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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Génération Z ... suite

samedi 1 octobre 2016 à 09:20

Il faut quand même donner une suite au billet d'hier et recontextualiser. Mes élèves sont des gamins sympas, plein de vie, qui vivent souvent des situations difficiles dans notre pays en crise à tous les niveaux, séparation des parents, chômage, familles recomposées, ma génération a grandi avec la crise mais pour la majorité nous avons connu la stabilité familiale qui aide quand même pas mal à se construire. Ce qui se passe, ce que je décris, ils en sont les victimes au même titre que les professeurs qui les accompagnent dans le quotidien qu'on essaie de façonner pour eux, car c'est ici le coeur du problème. 

Je décris les difficultés en terme de compétences informatiques pour les gamins, mais seulement quels sont les moyens réellement engagés pour en faire des kadors de l'informatique ? A mon niveau, 1 heure d'informatique par semaine en 4 ème et 3 ème de l'enseignement agricole, au collège traditionnel, la matière informatique n'existe même pas, elle s'appelle technologie, peu d'heures dans lesquelles on va partager son temps avec les objets du quotidien. Dans les écoles, un tableau numérique, youpi, quelques ordinateurs portables issus d'un plan quelconque mal entretenus, cinq ou six pour faire travailler des classes de 27 ou 28 gamins, et des priorités qui sont ramenées à l'enseignement du français de base et des mathématiques car les enfants ne sont plus capables de lire, d'écrire ou de compter. Il n'y a pas de place pour l'informatique dans les programmes ou disons qu'il y a un décalage entre les moyens, les compétences des enseignants et les aspirations qu'ont les dirigeants. Pour avoir mon niveau d'informatique, ce sont des milliers d'heures consacrées à un apprentissage permanent qui à 41 ans continue encore aujourd'hui. Tout passionné vous le dira, quel que soit le domaine, il faut apprendre encore et encore, évoluer, mais il est question ici de passion, ou de métier éventuellement, car au boulot c'est pareil. Le déballage financier qui est réalisé pour imaginer l'élève et l'enseignant maîtres de l'informatique est un leurre le plus complet, car c'est tout qu'il faut repenser. 

Je regardais cette vidéo qui m'a été communiquée dans les commentaires et le gars qui fait la présentation rappelle deux trois bricoles sur la génération Y et Z, merci pour ceux qui m'ont fait corriger l'erreur. Il dit que lui n'a pas connu le communisme par exemple, que les Z ont grandi avec la menace terroriste, il rappelle surtout qu'à un moment donné les Y ou les Z seront ceux qui seront aux commandes et c'est certainement ça qui nous échappe. J'ai déjà écrit que je vais commencer à youtuber une partie de mes cours, et j'ai raison car c'est désormais comme cela que fonctionnent les gosses. A l'heure actuelle le décalage entre l'école et les jeunes devient tellement important que si nous n'adaptons pas nos pratiques pédagogiques de façon radicale on va au drame. La sensation que j'ai, c'est d'essayer de mettre un fer à cheval à une roue de scooter. On essaie de forcer les gamins à adhérer un monde obsolète, dépassé, attention âmes sensibles détournez le regard. Mon gamin arrive du Verlaine à apprendre par coeur, une poésie. Verlaine ... Il ne comprend pas la moitié des mots, l'intérêt pour lui est totalement nul à part un effort de mémoire, quand la majorité des adultes sont avec un téléphone portable pour pense bête. On force des gamins à apprendre des choses qui leur seront totalement inutiles pour leur avenir, et on s'y accroche en essayant de trouver des manières détournées de leur apprendre ces mêmes choses, avec les ordinateurs par exemple alors que le problème de fond, plus que la manière c'est le contenu. Ce sont des recettes de cuisine qu'on devrait faire lire et apprendre, des textes sur l'alimentation, des textes qui expliquent le monde, et laisser les poètes maudits où ils sont, en se disant que des passionnés des mots finiront tôt ou tard par les déterrer tout comme encore on trouve des gens qui sont passionnés de musique classique alors qu'on est en 2016 ou des gamins de 15 ans qui viennent lire ce blog car ils aiment les mots et les profs de maths bedonnant et chauves. L'entrée de la programmation montre qu'on n'a pas tout compris, c'est croire qu'on va créer avec à peine quelques heures de cours des développeurs, quand il s'agit ici d'un métier, un job à plein temps. C'est la logique qu'il faut apprendre aux enfants, que ce soit dans l'assemblage d'un meuble ikea ou dans l'utilisation des smartphones.

Ce que je décris ici, c'est ce que des parents apprennent à leur gosse, et qu'on n'apprend pas dans les écoles. On parle des systèmes nordiques en oubliant que les activités manuelles, pratiques, sont parfaitement intégrées dans le système scolaire et qu'on se donne les moyens d'y arriver, et pas avec des bouts de ficelle car on préfère mieux en France payer des tablettes déjà dépassées plutôt que des marteaux. 

La génération Z ne fonctionne pas comme nous, et on ne pliera pas les acteurs de demain, il faut comprendre comment ils fonctionnent. Lire c'est fini, on avait pu lire des spécialistes de facebook qui disaient que d'ici 10 ans, l'écrit ce serait fini sur facebook, c'est vers ces gens là qu'il faut se tourner pour imaginer le jeune de demain et anticiper sur ce que ce sera le monde de demain. Il faut mettre le smartphone au milieu des enseignements et tenir compte de la problématique de la communication entre les élèves, une communication qu'on cherche d'un côté pour un travail collaboratif mais qu'on ne veut pas trop pour une évaluation qu'on veut encore bien individuelle. 

L'enseignement de demain sera synonyme de sacrifice, d'évolution, de changements radicaux si on tient à ce que nos élèves réussissent. A l'heure actuelle, nier le fonctionnement des gosses d'aujourd'hui c'est refuser l'avenir qu'ils détiennent et qu'ils nous feront vivre. 

Une simple remarque. On pourrait considérer mon discours comme démagogique, à savoir que se soumettre à la volonté de la jeunesse c'est l'ouverture à tous les travers. Je vous invite à relire l'introduction, les gamins d'aujourd'hui malgré des vies certainement bien plus complexes que la majorité d'entre nous a pu vivre restent des gamins qui sont plutôt gentils, qui ne sont pas moins travailleurs pour ce qui les intéressent, si les contenus et les pratiques doivent évoluer, les valeurs travail, honnêteté, solidarité, fraternité, et j'en passe doivent rester car elles restent des fondements en toute époque. 

Génération Z, ils auront tous les pouvoirs

Génération Z ... suite

samedi 1 octobre 2016 à 09:20

Il faut quand même donner une suite au billet d'hier et recontextualiser. Mes élèves sont des gamins sympas, plein de vie, qui vivent souvent des situations difficiles dans notre pays en crise à tous les niveaux, séparation des parents, chômage, familles recomposées, ma génération a grandi avec la crise mais pour la majorité nous avons connu la stabilité familiale qui aide quand même pas mal à se construire. Ce qui se passe, ce que je décris, ils en sont les victimes au même titre que les professeurs qui les accompagnent dans le quotidien qu'on essaie de façonner pour eux, car c'est ici le coeur du problème. 

Je décris les difficultés en terme de compétences informatiques pour les gamins, mais seulement quels sont les moyens réellement engagés pour en faire des kadors de l'informatique ? A mon niveau, 1 heure d'informatique par semaine en 4 ème et 3 ème de l'enseignement agricole, au collège traditionnel, la matière informatique n'existe même pas, elle s'appelle technologie, peu d'heures dans lesquelles on va partager son temps avec les objets du quotidien. Dans les écoles, un tableau numérique, youpi, quelques ordinateurs portables issus d'un plan quelconque mal entretenus, cinq ou six pour faire travailler des classes de 27 ou 28 gamins, et des priorités qui sont ramenées à l'enseignement du français de base et des mathématiques car les enfants ne sont plus capables de lire, d'écrire ou de compter. Il n'y a pas de place pour l'informatique dans les programmes ou disons qu'il y a un décalage entre les moyens, les compétences des enseignants et les aspirations qu'ont les dirigeants. Pour avoir mon niveau d'informatique, ce sont des milliers d'heures consacrées à un apprentissage permanent qui à 41 ans continue encore aujourd'hui. Tout passionné vous le dira, quel que soit le domaine, il faut apprendre encore et encore, évoluer, mais il est question ici de passion, ou de métier éventuellement, car au boulot c'est pareil. Le déballage financier qui est réalisé pour imaginer l'élève et l'enseignant maîtres de l'informatique est un leurre le plus complet, car c'est tout qu'il faut repenser. 

Je regardais cette vidéo qui m'a été communiquée dans les commentaires et le gars qui fait la présentation rappelle deux trois bricoles sur la génération Y et Z, merci pour ceux qui m'ont fait corriger l'erreur. Il dit que lui n'a pas connu le communisme par exemple, que les Z ont grandi avec la menace terroriste, il rappelle surtout qu'à un moment donné les Y ou les Z seront ceux qui seront aux commandes et c'est certainement ça qui nous échappe. J'ai déjà écrit que je vais commencer à youtuber une partie de mes cours, et j'ai raison car c'est désormais comme cela que fonctionnent les gosses. A l'heure actuelle le décalage entre l'école et les jeunes devient tellement important que si nous n'adaptons pas nos pratiques pédagogiques de façon radicale on va au drame. La sensation que j'ai, c'est d'essayer de mettre un fer à cheval à une roue de scooter. On essaie de forcer les gamins à adhérer un monde obsolète, dépassé, attention âmes sensibles détournez le regard. Mon gamin arrive du Verlaine à apprendre par coeur, une poésie. Verlaine ... Il ne comprend pas la moitié des mots, l'intérêt pour lui est totalement nul à part un effort de mémoire, quand la majorité des adultes sont avec un téléphone portable pour pense bête. On force des gamins à apprendre des choses qui leur seront totalement inutiles pour leur avenir, et on s'y accroche en essayant de trouver des manières détournées de leur apprendre ces mêmes choses, avec les ordinateurs par exemple alors que le problème de fond, plus que la manière c'est le contenu. Ce sont des recettes de cuisine qu'on devrait faire lire et apprendre, des textes sur l'alimentation, des textes qui expliquent le monde, et laisser les poètes maudits où ils sont, en se disant que des passionnés des mots finiront tôt ou tard par les déterrer tout comme encore on trouve des gens qui sont passionnés de musique classique alors qu'on est en 2016 ou des gamins de 15 ans qui viennent lire ce blog car ils aiment les mots et les profs de maths bedonnant et chauves. L'entrée de la programmation montre qu'on n'a pas tout compris, c'est croire qu'on va créer avec à peine quelques heures de cours des développeurs, quand il s'agit ici d'un métier, un job à plein temps. C'est la logique qu'il faut apprendre aux enfants, que ce soit dans l'assemblage d'un meuble ikea ou dans l'utilisation des smartphones.

Ce que je décris ici, c'est ce que des parents apprennent à leur gosse, et qu'on n'apprend pas dans les écoles. On parle des systèmes nordiques en oubliant que les activités manuelles, pratiques, sont parfaitement intégrées dans le système scolaire et qu'on se donne les moyens d'y arriver, et pas avec des bouts de ficelle car on préfère mieux en France payer des tablettes déjà dépassées plutôt que des marteaux. 

La génération Z ne fonctionne pas comme nous, et on ne pliera pas les acteurs de demain, il faut comprendre comment ils fonctionnent. Lire c'est fini, on avait pu lire des spécialistes de facebook qui disaient que d'ici 10 ans, l'écrit ce serait fini sur facebook, c'est vers ces gens là qu'il faut se tourner pour imaginer le jeune de demain et anticiper sur ce que ce sera le monde de demain. Il faut mettre le smartphone au milieu des enseignements et tenir compte de la problématique de la communication entre les élèves, une communication qu'on cherche d'un côté pour un travail collaboratif mais qu'on ne veut pas trop pour une évaluation qu'on veut encore bien individuelle. 

L'enseignement de demain sera synonyme de sacrifice, d'évolution, de changements radicaux si on tient à ce que nos élèves réussissent. A l'heure actuelle, nier le fonctionnement des gosses d'aujourd'hui c'est refuser l'avenir qu'ils détiennent et qu'ils nous feront vivre. 

Une simple remarque. On pourrait considérer mon discours comme démagogique, à savoir que se soumettre à la volonté de la jeunesse c'est l'ouverture à tous les travers. Je vous invite à relire l'introduction, les gamins d'aujourd'hui malgré des vies certainement bien plus complexes que la majorité d'entre nous a pu vivre restent des gamins qui sont plutôt gentils, qui ne sont pas moins travailleurs pour ce qui les intéressent, si les contenus et les pratiques doivent évoluer, les valeurs travail, honnêteté, solidarité, fraternité, et j'en passe doivent rester car elles restent des fondements en toute époque. 

Génération Z, ils auront tous les pouvoirs

Génération Z...

vendredi 30 septembre 2016 à 08:00

Je vous avais expliqué que j'allais faire un peu de veille avec mes élèves, j'ai commencé et je dois ramasser le premier article demain 8 heures dernier délai. J'ai été correct au départ, j'ai demandé un article au choix de l'élève, j'ai même accepté une vidéo youtube puisqu'on me l'a demandé. Aucun thème imposé donc et on se retrouve avec des élèves qui se questionnent sur ce qu'ils doivent choisir, comprenez qu'ils ne sont intéressés par rien ou pas grand chose et qu'ils auraient été soulagés que j'impose quelque chose pour prendre le premier article qui passe sans une once de réflexion. A raison d'une heure d'informatique par semaine, les ambitions sont faibles malgré la démesure complète du programme, en ce moment je fais le forcing sur l'utilisation de SCOLINFO. C'est une nécessité, il faut faire venir les gosses sur SCOLINFO pour qu'ils prennent les informations, qu'ils aillent regarder leurs notes, qu'ils communiquent avec leurs enseignants. 

La semaine dernière j'ai fait une évaluation par SCOLINFO, et j'ai demandé aux élèves de me donner une image de deux façons : en me l'envoyant par mail, en la déposant dans l'enveloppe. Le système est super intuitif, l'élève va à la date du devoir, clique sur l'enveloppe rouge, dépose son devoir en faisant parcourir un fichier, l'enveloppe passe au vert. Nous sommes jeudi soir au moment où vous lisez ces lignes, il est 19 heures passées, admirez le nombre d'élèves qui ont fait le boulot. En fait ce compte n'est pas exact, de nombreux élèves me l'ont envoyé par mail, ce que je refuse car j'ai donné cette consigne simple et mes collègues commencent aussi à pratiquer si bien qu'on a besoin d'avoir des élèves qui fonctionnent sur ces outils. 

La compétence de déposer un fichier dans l'enveloppe a été très largement validée par les élèves la semaine dernière, ils sont une fois de plus incapables de lire une consigne. J'ai balancé dans la semaine un mail pour rappeler le travail et la procédure, comme ça n'a pas avancé, j'ai poussé une gueulante dans les salles ce jeudi après midi, les devoirs arrivent ... par mail. Situation hallucinante, je reçois encore quatre mails, j'envoie un message de ce type : 

Bonsoir,

Je vais la refaire. En date du 30 septembre vous avez une enveloppe rouge dans laquelle déposer votre devoir, un fichier texte quelconque avec les réponses.

Je ne prendrai pas en compte les devoirs qui m'ont été envoyés par mail.

A demain

Cyrille BORNE

4 secondes après avoir envoyé ce message, j'ai une élève qui vient de m'envoyer un message par mail qui me demande si c'est bon ........... On me fera remarquer encore que je développe des trésors de patience, là où je devrais passer un abattage mais c'est le genre de situation qui bouscule la pédagogie. Les élèves actuels sont nuls en informatique, il faut en avoir conscience, et c'est très problématique, pas qu'au niveau informatique, c'est bien plus profond que ça. A l'heure actuelle pour la boutique, on fait réaliser à nos élèves des étiquettes à mettre sur des paquets d'amandes. Il s'agit de l'utilisation de Writer un tableau coupé en 8, les gosses remplissent avec leur étiquette et duplique. C'est l'occasion de leur montrer quelques bricoles, le droit sur les images, le poids des images ou encore les boîtes textes, le Word Art, enfin bref des notions de traitement de texte qui devraient être acquises depuis des années. Les problèmes rencontrés : 

En fait la situation est toujours la même, elle reste totalement inchangée. Ceux qui ont envie de comprendre, utiliser, le feront et n'auront pas besoin de l'école pour apprendre ce qui les intéresse comme souvent, comme ça a été le cas pour nombre d'entre nous qui se sont intéressés à l'informatique quand la grande majorité des gens de notre âge la subit encore. L'erreur de l'éducation nationale et des têtes pensantes, c'est de penser que parce que les élèves savent utiliser certains outils, ils ont la logique et les compétences pour utiliser tous les outils. Les compétences sont indéniablement plus dans la consommation que dans la conception, les heures passées devant des écrans à regarder ayant brisé chez beaucoup de gosses la notion de faire. C'est certainement ce point qui est le plus problématique, la solution passera à un moment ou un autre par l'arrêt partiel des écrans ou si on les utilise, pour en faire autre chose qu'une télé à peine plus intelligente. 

Génération Z...

vendredi 30 septembre 2016 à 08:00

Je vous avais expliqué que j'allais faire un peu de veille avec mes élèves, j'ai commencé et je dois ramasser le premier article demain 8 heures dernier délai. J'ai été correct au départ, j'ai demandé un article au choix de l'élève, j'ai même accepté une vidéo youtube puisqu'on me l'a demandé. Aucun thème imposé donc et on se retrouve avec des élèves qui se questionnent sur ce qu'ils doivent choisir, comprenez qu'ils ne sont intéressés par rien ou pas grand chose et qu'ils auraient été soulagés que j'impose quelque chose pour prendre le premier article qui passe sans une once de réflexion. A raison d'une heure d'informatique par semaine, les ambitions sont faibles malgré la démesure complète du programme, en ce moment je fais le forcing sur l'utilisation de SCOLINFO. C'est une nécessité, il faut faire venir les gosses sur SCOLINFO pour qu'ils prennent les informations, qu'ils aillent regarder leurs notes, qu'ils communiquent avec leurs enseignants. 

La semaine dernière j'ai fait une évaluation par SCOLINFO, et j'ai demandé aux élèves de me donner une image de deux façons : en me l'envoyant par mail, en la déposant dans l'enveloppe. Le système est super intuitif, l'élève va à la date du devoir, clique sur l'enveloppe rouge, dépose son devoir en faisant parcourir un fichier, l'enveloppe passe au vert. Nous sommes jeudi soir au moment où vous lisez ces lignes, il est 19 heures passées, admirez le nombre d'élèves qui ont fait le boulot. En fait ce compte n'est pas exact, de nombreux élèves me l'ont envoyé par mail, ce que je refuse car j'ai donné cette consigne simple et mes collègues commencent aussi à pratiquer si bien qu'on a besoin d'avoir des élèves qui fonctionnent sur ces outils. 

La compétence de déposer un fichier dans l'enveloppe a été très largement validée par les élèves la semaine dernière, ils sont une fois de plus incapables de lire une consigne. J'ai balancé dans la semaine un mail pour rappeler le travail et la procédure, comme ça n'a pas avancé, j'ai poussé une gueulante dans les salles ce jeudi après midi, les devoirs arrivent ... par mail. Situation hallucinante, je reçois encore quatre mails, j'envoie un message de ce type : 

Bonsoir,

Je vais la refaire. En date du 30 septembre vous avez une enveloppe rouge dans laquelle déposer votre devoir, un fichier texte quelconque avec les réponses.

Je ne prendrai pas en compte les devoirs qui m'ont été envoyés par mail.

A demain

Cyrille BORNE

4 secondes après avoir envoyé ce message, j'ai une élève qui vient de m'envoyer un message par mail qui me demande si c'est bon ........... On me fera remarquer encore que je développe des trésors de patience, là où je devrais passer un abattage mais c'est le genre de situation qui bouscule la pédagogie. Les élèves actuels sont nuls en informatique, il faut en avoir conscience, et c'est très problématique, pas qu'au niveau informatique, c'est bien plus profond que ça. A l'heure actuelle pour la boutique, on fait réaliser à nos élèves des étiquettes à mettre sur des paquets d'amandes. Il s'agit de l'utilisation de Writer un tableau coupé en 8, les gosses remplissent avec leur étiquette et duplique. C'est l'occasion de leur montrer quelques bricoles, le droit sur les images, le poids des images ou encore les boîtes textes, le Word Art, enfin bref des notions de traitement de texte qui devraient être acquises depuis des années. Les problèmes rencontrés : 

En fait la situation est toujours la même, elle reste totalement inchangée. Ceux qui ont envie de comprendre, utiliser, le feront et n'auront pas besoin de l'école pour apprendre ce qui les intéresse comme souvent, comme ça a été le cas pour nombre d'entre nous qui se sont intéressés à l'informatique quand la grande majorité des gens de notre âge la subit encore. L'erreur de l'éducation nationale et des têtes pensantes, c'est de penser que parce que les élèves savent utiliser certains outils, ils ont la logique et les compétences pour utiliser tous les outils. Les compétences sont indéniablement plus dans la consommation que dans la conception, les heures passées devant des écrans à regarder ayant brisé chez beaucoup de gosses la notion de faire. C'est certainement ce point qui est le plus problématique, la solution passera à un moment ou un autre par l'arrêt partiel des écrans ou si on les utilise, pour en faire autre chose qu'une télé à peine plus intelligente. 

Génération Y ...

vendredi 30 septembre 2016 à 08:00

Je vous avais expliqué que j'allais faire un peu de veille avec mes élèves, j'ai commencé et je dois ramasser le premier article demain 8 heures dernier délai. J'ai été correct au départ, j'ai demandé un article au choix de l'élève, j'ai même accepté une vidéo youtube puisqu'on me l'a demandé. Aucun thème imposé donc et on se retrouve avec des élèves qui se questionnent sur ce qu'ils doivent choisir, comprenez qu'ils ne sont intéressés par rien ou pas grand chose et qu'ils auraient été soulagés que j'impose quelque chose pour prendre le premier article qui passe sans une once de réflexion. A raison d'une heure d'informatique par semaine, les ambitions sont faibles malgré la démesure complète du programme, en ce moment je fais le forcing sur l'utilisation de SCOLINFO. C'est une nécessité, il faut faire venir les gosses sur SCOLINFO pour qu'ils prennent les informations, qu'ils aillent regarder leurs notes, qu'ils communiquent avec leurs enseignants. 

La semaine dernière j'ai fait une évaluation par SCOLINFO, et j'ai demandé aux élèves de me donner une image de deux façons : en me l'envoyant par mail, en la déposant dans l'enveloppe. Le système est super intuitif, l'élève va à la date du devoir, clique sur l'enveloppe rouge, dépose son devoir en faisant parcourir un fichier, l'enveloppe passe au vert. Nous sommes jeudi soir au moment où vous lisez ces lignes, il est 19 heures passées, admirez le nombre d'élèves qui ont fait le boulot. En fait ce compte n'est pas exact, de nombreux élèves me l'ont envoyé par mail, ce que je refuse car j'ai donné cette consigne simple et mes collègues commencent aussi à pratiquer si bien qu'on a besoin d'avoir des élèves qui fonctionnent sur ces outils. 

La compétence de déposer un fichier dans l'enveloppe a été très largement validée par les élèves la semaine dernière, ils sont une fois de plus incapables de lire une consigne. J'ai balancé dans la semaine un mail pour rappeler le travail et la procédure, comme ça n'a pas avancé, j'ai poussé une gueulante dans les salles ce jeudi après midi, les devoirs arrivent ... par mail. Situation hallucinante, je reçois encore quatre mails, j'envoie un message de ce type : 

Bonsoir,

Je vais la refaire. En date du 30 septembre vous avez une enveloppe rouge dans laquelle déposer votre devoir, un fichier texte quelconque avec les réponses.

Je ne prendrai pas en compte les devoirs qui m'ont été envoyés par mail.

A demain

Cyrille BORNE

4 secondes après avoir envoyé ce message, j'ai une élève qui vient de m'envoyer un message par mail qui me demande si c'est bon ........... On me fera remarquer encore que je développe des trésors de patience, là où je devrais passer un abattage mais c'est le genre de situation qui bouscule la pédagogie. Les élèves actuels sont nuls en informatique, il faut en avoir conscience, et c'est très problématique, pas qu'au niveau informatique, c'est bien plus profond que ça. A l'heure actuelle pour la boutique, on fait réaliser à nos élèves des étiquettes à mettre sur des paquets d'amandes. Il s'agit de l'utilisation de Writer un tableau coupé en 8, les gosses remplissent avec leur étiquette et duplique. C'est l'occasion de leur montrer quelques bricoles, le droit sur les images, le poids des images ou encore les boîtes textes, le Word Art, enfin bref des notions de traitement de texte qui devraient être acquises depuis des années. Les problèmes rencontrés : 

En fait la situation est toujours la même, elle reste totalement inchangée. Ceux qui ont envie de comprendre, utiliser, le feront et n'auront pas besoin de l'école pour apprendre ce qui les intéresse comme souvent, comme ça a été le cas pour nombre d'entre nous qui se sont intéressés à l'informatique quand la grande majorité des gens de notre âge la subit encore. L'erreur de l'éducation nationale et des têtes pensantes, c'est de penser que parce que les élèves savent utiliser certains outils, ils ont la logique et les compétences pour utiliser tous les outils. Les compétences sont indéniablement plus dans la consommation que dans la conception, les heures passées devant des écrans à regarder ayant brisé chez beaucoup de gosses la notion de faire. C'est certainement ce point qui est le plus problématique, la solution passera à un moment ou un autre par l'arrêt partiel des écrans ou si on les utilise, pour en faire autre chose qu'une télé à peine plus intelligente.