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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Comprendre

samedi 24 septembre 2016 à 18:00

A l'heure actuelle la tendance sur le blog est particulièrement pédagogique et ce n'est pas fini. Avec la refonte du DNB, la rentrée bien évidemment, la responsabilité de prof principal, l'informatique passe loin derrière, je me trouve quelques occupations bien sûr, comme la refonte complète du site du lycée. Je viens de me mettre dans les tripes du thème colormag free, c'est pas mal. Wordpress c'est vraiment puissant, c'est indéniable, néanmoins on réalise que tout est business ou presque. Le thème Colormag dans sa version gratuite fait partie des rares thèmes qui permettent de faire beaucoup de choses, où l'assistance ne fait pas de distinction entre le thème gratuit et forcément le payant qui va derrière. Le but, vendre le plugin pro qui fait plus, vendre le thème premium qui fait plus, vraie réussite du logiciel libre, tellement réussi que la gratuité n'existe plus ou si peu, mais c'est une autre histoire. 

Et puis il y a les pannes traditionnelles, genre le café renversé sur le PC. Malgré le nettoyage, le mal est fait, ça fait court circuit sur la machine, comme vous pouvez le constater ci-dessous, j'ai fait sauter le clavier, démarré la machine sans problème et j'ai réalisé la mise à jour vers la version anniversaire. Nombreux étaient les collègues à pester, ils se sont retrouvés avec une mise à jour lancée au mauvais moment, et je dirai que je ne blâme pas Windows. Vous avez des gens qui veulent du tout facile, ne penser surtout à rien, et de l'autre côté vous avez quelqu'un qui va livrer sa nouvelle version de système avec son lot d'amélioration, de correctifs, etc ... Si Microsoft à un moment ne force pas la mise à jour, l'utilisateur ne la fera jamais, et malheureusement il n'est pas anormal d'avoir une mise à jour quand on allume l'ordinateur, et si on allume l'ordinateur c'est pour s'en servir. La mise à jour anniversaire nous pousse un peu vers la nostalgie de Windows 8, l'interface commence à ressembler à nouveau à une tablette, pas formidable. Si vous faites attention à l'écran vous noterez que je suis en train de faire la procédure de nettoyage, un lecteur a donné la procédure en détail, le backlink est gratuit. 

Grazoth m'a demandé dans les commentaires comment j'avais la patience d'expliquer quelque chose que j'avais déjà expliqué quinze fois, qui est noté de façon super claire. En fait ça ne tient pas à grand chose : le caractère, le métier et la curiosité. On sait que tout m'énerve mais j'ai la patience d'expliquer, d'expliquer encore. Je crois d'ailleurs que si on n'en est pas capable, il vaut mieux envisager de faire un autre boulot, encore plus avec mon public qui est demandeur. J'ai une masse d'élève qui est en échec scolaire, qui a connu l'échec scolaire, dans 95% des cas, ils ont besoin d'entendre à nouveau l'explication pour eux, si je ne le faisais pas, ce serait comme refuser mon aide, ce n'est pas le genre de la maison. 

Et puis il y a indéniablement la curiosité. Dans mon métier on essaie des trucs. A une époque le genre de fiche que j'ai montrée dans le billet, je ne l'aurais pas faite, j'aurai fait construire intégralement le tableau en classe. Je me suis dit qu'avec des tableaux déjà réalisés, les rappels qui vont bien, la majorité des élèves devrait pouvoir retrouver ses billes, ça n'a pas été le cas, il faudra que j'essaie autre chose l'an prochain. Cette année j'enseigne en première BAC PRO, j'ai très souvent enseigné dans cette classe, et la dernière fois ce fut mémorable, une classe où personne ne voulait enseigner avec des gamins que je suivais depuis la quatrième et qui étaient il faut le reconnaître particulièrement difficile. J'ai deux classes de 27 ou 28 élèves dans une salle minuscule où je peine à circuler dans les rangs, les filles font souvent leur effort pour me laisser passer quand je leur dis que mon régime minceur au Nutella ne m'aide pas. J'ai énormément de plaisir à enseigner, on est réellement dans ce qu'on peut attendre d'élèves qui ont de 15 à 19 ans pour la plus âgée, autonomie dans la prise de cours, participation, sérieux. Le niveau quant à lui est très hétérogène, des élèves issus de seconde professionnelle, de seconde générale mais aussi de CAP, j'explique, je réexplique en boucle, comme toujours. 

Le BAC PRO de maths pour l'avoir souvent corrigé est une catastrophe qui tourne entre 5 et 7 de moyenne, alors que ce n'est pas bien difficile. Un élève qui sait tracer une courbe, faire le tableau de variations, faire quelques probabilités est à même de s'en sortir sans trop de problèmes pour accrocher la moyenne. L'utilisation de la calculatrice est fondamentale pour obtenir le tableau de valeur et pouvoir tracer la courbe, j'ai donc fourni le document suivant : 

Comme d'habitude, ça vaut ce que ça vaut, c'est discutable mais il se trouve que c'est concis, et que si on suit ben ça marche. Dans mon premier groupe de 27 élèves, je pense avoir expliqué pas moins de 15 fois comment utiliser la machine en rappelant la suprématie de la génération Y dans les nouvelles technologies. Je ne mets absolument pas en cause la bonne volonté de mes élèves, je suis passé dans les rangs en disant vous exagérez quand même c'est noté, mais le problème est ailleurs, ma fiche ne sert à rien car ils ne sont plus capables d'apprendre de cette façon, lire c'est pourri. 

Je fais un détour et je reviens, je veux appuyer sur lire c'est pourri. Main innocente mon fils doit lire un bout du horla pour lundi, et dans ma grande tradition pédagogique, il sait que la seule unique question que je vais lui poser c'est : "de quoi ça parle". Avec de quoi ça parle vous savez immédiatement si votre gamin est un gros honteux ou non, il est forcé de réexpliquer avec ses mots ce qu'il a compris, ça permet donc de pointer rapidement du doigt les efforts qui ont été faits. Il me raconte donc cette histoire d'un gars qui est persuadé qu'il y a des démons qui mangent sa nourriture pendant qu'il dort, il me fait une narration presque passionnante et avec sa mère on le regarde en lui disant : et tu n'as pas lu la suite ? Ben non, on lui a demandé de lire jusqu'à tel numéro de page, il s'arrête là. Il est capable de regarder jusqu'au bout des merdes innommables à la télé ou sur youtube, plusieurs fois, en boucle, mais lire jusqu'à la fin c'est un travail. En fait, je suis sûr que si je lui mets le horla en vidéo, il va le regarder.

Le problème de l'école pour un enseignant c'est que tu essaies un truc une fois l'an et que si c'est raté tu dois attendre un an de plus, c'est mon cas ici. Je vous garantis que l'an prochain je vous fais une vidéo avec main innocente, le truc bien dégueulasse où on me voit appuyer sur les touches de la machine, je demande à tous les gosses de sortir leur smartphone et leurs écouteurs et à leur vitesse à l'aide de la vidéo de maîtriser le truc. Je suis persuadé que ça passera comme une lettre à la poste car en fait, les gosses ont compris quand je fais les gestes, pas quand il faut les lire parce que c'est tout pourri. 

Mon billet s'appelle comprendre car c'est ici toute la subtilité de mon métier et c'est tout ce qui dépasse ceux qui ne le pratiquent pas au quotidien. Un ministre ne peut pas comprendre comment on a glissé d'une génération qui écrivait à une génération qui filme, il faut avoir des gosses dans son entourage, au quotidien pour comprendre ce qui se passe. Certains collègues bien sûr ne veulent pas comprendre et d'autres ne peuvent pas comprendre. Quand on a une pièce de théâtre à lire, on ne peut malheureusement pas tout remplacer par la pièce avec Galabru. Et c'est ici le fond du problème. Il ne s'agit pas de faire des mesures pénibles, sans réelle conséquence à part agacer les profs et les user un peu plus, il faut se pencher sur les gosses d'aujourd'hui pour comprendre que les schémas que nous appliquons depuis 50 ans ne sont plus adaptés et qu'il faut une véritable mesure de fond au point de sacrifier certaines choses. N'allez pas me faire dire qu'on devrait arrêter de faire lire et écrire les élèves, mais on devrait sérieusement s'interroger sur les cours de communication, d'expression orale et sur les techniques de montage vidéo car il n'est pas dit que dans 30 ans, on ne soit plus qu'une poignée de vieux blogueurs à se marave, une génération encore capable de lire et d'écrire, un truc qu'on aura oublié depuis pas mal de temps. 

Comprendre

samedi 24 septembre 2016 à 18:00

A l'heure actuelle la tendance sur le blog est particulièrement pédagogique et ce n'est pas fini. Avec la refonte du DNB, la rentrée bien évidemment, la responsabilité de prof principal, l'informatique passe loin derrière, je me trouve quelques occupations bien sûr, comme la refonte complète du site du lycée. Je viens de me mettre dans les tripes du thème colormag free, c'est pas mal. Wordpress c'est vraiment puissant, c'est indéniable, néanmoins on réalise que tout est business ou presque. Le thème Colormag dans sa version gratuite fait partie des rares thèmes qui permettent de faire beaucoup de choses, où l'assistance ne fait pas de distinction entre le thème gratuit et forcément le payant qui va derrière. Le but, vendre le plugin pro qui fait plus, vendre le thème premium qui fait plus, vraie réussite du logiciel libre, tellement réussi que la gratuité n'existe plus ou si peu, mais c'est une autre histoire. 

Et puis il y a les pannes traditionnelles, genre le café renversé sur le PC. Malgré le nettoyage, le mal est fait, ça fait court circuit sur la machine, comme vous pouvez le constater ci-dessous, j'ai fait sauter le clavier, démarré la machine sans problème et j'ai réalisé la mise à jour vers la version anniversaire. Nombreux étaient les collègues à pester, ils se sont retrouvés avec une mise à jour lancée au mauvais moment, et je dirai que je ne blâme pas Windows. Vous avez des gens qui veulent du tout facile, ne penser surtout à rien, et de l'autre côté vous avez quelqu'un qui va livrer sa nouvelle version de système avec son lot d'amélioration, de correctifs, etc ... Si Microsoft à un moment ne force pas la mise à jour, l'utilisateur ne la fera jamais, et malheureusement il n'est pas anormal d'avoir une mise à jour quand on allume l'ordinateur, et si on allume l'ordinateur c'est pour s'en servir. La mise à jour anniversaire nous pousse un peu vers la nostalgie de Windows 8, l'interface commence à ressembler à nouveau à une tablette, pas formidable. Si vous faites attention à l'écran vous noterez que je suis en train de faire la procédure de nettoyage, un lecteur a donné la procédure en détail, le backlink est gratuit. 

Grazoth m'a demandé dans les commentaires comment j'avais la patience d'expliquer quelque chose que j'avais déjà expliqué quinze fois, qui est noté de façon super claire. En fait ça ne tient pas à grand chose : le caractère, le métier et la curiosité. On sait que tout m'énerve mais j'ai la patience d'expliquer, d'expliquer encore. Je crois d'ailleurs que si on n'en est pas capable, il vaut mieux envisager de faire un autre boulot, encore plus avec mon public qui est demandeur. J'ai une masse d'élève qui est en échec scolaire, qui a connu l'échec scolaire, dans 95% des cas, ils ont besoin d'entendre à nouveau l'explication pour eux, si je ne le faisais pas, ce serait comme refuser mon aide, ce n'est pas le genre de la maison. 

Et puis il y a indéniablement la curiosité. Dans mon métier on essaie des trucs. A une époque le genre de fiche que j'ai montrée dans le billet, je ne l'aurais pas faite, j'aurai fait construire intégralement le tableau en classe. Je me suis dit qu'avec des tableaux déjà réalisés, les rappels qui vont bien, la majorité des élèves devrait pouvoir retrouver ses billes, ça n'a pas été le cas, il faudra que j'essaie autre chose l'an prochain. Cette année j'enseigne en première BAC PRO, j'ai très souvent enseigné dans cette classe, et la dernière fois ce fut mémorable, une classe où personne ne voulait enseigner avec des gamins que je suivais depuis la quatrième et qui étaient il faut le reconnaître particulièrement difficile. J'ai deux classes de 27 ou 28 élèves dans une salle minuscule où je peine à circuler dans les rangs, les filles font souvent leur effort pour me laisser passer quand je leur dis que mon régime minceur au Nutella ne m'aide pas. J'ai énormément de plaisir à enseigner, on est réellement dans ce qu'on peut attendre d'élèves qui ont de 15 à 19 ans pour la plus âgée, autonomie dans la prise de cours, participation, sérieux. Le niveau quant à lui est très hétérogène, des élèves issus de seconde professionnelle, de seconde générale mais aussi de CAP, j'explique, je réexplique en boucle, comme toujours. 

Le BAC PRO de maths pour l'avoir souvent corrigé est une catastrophe qui tourne entre 5 et 7 de moyenne, alors que ce n'est pas bien difficile. Un élève qui sait tracer une courbe, faire le tableau de variations, faire quelques probabilités est à même de s'en sortir sans trop de problèmes pour accrocher la moyenne. L'utilisation de la calculatrice est fondamentale pour obtenir le tableau de valeur et pouvoir tracer la courbe, j'ai donc fourni le document suivant : 

Comme d'habitude, ça vaut ce que ça vaut, c'est discutable mais il se trouve que c'est concis, et que si on suit ben ça marche. Dans mon premier groupe de 27 élèves, je pense avoir expliqué pas moins de 15 fois comment utiliser la machine en rappelant la suprématie de la génération Y dans les nouvelles technologies. Je ne mets absolument pas en cause la bonne volonté de mes élèves, je suis passé dans les rangs en disant vous exagérez quand même c'est noté, mais le problème est ailleurs, ma fiche ne sert à rien car ils ne sont plus capables d'apprendre de cette façon, lire c'est pourri. 

Je fais un détour et je reviens, je veux appuyer sur lire c'est pourri. Main innocente mon fils doit lire un bout du horla pour lundi, et dans ma grande tradition pédagogique, il sait que la seule unique question que je vais lui poser c'est : "de quoi ça parle". Avec de quoi ça parle vous savez immédiatement si votre gamin est un gros honteux ou non, il est forcé de réexpliquer avec ses mots ce qu'il a compris, ça permet donc de pointer rapidement du doigt les efforts qui ont été faits. Il me raconte donc cette histoire d'un gars qui est persuadé qu'il y a des démons qui mangent sa nourriture pendant qu'il dort, il me fait une narration presque passionnante et avec sa mère on le regarde en lui disant : et tu n'as pas lu la suite ? Ben non, on lui a demandé de lire jusqu'à tel numéro de page, il s'arrête là. Il est capable de regarder jusqu'au bout des merdes innommables à la télé ou sur youtube, plusieurs fois, en boucle, mais lire jusqu'à la fin c'est un travail. En fait, je suis sûr que si je lui mets le horla en vidéo, il va le regarder.

Le problème de l'école pour un enseignant c'est que tu essaies un truc une fois l'an et que si c'est raté tu dois attendre un an de plus, c'est mon cas ici. Je vous garantis que l'an prochain je vous fais une vidéo avec main innocente, le truc bien dégueulasse où on me voit appuyer sur les touches de la machine, je demande à tous les gosses de sortir leur smartphone et leurs écouteurs et à leur vitesse à l'aide de la vidéo de maîtriser le truc. Je suis persuadé que ça passera comme une lettre à la poste car en fait, les gosses ont compris quand je fais les gestes, pas quand il faut les lire parce que c'est tout pourri. 

Mon billet s'appelle comprendre car c'est ici toute la subtilité de mon métier et c'est tout ce qui dépasse ceux qui ne le pratiquent pas au quotidien. Un ministre ne peut pas comprendre comment on a glissé d'une génération qui écrivait à une génération qui filme, il faut avoir des gosses dans son entourage, au quotidien pour comprendre ce qui se passe. Certains collègues bien sûr ne veulent pas comprendre et d'autres ne peuvent pas comprendre. Quand on a une pièce de théâtre à lire, on ne peut malheureusement pas tout remplacer par la pièce avec Galabru. Et c'est ici le fond du problème. Il ne s'agit pas de faire des mesures pénibles, sans réelle conséquence à part agacer les profs et les user un peu plus, il faut se pencher sur les gosses d'aujourd'hui pour comprendre que les schémas que nous appliquons depuis 50 ans ne sont plus adaptés et qu'il faut une véritable mesure de fond au point de sacrifier certaines choses. N'allez pas me faire dire qu'on devrait arrêter de faire lire et écrire les élèves, mais on devrait sérieusement s'interroger sur les cours de communication, d'expression orale et sur les techniques de montage vidéo car il n'est pas dit que dans 30 ans, on ne soit plus qu'une poignée de vieux blogueurs à se marave, une génération encore capable de lire et d'écrire, un truc qu'on aura oublié depuis pas mal de temps. 

DNB dans l'agricole, pourquoi c'est la grosse foire

vendredi 23 septembre 2016 à 19:30

Ce soir j'ai décidé de vous expliquer pourquoi le Diplôme National du Brevet des collèges c'est encore plus la foire que la foire de l'éducation nationale, voici le schéma : 

Je commence. Comme vous n'êtes pas sans le savoir nous étions dans l'urgence de réformer le système scolaire, et par conséquent le diplôme national du brevet des collèges, mais on va le laisser de côté pour revenir à une grosse réforme, une réforme de fond. Aujourd'hui un gosse entre en CP il se retrouve avec un Livret Scolaire Unique Numérique qui va le suivre du CP donc à la 3ème. Ce livret référence des compétences et il est possible de le suivre en ligne, en tout cas de façon théorique. Pour moi c'est une excellente idée, c'est le même principe que le RIB invariant dans les banques. Vous êtes dans une agence de la BNP vous déménagez, vous n'avez théoriquement pas de problème pour que votre compte vous suive car le numéro est unique. Si en outre vous êtes au crédit agricole, ce n'est peut être plus le cas aujourd'hui, si vous changez de région c'est comme si vous changiez de banque. Cette uniformisation est donc une bonne chose, à l'heure de la mobilité, elle met quelque chose en commun dans toutes les écoles de France sans pour autant intervenir dans la manière d'enseigner. Ces compétences ne sont pas données par les enseignants, elles sont issues d'un référentiel, d'un programme. 

Vous avez globalement compris le truc, des compétences à avoir, des compétences qui suivent l'élève, des compétences visibles au travers d'un truc qui s'appelle le LSU. Seulement il faut comprendre que l'état ne vient pas de mettre à disposition un logiciel de notes, enfin de compétences, gratuitement, on va pas couler des boîtes qui fabriquent pronotes par exemple, il est donc nécessaire de faire une passerelle entre le LSU et les outils actuellement utilisés. Les élèves, les profs existent dans une grande base qui s'appelle SIECLE, c'est un outil à tout faire dans lequel vous avez les coordonnées, les notes des élèves etc ... 

Et c'est là où ça pose problème, les établissement agricoles, leurs élèves, les profs ne figurent pas dans SIECLE quand toute la procédure du LSU s'appuie sur SIECLE. 

Alors oui effectivement, on dira que l'agricole on gave, qu'on représente une faible proportion des élèves, et qu'on ne pas penser à tout, ce que je peux tout à fait comprendre. Néanmoins, on existe, avec un certain talent d'ailleurs en proposant un enseignement alternatif, avec souvent des enseignants qui ont connu autre chose et qui font souvent autre chose à côté, et je pense que c'est bien qu'on existe. Le problème est donc toujours le même, faire dans l'urgence, car là je crois que c'est évident c'est sans aucun doute cette réforme qui va tout changer, l'urgence fait faire n'importe quoi. 

A l'heure actuelle on nous dit que c'est urgent d'attendre, la problématique c'est qu'à la fin d'année il faudra bien que le fameux Livret de Compétences soit rempli et je reviens dans les explications. On a donc notre gosse qui fait son parcours du CP à la troisième et qui valide des compétences. Si on a tout compris et ce n'est pas une certitude, en fin de troisième, une partie des compétences du LSU serait utilisée pour calculer les notes du contrôle continu du DNB. Malheureusement et c'est pour cela que je fais la distinction entre la zone de certitude et vers l'infini et au delà, rien ne nous garantit que ce sera automatique et qu'il ne faudra pas valider d'autres compétences. 

Moralités : 

Au moment où je vous écris ces lignes, je vous décris ce qui est devenu le plus difficile dans notre métier, cette bureaucratie épouvantable. Notre métier ça devrait principalement être autre chose, de l'enseignement, s'occuper des gamins, trouver des trucs sympas à faire avec eux, se concentrer sur l'essentiel. Les années passent et cet à côté devient de plus en plus oppressant, bloquant pour le métier faisant de nous des administratifs ce qui se rajoute à notre casquette d'assistante sociale, ou d'éducateur spécialisé. Car il faut bien réaliser que le temps passé à comprendre, déchiffrer, faire dans l'urgence, c'est un temps qui n'est pas consacré à autre chose, faire notre job par exemple. 

DNB dans l'agricole, pourquoi c'est la grosse foire

vendredi 23 septembre 2016 à 19:30

Ce soir j'ai décidé de vous expliquer pourquoi le Diplôme National du Brevet des collèges c'est encore plus la foire que la foire de l'éducation nationale, voici le schéma : 

Je commence. Comme vous n'êtes pas sans le savoir nous étions dans l'urgence de réformer le système scolaire, et par conséquent le diplôme national du brevet des collèges, mais on va le laisser de côté pour revenir à une grosse réforme, une réforme de fond. Aujourd'hui un gosse entre en CP il se retrouve avec un Livret Scolaire Unique Numérique qui va le suivre du CP donc à la 3ème. Ce livret référence des compétences et il est possible de le suivre en ligne, en tout cas de façon théorique. Pour moi c'est une excellente idée, c'est le même principe que le RIB invariant dans les banques. Vous êtes dans une agence de la BNP vous déménagez, vous n'avez théoriquement pas de problème pour que votre compte vous suive car le numéro est unique. Si en outre vous êtes au crédit agricole, ce n'est peut être plus le cas aujourd'hui, si vous changez de région c'est comme si vous changiez de banque. Cette uniformisation est donc une bonne chose, à l'heure de la mobilité, elle met quelque chose en commun dans toutes les écoles de France sans pour autant intervenir dans la manière d'enseigner. Ces compétences ne sont pas données par les enseignants, elles sont issues d'un référentiel, d'un programme. 

Vous avez globalement compris le truc, des compétences à avoir, des compétences qui suivent l'élève, des compétences visibles au travers d'un truc qui s'appelle le LSU. Seulement il faut comprendre que l'état ne vient pas de mettre à disposition un logiciel de notes, enfin de compétences, gratuitement, on va pas couler des boîtes qui fabriquent pronotes par exemple, il est donc nécessaire de faire une passerelle entre le LSU et les outils actuellement utilisés. Les élèves, les profs existent dans une grande base qui s'appelle SIECLE, c'est un outil à tout faire dans lequel vous avez les coordonnées, les notes des élèves etc ... 

Et c'est là où ça pose problème, les établissement agricoles, leurs élèves, les profs ne figurent pas dans SIECLE quand toute la procédure du LSU s'appuie sur SIECLE. 

Alors oui effectivement, on dira que l'agricole on gave, qu'on représente une faible proportion des élèves, et qu'on ne pas penser à tout, ce que je peux tout à fait comprendre. Néanmoins, on existe, avec un certain talent d'ailleurs en proposant un enseignement alternatif, avec souvent des enseignants qui ont connu autre chose et qui font souvent autre chose à côté, et je pense que c'est bien qu'on existe. Le problème est donc toujours le même, faire dans l'urgence, car là je crois que c'est évident c'est sans aucun doute cette réforme qui va tout changer, l'urgence fait faire n'importe quoi. 

A l'heure actuelle on nous dit que c'est urgent d'attendre, la problématique c'est qu'à la fin d'année il faudra bien que le fameux Livret de Compétences soit rempli et je reviens dans les explications. On a donc notre gosse qui fait son parcours du CP à la troisième et qui valide des compétences. Si on a tout compris et ce n'est pas une certitude, en fin de troisième, une partie des compétences du LSU serait utilisée pour calculer les notes du contrôle continu du DNB. Malheureusement et c'est pour cela que je fais la distinction entre la zone de certitude et vers l'infini et au delà, rien ne nous garantit que ce sera automatique et qu'il ne faudra pas valider d'autres compétences. 

Moralités : 

Au moment où je vous écris ces lignes, je vous décris ce qui est devenu le plus difficile dans notre métier, cette bureaucratie épouvantable. Notre métier ça devrait principalement être autre chose, de l'enseignement, s'occuper des gamins, trouver des trucs sympas à faire avec eux, se concentrer sur l'essentiel. Les années passent et cet à côté devient de plus en plus oppressant, bloquant pour le métier faisant de nous des administratifs ce qui se rajoute à notre casquette d'assistante sociale, ou d'éducateur spécialisé. Car il faut bien réaliser que le temps passé à comprendre, déchiffrer, faire dans l'urgence, c'est un temps qui n'est pas consacré à autre chose, faire notre job par exemple. 

L'histoire sans fin

jeudi 22 septembre 2016 à 08:00

C'est l'histoire d'une youtubeuse qui se voit proposer l'interview du président de l'union européenne, vous l'avez forcément vu cette semaine mais c'est pas grave, on va la refaire quand même. L'exercice est simple, on prend quelqu'un qui a une petite célébrité, qui certainement ne comprend pas grand chose à la politique, et on la place dans une position où elle sera totalement inoffensive. Seulement, et comme souvent parce que l'histoire a déjà été écrite, on essaie de manipuler la personne pour qu'elle pose des questions préparées à l'avance, mais comme l'histoire est déjà écrite, la youtubeuse sort quand même ses propres questions et filme la tentative d'influence de Google, diffuse la vidéo. Bien sûr, c'est pas bien et Google fait ce qu'il faut faire, car l'histoire est déjà écrite, ne pouvant pas fermer son compte, lui couper les vivres, on lui propose 25.000 euros ou dollars, c'est sans importance, et de devenir ambassadrice de la marque. Même M6 avait fait un reportage là dessus, c'est dire qu'on est quand même super loin de la réflexion de fond, vous prenez un rebelle, vous lui grattez le dos, vous en faites votre allié, ça passe tout seul. Mais comme vous le savez c'est écrit, la fille va refuser l'offre et ainsi devenir la princesse de l'internet et tout le monde dira bravo. 

Alors forcément on se dit que tout est bien qui finit bien, que la justice a été rendue, que les youtubeurs ont gagné mais en fait absolument pas, c'est l'histoire de Laurent Ruquier et des chroniqueurs qui se répètent. Ca fait 20 ans que je vois Laurent Ruquier à la télé, dans 20 ans je lui souhaite d'y être encore, il en aura passé des chroniqueurs. C'est presque un théorème, les chroniqueurs passent, Laurent Ruquier reste. Le vainqueur pour le coup ce n'est pas Google, mais ce n'est en aucun cas la youtubeuse et par extension les youtubeurs, tout simplement parce que la youtubeuse continue de faire ses vidéos sur youtube, aucun youtubeur n'a brûlé son compte en diffusant la vidéo sur Dailymotion. Mais seulement quelles perspectives ? 

Notre youtubeuse tellement pétrie de bonnes intentions, chevalier blanc en armure aime quand même se faire frotter le dos, et si elle a refusé le chèque et les voyages c'est qu'il y a nécessairement un calcul derrière, le calcul d'avoir quelque chose de plus bankable, plus de vues, plus de propositions, quelque chose du genre car elle est dans le calcul. Et oui les enfants, car s'il n'y avait pas de calcul qu'est ce qu'il aurait fallu qu'elle fasse pour changer enfin l'histoire ? Fermer son compte et aller vers une plateforme qui offrirait une meilleure éthique ! C'est bien Marcel, tu as bien répondu. 

Seulement notre souci c'est qu'à l'heure actuelle, si tu veux faire de la vidéo, youtube est quand même the place to be. Dailymotion c'est une vaste plaisanterie, Facebook ce n'est certainement pas clair dans la tête des gens. Et c'est bien dans le geste de ne pas fermer son compte qu'on comprend que le grand gagnant de l'histoire c'est Google. Et même si la jeune femme avait fermé son compte, Google aurait quand même gagné la partie et elle l'aurait totalement perdue. Des youtubeurs, on tape dans un arbre il en tombe 50.000, si elle avait fermé son compte pour faire autre chose ailleurs, elle serait tombée dans l'oubli, au moins elle continue "d'exister".

On est exactement dans le grand problème de fond du logiciel libre, faire des choix. Je fais le choix de m'héberger par moi-même, je fais le choix de ne pas être sur les réseaux sociaux, je fais le choix de pluxml, je ne fais aucun choix qui facilite réellement la visibilité de mon message car j'estime que mon message doit être en cohérence avec la façon dont je l'exprime. Comme j'aime à le rappeler, il est difficile d'arroser tout le monde sur le logiciel libre sur certaines valeurs et d'inviter les gens à suivre sur la page facebook même si dans mon cas ce serait hypocrite, je n'utilise pas ses outils car ils ne m'intéressent pas. En dénonçant Google mais en continuant à l'utiliser, la seule chose qu'aura démontré la youtubeuse c'est sa servitude. 

La suite de l'histoire je peux vous la donner, les youtubeurs qui ont la vague sensation de faire croire qu'ils ont gagné la bataille, ont en fait abandonné la guerre, une guerre que de toute façon tout le monde a perdu. Je ne ferai l'offense à personne de parler d'auto hébergement de ses propres contenus vidéos, car à l'heure actuelle c'est tout bonnement impossible si on envisage d'avoir un certain nombre de vues il est obligatoire de passer par la cause hébergement professionnel ou propriétaire. Demain, avec la fibre optique, l'augmentation des débits ce sera certainement possible, pour l'heure, pour qui veut faire de la vidéo, c'est un choix à faire, j'ai fait le choix de dailymotion que je trouve moins pire que youtube, dans l'attente d'autre chose.