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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Importer une liste d'utilisateurs dans Wordpress

dimanche 4 septembre 2016 à 08:00

Comme l'an dernier nous redémarrons notre projet de boutique au lycée et c'est marrant de voir un projet qui prend de l'ampleur et qui commence à intéresser certains collègues, c'est vraiment quelque chose de fédérateur. Je vous rappelle le principe, on a chez nous de la production agricole, du vrai produit du terroir, on a désormais un collègue qui s'intéresse à la viande, on fait des oeufs frais à 1.60 € la boîte de 6, des oeufs pondus par des poules que je peux vous présenter personnellement, certaines sont devenues linuxiennes d'ailleurs, et on a des modules de vente en pagaille avec des gosses pour assurer derrière. On a donc une vraie chaîne de production pédagogique jusqu'à la vente, du producteur au consommateur comme on dit, avec quand même des professionnels de la filière pour accompagner ce beau monde. Nous transformons cette année notre mode de commande en passant par internet. Comme je l'ai déjà expliqué, jusqu'à maintenant c'était de pauvres gamines qui passaient dans les classes ou tentaient de toper les profs devant la machine à café, jamais le bon moment. Désormais c'est différent, le prof chez lui passe sa commande ou au lycée, ou sur son téléphone, où il veut en fait, en quelques clics et c'est fait. L'idée bien sûr c'est de réaliser une expansion et ne plus limiter à nos murs mais bien d'avoir la possibilité pour quelqu'un vivant sur Pézenas et ses alentours de passer sa commande et de venir la chercher au lycée, la très très glande classe. 

Les pages du site sont gérées par les élèves, le problème c'est que d'une année sur l'autre les élèves ne sont pas les mêmes si bien qu'il faut recréer les comptes. Pas tant de compte que ça à faire, mais si on peut automatiser c'est mieux. Import users from CSV with meta est un plugin Wordpress qui comme son nom l'indique permet à partir d'un fichier CSV d'enregistrer automatiquement une liste d'uilisateurs dans un profil bien précis. C'est assez simple, on vous livre un fichier de test.csv, il suffit de modifier, par contre faites attention à l'adresse mail. J'ai mis 20 fois la mienne, car il n'y a pas de raison d'associer aux élèves une adresse mail quelconque, le problème c'est que comme elle est déjà rattachée au compte administrateur, il m'a flingué mon mot de passe, j'ai dû redemander. Il est à noter qu'il n'y a pas de vérification des mails, si bien que j'ai mis du eleve1, eleve2 etc ... 

Rapide efficace, j'ai perdu certainement plus de temps à comprendre comment ça marchait qu'à le faire à la main, mais maintenant c'est gagné pour le futur. 

Une histoire de libre

samedi 3 septembre 2016 à 09:00

Vous m'avez vu m'exprimer dernièrement sur la marave dans le libre, et pointer l'article de Thuban, j'aimerai revenir dessus de deux façons avec la plus grande franchise et mon ressenti.

A l'origine, vous avez un Arpinux, la machine. Je pense qu'Arnaud fait partie de ces gars qui ne mourront pas riche et qui s'ils avaient mis tout le temps consacré pour les autres de façon bénévole dans leur propre boutique, ils le seraient un peu plus. (j'en connais un autre mais il est en retraite, on peut le trouver ici). On pourra m'expliquer ce qu'on veut, mais Handylinux c'est quand même surtout lui, les tentatives de passer le bébé d'ailleurs auront difficilement fonctionné car Handylinux c'est surtout lui. En plus le père Arpinux, il a des idées, une conception de la société et quand il aurait dû jouer les fachos avec la règle que nombreux pratiquent MOI CODER MOI FAIRE CE QUE JE VEUX, il a laissé tout le monde le guider au gré du vent sauf deux trois bricoles qui ont provoqué à un moment un schisme. Le schisme si mes souvenirs sont bons c'est une histoire de Compiz et d'autres personnes ont monté Handydvlinux, un fork d'Handylinux avec une orientation vers les déficients visuels. Avec le passage de Handylinux vers DF et quelque part l'abandon de l'image de la marque pour se fondre chez debian facile, il y a le créneau de Handylinux qui se libère d'une certaine façon et Handydvlinux prend cette place.

Continuons dans l'humain. On voit une campagne ulule apparaître, elle a été emportée, une campagne ulule à 3000 €. Les gens qui ont connu handylinux verront dans un premier temps que les captures qui sont présentées ressemblent à s'y méprendre à celle de Handylinux avec un simple dv collé au milieu. L'humain, réagit de la façon suivante : il y a des gars qui ont pris mon boulot et qui sous couvert d'une campagne de financement que j'ai du mal à comprendre, sont en train de faire des sous avec mon travail, et c'est parfaitement humain. Donc forcément ça part en sucette, car c'est humain. 

Il y a toutefois quelque chose dont il faut se rappeler, et c'est pour cela que je fais ce billet, car il me rappelle un épisode qu'a connu Laurent de la vache-libre quand il était très actif il y a quelques années. Laurent dans sa grande époque enchaînait les articles tous les jours de façon neutre sur les sorties logiciels libres, le ton était neutre, si bien qu'on pouvait très facilement se rapproprier l'article et faire croire qu'on l'avait écrit. C'est ce qu'a fait un autre blogueur, qui publiait ses articles en faisant croire que c'était les siens. C'est d'ailleurs une situation qu'on a connu récemment avec le gars un peu étrange qui rebalançait dans son blog en boucle les articles de quelques collègues, j'avais écrit un article là dessus car il m'avait pris une partie du site. La réaction de Laurent était assez désemparée, c'était de l'écoeurement car quelqu'un prenait tout simplement son boulot et écrivait que c'était le sien. Pour mes collègues blogueurs la réaction a été la même à une différence de taille, et c'est ici que je veux en venir. Avec une licence libre notre copieur est dans son droit si bien sûr il respecte à son tour la licence pour la mettre dans les mêmes conditions. Très agacé au départ, Laurent n'a pas donné suite et a préféré se moquer, quand mes collègues blogueurs accès sur un business model avec un copyright sont allés à la plainte.

Derrière les écrans, il y a les hommes, les sensibilités, et pour ma part je comprends parfaitement les réactions épidermiques. Mais il y a aussi nos choix pas très loin d'ailleurs de nos sensibilités et si on choisit un modèle libre, cela signifie qu'on approuve la reprise de son travail, sa distribution, sa modification pour qu'un maximum de personnes puissent en bénéficier. Il ne peut donc y avoir d'autre attitude que l'acceptation à la condition évidente bien sûr, que la licence du nouveau produit corresponde totalement à celle de l'original. Je ne peux donc qu'inviter tout forkeur à montrer le code source et s'appliquer à bien préciser les licences seul moyen à mon sens de faire taire les tensions. La bonne attitude, la classe, l'élégance n'ont malheureusement pas de place dans ce débat, si elles devaient en faire partie, les choses seraient certainement différentes, mais comme précisé, tout ceci n'est qu'une histoire de licence et de conformité à la loi, si on est dans les règles, c'est la seule chose qui compte. 

Un discours plein de sagesse Bornien, je sais c'est pas bien, j'essaie de trouver une chute pour déclencher la marave mais là je trouve pas. 

Vive la liberté ?

vendredi 2 septembre 2016 à 22:00

Il y a une chose qu'il est impératif de comprendre avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, tout ça, c'est que vous êtes soumis à la loi de votre pays mais que vous êtes soumis à la loi du réseau social. En fait, vous êtes surtout soumis à la loi du réseau social. Ces derniers temps on a vu se multiplier les affaires autour des réseaux, on va s'arrêter sur quelques unes : 

J'avais dernièrement donné l'exemple des pokemons qui se donnaient le droit de placer leurs bestioles où ils voulaient, d'ailleurs j'ouvre la parenthèse, pas un chasseur de pokemon, d'évocation de pokemon parmi mes élèves, pas mieux au collège de mon fils, ça valait bien la peine de nous marteler avec ça. J'avais aussi donné l'exemple de Apple qui refusait de se soumettre à l'état Américain en débloquant son téléphone pour un motif pourtant parfaitement justifié. On pourrait se dire que ça n'arrive qu'aux autres la dictature des services propriétaires pour le simple quidam, et pourtant les multiplications d'exemples montrent que désormais les services font la loi chez eux, leur loi et qu'on pourrait résumer à "faites ce que vous voulez tant que ça ne nous cause aucun problème". 

Les effets de bord sont alors évidents : comment expliquer à Jean-Kevin qu'il ne faut pas insulter tout le monde quand il peut le faire en toute impunité sur les réseaux, que personne ne lui dit rien, et que si une procédure pour les propos qu'il tient était déclenchée par les institutions du pays dans lequel il vit, elle n'aurait quasiment aucune chance d'aboutir. Comment expliquer à Robert Marcel que s'il est trop pertinent, que s'il dénonce en expliquant, que s'il choisit des sujets sensibles mais qu'il traite de façon totalement juste, il risque de se retrouver déclasser, puni, sur le banc de touche. 

L'informatique que nous propose à l'heure actuelle le monde propriétaire, est une informatique qui rend con, une informatique pour les faibles où la seule chose qu'on apprend c'est qu'on peut enfreindre les lois, marave son voisin sans conséquence, cultiver la futilité pour éviter de faire fuir ou de se faire punir. 

Si le modèle propriétaire pose des barrières très bien définies, des barrières où il ne faut absolument pas qu'on touche au portefeuille, comment considérer le modèle libre. Et bien pour moi ce n'est pas nécessairement mieux. Si l'on fait complètement abstraction de la forme, du nombre de visiteurs, il y a des qualités qui sont indéniables : le réseau libre est totalement désintéressé, si vous allez dans un endroit où vous avez accès à 20.000 pèlerins face aux ogres du marché, c'est que vous êtes nécessairement ici pour discuter. Il n'y a pas d'orientation, qu'on parle de la pluie, du beau temps, tous les sujets peuvent être abordés et c'est certainement ici le coeur du problème, la similitude avec le monde propriétaire, tous les sujets peuvent être abordés et pas forcément dans le respect de la loi puisqu'il n'y a aucune modération. 

Il est impossible dans les conditions actuelles, à moins bien évidemment d'avoir un nombre de bénévoles de dingue ou des algorithmes super puissants pour parser les contenus pour un réseau social libre de modérer et par le fait de se mettre en conformité avec les propos répondant aux lois. Allez voir sur Diaspora* pour voir les noms d'oiseaux et vous verrez ce que je veux dire. Mais la question est peut être autre, si c'était possible est-ce que ce serait mis en place ? Je ne le pense pas. A force de vouloir protéger cette fameuse liberté d'expression et ici pour de bonnes intentions, on en oublie que la liberté d'expression s'inscrit dans un cadre réglementé, qu'on ne peut pas raconter n'importe quoi à n'importe qui. 

Qu'il soit propriétaire ou libre, insidieusement les réseaux font croire à raison d'ailleurs que tout est possible, pour l'instant. Quand un gouvernement va se chauffer un peu entre l'absence de recettes fiscales liées à des tours de passe passe des gros réseaux, qu'il en aura marre de voir passer tout et n'importe quoi, qu'il se dira qu'il y a de juteuses sanctions à placer, peut être alors tout le monde lèvera le pied pour une communication plus saine, moins insultante, plus réfléchie. Rassurez vous, la vulgarité et l'infamie ont encore de beaux jours devant elles. 

Elsa vient de découvrir les réseaux sociaux, elle peut enfin se lâcher tant qu'elle ne parle pas bien sûr de la fonte des neiges et de la mort des bébés phoques.

Se souvenir des belles choses

jeudi 1 septembre 2016 à 21:30

7h10 je tourne la clé de contact dans le Partner et je roule. Fenêtres ouvertes, musique à fond, ça me fait marrer de passer sur le pont où les pêcheurs essaient dans le calme de vider l'Aude de ses poissons et moi avec Sinik à fond, ni racaille ni victime et moi qui saute dans la voiture. Je me rends compte que je suis quand même en forme et que même si les vacances ont été merdiques, je roule trop vite. A 7h45 j'arrive au lycée, le premier bien sûr, je commence à enchaîner les collègues qui me demandent des trucs en informatique. Il est toujours amusant de voir les gens rigoureux d'un côté faire leurs dernières photocopies, pendant que les autres sont en train de courir dans tous les sens à l'arrache. J'observe les jeunes profs qui font leur première rentrée, mélange de peur, d'excitation. Je me souviens de ma première rentrée comme si c'était hier. En quatrième dans le Cantal, Julien, Michael, Marina, Aurélie, Claude, à peine dix élèves, cet énorme blanc, ce silence de ces gamins pourtant si turbulent qui en ce premier jour de rentrée me regardaient et qui attendaient que je parle. Les choses ont changé, je suis désormais un bonhomme, j'affronte n'importe quelle situation, c'est le métier. 

Comme je vous l'ai dit, prof principal, quelques uns de mes collègues qui ont appris la nouvelle arrivent pour se foutre de moi, c'est de bonne guerre. Un bonhomme clairement, comme mon collègue, on sait faire les rentrées en force, notre troisième larron s'est explosé le genou sur scène car pendant l'été il fait sa tournée, nous prenons donc une classe et demi chacun. C'est la course, il faut être partout, on oublie forcément des choses, on est content de s'appuyer sur les anciens élèves qui réagissent au quart de tour, je crois que s'il y a bien quelque chose qui ne change pas avec les années c'est l'esprit de famille. Loan qui apporte la liste des élèves manquants au CDI, Doria (l'exploratrice) Laurena et Brandon qui vont chercher les cahiers, Nina qui apporte l'appel, pas besoin de supplier, pas besoin d'ordonner, tu peux, s'il te plait et les petits se mettent en marche automatiquement. 

Expliquer la classe de troisième relève aujourd'hui d'un véritable miracle, s'ils ont tous compris je me fais rebaptiser Socrate le BORNE. Globalement il faut faire comprendre aux enfants qu'ils ont toujours des notes sur 20 et que ces notes servent à l'orientation. Que s'ils n'ont pas 14 sur 20 pour certaines filières à l'année c'est mort. Je brise les espoirs de quelques 14 ans qui pensaient faire un apprentissage et qui découvrent qu'ils sont trop jeunes. De l'autre, les fameuses notes sur 20 et bien ce n'est pas celles là qui comptent mais celles du livret de compétences qui ne sont pas des notes. Si vous êtes parents, sachez que désormais le brevet c'est 700 points, les points correspondent à des niveaux de maîtrise, fragile, super maîtrisé tout ça, que le contrôle continue c'est 400 points et que l'épreuve finale c'est 300. 100 qui mélange le français, l'histoire géographie et l'éducation morale et civique, une épreuve de mathématiques, sciences physiques et biologie, ce qui veut dire que ces faignasses de profs de sciences vont enfin bosser et la présentation orale de ces fameux EPI, une activité parmi les projets réalisés. Finir en beauté bien sûr pour expliquer que certains contrôles seront sur 20, d'autres seulement avec des compétences pour avec classe et élégance dire que ça peut être les deux en même temps. 

Je sue, c'est la canicule, c'était prévu avec cet été pourri il faut partir à la mer maintenant, je cours, je débite comme un fou, je passe mon après midi avec 30 gamins dans la fournaise, ils sont plutôt mignons, je mets au point pendant là récré avec mon collègue les derniers manquements, on vient nous voir pour nous demander des trucs et apporter des précisions, ça n'arrête pas. 

Je saute dans la voiture et je reprends la route, et je roule encore vite, ça descend tout seul, la sensation de manque de monde continue à se faire sentir sur le sud et lorsque j'arrive sur la plus belle route du monde qui longe l'Aude que je me fais une joie de retrouver mes pécheurs, je vois une cinquantaine de motards sur la communale défoncée, genre les gars en cuir avec les drapeaux américains, des gens d'un certain âge et je me demande comment j'ai pu oublier ça. 

Ça, la course bien sûr, les gosses qui viennent vous dire bonjour et vous demande si c'est vous qu'ils ont en cours, et l'inattendu bien sûr, ah lui l'inattendu si je cherche à l'oublier lui ce salopard me colle bien à la peau et a toujours une pensée pour moi.  

Quelques remarques, août 2016

mercredi 31 août 2016 à 22:15