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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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L'histoire sans fin

jeudi 22 septembre 2016 à 08:00

C'est l'histoire d'une youtubeuse qui se voit proposer l'interview du président de l'union européenne, vous l'avez forcément vu cette semaine mais c'est pas grave, on va la refaire quand même. L'exercice est simple, on prend quelqu'un qui a une petite célébrité, qui certainement ne comprend pas grand chose à la politique, et on la place dans une position où elle sera totalement inoffensive. Seulement, et comme souvent parce que l'histoire a déjà été écrite, on essaie de manipuler la personne pour qu'elle pose des questions préparées à l'avance, mais comme l'histoire est déjà écrite, la youtubeuse sort quand même ses propres questions et filme la tentative d'influence de Google, diffuse la vidéo. Bien sûr, c'est pas bien et Google fait ce qu'il faut faire, car l'histoire est déjà écrite, ne pouvant pas fermer son compte, lui couper les vivres, on lui propose 25.000 euros ou dollars, c'est sans importance, et de devenir ambassadrice de la marque. Même M6 avait fait un reportage là dessus, c'est dire qu'on est quand même super loin de la réflexion de fond, vous prenez un rebelle, vous lui grattez le dos, vous en faites votre allié, ça passe tout seul. Mais comme vous le savez c'est écrit, la fille va refuser l'offre et ainsi devenir la princesse de l'internet et tout le monde dira bravo. 

Alors forcément on se dit que tout est bien qui finit bien, que la justice a été rendue, que les youtubeurs ont gagné mais en fait absolument pas, c'est l'histoire de Laurent Ruquier et des chroniqueurs qui se répètent. Ca fait 20 ans que je vois Laurent Ruquier à la télé, dans 20 ans je lui souhaite d'y être encore, il en aura passé des chroniqueurs. C'est presque un théorème, les chroniqueurs passent, Laurent Ruquier reste. Le vainqueur pour le coup ce n'est pas Google, mais ce n'est en aucun cas la youtubeuse et par extension les youtubeurs, tout simplement parce que la youtubeuse continue de faire ses vidéos sur youtube, aucun youtubeur n'a brûlé son compte en diffusant la vidéo sur Dailymotion. Mais seulement quelles perspectives ? 

Notre youtubeuse tellement pétrie de bonnes intentions, chevalier blanc en armure aime quand même se faire frotter le dos, et si elle a refusé le chèque et les voyages c'est qu'il y a nécessairement un calcul derrière, le calcul d'avoir quelque chose de plus bankable, plus de vues, plus de propositions, quelque chose du genre car elle est dans le calcul. Et oui les enfants, car s'il n'y avait pas de calcul qu'est ce qu'il aurait fallu qu'elle fasse pour changer enfin l'histoire ? Fermer son compte et aller vers une plateforme qui offrirait une meilleure éthique ! C'est bien Marcel, tu as bien répondu. 

Seulement notre souci c'est qu'à l'heure actuelle, si tu veux faire de la vidéo, youtube est quand même the place to be. Dailymotion c'est une vaste plaisanterie, Facebook ce n'est certainement pas clair dans la tête des gens. Et c'est bien dans le geste de ne pas fermer son compte qu'on comprend que le grand gagnant de l'histoire c'est Google. Et même si la jeune femme avait fermé son compte, Google aurait quand même gagné la partie et elle l'aurait totalement perdue. Des youtubeurs, on tape dans un arbre il en tombe 50.000, si elle avait fermé son compte pour faire autre chose ailleurs, elle serait tombée dans l'oubli, au moins elle continue "d'exister".

On est exactement dans le grand problème de fond du logiciel libre, faire des choix. Je fais le choix de m'héberger par moi-même, je fais le choix de ne pas être sur les réseaux sociaux, je fais le choix de pluxml, je ne fais aucun choix qui facilite réellement la visibilité de mon message car j'estime que mon message doit être en cohérence avec la façon dont je l'exprime. Comme j'aime à le rappeler, il est difficile d'arroser tout le monde sur le logiciel libre sur certaines valeurs et d'inviter les gens à suivre sur la page facebook même si dans mon cas ce serait hypocrite, je n'utilise pas ses outils car ils ne m'intéressent pas. En dénonçant Google mais en continuant à l'utiliser, la seule chose qu'aura démontré la youtubeuse c'est sa servitude. 

La suite de l'histoire je peux vous la donner, les youtubeurs qui ont la vague sensation de faire croire qu'ils ont gagné la bataille, ont en fait abandonné la guerre, une guerre que de toute façon tout le monde a perdu. Je ne ferai l'offense à personne de parler d'auto hébergement de ses propres contenus vidéos, car à l'heure actuelle c'est tout bonnement impossible si on envisage d'avoir un certain nombre de vues il est obligatoire de passer par la cause hébergement professionnel ou propriétaire. Demain, avec la fibre optique, l'augmentation des débits ce sera certainement possible, pour l'heure, pour qui veut faire de la vidéo, c'est un choix à faire, j'ai fait le choix de dailymotion que je trouve moins pire que youtube, dans l'attente d'autre chose. 

Appel de Beauchastel, vrais problèmes, fausse cible

mercredi 21 septembre 2016 à 08:00

J'ai vu passer dans le shaarli de Broncol'appel de Beauchastel, que je synthétiserai de façon bornienne en groupe d'enseignants ou de personnels scolaires qui entrent en guerre contre l'informatique mais qui la faute à pas de chance le font de façon binaire puisque c'est un refus complet de l'informatisation. Et là forcément ça fait tâche, parce que forcément les gars passent pour des gens rétrogrades et donc des vieux réacs en lutte contre tout, ce qui fait qu'ils se font bacher dans les commentaires de l'article et perdent dès lors, toute forme de crédibilité. Et comme il ne sera pas dit que Cyrille BORNE est l'homme des raccourcis et des chemins trop simples prenons le document par la fin :

C’est pour cela que nous refusons en bloc notre mise à jour programmée. Nous n’utiliserons pas le cahier de texte numérique, ni les multiples écrans dont on prétend nous équiper (tablettes, tableaux numériques ou même smartphones). Nous nous opposerons aux équipements générant d’importants champs électromagnétiques ainsi qu’à la concentration des données scolaires dans des bases centralisées. Nous appelons tous les personnels des établissements d’enseignement déjà réticents à faire connaître leurs raisons et à signer cet appel. C’est seulement par de tels gestes d’affirmation que nous pouvons briser notre isolement pour construire une opposition conséquente. Nous demandons à toute personne qui ressent l’importance des enjeux ici évoqués de relayer largement cet appel, de nous faire connaître ses propres réflexions et initiatives. 

Déconstruisons, déconstruisons ... Bon déjà l'appel a été relayé de façon informatique et circule sur les réseaux sociaux. J'espère pour ces gens qu'ils n'ont pas de smartphone, pas de compte sur les réseaux sociaux, qu'ils vivent avec des passoires recouvertes d'aluminium sur la tête pour être crédibles, je crois que c'est la base. C'est un problème général de l'extrémisme, et les gens du libre le savent très bien, on peut difficilement appeler les gens à avoir un processus de fonctionnement binaire sans le partager, et par le fait vivre dans le dépouillement informatique ce qui aujourd'hui est non seulement difficile, mais stupide. Que celui qui a déclaré ses impôts de façon manuscrite avec une obscure conseillère me jette la première pierre, moi la déclaration informatisée, mes comptes bancaires en ligne, toutes les démarches qui me font gagner du temps et qui simplifient mon quotidien, je suis pour, ce n'était pas mieux avant. L'exemple du refus de remplissage du cahier de texte est parfaitement symbolique. D'une part ce n'est pas crédible de dire qu'on va renvoyer l'enfant vers un écran pour ses devoirs, de façon théorique l'enfant n'est pas dédouané de la prise des devoirs dans l'agenda même si c'est noté en ligne, d'autre part le cahier de texte en ligne est un faciliteur pour tout le monde, l'enseignant qui peut le remplir sans être dans la classe, qui peut le consulter ailleurs, le compléter, comme les enfants, les parents, on sait ce qui s'est fait dans la classe. L'ENT est certainement l'une des meilleures choses qui soit arrivée dans l'école, le problème est totalement ailleurs, le problème c'est que les gens ne l'utilisent pas. 

J'ai envoyé un message à des parents, à leurs enfants, 26 destinataires en tout dans lequel je fais une synthèse du début d'année dans la classe, ce qu'il est nécessaire de faire, pas faire, mes disponibilités, une fiche de révision. 4 personnes ont lu le message ou en tout cas l'ont ouvert. Alors effectivement je pourrai prendre mon téléphone, ah non c'est technologique, prendre 10 minutes pour le faire noter dans le carnet de correspondance et attendre la signature derrière, la portée serait la même. Le mieux serait d'organiser une réunion pour qu'on puisse se voir et échanger de vive voix, sauf qu'ici cette information n'entraîne pas nécessairement de réunion et que dans ce cas-ci l'ENT est la solution la plus simple, la plus rapide qui permet de plus l'échange. 

Le problème ne vient pas de l'informatique, le problème vient de l'adhésion des gens à l'informatique. On réalise qu'alors que les ENT sont entrés dans la norme depuis 10 ans, et bien ce n'est pas encore le cas pour cette génération de parents ce qui pourrait à la rigueur se comprendre mais pas non plus chez les enfants qui iront consulter cinquante fois en deux heures leur compte facebook sans faire un tour sur ce qui occupe mine de rien la moitié de leur journée, l'école. Donc la problématique n'est pas le tout informatique, la problématique c'est qu'on veut informatiser à outrance quand le truc de base n'est pas maîtrisé avec des lobbies de l'informatique qui poussent derrière pour faire adhérer à la super nouvelle technologie alors que les gens ont dix tours de retard. 

Un jour mon précédent chef d'établissement me dit qu'il veut faire l'appel de façon électronique. Je le regarde et je lui dis qu'il faut 5 minutes à une surveillante pour faire le tour des classes, 10 pour l'informatiser quand le temps passé en classe le temps de l'allumage des ordinateurs, se connecter, prier pour que le site ne soit pas down comme le wifi est une prise de risque majeure de ne pas pouvoir démarrer le cours de façon sereine. Dans des structures qui sont plus importantes, comme par exemple dans mon lycée où je commence à y réfléchir, l'informatisation de l'appel est une logique, dans une école primaire de trois classes c'est idiot. Le véritable problème n'est pas l'informatique, le problème c'est son usage. 

Et puis il faut quand même avoir conscience de quelque chose de fondamental. L'outil informatique n'est qu'un facilitateur. Si je prends mon cas en tant que parent, il me facilite la tâche dans le contrôle, dans l'échange avec les enseignants de mes enfants. Pour certains parents, on pourra déployer toute la batterie d'outils les plus sophistiqués, nous ne les verrons jamais car tout simplement le problème est plus profond, la scolarité de leur enfant ne les intéresse pas. 

L'enjeu ce n'est pas l'informatique, l'enjeu c'est l'éducation, l'éducation des enfants bien sûr, l'éducation des enseignants aux nouvelles technologies, mais pas trop en même temps et pas trop vite, l'éducation de certains parents pour leur rappeler leurs obligations et qu'il leur suffit de se connecter à cet internet qu'ils utilisent si souvent pour aller sur facebook ou commander des produits sur Amazon qu'à portée de clics se trouve toute la scolarité de leur enfant. 

On sent quand même, au travers de la dénonciation de l'accord avec Microsoft ou de cet accord Beauchastel, qu'on essaie de pointer du doigt que l'informatique ça ne va pas, et on arrive ni à poser les mots ni à trouver les solutions. A force de réflexion, à force d'enfoncement dans le classement PISA, peut être un beau matin quelqu'un va se réveiller en disant qu'il serait temps de reprendre le contrôle, de lever le pied et de faire quelque chose de carré et de simple. 

Pour aller plus loin, Faut-il avoir peur du grand méchant Linky ? où des communes refusent l'installation des compteurs connectés. On est un peu sur le même principe, des interrogations quant au progrès, à titre personnel je me moque de savoir que des données sur ma consommation EDF remonte surtout si ça m'évite d'être présent chez moi pour recevoir le technicien. Si par contre le compteur fait sauter tous les appareils et nos cerveaux avec les ondes électromagnétiques, c'est un autre débat. 

Appel de Beauchastel, vrais problèmes, fausse cible

mercredi 21 septembre 2016 à 08:00

J'ai vu passer dans le shaarli de Broncol'appel de Beauchastel, que je synthétiserai de façon bornienne en groupe d'enseignants ou de personnels scolaires qui entrent en guerre contre l'informatique mais qui la faute à pas de chance le font de façon binaire puisque c'est un refus complet de l'informatisation. Et là forcément ça fait tâche, parce que forcément les gars passent pour des gens rétrogrades et donc des vieux réacs en lutte contre tout, ce qui fait qu'ils se font bacher dans les commentaires de l'article et perdent dès lors, toute forme de crédibilité. Et comme il ne sera pas dit que Cyrille BORNE est l'homme des raccourcis et des chemins trop simples prenons le document par la fin :

C’est pour cela que nous refusons en bloc notre mise à jour programmée. Nous n’utiliserons pas le cahier de texte numérique, ni les multiples écrans dont on prétend nous équiper (tablettes, tableaux numériques ou même smartphones). Nous nous opposerons aux équipements générant d’importants champs électromagnétiques ainsi qu’à la concentration des données scolaires dans des bases centralisées. Nous appelons tous les personnels des établissements d’enseignement déjà réticents à faire connaître leurs raisons et à signer cet appel. C’est seulement par de tels gestes d’affirmation que nous pouvons briser notre isolement pour construire une opposition conséquente. Nous demandons à toute personne qui ressent l’importance des enjeux ici évoqués de relayer largement cet appel, de nous faire connaître ses propres réflexions et initiatives. 

Déconstruisons, déconstruisons ... Bon déjà l'appel a été relayé de façon informatique et circule sur les réseaux sociaux. J'espère pour ces gens qu'ils n'ont pas de smartphone, pas de compte sur les réseaux sociaux, qu'ils vivent avec des passoires recouvertes d'aluminium sur la tête pour être crédibles, je crois que c'est la base. C'est un problème général de l'extrémisme, et les gens du libre le savent très bien, on peut difficilement appeler les gens à avoir un processus de fonctionnement binaire sans le partager, et par le fait vivre dans le dépouillement informatique ce qui aujourd'hui est non seulement difficile, mais stupide. Que celui qui a déclaré ses impôts de façon manuscrite avec une obscure conseillère me jette la première pierre, moi la déclaration informatisée, mes comptes bancaires en ligne, toutes les démarches qui me font gagner du temps et qui simplifient mon quotidien, je suis pour, ce n'était pas mieux avant. L'exemple du refus de remplissage du cahier de texte est parfaitement symbolique. D'une part ce n'est pas crédible de dire qu'on va renvoyer l'enfant vers un écran pour ses devoirs, de façon théorique l'enfant n'est pas dédouané de la prise des devoirs dans l'agenda même si c'est noté en ligne, d'autre part le cahier de texte en ligne est un faciliteur pour tout le monde, l'enseignant qui peut le remplir sans être dans la classe, qui peut le consulter ailleurs, le compléter, comme les enfants, les parents, on sait ce qui s'est fait dans la classe. L'ENT est certainement l'une des meilleures choses qui soit arrivée dans l'école, le problème est totalement ailleurs, le problème c'est que les gens ne l'utilisent pas. 

J'ai envoyé un message à des parents, à leurs enfants, 26 destinataires en tout dans lequel je fais une synthèse du début d'année dans la classe, ce qu'il est nécessaire de faire, pas faire, mes disponibilités, une fiche de révision. 4 personnes ont lu le message ou en tout cas l'ont ouvert. Alors effectivement je pourrai prendre mon téléphone, ah non c'est technologique, prendre 10 minutes pour le faire noter dans le carnet de correspondance et attendre la signature derrière, la portée serait la même. Le mieux serait d'organiser une réunion pour qu'on puisse se voir et échanger de vive voix, sauf qu'ici cette information n'entraîne pas nécessairement de réunion et que dans ce cas-ci l'ENT est la solution la plus simple, la plus rapide qui permet de plus l'échange. 

Le problème ne vient pas de l'informatique, le problème vient de l'adhésion des gens à l'informatique. On réalise qu'alors que les ENT sont entrés dans la norme depuis 10 ans, et bien ce n'est pas encore le cas pour cette génération de parents ce qui pourrait à la rigueur se comprendre mais pas non plus chez les enfants qui iront consulter cinquante fois en deux heures leur compte facebook sans faire un tour sur ce qui occupe mine de rien la moitié de leur journée, l'école. Donc la problématique n'est pas le tout informatique, la problématique c'est qu'on veut informatiser à outrance quand le truc de base n'est pas maîtrisé avec des lobbies de l'informatique qui poussent derrière pour faire adhérer à la super nouvelle technologie alors que les gens ont dix tours de retard. 

Un jour mon précédent chef d'établissement me dit qu'il veut faire l'appel de façon électronique. Je le regarde et je lui dis qu'il faut 5 minutes à une surveillante pour faire le tour des classes, 10 pour l'informatiser quand le temps passé en classe le temps de l'allumage des ordinateurs, se connecter, prier pour que le site ne soit pas down comme le wifi est une prise de risque majeure de ne pas pouvoir démarrer le cours de façon sereine. Dans des structures qui sont plus importantes, comme par exemple dans mon lycée où je commence à y réfléchir, l'informatisation de l'appel est une logique, dans une école primaire de trois classes c'est idiot. Le véritable problème n'est pas l'informatique, le problème c'est son usage. 

Et puis il faut quand même avoir conscience de quelque chose de fondamental. L'outil informatique n'est qu'un facilitateur. Si je prends mon cas en tant que parent, il me facilite la tâche dans le contrôle, dans l'échange avec les enseignants de mes enfants. Pour certains parents, on pourra déployer toute la batterie d'outils les plus sophistiqués, nous ne les verrons jamais car tout simplement le problème est plus profond, la scolarité de leur enfant ne les intéresse pas. 

L'enjeu ce n'est pas l'informatique, l'enjeu c'est l'éducation, l'éducation des enfants bien sûr, l'éducation des enseignants aux nouvelles technologies, mais pas trop en même temps et pas trop vite, l'éducation de certains parents pour leur rappeler leurs obligations et qu'il leur suffit de se connecter à cet internet qu'ils utilisent si souvent pour aller sur facebook ou commander des produits sur Amazon qu'à portée de clics se trouve toute la scolarité de leur enfant. 

On sent quand même, au travers de la dénonciation de l'accord avec Microsoft ou de cet accord Beauchastel, qu'on essaie de pointer du doigt que l'informatique ça ne va pas, et on arrive ni à poser les mots ni à trouver les solutions. A force de réflexion, à force d'enfoncement dans le classement PISA, peut être un beau matin quelqu'un va se réveiller en disant qu'il serait temps de reprendre le contrôle, de lever le pied et de faire quelque chose de carré et de simple. 

Pour aller plus loin, Faut-il avoir peur du grand méchant Linky ? où des communes refusent l'installation des compteurs connectés. On est un peu sur le même principe, des interrogations quant au progrès, à titre personnel je me moque de savoir que des données sur ma consommation EDF remonte surtout si ça m'évite d'être présent chez moi pour recevoir le technicien. Si par contre le compteur fait sauter tous les appareils et nos cerveaux avec les ondes électromagnétiques, c'est un autre débat. 

Les mauvais exemples, les faux problèmes

mardi 20 septembre 2016 à 08:00

Comme vous avez pu le lire, l'accord entre Microsoft et l'éducation nationale n'a pas été rejeté par les tribunaux et les plaignants ont même pris une prune à payer à Microsoft. JC Frog repris par Grise Bouille ont détourné la situation pour imaginer les cantines scolaires reprises par Mac Donald et c'est à mon sens un mauvais exemple même si l'idée est bonne. Quelques explications. 

A l'heure actuelle, aussi délirant que cela puisse me paraître, parmi les critères majeurs d'inscription d'un enfant dans une école : les voyages scolaires et la cantine. Moi c'est la qualité de l'enseignement, la sécurité des enfants, le travail, enfin ce genre de choses de réac, pour beaucoup de parents c'est une vision du Club Med. La cantine devient dès lors un véritable casse-tête et même parfois un atout pour certains établissements qui tirent leur épingle du jeu. En effet certains vont faire travailler les gens du coin, avoir une cantine de haute qualité et on se retrouve avec une inscription massive car qu'on le veuille ou non ce qu'on a dans l'assiette c'est aussi une image qu'on a de l'établissement. Quelques moralités :

L'école sur le papier c'est la liberté, l'initiative de l'enseignant, de plus en plus des établissements, à partir du moment où l'on suit les grandes lignes. Personne ne m'impose un manuel, ma façon d'enseigner, j'ai un référentiel, un programme, je dois le suivre car à la fin, la scolarité de l'enfant est sanctionnée par l'examen mais pas seulement. A la fin de l'année mes élèves vont passer le DNB, Diplôme National du Brevet des collèges, on sait que la programmation entre à l'examen, on voit de façon massive arriver l'utilisation de Scratch, Python ou le pseudo code, de façon générale un langage de programmation où les phrases ne sont pas loin du français. Si je décide de faire du COBOL ou de l'assembleur avec mes élèves, opportunité de la particularité de mon enseignement, ouverture de perspectives, déclenchement de vocations ou handicap pour l'examen ? 

Pour moi, ce qui reste fondamental, c'est la réussite à l'examen, et en aucun cas mettre en difficulté l'élève face à l'examen, on va donc à un moment donné de façon collective et sans concertation aucune faire preuve d'uniformisation ce qui chez les profs de matière d'examen se traduit par le bachotage. Si vous demandez à des coureurs comment ils deviennent champion du monde, je suis persuadé qu'il y a une manière de courir, un équipement plus ou moins standard, des échauffements et des entraînements caractéristiques, le talent faisant la différence, mais le gros du boulot est le même. 

Contrairement à une cantine scolaire qui se doit d'utiliser les produits du coin dans l'idéal pour s'inscrire dans le territoire, pour souder les habitants, je vous refais pas le bouquin sur la transition mais un élève qui va passer un examen identique dans le pays se doit d'utiliser à pas grand chose les mêmes outils sur toute la France et c'est ici qu'intervient notre problème et je vais encore me répéter. On a dénoncé le partenariat à juste titre entre Microsoft et l'éducation nationale, car une grosse société américaine n'est pas un mécène c'est une société qui doit gagner de l'argent, rien n'est gratuit, c'est exactement le même problème des enseignants qui utilisent facebook ou les profs super fier de faire des classes twitter. Comme personne n'y comprend rien, on pense que parce que c'est gratuit, c'est tendance, alors c'est formidable, quand pour la bouffe tout le monde serait scandalisé. Il y a une véritable éducation à l'informatique à faire, et ce n'est certainement pas en utilisant le mot "interopérabilité" qui doit faire un carton au scrabble qu'on arrivera à faire évoluer les mentalités quant au fait que derrière tout ça il y a quand même des enjeux, des engagements qu'on prend pour les autres et pas seulement pour soi. Dénoncer c'est bien, proposer c'est mieux. 

Si on voulait pousser le parallèle avec le produit du terroir, faire travailler les informaticiens du coin serait extraordinaire mais à condition d'avoir posé un cahier des charges à l'échelle nationale pour que la solution soit uniforme et libre bien évidemment. Car, en fait ce qui manque là dedans, ce ne sont pas les prestataires, je peux même vous en donner quelques uns dans la région de Lyon, ce ne sont pas les logiciels, on pourrait faire le choix de Nextcloud, Libreoffice, Debian, c'est un cahier des charges, une façon de procéder qui devrait être établie et applicable par n'importe quel prestataire et surtout écrit par l'état

La souveraineté de l'état, pas la première fois que vous me voyez la faire, mais pourtant c'est parfaitement applicable dans le cas présent. Pour que l'école puisse être indépendante des prestataires divers et variés, le libre est bien évidemment la solution, pas un libre désorganisé et fait n'importe comment, mais un libre décidé, posé en amont, y compris pour les périodes de mises à jour. C'est à l'état de le faire, c'est à des décisionnaires informatiques fonctionnaires et indépendants de le faire, des gars super qualifiés qui doivent donner la marche à suivre.

Si ce message, qui est pourtant celui du bon sens, on n'accepterait pas que ce soit les sociétés de tabac qui fassent les manuels de biologie, que les sociétés pétrolières fassent les manuels de physique car cela paraît évident, l'informatique reste encore le domaine où on a réellement la sensation que les gens ne comprennent que dalle. Les procès, les dénonciations, il faut bien les faire mais le mal est bien plus profond, la prise de conscience ne se fera qu'après une catastrophe, les comptes dropbox piratés le mois dernier ce n'est pas assez, tant que ça n'arrive qu'aux autres, on n'est pas interpellé ou trop peu. 

En bonus et pas si éloigné de la thématique, adblock devient une régie publicitaire. Adblock est une entreprise, elle n'est pas le chevalier blanc qui dresse son bouclier rouge contre la publicité, c'est une société qui veut gagner de l'argent. Avec un modèle économique qui jusqu'à maintenant ressemblait à celui du gros chèque pour laisser passer certaines pubs, on migre gentiment vers le juge et partie, le gros chèque et la régie pub. Quand il s'agit des enfants d'une nation, il n'est pas possible d'utiliser des solutions qui ne sont pas neutres et dont les propriétaires visent l'enrichissement à tout prix. 

Les mauvais exemples, les faux problèmes

mardi 20 septembre 2016 à 08:00

Comme vous avez pu le lire, l'accord entre Microsoft et l'éducation nationale n'a pas été rejeté par les tribunaux et les plaignants ont même pris une prune à payer à Microsoft. JC Frog repris par Grise Bouille ont détourné la situation pour imaginer les cantines scolaires reprises par Mac Donald et c'est à mon sens un mauvais exemple même si l'idée est bonne. Quelques explications. 

A l'heure actuelle, aussi délirant que cela puisse me paraître, parmi les critères majeurs d'inscription d'un enfant dans une école : les voyages scolaires et la cantine. Moi c'est la qualité de l'enseignement, la sécurité des enfants, le travail, enfin ce genre de choses de réac, pour beaucoup de parents c'est une vision du Club Med. La cantine devient dès lors un véritable casse-tête et même parfois un atout pour certains établissements qui tirent leur épingle du jeu. En effet certains vont faire travailler les gens du coin, avoir une cantine de haute qualité et on se retrouve avec une inscription massive car qu'on le veuille ou non ce qu'on a dans l'assiette c'est aussi une image qu'on a de l'établissement. Quelques moralités :

L'école sur le papier c'est la liberté, l'initiative de l'enseignant, de plus en plus des établissements, à partir du moment où l'on suit les grandes lignes. Personne ne m'impose un manuel, ma façon d'enseigner, j'ai un référentiel, un programme, je dois le suivre car à la fin, la scolarité de l'enfant est sanctionnée par l'examen mais pas seulement. A la fin de l'année mes élèves vont passer le DNB, Diplôme National du Brevet des collèges, on sait que la programmation entre à l'examen, on voit de façon massive arriver l'utilisation de Scratch, Python ou le pseudo code, de façon générale un langage de programmation où les phrases ne sont pas loin du français. Si je décide de faire du COBOL ou de l'assembleur avec mes élèves, opportunité de la particularité de mon enseignement, ouverture de perspectives, déclenchement de vocations ou handicap pour l'examen ? 

Pour moi, ce qui reste fondamental, c'est la réussite à l'examen, et en aucun cas mettre en difficulté l'élève face à l'examen, on va donc à un moment donné de façon collective et sans concertation aucune faire preuve d'uniformisation ce qui chez les profs de matière d'examen se traduit par le bachotage. Si vous demandez à des coureurs comment ils deviennent champion du monde, je suis persuadé qu'il y a une manière de courir, un équipement plus ou moins standard, des échauffements et des entraînements caractéristiques, le talent faisant la différence, mais le gros du boulot est le même. 

Contrairement à une cantine scolaire qui se doit d'utiliser les produits du coin dans l'idéal pour s'inscrire dans le territoire, pour souder les habitants, je vous refais pas le bouquin sur la transition mais un élève qui va passer un examen identique dans le pays se doit d'utiliser à pas grand chose les mêmes outils sur toute la France et c'est ici qu'intervient notre problème et je vais encore me répéter. On a dénoncé le partenariat à juste titre entre Microsoft et l'éducation nationale, car une grosse société américaine n'est pas un mécène c'est une société qui doit gagner de l'argent, rien n'est gratuit, c'est exactement le même problème des enseignants qui utilisent facebook ou les profs super fier de faire des classes twitter. Comme personne n'y comprend rien, on pense que parce que c'est gratuit, c'est tendance, alors c'est formidable, quand pour la bouffe tout le monde serait scandalisé. Il y a une véritable éducation à l'informatique à faire, et ce n'est certainement pas en utilisant le mot "interopérabilité" qui doit faire un carton au scrabble qu'on arrivera à faire évoluer les mentalités quant au fait que derrière tout ça il y a quand même des enjeux, des engagements qu'on prend pour les autres et pas seulement pour soi. Dénoncer c'est bien, proposer c'est mieux. 

Si on voulait pousser le parallèle avec le produit du terroir, faire travailler les informaticiens du coin serait extraordinaire mais à condition d'avoir posé un cahier des charges à l'échelle nationale pour que la solution soit uniforme et libre bien évidemment. Car, en fait ce qui manque là dedans, ce ne sont pas les prestataires, je peux même vous en donner quelques uns dans la région de Lyon, ce ne sont pas les logiciels, on pourrait faire le choix de Nextcloud, Libreoffice, Debian, c'est un cahier des charges, une façon de procéder qui devrait être établie et applicable par n'importe quel prestataire et surtout écrit par l'état

La souveraineté de l'état, pas la première fois que vous me voyez la faire, mais pourtant c'est parfaitement applicable dans le cas présent. Pour que l'école puisse être indépendante des prestataires divers et variés, le libre est bien évidemment la solution, pas un libre désorganisé et fait n'importe comment, mais un libre décidé, posé en amont, y compris pour les périodes de mises à jour. C'est à l'état de le faire, c'est à des décisionnaires informatiques fonctionnaires et indépendants de le faire, des gars super qualifiés qui doivent donner la marche à suivre.

Si ce message, qui est pourtant celui du bon sens, on n'accepterait pas que ce soit les sociétés de tabac qui fassent les manuels de biologie, que les sociétés pétrolières fassent les manuels de physique car cela paraît évident, l'informatique reste encore le domaine où on a réellement la sensation que les gens ne comprennent que dalle. Les procès, les dénonciations, il faut bien les faire mais le mal est bien plus profond, la prise de conscience ne se fera qu'après une catastrophe, les comptes dropbox piratés le mois dernier ce n'est pas assez, tant que ça n'arrive qu'aux autres, on n'est pas interpellé ou trop peu. 

En bonus et pas si éloigné de la thématique, adblock devient une régie publicitaire. Adblock est une entreprise, elle n'est pas le chevalier blanc qui dresse son bouclier rouge contre la publicité, c'est une société qui veut gagner de l'argent. Avec un modèle économique qui jusqu'à maintenant ressemblait à celui du gros chèque pour laisser passer certaines pubs, on migre gentiment vers le juge et partie, le gros chèque et la régie pub. Quand il s'agit des enfants d'une nation, il n'est pas possible d'utiliser des solutions qui ne sont pas neutres et dont les propriétaires visent l'enrichissement à tout prix.