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Le Blog de Cyrille BORNE

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Être Cyrille BORNE ça se mérite à un point que personne n'imagine

vendredi 16 septembre 2016 à 20:50

Un rendez vous à 16h15, une ville, Toulouse, un partner. Une petite frayeur sur la route avec le capteur de régime qui recommence à faire des siennes de façon totalement aléatoire et qui ce coup-ci m'a quand même fait allumer les voyants à 120 km/h. Un vent de folie, une autoroute à deux voies plutôt tranquille, beaucoup de monde. Toulouse nous y étions allés une seule fois, c'était pour prendre l'avion pour les Canaries et je me rappelais de cette entrée de périphérique assez agitée. 15h15 comme Marignane, nous sommes au point de rendez vous. Le secrétariat. Bonjour, nous avons rendez vous à 16h15. Avec monsieur C. Ah non avec monsieur I. Pas possible, monsieur I ne travaille pas le vendredi, il travaille le jeudi. Vous pouvez vérifier si par hasard nous n'étions pas attendus hier, le 15. Effectivement nous avons noté que vous ne vous étiez pas présentés. Nous tendons la carte où la date est indiquée, le 16, la secrétaire est confuse mais n'y est pour rien c'est celle qui a pris le rendez vous qui s'est trompée. On peut vous recevoir lundi. Ah mais ma bonne dame vous savez on travaille, on a une vie, des patrons, c'est un peu difficile d'appeler pendant le weekend et de faire des autorisations en un claquement de doigt. J'appelle la secrétaire dans l'erreur, même pas confuse, on note mal un rendez vous on envoie des gens se promener pendant 400 km, c'est ballot, on appuie sur le bouton rouge on fait péter un continent, oups.

400 km pour rien ... ah si peut être, pas un claquement de pédale, comme quoi dans un malheur il est toujours nécessaire de trouver quelque chose de positif. 

Quand tout ceci sera terminé je vous raconterai l'histoire, une histoire bien bornienne, je citerai même peut être quelques noms pour qu'on sache, la réputation, quelle que soit la profession, ça compte. En attendant force est de constater qu'une fois de plus vous pouvez tous vous incliner devant Cyrille BORNE, plus fort que la loi de Murphy, la loi de BORNE.

Doogee X5, téléphone Android payé trop cher à 48 €, premiers retours

vendredi 16 septembre 2016 à 08:00

Avant que vous n'alliez penser que c'est péjoratif, ce n'est pas le cas, c'est tout simplement parce que certains ont pu payer ce téléphone à 27 €. En mai dernier j'ai acheté un téléphone 5 pouces à mon épouse et j'étais jaloux. En même temps ça se comprend, elle avec son 5 pouces, moi avec mon 4, ça cause quand même des problèmes de taille dans le couple. Ma philosophie est simple quant à l'achat des smartphones est simple, les spécifications qui vont bien pour le moins cher possible, de toute façon dans 6 mois ce sera dépassé. Là, il faut reconnaître que la boîte qui fait les Doogee ou les HOMTOM, je pense que c'est les mêmes, sont plutôt bons à ce jeu là, ils sabrent les prix comme des fous pour des téléphones qu'on payerait de façon traditionnelle entre 80 et 100 € chez Archos. Le Doogee X5 c'est 1Go de RAM, je ne joue pas, c'est suffisant, 8 Go d'espace de stockage, j'ai collé une 32 Go derrière donc pas de problème, 5 Mpx mon prochain téléphone pour le même prix en aura 8, et puis globalement c'est tout. Oui point de détail quand même, le téléphone ne fait pas la 4G, en même temps le temps que la 4G arrive de façon convenable chez moi et que j'y trouve une utilité quelconque j'aurai certainement changé trois fois d'appareil. 

J'avais prévu de faire une vidéo et de faire chanter les enfants sur le générique d'Actualia66 mais finalement la vidéo n'a pas vraiment de sens, montrer un téléphone Android qui ressemble à un téléphone Android qui lance des applications Android, ça fait pas rêver. Je vous montre juste la photo pour voir quelle taille j'ai gagné, ça n'a pas l'air transcendant. Le prochain téléphone sera un 5.5, bientôt j'aurai 10 pouces dans ma poche. En fait, compte tenue de ma tenue vestimentaire, le jean, le short en jean, le short de Patrick Chirac, à part le short de Patrick Chirac je peux mettre quasiment n'importe quoi dans ma poche. 

Le smartphone est livré entièrement nu ou presque, ce qui est bien, ça signifie qu'on n'a pas besoin d'avoir une couche de logiciels inutiles qu'on cherche à supprimer. J'ai vu des méthodes pour rooter le téléphone, exit ici le king root, il faut un Windows pour faire le flash. Du fait de ne pas avoir trop de cochonneries et de ne pas être motivé par mettre un Cyanogen car les ROMS existent, sachez le et ça faisait partie de mes critères d'achat, je laisse pour l'instant dans l'état. 

J'ai utilisé SMS Backup & Restore qui est une application vraiment puissante, en fait elle fait plus que le backup des SMS, elle prend aussi les historiques d'appel et permet d'assurer le transfert entre deux téléphones qui possèdent l'application, ça passe tout seul. J'ai installé comme vous pouvez le voir le lanceur Google Now, en fait les icônes par défaut c'était de l'inédit pour moi, je passais du temps à chercher le playstore sans succès. Avec le lanceur je retrouve mes petits facilement. Important, je n'utilise plus davdroid qui m'a fait un tour d'endouille avec la disparition des contacts suite à une mise à jour, j'ai cassé en deux avec cardav-sync dans sa version gratuite, et acaldav. Je rappelle que pour chaque adresse mail de o2switch j'ai droit à du cardav et du caldav, ce qui fait que j'ai récupéré mon calendrier directement et mes contacts. K-9 mail pour le client mail, owa pour office365, Wordpress pour le site de la boutique du lycée, dukto pour le transfert de fichier vers le PC, quelques bricoles mais comme d'habitude pas grand chose. 

J'ai téléphoné, RAS, j'ai envoyé des SMS, j'ai pris une photo, là par contre c'est dégueulasse en intérieur, on dirait que c'est pris avec un ZTE Open C. Il faudra regarder ce que ça donne en extérieur, enfin c'est comme d'habitude, c'est fait pour aller poster des trucs débiles sur internet c'est suffisant. On verra le GPS vendredi et peut être tester la commande vocale (trouver garage !!! trouver embrayage !!!), plaisanterie mise à part je suis allé roulé une trentaine de kilomètres aujourd'hui, rien de plus, si demain je fais mes 100 km, ça fera 180 km sans rien, je peux tenter les 400 km, en tout cas 200 pour arriver, ça sera suffisant, rentrer après c'est "anecdotique". J'oubliais quand même quelques points de détail, jamais je n'ai laissé autant de traces sur un écran, le bouton du power me fait penser au clic gauche de l'ordinateur polaroid, ça envoie du rêve. 

Faudra regarder la vidéo pour voir si c'est aussi horrible, après un téléphone ça reste un téléphone. Si ça tient suffisamment la route dans une utilisation quotidienne et modérée, que les gens se rendent compte que ça existe, qu'ils arrêtent de regarder les marques, ça risque de faire mal aux Samsung et aux producteurs d'engins pour riche. 

Les bons outils, réservation de salles dans sharepoint

jeudi 15 septembre 2016 à 08:00

Comme je l'évoquais dans mon billet d'hier, ce n'est pas la fête à l'outil informatique, et il est important de trouver le bon outil. Au début, il nous avait semblé judicieux d'utiliser un calendrier pour les réservations des salles informatiques. Le problème c'est qu'avec un calendrier par filière, ça rajoute un calendrier de plus, la lisibilité en plus du fait d'avoir plusieurs salles, c'est moche sur les petites cases, difficilement lisible. En fait nous ne sommes pas sur le bon outil, ce n'est pas un calendrier qu'il faut mais un logiciel de réservation de salle. Le premier réflexe que j'ai eu c'est de chercher un logiciel libre extérieur, et bien je vous dis que c'est le néant ou presque, le seul ou pas loin c'est grr. Il s'agit d'un CMS dédié à la réservation de ressources, php, mysql, le classique, je ne vous fais pas un dessin, ça s'installe bien. J'ai eu très peur devant l'interface des années 80, j'ai farfouillé un peu et j'ai abandonné, j'ai de plus en plus de mal avec les logiciels complexes. On trouve beaucoup de business autour de ça, avec de nombreux prestataire qui offrent en ligne la création d'un compte et la réservation des salles. Le site ferme, le site passe au payant, un truc de plus qui n'est pas dans 365 ou scolinfo, enfin bref une mauvaise solution. Et puis par hasard j'ai vu que dans sharepoint on avait accès au sharepoint store, à l'instar d'un store d'applications quelconque : 

Oh, oh, réservation des ressources, c'est gratuit et c'est parti, voici ce que ça donne à la sortie. 

Intuitif, facile d'accès du fait que ce soit dans le sharepoint, cela motive de plus le prof à aller chercher dans le sharepoint une information, Cyrille j'ai peur, je ne veux pas aller dans le sharepoint et de rassurer l'enseignant en lui prenant la souris des mains. Je m'égare mais disons que c'est toujours sur le même principe, si vous voulez que les gens utilisent un service, il faut que celui-ci soit attractif, on a donc tout intérêt à enrichir pour que le professeur vienne chercher l'information. 

Chercher, chercher et encore chercher, pour donner l'envie aux gens d'utiliser, c'est revenir cent fois sur le métier, rime riche en é. 

Le bonheur est dans l'informatique

mercredi 14 septembre 2016 à 14:00

Avec une année plus calme sur le plan matériel, dans le sens où les grands travaux ne sont pas prévus, et qu'après avoir joué avec les appareils à 32 Go, on sait qu'on va rester sur de l'occasion avec du SSD ce qui fait que les migrations ne devraient pas être trop violentes, cette année se doit d'être sous le signe de l'utilisation des logiciels en place et donc de la formation des collègues.

L'accueil d'un nouveau collègue est intéressant car cela permet de mettre en évidence les carences immédiates de votre système, ou de la complexité d'adhésion. Quelqu'un qui fait partie de la fête chez moi doit : 

A l'heure actuelle j'ai pris en charge une nouvelle enseignante, je lui ai montré comment on remplissait un cahier de texte, cela fait partie des interrogations directes dans le métier, et surtout une habitude qu'il faut prendre dès le départ. J'ai pris environ 30 minutes, je n'ai pas abordé avec elle les fonctionnalités comme le dépôt de devoirs en ligne, la messagerie et les quelques possibilités qu'offre SCOLINFO qui, il faut le reconnaître, est un logiciel simple et accessible pour les enseignants, les familles et les élèves, je dirai pensé pour. J'ai lancé Office365 pour lui montrer dans un premier temps uniquement sa boîte pro, en 2016 on doit supposer que toute personne qui a environ 30 ans est capable d'envoyer un mail. Je suis passé ensuite au onedrive pour lui faire synchroniser les fichiers sur son ordinateur portable, sur sa session, lui ai expliqué le principe et lui ai dit de faire de même sur son ordinateur familial afin d'avoir la synchronisation complète de ses documents et de ne pas avoir à prendre une clé USB pour les faire suivre de l'un à l'autre. Hier à 22 heures elle n'y arrivait pas, je l'ai dépannée, il faut impérativement que j'écrive la documentation pour ça, entre autre. Je compte 30 à 40 minutes de plus, je n'ai pas évoqué avec elle comment partager les documents avec d'autres personnes, je n'ai pas parlé des calendriers partagés ni du sharepoint.

Le problème d'Office365, parmi les nombreux problèmes c'est qu'il est trop complexe pour les enseignants. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, c'est un logiciel qui est fait pour travailler avec l'intégralité de la suite office, de Word à Outlook. Il faudrait donc payer des pack office à tous les collègues. En fait c'est simple, tout ce qui est en ligne est castré par rapport à l'original et lent, parce qu'il faut peut être la connexion internet de l'étoile noire ou c'est mal foutu. Word a moins de possibilités, Excel, la gestion des calendriers et j'en passe. Cela veut dire par exemple qu'un enseignant qui va voir dans son Onedrive un fichier Word, du fait d'avoir Word 2007 installé sur son poste, on lui propose de le modifier en ligne ou de le modifier dans Word, il va le modifier dans Word les trois quarts du temps sans réaliser que du fait d'être dans une version qui n'embarque pas les possibilités du cloud, le document ne sera pas modifié à part sur son poste de travail. 

En fait, un salarié qui bénéficie de la suite bureautique en dur sur son PC peut s'affranchir de façon quasi complète de passer par le site en ligne, en outre, une personne qui n'a pas la version 2016 doit comprendre qu'il faut qu'elle travaille uniquement dans son dossier Onedrive pour assurer une synchronisation et ne surtout pas ouvrir les documents en ligne, ou ne les ouvrir qu'en ligne.

C'est compliqué. 

C'est compliqué dans la compréhension mais c'est surtout compliqué dans la richesse et dans les interfaces. Pour faire un travail collaboratif efficace, il faut avoir un sharepoint, c'est un espace de travail commun avec stockage commun des documents. L'enseignant de base qui peine déjà à trouver son mail, doit en plus cliquer sur une première icone qui va bien qui affiche les applications disponibles, arriver sur les sharepoints qui lui sont proposés, prendre le bon, trouver le répertoire dans lequel se trouve le document collectif qui l'intéresse, cliquer sur le document. La somme de clics pour y arriver est conséquente, et par le fait le sharepoint ne donne pas envie. On pourrait se dire qu'on peut se rattraper avec les applications mobiles

une page parmi les dizaines et les dizaines d'applications qu'il existe pour Microsoft

​Le sentiment de brouillon, de pas fini est encore plus fort qu'en ligne. Il y a une application pour tout. Par exemple l'application outlook et l'application owa, une grosse partie de mes collègues a pris outlook sauf que la faute à pas de chance, c'est pour le classique et pas pour office365. La gestion du calendrier est abrupte, pas de vision possible des événements au mois mais une présentation dans la journée, avec une navigation compliquée, pas simple à comprendre. Il est possible d'avoir une présentation sous forme de liste d'événements bien faite d'ailleurs, malheureusement, celle-ci ne tient pas compte des calendriers partagés, il faut donc faire une magouille pour transférer vers votre calendrier personnel et ainsi perdre la synchronisation qui va avec. 

Bien évidemment si Microsoft avait eu le souci de gérer des formats interopérables, tout de suite on aurait pu feinter en utilisant d'autres logiciels plus simples, plus adaptés, malheureusement tout est verrouillé, il faut donc se contenter de subir. 

Vous pourriez me faire remarquer que subir, ce n'est finalement qu'une question de choix, et qu'à l'instar d'autres établissements agricoles, je pourrais jouer les informaticiens rebelles et dire qu'on vire tout ça pour prendre mieux. Je connais en effet des lycées qui fonctionnent au tout Google ou même des établissements qui fonctionnent au tout libre, un collègue me disait que dans son lycée on utilisait le logiciel libre GEPI pour ENT, voilà qui fait rêver. Le problème à jouer les rebelles, c'est qu'on ne respecte pas l'institution, les outils qu'elle demande d'utiliser. En gros c'est comme si une municipalité décidait d'équiper ses policiers de bazooka et pour uniforme un tutu rose avec un casque à pointe. Faire partie d'une société c'est en accepter les règles. 

A l'heure actuelle, dans l'environnement dans lequel nous travaillons, je n'ai pas de faciliteur pour faire adhérer mes collègues à Office365 et je comprends facilement pourquoi. L'idéal aurait été une centralisation complète de l'information dans Scolinfo, malheureusement celui-ci ne permet pas d'espace de travail collectif, de stockage de fichiers, de synchronisation, ou encore d'avoir accès à l'annuaire national. Il faut de plus comprendre que d'être chez Microsoft assure une sécurité quant au blacklistage des noms de domaine, situation que connaissait régulièrement le technicien. Malheureusement, le monde de l'enseignement reste un univers particulier où l'on oublie trop souvent que lorsqu'un individu est 7 heures face à une classe, il est 7 heures en face d'être humains, et pas 7 heures face à un écran à gérer des réunions, des calendriers, du mail, comme peuvent le faire de nombreux salariés. Office365 devrait se proposer dans une version simplifiée pour les profs, entre autre. 

Effectivement avec des outils libres on peut monter quelque chose, ça a été le cas avec Zimbra pendant des années qui était bien plus simple, plus accessible. Malheureusement la société qui était derrière n'avait pas les capacités de Microsoft à tout gérer. Faire des choix ce n'est pas simple on le sait, à l'heure actuelle pour moi ce n'est pas le meilleur, peut être que Google et ses outils en ligne ce serait mieux, néanmoins avec la forte habitude qu'ont les profs travailler avec les outils Microsoft on peut déjà imaginer la grouille que cela représente. 

La solution où se trouve-t-elle ? A mon avis elle n'existe pas. Les gros éditeurs de logiciel ne tiennent pas compte des spécificités du monde enseignant, un monde qui serait tellement plus beau avec l'absence de clic droit et quatre gros boutons pour faire, les éditeurs qui pourraient aller dans ce sens ne sont pas assez costaud pour fournir sécurité, solidité, stockage, les seules solutions viables sont alors locales, pas étonnant que Microsoft puisse être un gentil mécène et que personne ne puisse s'aligner pour proposer une offre similaire. 

Ah ben tiens j'avais même pas vu : ChromeOS obtient plus de 50% des commandes du marché éducatif US, finalement la solution est peut être là. 

 

 

Être Cyrille BORNE ça se mérite

mardi 13 septembre 2016 à 19:00

Les gens qui me connaissent savent qu'en ce moment c'est la merde. On a l'habitude avec moi de savoir que c'est tout le temps la merde, mais là c'est vraiment la merde. Ma mère, la femme qui a eu l'immense honneur et privilège de m'accoucher, 4.1 kilos à la naissance me disait que j'avais une force de caractère assez incroyable et qu'elle ne savait pas comment je faisais, moi non plus. Ce vendredi je dois me rendre à Toulouse, c'est obligatoire, parce que c'est la merde. Il se trouve que depuis la semaine dernière le Partner fait un clac quand je passe les vitesses. Pas tout le temps, de façon aléatoire, un peu de façon vicieuse d'ailleurs pour lundi matin sur la plus belle route de France me faire un excès de franchise, j'appuie sur la pédale et je n'arrive pas à passer ma vitesse. Je m'arrête sur la bas côté ça revient et ça redémarre, le bruit est là. Hier quand même ça craque quand même pas mal, et en regardant la sortie de l'A75, je me dis que si je n'arrive pas à tomber la vitesse on verra ce que ça fait de passer de 130 à 0 en cinquième en souriant. Comprenez quand même que j'ai l'air de raconter ça en rigolant mais quand à chaque fois que vous changez de vitesse vous vous demandez si l'embrayage va lâcher, je vous garantis que je crispe un peu.

La température est enfin tombée, le volet est grand ouvert chez moi, je dors sans clim, je dors tout court, ça fait quelques nuits que cela ne s'est pas produit. Soudain je me réveille, je me penche je vois les lumières d'un hélicoptère ... Pendant plus d'une heure je l'entends tourner, à 3 heures du matin je ferme la fenêtre, j'allume la clim, on crève de chaud. Ma femme m'apprendra plus tard que c'est un touriste qui a eu la bonne idée d'aller prendre un bain de minuit, c'était indiscutablement une mauvaise idée. Je pars donc au lycée avec quelques heures de sommeils et des angoisses de conducteur. J'ai calé pour mercredi matin un rendez vous avec mon garage à Narbonne, mais n'ayant qu'une heure de cours, parce que Cyrille BORNE on sait qu'il s'occupe donc c'est sympa de le faire rouler 1h20 pour enseigner 55 minutes, et je demande à mes collègues s'ils connaissent un bon garage sur Pézenas. Il faut savoir que je sors de l'A75, je prends le premier rond point, je vais dans les vignes et je suis au lycée. Donc en gros 1 an que je travaille à Pézenas sans y avoir vraiment mis les pieds. Je ne veux pas gêner mes collègues qui m'expliquent l'emplacement comme si c'était une évidence, je prends le GPS qui me fait passer par des petites routes et je me retrouve sur un terrain vague à proximité du centre de Pézenas. J'appelle la dame qui me dit "ah oui on sait, c'est pas là" et qui me guide. Du monde dans la ville, je freine, je change de vitesse, je m'imagine déjà avec la pédale bloquée à l'arrêt et les sudistes qui klaxonnent. 

La panne je l'ai regardée, il semblerait que le partner a soit un souci de retour de pédale, soit un problème de cable d'embrayage. C'est un gros garage, c'est un jeune garagiste qui me reçoit, il appuie sur la pédale rien qui craque, il regarde un peu, il ne voit rien, il en conclue que l'embrayage est en train de mourir ou pas loin et qu'il faudrait changer l'intégralité de l'embrayage, soit une facture d'après ce que j'ai pu lire sur le net de 900 € environ. Je fais mon gros lourd avec "j'ai vu sur internet", je n'aime pas qu'on me le fasse mais malheureusement c'est quand même un bon moyen de centraliser et de généraliser les pannes, de montrer le chemin, il me dit qu'il faut laisser le véhicule quelques jours pour faire des essais. Je le remercie, je m'en vais et je me dis que s'il faut mettre 900 € dans le véhicule, je préfère le faire chez le garage Jansana à Narbonne, où ça ne rigole pas, vous remarquerez cette publicité gratuite et non déguisée vers un garagiste compétent. 

J'en discute avec un de mes collègues, j'ai déjà dû l'évoquer, c'est un type assez original qui va jusqu'à partitionner des disques durs de 10 Go pour éviter de tomber sur des clusters endommagés, qui ramasse des ordis dans la rue, qui installe des Linux, debian bien sûr, en compilant parfois son kernel. Quand je lui parle de 80 Go, pour lui ça évoque un rêve inaccessible, Bizance. C'est un fou de la récup, il se débrouille aussi en voiture et me dit qu'il va regarder. Il me dit, tu montes le frein à main à fond tu fais une marche arrière violente si ça cale pas, l'embrayage est mort. Je lui donne les clés. Il monte le frein à main me fait une marche arrière de folie dans le parking du lycée qui fait sauter le Partner, je me dis que tant qu'à le tuer autant le faire maintenant plutôt que sur ma route. Ca cale, il ne voit rien, il ne trouve rien. Il me dit que c'est ballot de pas entendre le clac, je lui propose d'aller faire une ballade romantique dans les alentours en voiture. Pas un claquement, rien, la pédale est même plus souple, je la trouvais plus dure ces derniers temps. Je fais mon cours, je pars du lycée, je rentre à Saint-Pierre. 50 kilomètres de voiture, pas un claquement, c'est presque trop beau pour être vrai, c'est certainement trop beau pour être vrai. 

Cette expérience m'a quand même fait revoir ma façon de conduire. Jusqu'à maintenant on savait que j'avais le pied lourd sur l'accélérateur et j'ai largement levé le pied depuis un moment. Ce que vous ne saviez pas et vous deviez vous en douter c'est que jusqu'à maintenant je conduisais avec mon partner comme si je faisais le rallye des garrigues à optimiser au mieux les vitesses. Avec cet épisode, je me suis rendu compte que je pouvais faire toute la partie la plus pourrie du circuit de façon quasi totale en troisième. J'ai donc commencé à revoir ma façon de conduire et me rapproche de plus en plus du retraité, ce n'est pas désagréable, je prends le temps de regarder le paysage.

J'arrive à la maison, ma fille m'appelle, après avoir franchi la barre des 1050 SMS pour son premier mois de portable avec un vieux Samsung pourri, elle va certainement faire mieux, vivement le smarphone pour les 10.000, elle me demande de la récupérer à son arrêt de bus. Nous allons chercher le pain, Saint-Pierre est désertique, et commence à ressembler à ce que j'aime, un petit village paisible, calme, loin du tumulte du touriste parisien en short de bain. Je commence à lui faire faire ses devoirs, les révisions usuelles de maths, elle m'arbore fièrement un exercice où la population de l'Afrique fait 1100 habitants, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, et je me tape après ma journée trente minutes d'explications sur les 0 utiles ou inutiles, percevant parfois une lueur de compréhension. J'essaie en parallèle d'écrire cet article car j'aime bien vous raconter ce que c'est qu'avoir la vie de Cyrille BORNE. Mon épouse arrive, avec trois tonnes de travail et comme moi demain je ne fais rien je demande à mon fils de me présenter son cahier de texte, quelques toiles d'araignées à l'intérieur me font comprendre qu'il ne doit pas prendre ses devoirs. Je lui sors une fiche de maths complète, je lui dis que la prochaine fois je l'invite à revenir avec du boulot sinon il y en aura deux fois plus. 

Ma mère m'appelle, elle a la voix sombre que je connais, 41 ans que je la pratique, et me dit "je t'appelle parce que je n'ai pas eu le choix", je lui rappelle qu'on a toujours le choix, que c'est la merde, qu'avec ma voiture ça risque d'être encore plus la merde et que quand on sait qu'il y a 1100 habitants en Afrique on est dedans jusqu'au cou. Elle m'explique qu'innocemment alors qu'elle regardait youtube pour trouver la dernière chanson de Julien Doré, je suis ravi de voir qu'elle progresse avec son Windows Phone pas dans ses goûts musicaux, elle a reçu un SMS de SFR pour lui envoyer un message lui disant qu'elle avait pris un abonnement pour la semaine sur une application obscure à 4.99 €, et bien évidemment elle n'a rien fait. Elle accepte bien sûr de m'entendre m'énerver, c'est un classique chez les gens qui parfois me côtoient, on me laisse hurler tout seul parce qu'on sait que je vais trouver la solution, cinq minutes plus tard je bloquais les achats de son téléphone, l'abonnement, supprimais la possibilité de paiement, finissais de me moquer d'elle en lui demandant si j'activais le contrôle parental sur son smartphone. 

Je m'appelle Cyrille BORNE, j'ai 41 ans, et c'est la merde. Mais quoi qui se passe j'arrive toujours à m'en sortir, il faut dire que je fais quand même plutôt ce qu'il faut et qu'avec énormément d'expérience je suis plutôt bon à ça. J'espère que j'arriverai encore à faire ça pendant longtemps, jusqu'au jour où je serai tellement sénile que j'aurai le sourire béat quand mon aide soignante viendra changer ma couche :)