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Le Blog de Cyrille BORNE

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SNT – Réseaux sociaux, données structurées

dimanche 12 juillet 2020 à 18:31

Je continue à me taper le programme,je dois reconnaître que plus on avance, plus on s’enfonce. La partie sur les réseaux sociaux est assez intéressante comme on peut s’en douter, je n’ai pas pu m’empêcher d’illustrer mon cours avec la série d’ARTE sur la dopamine qui me fait franchement marrer.

Dans la partie sur les réseaux sociaux, on demande l’utilisation des graphes, de façon à réaliser des relations simples, pour montrer la distance entre les individus, et notamment la fameuse théorie que vous êtes à six personnes de n’importe qui sur la planète terre ce qui ne veut rien dire à l’époque des réseaux sociaux. On fait donc intervenir tout un tas de définitions, sommets, arêtes, rayon, centre ou diamètre, un vocabulaire qui n’est pas exactement le même que celui des mathématiques. J’ai déjà vu pas mal de limites dans les livres, des erreurs mais je dois reconnaître qu’avec trois bouquins sous les yeux, je n’ai pas réussi à comprendre. Parfois, on a quand même l’impression et c’est certainement le cas, que les bouquins ont été écrits à l’arrache. J’ai trouvé l’explication la plus claire chez David Roche qui s’est positionné dans les premiers pour donner ses contenus librement sur le net. Il offre un cours très complet, mais je le suspecte d’avoir des mutants comme élèves ou des élèves d’Arnaud, notamment quand je vois les passages sur le json.

Oui c’est profondément déprimant quand on voit les contenus et certains auteurs qui se sont lancés dans des requêtes SQL, le CSV qui est un passage obligatoire. Rajoutez à ça dans l’année Python, la CSS, du html, un nombre de connaissances conséquentes avec une heure trente de cours par semaine, on n’a plus l’impression d’être en classe de seconde mais bien d’avoir un master en informatique à faire passer. C’est du délire complet. J’ai commencé à regarder les objets connectés, j’essaie d’écrire mon texte mais je suis en PLS c’est moins facile. Coder une application pour smartphone, programmer une carte avec Python, Arduino bien évidement, construire sa tête nucléaire, pirater le FBI avec son iphone, tout devient possible grâce au cours de SNT.

Comme je l’ai fait remarquer dans le forum, du fait de récupérer le cours en dernière minute ne me laisse que peu de temps pour anticiper, notamment l’équipement quand je n’ai même pas la certitude d’avoir un livre à la rentrée. La moralité c’est que pour que ce soit attractif, il faudrait que j’achète du matériel fois quinze pour organiser des travaux en binôme. Avant d’acheter n’importe quoi j’ai besoin de faire un peu le tour de ce qui se fait, je dois reconnaître que je ne vois absolument rien d’excitant. La carte microbit qui m’inspire tout un tas de jeux de mots est vendue à 20 balles environ mais pour la piloter, il faut un peu plus de matériel. Une étude en amont est donc bien nécessaire avant de se lancer dans un investissement stérile pour du matériel non utilisé qui resterait dans les cartons. Pour moi, l’idéal c’est un matériel qui se pilote depuis le smartphone.

Je me rends parfaitement compte que je fais passer dans mon cours ce que je suis, notamment ce que je suis en train de devenir, un vieux con de philosophe et de moins en moins quelqu’un qui aime mettre les mains dans la merde. Ce n’est pas exactement vrai, si j’ai de plus en plus de plaisir à mettre les mains dans la merde sur du bricolage, demain du jardinage, parce que j’y vois quelque chose de concret pour ma part je vois l’informatique comme un piège à couillon sur lequel il faudrait davantage réfléchir que pratiquer. Je vais certainement sauter ce chapitre sur les objets connectés, car il est à mon sens le point d’orgue de tout ce qui est détestable dans ce programme. Montrer à l’élève qu’avec quatre lignes de codes on est capable de faire allumer deux diodes, je trouve que c’est idiot, que c’est stérile, que ça n’apporte rien. Expliquer par contre aux élèves que d’avoir un slip connecté c’est certainement quelque chose dont on peut se passer, je trouve que c’est plus cohérent. Et pourtant, même si à mon sens, on devrait passer plus de temps à expliquer l’inutilité de s’embarquer dans de la technologie à outrance, le programme nous demande quand même de jouer les petits bricolos.

On ne peut pas dire que le programme fait abstraction de l’aspect philosophique, de la réflexion, bien au contraire, la réflexion est omniprésente, on invite au débat et c’est d’ailleurs assez rare pour être remarqué puisqu’on essaie de montrer au jeune qu’on ne vit pas dans le monde des bisounours mais bien celui de l’argent.

Voici le chapitre trois et le chapitre quatre, nous sommes le 12 juillet au moment où j’écris ces lignes, je fête d’ailleurs mes 45 ans, et je pense que je vais faire une pause et commencer à profiter un peu de mes vacances qui sont et qui vont être particulièrement chargées. Si je dois continuer, soit je me prends le GPS en essayant de trouver un moyen facile de contribuer à Openstreetmap soit je me prends la photo et là encore je trouve qu’on atteint quand même les limites de nos compétences. Tu découvres non seulement dans ce programme que tu dois être ingénieur informatique pour enseigner mais que tu dois désormais être photographe mais aussi ophtalmo pour expliquer le fonctionnement de l’œil à tes élèves. Pardon je me remets en PLS.

Je vais encore jouer les rageux mais c’est pas comme si on n’avait pas l’habitude, je suis profondément consterné par le manque de partage par mes confrères. J’entends par là que si on voit effectivement de la production, des TP, des propositions, on ne voit personne nous expliquer comment il a remporté la plus belle des victoires ou comment il s’est mangé avec ses élèves, comment il a chuté mais comment il compte remonter sur le ring. Alors effectivement c’est l’année du COVID, mais comme je l’ai dit c’est beaucoup plus profond, c’est le malaise le plus complet, on ne partage rien sauf sa mauvaise humeur.

Comme vous le savez, si mon partner n’a pas fini dans l’Aude, je serais présent pour vous raconter, je ne baisserai pas les bras, je ne suis pas né pour ça, même vaincu je continuerai de me jeter dans la bataille, pour l’honneur, comme un samouraï.

Note du guerrier vaincu : à priori la microbit, bon sang, ce nom, s’appaire en bluetooth avec un simple smartphone. Il est probable que je m’oriente vers cette solution. Et bien évidemment comme je suis prof, donc milliardaire, je vais me payer ce matériel de ma poche pour faire mes essais.

SNT – Web mais du raccord diélectrique

vendredi 10 juillet 2020 à 23:45

Je viens d’avoir ma mère pendant trois jours, et c’est toujours une épreuve pour moi. Ma mère, c’est comme un ninja. Je me tourne, elle est derrière moi tapie dans l’ombre, elle me regarde. Ma mère faut lui faire la conversation, faut s’occuper d’elle, c’est comme un enfant de plus. Dernièrement nous avons vécu un drame, son vieil Archos Césium sous Windows Phone Mobile a vu sa batterie défaillir. Il faut dire qu’il en a vécu des choses, et force est de reconnaître que c’était quand même du costaud. J’ai donc commandé en Allemagne une batterie de rechange pour la faire livrer à domicile. Je peux vous dire que chaque jour je recevais un SMS glacial pour me dire que la batterie n’était pas rentrée et que j’étais certainement responsable de la crise COVID et des problèmes de transport entre nos deux pays. La batterie est arrivée, le téléphone relancé, mais j’ai profité de l’occasion pour lui donner mon ASUS et moi changer le mien.

Donc forcément public tu imagines que ta mère avait 66 ou 67 ans quand elle a fait son baptême de l’internet, tu n’es donc pas face à une power user. 70 ans pour passer à Android, Cyrille BORNE ose tout, sa mère aussi. Bien évidemment le départ a été un peu compliqué, notamment pour certains gestes tactiles mais quand tu peux demander à Google des nouvelles de Michel Drucker et qu’il te répond, la magie opère. Ma mère est donc sous Android, elle est rentrée chez elle, je n’ai eu droit qu’à un appel téléphonique pour me dire que le disque dur ne marchait pas sur la télé, curieusement au son de ma voix le disque dur et la télé ont fusionné. J’en déduis que tout ne se passe pas si mal.

Si vous avez fait l’effort de lire, vous noterez que j’ai changé mon téléphone, je suis passé d’un Asus 5.5 en 2 Go de RAM et 16 Go de stockage à un Asus 6 et des brouettes en 4 Go de RAM et 64 Go de stockage avec une batterie de 4000 mAh. Comme je le montrais au grand désespoir de mes enfants, il n’y a rien ou presque sur mon téléphone qui reste principalement un outil de travail. Les problèmes rencontrés avec Teams sur PC étaient similaires sur smartphone, le couple 2 Go / 16 Go n’était plus suffisant pour mon usage aussi sommaire soit il, pour prendre des nouvelles de Michel Drucker ou avoir la météo, ça ira bien pour maman.

Dans le précédent épisode nous évoquions ma masculinité retrouvée dans le démontage du groupe de sécurité, certains lecteurs attentifs m’ont dit que le bout de plastique manquant c’était un raccord diélectrique :

Un raccord diélectrique en nylon

La photo est un peu dégueulasse mais c’est pour montrer la pièce. Après vérification il apparaît que c’est une partie qu’il faut mettre en sortie de l’eau chaude pour éviter la corrosion à cause de courants électriques qui pourraient vagabonder dans le chauffe-eau. Ce qui m’a franchement étonné c’est que d’une part, la vidange c’est pas vraiment de l’eau chaude, et que d’autre part sur la dizaine de vidéos que j’ai pu regarder de démontage et de remontage de groupe de sécurité, je n’ai pas vu un gars qui en mettait un. Il apparaît pourtant que certains groupes de sécurité sont vendus avec. Direction mon temple, mon jardin secret, mon Éden : BRICO DÉPOT ! Ce que j’aime chez Bricodépot c’est que les gars dans les rayons ne sont pas des manches. Le type je lui demande le raccord diélectrique, il me le sort tout de suite et me dit que ce n’est pas obligatoire sur le groupe de sécurité ce qui expliquerait pourquoi ils sont peu à l’évoquer. J’ai mon raccord, y a plus qu’à, par contre vous vous doutez bien que je ne l’ai pas fait avec ma mère à côté, l’avoir à côté de moi en train de me parler pendant que je démonte avec le doigt dans le trou de l’évacuation, ça ne l’aurait pas fait.

J’ai donc passé les quatre derniers jours sans toucher terre, j’ai réussi à prendre un peu de temps entre hier et aujourd’hui pour faire mon second chapitre de SNT sur le WEB. Quand dans les référentiels on voit que quatre à cinq heures sont consacrées par chapitre, c’est vraiment la preuve qu’on est en décalage complet entre le niveau des élèves et la réalité, ce qui me permet de faire une parenthèse. 91.5% de réussite au BAC avant le rattrapage, on arrivera donc à 95% de réussite sur une promotion, du jamais vu. Bien évidemment il y a le COVID, bien évidemment il y a la réforme profonde du BAC avec l’an prochain le grand oral, mais j’aurais tendance à dire qu’on s’en fout des diplômes désormais, c’est parcoursup qui compte. À mon échelle, celle des élèves des troisièmes, nous avons un mini-parcoursup avec AFFELNET qui correspond aux vœux de sortie de troisième. À l’instar du BAC, le DNB est une vaste plaisanterie. Nous avons fait remonter des résultats qui étaient déjà cléments, mais certains de nos élèves n’avaient pas le brevet. Après passage du rectorat qui a donc modifié nos résultats, des élèves qui n’avaient pas le brevet l’ont eu et certains élèves ont eu des mentions.

C’est donc avec grand étonnement que je vois une gosse qui était à 8 ou 9 de moyenne chez nous à l’année, enseignement agricole donc un cran en dessous du DNB général, en grandes difficultés scolaires finir l’année avec mention assez bien soit plus de 12 de moyenne générale. Malheureusement pour elle, elle a fait une demande en BAC PRO et se retrouve dans des positions très reculées sur liste d’attente, si bien qu’elle n’aura pas l’orientation choisie mais une orientation non désirée. L’échec scolaire est garanti. C’est une catastrophe humaine car cette enfant va faire quelque chose qui ne l’intéresse absolument pas, c’est une catastrophe sociale car sans avoir de boule de cristal les perspectives d’emploi seront complexes pour elle demain si elle quitte l’école sans diplôme, c’est la société qui devra payer pour elle si elle n’arrive pas à s’insérer. J’imagine déjà qu’on a dû sabrer le champagne dans certaines familles à la vue d’une mention très bien, 16 de moyenne quel petit prodige, pour des élèves qui savent à peine écrire sans faire trente fautes d’orthographes par phrase et qui ont oublié comment faire une règle de trois, ce qui laisse présager une belle boucherie en seconde GT.

Nous vivons désormais dans la farce des examens qui ne veulent absolument plus rien dire, comme nos notes qui ne veulent plus dire grand-chose non plus, les algorithmes de parcoursup laissant peu de chance à un enfant qui a 18 de moyenne d’un lycée de province face à un bahut Parisien. On discute régulièrement avec mes collègues dans le forum sur la privatisation à venir de l’école, c’est le résultat de la politique de nos dirigeants. À force de piper les dés, de produire des candidats inaptes, il n’est pas anormal que les patrons regardent vers d’autres structures, mais pour l’instant c’est une autre histoire.

Comme je l’écrivais plus haut quatre à cinq heures sur le web c’est quand même très ambitieux notamment lorsqu’on doit expliquer les url, la relation client serveur, les cookies, le PageRank et bien évidemment apprendre à coder en html. La pipe à crack au moment de la réalisation du référentiel devait être bien pleine ou peut-être une erreur d’interprétation de ma part. J’ai vu un livre qui consacrait la quasi-totalité du chapitre à faire du codage html ce qui est quand même une franche hérésie, pourquoi ?

Les élèves ont déjà du mal à maîtriser les bases de Python, rajouter du code, c’est semer le trouble encore plus. Ça me rappelle ma collègue d’espagnol à qui on met les jours de la semaine en anglais dans ses copies. Pauvres gosses qui parlent déjà à peine le français. C’est en plus aller à contre sens de ce qu’est la réalité informatique. Si c’est louable de montrer qu’une page web c’est du code interprété par le navigateur, demain ce sont les IA qui vont coder à notre place. Quand on voit la tripotée de CMS et se dire que WordPress c’est 20% du web, on est quand même en droit de s’interroger sur la pertinence de coder une page à la main, alors que monter un site web collaboratif aurait été une activité largement plus sympa. Bien évidemment rajouter la CSS, je tire mon chapeau, j’ai envie de dire bravo. J’ai décidé pour ma part de relayer cette partie à la fin et de partir de cet éditeur en ligne bien sympathique.

Avec un côté code et un côté WYSIWYG, je trouve que c’est franchement pertinent, les gamins ça leur permet de tâtonner dans les deux sens. Je vais demander de modifier l’image, modifier le texte, changer les couleurs etc … Pour la CSS je me contente simplement d’expliquer que si on peut rigoler à faire de la mise en forme sur une page, pour 500 pages on va faire un modèle de document, c’est le principe de la CSS. Dans le même ordre d’esprit j’ai vu des exercices sur le calcul de PageRank et là encore j’ai envie de dire qu’on a un train de retard. Les enfants finalement fréquentent de moins en moins le web pour se concentrer sur la sphère des réseaux. Savoir quels sont les critères qui permettent de pousser un site vers le sommet c’est désuet, l’idée c’est de savoir comment avoir un million de followers sur Instagram ou Snap.

Comme pour le chapitre précédent, je vais davantage insister sur l’aspect éthique que technique. Je demande par exemple à un moment de réaliser une carte mentale mettant en scène les principaux acteurs de l’informatique, le hardware, le navigateur associé et le moteur de recherche. Il est intéressant de montrer à un élève que ton téléphone Android appartient à Google, que quand tu lances Chrome tu es encore chez Google et par le fait quand tu utilises le moteur de Google, tu es vraiment en plein dedans. Je rappelle qu’une entreprise est là pour gagner de l’argent et pas pour filer du travail et que tous les moyens sont bons pour faire du pognon. Je demande par exemple depuis bing de faire une recherche pour télécharger Chrome ou Firefox.

Le fait qu’il vous balance que vous avez déjà Edge est pertinent, comme montrer les annonces en premier lieu et expliquer que le PageRank c’est du bullshit, ce qui compte c’est de passer à la caisse pour être bien classé. C’est donc sans surprise que je vais m’attarder sur la monétisation que je pourrais replacer dans le cadre des réseaux sociaux. J’ai illustré la notion de cookie traqueur avec le logiciel de la CNIL cookieviz 2.0, qui est assez excellent. Il s’agit d’un logiciel en deux fenêtres, un navigateur, un qui recense les interactions avec d’autres sites comme Facebook, les régies publicitaires etc … C’est assez éloquent quand on tape l’url du boncoin par exemple de voir comment ça explose.

Bien évidemment, on insiste dans le référentiel sur le fait d’apprendre aux élèves à se protéger en activant par exemple la navigation privée ou d’autres artifices, mais ici encore je pense que le référentiel a un train de retard. Comme je le souligne plus haut, le navigateur n’est qu’une surcouche au système d’exploitation, ton téléphone Android il prend chez toi ce qu’il veut sans avoir besoin de passer par le navigateur.

Il s’agit pour moi d’un combat perdu d’avance sur les deux fronts, celui des habitudes et la technologie. Avoir la croyance d’être un hacker parce qu’on utilise VPN quand on découvre que la NSA exploite régulièrement des failles de sécurité dans des références inviolables, prête à sourire sur la notion de sécurité. Et puis certainement plus important, si effectivement je m’attends à des « ho » ou des « ha » quand je vais montrer qu’on n’est pas si loin d’avoir une puce dans le cul comme dirait Kool Shen, j’ai totalement conscience que la réflexion ne changera aucun comportement.

L’arrivée de la 5G est un positionnement qui est réellement intéressant car c’est peut-être la première fois qu’on a des gens qui s’interrogent sur l’utilité d’une nouvelle technologie. Le politique qui disait que la 5G c’était pour regarder du porno en 4K dans un ascenseur, j’ai tendance à lui donner raison. Il y a certainement une interrogation à faire sur le besoin. Est-ce qu’on a besoin de télévisions encore plus grosses, est-ce qu’on a besoin d’avoir une définition d’image tellement importante qu’elle permet de compter les poils de la barbe d’un acteur ? La seule sanction que nous sommes capables de faire et que nous savons faire lorsque nous sommes dans le refus d’une technologie que nous jugeons absurde c’est de ne pas l’acheter. Les télés 3D ont pris un flop, est-ce que cela pourra être le cas ici ou nous n’aurons pas d’autre choix que d’adhérer à cette course en avant ?

Nous nous quittons avec le concert dernier round de Kool Shen au Zénith, une période solo avec quelques titres plutôt réussis dont c’est mal barré qui reste d’actualité même si à l’époque c’était les politiciens qui étaient visés quand aujourd’hui ce sont les milliardaires de la tech qui mènent le bal. Kerry James, Sinik, Rohff, Lord Kossity, 2005, il avait quand même la classe le RAP à l’ancienne.

SNT – internet mais quand même du bricolage

mardi 7 juillet 2020 à 00:00

J’avais prévu de faire un billet un peu classe avec de la pédagogie à l’intérieur mais finalement on va rester dans le plus pur style bornien, du vrai dégueulasse, avec du désordre, de l’entropie à l’intérieur, pour arriver on ne sait pas trop comment à du Socrate, la quintessence de la pédagogie.

La vie c’est complètement idiot, tu traverses parfois des phases de perte de confiance en toi, comme quand par exemple, tu as un mal de dos pas croyable et que tu penses que c’est la fin. Pour reprendre la situation en main, il faut faire des choses simples, il faut faire du bricolage pour se sentir plus homme. Réparer c’est un truc de bonhomme. J’ai constaté que ma barre de douche commençait à avoir une vraie sale gueule, j’ai donc décidé de changer. Il faut savoir qu’une barre de douche, c’est quelque chose qui semble anodin et en fait c’est exactement pareil que le reste, nous sommes au degré zéro des standards. Comprenez que vous n’avez pas deux barres de douches identiques, si bien que si vous ne faites pas attention, vous partez pour refaire des trous dans la faïence. J’étudie donc la question, il faut juste vérifier que l’entraxe, c’est l’appellation, est variable. L’entraxe c’est ce qui sépare le support haut du support bas. Bien évidemment, il faut vérifier que l’entraxe maximal correspond à votre écartement entre vos deux chevilles. Je prends mon tournevis je dévisse le haut qui est rouillé mais pas trop, la barre me reste dans la main sans avoir dévissé le bas. Grande respiration.

Forcément c’était tellement pourri que la vis s’est cassée dans la cheville. Prendre un tournevis, gratter au plus pour dégager la vis, prendre une pince, réussir à dévisser, la cheville était tellement à l’intérieur que finalement j’ai laissé dedans et j’ai remis par-dessus comme un gros dégueulasse. Alors fort de cette confiance retrouvée, il faut s’attaquer à plus gros, le groupe de sécurité sous le cumulus. Il est apparu pendant le confinement que dans le sud de la France, on s’est retrouvé avec une augmentation des températures qui ne fait pas semblant. On ne fait jamais semblant dans le sud de la France, sauf pour le travail. On s’est rendu compte que le cumulus était bruyant et que le groupe de sécurité coulait comme vache qui pisse. Le groupe de sécurité c’est un dispositif qui vous permet d’évacuer quand il y a trop de pression. J’avais réussi à régler le problème en diminuant la température, l’eau sortait bouillante. Confinement oblige, les magasins de bricolage étaient plus ou moins fermés, j’avais commandé ma pièce sur ManoMano au cas où. C’est le genre de choses que tu sens, que ça va pas durer longtemps et qu’il vaut mieux avoir la rechange. ManoMano, une belle découverte ou comment payer 25 € une pièce qui en coûte 15 parce que tu as 10 € de frais de port. En voilà que je n’engraisserai plus à l’avenir, mais c’est une autre histoire. Les descriptions sont pourries, les avis sont parfois écrits dans une langue qui me semble être du bulgare, enfin bref pour un site de bricoleurs, c’est scandaleux, on dirait Amazon en pire.

C’est beau, c’est en laiton

Ces derniers jours, nouvelle hausse de température et nouvelle fontaine. Si vous voulez vérifier que le groupe de sécurité est HS, il suffit de baisser la valve comme dans la photo ci-dessus. Si ça coule c’est que c’est mort. Youtube étant votre ami vous trouverez de nombreuses vidéos sur le web pour vous expliquer comment changer le truc. Ce n’est pas compliqué du tout, le seul problème reste le fait que ça coule quand vous le changez. C’est à mon grand regret que je suis sobre comme un chameau, j’ai vu un gars qui par magie avait un bouchon de bouteille de vin qui rentrait pile poil dedans pour lui laisser faire la manipulation au sec. Je vais quand même vous montrer l’état et le résultat final pour vous expliquer mon souci.

Comme vous pouvez le voir mon chauffe-eau est juste surélevé, concrètement il n’est pas d’un accès facile. La moralité c’est qu’à un moment il a fallu que je me retrouve par terre avec le doigt dans l’évacuation pour éviter de remplir le saut trop vite qui en moins de deux minutes était à moitié plein. Et là forcément pour mettre de la filasse et du téflon, ça commence à devenir particulièrement sportif. C’est ainsi que nous nous sommes livrés à notre sport favori avec mon fils qui aime me poser ses testicules sur la tête dans les endroits les plus exigus. L’opération a été pliée en moins de 10 minutes, gros regain de confiance qui va me permettre d’enchaîner sur la prochaine opération parce que le bricolage comme vous le savez c’est trop simple. Si vous regardez l’ancien groupe de sécurité sur la photo de gauche, le truc bien dégueulasse, il est intéressant de voir qu’il y a une partie plastique au-dessus. Pour une raison que je ne m’explique pas et dont je ne me rappelle pas puisque c’était il y a sept ans, il y a un adaptateur. Sur le modèle que j’ai acheté ça passe crème et donc sans adaptateur. Le problème c’est un écart de 1 cm qui fait que si je veux fermer correctement l’évacuation je dois forcer sur le tuyau et comme on sait que je suis pétri de chance, c’est un coup à le casser. La moralité c’est que si ça ne pose pas de vrai problème pour l’eau, ça en pose un pour l’odeur, ça pue un peu l’œuf pourri. C’est comme si on était dans une station thermale avec l’odeur de soufre. Nous sommes en été, tout est ouvert ce n’est donc pas un problème, ça le deviendra à l’automne avec le retour du COVID. L’astuce étant de couper une partie de l’évacuation au milieu et de mettre une partie flexible. Ce sera l’une des prochaines opérations à mon passage à bricodepot.

Bon. Je viens de plier le premier chapitre de SNT et je suis relativement déçu de ce qu’on peut trouver sur le net, comme je suis tout à fait conscient que ma production ne peut pas plaire à tout le monde. Prendre des ressources, c’est essayer de mettre les chaussures de quelqu’un, c’est un coup à chopper des ampoules ou une mycose des pieds. Je regardais par exemple un jeu qui a l’air rigolo sur la conception d’une simulation de réseau avec les élèves, où le but est de faire passer un message d’un gamin à l’autre. Des gosses jouent les routeurs, etc … Sur le papier l’idée a l’air excellente, après avoir relu quatre fois les règles, je n’ai absolument rien compris à la mise en œuvre, j’ai donc laissé tomber. Je vois beaucoup de tentatives de trucs extraordinaires, mais d’une part je ne me sens pas de le faire, d’autre part je me dis que ça ne sert à rien, enfin je me dis qu’ils ne vont rien comprendre. Tous les prétextes sont bons pour aller à l’essentiel. Dans les ressources étonnantes, j’ai vu un prof qui a monté plus ou moins un site avec des cours payants. Ce n’est pas si cher, 40 € environ, même si le premier chapitre qu’il met n’est pas vendeur, c’est plus la démarche qui me conforte dans ce que j’écris de plus en plus : le partage est mort, vive le partage. Et comme je partage, je vous mets cette chouette vidéo qui fait une synthèse de l’histoire d’internet, je m’en servirai comme introduction de mon cours. Pour le reste c’est comme d’habitude, cinquante-quatre sites différents avec des ressources parfois redondantes, les académies se régalent d’en foutre de partout plutôt que de faire un véritable site fédérateur, certainement pour gratter des badges. C’est certainement pour ça qu’à un moment vaut mieux se lancer que d’essayer de compiler toutes les ressources du monde. Le jour où un ministre s’attaque à la fusion des sites académiques pour un site unique, facile d’accès, et institutionnel, c’est que … c’est … ça … bon ça n’arrivera pas.

Comme je l’ai écrit dans le précédent billet, enseigner c’est mettre en avant sa propre sensibilité. Quand certains insisteront certainement sur des aspects très techniques et mettront des trucs de foufou, on pourra voir que je fais pousser la réflexion sur les DNS et sur leur rôle dans une dictature ou dans une concurrence déloyale. Pour moi, plus que des concepts techniques qui n’ont absolument aucun intérêt comme la CSS ou le protocole TCP / IP, c’est la compréhension des enjeux. Je prendrai donc le temps de faire réfléchir à la neutralité du net, je parlerai même de la quadrature pour dire que c’est une association qu’il faut soutenir. Non je plaisante, faut pas inciter les jeunes à soutenir des bobos gauchistes toujours en colère. Blague à part, j’ai au moins vu l’association dans deux livres, leur combat ne passe donc pas inaperçu, même si personne n’ira mettre la main à la poche et qu’ils retourneront dans un garage ou au bistrot du coin pour chanter leurs exploits passés.

Pour réaliser mon cours, j’ai utilisé diagrams, aka draw.io. C’est un bon remplaçant pour dia le fork de Gimp, ce qui laisse rêveur quant à l’interface. Diagrams comme son nom l’indique permet de faire des diagrammes, le résultat est propre, je trouve en outre que le nombre d’options est trop important pour en faire un logiciel à utiliser aux élèves. À voir toutefois.

On m’a aussi recommandé Filius que je ne connaissais pas, et qui permet de façon « simple » de simuler un réseau. Disons que si c’est simple au départ d’aller mettre les fils et j’en passe, ça signifie que derrière il faut avoir compris la notion d’ip, de passerelles, et d’autres bricoles. Je mets le logiciel de côté pour deux raisons. La première c’est que c’est le premier chapitre que je vais faire et que je ne sais pas si les enfants auront un ordinateur. Je veux que mes élèves de seconde travaillent avec l’ordinateur de la région, si bien que je ne tomberai pas dans la facilité d’aller en salle informatique pour faire utiliser. La seconde c’est que j’attends de voir les retours, j’ai eu quelques réactions de collègues qui sont venus participer à la discussion sur le SNT qui sont utilisateurs ou qui vont utiliser. Comme je l’ai écrit, on fait des cours avec ses tripes, sa sensibilité, je dois reconnaître que passer du temps sur des pings, ça m’excite pas vraiment.

J’ai totalement conscience que je vais me péter les dents sur le sujet comme je suis cassé les dents sur Python cette année. Néanmoins, d’une part le sujet est intéressant, d’autre part cela reste les vrais défis pédagogiques, s’embarquer dans des trucs que personne ne veut faire, aborder des thèmes que personne ne comprend, tomber, se relever et recommencer. Finalement la pédagogie, c’est comme Dark Souls.

Nous nous quittons avec Youssoupha et entourage dans une version philharmonique, c’était ça ou un live de Donna Summer. On est tous solitaire mais on se soigne par le partage, c’est certainement ce qu’on devrait mettre au fronton de nos écoles. Passe ce billet à trois personnes de ton entourage, qui l’enverront à trois personnes de leur entourage, qui l’enverront à trois personnes de leur entourage …

Vacances j’oublie … Ah non prof de SNT à la rentrée

dimanche 5 juillet 2020 à 17:58

Je suis officiellement en vacances après, je pense, on pourra tous le dire, une grosse année de merde. J’ai malheureusement la certitude qu’on va y retourner même si je ne m’explique pas le comportement du virus actuel. Chez moi c’est openbar complet, les gens sont les uns sur les autres, empilés comme des légos. Je m’étonne qu’on ne soit pas à nouveau confiné, preuve certainement que le virus est de saison et que peut-être la chaleur a un lien avec tout ça. Au boulot on n’est pas revenu à la poignée de main ni aux embrassades, en même temps tout le monde se déteste, on ne peut pas vraiment dire qu’on réalise les gestes barrières, je suspecte certains d’essayer de se cracher dessus. Il était vraiment temps de se quitter.

J’ai eu la joie d’apprendre que j’allais enseigner le SNT à la rentrée. Sciences Numériques et Technologiques, une nouveauté qui est apparue dans les programmes de la réforme de la seconde générale de 2019. C’était mon collègue prof d’info qui avait pris le cours, et forcément il n’a pas aimé. J’aime souvent à rappeler que l’enseignement n’est qu’un métier, et ce n’est pas parce que j’enseigne les mathématiques que c’est ma passion tout comme ce n’est pas parce qu’il enseigne l’informatique que c’est sa passion. À sa décharge, intervenir pour une 1h30 de cours par semaine sur le papier, rabotée à 1h, je ne rentrerai pas dans les détails de la dotation, avec des élèves dont à la fin de l’année il ne connaît pas le prénom, a très peu de sens. Les élèves de GT passent tellement de temps avec moi qu’ils m’appellent papa, le père fouettard, maman, pensent que je suis leur prof principal, enfin bref, c’est cohérent.

C’est cohérent mais c’est comme toujours, c’est à l’arrache. Mon collègue n’a pas fait le choix de livre, il faut donc que je me positionne, et avant de me positionner, il faut que je maîtrise le programme en 48 heures …

Je vous explique un peu comment on fait un cours. On va dire en gros que j’ai une heure de cours par semaine sur 32 semaines, sachant que de façon théorique c’est 36 semaines. Comptez toujours quatre semaines de drame. Si on compte la fin d’année illusoire malgré la reconquête de juin, les journées qui sautent, on peut au mieux compter sur 32 semaines, soit 32 heures, soit 32/7, donc entre 4 et 5 heures par chapitre. Une fois qu’on sait le temps imparti, on regarde les contenus et on s’interroge pour savoir ce que vos élèves sont capables de faire ou non. Sur mes 25 élèves de seconde cette année, en gros 18 s’orientent en BAC Techno, ils étaient venus pour ça, les autres partent en pro. Ma seconde générale, c’est surtout une seconde technologique, le profil d’élève c’est le gamin qui aurait été noyé dans une classe à 36 avec l’ambition pour chaque prof d’assurer une continuité dans le général à grand coups de marche ou crève. Si par conséquent je balaye l’intégralité du programme, il est évident, notamment pour les évaluations que je ne rigole pas en faisant des problèmes de la mort pour voir qui serait capable de suivre en scientifique l’année prochaine puisque personne n’ira. Même pas besoin de jouer d’ailleurs, vous mettez un exercice qui demande un peu d’abstraction ou du python, vous avez déjà largué tout le monde.

Il faut donc faire des choix, des choix qui sont à la croisée des chemins entre le niveau réel des élèves, votre niveau, votre sensibilité, ce qui vous paraît important ou non. Si on regarde dans le premier chapitre, l’internet, il apparaît comme incontournable d’expliquer ce qu’est le protocole TCP IP aux élèves, le réseau, les switchs, le p2p. Par rapport à mon public, j’ai envie de dire que le p2p ça ne sert à rien. Pourquoi ? Si j’avais des intellectuels en face de moi, j’aurais évoqué la blockchain qui est vendu comme l’avenir de l’informatique. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai l’impression que c’est comme la 5G, une technologie qu’on essaie de faire passer en force, plus qu’un véritable besoin. Du fait de ne pas avoir des intellectuels, je peux bien évidemment évoquer BitTorrent et le téléchargement pirate, sauf qu’à ce compte, pourquoi pas évoquer le minitel. Exagération peut-être, mais il apparaît que les enfants lorsqu’ils piratent, le font exclusivement sur des sites de streaming.

Que dire du TCP IP, de l’encapsulation, des protocoles et des paquets quand les gosses ne font pas la différence entre Samsung et Android, entre système d’exploitation, navigateur et j’en passe. Bien évidemment on peut se cacher derrière la faiblesse du niveau pour manquer d’ambition, néanmoins quand un cours est surtout technique, qu’en plus il est chiant, face à un public qui se décourage très vite et qui n’a que très peu de culture informatique, on va comme l’OM, droit au but.

Pour l’heure comme précisé, je dois me positionner sur un manuel. Avec les années, on change, pendant des années j’ai pensé que les manuels c’était comme Linux, de la merde. Comme quoi il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Le manuel c’est la garantie d’éviter les photocopies, de monter des documents parfois pas tops en présentation, pour justement faire des économies de papier et proposer aux élèves quelque chose de cohérent. Le pendant, c’est que le manuel, quand tu l’as, ben tu l’as. Les manuels scolaires sont fournis par la région, et vous comprenez bien que dire « ben finalement le manuel il est un peu pourrave, on peut tout jeter et recommander ? », ça le fait pas vraiment. J’ai fait à l’époque le choix du manuel Sésamaths pour le cycle 4 c’est-à-dire les élèves de cinquième, quatrième, et troisième. C’était une erreur, une erreur que je dois encore à mes choix militants. Oui j’ai voulu faire bosser le libre, le participatif, et finalement je me retrouve avec un livre qui vieillit mal face à un niveau de mes élèves qui ne cesse de baisser. Sésamaths est trop compliqué.

Choisir un bouquin aujourd’hui c’est un engagement de quatre à cinq ans, et c’est surtout délicat. La numérisation fait bien les affaires des éditeurs qui font des stratégies à la Apple avec un enfermement pas terrible des utilisateurs. Les contenus supplémentaires, les fameux contenus augmentés, pétris d’équivalents de DRM rajoutent de la complexité à l’utilisation des manuels. Par conséquent, quand je vois dans un livre que le document 1 ne se trouve pas dans le manuel mais qu’il faut aller le regarder à une adresse précise, je ne suis pas fan. S’il s’agit d’une ressource externe, j’ai envie de dire pourquoi pas, néanmoins une ressource, ça disparaît.

Pour ma part, je sais que je vais monter moi-même mes cours, je diffuserai ici plutôt que sur restez-curieux, du fait du caractère pédagogique et informatique qui s’adresse plus à mon lectorat de vieux que de jeunes, un manuel c’est surtout pour les exercices et les activités. J’avais quatre spécimens proposés par mon documentaliste, mon choix se porte sur le Bordas collection 3.0, sciences numériques et technologiques.

C’est un choix, j’ai trouvé qu’il proposait de nombreux exercices, que la totalité des contenus étaient dans le livre même s’il y a du contenu augmenté, j’ai trouvé que les définitions étaient plus simples. Et puis il y a certains points qui font bondir, notamment quand on voit qu’un manuel de 2019 évoque l’utilisation d’internet explorer, c’est next tout de suite même si tout n’est pas à jeter.

La véritable problématique, plus que de gaver les élèves de théorie, c’est de savoir ce qu’on peut faire comme activité concrète. J’ai deux mois pour trouver quoi faire avec quelques idées, et avec le regret de devoir jongler entre l’introspection et les bouquins car le partage est cette fois-ci bien mort. Vous avez pu voir passer l’histoire des badges qui font le scandale dans mon académie. J’ai vu des pavés sur la toile pour crier à l’infantilisation, j’ai vu des montages photos, j’ai vu des tas de choses. Ce qui finalement est le plus choquant pour moi, c’est de voir des gens capables de produire de longs laïus pour expliquer qu’on nous prend pour des idiots quand il faudrait revaloriser nos salaires mais qui sont incapables de partager quoi que ce soit sinon de la haine ou de la gaudriole. Dans le réseau social de ma fédération, j’arrive avec un an de retard, un des gros piliers se plaignait qu’on ne partageait rien, effectivement il a raison, quasiment aucun échange dans le réseau social Yammer, comme sur internet à part cette adresse, on ne trouve rien ou presque. L’internet tel que nous l’avons connu est mort, soyons le dernier bastion de la résistance du partage.

J’ai lancé le débat sur qui fait quoi dans le forum, si vous êtes enseignants, ou n’importe quoi d’ailleurs et que vous voulez contribuer, vous êtes welcome, je crois qu’il devient de plus en plus important de créer des espaces d’échanges sur la toile, et pas que pour des selfies ou des photos de chats.

Le SNT sera l’un des fils conducteurs du blog pour l’été 2020, et pour l’année prochaine.

On ne partage rien sauf sa mauvaise humeur

Je ferai une seconde conclusion à ce billet, celle de la nécessité d’être sous Windows avec l’enseignement de cette matière. Dans le cadre de l’utilisation de certains logiciels spécifiques, de quelques commandes, ou même ne serait-ce que regarder les données exif d’une photo, ou d’autres joyeusetés, il me paraît évident que nous parlions tous le même langage, en l’occurrence ici, Windows. Il est à noter que ce module a l’intérêt de pouvoir organiser des débats, ce que je compte faire de façon régulière, notamment quant à la neutralité du net, le financement des réseaux sociaux, les problématiques de la géolocalisation. Il faut que je vois si je demande ça par écrit ou à l’oral, ou les deux. Vous noterez que l’enseignement c’est un travail, et que cette simple heure de cours à préparer par semaine va nécessiter des dizaines d’heures de préparation.

Complément 111

mercredi 1 juillet 2020 à 22:06

Vendredi sera toujours vendredi.

Je suis quasiment aux portes de la gloire ou en tout cas à quelques jours de la fin d’une année particulière. Bien évidemment, malgré mon silence, je continue une vie de Cyrille, une réparation du Partner sur le capteur de régime, la fameuse pièce qui m’avait fait m’arrêter dans une avenue centrale de Pézenas. J’avais déjà remarqué avant le confinement que la voiture sautait lorsque j’étais au-dessus des 120 de façon totalement erratique. La dernière fois, je prends la plus belle route de France et j’arrive à une déviation. J’ai pris une route que je n’ai jamais prise et pour vous dire l’état de la route, enfin du chemin de terre, j’ai fait un détour pendant trois jours tellement j’étais traumatisé. Vous imaginez tout de même que pour me traumatiser il faut que ce soit excessif, ça l’était. Arrivant le long de l’Aude où je finirai un de ces quatre pour vérifier si mon Partner est insubmersible, je passe à 60 km/h avec deux franches pertes de vitesse. Je m’arrête plus loin, j’appelle mon garage et je leur demande de préparer la valise. Étant une référence dans mon garage, on me prend quand j’arrive, capteur de vilebrequin, un mot magnifique, comme un noble au moyen âge, on y mettrait une majuscule. Je fais remarquer à mon garage que la pièce à ce niveau c’est du consommable et que le premier m’avait tenu huit ans. On m’explique qu’il y a de fortes chances pour que ce soit le faisceau qui va avec et qui n’a pas été changé la dernière fois, on va donc me faire les deux au cas où. La théorie du faisceau, un câble qui pendant que je sautais dans tous les sens sur ma route pourrie aurait pu un peu plus bouger ce qui expliquerait la perte de puissance. Je ferai les 300.000 avec cette voiture, c’est dit.

Donc une vie de Cyrille, vous aurez certainement la semaine prochaine des photos d’un changement de groupe de sécurité sur le chauffe-eau qui fuit à longueur de journée. C’est pas trop mal tout de même, le chauffe-eau a 7 ans ce qui commence à être un record, le groupe est certainement fatigué mais sachez que ce n’est pas tout, il fait tellement chaud dans le sud de la France ces derniers jours que ça fait monter la pression du ballon et ça tire sur le groupe. Malheureusement, il se trouve que j’ai le dos bousillé, un lumbago à l’aube de mes 45 ans, cette année aura été riche en vieilleries entre des hémorroïdes qui déchirent au sens propre comme au sens figuré, une presbytie qui me fait faire une gymnastique intense avec mes lunettes, je me suis retrouvé dans l’incapacité de me lever en bord de plage de ma chaise. La combinaison changement du groupe de sécurité et mal de dos risque d’être plutôt prometteuse, je vais donc prendre un peu mon temps, celui d’arriver en vacances, nous ne sommes plus à quelques mètres cubes d’eau perdus.

L’explication pour le dos est finalement assez simple, à l’instar des sportifs qui en ce moment se blessent en pagaille, le corps a mal vécu le confinement, la reprise brutale de la voiture, j’ai beaucoup roulé ces derniers temps, une fin d’année pour le moins chaotique et c’est le drame.

Comment te dire adieu ?

Je pense que c’est la première année depuis longtemps que je n’ai plus de réseaux sociaux et c’est finalement une façon de se dire adieu. Alors qu’à une époque j’avais du Facebook, du Instagram, même du snap, je n’ai aujourd’hui plus rien à part un compte Youtube avec lequel on ne peut pas dialoguer. Avec le Covid, les élèves ont spontanément discuté avec moi par Teams, certains d’ailleurs continuent de le faire. Le lien, ce fameux lien entre l’enseignant et les élèves, c’est un lien important pour tous, je l’ai cru pendant longtemps. J’ai souvent des nouvelles de mes vieux élèves, ils passaient par Facebook, je reçois de temps à autre un mail. C’est une démarche qui est totalement différente, volontaire, et qui ne se limite pas à faire deux clics dans un réseau social. Une belle démarche, comme celle d’envoyer une carte postale ou d’appeler quelqu’un.

Alors effectivement je reste joignable puisque je suis facilement trouvable sur le net, mais néanmoins dans les codes de nos jeunes, n’étant ni présent sur Snap ou sur Instagram, c’est une façon de se dire adieu. Lorsque j’ai coupé mon compte Facebook, j’avais pleinement conscience de cette action, et si effectivement c’est triste, je ne regrette pas ce choix. À une époque, on avait des gosses qui venaient nous voir des années après, pour prendre des nouvelles, pour nous raconter ce qu’ils étaient devenus. On avait des associations d’anciens élèves, on avait des tas de choses pour maintenir le lien. Aujourd’hui le réseau social c’est tout ça à la fois. Le rappel automatique de l’anniversaire pour aller mettre une photo à la con, le rappel d’un événement, voir qu’une ancienne élève est devenue maman, mais finalement quelle part active, quelle part de volonté, il y a ici ? Très peu. C’est l’outil qui pense à notre place, comme une secrétaire qui vous rappelle votre anniversaire de mariage.

Je fais donc monter le niveau de difficultés, en me disant que si des gamins veulent me retrouver un jour, donner des nouvelles, ils trouveront la façon de faire. Si je me fais très peu d’illusions, je sais par contre que j’ai gagné en sérénité, en temps, à purger un maximum de bruit et que cela ne me manque pas. Je retrouve ce schéma dans les sites d’informations, où désormais je tombe à 40 flux suivis et ça risque de continuer à baisser encore.

Pix le remplaçant du B2i ou on n’est pas rendu

Mon documentaliste nous a envoyé des messages sur Pix qui se veut être le remplaçant du B2i, je vous envoie vers la page du site de l’agricole parce qu’il n’y a pas de raison. Souvenez-vous, il y a quelques années on avait droit au B2i, une attestation de fin de troisième pour dire que le gamin était un bonhomme prêt à hacker le FBI avec son minitel. Les piliers de compétence étant passés par là, puis le LSU, je crois que c’est à cette époque où cette certification, rires dans la salle a disparu. Bien évidemment on le filait à tout le monde.

La différence ici et elle est certainement fondamentale, c’est que Pix c’est une plate-forme à part, qui va donc centraliser les résultats quand on faisait ce qu’on voulait pour dire, il l’a, il l’a pas, oui sans problème, il vient de lancer le navigateur, il l’a. Pour l’instant tout me paraît très flou et je suppose que dans l’enseignement agricole nous aurons une note de service en novembre pour nous expliquer ce que nous aurions dû mettre en place au mois de septembre. La crise COVID a montré la très grande souplesse du monde enseignant, non pas une, non pas deux, non pas trois mais bien quatre rentrées scolaires ma bonne dame ! Plus rien ne m’étonne, ça doit dater d’il y a sept ans quand on nous a réformé l’examen du DNB dans l’année en cours. Je suis donc allé m’inscrire sur Pix pour savoir de quoi ça parle, et je vais dire qu’on n’est pas rendu si ça doit s’adresser à mes élèves.

Je vous montre la première question qui m’a posé problème philosophique et bien sûr éducatif.

À mon sens, aucun de mes collègues n’est capable de faire ça, forcément pour un élève de troisième de l’enseignement agricole, on peut imaginer qu’il risque le burn out. Je crois que mon problème principal n’est pas tant l’accompagnement pédagogique qu’il faut faire pour expliquer la question, à savoir qu’une page est réalisée avec du code, que les moteurs de recherche indexent les pages, mais surtout, qu’est-ce qu’on en a à foutre si on ne fait pas du référencement web ou un blog ? Alors que des gens pensent que le mont blanc va être rebaptisé en grand Mont ce qui m’a fait beaucoup rire, n’y a-t-il pas urgence à laisser certains domaines de l’informatique aux spécialistes pour se recentrer sur les fondamentaux ?

Autre point :

Si je donne ça à un gamin, qui n’a aucun bagage culturel, comment seul, il peut réussir à déterminer qu’il s’agit du monstre du Loch Ness. Il faut donc en amont prendre la photo pour faire une recherche inversée et voir à quoi ça correspond. C’est d’ailleurs en utilisant cette technique, que j’ai pu voir que la dernière photo était un phénomène naturel.

Et dans les questions, certaines sont mal foutues. On demande à un moment d’aller sur une page Wikipédia et de vérifier la modification réalisée par un individu. Ce qui veut dire concrètement qu’on suppose qu’il faut être tellement un bonhomme qu’on va aller vérifier l’ensemble des modifs de Wikipedia pour savoir si ça tient la route ce qui est n’importe quoi. Voici les modifications en question :

Il apparaît que le gars a modifié un contenu quant à l’habitat du lion. Dans les cases à cocher, la bonne réponse c’était de noter que le type il avait mis un message injurieux. J’aurais peut-être dû aller regarder ce qu’il a noté, mais si on s’arrête là, il n’y a rien d’injurieux quant à modifier l’habitat du lion. Certaines questions pour ce que j’ai pu faire, font parfois penser au code de la route avec les fameuses diapositives de la mort, où il faut regarder dans la tache d’huile au sol qu’un vélo arrive sur la droite. Et c’est un problème, car ça prend du temps, si ça prend du temps c’est lassant, quand c’est pas clair, ça induit du découragement et il est bien connu qu’une demi-marche d’escalier c’est déjà beaucoup à monter pour nos élèves.

Je reviendrai donc sur ce Pix, je vais certainement le faire en entier pour avoir la certification, mais pour l’instant je dois dire que je ne vois pas comment l’intégrer dans la pratique informatique de mes élèves de troisième qui n’ont qu’une heure de cours par semaine. Je préfère personnellement les embarquer dans une dynamique de projet avec une réalisation à la fin, plutôt que de répondre à des questions trop complexes et qui manquent de concret.

De Linux à Windows

Comme on a pu le comprendre à travers mon dernier billet, j’ai fait ma migration vers Windows, une de plus me direz-vous. Il n’y aura pas de retour en arrière sauf vraiment une mauvaise surprise sous Windows, et ça tient dans cet écran :

42% d’occupation de RAM soit 6.72 Go. On notera la place occupée par Teams assez délirante pour ce que c’est, et on se rend compte que globalement le taux d’occupation de RAM est à l’identique entre Linux et Windows. En quelques années quand 4 Go de RAM c’était suffisant, aujourd’hui 8 apparaissent comme un minimum. Lorsqu’on peste ici ou là contre l’abandon de l’architecture 32 bits qui permet encore de faire tourner des PIII, en criant à l’obsolescence programmée, je vois le problème ailleurs. Problème que je retrouve désormais dans le téléphone où en moins d’un an 2 Go ne suffisent plus, il en faut 4 à minima et encore pour pas faire grand-chose, Teams pour ne citer que lui. À partir de ce postulat, essayer de faire tourner un OS quel qu’il soit sur un PC un peu vieillot et envisager d’ouvrir une page web, je considère que c’est une perte de temps. Par conséquent, vieux PC = déchetterie, ou vieux PC = serveur sans interface, pas plus. On a même franchi une nouvelle étape, celle où le SSD ne suffit plus pour relancer une machine un peu ancienne, il est juste indispensable mais pas suffisant, il faut plus.

La bascule de Linux vers Windows ne pose aucun problème, si vous avez une clé USB à jour, vous obtenez globalement un produit presque out of the box en moins d’une heure. Oui pour Linux c’est plus rapide, mais ce n’est plus aussi lent qu’avant où configurer un Windows c’était assez décourageant. J’ai pu récupérer mes profils Opera, Filezilla, Thunderbird sans aucun problème, je n’ai eu qu’un souci c’est le pilote de ma carte vidéo Radeon qui commence à dater, le « meilleur » driver choisi pour moi par Microsoft n’était pas vraiment le meilleur driver. Ce qui est certain c’est que le problème de pilotes sous Windows 10 pour du matériel qui date un peu c’est quelque chose que je rencontre de façon très récurrente.

Il n’y a pas de bonheur particulier d’être sur Windows, comme il n’y avait plus de bonheur particulier d’être sous Linux, c’est un OS, pas un repas aux grands buffets de Narbonne. Il y a toutefois une différence notable, la masse de logiciels et leur accessibilité, beaucoup de choses sont désormais disponibles qui donnent d’autres possibilités que sous Linux.

Voilà pour ce soir, plus que deux jours avant la quille, ça devient urgent.