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Le Blog de Cyrille BORNE

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Sekiro: Shadows Die Twice ou le titre de la facilité

dimanche 15 août 2021 à 17:24

Sekiro: Shadows Die Twice est le dernier jeu de From Software à qui l'on doit la série des Dark Souls, Bloodborne et Demon's Souls. 

Un peu d'histoire personnelle.

À l'époque où je jouais exclusivement sur PC, j'avais toujours la mauvaise habitude d'acheter n'importe quoi sur Steam, à partir du moment où ce n'était pas cher, une mauvaise habitude que j'essaie de mettre de côté, il faut dire que le Xbox Game Pass aide plutôt pas mal pour éviter les fausses bonnes affaires. Le premier lancement de Dark Souls a été une véritable déception, j'ai souvenir d'un jeu particulièrement laid, et j'ai arrêté très rapidement, trop moche. Par désœuvrement certainement, j'ai relancé le jeu, je suis arrivé au premier boss qu'on est forcé d'éviter puis qu'on revient marave en sautant dans le vide et en lui faisant sauter sa barre de vie de moitié. La satisfaction de tuer ce premier boss, une révélation, pire, une drogue. C'est un propos assez récurrent, des gens qui vous diront qu'ils ont besoin de leur dose de Souls. Car c'est effectivement ici le paradoxe, il s'agit de jeux particulièrement difficiles, soit vous y faites une aversion complète, soit vous adhérez complètement au concept au point d'en devenir addict. 

Il faut dire que la mort est plutôt bien faite, les décors, l'ambiance, d'un coup un monstre de quatre mètres qui vous tombe dessus, et qui vous massacre sans que vous puissiez faire quoi que ce soit. Vous revenez à la charge, vous commencez à comprendre le mécanisme, à digérer les mouvements, et après quelques essais c'est la gloire. L'équilibre entre la réussite et la frustration est toujours très bon, rien n'est jamais impossible, si vous perdez c'est votre responsabilité. 

Il s'agit désormais de mon style de jeu, je crois que c'est le cas pour pas mal de monde, souvent imité rarement égalé, un jeu comme Sekiro par exemple a franchi la barre des cinq millions d'exemplaires, c'est dire qu'il y a un véritable public pour cela. J'ai fait l'intégralité des from software jusqu'au premier Demon's Souls sur PS3, j'ai fait tous les clones qui ressemblaient de près ou de loin, à la recherche de ma dose. Acheter Sekiro était une logique, le jeu n'a jamais été soldé sous la barre des 45 € en virtuel, j'ai réussi à trouver une copie physique sur le bon coin pour 22 € frais de port compris. 

Oublie d'où tu viens pour savoir comment tu vas poutrer le monstre

Dark Souls est un jeu qui vous permet de choisir votre personnage et de monter ce qu'on appelle un "build". Concrètement vous allez avoir des gros bourrins qui jouent uniquement guerrier avec des épées de trois mètres quand vous allez avoir des gens qui n'utilisent que la magie. C'est le joueur qui va définir sa façon de jouer. De façon générale j'ai pris pour habitude de jouer avec une épée monstrueuse, une armure légère et de ne jamais porter de bouclier. Concrètement je fais des roulades, je ne pare jamais, je passe mon temps à éviter. Et c'est ici que j'ai rencontré mon premier problème, à savoir que Sekiro ne permet pas de choisir sa façon de jouer, il vous l'impose et c'est ici la plus grosse difficulté, réapprendre à jouer. Les premiers moments ont été catastrophiques et j'ai râlé au point de vouloir arrêter le jeu, du style à jeter la manette et faire du boudin dans mon coin. Dans Sekiro, ce n'est pas comme boire ou conduire, c'est éviter et parer, ce n'est pas binaire. Cette difficulté que j'ai rencontrée, je ne suis pas le seul, les critiques ont tellement fusé que Numerama s'est emparé du sujet pour s'interroger sur le fait que Sekiro est trop difficile ou pas. Lorsqu'on lit en effet les commentaires, des gens qui râlent, on lit de façon récurrente des débuts de phrases qui commencent par "j'ai fini tous les Souls". C'est ici une façon de se donner une légitimité pour évaluer la difficulté, une façon de dire, j'y étais. En fait Sekiro est effectivement un jeu extrêmement difficile et il faut franchir un cap pour s'emparer du jeu et progresser, c'est un véritable déclic psychologique. 

J'ai eu pour ma part le déclic face au mini-boss, Sept lances d'Ashina - Shikubu Toshikatsu Yamauchu. 

J'ai regardé énormément de tuto pour voir comment font les gens. Il faut dire que pour ça Youtube aide beaucoup, cela permet un gain de temps considérable quand on passe du temps à en perdre mais j'y reviendrai plus loin. J'ai vu un tuto totalement absurde où un type prenait de l'huile, le jetait sur le personnage, lui mettait le feu, partait en courant, faisait le tour, et recommençait la procédure. Beaucoup de vidéos de ce type qui jouent sur les bugs du jeu, sur des astuces et ce n'est pas une façon de jouer. La première raison c'est que Sekiro a été largement patché et que les anomalies qui permettaient de tuer certains boss en deux coups c'est terminé. La seconde c'est que la seule, la vraie façon de réussir les combats c'est d'aller au contact en la jouant à la loyale. 

Sekiro est un jeu très éprouvant intellectuellement et qui remue dans sa zone de confort. Lorsque dans Dark Souls il était possible d'attendre et d'observer, ici il faut aller en permanence chercher l'adversaire, le charger, parer, éviter, attaquer. Concrètement si vous êtes fatigué, si vous n'êtes pas concentré, ce n'est même pas la peine de jouer, c'est comme entrer en petite forme en classe de troisième. À partir de ce moment, j'ai pas mal enchaîné les boss pour arriver jusqu'à la fin du jeu, je ne triompherai pas du tout dernier, j'y reviendrai plus loin. 

Un jeu plein de qualités

Vous incarnez un shinobi qui a la charge de protéger un jeune garçon. Il va vous arriver deux gros chagrins dans votre vie. Le premier c'est que vous vous faites couper le bras qui sera remplacé par une prothèse. Cette prothèse va évoluer durant le jeu et permettre de nombreuses possibilités. Jeter des pétards, des shurikens, avoir une lance, une hache. N'allez pas croire qu'il s'agit d'une possibilité de style de jeu, c'est une imposition, deux exemples types. Vous rencontrez des soldats avec des boucliers, votre sabre ne suffira pas, il sera nécessaire d'utiliser la prothèse avec une hache pour casser les boucliers. Vous êtes sur un grand champ de bataille, vous êtes attaqué par un boss à cheval, le cheval a peur des pétards, ce sera la possibilité pour vous de passer à l'attaque. Par le fait, jouer à Sekiro c'est trouver la prothèse qui va bien face à l'adversaire qui va bien, sauf que c'est plutôt discutable. J'ai regardé pas mal de vidéos et de méthodes, j'ai souvent fini des monstres à la hache très efficace, je n'ai jamais utilisé certaines possibilités. Il apparaît que la meilleure méthode pour avancer dans Sekiro c'est la maîtrise de la parade et de l'esquive. Le second malheur qui vous arrive c'est que vous êtes immortel, si bien que vous revenez toujours à la vie. C'est ici tout l'enjeu du jeu, rime riche en jeu. 

En effet le gamin que vous protégez possède un sang qui permet de rendre immortel les individus, il devient nécessairement l'enjeu de toutes les convoitises. Vous jouerez un souvenir qui vous permettra de comprendre comment vous en êtes arrivé là. Vous aurez donc la possibilité si vous tombez au combat de revenir à la vie, si vous tuez des bestiaux en pagaille vous aurez la possibilité de recharger votre vie perdue, c'est finalement un cadeau de From Sotfware, ce n'est pas le seul. 

Le principe de jeu est donc assez basique, il faut casser les dents de l'adversaire. La différence entre les jeux classiques et Sekiro, c'est qu'ici si la barre de vie a son importance, ce n'est pas le principal, ce qui compte c'est la posture. Plus vous frappez sur un gars, plus sa barre de posture se charge, lorsqu'elle est pleine vous pouvez placer un coup fatal. Ça va bien sûr dans le sens inverse, plus on vous frappe, plus vous contrez, plus votre barre de posture augmente, si un coup est trop fort et fait exploser votre barre, vous êtes KO. Certaines attaques de l'adversaire sont notées en rouge, c'est alors la possibilité de faire un contre parfait, nouvelle concession de From Software, on n'avait pas ça dans Dark Souls, tout comme le point rouge qui apparaît pour faire une fatalité. On ne me fera pas dire ce que je n'ai pas dit, à savoir plus facile, mais c'est pour souligner toutefois qu'il y a quelques possibilités de s'en sortir tout comme les points de sauvegardes pas très distants et toujours bien placés par rapport à des boss. 

Dans les plus grandes critiques qui ont été faites au niveau du jeu, l'absence d'évolution du personnage, c'est faux. À l'instar de Dark Souls vous trouvez des graines pour votre gourde, l'équivalent des fioles d'Estus pour vous soigner. De la même manière, vous attribuez vos points de compétences, parmi elles des compétences passives qui vous permettent par exemple d'être plus discret, de gagner plus d'or, etc ... 

Certains passages sont assez bluffants, pour ma part ce sont les séquences avec le grand serpent blanc qui sont un cran au-dessus. 

Tant pis pour le spoil. Vous venez de tuer un mini-boss et vous êtes content, vous commencez à descendre dans un ravin. Le sol tremble. Le serpent ci-dessus apparaît, il va falloir essayer de l'éviter pour ne pas se faire tuer. Certaines phases du jeu sont surprenantes, avec quelques combats assez originaux. Vous croisez un gars en armure indestructible sur un pont qui s'énerve et casse le pont autour. Vous ne pouvez pas le tuer mais vous avez la possibilité de le pousser au bon moment pour s'en débarrasser. Quatre singes qui représentent un boss sont à chasser dans un temple, vous voilà dans un jeu de loup. 

La carte est énorme et d'une cohérence impressionnante, comme les Dark Souls, le travail accompli est remarquable. C'est une carte qu'on devra parcourir plusieurs fois, entre les marchands qui vendent des exclusivités ou les quêtes propres à certains personnages qui avancent avec vous. Vous allez tuer un monstre à un moment donné qui vous permettra de plonger dans les fonds marins, on refait la carte pour retrouver tous les points d'eau. Chaque passage c'est se rendre compte d'un coin qu'on n'a pas vu, c'est très complexe, c'est très riche. De très nombreuses quêtes annexes, il est possible de tuer le grand serpent mais ce n'est pas obligatoire, il faut débloquer une quête de personnage pour le faire. 

Un jeu avec trop de défauts.

Cinq millions de copies vendues au prix fort, on savait que Sekiro serait obligatoirement un succès et pourtant c'est un jeu de pauvre. Si les environnements sont très beaux, le dernier palais avec le lac géant, les fonds marins ou les cerisiers ça claque vraiment mais ce n'est pas réellement une performance ou une claque pour la PS4. On aurait pu imaginer que le jeu aurait pris le meilleur des Dark Souls pour faire un cran au-dessus, ce n'est pas le cas, c'est même plutôt le contraire. La différence principale est d'avoir un personnage qui saute comme un cabri, le jeu est désormais aussi vertical qu'horizontal, mais pour le reste, pas de vraies nouveautés sous le soleil, pire, une sensation de régression.

Dark Souls propose des boss qui sont mémorables avec une entrée qui met vraiment les jetons, quand on a fait la carte complète et qu'on voit le brouillard, on sait qu'il va nous arriver du chagrin derrière. Trouver le feu c'est pleurer de joie car la difficulté est partout. Sekiro ne propose que très peu de boss spectaculaires, le jeu peut éventuellement se cacher derrière une certaine forme de cohérence avec beaucoup d'humains à affronter. Et le problème c'est que les humains vous allez en affronter à la pelle, avec des tonnes de soldats et surtout de mini-boss. Alors que Dark Souls créait l'événement avec le boss, Sekiro place du mini-boss tous les 100 mètres tuant de façon évidente l'effet de surprise, de stress, de montée en tension. Vous enchaînez les combats, et ce qui est totalement honteux c'est la réutilisation à outrance des mêmes adversaires à différents endroits, en version à peine améliorée, ça fait typiquement jeu de pauvre ou jeu qui cherche à prolonger de façon artificielle la durée de vie. Si l'astuce de la réutilisation des boss a déjà été faite dans Dark Souls, la réutilisation du même château trois fois, c'est ouvertement du foutage de gueule. Le jeu est d'ailleurs beaucoup moins intéressant à la fin qu'au début, on finit par avoir hâte de le terminer ce qui n'est pas franchement positif.

Le boss le plus impressionnant du jeu est certainement le singe gardien. 

Il s'agit d'un boss vraiment titanesque qui va vous faire courir beaucoup. Deux bugs conséquents et impardonnables : la caméra qui débloque complètement quand on se rapproche des parois, une portée de l'animal pas cohérente, à savoir qu'il arrive à vous chopper alors que physiquement vous êtes à un mètre. Ce qui fait la qualité des Dark Souls, c'est justement ça. Lorsque vous perdez, ce n'est pas le jeu, c'est vous, vous êtes trop lent, vous avez mal calculé votre coup, vous avez pris trop de risques, mais en aucun cas il ne s'agit d'un bug du jeu. Ces problèmes de collision et de caméra sont omniprésents dans le jeu. 

L'absence du multi-joueur qui pourrait apparaître comme un choix des développeurs, n'a pas été un problème pour moi car j'ai fait les Souls seul. J'entends par là que les gars qui attendaient devant le brouillard le temps qu'un type super à l'aise arrive ou même jouer avec les PNJ a dû certainement en faire pleurer quelques-uns. À part pour un combat où intervient un PNJ, tout le reste c'est du solo. J'ai beaucoup joué en multi sur Dark Souls, et j'avais trouvé le principe génial alors que je ne joue jamais en ligne ou presque. Le langage des signes, se donner rendez-vous pour aller buter un monstre, les stratégies établies à deux de façon spontanée ou à contrario voir un type tout rouge apparaître pour venir vous dézinguer dans la zone, le multi des souls était une plus-value indéniable pour les jeux. 

From Software n'en a pas fini avec l'obscurantisme, les trucs bizarres et ça passe plutôt mal quand on pouvait le tolérer dans un univers de Dark Fantasy. Avec un jeu plus carré au niveau du scénario, avec un personnage qui parle, on reste encore trop dans le mystique. La description des objets est pourrie, certains dialogues sont trop ambigus, certaines actions sont pour ma part irréalisables sans avoir lu les tutos d'entraide. On va donc finir un jeu avec le sentiment d'avoir raté beaucoup de choses, ce qui était le cas avec les Souls où l'on découvrait derrière un passage secret une zone complète. Sauf qu'à la grosse différence, c'est que le pouvoir de rejouabilité pour ma part est nul, je viens d'ailleurs de remettre le jeu au bon coin à la vente. Recommencer le jeu pour quoi faire ? Pas de possibilité de jouer autrement. Quand on sait que certains ont fait le jeu intégralement avec l'armure à pointe, on comprend que la rejouabilité est importante et inspirante.

Le problème n'est pas la difficulté mais le temps. 

On ne va pas se mentir, j'ai joué sans compter, j'ai passé des dizaines d'heures pour finir le jeu, enfin sauf le dernier boss, j'y viens. Dans l'article de Numerama, on est allé interroger ExServ. ExServ est un gars que je suis depuis des années, il a fait partie des premiers à faire des tutos Dark Souls en France. Ce que j'aime chez lui, c'est son côté pédagogique, humble et posé, pas un gars surexcité. Nécessairement il va attirer un public plus âgé. Dans l'article de Numerama, il explique qu'un joueur âgé de plus de 50 ans, lui a dit qu'il n'avait plus les réflexes pour faire ce jeu et ça peut se comprendre. Si on prend le cas du grand singe, j'ai mis des heures à réussir à assimiler les patterns pour réussir à le buter. J'étais coincé dans un palier de progression personnel, quand j'ai buté le singe, je suis allé beaucoup plus vite pour le reste. 

Néanmoins on ne va pas se mentir. J'ai 46 ans, et j'ai vraiment accusé le coup sur ce jeu, c'était éprouvant. Car finalement, Sekiro n'est qu'un jeu de rythme, un gars super balèze à guitar hero ou ce genre de jeu où il faut appuyer au bon moment sur la bonne touche doit pouvoir faire le jeu assez simplement. Basé donc uniquement ou presque sur les réflexes, plus que sur toute forme de stratégie, mieux vaut avoir 20 ans que 50. C'est donc un propos pertinent à la charge du jeu, j'en ai vu un autre, celui de l'aspect détente. Certaines personnes disent qu'après une journée de boulot, se faire monter la pression avec un jeu, ils passent leur tour et je les rejoins totalement. 

Ce sont les grandes vacances et malgré un emploi du temps chargé comme tous les profs en vacances qui rattrapent le temps perdu en faisant ce qu'ils n'ont pas pu faire dans l'année scolaire, j'ai pu dégager un temps considérable pour arriver à la fin du jeu. Le problème et c'est désormais le principal pour toute forme de loisir, d'activité, c'est l'engagement, le taux de satisfaction par rapport au temps consacré. C'est certainement ce qui explique le fait que j'arrête le jeu aux portes de la victoire, comme ça a été le cas pour the Surge 2 ou Remnant from Ashes avec son boss où il fallait 30 minutes pour le tuer. À la fin du jeu vous allez affronter un boss que vous avez déjà tué mais qui avait ressuscité. L'aspect retour d'un personnage même si le gameplay est identique ne me choque pas réellement, même s'il s'agit d'une réutilisation d'un personnage qui ne fait qu'une attaque de plus, petite économie pénible. Lorsque vous finissez par l'avoir et que vous y avez laissé un peu de santé, c'est le tour du grand méchant, trois barres de vie .. Admettons, ça fait partie du jeu. Seulement et c'est un point que je trouvais déjà scandaleux dans Dark Souls et qui ne s'arrange pas ici, un temps de chargement de une minute est nécessaire pour vous faire réapparaître, il faut zapper manuellement la cinématique, et bien évidemment le premier type à tuer est encore présent. Passer plus de temps avec le chargement qu'à jouer est une hérésie, j'arrête donc les frais, je commençais déjà à saturer du jeu depuis le dernier monde. 

En conclusion

De façon indéniable Sekiro aura comblé mon manque de Souls mais ne restera pas pour ma part un jeu mémorable à tous les niveaux, avec une perte d'intérêt considérable vers la fin du fait des grosses ficelles de réutilisation des développeurs. Si le jeu n'est pas si difficile que cela contrairement à ce qu'on peut lire, il demande un temps d'investissement considérable sauf si vous êtes un virtuose de la manette. Il est donc à réserver uniquement aux fans de la série et représente pour ma part une régression par rapport au travail fourni sur l'ensemble de la série des Souls. Le plus désagréable étant de façon indéniable la prolongation artificielle par le retour au château, trois fois tout de même. Le jeu plus court, aurait pu être plus intense. C'est d'autant plus honteux pour un studio très imité, qui a inspiré des dizaines de jeu, jamais égalé qui a fait des choix de facilité plutôt que de nous en mettre plein la vue. C'est d'autant plus honteux qu'avec Bloodborne, un jeu dynamique, sale et très nerveux dans le gameplay, From software avait montré sa capacité à changer d'environnement.

Elden Ring sera le prochain From Software avec un scénario réalisé par George R. R. Martin, le monde serait ouvert, le jeu serait plus accessible. À suivre, comme tout bon drogué, je serai certainement de la partie même si sur le papier, le projet s'annonce comme plus commercial. 

Le monologue

samedi 31 juillet 2021 à 21:35

La dernière fois, j'échangeais avec mon camarade Benjamin avec qui je partage le site restez-curieux, et accessoirement une petite centaine d'élèves, et je lui posais la question suivante. Est-ce qu'au travers des réseaux que tu utilises, tu échanges vraiment. Benjamin a en effet sa chaîne Youtube, histoire à la carte, il est présent sur Facebook, Twitter et Instagram, principalement pour faire vivre sa chaîne. Il m'a répondu que Facebook c'était mort, qu'il n'avait plus aucune portée, que le seul réseau social qui lui a permis de se faire des contacts c'est Twitter. Il n'avait pas compris le véritable sens de ma question. J'ai donc reformulé de la façon suivante. Est-ce qu'il y a des réseaux sociaux avec lesquels tu parles vraiment avec les gens ou tu te contentes de subir les longs monologues des uns et des autres, les vannes à deux balles, les pensées profondes, et le reste. La réponse est non

C'est un constat que j'avais fait depuis un moment et c'est pour cela que je m'étais retiré des réseaux sociaux. Je lisais cet article assez triste et édifiant : Les adolescents du monde entier se sentent plus solitaires qu'il y a dix ans, et les smartphones pourraient en être la cause. Le smartphone n'est que le support, derrière c'est nécessairement l'utilisation qui en est faite, parmi les possibilités, les réseaux sociaux. Il n'a jamais été aussi simple de communiquer, sauf qu'on ne communique plus, le pire c'est qu'on ne cherche pas à communiquer. 

Lorsque j'étais présent sur Facebook, j'avais fini par masquer 95% des gens que je suivais. Une partie de la réponse se trouve dans l'article de Slate "Facebook est devenu le réseau des boomers". Entre mes collègues qui balançaient leur haine de la société, des opinions politiques plus ou moins bien senties, l'insupportable augmentation de l'essence, le complotisme contre le vaccin alors qu'ils sont tous vaccinés, ça devenait difficile. J'ose à peine imaginer l'ambiance avec le pass sanitaire. Il faut comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une volonté de communication mais de l'équivalent de quelqu'un qui jetterait une bouteille à la mer sans attendre qu'on trouve la bouteille, et c'est certainement ici le plus terrible. Avec les gens de mon âge, le positionnement des autres c'était d'évacuer sa colère, mon positionnement c'était de la fuir, seuls ou mal accompagnés dans leur haine, seul de mon côté. Voyez comment on peut facilement développer la solitude chez les uns et chez les autres alors qu'on est pourtant présent sur un même réseau social fréquenté par des milliards d'individus.

Les réseaux sociaux, à force on finit par ne plus rien voir, ne plus rien dire et ne rien vouloir entendre

Avec le public plus jeune qui correspondait à mes anciens élèves avec une tranche d'âge 25 à 35, le constat était particulièrement similaire à celui qu'on peut voir sur Instagram. Concrètement, des moments de bonheur, le bébé, le mariage, des moments particulièrement bien choisis pour étaler son bonheur. Sur Instagram c'est une culture du bonheur similaire pour un public encore plus jeune. Faute de présenter le bébé on présente les photos de vacances, le corps bronzé, le petit copain du moment, le verre entre amis. Où est l'échange, où est le partage ? Il n'y en a pas, où serait l'échange, où serait le partage, quel commentaire faire à part "tu es trop belle", "trop drôle", "trop lol". On peut bien sûr transposer à tiktok, que dire d'une chorégraphie, d'un sketch, à part qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas.

On serait à même de penser que Youtube et son système de commentaires permettent plus d'échanges du fait que certains thèmes abordés sont parfois plus profonds. Mais c'est ici que nous retrouvons le même pendant que Facebook. Sur Youtube, il y a un intérêt dans la production, je crois que c'est comme pour toute personne qui produit, on produit pour être connu, reconnu, on produit pour un jour avoir son quart d'heure de gloire. Bien évidemment, ce serait jeter la pierre aux passionnés, mais du gamin qui fait sa vidéo dans sa chambre pour montrer sa dernière vidéo Minecraft à Squeezie, à des échelles différentes l'envie est la même, dégouliner sous des tonnes de vues. On a donc des vidéos très intéressantes sur Youtube, certaines qui suscitent la polémique, qui devraient permettre d'engager le débat, la discussion, l'expertise des autres, que nenni !!! Dans Youtube, les gens viennent poser leur commentaire insultant quand ils sont en désaccord mais ne sont pas en recherche de dialogue. De l'autre côté le créateur de la vidéo tremble d'avoir quelqu'un qui explique par A+B que la vidéo est pourrie, et se doit de répondre poliment à tout un chacun sans vraiment lire les commentaires car de toute façon c'est trop tard, la vidéo est faite, le montage ça prend du temps. Si chacun prenait en compte les remarques des autres, le travail de refonte ou les erratum seraient colossal pour un gain négligeable. Cela me fait penser à la loi de Brandolini sur les fakes news, où il faut dix fois plus de temps pour démontrer la fausseté de l'information que de propager la fausse information. 

Les blogs sont les précurseurs du phénomène, c'est normal, on a un tour d'avance. À l'époque, j'ai fait partie des premiers à couper les commentaires de mon blog, j'ai fait partie des précurseurs. Il faut reconnaître que j'étais totalement responsable de la situation puisque je trollais comme un débile sur les distributions Linux, sur le logiciel libre. Encore aujourd'hui, lorsque vous avez des articles sur des sites généralistes, alors que plus rien ne fait réagir, la combinaison RMS, Torvald, Microsoft, Apple, liberté vous offre un combo à 250 commentaires. La coupure des commentaires avait fait scandale dans mon petit microcosme, car tout simplement les gens y voyaient une façon d'éluder la conversation, de ne pas participer à l'échange et à y réfléchir c'était exactement le cas car je n'en avais absolument rien à foutre comme aujourd'hui d'ailleurs. Je ne suis pas intéressé par le débat, et d'ailleurs qui l'est réellement ? On notera que les gros sites internet ont soit coupé les commentaires pour les envoyer vers les réseaux ou les ont poussés discrètement sous le tapis, difficile à voir sous l'article.

La métaphore du changement de direction suite à une discussion

Je n'ai pas de commentaire, et je ne le saurai certainement jamais, mais que celui d'entre vous qui est revenu sur une de ses opinions après une discussion avec quelqu'un, me jette la première pierre. En écrivant ce billet, je pense à ma vie, à l'ensemble des conversations stériles que j'ai pu me taper, aux repas interminables à échanger sur tous les sujets les plus insipides, qui a réellement réussi à me convaincre, qui a réellement réussi à me faire changer d'avis ? Et réciproquement bien sûr, est-ce que j'ai pu par mon propos faire changer la vision des choses à un individu ? Le changement d'opinion vient de la confrontation de l'opinion à la réalité. Dans notre contexte COVID par exemple, pour un Antivax c'est peut-être se retrouver dans un lit d'hôpital avec des tubes dans tous les trous connus et même des nouveaux ou tuer la moitié de sa famille par le COVID suite à un repas de qui pourrait faire réfléchir. Pensez-vous sérieusement que toutes les théories scientifiques, les bilans, pourront changer ce qui relève du dogme ? 

Pour prendre un sujet bien moins polémique, même si je pourrais tenter le combo à 250 commentaires, si les échanges étaient suffisants, si la communication faisait la différence, la terre entière serait sous Linux, les gens seraient convaincus de la pertinence du système. La réalité est différente, les gens ont la conviction que Microsoft Office c'est mieux que Libreoffice parce que c'est plus cher, que Linux c'est compliqué quand ils savent que ça existe, qu'il faut utiliser la ligne de commande et les échanges pour convaincre sont totalement stériles, car les gens restent ancrés dans leur position. 

On pourrait penser que ce mélange de narcissisme, de ce manque de volonté d'infléchir sa pensée parce que réfléchir ça fait mal à la tête, s'applique dans des réseaux sociaux populaires mais que ces comportements ne trouvent pas leur place dans le monde professionnel. Si c'était vrai ... Je suis utilisateur du réseau social Yammer, et j'ai balancé quelques bouteilles à la mer, il ne s'agissait pas ici de crier sa colère ou sa haine mais bien d'obtenir l'expertise professionnelle d'autres collègues, d'avoir des idées, d'avoir des billes. Comprenez que lorsque plus haut, j'écris que je me fous de l'échange, j'ai envie de dire que je me fous de l'échange qui m'est imposé, celui que je ne demande pas. J'écris aussi qu'aucune de mes discussions n'aura fait changer quelqu'un, mais peut-être qu'un de mes billets de blog, oui. Car ici la démarche est totalement différente, quelqu'un qui me lit, ne me subit pas dans un repas à table, il est dans une démarche volontaire, délibérée de me lire et c'est une énorme nuance. Sur le réseau social Yammer de ma fédération agricole, je n'ai reçu quasiment aucune réponse. Les réponses qui m'ont été faites c'est de l'égo trip pour expliquer qu'ailleurs on ne rencontre pas les mêmes problèmes que moi parce qu'on est trop fort. Pour le reste pas de proposition, pas d'idée, pas de volonté de comprendre mon problème, de se mettre à ma portée pour essayer de m'apporter de l'aide. Sur Yammer, c'est donc silence radio quand on cherche de l'aide, et pourtant si vous mettez un document en ligne, vous êtes "leeché" à tour de bras, en silence bien sûr, la pudeur des enseignants. Parallèlement à cela, les demandes pleuvent pour avoir des cours, obtenir des CCF, prendre mais pas donner. Pour enfoncer le clou, le réseau s'est emballé lorsque la community manager a proposé un jeu concours où il suffit de participer pour espérer gagner, preuve que le réseau n'est pas mort ou pas pour tout.

Je pense que si vous cherchez dans les réseaux sociaux une façon de combler votre solitude, de rencontrer des gens, vous vous trompez d'endroit. J'ai rouvert comme expliqué un compte twitter. La plateforme a beaucoup évolué depuis mon dernier passage avec une fonction que j'utilisais très souvent dans Facebook, la possibilité de "masquer" les individus. C'est de la politesse qui tient de l'hypocrisie, on est ami mais je ne te lis pas, car ce que tu racontes ne m'intéresse pas. Moins puissant que Facebook car moins populaire dans le sens moins populo, twitter reste un moyen efficace pour obtenir une information, plus élitiste toutefois. Ma mairie par exemple publie sur Facebook mais pas sur twitter comme c'est le cas pour beaucoup d'associations ou de gens qui font la promotion d'événements locaux. Twitter permet de suivre les comptes des préfectures, de certains sites touristiques, l'aspect synthétique du fait de la pseudo limitation de caractères permettant d'aller à l'essentiel. Les réseaux sociaux ont pour moi trois fonctions : s'informer, se mettre en valeur, espionner les autres. En faisant le choix de twitter vous vous doutez bien que c'est pas gagné pour se mettre en valeur et espionner les autres. 

De façon synthétique : 

La situation n'est pas inéluctable, et relativement facile à gérer quand on a un peu de bouteille, qu'accessoirement on a vécu avant l'ère de l'internet. Pour les jeunes c'est nécessairement plus compliqué, car ils n'ont connu que ça et ce sera à eux de suivre le lapin, la pilule rouge ou la pilule bleue, pour quitter la matrice. Un beau jour, ça finira par venir, tous les gamins du monde entier ou les plus malins en tout cas finiront par lever les yeux de l'écran. 

Nous nous quittons ce soir car il est déjà tard sur un titre de Sofiane Pamart, une forme de monologue puisque l'homme est seul avec son piano. C'est du classique, c'est du classique qui a de la gueule, et c'est du classique qui n'est pas du tout éloigné de mon univers RAP français, puisque Sofiane Pamart est un pianiste d'une petite trentaine d'année qui a été biberonné au RAP dont NTM. On le retrouve donc présent aux côtés de nombreux rappeurs dont Koba LaD, Vald, Maes, Laylow, Médine, SCH, Sneazzy, Zola, Hugo TSR, ou encore Demi Portion. Il faut se dire que le concept n'est pas du tout nouveau dans le RAP français, la différence c'est qu'à l'époque les gars prenaient des samples je pense à 32 mesures de haine de Sinik ou à c'est donc ça nos vie de I AM quand Sofiane Pamart utilise réellement l'instrument. Un concert de lui donné sur Arte traine sur Youtube, je vous invite à le regarder, on a l'impression d'avoir DJ Snake mais au piano. Le positionnement de Sofiane Pamart est intéressant et plutôt réussi car j'ai l'impression qu'il ne vend pas son âme. Comprenez que lorsque des gars comme Richard Clayderman ou André Rieu ont essayé de populariser la musique classique, j'ai toujours eu une sensation de populisme croisé avec un kitsh de mauvais goût. L'homme s'habille comme un gars de 31 ans qui a quand même une véritable culture RAP et j'ai envie de dire que c'est de son âge, tout en jouant une musique classique sans compromis, sobre, émouvante. 

C'est la marche funèbre de nos campagnes

samedi 24 juillet 2021 à 21:58

Je pense que les vacances désormais pour moi ce sera Puivert jusqu'à la fin de ma vie. Ma femme est fan du coin, je ne lui jette pas vraiment la pierre, Puivert, l'arrière-pays audois, c'est quand même franchement sympa et j'ai envie de dire encore plus sympa quand tu vis la période actuelle. Le masque dans la gueule c'est insupportable quand on arrive à des températures de l'ordre de 36 degrés, le monde chez moi à la plage c'est aussi insupportable, l'arrière-pays offre une véritable expérience verte, le calme, la détente. 

Le village de Puivert a ceci de particulièrement intéressant, c'est son lac au bon milieu du village ou presque.

Concrètement, le matin, tu fais dix kilomètres en forêt, l'après-midi tu glandes au bord du lac. Tu as une baraque à frites à prix réduit qui fait des choses pas mauvaises à des tarifs dérisoires. Tiens bonne introduction que la barraque à frites, voici ce que tu peux lire sur leboncoin. 

À vendre comme de très nombreuses maisons dans le village. Puivert l'an dernier c'était encore quatre "restaurants", il y avait même un qui faisait des spécialités afghanes. Ils ont racheté le restaurant au bord du lac et n'arrivent pas à trouver de personnel pour laisser le restaurant historique ouvert. À une époque il y avait une boulangerie, un café, une épicerie, tout a fermé. On pourrait noter une forme de paradoxe, justement dans l'époque dans laquelle où nous vivons, et pourtant absolument pas, car cette situation je la connais par expérience, jusqu'à la fermeture de mon ancien établissement dans le Cantal

On pourrait effectivement se dire que Puivert a énormément d'attrait, touristique pour commencer, du terrain à plus quoi savoir en faire, une proximité relative de services avec les villages de Lavelenet, Chalabre ou même Limoux et Carcassonne qui sont à une heure de route. Quand la crise COVID est arrivée, les gens ont réalisé que leur vie de merde dans un appartement minuscule à quatre n'était pas forcément l'idéal qu'ils avaient prévu. Le besoin d'air, le besoin de changer de vie, cette petite vie misérable ponctuée d'événements commerciaux, qui ne fonctionnent plus d'ailleurs, parce qu'on a tout tué, le changement c'était maintenant, sauf qu'en fait pas vraiment ou pas partout. Chez moi, face à la mer, tout s'est vendu. Quand je dis que tout s'est vendu, c'est que tout s'est vendu, à des tarifs les plus improbables. Le vendeur de la maison de mon voisin a fait monter le prix car dans cette période où tout s'est vendu, tout se vend et s'arrache quel que soit l'état, quel que soit le prix. En rentrant chez moi après mon séjour, j'ai vu que la maison à 250.000 € pour 50 mètres carrés et un bout de terrain s'est vendue. On avait observé ce phénomène dans le sud de la France à l'ouverture de la ligne de TGV entre Paris et Nîmes, 3h30 de train pour rallier le sud depuis de la capitale, ça ouvrait le champ des possibles. La vague que nous vivons actuellement sur tous les villages du sud et pas seulement le bord de mer est totalement folle. Les agences cherchent des bien pour les vendre, il n'y a plus rien. Bien évidemment tout le marché s'effondrera quand le COVID sera passé, quand les gens réaliseront qu'une résidence secondaire a un coût, que c'est un boulet au pied et que l'envie de sauter dans le premier avion pour instagrammer prend aux tripes. 

Ce que j'essaie de dire, c'est que comme souvent pour tout, la résolution est souvent sur le papier, et modérée. S'ils sont certains à avoir changé de vie ou presque, déménagé avec le télé-travail, ce n'est pas la majorité, et ceux qui ont de l'argent se sont contentés de prendre un pied-à-terre dans le sud car comme disait le grand Charles, le COVID est plus beau au soleil. 

La campagne n'attire pas, ou peu, car la vie à la campagne c'est difficile et rien n'est fait pour aider. J'ai passé huit ans dans le Cantal et si on peut effectivement vanter le confort de vie, la réalité du quotidien c'est faire 40 km de voiture pour trouver l'hôpital le plus proche, ce même hôpital qui menace de fermer. La campagne c'est dans la voiture tous les jours, mieux vaut avoir la santé, la campagne c'est avant tout le désengagement de l'état, l'abandon des services. Une petite coupure photo pour illustrer le propos. 

Il s'agit d'une voie verte, je ne sais pas si ça existe chez vous mais ça commence à faire des paquets de kilomètres chez moi. Le principe de la voie verte, c'est tout simplement une piste cyclable ou pédestre qui remplace les anciennes voies ferrées. Car effectivement, c'est aussi ça la campagne, les voies ferrées qui disparaissent, les écoles qui ferment, les hôpitaux, les services de l'état et c'est un peu le problème de l'œuf ou de la poule. Un village est attractif s'il y a du travail, s'il y a des services. Une famille va s'installer parce qu'il y a une école, parce qu'il y a une crèche parce qu'il y a une pharmacie. La logique est donc celle-ci, avec l'exode rural, la fermeture des entreprises, les gens sont partis à la ville. Moins de population, l'état par souci de rentabilité a fermé certains services. Pourquoi maintenir une ligne de train si trois personnes la prennent par semaine ? Et c'est ici le problème de fond, il sera impossible de rendre attractif ces endroits sans service. Quelle entreprise s'installerait sans pouvoir offrir à ses salariés le minimum. 

Comme toujours tout est une question de volonté de l'état qui comme j'aime à le rappeler souvent n'a pas de visibilité à long terme. Je vous ai fait le laïus suivant sur l'école qui en gros est celui-ci. Si vous ne mettez pas le paquet sur l'éducation des gamins, c'est l'avenir de votre nation que vous mettez en péril. Politiquement bien sûr avec des crétins qui voteront pour celui qui proposera des chocolatines tous les matins, mais aussi pour les entreprises, la science, et j'en passe. Pendant que certaines entreprises étrangères se gavent avec le vaccin qu'elles ont fabriqué, SANOFI et Pasteur vont peut-être faire quelque chose, ou pas, voyez que le mal nous ronge déjà. Avec la crise COVID on a pu toucher du doigt le côté sympathique d'être autonome au point de vue de la nourriture, faute de l'être sur tout le reste, jusqu'au paracétamol. On comprend bien que la campagne ne fait pas rêver, et quand on voit quel engouement on met dans la voiture électrique qui vous m'excuserez est un problème de bourgeois et de citadin parce qu'à la campagne tu roules de façon obligatoire au diesel face à la masse de kilomètres que tu dois te cogner pour vivre normalement, on comprend que l'état rate le coche. À Puivert, sur toute la zone, chez Bouygues ou SFR, j'étais en 3G. À l'instar des bagnoles électriques, quand les gars se tirent la bourre pour avoir de la 5G le plus rapidement possible, on comprend dès lors que oui, la campagne n'est pas la préoccupation première de nos états alors qu'elle devrait passer de façon prioritaire devant les villes. Qu'on forme des agriculteurs, qu'on arrête d'acheter notre nourriture ailleurs, qu'on repeuple nos campagnes, pour un mieux vivre, pour notre alimentation, notre santé, la vie de nos territoires et qu'on arrête de penser avec ce mode citadin ou parisien à la con qui essaie de nous faire croire qu'on fera pousser des tomates sur les trottoirs. 

Tout est à vendre, beaucoup de ruines, on imagine le large potentiel, ce qu'il serait possible de faire, certains l'ont compris mais ne s'y prennent pas forcément de la meilleure manière ou n'ont pas les outils. Puivert c'est environ une quinzaine de nationalité, et des gens qu'on qualifierait en ville de marginaux et pourtant des gens qui ont tout compris au mode de vie alternatif mais qui n'ont ni les moyens financiers d'acheter les ruines, ni les moyens de les retaper. On a des gens qui se font prêter des parcelles qui font du bio, qui font un peu d'élevage. De nouveaux hippies en quelque sorte. On voit de véritables initiatives solidaires mais aussi commerciales fortes. Le magasin gratuit en est un exemple parmi d'autre. 

Le cola des montagnes est certainement la chose la plus intelligente que j'ai eu l'occasion de voir, la plus courageuse, et la plus militante. Il s'agit en fait d'un cola fabriqué dans le coin, certains restaurateurs ont fait le choix de ne vendre que ce cola et pas de cola industriels, qui est un mot qui revient et prononcé avec mépris par ces gens qui prennent position. Il s'agit de toute évidence d'une prise de risque, mon épouse n'a pas voulu en prendre par exemple. Par le fait, faire ce choix strict, qui consiste à ne proposer que le produit local, c'est prendre le risque de rater une vente. Néanmoins et c'est ici un positionnement que je trouve très intéressant et qui correspond parfaitement à mon mode de fonctionnement dictatorial, la très grande majorité des gens présents consomment ce qu'on leur propose parce que quand tu n'as pas le choix et que tu crèves de chaud, tu prends ce qu'il y a. En plus c'est pas mauvais et ça change. 

Imposer au peuple, il suffit de voir ce que ça donne avec le pass sanitaire, pour se rendre compte que c'est compliqué. Néanmoins et c'est le rôle des états, des états bienveillants, ou des personnes bienveillantes, de ne pas dire oui à toutes les conneries du monde et parfois savoir passer en force. À l'heure où l'on prend conscience que Apple n'est pas aussi secure qu'il en a l'air et qu'il s'agit pourtant d'une marque américaine utilisée par la majorité des chefs d'états du monde, on ferait bien de commencer à imposer un système d'exploitation libre pour les ordinateurs et par extension pour les téléphones. On oublie que pour beaucoup de choses, tout est une question de choix, de positionnement. 

J'ai refait un compte Twitter, vous devriez me suivre sur @Bornecyrille. J'ai écrit plus haut que les gens n'ont pas les bons outils ou s'y prennent mal. Alors qu'il y a des initiatives formidables, les gens sont incapables de les mettre en valeur. Trouver l'information est extrêmement complexe, et l'information que je cherchais en me remettant sur Twitter, je ne l'ai pas trouvée, elle n'est pas sur Facebook non plus. Par contre ça dépanne toujours pour avoir accès aux informations de la préfecture de l'Aude surtout quand ça crame, à certaines informations touristiques, à des expos. Imaginez qu'en 2021, le site de la mairie n'a pas été mis à jour depuis 2017 sur la page d'accueil, un vieux Wordpress dégueulasse ou les infos sont des PDF ou des captures d'écran. Personne n'a pris les outils numériques pour donner de la visibilité au coin et je trouve que c'est bien triste. 

Car si effectivement on peut pointer du doigt les pouvoirs publics, il n'est pas non plus impossible pour chaque citoyen de s'engager dans la survie de son village, sans forcément s'engager en politique. Je lisais cet article sur l'histoire du Hellfest ou comment un village de 7500 âmes accueille le plus grand festival de métal de France, un des plus grands événements musicaux français. Les organisateurs racontent qu'au départ on trouvait des prières dans les boîtes aux lettres pour résister contre les satanistes. Le succès ne se dément pas et on le doit à deux gars qui ont réussi à changer les choses. Je pense qu'il faut croire en l'homme, en l'individu, à la puissance d'une seule personne qui a la vision pour tout changer, et je ne parle pas des deux abrutis qui se tirent la bourre pour aller dans l'espace quand ils auraient la possibilité de changer le quotidien de millions de personnes avec le fric qu'ils jettent en l'air. 

Nous nous quittons sur l'hymne de nos campagnes, dans sa version originale et pas dans sa nouvelle version avec des invités parce qu'on est roots ou on ne l'est pas. Je pense que le prochain billet sera autour des réseaux sociaux, de la communication, je vois en gros ce que j'ai à écrire. Pendant qu'on est dans les actus, je n'ai à l'heure actuelle toujours pas installé de Linux sur mon PC ni même fait un essai sur Windows 11. 

Complotisme ou pas

jeudi 15 juillet 2021 à 10:09

Dans le dernier épisode, j'avais lâché un teaser avec des titres en lien avec Windows 11, on ne va pas commencer par là, mais par une discussion que j'ai eue avec mon voisin. Comme vous le savez je vis dans une station balnéaire, Saint-Pierre la Mer, 1500 habitants à l'année, 30000 à 40000 personnes pendant la saison. Aux municipales, l'ancien maire ne s'est pas représenté, une retraite bien méritée. Le candidat élu est un homme, jeune, chef d'entreprise, apolitique qui s'est engagé. La situation de mon village, de façon synthétique, c'est trois villages en un Fleury d'Aude le véritable village, Saint-Pierre la mer, le poumon économique, les Cabanes de Fleury en embouchure de l'Aude, loin de tout, mais station balnéaire quand même. Beaucoup de routes à entretenir, la mienne est devenue tellement dégueulasse que désormais j'ai tendance à l'éviter. La fameuse bulle de Saint-Pierre, 9 millions d'euros jetés en l'air pour un projet qui a pris l'eau au sens propre, 1 million d'euros pour reboucher le trou. La ville est endettée, il ne se passe rien depuis les 18 ans que j'ai une propriété ici, les commerces ferment, nous sommes passés de cinq salons de coiffure à deux, le marché du soir a pris un sacré coup dans les dents. La situation n'est pas reluisante et si l'immobilisme a un côté confortable rassurant, il ne fait pas réellement ses preuves sinon le commerce serait florissant. 

Notre maire a décidé de faire la révolution et dire que c'est un beau bordel est un véritable euphémisme. Si vous regardez la photo ci-dessous, vous voyez une grande roue, des chalets en bois. Tout le bas, le centre en fait, a été coupé pour créer une zone intégralement piétonne. La circulation est détournée, mon quartier à deux cents mètres de la plage est désormais un coin VIP, à savoir qu'il faut une carte pour pouvoir y accéder et circuler. En gros, c'est le grand chamboulement et comme tout grand chamboulement, le démarrage est difficile. Par exemple, un matin on voit fleurir des sens interdit dans tous les sens au point de ne plus pouvoir rentrer chez moi. J'appelle la police municipale qui m'explique et me confirme que c'est un peu la foire, les gars passent en deux fois, ils mettent le sens interdit puis quatre jours après "sauf pour les riverains". Le policier me dit que c'est bien noté dans le cadastre mais de pas tenter de prendre le sens interdit parce que si je tombe sur la mauvaise personne je peux prendre cher. L'absence de signalisation a été complexe pour l'intégralité des gens, un de mes collègues qui taille la route souvent par chez moi évite le village. J'ai envie de dire que face au peu de gens présents alors que nous avons franchi la date du 14 juillet, que nous sommes dans un contexte COVID qui fait que l'an dernier on devait avoir un taux de remplissage à 150%, c'est anormalement calme. Les commerçants se plaignent d'une baisse du chiffre d'affaires la piétonisation leur pose des problèmes. Faut-il pour autant tirer sur l'ambulance ? Faut-il pour autant conclure dès maintenant ? 

Et c'est ici un premier point qui me paraît très important. Quand on voit comment ça tourne actuellement, il serait aisé de dire que notre bon maire a eu une brave idée à la con, et pourtant je me refuse d'aller à cette facilité car le gars a essayé quelque chose. Il est certain que c'est un pari qui implique les commerçants, les villageois comme moi, l'économie du village, néanmoins il fallait bien essayer quelque chose pour essayer de remonter un village qui décline. Si on m'écoutait moi on aurait favorisé la vie à l'année plutôt que le tourisme, mais la différence entre le maire et moi c'est que le type a eu le courage de s'engager, un courage que je n'ai pas. C'est bien plus facile d'être dans la critique, le cul assis derrière son écran que dans l'action. 

C'est cette situation que j'explique à mon voisin, propriétaire d'une maison dont il profite pour les vacances. Les voisins m'ont spontanément demandé des explications, il est certain que quand tu ne vis pas sur place c'est compliqué. J'explique que pour moi la situation est assez complexe car prendre la route ici durant l'été c'est l'enfer. Je lui dis que je continue à avoir une vie normale et que j'ai besoin de pouvoir circuler, puisque par exemple je vais faire ma seconde dose à Narbonne. Quelle énorme erreur j'ai faite de lui dire que j'allais me faire vacciner, il m'a expliqué la vie pendant une heure. 

Son positionnement est intéressant, un argument pour tout, un discours bien rodé pour vous retourner le cerveau. Des références qui font un peu peur, odyssee par exemple où l'on a vu sur pas mal de sites traditionnels expliquer qu'il s'agissait d'une alternative à Youtube pour les complotistes à l'instar d'autres réseaux sociaux plus souples dans les règles de modération. J'ai donc écouté poliment son discours en me jurant de ne plus parler de vaccination avec qui que ce soit, un problème qui a l'air d'être partagé par de nombreuses personnes. J'ai vérifié quelques-un de ses arguments car l'homme est intelligent, bien évidemment toutes ses informations remontent assez rapidement dans les fact checker comme arguments utilisés et démontés rapidement derrière par les analystes. J'ai été particulièrement tenté de lui envoyer l'article où le professeur Raoult invite à la vaccination des personnels soignants mais j'ai jugé que c'était inutile. Discuter ne sert désormais plus à rien, il n'y a plus d'échange ou de remise en question possible. Si on regarde l'article, on imagine qu'il est menacé ou qu'il ne s'agit pas de lui qui écrit puisque c'est la première fois qu'il aurait écrit depuis Android. Il ne s'agit pas de faire un pour ou contre la vaccination, ou sur le complotisme mais plutôt de s'interroger sur ce point, et si les complotistes d'aujourd'hui étaient les visionnaires de demain ? 

Ce matin je parcourais le fil des actus et je dois dire que j'ai été consterné globalement par les nouvelles : La forêt amazonienne est en train de devenir source de CO2, selon une étude. On explique qu'à force de déforestation, la forêt au lieu de faire son œuvre de poumon de la terre, a tendance à devenir fumeur de la terre. La faute a une consommation toujours de plus en plus importante qu'il faut satisfaire, car consommer c'est important. Alors forcément on s'inquiète un peu parce qu'avec le COVID, la pollution, on est quand même en train de sortir les trompettes pour sonner l'apocalypse. On applique donc dès 2035, la fin des ventes de voitures thermiques. Le commentaire de Greenpeace est pour ma part assez éloquent. L'association écologiste qui est en place depuis plusieurs décennies, j'entends par là pas des illuminés de l'écologie mais des gens qui ont réfléchi au problème, explique qu'on va générer de la précarité pour un rendement pas forcément convainquant. Depuis plusieurs billets je vous annonce la révolution, je pense qu'on y va, en se rappelant que les gilets jaunes ça a commencé par une histoire de bagnole. La voiture électrique en 2035 je ne sais pas, parlons de la voiture électrique en 2021. Des tarifs très élevés. Une autonomie pas assez importante pour les gros rouleurs. Une écologie pas si écologique que ça sauf bien sûr quand on fait abstraction de la fabrication et du recyclage des batteries qui restent quand même des points franchement obscurs. L'absence de bornes de recharges suffisante. 

Pour moi, si je regarde la voiture électrique, je vois davantage une opportunité pour forcer les consommateurs à changer de voiture, je ne vois en l'écologie qu'un prétexte. Car si on réfléchit bien, si on veut vraiment s'occuper de l'écologie, on commence à supprimer le bitcoin pour commencer, les NFT et ce genre de choses qui ne servent à rien à part spéculer. Quand je vois une centrale électrique qui préfère miner du bitcoin parce que c'est plus rentable, j'espère que ça va pas donner des idées à d'autres qui préféreront couper le courant ou marchander le tarif de l'électricité pour faire monter le prix pour les usagers.

Je pensais à la bande dessinée fables scientifiques de Darryl Cunningham où l'auteur dénonce les plus gros complots comme l'homme qui n'a jamais marché sur la lune mais aussi explique comment pendant des années des grandes entreprises ont payé des fortunes pour faire taire les gens qui annonçaient le réchauffement climatique. C'est d'ici que vient mon interrogation. Les écologistes qui annonçaient qu'on allait tous mourir si on ne prenait pas en compte le réchauffement de la planète étaient vus comme des illuminés, comme ceux qui ont dit qu'il fallait se méfier du nucléaire, ont été perçus comme des complotistes alors qu'ils sont aujourd'hui reconnus et certainement en passe de remporter des élections dans bon nombre de pays. Après je dis ça je dis rien mais quand nos écologistes français en sont à ne pas vouloir couper d'arbre pour Noël ou arrêter les subventions des écoles de pilotage parce les petits enfants ne devraient plus rêver de voler (dans les airs), je me dis qu'on n'a pas forcément récupéré les bons écolos de la planète. 

Et si les complotistes d'hier étaient effectivement les gens qui avaient eu la bonne vision ou presque dans des tas de domaines différents, et si mon voisin n'avait finalement pas raison, tout ceci n'est peut-être qu'une vaste opération à engraisser les compagnies pharmaceutiques. L'histoire pourrait donner raison avec la sortie annoncée de Windows 11. Souvenez-vous voici les deux déclarations fondamentales de Microsoft qu'on pouvait entendre il n'y a pas si longtemps : 

Windows 10 n'est pas le dernier des Windows, Windows 11 ne sera pas le dernier et on voit la stratégie déplorable de Microsoft qui devrait se dépêcher d'appeler son système d'exploitation Windows et de le placer en Rolling Release. La sortie d'un Windows 365 pour distinguer le système au local du système dans les nuages apporterait un peu de lisibilité. En ce qui concerne un Windows 11 plus léger, c'est une véritable catastrophe puisque Microsoft met à la rue des centaines de millions d'ordinateurs. 

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, alors que Microsoft est un grand professionnel de l'informatique, on assiste à une catastrophe dans la communication qui frise le suicide commercial. Quand les gens pensaient pouvoir continuer le cycle avec Windows 11 qu'ils n'ont pas demandé comme les voitures électriques, on leur annonce que pour un système d'exploitation plus léger, seuls des processeurs très récents seront supportés, ainsi que les cartes mères ayant le TPM 2.0. Le ridicule ne tuant pas, certains appareils de type Surface fabriqués par Microsoft ne seront pas supportés par Windows 11. Souvenez-vous aussi l'outil de vérification de la compatibilité donnant des faux positifs a été retiré, le logiciel au moment où j'écris ces lignes n'a pas été remis en ligne quasiment un mois après son retrait. Comment imaginer confier son informatique à une société qui se prend autant les pieds dans le tapis ? 

Cette sortie de Windows 11 s'accompagne d'autres problèmes comme l'obligation de créer un compte. On charge Microsoft sur ce point sauf que ça ne choque personne quand c'est le déjà le cas pour Apple ou Google. C'est néanmoins intéressant de voir que l'étau se resserre sur l'ensemble de nos libertés, je fais une courte parenthèse : 

Remarquez que l'obligation d'aller voter n'est pas arrivée, ce qui à l'instar de la cigarette qui tue ou du bitcoin pour lequel on ne fait rien, tous comme les réseaux sociaux sans contrôle, ou cette taxe contre les géants américains qui n'aura pas lieu, voyez comme il est aisé de tomber dans le terreau très fertile du complotisme. Vous noterez qu'aucun état, aucune organisation n'impose à Microsoft de revoir sa copie en expliquant que 500 millions d'ordinateurs obsolètes en 2025 avec l'arrêt du support de Windows 10 est une aberration écologique. L'argument sécuritaire et la puce TPM 2.0 est un argument particulièrement fallacieux, vous pouvez mettre toutes les puces de sécurité que vous voulez, le problème dans la chaîne sera de toute façon l'humain, le fameux truc entre la chaise et le clavier.

Je ne vous cacherai pas que je prévois mon retour à Linux selon la façon dont ça évolue et ce sans enthousiasme. Où l'on se rendra compte que j'ai vieilli, c'est que je ne suis pas encore retourné sous Linux, j'attends de voir. Windows 10 est un système d'exploitation qui me donne totalement satisfaction et qui me permet de faire ce que j'ai envie de faire comme jouer par exemple, sans avoir à payer un bras un PC neuf ou une Switch. Je ne vois pas pourquoi, et c'est un choix idéologique mais aussi financier que je fais, pourquoi je devrais payer une fortune un nouvel ordinateur pour continuer de pouvoir faire exactement la même chose que je fais. Linux, les linuxiens, des complotistes en quelque sorte qui tirent la sonnette d'alarme me permettront de choisir une alternative et de pouvoir continuer à être libre au sens propre. 

Car c'est un peu la sensation que j'ai en ce moment, la sensation de voir mes libertés de plus en plus se réduire, l'effet peau de chagrin. Si je suis allé me faire vacciner en mon âme et conscience, pas forcément confiant sur ce qui se passera dans dix ans, ou quinze, peut-être une maladie grave, j'ai la conviction qu'on ne fait pas vacciner des milliards de personnes pour des intérêts commerciaux. C'est mon côté humaniste. De la même manière, j'ai envie de penser que mon maire s'est présenté pour servir les intérêts d'un village à l'abandon et qu'il ne fait pas ça pour s'enrichir ou pour emmerder le monde. Néanmoins, je me rends compte que l'étau se resserre de plus en plus, que j'ai de plus en plus d'imposition, de moins en moins de choix si ce n'est celui de me soumettre. 

Je trouve que c'est inquiétant car le contexte de plus en plus difficile que nous connaissons, auquel se rajoute désormais de plus en plus de pressions, de contrainte est le terreau du complotisme à plus ou moins juste titre mais aussi celui de l'insurrection. De plus en plus de gens se retrouvent dans des situations de désespoir, ce n'est pas la première fois que je l'écris, mais nous allons droit à la révolution. 

Je vous proposerai bien des solutions, mais je n'en ai pas, j'essaie à mon niveau de faire le mieux possible, pour reprendre la fable du colibri qui essaie d'éteindre l'incendie. Malheureusement tout ce que je constate autour de moi c'est que tout part en sucette et je ne vois pas d'autre issue qu'un drame, j'espère ne pas être de ce monde pour le voir. Lorsque je vois la folie Bitcoin, oui je sais je suis lourd avec le Bitcoin où l'on connaît l'influence écologique, le but purement spéculatif, et de voir que des gens n'ont qu'une idée c'est de se gaver de pognon, il est très difficile de croire en l'avenir de l'homme. Ce qui nous permettra de finir sur le titre de Youssoupha, espérance de vie, où le chanteur demande s'il a déjà vu des coffres-forts à l'arrière des corbillards ...

Quelques articles en complément que je n'ai pas réussi à placer dans le billet :

L'étau se resserre

samedi 10 juillet 2021 à 21:29

Si vous avez un peu suivi les différents épisodes, voici comment ça se passe au niveau de la scolarité de votre gosse. 

Le gamin fait la maternelle, si tout va bien, tout va bien, si ça va mal ça commence à devenir très sport. Les orientations en ITEP, IME, ulis, relèvent du handicap, vous êtes donc parti pour déguster. La problématique j'ai envie de dire existe aussi pour les classes moyennes, vous savez ces gens pas assez pauvres pour avoir les aides mais pas assez riches pour tirer leur épingle du jeu. À l'école c'est pareil, un gamin qui est moyen va sortir les rames pour trouver une échappatoire qui n'arrivera peut-être qu'en fin de cinquième pour aller dans les classes de l'enseignement agricole où le niveau est plus bas. À la sortie du CM2, pour les enfants qui ont un niveau très faible, vous avez la possibilité d'une orientation SEGPA, néanmoins peu de places et pourtant beaucoup d'élus. 

On retiendra donc de façon très classique que votre enfant s'il est "normal", ne voyez aucune connotation dans ce mot qui veut tout dire et rien dire, quel que soit son niveau scolaire est bon en gros pour environ 14 ans de prison. 

En fin de troisième voici les orientations possibles mais avant il faut comprendre comment ça marche. Les enfants de fin de classe de troisième sont soumis à ce qu'on appelle Affelnet. Affelnet c'est un mini-parcoursup avec des problématiques tout de même plus simples puisqu'ici il s'agit ouvertement du meilleur qui gagne sans détournement d'algorithme. Et j'ai même envie de dire que c'est la loi de l'offre et de la demande. Concrètement, le rêve de beaucoup de jeunes filles c'est de travailler dans l'esthétique ou de travailler dans la coiffure. La logique c'est de trouver un patron et d'aller faire son apprentissage, on y viendra plus loin. Il est toutefois possible dans quelques rares établissements d'avoir des formations continues. Par chez moi dans l'ancienne Languedoc Roussillon, si tu n'as pas 15 de moyenne tu n'entres pas dans la formation. On va donc se retrouver avec certains "paradoxes" qui peuvent être discutés bien sûr, mais ce n'est pas mon propos, je suis calé uniquement sur une logique. 

L'an dernier en fin de troisième, Bambi le "copain" de ma fille finit son année de façon médiocre. Il postule au lycée agricole et demande GMNF qui est la filière "elfe" de l'enseignement agricole. Concrètement tu es dans le bois, les plantes, tu chantes, les oiseaux se posent sur tes bras et le soir tu rentres chez toi à dos de sanglier. Avec un petit 11 de moyenne il n'a pas été pris en seconde GMNF qui est un BAC PRO mais en seconde générale. Comprenez que je ne porte aucun jugement sur le niveau du BAC ou sur les envies des enfants, d'autant plus que j'enseigne en lycée professionnel, c'est juste pour expliquer que certains élèves qui s'orientent en lycée professionnel ont un meilleur niveau que ceux qui s'orientent dans le général, on commence déjà à entrevoir pour ces enfants les difficultés qu'ils vont rencontrer avec parcoursup. Pour la petite histoire, Bambi n'avait pas des notes extraordinaires en EGT, j'ai dit à la maman de prendre rendez-vous avec la directrice pour profiter des défections et pouvoir intégrer la filière qu'il veut faire. Bambi est en effet un enfant fascinant qui refuse de tronçonner des arbres car ils sont vivants, ces profs lui expliquent à chaque fois que les branches sont mortes. Vous noterez l'importance d'avoir un prof dans l'entourage, c'est ici qu'on voit quand même que nous sommes des professionnels de l'éducation et ça va au-delà de l'enseignement des maths.

Donc les orientations :

Aujourd'hui pour aller en CAP en alternance il faut deux conditions : avoir un patron, avec plus de 15 ans. Il apparaît qu'avec l'absence de redoublement, la seconde condition devient de plus en plus difficile à atteindre. Il faut avoir 14 ans pour faire des stages, en classe de 4ème cela devient problématique, nos élèves sont souvent trop jeunes, et le sont parfois pour le premier stage de troisième ... Lorsque l'enfant, rarement, atteint la condition d'âge, il faut le patron ... Les statistiques de contrats cassés dans les premiers mois d'apprentissage sont catastrophiques, les patrons sont déçus par le manque de sérieux des jeunes quand ces derniers ont fait l'effort de trouver un patron. Car c'est une de nos problématiques annuelles, chaque année nos jeunes nous expliquent partir en apprentissage, chaque année on en trouve plein sur le carreau, ils pensent que le patron va venir les chercher. 

Sur le principe, on se dit que ce n'est pas si mal foutu, que ça tient la route, sauf que ça ne fonctionne pas de façon si simple, malheureusement. 

Il s'agit effectivement d'un mini-parcoursup et quand certains gamins à 7 de moyenne vous notent vaillamment des BAC PRO très demandés dans la feuille d'orientation, rappelez-vous de la loi de l'offre et de la demande, ils s'étonnent de n'être pris nulle part. Chez nous, avec nos résultats catastrophiques c'est un tiers des enfants qui se sont retrouvés sur le carreau. Comprendre qui se sont retrouvés sans orientation pour l'année prochaine. Je n'évoque pas les enfants qui ont le second ou le troisième vœu qui n'est pas forcément un vœu de consolation mais un vœu d'obligation. Il faut savoir que l'une des sources de l'échec scolaire c'est quand le gosse se retrouve dans un endroit qui ne l'intéresse pas. On échoue de plus en plus à l'école car les enfants n'y trouvent aucun intérêt, on ne peut malheureusement pas passer nos journées à regarder du porno et fumer des joints pour reprendre Saez. Lorsqu'un élève n'a pas d'affectation, il se retrouve avec le jeu des désistements, comme parcoursup. Quand à la fin du mois d'août il se retrouve sans rien, on lui propose ce qui reste, ce qui veut dire à nouveau une mauvaise orientation. Vous n'imaginez pas le nombre de gosses qui ne font rien quand ils ont 16 ans, que les missions locales essaient de caler tant bien que mal de stage en stage pour se retrouver à la fin dans des emplois qui ne sont pas qualifiés et précaires

Vous allez me faire remarquer que finalement le système n'est pas injuste avec ces jeunes, si ces derniers avaient été sérieux dans leurs affaires pour reprendre Assassin, ils ne seraient pas dans cette situation. Il y a toutefois deux problèmes à ce raisonnement. Le premier problème c'est qu'effectivement ils quittent le système scolaire ou disons ils échappent au radar et c'est un échec pour eux mais aussi pour la société. Car ne nous leurrons pas, souvent derrière des problèmes d'argent, de drogue, sociaux, on retrouvera donc ces jeunes en prison ou dépendants de l'état d'une manière ou d'une autre. Il s'agit toujours d'un mauvais calcul de l'état, un calcul à court terme qui vise à penser à l'instant présent. En ne misant pas à fond sur l'éducation on se contente de repousser le problème à plus tard. Ces jeunes ne sont pas morts, ils ne sont pas disparus, ils sont en sommeil, mais ils finiront par se réveiller. Le second problème c'est qu'il apparaît que travailler comme un acharné à l'école ne suffit pas non plus même si c'est encore discutable : Réforme d'Affelnet : la grande déception des bons élèves parisiens.

On ne va pas se mentir, des parents qui trichent pour ne pas mettre leur enfant dans tel établissement plutôt que tel autre, ça a toujours existé. À l'époque nous n'habitions pas un joli quartier et je me serai retrouvé dans la ZUP à l'école comme pour le collège de secteur. Mes parents ont triché en mettant l'adresse du magasin si bien que j'ai fait ma scolarité dans les établissements du centre-ville, élitistes, avec les gosses de bourgeois. Si l'idée de favoriser la mixité est louable, la réalité est autre. Les gosses qui ont une éducation, qui ont 18 de moyenne seront toujours ennuyés par les gamins qui sont là pour chauffer les bancs de l'école. Finalement personne n'est gagnant dans l'histoire car le jeune qui avait un bon niveau n'est pas dans les conditions idéales pour réussir, le jeune qui est là parce qu'il est là, mettra une pagaille habituelle et n'élèvera pas son niveau personnel, y croire c'est croire au père Noël même si c'est effectivement particulièrement louable. La moralité c'est que l'ascenseur social est cassé, des gamins qui n'habitent pas les beaux quartiers vont dans des établissements moins côtés où ils se prendront une pénalité supplémentaire à parcoursup quand les gosses de riches qui sont déjà nantis à plus d'un titre continueront dans des endroits fréquentables et bien classés à parcoursup. CQFD. 

Quand on commence alors à appréhender la difficulté du passage du collège à la case supérieure, on commence à se dire que le palier au-dessus parcoursup en l'occurrence ça doit augmenter forcément au niveau du level et on aura raison. Car ici finalement les règles du jeu sont assez limpides : des résultats scolaires conséquents ou un patron, être né dans le bon endroit. Avec parcoursup va se rajouter la problématique des algorithmes qui tient davantage du jeu de hasard qu'autre chose. Voyez l'histoire de cette jeune qui finit au BAC avec mention très bien, qui se retrouve sur le carreau, on peut supposer que les notes étaient bonnes au contrôle continu donc pour le dossier d'admission. Les parents ne comprennent pas, il doit certainement y avoir une explication, mais comme dirait les libristes, faut regarder dans le code. 

La logique est pourtant exactement la même que pour les petites qui rêvent de faire des tickets de métro à leurs clientes. Avec un BAC qu'on réussit à 90%, il ne peut y avoir de places pour tout le monde. Les universités, les écoles, n'ont pas poussé comme des champignons, et quand on sait qu'à la sortie d'un BAC Général à part faire des études on ne fait rien, forcément c'est comme les sardines de Patrick Sébastien, c'est serré. Si l'on regarde le graphique suivant, on voit qu'en 1993 l'année de mon BAC, 93 quand même, Saint-Denis, Saint-Denis, fonk-fonky fresh, on devait péter à 70% maximum.

Et c'est parce qu'à l'époque, il y avait moins d'élèves en terminale, qu'ils étaient moins nombreux à réussir que j'ai pu aller m'inscrire en université où j'ai quand même décroché une maîtrise de sciences physiques. Le supérieur pour moi c'était quand même franchement différent du lycée, ne travailler que des matières scientifiques et pas le reste, une organisation du travail différente, quand certains se noyaient par trop de liberté j'y ai trouvé mon compte. La moralité c'est que ce blocage réalisé ouvre la voie à des écoles comme celles de Xavier Niel, école 42 ou bientôt Hectar qui fera beaucoup de mal à l'enseignement agricole. Des élèves atypiques qui réussissent, pour preuve ce jeune qui a monté le réseau social BeReal, alternative française à instagram qui réussit quand même à se glisser dans un article du parisien avec 400.000 utilisateurs quotidiens. Même pas une vacherie sur Mastodonte ou Diaspora, voyez comment je vieillis. À l'instar des jeunes qui sortent du système dès la classe de troisième, d'autres viennent rejoindre les rangs à niveau BAC.

On pourrait penser que ça y est, votre gamin est sorti des ronces, il va pouvoir enfin prolonger ses études et pourquoi pas embrasser la profession d'enseignant qui fait rêver la France entière. Sauf que c'était compter sans le blocage au niveau du Master : Étudiants sans master : "On m’a encouragé à faire des années d’études pour m’arrêter à mi-chemin". Il faut comprendre que nous sommes dans un processus d'évacuation par le haut quand pendant des années nous étions dans un processus d'évacuation par le bas. L'avantage du processus d'évacuation par le haut sur le principe c'est d'avoir des gens à fort diplôme pour partir sur le marché de l'emploi. Sauf que si vous avez un peu suivi mon discours, on a quand même pas mal d'abandon sur le chemin. L'énorme avantage pour un état c'est de maintenir des élèves dans le système scolaire et donner l'illusion d'avoir des jeunes à l'école plutôt qu'à l'ANPE car une illusion. Le système d'évacuation par le bas, je l'ai connu, un élève qui n'arrivait pas en classe de cinquième était réorienté, il partait apprendre un métier. Seulement avec un apprentissage où il vaut mieux avoir 16 ans, vous vous doutez bien qu'un retour à 12 ans n'est pas arrivé alors qu'il serait salvateur pour bon nombre d'enfants. Il faut quand même réaliser que certains gosses passent sept heures par jour à l'école sans rien comprendre, à attendre que ça passe, c'est pour moi une torture. 

Indiscutablement l'étau se resserre autour des élèves, un étau invisible et pervers. Je l'ai déjà écrit, mon fils travaille à la rentrée à la suite d'un BAC PRO. Il aurait certainement été en situation d'échec en EGT alors qu'il était à 14 de moyenne en 3ème générale. À l'époque quelques enseignants s'étonnaient de notre décision et pourtant nous avions raison. Les orientations sont ratées, car les gens se rappellent d'une autre époque, mais aussi placent les mauvaises ambitions ou encore de fausses croyances dans leur enfant : "il va travailler pendant les vacances, il a des capacités, il faut attendre qu'il se réveille", ce qui n'arrive jamais. Le mépris placé dans les filières professionnelles qui sont pourtant porteuses rentrent en première ligne des mauvaises ambitions. 

L'étau se resserre par voie de conséquence sur les familles qui se retrouvent avec leur jeune sur les bras sans savoir quoi en faire, et le pire c'est la surprise, mauvaise. Qui imaginerait que sa fille à mention très bien, sérieuse, travailleuse n'a pas de place pour l'année suivante. Et bien évidemment l'étau se resserre de plus en plus autour des professeurs responsables de tous les malheurs du monde. Des professeurs de maths totalement nuls recrutés à 8 de moyenne car il est bien connu que pour enseigner en collège ce qui compte c'est le niveau et pas des qualités humaines, des instits incapables car à 80% de formation littéraire quand mes "maîtres" n'avaient fait que l'école normale à niveau BAC. Personne n'a le courage de parler d'exigence, de travail, de rigueur, de sélection, ces méthodes qui pourtant à l'époque avaient fait leur preuve. En bonus je vous fais part de cet article sur la dématérialisation des copies de philo, qui sent bon le flicage des enseignants, qui sent l'IA, enfin bref qui pue vraiment la merde et qui se rajoutera à la liste trop longue des éléments qui ne séduiront pas les jeunes pour assurer la relève dans notre métier. On a de toute façon besoin de coupables et comme nous transmettons les savoirs nous sommes quand même les fusibles idéals. Sauf que le problème c'est qu'à force de faire sauter des profs, il risque de ne plus avoir assez de plomb pour maintenir le peu de lumières allumées dans les yeux des enfants. 

La parabole de l'électricité est magnifique, je me dois de vous laisser avec le titre de MHD, afro trap volume 11. Je suis assez catastrophé par le RAP français, j'ai beaucoup écouté ces derniers temps et je suis tellement déprimé que j'écoute les Tomorrowland qui sont des concerts de techno donnés en Belgique. Il y a chez MHD quatre choses que je trouve intéressantes : 

Ils sont nombreux de sa génération à avoir du talent, il n'est pas le seul, ce qui est regrettable ce sont les textes, le rap conscient est totalement mort et je dois reconnaître qu'il me devient de plus en plus insupportable d'écouter des textes insipides sur la drogue, les délits, les filles faciles, et la moula. À propos de MHD je pense qu'il ne faut pas trop s'attacher, il est inculpé d'homicide, l'affaire est pour l'instant en cours. 

Bon je vous tease un billet dont le titre sera certainement ou ne sera pas "Windows 11 ou finalement 2000 € dans un MAC n'est peut-être pas une si mauvaise affaire" mais aussi "Windows 11 ouvre la voie à la réussite de Linux", ou peut-être "Windows 11 ou Windows 10 jusqu'au trognon". J'aurai des commentaires je pourrais faire un vote, mais comme je n'en ai pas ...