PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Passage à Fedora, libéré, délivré, qu'ils disaient

mercredi 19 octobre 2016 à 12:30

Comme vous le savez je ne suis jamais à un retournement de veste et je peux vous donner certainement déjà le prochain par anticipation, du full Windows. A l'heure actuelle, voici les problèmes que je rencontre avec debian :

Bien évidemment vous allez me faire remarquer que c'est totalement supportable, qu'un prof de maths qui a son document qui crashe trois ou quatre fois dans une session de travail c'est pas bien grave, c'est un point de vue, pas le mien. On se retrouve comme souvent à un instant dans Debian où il devient urgent d'avoir la version suivante, le problème de la version suivante c'est quand elle est prête. 

Bien évidemment vous allez me faire remarquer que j'avais dit ce sera debian ou debian, mais comme vous le savez, le blog est trop stable en ce moment (rires dans la salle), un Borne qui ne change pas est un Borne mort (Copyright Alterlibriste), j'avais dit que le RPM c'était fini donc c'est évident que j'ai installé Fedora. Un peu de raisonnement en 2016. 

  1. Installer Mint ou Ubuntu c'est la même chose, Ubuntu c'est bien mais les dernières versions pour moi étaient trop lourdes, je vois beaucoup de gens se plaindre de nombreux bugs, je suppose qu'il y va du Ubuntu bashing tradionnel de ceux qu'on appelle les résistants de la dernière heure, ils étaient sous Ubuntu pour commencer mais sont passés à autre chose pour faire les bonhommes
  2. Installer une distribution basée sur Arch n'est pas un besoin nécessaire, j'ai besoin de fraicheur dans mes paquets mais pas à ce point là.
  3. J'ai régulièrement utilisé Fedora, ça c'est toujours fini de façon catastrophique
  4. Un peu de changement de temps en temps ça dérouille un peu.

Voyez la cohérence dans l'incohérence, il faut vite que j'aille modifier la page à propos ni vu ni connu. Il est de plus à noter que je suis loin de sortir des sentiers battus en terme de logiciels et c'est une évolution franche avec il y a quelques années. A une époque je compilais souvent, aujourd'hui les logiciels présents par défaut dans les grandes distributions sont suffisants pour moi. 

C'est parti ? C'est parti !

La suite c'est plus ou moins du grand classique, plus ou moins. L'ajout des dépôts RPM fusion pour avoir tout ce qui est un peu sale comme les codecs se passe sans trop de souci. Pour l'heure voilà les difficultés que j'ai pu rencontrer et qui ont failli me faire abandonner. A 1 heure du matin face à l'échec en me couchant j'étais mûr tout vider et mettre Windows 10 mais je suis un warrior. 

Pour accéder au lycée j'utilise un VPN, le forticlient. Il se trouve que pour debian et Ubuntu un paquet a été fait, forcément quand on est dans un logiciel un peu marginal, le RPM est le parent pauvre. Dans Network Manager un petit génie a eu l'idée d'implémenter ce logiciel, il s'agit d'un client en ligne de commande pour le fortinet. Seulement le problème c'est que ça ne marche pas, que les logs sont d'un manque de clarté complet pour ne pas dire inexistante et à quatre heures du matin alors que je me suis levé en sueur persuadé que j'allais mourir dans mon sommeil, j'ai eu une idée de génie, le passer en ligne de commande. En fait, il s'agit d'un problème de configuration lié à mon vpn, je suppose. Il suffit de passer en commande openconnect -u nomduuser -p password https://addressequivabien:portquivabien pour avoir une log complète et me rendre compte qu'il manquait une clé qui est retournée par le vpn. J'ai passé un temps incroyable à convertir les deb du forticlient en rpm pour me rendre que ça ne marche pas, à essayer de compiler, on se rend compte que dès qu'on est dans du spécifique, ça devient difficile d'être sous Linux

Pour l'heure je n'ai pas résolu le problème suivant, enfin je n'ai pas encore cherché. Il y a une incompatibilité entre Chromium qui crashe à tout va et le pilote de la carte graphique à priori, c'était trop facile. En effet toute la partie vidéo fonctionne, aucun ralentissement, VLC ne met pas de vert, j'ai les vidéo en 1080p. Pour contourner le souci : chromium-browser --disable-gpu

J'ai tout de​ même dû faire quelques ajustements, comme faire sauter abrt, selinux, le parefeu qui montrent qu'on n'est pas dans une distribution pour les débutants. Le parefeu par exemple m'empêchait de faire la partage samba, des problèmes dans le VPN, je pars du principe que dans une configuration desktop, faut pas abuser non plus. 

En gros, à part le problème de chromium, tout fonctionne sur la machine, tout fonctionne même mieux, je pense à Libreoffice par exemple. Il y a quand même quelque chose d'importer qui est à noter, je m'en suis rendu compte car j'ai aujourd'hui un schéma de pensée qui est à l'inverse de celui que j'ai pu avoir il y a plus de dix ans. L'intégralité des logiciels que j'utilise se trouve sous Windows, j'aurai d'autres logiciels supplémentaires que je n'ai pas sous Linux et qui me faciliteraient la vie. A l'époque, j'avais tenu le raisonnement inverse en disant que je pouvais me passer de Windows car tous les logiciels que j'utilise sont sous Linux. En plus de 10 ans, la situation n'a pas avancé, elle s'est même détériorée, les gros projets persistent pour tous les environnements, aucun projet phare n'existe que sous Linux. En fait le plus Linux, c'est de pouvoir réaliser son serveur avec une certaine forme de confiance pour pouvoir embarquer des applications cloud et utiliser de n'importe où, le bureau Linux est mort comme il l'a toujours été, plus encore avec la disparition de l'ordinateur.  

Pour moi, dans mon quotidien, à part pour lutter contre l'obsolescence programmée, pour ne pas être gêné par un Windows 10 gourmand qui réclame une machine plus puissante, je n'ai aucun intérêt à être sous Linux sauf d'un point de vue éthique, maîtrisant sans problème le système d'exploitation de Microsoft. Il serait même d'ailleurs plus cohérent pour moi en faisant abstraction à nouveau du discours philosophique d'être sous Windows plutôt que d'être sous Linux, confort entre tous les appareils que j'utilise au quotidien, synchronisation d'office365, etc ... Ce discours fait toutefois abstraction de nombreux aspects, obsolescence pour n'en citer qu'un, obligation de suivre les évolutions du matériel en fonction du système d'exploitation qui a été abandonné ou qui le sera, surveillance de la part de Microsoft et j'en passe.

D'un point de vue technique, pour un utilisateur au quotidien, Linux reste une épine dans le pied plus qu'un soulagement pour une partie de son informatique personnelle. Preuve en est qu'il faut vraiment avoir l'esprit éclairé, pour comprendre pourquoi Linux vaut le coût, et même le coup. 

Nokia Lumia 640 LTE, téléphone Windows, la revanche, épisode 1

mardi 18 octobre 2016 à 08:00

A force de faire des photos et des vidéos pourries, Xavier, que vous avez connu comme webmaster du défunt Maniatux m'a envoyé un Nokia Lumia 640 LTE sous Windows. Souvenez ma dernière expérience de smartphone Windows était plaisante un Archos qui est actuellement utilisé par ma vieille maman, j'y reconnaissais une ergonomie au top, une rapidité, une gestion de la batterie qui n'a rien à voir avec le monde d'android. Les Windows Phone posent en fait un seul véritable problème : la lourde absence d'applications et donc la restriction quant aux protocoles qu'on peut utiliser. Je vous montre deux captures d'écran, la traditionnelle interface avec le système de tuile qu'on connaît bien. 

Je vous montre la traditionnelle photo de ma table, l'éclairage n'est pas top, je le fais dans une position assez acrobatique, on est très largement au dessus du x5, il fait nuit au moment où j'écris ce billet, je ferai une suite pour savoir si l'utilisation est supportable et pour faire des photos d'extérieur  : 

Le Windows Phone donc, c'est un produit que je connais bien, j'en connais les qualités et les défauts. La fois d'avant j'ai perdu patience assez rapidement du fait des limitations de l'appareil, ce coup-ci je vais un peu m'accrocher. La première chose que j'ai faite c'est de faire passer le téléphone en Windows 10 puisque ce modèle est livré en 8.1. La mise à jour se fait par un logiciel qui s'appelle le conseiller de mise à niveau, c'est subtil, c'est à dire que si vous faites les mises à jour depuis le module du téléphone dédié, il vous dit que votre appareil est à jour et ne va pas vous proposer spontanément la mise à jour. Après, le conseil c'est de laisser tourner et tourner encore pour que ça se mette à jour. Pour exemple, j'ai eu un problème de synchronisation de calendrier avec office365, ça ne synchronisait pas tout simplement, j'ai réalisé en fait qu'il mettait à jour l'application calendrier. 

Les synchronisations parlons en. Comme je l'ai expliqué dans un des précédents billets, j'utilise les services dav proposés par o2switch pour synchroniser le calendrier et les contacts. C'est une lacune qu'on trouve chez Microsoft dans Office365, la fermeture aux formats ouverts, on ne vous proposera pas spontanément du dav, il faut ajouter un compte icloud, le regarder planter et ensuite pouvoir accéder aux serveurs caldav et carddav. J'ai fait des tests dans tous les sens, ça plante avec o2switch, j'ai fait une installation de baikal avec mon dédié, ça plante, j'ai vu qu'il fallait patcher, j'ai fait une installation de nextcloud sur mon dédié, j'ouvre une parenthèse 4 Go de RAM un processeur dual core à 2 GHz, la machine est à genou, le gars qui veut s'autohéberger doit être compétent ET riche, fin de la parenthèse, j'ai de façon systématique une erreur. La seule synchronisation qui a fonctionné c'est celle de la mère Zaclys qui propose encore un owncloud et pas un nextcloud. Il faudra que je trouve une autre solution car sur le principe ça signifie que je suis tributaire d'un service supplémentaire que je n'utilisais pas mais pour l'heure ça va me permettre de commencer. 

La question que vous vous posez certainement, c'est pourquoi je me casse la tête avec un appareil dont le système d'exploitation a été abandonné ou pas loin : 

Voilà où j'en suis pour l'instant, la suite au prochain épisode, en sachant que si c'était vraiment trop pénible, je me prendrai certainement un téléphone de 5.5 ou 6 pouces parce que je suis un fou. 

Un léger bilan

lundi 17 octobre 2016 à 08:00

Rappel : au mois de juillet de cette année, j'ai cassé mon activité en cinq. 

Cette organisation est importante pour moi d'un point de vue intellectuel car elle marque deux aspects de ma personnalité : le gars fou furieux qui écrit comme ça vient et c'est ce que je fais sur le blog, il est important que j'écrive ce que j'ai besoin d'écrire au moment où j'ai envie de l'écrire et sans me poser la question sur la façon de l'écrire. Le prof, le gars qui a quand même besoin de sortir son truc tout fait et qu'il peut replacer. L'importance donc du contextualisé d'une part, le décontextualisé d'autre part. 

En remontant les archives, actuellement 2015, j'ai réalisé qu'il y avait des choses qui tenaient parfaitement la route et c'est ainsi que jes balance ailleurs, à l'abri quelque part de ma frénésie d'écriture. De l'autre côté, on a des choses qui sont devenues totalement obsolètes jusqu'au lien. Il m'arrive souvent de placer ici ou là un rap des années 90 ou un lien vers un autre site, ils sont morts. Parfois c'est plus profond, j'avais fait un billet complet sur Slitaz la distribution qui ne pèse rien, je ne sais pas si en 2016 cette distribution a encore du sens, Debian de façon générale passe de partout. J'ai complètement lâché ipfire qui évolue très vite, j'ai de nombreux billets techniques à ce niveau, ils vont certainement disparaître. A une époque j'aurai regardé ces billets avec une forme de nostalgie, aujourd'hui je les regarde comme une tare inutile, alors je dégage. 

Est arrivé le portail qu'on doit à SquareGot

J'essaie de l'étoffer au mieux, dernièrement je me suis attardé à créer une page 404 : 

Le 404 parlons en, bientôt ça va tourner comme avec les assurances, le genre de gars qu'on ne veut plus prendre en charge, Google va refuser de m'indexer. En même temps quand on voit que 96.3% des gens qui viennent le font de façon directe, 3% de backlink, les moteurs de recherche ne représentent que 0.7% de mon trafic, c'est pas la mort non plus. Avec la stratégie qui a consisté à déplacer le blog de l'url principale vers une url blog, je n'ai pas constaté de grosses variations dans les statistiques qui sont à la baisse depuis la bascule en https. A l'heure actuelle le blog est visité par 3500 personnes par jour pour environ 21000 pages vues. On est loin des 6000 qu'ils nous arrivaient de faire de l'époque de blog-libre, mais d'une part je ne fais pas le concours de celui qui a les plus grosses, d'autre part j'ai de plus en plus conscience que ces chiffres ne veulent pas dire grand chose. Ce qui est sûr c'est qu'ils donnent des tendances, j'ai de nouveaux inscrits sur le forum ce qui n'était pas arrivé depuis une éternité, les flux RSS des sites annexes sont en augmentation, ce qui me laisserait penser que le portail a permis à des gens de se rendre compte que j'écrivais à plusieurs endroits à la fois.

L'important comme toujours c'est d'être content, vous simples usagers vous contentez de subir, je pense quand même que ce sera certainement la forme finale, il faudrait vraiment une grosse catastrophe du genre la fin de pluxml pour me faire bouger. 

La révélation

dimanche 16 octobre 2016 à 08:00

Je vous invite à lire ces quelques articles : 

On pourrait aussi rajouter le mien sur la grande muette que j'ai pondu il y a quelques jours. Vous allez peut être penser que je vais écrire un long billet sur le Framasoft, sur la communauté du libre, en fait pas vraiment. Dans mon billet sur la grande muette je n'ai pas cité l'association tout simplement parce que je ne voulais pas gâcher la fête, ce n'est pas le but. En effet, Framasoft essaie quelque chose, c'est une initiative qui vise à démocratiser le logiciel libre à travers la francophonie, montrer qu'il existe des alternatives au logiciel propriétaire, dire que c'est mal serait complètement stupide, il faut toutefois je pense nuancer l'enthousiasme et peut être revoir certaines définitions.

Mon univers à moi c'est au quotidien 400 jeunes qui ne savent pas faire la différence entre un système d'exploitation, un traitement de texte, un navigateur internet. Le libre intégral n'est certainement pas la priorité pour eux, la priorité pour eux à mon avis c'est de leur expliquer qu'il ne faut pas se retrouver à poil sur Facebook et que le net n'est finalement que le prolongement de ce qu'on fait dans la vraie vie et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Mon univers à moi c'est des Michus en pagaille, des gens qui veulent que ça marche, des gens qui ne comprennent rien à l'informatique. Quand je dis qu'il faudrait revoir quelques définitions, c'est tout simplement qu'il faut resituer les choses dans leur contexte, quand on voit à quel point la majorité des gens sont loin en terme de connaissances informatiques, leur parler du libre c'est un peu comme si on me demandait de donner un coup de main au prix Nobel de mathématiques, à chacun sa place. Je crois sincèrement que vouloir emmener tout le monde dans le libre est une erreur. C'est mon point de vue, je pense que c'est un point de vue respectable, que j'ai argumenté et c'est certainement ça qui me gène. 

Pour ce point de vue, on me traite de trolleur. Didier sur son blog pour son opinion s'attend à se faire marave,

Aussi je me prépare encore ici à subir des assauts verbaux, mais qu’importe.

Frédéric lui écrit : 

J’ai comme l’impression qu’une partie de la communauté mondiale du libre se la pète après avoir vu la lumière du libre qu’elle en oublie son passé informatique.

Alterlibriste écrit : 

 ne faut pas les critiquer et en plus eux ils font contrairement à ceux qui critiquent à coup de yakafaucon.

Nous sommes en train globalement d'écrire tous la même chose, on est en train d'assister à une radicalisation du propos du peu de communauté libre francophone restant avec une propension à faire fermer la gueule de son voisin qui aurait le tort d'exprimer une opinion contraire. 

L'idée de ce billet n'est même pas de constater ceci, mais c'est tout simplement autre chose. Le point commun entre Cascador, Fred, Alterlibriste, Iceman et moi-même, c'est que nous sommes tous globalement mariés, pères de famille, la quarantaine ou pas loin, que nous sommes actifs et que notre quotidien n'est pas nécessairement fait d'informaticiens. Je peux vous garantir que de graviter au quotidien dans une sphère non technophile, ça change tout. On ne parle pas d'informatique de peur de passer pour un martien, on ne parle pas d'informatique car on ne veut pas ennuyer les gens avec des sujets qui ne les intéressent pas, on considère l'informatique comme ce qu'il est, un outil, pas une philosophie. 

Il serait facile d'écrire que des gens qui vivent le libre à 200% feraient bien de sortir de leur caverne pour aller voir un peu le vrai monde mais ce serait porter un jugement de valeur que je ne supporte plus qu'on porte sur moi : trolleur de service. Alterlibriste mettait largement le doigt dessus dans son billet et je vais l'exprimer d'une autre façon, c'est un divorce qui ne se fait pas à l'amiable entre une certaine catégorie de personnes et ce qui représente à mon sens la majorité des gens dans le logiciel libre. Je ne sais pas d'ailleurs à quoi ressemble le libriste d'aujourd'hui, son âge, son activité socio professionnelle, mais quelque chose me fait dire qu'il doit certainement être plus jeune que moi, peut être pas avec une vie de famille, ne pas vivre avec le commun des mortels et que ceci explique certainement une partie du décalage.

Mon heure est largement passée, je pense que je ne suis représentatif de rien sauf de moi-même ou éventuellement des gars mariés de 40 ans avec des gosses dont l'activité principale ne repose pas sur l'informatique et qui sont entourés de gens qui n'y entravent rien. Quand je vois des gens qui viennent encore me citer, m'amalgamer, imaginer quelque chose, je me dis qu'ils n'ont rien compris à la démarche d'un gars qui blogue dans son coin. Le divorce ne se fait pas à l'amiable car nous sommes quelques uns à vouloir encore nous exprimer d'une façon différente du courant global, et on nous refuse quelque part cette liberté d'expression en étouffant directement la parole dans l'oeuf : trolleur, con de service et autres noms d'oiseaux qui interpellent quand même sur des gens qui veulent la liberté logiciel sans s'interroger sur la liberté d'expression. 

Où se trouve le consensus ? 

Le consensus est simple, ça s'appelle vivre dans le respect de la pensée de l'autre tant qu'elle est conforme avec la loi et ne cause de tort à personne. Ce que j'entends par là et j'ai fait attention à mon propos, vous noterez le retournement de veste par rapport à des propos plus secs que j'ai pu tenir sur le Framasoft il y a certainement moins d'un an c'est qu'on peut discuter sur les idées pas sur les gens, une tendance qui se généralise un peu trop. Je ne vise pas l'association qui fait ce qu'elle veut, ce qu'elle estime de juste, ce qu'elle a à faire, je souligne juste que ça ne va pas être évident de faire basculer une large tranche de la population dans le libre, à mon sens, il vaut mieux viser des gens à des postes clés qui peuvent avoir une compréhension. Chopper les responsables informatiques dans les bahuts, expliquer aux enseignants etc ... On pourrait penser que je ramène la couverture à mon monde mais en fait pas tant que ça, si aujourd'hui nos enfants travaillent sur libreoffice et pas sur Word ce n'est pas grâce aux Ministres mais à des gens de terrains, comme si dans toutes les classes de 4ème et de 3ème de mon lycée on travaille avec Sésamaths ce n'est pas un hasard. 

Ne pas être d'accord avec les uns et les autres ce n'est pas important tant que c'est dit sereinement. Il n'y a même pas de débat à alimenter car comme vous le savez débattre ne sert à rien, les gens se contentent de repartir avec leurs propres opinions. Je dirai de plus que d'avoir ici ou là quelques opinions dissonantes dans un mouvement qui réclame à corps et à cris de faire tomber des usages qui représentent 99% de ce que font nos concitoyens c'est une bonne chose, la pensée unique chez ceux qui ne veulent pas la pensée unique, c'est presque rendre service.

SFR toujours pas, un peu plus loin dans le monde de la communication

samedi 15 octobre 2016 à 08:00

Je suis relativement satisfait de mon offre téléphonique portable chez SFR, 10 € par mois tout illimité, 5 Go de data. D'ailleurs je ne suis pas le seul satisfait, ma mère ne se plaint pas, mon beau-père ne m'a pas fait changé de forfait, ma femme n'a rien cassé. Au niveau de la réception c'est toujours pas formidable, mais force est de constater que les seuls à casser les prix sur les forfaits c'est Bouygues et SFR, je regarderai peut être à l'occasion chez Bouygues même si j'ai toujours le souvenir d'une couverture pas terrible dans le Cantal il y a plus de 10 ans. Il faudrait que je fasse un effort intellectuel pour me rappeler que les choses peuvent changer. 

J'ai été contacté par SFR mardi soir, numéro de téléphone de la région parisienne mais certainement pas un appel en France. La qualité du son sur mon téléphone portable est déplorable, j'ai beaucoup de peine à entendre mon interlocutrice. Un son dégueulasse c'est comme aller chez une coiffeuse qui a des poux et une coupe au bol, le genre de choses que ne peut pas se permettre un professionnel. La dame commence son baratin, l'accent est fort, caractéristique certainement d'un appel à l'étranger, elle m'explique qu'elle me fait une offre SFR à 9.99 € par mois ... et je la coupe. Je lui demande pendant combien de temps, et après combien je paye. Elle s'énerve, pas franchement virulente mais d'un air outré me dit que je ne la laisse pas finir. Ce coup-ci c'est moi qui m'énerve et je lui dis que je suis encore client chez elle et que je risque de ne plus l'être pour longtemps, qu'elle ne me fasse donc pas perdre mon temps pour savoir combien je paye après : 31 € au bout d'un an. Je lui dis donc que je suis à 29.90, elle me coupe la parole pour me dire que je vais faire un an d'économie, je lui réponds qu'à ce prix j'ai une ligne mobile supplémentaire. Ne pouvant s'aligner sur mon offre, nous finissons par nous souhaiter une bonne soirée. 

C'est un classique, un classique qui m'arrive de moins en moins, mais dans ce marché des communications si tendu, comment SFR peut-il se permettre tant de fautes. Impolitesse vis à vis du client, mauvaise qualité de son alors qu'il vend de la qualité de son, SFR se met une fois de plus le doigt dans l'oeil. Je crois qu'en fait qu'il peut se le permettre car nous sommes en train de quitter l'ère du client roi. Ca peut paraître étonnant, paradoxal, tout ce que vous voulez, mais à part les artisans du coin, le commerce de proximité, je crois qu'aujourd'hui la grande distribution, la grande entreprise peut se permettre de nous parler mal. Et le plus fort c'est qu'alors qu'il faudrait qu'un service client de qualité apparaisse pour drainer les clients insatisfaits qui en ont marre de mal se faire parler, on a l'impression au contraire qu'on s'essaie de façon collective de sacrifier le service client car de toute façon le client n'a le choix qu'entre quelques opérateurs, que les copains ne font pas mieux donc pas besoin d'aller faire d'effort. 

On pourrait se dire que c'est la responsabilité du client, qu'à force d'avoir toujours réclamé des prix plus bas, il est aujourd'hui dans la situation qu'il a créée. Une assistance française c'est cher, il faudrait donc payer plus cher pour avoir un service de qualité, prix que se refuse de payer le client. Est-ce si sûr ?

En ce moment, je constate des tonnes de petit rien de ce style, un peu comme la société de livraison de colis qui ne se déplace pas jusqu'à moi parce que ça n'est pas assez rentable et qui prétexte ne pas trouver mon adresse. Souvent la sanction est économique, il suffit d'aller ailleurs. Seulement le problème c'est que l'étau est bien serré, quitter SFR pour aller chez qui de correct quand tout le monde agit désormais de la même façon ? Il va devenir urgent que des opérateurs alternatifs apparaissent avec une autre optique, proposant peut être des tarifs plus cher, mais se rappelant quand même que c'est encore le client qui fait vivre une société.