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Le Blog de Cyrille BORNE

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Le retour à l’école

mercredi 10 juin 2020 à 21:35

Comme on va bientôt se lancer très prochainement dans une chasse aux sorcières pour savoir qui parmi les enseignants est retourné à l’école, j’aimerais vous montrer la preuve en image et même devant les caméras de télévision.

Et là je sais public que tu me salues une fois de plus, et tu te dis tout simplement que je suis vraiment énorme pour réussir à passer avec un masque sur France 3 Occitanie et en pantacourt. C’est tout à fait l’image de ce que je vis en ce moment, du grand n’importe quoi.

Mardi j’étais donc tout naturellement au lycée faire cours avec des élèves que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas. Mon chef envoie un message pour dire qu’une équipe de télé sera présente pour filmer sur le coup des 10 heures. Et forcément on sait sur qui ça tombe, Cyrille BORNE, le gars qui peut tout gérer. Je vais voir mon chef avant que ça démarre pour qu’on se mette au point sur deux trois bricoles avant que je fasse n’importe quoi et je lui demande pour les majorettes et la fanfare la prochaine fois, qu’il m’avertisse 24 heures à l’avance.

Dire que les élèves ne me connaissent pas est inexact. Deux élèves dans la classe m’avaient subi en troisième, une petite en début de seconde générale qui a bifurqué avec l’enseignement professionnel. Je me présente à peine, je suis une figure connue dans le bahut, et j’explique aux enfants qu’avec moi il faut s’attendre à tout et que nous aurons une équipe de télé dans moins de trente minutes. Le cadre est planté. Comme j’aime à le rappeler, je suis une espèce de Socrate qu’on aurait croisée avec l’Undertaker qui aurait mangé un clown et un rappeur. Un croisement incroyable et totalement improbable d’un génie de la pédagogie brutale, sans une once de subtilité maniant la punchline mieux que le meilleur des rappeurs dans ta playlist. Me voir enseigner c’est beau, c’est presque indécent tellement le geste est parfait, pur.

En quelques minutes les enfants sont en confiance quand ils voient que je répète déjà six fois à la chaîne la même chose sous une autre forme à chaque fois, le tout sans s’énerver et tout en rappelant qu’ils peuvent tout dire, qu’avec quinze heures par semaine en troisième j’ai tout entendu. Le niveau n’est pas terrible mais ce sont des élèves de service, ce sont des élèves qui sont souvent très gentils et qui ne se retrouvent pas dans ces filières par hasard, beaucoup d’empathie pour travailler avec des personnes âgées. Les élèves ne sont pas effrayés, ont posé des questions, j’ai fait cours et c’était bon. Comme je l’ai dit dans le dernier billet, avec le distanciel, on fait effectivement de l’école, mais c’est un Canada Dry d’école. On fait cinquante mille fois mieux et plus vite en présentiel. On m’a demandé si ce n’était pas compliqué avec des élèves masqués de faire cours, même pas. Dans le regard, dans la position, dans l’attitude, je suis capable de te dire si un élève comprend ou pas. C’était bon d’être dans une salle de classe même si c’est effectivement contraignant, et que nous sommes bien les derniers couillons à faire respecter les règles barrières.

Entre midi et deux, j’ai réparé un peu de PC mais je ne le dis pas trop, j’ai essayé d’éviter de discuter avec mes collègues, répondu à deux trois bricoles à des élèves à distance. C’est ça le plus crevant, penser à tout, se diviser en permanence. L’après-midi je me retrouve face à des quatrièmes, l’ambiance est différente. En moins de dix minutes j’avais déjà repris tous les gosses, tiens-toi bien, fais le boulot, arrête de jouer avec la bouteille en plastique, lève la main si tu veux prendre la parole, dis encore zobi j’appelle tes parents, tu le fais au crayon à papier, c’est pas un crayon à papier, tu le fais au crayon à papier, c’est toujours pas un crayon à papier. Ici encore le charme opère, les gosses sont dans une autre relation ils sont dans le test, que des garçons et des quatrièmes, pas la meilleure combinaison possible pour arriver à l’intelligence. Néanmoins le contact est bon, parce qu’ils voient que je suis inusable et que le combat est perdu d’avance. Ce seront mes élèves l’an prochain, puisque je suis le maître pas du tout envié de la troisième.

J’étais donc bien à l’école, j’ai donc fait le boulot, et je regarde ce soir la chasse aux sorcières qui va commencer, qui commence déjà. Comme je l’ai souvent dit dans ma tribune, on a depuis bien longtemps oublié les flics Charlie, les flics qui prennent des balles à ta place pour sauver des vies. Depuis le flic c’est le salaud au flash-ball qui tire sur les gilets jaunes et désormais il hérite du statut de raciste. La problématique pour ma part est toujours la même : la carte de presse. Que les abrutis de base usent de leur liberté d’expression pour s’exprimer sur Facebook ou que d’autres abrutis le fassent sur leur blog c’est une chose. Que des gens payés, qui possèdent une carte de presse, mettent le feu aux poudres pour faire du buzz, c’est un problème. Oui il y a des actes racistes dans la police, est-ce pour cela que l’institution complète est composée de salauds ? Certainement pas et le problème est encore ailleurs. Plutôt que de parler d’un sujet que je ne maîtrise pas, parlons des fumistes de l’enseignement.

Je fais partie des enseignants qui ont travaillé plus de 70 heures par semaine, je n’aurais pas un centime de plus que des collègues qui n’ont rien foutu pour tous les motifs valables qu’ils ont bien pu avancer. L’enquête exclusive de France 2 estime à 5% le nombre de profs décrocheurs. Je ne suis pas adepte de la théorie du complot, mais j’ai quand même envie de me dire qu’une enquête du service public sur le service public, ça sent quand même largement la commande pour faire un peu remuer. Si l’opinion publique se retourne contre les enseignants et que ça commence à gueuler dans les chaumières, peut-être que ça en remettra quelques-uns dans le droit chemin.

Si je fais le bilan entre mes collègues, les profs de mon fils, et les profs de ma fille, il y a effectivement des décrocheurs, mais on peut aussi aller plus loin et juger de la qualité du travail. Certains se sont vraiment contentés du minimum syndical en filant quatre exercices de merde sans la correction. J’ai des collègues qui sont en vacances depuis le mois de mars, je l’ai déjà écrit dans un billet et c’est pour cette raison notamment que nous serons nombreux à ne plus pouvoir passer nos vacances ensembles. Il y a certains collègues à qui je n’ai pas adressé la parole, je répondrai si on me parle, mais je ne parle plus. Quelque chose est cassé. Pour ma part la problématique est encore la même que pour les forces de l’ordre. Tous les profs sont-ils de grosses faignasses ? Faut-il jeter l’opprobre sur l’intégralité d’une profession à cause de « quelques » brebis galeuses. Certainement pas.

Et le problème est encore le même qu’avec les actes racistes dans la police, si ces actes se produisent ils doivent être sanctionnés de façon exemplaire. Et vous noterez que le sujet est tout de même particulièrement sensible chez les profs. Je cite le Warrior du dimanche qui comme on le sait est un sale rouge de bobo gauchiste :

Je te rassure: ça fait bondir les collègues qui se font chier à produire du contenu adapté et des corrections individuelles sans compter leurs heures…

Je ne sais pas quelle en est la proportion mais je sais que mes deux gamins du collège et ma grande au lycée ont tous eu des profs qui n’ont RIEN posté (ou presque) de tout le confinement… et les témoignages se multiplient autour de moi…

Quand je vois que je réponds en général à une cinquantaine de messages par jour pour que chaque élève qui fait le boulot ait une correction personnelle de ses erreurs, que je passe des heures à produire des documents nouveaux et adaptés au travail à distance et ce dans l’ambiance que l’on sait… j’enrage de voir ces feignasses passer leur confinement au chaud sans rien branler…

Mais là, désolé, c’est au chef de gueuler… quitte à faire intervenir l’inspecteur.

Un bobo de gauchiste rouge

Si avec Eric nous disons souvent les mêmes choses, parce que nous avons du cœur, l’amour du métier et des gosses, nous ne le disons pas du tout de la même manière. Force est de reconnaître que nous nous rejoignons totalement malgré mes penchants de droite Chiraquiens, et que je suis personnellement choqué de ne pas voir le défilé des inspecteurs dans mon bahut. Alors on pourrait dire qu’avec la situation actuelle où toutes les quinze minutes les chefs d’établissements ont d’autre chats à fouetter, ce n’est pas pour le motif d’être totalement débordé, c’est parce qu’il ne faut pas faire de vagues, y compris chez les chefs d’établissements. Envoyer un inspecteur pour travail insuffisant, pour professeur porté disparu, c’est demain avoir une levée de bouclier des syndicats. Je vous l’ai dit, cette période ne changera rien, une simple parenthèse. On continuera de faire semblant, on continuera de faire comme si de rien n’était alors que notre responsabilité face à des jeunes esseulés n’a jamais été aussi importante. Lorsque les inspecteurs débarquent pour aller vérifier que tu emploies le bon mot de vocabulaire, que tu as placé la virgule au bon endroit, on ferait bien de laisser un peu le bullshit pédagogique pour vérifier l’engagement auprès des jeunes.

J’ai réalisé cet après-midi mon premier webinaire en tant que producteur et c’était franchement sympa. Du fait qu’il est compliqué de faire des portes ouvertes de façon traditionnelles, nous avons rajouté une méthode virtuelle. Bien évidemment tout a été fait à l’arrache et à l’improvisation mais le résultat est honorable.

Ce qui est particulièrement sympa dans l’exercice, c’est le fait d’avoir tout réalisé pour ma part depuis chez moi avec des collègues au lycée, ou depuis chez eux. C’est un travail très intéressant car même si c’est à l’arrache, on a finalement pris le temps de travailler ensemble pour de vrai et pas entre deux portes comme d’habitude. Ce qui est plaisant, c’est l’exercice de confiance. Nous avons une collègue qui n’avait jamais fait de visio, parce qu’elle n’est pas à l’aise avec l’outil informatique. C’est un véritable problème de fond, à savoir que les collègues ont besoin d’être formés et que les seules formations qui sont viables sont finalement celles qui sont réalisées par ses propres collègues. Pourquoi ? Parce que c’est la confiance avec quelqu’un avec qui on bosse au quotidien et qui partage les mêmes choses que vous. Lorsque vous allez en formation, vous réalisez souvent que les gens face à vous n’ont pas vu de gosses depuis 1998 et qu’ils n’ont pas conscience de votre besoin. Il y avait ce côté magique, moi jouant la voix dans l’oreillette pour lui dire qu’elle est bien coiffée, que tout se passera bien et que si ça se passe mal ça se passera quand même.

De cette période peu glorieuse je retiens ceci :

The next episode ?

Tout ça pour ça

dimanche 7 juin 2020 à 20:48

Je dois reconnaître qu’avec du recul, j’aurais dû éviter mon billet sur la reprise du 11 mai. Nous sommes le 7 juin au moment où j’écris ces lignes, et c’est la fête du slip. Tout le monde se fait la bise, les restaurants rouvrent, les gens manifestent, vivement la réouverture des boites de nuit. Nous serons dans les écoles les derniers couillons à faire appliquer les gestes barrières à des enfants qui se fréquentent à l’extérieur. Ma femme me racontait que parmi les élèves qu’elle reçoit, une maman fait la cantine entre midi et deux où elle fait manger des enfants de familles différentes. Cela veut dire que concrètement, des enfants qui une heure auparavant étaient à table à moins de trente centimètres au coude à coude, se retrouvent dans un espace cloisonné de quatre mètre carrés parce qu’il faut faire attention. Pour ma part quand je fais des visios, j’ai les gosses en couple qui me répondent du même appareil. Et vous vous doutez bien qu’ils ne sont pas à un mètre de distance.

Alors forcément, je me dis que j’aurais dû fermer ma gueule, certainement comme le conseil scientifique qui aurait dû écouter les conseils du MEDEF. Avec du recul et si on réfléchit bien, alors que les Français ne voulaient pas envoyer leurs enfants à l’école, que les enseignants étaient les héros du quotidien parce qu’ils se farcissaient les Jean-Kevin et les Kevina que ne connaissaient pas vraiment leurs parents, aujourd’hui nous sommes les ordures qui ne reprenons pas le boulot assez vite, qui ne reprenons pas le service de garderie pour aller bosser. J’ai fait finalement mon français de base, je me suis emballé pour rien. Il faut tout de même largement remercier les médias qui nous ont franchement bien aidé

Une princesse ? Ah ben non c’est un Marseillais

Quand tu te dis qu’à l’époque il fallait être Johnny ou une princesse pour faire la une du Paris Match, quand tu te dis qu’en moins d’un mois on avait trouvé le traitement miracle, quand tu te dis qu’aujourd’hui le produit miracle est reconnu comme dangereux avec des études bizarres et controversées. Quand les mêmes nous annonçaient qu’on allait chopper la COVID douze fois de suite parce que l’immunité ne se développait pas et que finalement un mois après, quand on teste les gens qui ont eu la maladie, on voit qu’ils ont bien développé les résistances. De la même manière, que dire des spéculations sur l’origine du virus fabriqué par un laboratoire Chinois quand il apparaîtrait qu’il s’agirait bien d’une infection provenant d’un truc bizarre entre le pangolin et la chauve-souris. Que dire aussi par rapport à la résistance à la chaleur qui n’existe pas, par rapport à la saisonnalité ou par rapport à la seconde vague qui n’est toujours pas arrivée et ce virus qui s’en va alors que les gens sont collés serrés comme dans la chanson de Philippe LAVIL et Jocelyne BEROARD.

Avec le recul, j’en viens à poser quelques conclusions :

Le mythe de la caverne qu’on appelle l’école en visio.

Je peux vous parler de l’école et du grand n’importe quoi, vous pouvez d’ailleurs lire cet article qui exprime parfaitement ce qu’il y a à dire : Comment les non-dits de la communication ministérielle retombent sur les profs (et les directeurs). Le titre est impropre, le contenu est meilleur, laissez-moi vous expliquer du point de vue ma lorgnette. Je vais enseigner quatre heures par semaines, je suis dans une situation qui est dérisoire et favorisée, je ne me plains pas. Du fait d’avoir fait rentrer certaines classes, pas d’autres, je me retrouve à enseigner à des secondes BAC PRO et des quatrièmes que je n’ai pas d’habitude en classe. Je me retrouve à assurer de nouveaux cours tout en continuant à faire du travail à distance. Il est évident que 4 heures de cours face à mon 18 heures annualisées soit 20 heures par semaine, il faudrait être un peu abruti pour ramener sa fraise. Fabriquer des nouveaux cours ça ne s’improvise pas, et encore heureux que j’ai de la bouteille pour réagir rapidement. Si je prends le cas de ma femme, qui quant à elle va au charbon au quotidien, elle assure sa présence mais continue d’assurer à distance pour ceux qui ne sont pas revenus. Je peux vous garantir que ses journées sont très longues.

Dans les textes il était dit que les enseignants qui assuraient le présentiel, n’avaient pas à s’occuper du distanciel, ce qui reconnaissons-le est totalement stupide. Vous gérez vos élèves pendant six mois, vous les gérez deux mois depuis la maison, ce n’est pas pour arrêter. Il faudrait pourtant toutefois, car c’est encore fournir du travail gratuit pour une profession où l’on est toujours plus malmené. Et ce qui est particulièrement pertinent dans l’article c’est de faire remarquer que lorsque l’intégralité des enseignants ont repris, qu’il n’y a donc personne comme enseignant à la maison pour assurer à distance, qui fait cours aux enfants ? Comme je le dis, on n’en sortira pas grandi. Les directeurs se retrouvent avec une charge de travail monstrueuse avec des protocoles sanitaires qui évoluent toutes les 45 minutes, vous vous doutez bien que la pauvre instit qui s’est suicidée est bien morte et enterrée, crise oblige, on aura pu tester la résistance des personnels. Une des collègues de mon épouse qui s’était proposée, comme mon épouse d’ailleurs, avait été appelée pour garder les enfants des personnels médicaux dans le confinement. Il faut se rappeler qu’à cette époque Jérome Salomon et son style Gaullien annonçait chaque soir le nombre de morts, la dangerosité du virus et le fait que c’était tout sauf une grippette. Vous comprenez bien que les gens qui se sont portés volontaires pour aller s’occuper des gosses des personnels soignants, les gens qu’on applaudissait mais qu’on applaudit plus, ne l’ont pas fait pour de l’argent mais pour accomplir leur devoir de citoyen. On a évoqué une prime, après calcul, il se trouve qu’elle n’est pas allée travailler un assez grand nombre de fois pour gagner quatre ronds de plus … Pour les directeurs, c’est exactement pareil.

Une image truquée avec photoshop d’un enfant jouant à Fortnite

Je peux vous parler maintenant avec du recul, du système à distance, et je vous le dis ça fonctionne mal. Les raisons sont assez nombreuses, je vais essayer de vous faire la synthèse :

Mon rêve du moment

Je suis donc content de retourner à l’école et je ne m’en cache pas. Ma vie d’homme au foyer pourrait pourtant vous paraître épanouissante mais je dois vous dire que j’en ai plein le cul et qu’il est temps que cette mascarade s’arrête. À force d’avoir envoyé paître mes élèves en leur expliquant que je dors, que je mange, que c’est dimanche, mais aussi grâce à l’abandon de certains élèves, j’arrive à retrouver une vie presque normale, même si le flux de messages reste ininterrompu ou presque. Mardi, se retrouver face à des élèves, ne pas avoir une notification toutes les trois minutes, c’est un peu le début du bonheur mais ça ne s’arrête pas là. Je vis depuis le confinement toute la journée avec mes enfants, je fais à manger pour toute la famille, je fais les courses, je gère les devoirs. Si ma fille vit de mieux en mieux cette période, notamment parce qu’elle va se promener avec ses camarades sur le village, mon fils s’enferme de plus en plus dans sa solitude et dans ses écrans. Il faut aussi reconnaître que ses enseignants l’ont laissé à l’abandon, presque dans le désœuvrement et qu’il s’agit d’un garçon, c’est-à-dire un truc qui atteint la majorité aux environs de 25 ans. Parfois j’ai peur de devoir le laver alors qu’il est bientôt majeur.

Une journée par semaine pour sortir de chez moi, tailler la route avec le partner, seul. Un luxe, cette solitude que je n’ai plus. En attendant on s’occupe,

Faire à manger, le linge, le ménage et ma dernière nouveauté, la conduite accompagnée avec ma fille qui roule comme un bonhomme dans le partner. Cette période comme je l’ai déjà écrit n’aura pas changé grand-chose dans mon quotidien, à savoir que j’avais déjà de solides habitudes de télétravail, j’ai juste utilisé des outils supplémentaires. C’est certainement dans mes relations avec les gens, beaucoup plus de distances avec certaines personnes, un rapprochement avec d’autres notamment localement. L’arrêt des réseaux sociaux, moins fréquenter mes collègues et les élèves, autant de points que je trouve positif.

Ma distance avec l’informatique augmente de plus en plus, je ne dois pas être le seul quand je vois le nombre de blogs à l’arrêt et le manque d’informations originales à ce sujet. Nécessité faisant loi, j’ai dû installer Windows 10 sur mon ordinateur portable qui était sous ElementaryOS, toujours présent sur ma tour et qui répond toujours à mes besoins. Mon collègue a eu la bonne idée de vouloir se lancer dans un webinaire avec Teams. Un webinaire, s’il fallait le décrire, c’est une émission de télé à distance. Vous avez les présentateurs, je suis le producteur, c’est à dire que je vais pousser sur le devant de la scène tel ou tel document, tel ou tel présentateur. Il s’agit d’une façon de faire des portes ouvertes virtuelles qui est une bonne idée sur le papier mais moins dans les faits.

Le webinaire pour moi a du sens, si vous avez cinquante personnes en face avec de nombreux présentateurs qui sont chez eux. Si en effet vous organisez une visio, c’est la foire à quinze, le webinaire ne permet que de s’exprimer par écrit. Vous pouvez même avoir une personne qui répond à certaines questions à l’écrit pendant la conférence pendant que l’autre continuer de pousser les contenus vidéos. Il se trouve que mon collègue a vu certainement trop grand car les familles ne sont pas encore accoutumées à ce genre de pratique en ligne, une visio aurait été certainement plus adaptée. Pas à dire tout de même, le système Windows 10 est quand même franchement bien foutu, confortable, et avec très peu de bugs.

Voilà pour ce soir, je raconterai certainement un peu ma « reprise » pour ce qu’il reste de fin d’année, pour l’heure j’ai réinstallé Dark Souls 3 sur la PS4. Je sais, c’est mal.

The surge 2, le presque Dark Souls

dimanche 7 juin 2020 à 11:00

Non je n’étais pas mort, je jouais à The Surge 2, où par contre je suis mort un très grand nombre de fois. Je dois dire que lorsque je suis happé par un jeu, j’ai du mal à cumuler les loisirs, l’écriture étant un loisir. Il faut dire que the surge 2 c’est comme un souls, un jeu particulièrement difficile, exigeant, qui nécessite une grande concentration, au point de devoir refaire 80 fois un boss ou plus. Véridique. C’était l’armure de métal. Vous démarrez avec un monstre métallique qui fait un grand feu d’artifice et quand vous réussissez à la casser, vous avez un bonhomme qui saute de partout façon tortue ninja pendant que le reste de l’armure continue de vous tirer dessus. C’est ça l’ambiance de The Surge 2.

J’avais déjà trouvé très bon The Surge numéro 1, même s’il y avait des aspects perfectibles, son scénario notamment. Dans le premier épisode, on incarnait un salarié handicapé à qui l’on mettait un exosquelette, permettant d’accomplir toutes les tâches mais aussi de remarcher. On se réveillait dans un monde où tout est parti en sucettes, une expérience qui a mal tourné avec des organismes, les nanites qui se sont développées et sont devenues autonomes, contaminant tout ce qui bouge. On finissait le jeu en poutrant une créature de nanites géantes mais sans réussir à éradiquer le mal. L’une des critiques qui avait été faite à the surge, c’était son univers d’usine cloisonné, le manque de variété des décors. C’est plus ou moins corrigé dès le départ même si cet aspect-là n’est pas forcément une réussite, j’y reviendrai plus loin.

Vous prenez l’avion en direction de la ville de Jericho afin de refaire votre vie et vous êtes victime d’un crash aérien. Vous vous réveillez dans une prison et vous ne vous rappelez de rien, si ce n’est que vous êtes en liaison avec une enfant qui était avec vous dans l’avion avec qui vous avez un fort pouvoir télépathique. La gosse vous demande de la rejoindre pour la sauver, on sent que l’enfant a un lien avec les nanites et elle vous laisse d’ailleurs dans des scènes très bien réalisées des mémoires pour vous montrer ce qui s’est passé.

Vous voyez les événements qui se sont produits, ici la gamine qui s’énerve et tout le monde qui explose

Ce concept d’enquête est assez passionnant dans la première partie du jeu dans laquelle on va explorer la ville de Jericho et ses environs. Jericho est victime d’une crise de nanites, ambiance post apocalyptique, les pillards, les forces de l’ordre, des nanites en libertés, une secte d’illuminés qui prévoient la fin des temps, vous serez confrontés à de nombreuses factions. Pour répondre à la critique du premier, à savoir un univers trop peu varié, vous aurez même droit à une sortie en forêt dans une traque à la nanite géante. Tous ces lieux sont plus ou moins interconnectés, c’est ce qui fait la force des souls, à savoir qu’on passe et qu’on repasse au même endroit, on débloque des raccourcis qui vous ramènent à la station médicale, l’équivalent du feu de camp, qui vous permet d’utiliser l’expérience récupérée qui se présente sous forme de pièces détachées, d’augmenter vos caractéristiques et d’améliorer vos armes pour un système de jeu particulièrement pertinent.

Dans the surge, vous n’avez que trois caractéristiques : la vie, l’endurance et votre batterie, c’est-à-dire votre capacité à supporter des circuits intégrés. Par exemple, vous pouvez avoir un circuit intégré qui va prédire les attaques des adversaires, bien pratique pour ceux qui veulent parer. Les « boissons » ici s’illustrent par des circuits qui vous permettent de soigner, le poison, l’électricité, les nanites, ou simplement redonner de la vie. Et cela fait partie des points que je trouve vraiment intéressants, il n’existe presque pas de consommables dans the surge à part les munitions pour votre drone. Votre batterie se remplit au fur et à mesure que vous donnez des coups. Quand une batterie est pleine alors vous avez l’équivalent d’une potion de vie.

La barre bleu c’est la batterie, il est un peu à sec avec une barre de vie basse, il est mal

Ce système de jeu est intéressant car finalement tout est en illimité ou presque, à partir du moment où vous prenez le risque d’aller taper l’adversaire. C’est une partie du jeu que j’apprécie, la prise de risque est privilégiée, on ne stocke pas cinquante potions avant d’aller affronter un adversaire, on est obligé de ne pas se faire taper et de taper pour récupérer de la vie.

La notion de risque récompensé se retrouve aussi dans le loot, particulièrement original. Ici encore, dans la très grande majorité des cas, il ne s’agit pas de trouver l’armure cachée dans un coffre mais de récupérer le set complet sur l’adversaire. Les parties du corps de votre ennemi s’affichent en deux couleurs : le bleu qui représente son point faible, le doré qui représente une partie protégée par son armure. Si vous tapez dans le bleu vous allez créer beaucoup de dégâts chez l’ennemi, si par contre vous tapez dans le doré, c’est plus long car c’est une partie protégée, mais à la sortie vous récupérez une pièce d’armure. Et comme c’est vraiment bien foutu, vous allez devoir utiliser une unité de batterie pour pouvoir réaliser la « fatalité » et couper un membre à l’adversaire dans de magnifiques scènes gores.

quel morceau je vais récupérer ?

Le système de jeu est vraiment bien pensé, particulièrement cohérent et laisse surtout la possibilité de faire monter toutes les armes et armures de façon relativement simple. Relativement parce qu’il faut tuer des légions de monstres. En effet, comme il n’y a que trois catégories, la vie, l’endurance et la batterie, il n’y a pas de style de jeu particulier qui consisterait à faire monter à fond l’un ou l’autre, on est obligé de monter les trois. Comme vous faites votre shopping sur les monstres qui reviennent à volonté, à chaque fois que vous mourrez ou que vous allez dans la station de régénération, on peut faire monter tous les sets d’armures en découpant et redécoupant les nombreux adversaires que vous croisez durant le jeu. C’est un point qui me paraît assez important de signaler car cela tue totalement la rejouabilité du jeu pour qui se dit qu’il voudrait recommencer à l’armure lourde ou à l’armure légère et pareil avec les armes. Comme vous n’avez pas de choix à faire, et que vous pouvez farmer un max, rien ne vous empêche de changer d’armure et de style de jeu à un instant t du jeu.

L’armure lourde ou légère a une influence sur l’endurance et sur la résistance. Plus vous êtes lourd plus vous consommez de l’énergie dans vos coups et déplacements, mais votre résistance est beaucoup plus important, la réciproque est vraie pour les armures légères. Durant certaines phases de jeu, j’ai alterné avec l’armure lourde face à des adversaires où il était difficile d’éviter les attaques. Le jeu vous propose pour vous faciliter la tâche, ce qui prouve que cela va dans le sens de l’alternance des combinaisons, trois aménagements complets de votre personnage que vous pouvez changer comme vous voulez ce qui évite de déshabiller et de rhabiller intégralement votre avatar. J’ai fait l’intégralité du jeu, je suis au boss de fin, sans faire une seule parade et quasiment intégralement à l’armure et à l’arme légères afin d’économiser mon endurance. On se rapproche plus d’un bloodborne que d’un dark souls pour la simplicité des choix et la nervosité des combats qui parfois n’ont plus grand-chose de stratégique.

The surge 2 est-il pour autant digne de monter sur les marches de Dark Souls ? Presque mais certains points ont failli me faire décrocher, notamment à la fin. La mise en scène, l’ambiance glauque, le système de combats, la joie de débloquer des passages, le drone qui permet d’ouvrir des portes de plus ou le grappin d’accéder à des endroits inaccessibles, la ville et ses ramifications, c’est au départ franchement sympa jusqu’au moment du drame. Un événement se produit dans le jeu qui fait que globalement tout se transforme en nanites et c’est à partir d’un point très avancé, que le jeu déçoit :

Vous récupérez des objets qui vous permettent de débloquer des passages durant tout le jeu. Vous voyez à certains endroits des lieux où vous vous dites : quand j’aurai un nouveau jouet je reviendrai, comme dans Zelda. Malheureusement le nouveau jouet, quand vous l’avez, l’univers a été tellement dénaturé que vous ne reconnaissez plus rien. C’est un gros point négatif. Si on peut comprendre et saluer une évolution du décor du fait d’un incident majeur, le redesign de la ville de Jericho où plus rien ne se ressemble, où vous ne reconnaissez plus rien, finit par écœurer le joueur qui a tendance à zoner pour savoir où il faut aller.

Toujours vers la fin du jeu, après ce fameux événement, la difficulté est rehaussée mais pas de manière intelligente, par la solution de facilité. À la fin du jeu vous vous lancez à la poursuite du boss de fin, il s’agit d’un personnage que vous aurez déjà tué deux fois. La seconde fois d’ailleurs, il se bat quasiment de la même façon que la première, c’est un tour de passe-passe qui est utilisé plusieurs fois dans le jeu, des boss sont réutilisés avec quelques améliorations. Il n’y a pas de petites économies mais pourtant pour un jeu qui se veut un cran au-dessus des productions bas de gamme ça fait astuce de pauvres. À sa sortie, il me semble que le jeu était vendu entre 40 et 50 €, ce n’est pas rien. Vous vous retrouvez à friter une armée de mutants, vous ne savez pas trop pourquoi ils sont là, et lorsque vous arrivez à ce qui devrait être une accalmie, un point de passage, vous avez droit à un boss qui est une resucée d’un des monstres que vous avez déjà croisés. C’est certainement mon reproche principal. La construction d’un soul c’est basé sur un level design parfait, où chaque monstre a été réfléchi. Le monstre il est là parce que c’est compliqué, il y a des escaliers, il va falloir que tu fasses attention au ravin ou au fait que c’est serré dans le couloir. Lorsqu’un jeu se contente de faire du lâcher de monstre c’est pour faire monter la difficulté de façon bien réelle pour éviter de réfléchir et c’est dénaturer l’âme des Souls. Et c’est d’autant plus rageant que cela se produit à la fin du jeu où vous ne rencontrez plus de nouveaux ennemis mais des légions d’anciens gonflés aux stéroïdes. Je me suis retrouvé plusieurs fois à runner sans tenir compte des monstres aux environs pour arriver d’un point A à un point B et je trouve que c’est pathétique.

Et c’est pour vous dire mon niveau de lassitude, alors que je pensais même à un moment lancer le jeu en NG+ pour recommencer le défi avec un personnage plus puissant, je ne sais même pas si je vais prendre le temps de dézinguer le dernier boss. D’ailleurs, je suis sorti de l’ambiance de mon jeu alors que je suis au boss de fin pour écrire cet article que j’aurais dû écrire en toute logique après, en conclusion, parce que dans ma tête le jeu est déjà conclu, la passion est morte.

Les critiques qui expliquaient que le premier était meilleur que le second sont justes. Au départ je pensais qu’il s’agissait des éternels aigris, mais quand on arrive à un stade avancé, on ne peut que cautionner. Si techniquement ce nouvel épisode est vraiment au-dessus, il manque quelque chose : un peu plus de profondeur. L’ambiance de la ville qui aurait pu être une bonne idée, ne l’est pas. La multiplication des PNJ qui ne servent à rien et le quêtes secondaires Fedex n’apportent rien. Dans le premier, la solitude complète conjuguée à des PNJ rares, donnaient une atmosphère particulière, oppressante. Le labyrinthe plutôt pourri va finalement dans le sens du joueur. Comprenez que dans le premier, arriver à une station médicale et entendre la petite musique country c’était vraiment un soulagement, comme trouver un feu dans Dark Souls.

L’ambiance a donc été tuée au profit d’un défi technique, pour ne faire qu’un jeu de gameplay qui de ce côté-là frise le presque parfait à part parfois une caméra un peu capricieuse. Pour se hisser au niveau d’un Souls, il faut plus, il faut une âme.

Cultures, épisode 60

dimanche 31 mai 2020 à 08:18

Lilya est une voleuse qui est méprisée par la guilde, elle en a marre de n’avoir que des missions de second ordre. Elle veut organiser le casse du siècle et finit par voler une mission au maître de la guilde, voler le roi des voleurs. Il se trouve qu’elle se fait démasquer et on tient celui qui fait office de grand-père en otage. Elle va devoir récupérer trois clés qui permettraient d’ouvrir la porte d’un grand trésor. Elle va devoir voler l’une des clés chez une secte d’adorateurs du feu, et il semblerait que la clé ne donnerait pas la fortune, mais plutôt l’accès au tombeau de leur Dieu qui a été enfermé dans le caveau pour ne détruire le monde. J’ai lu le premier cycle de Voro et c’est plutôt sympa. Un graphisme simple mais efficace, un côté enfantin pour une histoire qui reste assez sanglante. Un côté blues brothers plutôt réussi avec la pauvre Lilya qui sera poursuivie par la guilde des voleurs, la secte du feu, et son commanditaire.

Klaus est un dessin animé qui a été offert gratuitement par Netflix il me semble, une collaboration entre les Américains et les Espagnols et j’ai envie de dire que ça se voit. Le dessin fait penser à du Don Bluth le dissident Disney qui a fait Anastasia, ça c’est pour les Américains et le scénario est franchement moins débile que ce qu’on peut voir d’habitude, c’est l’Europe. C’est l’histoire de Jesper, fils d’un grand patron de la poste. Il vit dans l’oisiveté et son père en a ras la casquette, humour de postier. Il décide de l’expédier à l’autre bout du monde avec pour objectif un envoi de 6000 lettres pour pouvoir rentrer au bercail. Jesper va trouver un village séparé en deux clans qui se bastonnent depuis des générations sans en connaître le motif. À l’écart du village, un homme solitaire lui fait livrer son premier jouet. Une version détournée du père Noël qui tient franchement la route, avec la mise en place de tous les éléments de la légende. Une véritable réussite.

À Shanghai en 1937, Yin (et le dragon) est une petite qui vit seule avec son grand-père. Les temps sont difficiles, les Japonais débarquent, des gamins volent le peu de poissons que le vieil homme arrive à ramasser. Un soir, alors que Yin s’est fait voler la marchandise par les gamins, le grand-père décide de prendre la mer, la petite très déterminée, se cache dans le bateau malgré l’interdit. Pêche miraculeuse, ils vont trouver un dragon d’or blessé dans leur filet. Ce dragon n’est que le précurseur d’événements terribles qui doivent se produire, les querelles des hommes ont réveillé le dragon noir qui est bien décidé à détruire l’humanité. Bande dessinée en trois tomes, un dessin somptueux pour une histoire qui s’adressera surtout aux enfants du fait d’un manichéisme très prononcé.

Après avoir plié assez rapidement Dishonored j’ai enchaîné sur le numéro 2 que j’ai plié peut-être plus rapidement encore, il faut dire que le jeu est prenant. Quinze ans après la grosse boucherie du premier, Emily la gamine qu’on a sauvée se retrouve impératrice à la place de sa défunte mère. Elle dirige d’une oreille distraite avec Corvo Attano notre héros et son papa qui lui donne une formation de tortue ninja. Les choses ne vont pas très bien au palais, des meurtres sont perpétrés au nom de l’impératrice et de son papa, ce qui pourrait être plausible quand on sait le massacre qu’on a pu faire dans le premier.

Un beau jour débarque la méchante tata, Delilah, une enfant illégitime qui se proclame comme nouvelle impératrice. Il faut dire qu’elle est accompagnée de robots de la mort avec quatre bras et de pouvoirs magiques. Vous avez le choix de jouer Emily ou Corvo, les pouvoirs des deux personnages sont différents, pour varier le plaisir j’ai pris Emily. Corvo se retrouve statufié et vous n’avez d’autre choix que de quitter le pays en direction du sud, l’endroit où les premiers assassinats ont démarré.

Dishonored 2 comme souvent c’est dishonored 1.5. Amélioration du graphisme, c’est magnifique, au détriment de la fluidité du jeu, les temps de chargements, notamment pour les sauvegardes, sont rédhibitoires et honteux tout comme les saccades en plein combat. Le système d’arbre de compétences est beaucoup plus intéressant que pour le premier et toujours aussi « injuste ». Comprenez que si vous voulez des pouvoirs, vous devez trouver les runes qui sont bien sûr cachées dans les endroits les plus délirants. Mon fils me regardait jouer dans l’incompréhension la plus complète, lui qui joue à fortnite, voir quelqu’un prendre le temps de faire chaque élément du décor pour trouver la combinaison d’un coffre, une entrée secrète ou une rune cachée, je comprends que ça puisse faire vomir. Il est évident qu’il s’agit d’un jeu de patience.

Injuste comme système car vos actions, vos morts, vos exploits, ne rapportent rien en expérience, pas de rune, pas de pouvoir. Le nombre de runes est limité si bien que vous ne pourrez pas avoir l’intégralité des pouvoirs, il est nécessaire de faire des choix. Force est de reconnaître que le pouvoir de téléportation suffit amplement à faire le jeu et que lorsqu’on l’a monté à gros niveau, on a beaucoup moins envie d’être subtil. Vous pouvez désormais récupérer les objets mais aussi attirer les ennemis si bien que vous les sabrez en plein vol. Dès lors l’infiltration face à certains pouvoirs d’attaques particulièrement dévastateurs en prend franchement en coup. J’ai fait l’un des derniers niveaux presque en run, en sabrant tout ce qui bougeait et sans être gêné plus que ça. Parallèlement à cela, j’ai développé la possibilité de faire des clones de moi-même, vous créez un clone derrière un ennemi, le clone le tue, à la longue on se rend compte qu’il y a peu d’intérêt, comme la nombreuse panoplie d’armes disponibles. Il s’agit bien évident de mon jeu, ma façon de jouer et on comprendra que d’autres prennent un plaisir particulier à jouer en infiltration, à poser des pièges et j’en passe. D’ailleurs le jeu vous invite à multiplier les méthodes, je dois à peine arriver à 17% de succès alors que j’ai fini le jeu.

Comme indiqué plus haut, nous sommes plus dans le 1.5 que dans le 2.0, on a troqué par exemple les rats contre des mouches qui lorsqu’on s’approche trop du nid essaient de vous bouffer. Alors que dans le premier, on jouait sur une difficulté qui allait crescendo quant au nombre de monstres et leur difficulté, on pense notamment aux échassiers pénibles qui tiraient de partout, ici on varie le gameplay en essayant l’originalité. La découverte des robots dans un manoir qui change de forme lorsqu’on appuie sur un bouton ou encore la perte de vos pouvoirs magiques et la possibilité de faire des allers-retours dans le présent et dans le passé.

Ma principale critique, ou plutôt regret pour le premier, c’était de ne pas avoir d’open world, de ne pas pouvoir revenir sur ses pas. Les cartes sont gigantesques et les missions secondaires souvent intéressantes. La plus grosse éclate ce sont certainement les boutiques clandestines qu’il faut piller à chaque mission. Alors que dans le premier épisode, c’était dans le cadre du retour sur votre île que vous obteniez votre matériel, ici c’est dans ces fameuses boutiques clandestines. À chaque fois, la possibilité de les dévaliser. Pour exemple, vous allez vous rendre compte que deux femmes sont dans les sous-sols pour essayer de faire sauter un mur pour rentrer dans la boutique. Une fois que vous les avez éliminées, vous faites sauter l’explosif. Trop facile, il est nécessaire de lancer une grenade de plus pour faire sauter le mur. La multitude de ces détails font que le jeu est vraiment passionnant et on a à cœur à chaque mission de jouer au voleur.

Dishonored 2 est un excellent jeu, qui change du FPS classique par sa liberté de façon de jouer. La réalisation des maps, le sens du détail, le nombre de passages pour arriver d’un point A à un point B est bluffant.

Cœur de rockeur.

N’y allons pas par quatre chemin, Lord Of The Fallen est une copie de Dark Souls en moins bien. C’est un problème de fond je pense pour les joueurs, quand tu as joué à Dark Souls, il est difficile de passer à autre chose, tu es en recherche permanente de ton shoot de difficulté, de monstres de quatre mètres dont tu cherches à comprendre le pattern jusqu’à réussir à lui placer le coup d’épée ou de hache dans la petite fenêtre qui s’ouvre à toi. Jouer à Dark Souls c’est devenir un danseur, le bon rythme, la maîtrise de soi, mourir, et recommencer. Face au succès commercial qu’a remporté la série, il n’était pas anormal que certains se soient lancés dans la copie, pas tant que ça d’ailleurs et j’aurais tendance à dire que c’est dommage. Lord of The Fallen fait partie des imitations et face à un gameplay quasiment identique qui n’apporte pas une once d’originalité par rapport à un souls, il s’est fait largement démonté par le public plus que par la critique. L’expression Dark Souls du pauvre qui revient de façon récurrente est assez bien choisie, plus par le gameplay d’ailleurs que par la réalisation.

Notre histoire commence dans un monastère où des monstres sont apparus. Vous incarnez un prisonnier qu’on a libéré parce qu’il faut vaincre le mal par le mal. Trois classes vous sont proposées, guerrier, clerc et voleur, allant de façon théorique dans l’ordre croissant de difficulté. Trois classes de magie sont aussi proposées pour un total de 12 sorts. De ce côté-là, les amateurs de craft, de gars qui aiment fignoler leur personnage peuvent se rhabiller, le personnage d’Harkyn qui n’a aucun charisme ne propose pas grand-chose au point d’avoir fini le jeu en guerrier et l’avoir supprimé derrière. Comprenez que lorsqu’on finit un Souls, les yeux plein de larmes de sangs et de paillettes, la première chose qu’on se dit c’est qu’on va recommencer dans un style totalement opposé. Quand on se dit que certains ont fait des runs complets avec l’armure qui pique et sans autre possibilité que de tuer les adversaires qu’en roulant, on comprend la passion.

Le problème profond du jeu c’est réellement sa médiocrité. Comme vous l’avez compris, les choix sont médiocres, et j’ai opté assez rapidement pour un jeu sans bouclier, monter l’endurance à fond et une arme à deux mains suffisamment rapides comme peut l’être le personnage pour espérer taper de temps en temps. C’est une des critiques les plus récurrentes et les plus justifier, trouver le bon timing avec le personnage n’est pas simple. La magie ne m’a servie quasiment à rien non plus, j’ai dépensé bêtement des points dedans quand j’aurais dû me contenter de rendre mon personnage plus fort.

S’il n’y avait que le déplacement d’éléphant, ça passerait encore, la médiocrité s’applique aussi aux très nombreux bugs pendant les combats. J’ai donc fini le jeu sans trop de difficultés, pour la simple et bonne raison que les patterns des monstres et des boss sont ridicules. Vous n’êtes jamais surpris. Dans Dark Souls, les enchaînements ne sont pas répétitifs, ici, il suffit de se contenter d’attendre. J’ai tué quelques boss du premier coup, au premier combat, ce qui montre l’anormalité du jeu où théoriquement le choc doit être tellement violent qu’on n’a même pas eu le temps de comprendre ce qu’il nous arrivait. Il y a un seul boss que je n’ai pas vaincu, il peut se contourner, c’est un gars qui est au milieu d’une grande arène. Il apparaît en effet des bugs de collision, on le tape, sauf qu’en fait on le tape pas. Bugs de collision mais aussi caméra folle, il y en a pour tous les goûts.

C’est plutôt dommage car le jeu en lui-même n’est pas si mauvais. Comprenez que c’est plaisant, ça fait un petit challenge, on a des quêtes secondaires, quelques moments parfois épiques où l’on est content d’avoir tué un monstre et une histoire qui tient la route gâchée par la plus mauvaise équipe de traduction de France. Ce lord of the Fallen est donc un bon divertissement à 4.99 € sur le playstore au moment où j’écris ces lignes, mais surtout une source de regrets. Les jeux qui demandent au jour d’être exigeant doivent l’être avant tout avec eux-mêmes et proposer une expérience de jeu irréprochable.

King Domino est comme son nom l’indique, un jeu de dominos. Le but c’est de construire une zone autour de son château avec des dominos de la même catégorie : marais, eau, prairie, forêt, plaine. Sur certains dominos, vous avez une couronne qui fait office de coefficient multiplicateur qui agit sur la zone. Par exemple, si vous avez six forêts qui se touchent et deux couronnes dessus, cela vous fait deux fois six égal douze points. Le but bien sûr à la fin de la partie c’est de cumuler un maximum de points. Jusqu’à quatre joueurs, facile d’accès, ludique, un classique du jeu de société.

Complément 110

mercredi 27 mai 2020 à 09:10

Hardware, software, services. Juin

Plutôt que de refaire un billet complet, puisqu’il n’y a pas grand-chose à rajouter par rapport à celui du mois de mai, je fais un billet de complément. À cette période je n’étais pas encore passé sous Elementary OS, c’est fait depuis plusieurs semaines sans avoir rencontré le moindre problème. Un coup de Htop me fait dire que j’ai quasiment 7 Go de RAM occupé ce qui il faut le reconnaître est conséquent, avec notamment pas mal d’onglets Youtube, ceci explique certainement cela. Avec mes 16 Go de RAM, la machine encaisse bien, je ne vois aucun ralentissement. J’aurais envie de dire, encore heureux et c’est bien normal, les ralentissements que j’avais sous Ubuntu devaient être certainement en lien avec l’utilisation de Firefox plus que la distribution. Le système me convient parfaitement, c’est simple, c’est propre, et les notifications fonctionnent parfaitement. Cela peut vous paraître un détail, mais rappelez-vous que je suis en télétravail à longueur de journée, une notification c’est donc potentiellement un élève qui demande un coup de main.

Ce qui me permet de rebondir ici sur mon passage à Opera, Firefox ne me manque absolument pas. J’avais utilisé un temps le logiciel de mail intégré dans Pantheon. Malheureusement j’ai eu des problèmes de récupération des mails pour mon Office365. Je pense qu’on peut dire sans se tromper que Thunderbird reste la valeur sûre du client mail pour Linux.

Le Blueendless Kimax BS-U35-WF fonctionne toujours, j’ai contourné le problème de minidlna foireux, en utilisant VLC au travers d’une chromecast depuis les smartphones après avoir converti au format mp4 les fichiers avi envoyés par mon oncle d’Amérique.

Rien de plus sinon l’investissement dans un véritable casque, un logitech H340. C’est ici qu’on voit qu’on vit dans un monde de merde. Pendant la période de confinement, les webcams, les casques micro sont des produits qui se sont vendus comme des petits pains. Spéculation oblige, le casque que vous voyez sur le site de logitech vendu à 34.99 € se trouvait facilement à plus de 80 € chez des commerçants peu scrupuleux. 29.90 € dans la période de confinement chez le Carrefour à côté de chez moi. J’avais pensé m’acheter un tableau blanc et faire de la visio depuis une webcam et puis finalement il apparaît que je fais tout depuis Libreoffice que je manipule suffisamment bien pour réussir à m’en sortir. La webcam malgré un son de qualité, est trop éloignée et j’ai tendance à gueuler. Ceux qui m’ont en cours savent qu’il est difficile de s’endormir puisque quand j’enseigne on dirait Johnny qui chante au parc des Princes que je t’aime. La moralité c’est que lorsque je fais une visio à la maison, avec la webcam qui fait office de micro et qui est posée à plus de 50 cm, j’ai peur qu’on ne m’entende pas, je hurle donc encore plus fort que d’habitude. Mes enfants qui sont syndiqués, sont venus en comité et m’ont expliqué que c’était plus possible, le casque micro me permet d’être plus discret.

Je ferai certainement quelques tutoriaux sur Libreoffice ou autre chose pour voir si j’obtiens un meilleur son par rapport à mes dernières vidéos, je dois vous reconnaître qu’en ce moment j’ai une perte d’intérêt pour pas mal de choses, et que j’ai l’impression d’être une limace ou un bullot.

Youtube c’est pas gagné

Dans mon dernier billet où je disais à pas grand-chose qu’on allait tous mourir (on va tous mourir), je disais que les blogs qui n’en finissaient pas de mourir, sont cette fois-ci bien morts. Je fréquente de plus en plus Youtube moi-même, je regarde pas mal de reportages sur Arte ou de chaînes de sciences. Néanmoins, quand je vois le temps qu’il aura fallu pour enterrer les blogs, je me dis que pour Youtube, ça va être beaucoup plus rapide. Une explication pour démarrer en une image

Il ne s’agit pas d’une même chaîne mais d’un montage que j’ai fait avec fotojet, un service que je ne connaissais pas, qui a l’air gratuit et sans limitation. Il ne s’agit pas d’une chaîne Youtube mais de quatre. Comme on peut le voir d’un point de vue purement esthétique, il y a un fort air de ressemblance, une normalisation de l’apparence. De la même manière, les titres qu’on qualifierait dans le jargon de piège à clics sont aussi normalisés. « J’ai testé … », « ce produit est phénoménal », « vous n’imaginerez jamais … », « les cinquante plus … », « les quarante-sept moins … ».

On va retrouver exactement les mêmes travers que l’écriture, où l’on utilise tous à pas grand-chose WordPress, avec des thèmes qui se ressemblent tous les uns, les autres, avec des sites qui usent et abusent des emphases. Ce qui fait finalement la différence entre un blog, un écrit, un autre, c’est son contenu et certainement l’intérêt qu’il y a dans ce contenu. En ce moment pour une raison qui m’échappe, je reçois des propositions de partenariat. Bien évidemment comme mon intérêt est nul, si ce n’est d’avoir le plaisir de profiter de ma liberté d’expression et de raconter ma vie, je refuse de façon systématique. Par conséquent, mon contenu n’est pas orienté par le profit et je peux me permettre de faire des titres comme l’abbé Pierre contre les survivalistes et balancer des photos de Street Fighter. Il est évident que mes choix ne sont pas très vendeurs, mais ont l’intérêt de produire un contenu très personnel.

Alors que la force de Youtube à part le côté bonus de la vidéo et tout ce qu’elle permet de faire de plus c’est de mettre en avant les personnes, on nivelle encore. Quand je dis mettre en avant les personnes, c’est bien d’un ensemble dont je parle. Je n’irais pas vous dire que le physique a son importance, mais la voix d’un individu, le regard, il y a vraiment ce truc en plus par rapport à l’écrit. On peut effectivement être captivé par un texte, mais je sais pour ma part que c’est face à un orateur de talent que je suis le plus attentif, sans tenir compte de son apparence, juste de son aura. L’exercice Tedx est assez intéressant car sans artifice, le gars tout seul qui tient son public par sa présence, c’est beaucoup moins évident qu’en ayant le budget d’un Star Wars de 5 minutes.

Le contenu des chaînes Youtube est donc devenu un truc bien lisse où tout le monde vous invite à cliquer sur le pouce bleu si vous avez aimez la vidéo. Des montages avec le plus d’effet, des coupures, des mimiques, au détriment de toute forme d’originalité. Pour en revenir à ce que j’écrivais au début. Il y a de nombreux contenus qui sont réellement dignes d’intérêt sur Youtube, mais à l’instar de l’écrit qui s’est franchement dégradé, pour avoir parcouru pas mal de chaînes, j’ai surtout la sensation que c’est la quête de l’heure de gloire, bien plus que celle du partage de connaissances.

Et c’est certainement ici le cœur du problème. Youtube et la vidéo ne sont pas ici pour remplacer l’écrit, pour trouver un nouveau moyen de relancer la machine partage, ça n’est qu’un déplacement de ce qu’on connaît déjà. Je crois que l’époque des gens qui n’ont rien à gagner est définitivement terminée, cette époque des débuts du web qui s’apparentait à un nouveau terrain de jeu. C’est certainement très cliché, le côté c’était mieux avant, je donne certainement l’impression d’être un hippie quelque part, mais c’est mon ressenti.

Pourquoi tout ceci va rapidement se casser la gueule ? Pondre une bouse à l’écrit pour vous annoncer la sortie du dernier téléphone à la mode, ça va beaucoup plus vite que de le faire en vidéo, si on veut le faire bien. J’entends par là que si faire mes vidéos dégueulasses c’est beaucoup plus rapide à faire que d’écrire un tuto à l’ordinateur, quand je vois le temps de montage que met mon collègue Benjamin, les temps d’écritures, on n’est plus du tout dans la comparaison. Pour faire de la vidéo, il faut investir, il faut s’investir, il faut une forme de talent, et aujourd’hui il faut une belle gueule. En gros, Youtube c’est comme la production d’un film, il y a plus de chances que vous remportiez du succès avec cent millions de dollars qu’avec le caméscope de Tatie Yvonne. À l’instar des block busters qui respectent des codes scénaristiques bien précis, Youtube en fait de même et évitera de tomber dans des pièges terribles : être naturel, parler de sujets sensibles qui pourraient vous faire bannir, et j’en passe.

La moralité c’est que déjà que je me sens dans un état de poulpe avancé, c’est pas l’internet qui va réussir à relancer ma machine interne. Il me faudrait certainement une catastrophe avec des tonnes de problèmes à résoudre pour me donner la patate. Hummmm … Non on va continuer à jouer à la PS4.

Le déconfinement ne relancera pas le commerce, pas le gros en tout cas.

J’ai eu la joie mardi, de participer à l’entretien de conduite accompagnée avec ma fille. Pour ceux qui n’ont pas le bonheur d’avoir une future meurtrière sur les routes, voici le déroulement. Votre enfant a franchi le cap des 15 ans et a le droit de passer le code de la route. Vous payez un bras des heures de conduite, et à un moment vous faites une heure de voiture avec le moniteur et le tueur en puissance. Vous pouvez alors mesurer l’étendue des dégâts, ma fille a une manière assez intéressante de changer les vitesses, elle passe la vitesse d’abord puis elle freine ensuite, et quand elle freine ça ressemble globalement à ça.

Je sais globalement que sur le Partner je pourrais me refaire l’embrayage et certainement les plaquettes dans les deux prochaines semaines. Nous en avons profité pour être à proximité de la ville, la grande Narbonne pour aller faire un tour. Elle voulait des fringues, cela fait partie de ses grands plaisirs, me traîner avec elle dans les boutiques. J’évoquais la dernière fois, que la consommation dans la grande distribution ça ne donnait pas envie, parce qu’on faisait une queue pas possible, mais aussi que les magasins avaient de nombreux rayons vides. C’est quelque chose que je n’explique pas d’ailleurs, à moins qu’il s’agisse de productions étrangères et qu’on a du mal à les faire venir en France.

Le principe actuel est le suivant pour les magasins de fringues, on achète mais on essaie à la maison, 60 jours pour ramener l’article. Ma fille qui pourtant est une grande consommatrice dès qu’elle a quatre ronds en poche, n’a quasiment rien pris parce qu’elle n’aurait pas voulu revenir pour ramener. Nous avons fait Micromania qui est dans la zone. Je vais aux jeux PS4 pour voir avec quoi je vais m’abrutir, il est noté de ne pas toucher à la marchandise et de demander au vendeur. Seulement le problème, c’est que si je veux toucher à la marchandise, ce n’est pas pour le plaisir de toucher un boitier vide, mais pour avoir le prix qui n’est pas mis sur la tranche parce que ça aurait été trop facile mais du côté de la jaquette. Je ne me voyais pas prendre un vendeur à côté de moi pour lui demander de sortir chaque jeu qui m’intéressait potentiellement et lui faire remettre si c’est un prix d’escroc. On notera d’ailleurs que le rayon jeu vidéo de carrefour s’embarrasse moins de ce problème, j’aurais pu lécher les emballages, ça n’aurait gêné personne.

En une semaine c’est la deuxième expérience commerciale minable que nous réalisons, sachant que ce sont ma femme et ma fille qui sont les locomotives des achats en boutique, il y a fort à parier pour qu’elles se rabattent sur internet. Moralité, malgré le déconfinement, il ne faut pas imaginer que les commerçants vont réussir à tirer leur épingle du jeu, les grosses enseignes en particulier. Les gens je pense font leurs courses moins souvent désormais et misent davantage sur les commerces de proximité. Du côté des restaurateurs, certains ont annoncé qu’ils n’ouvriraient même pas si on n’autorisait pas un nombre conséquent de tables. Autant d’emplois saisonniers qui seront détruits, des emplois souvent prisés par les jeunes, les étudiants, pour payer l’année scolaire. Le COVID n’a pas fini de faire des dégâts …

Nous nous quittons avec Lucky Peterson, qui est décédé dernièrement et pas du Covid à l’âge de 55 ans. Lucky Peterson était un blues-man, il faisait partie de cette caste de gens géniaux, prodiges de la musique, la relève de B.B King pour ma part. Aussi à l’aise à la guitare qu’au clavier, une voix reconnaissable entre tous. Sa reprise de Howlin’ Wolf, Who’s Been Talkin’ a eu un petit succès en France, le chanteur était passé sur Taratata en 1993, l’année de mon BAC et de la coupe d’Europe pour l’OM, ce qui ne nous rajeunit pas.