2020, on se doute bien que le schéma des gens qui venaient avec un problème et qui repartent heureux ne fonctionne plus, c’est ainsi qu’on se retrouve avec une version plus ou moins gore où les gens peuvent mourir sur l’île. Comme on peut s’en douter, on ne tient bien sûr pas le film du siècle. Néanmoins je trouve que l’ensemble n’est pas si mauvais dans le sens où le film fait le job et l’hommage rendu à la série originale n’est pas incohérent. Il est bien évident qu’il faut être confiné et n’avoir plus que ça à regarder pour en faire une priorité.

L’histoire commence en bord de mer, la petite famille est réunie. On vient chercher la jeune de 16 ans, on apprendra qu’elle est accusée du meurtre de sa meilleure amie de sept coups de couteaux. On la retrouve deux ans plus tard pour le procès, et c’est lui qu’on va suivre pendant une heure trente scotché à son écran. On va découvrir la personnalité d’une jeune, froide au tribunal, une vie dissolue que ses parents ne soupçonnaient pas, qui interpelle, au point de s’interroger sur sa culpabilité. La fille au bracelet est un film passionnant, à voir.

Au nord c’était les corons, les hommes, des mineurs de fond. C’est un peu le décor de mine de rien, à l’époque la mine faisait vivre la région, aujourd’hui c’est le chômage pour tout le monde. Arnaud Ducruet qui a un peu tout perdu, sa femme, ses gosses qui ne le respectent pas, son travail, s’occupe de sa mère malade d’alzheimer. Il se lance dans un projet fou, changer l’ancienne mine en parc d’attraction. Mais comme vous le savez avec ce film qui ressemble à un téléfilm de TF1, il va y avoir beaucoup d’embûches. Si on fait abstraction du fait que c’est trop classique, qu’on a déjà vu ça cent fois, ça se laisse regarder le cerveau sur la commode.

Je ne connaissais pas la série des Sly Cooper et je découvre donc cet opus sur la PS3 avec le voleur à travers le temps. Sly est un super voleur, qui s’est rangé, il fait croire à sa compagne qui accessoirement est policière qu’il a perdu la mémoire. Comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop, et notre voleur se prépare à faire un coup. Et c’est alors qu’il a prévu de faire un casse que son ami la tortue vient le voir pour lui annoncer que le grand livre contenant les exploits de tous les Cooper à travers les siècles est en train de voir ses pages disparaître. Curieusement pile au moment où il a inventé la machine à remonter le temps et que sa petite copine, une scientifique, a mystérieusement disparue.

Sly va donc remonter le temps et aider ses ancêtres qui sont en difficulté car quelqu’un essaie de changer le passé et de faire disparaître les supers voleurs que sont les Cooper à travers les âges. Excellent jeu de plateforme, très bien scénarisé, de l’infiltration ce qui est assez original et rare pour être remarqué quand dans un Mario par exemple, on va bourriner tout ce qui bouge. Mon seul vrai problème c’est ça :

Ça c’est ma manette PS3 filaire dont je suis très fier, payé à peine 8.95 € chez Action, elle fait parfaitement le job, sauf sur un point, le sisaxis. Rappelez-vous, c’est une technologie que j’ai déjà évoquée, qui permet d’utiliser la manette comme une wiimote, un capteur de mouvement. Et comme d’habitude comme on nous fait croire qu’il faut innover parce que le progrès c’est forcément mieux, il y a des phases de jeu en sisaxis. 8.95 € pour jouer, pas assez cher, je suis donc coincé dans un mini-jeu au Japon médiéval. Dommage je serais bien allé voir plus loin, dommage aussi que l’éditeur n’a pas prévu de désactiver cette technologie, certainement qu’il était logique à l’époque de payer 60 € pour avoir une manette qui fait tout.

Je me le garde de côté, je penserais à me trouver une manette pas cher, qui fait aussi le sisaxis.

Oser un fight club avec des personnes âgées, il fallait, c’est le pitch de vous êtes jeunes, vous êtes beaux. Gérard Darmon est vieux, la fin se rapproche, il fait la rencontre d’un homme qui lui propose de gagner de l’argent en organisant des combats de vieux. À la clé, de l’argent pour une maison de retraite où l’on s’occuperait correctement de lui, et l’excitation de se sentir vivant. Un film difficile sur la vieillesse, plutôt réussi.

MHD est un rappeur que je ne connaissais pas, je suis allé voir deux chansons sur Youtube, et je vais continuer à ne pas le connaître pour me rappeler de ce premier film. Mon frère, c’est l’histoire d’un garçon placé dans un centre de détention pour jeune, pour un fait qu’on comprend grave en lien avec un père violent et un petit frère à protéger. La violence omniprésente pour ce jeune sérieux qui a l’impression de se retrouver au zoo où les bourreaux deviennent victimes. Film très difficile dans certains passages mais particulièrement réaliste quand on connaît le comportement certains jeunes, accrocheur, à voir.

Le pitch de Birthright n’est pas formidable, les premiers albums par contre en faisaient une série prometteuse qui déçoit aux environs du tome 6, on est à 7 tomes actuellement. Mikey, est un enfant lorsqu’il disparaît dans la forêt alors qu’il jouait avec son père. Tout le monde pense que le père est coupable, le couple éclate. Papa est une épave, son fils aîné fait ce qu’il peut pour le tenir la tête hors de l’eau. Maman s’est remis en ménage avec un des enquêteurs. Lorsqu’un an plus tard, ils sont convoqués à la police du coin et qu’un géant de 2 mètres habillé en armure se présente comme étant leur fils devenu le champion d’une autre dimension en donnant des détails précis sur sa disparition, ils sont forcément interpellés. Mikey est bien de retour, il a pour mission de tuer cinq mages exilés sur terre, mais Mikey a menti, s’il est bien le héros de la prophétie, il a été battu par le méchant Lore qui a pris son contrôle. Très très bourrin, très très grand spectacle, un départ franchement énorme qui malheureusement souffre des problèmes classiques de la bande dessinée, ça s’allonge, ça s’étale, ça n’avance plus, et ça finit par devenir lassant. À moins d’une fin brutale en quelques tomes arrive, je lâche l’affaire.

Charles IX (Charly 9) est le roi du massacre de la Saint-Barthélémy et reconnu comme étant l’un des pires roi de France. Cette bande dessinée est assez curieuse, à mi-chemin entre la satyre à l’humour très noir et le fait historique. Charles obsédé par la chasse, qui préfère mieux passer du temps en cuisine, que de gérer le pays. Charles, type super violent qui durant les 150 pages de la bd est toujours en recherche d’un personnel de cuisine pour se rendre compte qu’il a été tué pendant le massacre. Un trait assez intéressant, notamment dans la gestion des couleurs noir et rouge en fin d’album, une histoire « amusante » avec de nombreuses références historiques, à lire.

Lupano est particulièrement connu pour les vieux fournaux qui n’est pas ma bande dessinée préférée de l’auteur, malgré l’humour, je trouve qu’on finit par s’enliser au bout de quelques tomes dans le comique répétition. Le seul reproche que je ferai à l’auteur c’est de jouer trop souvent à pulp fiction, à savoir qu’il s’amuse de créer des bandes dessinées avec un découpage temporel dans lequel se mélangent le passé et le présent, c’est encore le cas avec l’homme qui n’aimait pas les armes à feu. L’histoire commence sans commencer avec deux hommes, une brute épaisse qui a dû mal à parler, un avocat so british qui sont à la recherche d’une femme très belle « prisonnière » des Mexicains. On apprendra et désolé pour le spoil que la femme n’est autre que la femme de l’avocat et la maîtresse de la brute. Tout ce beau monde est à la recherche de documents qui pourraient changer la face de l’Amérique, des papiers historiques qui interdiraient le deuxième amendement, celui qui autorise n’importe qui de s’armer. En quatre tomes, très riche, très drôle, des personnages très bien travaillés, à lire.

La bande dessinée conquêtes, j’ai lu trois tomes sur cinq parus et pour l’instant ça me fait franchement penser à la série des Elfes, nains etc … Il s’agit à chaque nouveau tome d’une colonisation futuriste d’une planète par des terriens qu’on comprend en perdition après avoir fui la planète trop polluée. Chaque planète, un nouvel univers et de nouveaux aliens, c’est ici que cela me fait penser aux elfes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. On imagine que chaque histoire est en lien avec la rencontre avec les aliens qui nécessairement se passe plus ou moins mal. Les one shots sont particulièrement efficaces, bien dessinés, néanmoins, ce n’est pas original, on a la sensation d’avoir déjà vu dix mille fois l’histoire, tout comme les personnages, tout comme la morale du terrien méchant qui vient envahir l’univers façon cow-boys et indiens. Le job est donc fait et bien fait, mais sans la touche d’originalité qui fait la différence et les grandes bandes dessinées

Cyrille BORNE ose tout : Blueendless Kimax BS-U35-WF, le NAS à 50 €

jeudi 30 avril 2020 à 10:21

Souvenez-vous dans le dernier épisode nous réalisions à notre grand désespoir que SMB V1 était un protocole tellement obsolète que la mise à jour de Ubuntu 20.04 l’avait désintégré ou presque. On en profitera pour saluer les FAI qui ne mettent pas à jour leur box mais c’est une autre histoire.

Cyrille BORNE lassé de monter des serveurs openmediavault, ne voulant pas débourser 150 € dans un NAS sans disque dur s’est payé un gadget chinois unique en son genre, le Blueendless Kimax BS-U35-WF. Bien évidemment n’est pas Cyrille BORNE qui veut et à priori la page de Kimax ne répond plus, ce qui laisse supposer qu’il faudra que je profite le temps que ce produit dure. C’est dommage, ils ont l’air d’être les seuls à s’être lancé dans ce marché, et pourtant il y a certainement quelque chose à faire pour des gens qui ne veulent ni mettre le prix, ni avoir quelque chose de compliqué. La présentation du produit c’est ça :

On voit bien la forme traditionnelle des boîtiers 3.5 avec à la différence un port RJ45 et une antenne pour le Wifi, un argument de vente qui ne m’intéresse personnellement pas.

Vous noterez dans les connectiques la présence d’un port USB3, c’est pour pouvoir brancher le disque au PC comme un simple disque dur externe UBB. Attention et ne vous faites pas piéger comme moi. Si vous branchez le disque dur par l’USB3 vous coupez la partie réseau. De la même manière, et c’est une erreur de ma part, j’avais lu en diagonale qu’il fallait formater le disque dur en EXT4 car cela posait problème en NTFS. Il apparaît que je me promenais sur le forum d’openWRT. openWRT pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, c’est un firmware alternatif qui s’installe sur grand nombre d’appareils type routeur, comme Linux mais spécifiquement pour ce type de hardware. Il y a donc une communauté autour de ce produit, néanmoins je ne le ferais certainement pas, car il répond à mon besoin, mon simple besoin.

Moralité formatez votre disque en NTFS sinon il n’est pas reconnu, la FAT32 fonctionne aussi mais sans aucun intérêt. Je vous montre cette photo que je ne manquerai pas de mettre sur le site de cdiscount où j’ai acheté le produit. Sur le coup ça m’a fait moyennement marrer.

Comme vous pouvez le voir, en 2020, il manque un trou. Souvenez-vous j’avais acheté à l’époque à pas cher du vieux NAS, comme nécessairement ils sont en SMB v1 c’est poubelle. Par contre les chargeurs sont compatibles, si bien que mon obsession pour la collection des chargeurs n’est pas totalement stupide. L’appareil monté ressemble à ça :

C’est donc discret, comme je l’ai précisé, je n’ai que peu d’intérêt pour le Wifi, il est possible de se servir de l’appareil comme routeur ou relai, je ne m’en sers que pour faire un NAS, je n’aborderai donc pas cette utilisation. La notice est particulièrement explicite pour que n’importe qui ne puisse pas s’en sortir :

Elle est intégralement en chinois, vous vous doutez bien que pour trouver l’information c’est du talent. Pour trouver le NAS, il suffit d’aller dans sa box et de voir quel est le nouvel appareil connecté en filaire. Il est aussi possible d’utiliser l’application Ki disk que vous ne trouverez pas facilement, si bien que je vous charge l’apk ici :

J’ai rajouté le dernier firmware de l’appareil au cas où. L’application est sommaire et permet de faire des transferts, des backups et des modifications légères du NAS. Je l’ai installée pour faire la capture, et l’ai désinstallée, aucun intérêt pour moi. Les codes de base sont admin et kimax.

Je me contente donc d’utiliser pour ma part la passerelle, sachant que je ne vais pas y aller non plus tous les quatre matins, une fois qu’on a fait la configuration de base, pas vraiment de raison particulière d’y retourner.

L’écran d’accueil, vous pouvez choisir le Chinois pour rire.

Le mot de passe par défaut, c’est kimax. Pas compliqué de s’en souvenir c’est écrit en haut, on peut le changer dans les paramètres. L’écran principal :

Le paramétrage avancé avec le FTP, on remarquera que j’ai laissé en open bar

Et enfin la possibilité de télécharger des Torrents, je n’ai pas fait l’essai, ça ressemble fortement à une interface de transmission ce qui laisse penser que c’est du Linux sous le capot.

Dernier point qui m’intéressait, la gestion du DLNA. Et ce qui me confirme que c’est du Linux sous le capot c’est qu’il s’agit d’un minidlna ce qui m’a permis de trouver un bug ou de contourner un problème que j’ai cherché pendant un moment. Si les répertoires apparaissaient bien, ils étaient vides de fichiers multimédias. Ils étaient bien visibles en SMB mais pas en DLNA. Il apparaît en fait qu’il faut passer les propriétés en 777 depuis un client FTP quelconque pour ma part, pour avoir accès aux fichiers en DLNA dans le réseau.

On notera que l’icône avec le manchot laisse vraiment penser que c’est du Linux sous le capot.

Moralité :

Que demande le peuple ? Pas grand-chose, si ce n’est de voir combien de temps ce boîtier au juste prix pour faire ce qu’il a à faire durera dans le temps.