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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Micro:bit, petit, tout petit …

dimanche 26 juillet 2020 à 12:50

J’ai reçu ma micro:bit, mon kit micro:bit Go pour être plus précis, que j’ai acheté à 20 balles d’euros sur Amazon. Le kit comprend la carte micro:bit, deux piles, un câble USB, un boîtier pour mettre les deux piles.

Je viens de me remettre douze balles de plus dans un boîtier tout chouki en silicone en forme d’oreilles de chat pour protéger ma micro:bit et un set de pinces crocos pour faire la musique de Starwars sur un casque selon le schéma suivant.

Je trouve d’ailleurs que c’est franchement dégueulasse mais c’est une autre histoire. C’est surtout que pour un matériel de base, sans fioriture, pour démarrer, c’est 32 € de ma poche. Vous noterez que le de ma poche n’est pas anodin, je me contrefous de la micro:bit et je ne l’ai achetée que pour faire mon travail et répondre à la partie du référentiel de seconde sur les SNT quant aux objets connectés. En imaginant que pour une classe de trente élèves, on prenne 15 kits pour les faire travailler à deux, on tape à 300 balles d’euros à financer par l’établissement. On pourrait éventuellement dans les fournitures scolaires demander l’achat d’une carte micro:bit, encore faudrait-il en justifier un usage régulier ce qui ne sera certainement pas mon cas.

Je vais tout de même me fendre d’un copier coller de ce que possède cette petite carte qui contrairement à la mouvance populaire n’est pas franchement « amazing » mais c’est parce que je suis aigri de la vie. Je me permets de faire un copier coller de chez François propriétaire de Framboise314.

Forcément vu comme ça, on se dit que c’est formidable, j’aimerais revenir sur au moins une partie de l’appareil, la composante bluetooth. Il faut déjà avant d’aller plus loin, savoir que la carte est relativement puissante puisqu’on peut communiquer avec elle en Python, notamment avec l’éditeur Mu dont j’ai régulièrement parlé sur le blog. Seulement on va rencontrer rapidement quelques problèmes :

Je viens d’écrire qu’on pouvait piloter la carte en Python, et que bien évidemment les élèves n’y comprennent rien. Il apparaît que la carte est compatible avec Makecode et ça change tout, une image de Makecode.

Comme vous pouvez le voir, Makecode est un logiciel de programmation avec des blocs, ce qui rappellera scratch à des élèves qui sortent de troisième et qui ont donc utilisé ce logiciel pendant une partie de leur collège. De façon très théorique bien évidemment. Jeanvaljean, professeur de 54 ans, réfractaire à toute technologie préfère enseigner le boulier même si ce n’est pas conforme au programme plutôt que de faire du scratch. C’est donc très pratique, facile sur le principe, et c’est pertinent quand on a des gosses qui ne comprennent rien à Python. On imagine alors la super combo avec le smartphone, sauf que l’application micro:bit pour smartphone renvoie vers un site internet Makecode …

Oh mon Dieu il utilise encore Opera après plusieurs mois, se serait-il enfin calmé ?

Force est alors de constater que l’interface est totalement impraticable alors que mon téléphone est en plus de 6 pouces pour mes vieux yeux. En faisant une recherche sur makecode dans le Google play store, on ne trouve absolument rien et je pense avoir l’explication, attention on grince des dents tous ensemble : makecode est un produit Microsoft. Imaginer que Redmond ne développe pas d’application pour avoir la certitude que tous les gamins du monde entier coderont sur du Windows sans liberté, il n’y a qu’un pas à franchir et je le fais très amplement. Je me permets de vous faire remarquer que j’ai réussi à placer du Saez dans la phrase précédente, et je vous le prouve en musique. Le jour où je deviens président de la république, je fais de cette chanson notre hymne national et je nomme le gros Damien ministre de la Culture, de la bière et des BTP. Il ira nous raser les vieux bâtiments qui coûtent trop cher. En chanson.

Nous sommes donc dans une conjecture, mais c’est très personnel, que la micro:bit s’utilise uniquement à partir d’un ordinateur, ce qui en limite certainement les utilisations quant à la mobilité. Comprenez qu’il s’agit de mon premier billet sur la thématique de la micro:bit et comme on le sait, je commence à en dire du mal avant d’imaginer qu’on puisse en penser du bien, chassez le naturel il revient au galop. J’ai vu en effet des gens s’en servir de podomètre, avec une tour de PC à la main, on risque de ne pas aller bien loin. Nous sommes aussi dans une conjecture où il faut un peu d’équipement, mais c’est encore personnel pour réussir à en faire quelque chose comme diriger un robot. Et à chaque fois c’est autant d’argent et d’investissement qu’il faudra compter.

Car là pour moi, ça se limite globalement à ça, toujours dans l’esprit de cette première approche.

Il vient d’afficher un cœur et la température de la pièce. Cet un homme est un génie, il va bouleverser la pédagogie et peut-être sauver le monde.

Un conseiller pédagogique qui n’a pas vu d’élève depuis 20 ans.

Bien évidemment l’engouement pour la carte est forcément plus important que celui que je peux afficher, et c’est sans surprise qu’on a des bouquins, des ressources, des sites et j’en passe. Il s’agit comme je le précise d’un avis à chaud, et j’apporterai les correctifs nécessaires avec mon cours sur les objets connectés pour montrer quelle activité j’ai choisie.

En même temps je sais que ça n’ira pas bien loin, puisque je n’aurais qu’une carte, et je ferai manipuler quelques élèves au tableau, enfin façon de parler parce qu’avec le COVID ça risque d’être difficile, mais ça ne passera certainement pas le cap de une heure de présentation et d’un travail à la maison à tester sur la micro:bit de monsieur BORNE.

En tout cas ces histoires font bien les affaires des vendeurs, j’écrivais plus haut que j’avais acheté une coque, j’ai failli écrire coke, étrange, et des pinces crocodiles pour brancher ma micro:bit sur des écouteurs et obtenir du son, parce que ça marque les esprits : « oh ça fait de la musique ! ». Je l’ai fait sur le site kubii qui est l’un des premiers à s’être positionné sur le pi à l’époque. J’avais acheté en 2015 mon kit pi et il faudrait que je retrouve dans les archives de l’internet pourquoi je m’étais promis, juré, craché de ne plus jamais acheter sur ce site. Bon on sait comment je suis versatile, néanmoins même s’il s’agit d’un vendeur de produits chinois pour la grande majorité de ce qui est proposé, c’est un site français, cela fait partie de ma mouvance actuelle. Accessoirement c’était le tarif le plus intéressant mais ça, c’est une autre histoire. Je voulais partager avec vous cette image.

Il s’agit des kits PI, on est quand même franchement loin des débuts, de ces fameuses cartes d’apprentissage. J’avais vu passer une série d’articles en anglois sur la possibilité de remplacer un ordinateur par un PI, je reste toujours très perplexe. J’ai dernièrement changé la tour de ma belle sœur, j’ai trouvé sans effort un i3, 8 go, 240 Go de SSD pour 120 € sur ebay. La moralité c’est que la pédagogie, ça peut finir par revenir très cher.

En cet été d’une morosité sans nom quant à l’actualité sur internet, digne des plus grands on va tous mourir que j’ai pu écrire, j’aimerais vous quitter avec cette cover de Billie Jean. J’aime beaucoup, la fille qui ne sert absolument à rien au départ a un sacré coffre, elle finit par chanter même si elle fait de la figuration et ce garçon qui ne rentre pas dans les normes physiques de 2020 pour faire les plateaux télé se fait la chanson à la guitare sèche avec une facilité incroyable.

Le talent n’est pas toujours où on le pense, il faut désormais le chercher, parfois même dans la rue, trouver la rose dans le tas de fumier qui nous entoure. Il s’agissait d’une façon détournée de dire que les blogs sont morts ou presque et que ça commence à devenir franchement tendu de trouver une lecture rafraîchissante durant l’été.

Battle Chasers : Nightwar, le très bon RPG à l’ancienne

samedi 25 juillet 2020 à 16:52

J’ai souvenir d’avoir passé pas mal de temps sur les vieux épisodes de Final Fantasy, des jeux en tour par tour où vous déclenchez des attaques de plus en plus spectaculaires et où vous pestez de vous faire agresser tous les quatre mètres sur la map. Je me permets d’ailleurs de mentionner l’intelligence du jeu de ce point de vue et de montrer qu’on a su évoluer dans le RPG « Japonais », on ne vous imposera pas les combats face à des ennemis qui ont un niveau très inférieur au vôtre, ce qui évite cette lassitude de combats stériles à répétition.

Battle Chasers c’est un comics réalisé par Joe Madureira, le gars qui fait le character design de la série des Darksiders. On n’aura pas de mal à reconnaître les traits, de grande qualité.

250 kilos de plus, une décoloration et obtient guerre.

Pour la petite histoire, c’est un comics inachevé et c’est une pitié pour les fans puisque le dessinateur a eu le temps de pondre un jeu qui n’a aucun rapport avec l’histoire de base, mais n’a pas eu le temps de finir son comics. Le synopsis est pour le moins basique, Gully, le personnage ci-dessus, est à la recherche de son papa un super guerrier qui un jour est parti chercher une baguette de pain, étant non fumeur comme tout grand guerrier. Leur vaisseau volant se crashe sur une île dans laquelle des nécromanciens ont l’air de s’agiter un peu. Je dois reconnaître que je n’ai absolument pas adhéré à l’histoire, le doublage français y étant certainement pour beaucoup, « oh Paulette, tu ne trouves pas qu’il fait chaud ici. Oh oui Patrick, ouvre la fenêtre, j’enfile une tenue décontractée ». Tout ça pour dire qu’on est là pour casser du monstre, beaucoup de monstres, des vagues de monstres.

À la suite du crash vous êtes séparés et vous réunirez les six personnages de l’aventure au bout d’un certain temps, chacun ayant ses propres caractéristiques : le guerrier qui est le sosie du personnage central de Berserk, un gars que vous rencontrez à la fin qui sait un peu tout faire avec un aspect un peu vampire et qui semble sortir d’un Castlevania, un sorcier qui manie le feu et la glace, un robot, une femme fatale qui utilise des explosifs et des flingues, et enfin la gamine qui a des gantelets qui lui permettent d’arracher les cailloux. Bien évidemment vous êtes limité à trois personnages et le jeu fait une grossière erreur, les personnages avec lesquels vous ne jouez pas, n’évoluent pas, il faudra donc les promener pour les faire progresser et c’est pénible.

La carte du monde est assez énorme, particulièrement riche en quêtes secondaires mais indispensables, puisqu’elles permettront de débloquer la dernière attaque de chaque personnage ou de fabriquer des objets ultimes.

Tout est très joliment animé, c’est un jeu qui est particulièrement soigné, et on prend beaucoup de plaisir à faire les très nombreux allers-retours imposés, car certains lieux sont parfois récurrents pour débloquer certaines capacités ou trouver des objets indispensables. Les boutiques sont nombreuses, acheter des armes, armures, potions et j’en passe, une arène pour marave encore plus de monstres au cas où, et un système de combat très classe techniquement et qui essaie d’innover un peu.

Lorsque vous faites un coup classique, vous rajoutez de la surpuissance à votre personnage qui fait que lorsque vous faites une attaque qui consomme du mana, c’est d’abord la surpuissance qui part. Certains personnages comme Garrison, la brute épaisse qui ressemble au gars de Berserk de façon honteuse, va puiser dans sa surpuissance pour réaliser des attaques plus puissantes. Parallèlement à cela, plus vous tapez, plus vous faites monter la barre collective qui permet de déclencher des grosses attaques tout en 3D.

On n’est pas loin du jeu parfait, à part pour les doublages « oh Maurice, tu as vraiment allumé le ventilateur, je transpire tellement. Oh oui Paulette, une bonne sudation, c’est bon pour la santé« , il y a toutefois deux épreuves à surmonter dans le jeu. On est content car on marave plutôt bien et il n’y a pas de véritable entrave à la progression jusqu’à un donjon où vous tournez à niveau 17 et vos ennemis sont à niveau 20. C’est la boucherie. On en vient à penser qu’en changeant les membres de l’équipe ça va changer quelque chose, mais en fait comme il faut faire monter le niveau de ces personnages restés à la base, on perd encore davantage de temps. La moralité c’est qu’on n’a pas d’autre choix que de refaire le donjon précédent pour faire monter le niveau de ses personnages. Le jeu en vaut suffisamment la chandelle pour passer ce seuil. Cela signifie aussi qu’à instant t, vous devrez faire le choix définif de votre partie et ne plus changer vos personnages. C’est remarquablement expliqué par le testeur de Gamekult, ce qui montre que le garçon a fait le jeu suffisamment loin pour témoigner du problème et qu’il connaît son métier.

J’ai pris pour ma part :

Ce palier donc au niveau 17 et le monstre de fin qui m’a posé vraiment problème, montrant toutefois que Battle Chasers : Nightwar est un jeu très bien foutu. Vous vous retrouvez face à une grosse monstruosité qui fait des sorts de fou et qui résiste à tout sauf aux « effets » à savoir saignement, embrasement, etc … Je ne l’ai pas évoqué plus haut mais il est possible de rajouter des « talents » à vos personnages selon deux arbres de compétences. Par exemple, une attaque passera de niveau 1 à 2, faisant plus de dégâts. La difficulté de ce monstre final, c’est que vous êtes bloqué à niveau 30 car vous ne pouvez pas aller plus loin et qu’elle est au niveau 31. Un niveau faisant toute la différence, j’ai gagné sur le fil, à la croisée d’une bonne stratégie, des talents en lien avec les saignements et l’embrasement, la chance, car le monstre vous balance une attaque aléatoire que j’ai pu éviter parce que je lui en ai mis plein la face assez rapidement.

J’ai passé de très nombreuses heures sur le jeu que j’ai failli abandonner sur les deux passages évoqués, mais comme je suis un killer, j’ai triomphé. J’oublie une multitude de détails comme la possibilité de pécher, le poissonnier vous donnant des éléments qui vous permettent de troquer avec un sorcier un peu fou ayant des armes puissantes. Ou encore le fait que dans les donjons vos personnages ont des pouvoirs que vous pouvez utiliser avant les combats ce qui vous facilite un peu la tâche.

Malgré la très grande qualité du jeu cela ne m’a absolument pas donné envie de lire la bande dessinée, peut-être si l’auteur la finit un jour ou si j’oublie les dialogues horribles « oh comme tu as le torse velu Jean-Pierre, je vais te faire une épilation du maillot », par contre de folles envie de refaire du JRPG. Semble-t-il que ça ne manque pas dans le PSNOW qui reste un excellent investissement et qui montre que l’avenir est à l’abonnement dans le monde du jeu vidéo.

Puivert, ou quand ubérisation rime avec couillon

jeudi 23 juillet 2020 à 21:43

Je vous avais raconté l’an dernier mes vacances à Puivert. Le contexte de l’an dernier était différent comme cette année je crois qu’on peut dire sans se tromper qu’avec le COVID tout est différent. L’an dernier je subissais Saint-Pierre. Le touriste était encore plus puant que les années passées. Il faut dire que cette année avec l’absence de toute fête, de tout rassemblement, la culture du beaufisme en prend un grand coup. Fini les DJ Mickaël ou les concours de Johnny (véridique), on n’entend que le bruit de la fête foraine. Alors que l’Occitanie compte jusqu’à 25% de touristes extérieurs à la région, cette année c’est 10%. En gros, on a que des gens du coin sans les animations du club med, c’est une année pour le moins reposante.

Néanmoins ma femme voulait retourner à Puivert et tu le sais public, ce que madame BORNE veut, Cyrille BORNE le doit et vite.

airbnb ou l’audace décapitée

Nous voyageons avec airbnb depuis maintenant quatre ans, il faut dire qu’à l’époque c’était la claque. Un appartement à 60 balles d’euros la nuit pour être à Barcelone, c’est ce moyen qui nous a permis de voyager en famille. Il faut dire qu’avec mes enfants de 16 et 18 ans, nous voyageons au format adulte. Nous voyageons aussi de façon un peu particulière, dans le sens où l’on préfère mieux manger dans une maison plutôt que de se ruiner en restaurant ou manger des sandwichs dégueux à l’arrache. Je pense que nous faisons partie des gens qui ne sont pas non plus très compliqués, dans le sens où passer un moment dans une maison qui n’est pas parfaite n’est pas un souci, à partir du moment où l’on trouve le compromis entre l’insalubrité et le tarif prohibitif. Concrètement je n’irais pas dormir dans un endroit complètement dégueulasse, mais voir un peu de peinture qui s’écaille ne me pose pas de problème. Le principe des vacances reste quand même d’être dehors.

Il y avait de plus avec la formule airbnb un côté sympa, qui est celui de l’aspect social. D’une part vous avez une « sécurité » avec une notation des maisons, une explication plus ou moins détaillée de l’expérience vécue, mais aussi la rencontre avec le propriétaire. J’ai souvenir à Collioure d’avoir échangé un bon moment avec l’hôtesse, une jeune femme très consciencieuse qui craignait la mauvaise note et qui prenait son « rôle » très au sérieux. C’est une façon de découvrir les bons coins, d’échanger, je dirais, le meilleur de l’ubérisation de notre société. Sur les deux dernières fois, je pense que je suis tombé sur des gens qui font tourner la machine à cash.

La première chose que je peux dire c’est que le tarif de airbnb a grimpé en flèche ces dernières années et j’ai envie d’y voir le syndrome Amazon. Après avoir bien achevé toute la concurrence, on peut enfin se lâcher et faire ce qu’on veut, de toute façon c’est pas bien grave, y a plus personne pour lutter. Je peux d’ailleurs étayer mon propos en constatant qu’une même maison sur leboncoin et une maison sur airbnb a une différence de tarif assez importance. La commission de airbnb doit être moins substantielle qu’il y a quelques années. Le problème toutefois reste le même, passer par leboncoin c’est voir en direct avec le propriétaire, je regardais une annonce sur laquelle le proprio disait que c’était à titre indicatif. Avec airbnb, tout est carré, tout est prêt, sauf quand ça se passe mal. Néanmoins, la force du concept est, je trouve, dissuasive pour les gens qui voudraient jouer les pirates de loyers.

La seconde chose que je peux dire, c’est que les gens multiplient les plateformes pour une même maison et que désormais airbnb fait partie des incontournables. Et de la même manière que j’expliquais plus haut que certaines personnes avaient parfaitement compris le concept, ils sont désormais nombreux à considérer que c’est une plateforme comme une autre pour faire tourner la machine à cash. J’ai loué une maison qui paraissait sympa sur les photos, on s’est fait avoir, à 45 ans ça m’apprendra à être plus attentif.

Il s’agit ici d’un simple exemple, le jardin n’était pas entretenu, il aurait été difficile de manger sur la table, sans chaise d’ailleurs. Et pourtant si on regarde bien, à part les morceaux de bois, la mousse sur la table, la photo est globalement contractuelle. Je félicite le photographe, toute la maison est dans cet esprit, très lumineux, on a posé des couverts sur les tables pour détourner l’attention, la réalité est franchement moins flatteuse. La maison est ancienne, elle sent l’humidité, elle est démesurée ce qui me fait penser aux maisons du Cantal, et forcément l’espèce de mise au goût du jour qu’on a tenté de faire n’est là que pour l’illusion. Il faudrait tout raser et tout refaire.

On avait eu une situation un peu similaire l’année précédente, où la coquinette, une dame d’un certain âge avait dissimulé dans ses photos la douche partagée avec les toilettes, un sabot, à l’ancienne. La différence c’est que l’hôte habitait en dessous, et qu’elle était plus ou moins sympathique ou en tout cas se fendait d’un minimum de contact. Je découvre en louant la maison que la propriétaire en possède plusieurs, mais qu’elle vit en Normandie ce qui n’est pas vraiment la porte à côté de Puivert.

J’irai revoir ma Normandie, ses pâturages et ses prairies

La dame anglaise, utilise un logiciel de traduction pour communiquer ce qui fait qu’il faut retraduire en anglais la traduction du traducteur pour parfois comprendre. Par exemple lorsqu’elle évoque dans son message la bague de la gardienne, il fallait comprendre bague = ring = appel téléphonique et pas un lien avec le seigneur des anneaux. Il y a donc une gardienne, on se dit qu’elle jouera le rôle de l’intermédiaire, néanmoins cette dame, anglaise elle aussi, qui passe par un traducteur pour ses SMS ne se présentera pas. J’ai retrouvé les clés sous un caillou de la boite aux lettres pour repartir et remettre les clés sous le même caillou. La moralité c’est qu’on est dans le business qui est à des millions d’années lumières de ce que devrait être airbnb. Et c’est bien normal, cette maison doit être sur au moins dix sites différents, airbnb n’est qu’un site de plus.

Avec une expérience pas terrible, j’en viens à me rendre compte que j’étais tombé, comme on tombe tous, dans un confort, au point que l’équation vacances, trouve sa réponse dans airbnb quels que soient les paramètres. J’ai commencé à regarder ailleurs, et sans cracher sur le concept, je fouillerai dans leboncoin, chez entreparticulier ou sur tous les sites que je trouverai.

Tripadvisor ou l’autre pays des bisounours

Bien évidemment après avoir passé huit ans dans le Cantal, un pays où les gens considèrent que l’eau courante et les toilettes dans la maison sont un luxe, il en faut plus pour me déstabiliser qu’une maison un peu vétuste. Le principe restant avant tout de profiter du lac, qui reste pour ma part le top de la relaxation, et des promenades avoisinantes.

L’année dernière, nous n’avions pas fait Rennes-le-château. Attention, quelques explications historiques sur un sujet pas inintéressant. Rennes-le-château est un trou perdu de l’Aude avec des routes qui font peur. C’est d’ailleurs une particularité du coin, des routes qui font peur. Vous imaginez quand on sait les routes que je prends, ce que ça peut donner une route qui fait peur. Ce village a des origines qui remontent à l’antiquité, un lourd passif au Moyen-Âge, mais c’est son histoire à la fin du XIX° début du XX° qui nous intéresse. Un curé du nom de l’abbé Saunière débarque dans un village où tout est plus ou moins à l’abandon et par on ne sait quel prodige trouve un tas de pognon pour faire des travaux colossaux et rénover l’intégralité du village.

L’abbé et sa servante, avec une vieille vinasse des Corbières

L’abbé investit dans l’église, fait de nouveaux bâtiments, se fait une petite baraque sympa et reçoit de nombreuses célébrités de l’époque dans des repas qui sont dits gargantuesques. Je vous montre en vrac les photos que j’ai prises, c’est en gros l’église, la tour de verre qui est particulière et l’autre tour sur la corniche qui a aussi une architecture particulière, la bibliothèque et la petite maison pour ses sauteries.

Forcément, à l’époque ça commence à jaser, parce qu’on se demande comment l’abbé réussit à lever de telles sommes. En faisant des réparations dans l’église, l’abbé a excavé plusieurs pièces anciennes, si bien que la logique populaire c’est de se dire qu’il y a un trésor. C’est plus tard qu’on découvre la mécanique du buzz avec un certain monsieur Corbu, qui prend en viager une partie des terres de la servante de l’abbé, sa seule héritière afin d’y monter un restaurant. Elle lui dit qu’elle lui révélera tout sauf qu’elle n’a pas le temps de le faire, puisqu’elle meurt avant. Le Corbu, s’associe à un journaliste de la dépêche du midi qui est à la presse écrite ce que Jean-Pierre Pernaut pour faire parler de l’affaire du trésor dans la presse.

L’affaire passe du local au national, on finit par en parler un peu partout et la médiatisation du lieu qui fait bien les affaires du restaurateur attire les touristes et les chercheurs de trésor. Je vous invite un peu à lire le sujet s’il vous intéresse car mine de rien, il y a bien eu de l’argent mais on suppose que ce n’est pas grâce à un trésor. Dans les articles de Wikipedia que j’ai pu lire, on aurait droit dans les hypothèses les plus « solides » au trafic de messe, au pillage de tombe ou encore à de l’argent détourné d’une levée de fonds visant à remettre la monarchie en place.

Voici pour le contexte historique que je trouve plutôt plaisant, que reste-t-il en 2020 ? Vous arrivez après une route particulièrement tortueuse au sommet, une jeune femme vous dit que pour se garer c’est 2 €. Admettons. Le village est tristoune et les quelques commerçants qui y traînent ont l’air tout aussi tristounes. La visite si elle est agréable avec une vue à couper le souffle quand on est sur les remparts, est pliée en moins de deux heures. Il apparaît que finalement c’est plus sympa à lire, à regarder en photo qu’à se déplacer après une route où vous pensez mourir dix fois.

Seulement si vous regardez les avis sur Tripadvisor qui a cannibalisé l’avis touristique vous voyez ceci :

4.5, c’est donc un site d’exception, du niveau des arènes de Nîmes, ou de la tour Eiffel pour vous donner une échelle de valeur. Les gens ont beaucoup de mal à formuler ce qui est bien, à part la vue bien sûr, ou placer la phrase un « endroit chargé de mystères mystérieux entourés de mystères ». Il faut aller vers les commentaires négatifs pour trouver en fait les gens honnêtes qui vont dire que c’est surfait, et que le village est un attrape-couillon, que nous avons répondu quelque part à l’appel de Corbu. Ça me fait penser à cette expérience sociale où l’on réunit des personnes dans une pièce qui sont toutes complices sauf une et qui affirment tous une contre-vérité. Dans la majorité des cas, le dernier se conforme même si c’est une aberration parce qu’ils sont tous unanimes. On aurait donc une forme de conformisme, une forme de honte à dire que Rennes-le-château, l’histoire est largement plus intéressante que le site qui ne mérite pas tout ce tapage.

En même temps, on ne va pas se mentir, et c’est une logique. Alors que le Parisien se découvre une envie de vivre à la campagne dans un trou perdu, de télé-travailler car la 5G va lui permettre de tout faire depuis le fin fond de la France, la réalité est ailleurs. Puivert 500 habitants, vous voulez du pain, c’est 10 km de bagnole pour aller dans le village d’à côté. À l’instar de Tautavel en grande difficulté financière, parce que les panneaux austères n’attirent plus les visiteurs, on apprendra que Rennes-le-château ne va pas si fort, je prends les paris. La campagne c’est difficile, il faut désormais de l’animation, vivre des expériences comme on dit, c’est le Puy du fou qui a tout compris, dépenser des fortunes pour engranger des fortunes. Vous vous doutez bien qu’un petit village de l’Aude ne pourra pas sauver la donne. Oui la campagne c’est difficile, j’y vis et pas dans la campagne la plus reculée. Quand on sait qu’on vit à 20 minutes de Narbonne et que nos enfants sont internes car c’est 1h30 de bus pour se rendre au lycée, on ose à peine imaginer la vie au quotidien dans ces endroits perdus. L’exode urbain c’est pas pour demain, où un exode pas trop loin.

Où sont les bloooogs avec leurs proses plein de personnalitéeeees. Où sont les blogs, les blogs ?

Je suis donc assez personnellement catastrophé de ce qu’est devenu l’internet d’aujourd’hui, et par extension nos vies. Le regroupement sur la cellule familiale durant le confinement, les gens qui ont fait le ménage dans leurs réseaux sociaux, les véritables interrogations qu’on peut se faire sur la vie, c’est beau, j’espère que les gens iront plus loin. En virant l’ensemble de mes réseaux sociaux, j’ai fait le choix de me couper partiellement du monde et de faire l’effort de prendre des nouvelles des gens par mails, par SMS. Je vous garantis que la qualité de la relation n’a rien à voir avec avant où en trois échanges de « tfk » on pensait avoir du lien avec les individus, ce qui n’est absolument pas le cas.

Je regarde la toile de plus en plus vide d’écrits, de pensée, de personnalité, et par extension dans ce que je peux voir dans mon quotidien. À Puivert, réside tout de même une ambiance particulière. Les gens du fait de leur grand isolement jouent la carte de la solidarité, l’ambiance par exemple n’a rien à voir avec un Rennes-le-château, attrape touriste. Une situation que je connais bien sur le bord de mer et qui contraste d’ailleurs avec le reste de l’année où l’isolement rapproche les gens. À Puivert les gens disent bonjour, ici un magasin gratuit, là un café associatif, on a compris que la solution ne viendrait pas de l’ubérisation de la société mais bien par une entraide locale et un retour à certaines valeurs. Ce sont les voisins sur place qui nous ont conseillé un restaurant, des gens très accueillants, qui nous ont indiqué aussi quelques belles randonnées.

Remettre de l’humain dans tout ça, pas évident, il faudra que chacun prenne conscience qu’il ne peut pas avoir dix mille amis avec une relation de qualité, se rendre compte que ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à le dire qu’ils ont raison, essayer d’exister au milieu de la foule passera certainement par s’en écarter, en tout cas sur internet.

Cultures, épisode 62

jeudi 16 juillet 2020 à 10:27

Nous continuons à jouer au PSNOW tout en parlant à la troisième personne. Après avoir vaincu dans l’excellent control, j’ai lancé Doom qui en soit est une bizarrerie. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, les premiers FPS. Forcément le premier truc qui vient à l’esprit ce sont les 12 pixels qui se battent en duel, mais c’est plus que ça. Il faut comprendre que non seulement le jeu vidéo a évolué d’un point de vue technique, mais il a aussi évolué d’un point de vue gameplay. Si on prend par exemple dishonored, on a non seulement une technique étonnante mais on a surtout de l’infiltration, des missions, des dialogues, des évolutions de personnage. C’est donc non seulement la technologie qui a évolué mais aussi le gameplay. Car le gameplay de l’époque se limitait à tirer sur des vagues d’ennemis de plus en plus durs et de trouver une arme plus puissante pour tuer encore plus de monstre. ID software prend le pari qu’on peut proposer de nos jours, un gameplay très similaire à ce qui se faisait à l’époque et de mémoire qu’on a revu seulement pour Serious Sam ou le mauvais Duke Nukem Forever.

Vous venez d’être fraîchement ressuscité sur Mars, et vous découvrez qu’on a réussi à exploiter l’énergie des enfers pour notre dimension. Bien évidemment on se doute que les choses finissent par tourner mal et vous trouvez la station spatiale pleine de démons. C’est bien sûr l’heure du grand nettoyage en faisant des aller-retours entre notre dimension et celle où il fait largement plus chaud des enfers. On va donc pendant une bonne dizaine de missions, trouver des armes de plus en plus puissantes pour éliminer des hordes de monstres de plus en plus forts. La différence entre maintenant et l’origine, c’est l’évolution des armes, la possibilité d’accomplir certains objectifs comme tirer dans la tête de trois machins pour gagner des points que vous pouvez répartir dans vos armes et c’est globalement tout. Ça et une technique franchement jolie.

J’ai dernièrement joué à Metro 2033 que j’avais commencé et je n’étais pas allé très loin. Pourquoi ? Tout simplement parce que quand je joue, j’ai le besoin d’avoir le sentiment de puissance. Le réalisme que veut imposer le jeu, à savoir compter les cartouches, votre mitraillette qui chauffe, finit par devenir ennuyeux pour moi. Dans Doom quand vous balancez des roquettes ou que vous avez la possibilité de faire des fatalités comme dans Mortal Kombat, dans des scènes particulièrement violentes où par exemple, vous arrachez l’œil d’un monstre pour l’enfoncer dans sa bouche ou un orifice qui y ressemble, vous avez le sentiment de puissance, et c’est jubilatoire.

Alors, jouer en 2020 à ce type de jeu, ça se fait, c’est plaisant, car ce n’est pas prise de tête. Finalement le seul reproche que j’aurais à faire, ce sont ces boss mal équilibrés, au nombre de trois. Pour le boss final, j’ai dû descendre le niveau de jeu car on franchit le cap du sac à PV pour reprendre le jargon consacré pour tomber dans l’hérésie. Passer trente minutes à s’acharner à tirer en évitant des attaques qui tournent dans tous les sens, ce n’est pas drôle. Doom est un bon jeu, pas prise de tête, que je ne regrette pas d’avoir fait, et surtout que je suis ravi de ne pas avoir payé tant son pouvoir de rejouabilité est limité.

Will Ferrel est pour moi l’un des plus grands génies du cinéma, à l’instar d’un Sacha Baron Cohen, ce sont des gens qui sont dans leur délire qu’on aime ou non. Après s’être attaqué avec énormément de talent au patinage artistique, Will Ferrel s’attaque au mythe de l’Eurovision. Will Ferrel vit dans son village islandais où enfant il décide qu’il remportera l’Eurovision avec son amie d’enfance de toujours, Rachel McAdams. Arrivé à l’âge de 40 ans, vivant dans le garage de Pierce Brosnan son père pêcheur qui le méprise, leur maquette est sélectionnée pour participer au concours Islandais. Bien évidemment, ils sont extrêmement nuls et toute prestation finit en catastrophe. Alors qu’ils devaient être éliminés, l’intégralité des participants meurent dans l’explosion d’un bateau si bien qu’ils représentent l’Islande à l’Eurovision. Alors bien évidemment c’est n’importe quoi, la caricature est toujours très épaisse, tous les clichés y passent même les elfes, mais je suis un fan inconditionnel. Eurovision Song Contest The Story of Fire Saga est à réserver à ceux qui aiment l’humour potache.

Alban Lenoir, Nicolas Duvauchelle, et Ramzy Bedia réunis dans un policier, l’idée est plutôt bonne, même si pour deux d’entre eux on aurait pu penser à une comédie. Malheureusement, de bons acteurs ne font pas un bon film. Alban Lenoir est un génie de l’automobile, mais il se sert de son art de la mauvaise façon, à savoir fabriquer des voitures pour vider des banques. Il se fait arrêter mais Ramzy Bedia lui donne sa chance, devenir le mécanicien d’une brigade spéciale de pilotes de la police qui interviennent à grande vitesse, parmi eux, Nicolas Duvauchelle. Il se trouve que ce dernier est en fait dans les trafics et lorsque le pauvre Ramzy Bedia se fait tuer d’une balle qui est tout sauf perdue, Alban Lenoir apparaît comme le coupable idéal. Scénario de série B pour film de série B qui fait pourtant le job, ça se laisse voir si on n’attend pas autre chose que des voitures qui vont vite et de la castagne.

Dans les films d’horreur il n’est jamais évident d’innover, force est de constater qu’on a fait un peu le tour de toutes les boucheries possibles et imaginables. Et pourtant parfois, certains réalisateurs font un effort pour essayer d’être innovant, c’est le cas avec The Hunt. L’histoire de The Hunt est assez simple, un ensemble d’individus se réveillent dans un coin paumé et se fait chasser. La particularité du film c’est qu’on met trente bonnes minutes à voir débarquer le héros. C’est particulièrement gore, assez déroutant, exagéré bien évidemment si bien que ça file à la caricature et que ça fait souvent sourire. À voir pour les amateurs du genre.

Il y a parfois avec des jeux qui ne sont pas des AAA, quelques bonnes surprises parce que les gars sans forcément tomber dans une originalité de foufous fabriquent des jeux à moindre budget où on ne les attend pas vraiment, avec le truc qui fait la différence Quand on n’a pas de pétrole on a des idées, c’est pareil pour le jeu vidéo. La série des jeux sniper elite, ici le numéro 4, en fait vraiment partie. Le snipe c’est souvent un truc qui passionne les gamers, ça et l’arc. Je crois qu’on se rêve tous chasseurs à un moment donné. Pourtant, peu de jeux finalement tournent autour d’un gameplay attentiste, la plupart du temps on vous fait plonger dans le feu de l’action ou dans de l’infiltration qui se fait au corps à corps plus qu’à distance. Dans sniper elite 4, on incarne un soldat qui après avoir fait campagne en Afrique dans le 3, est chargé de démanteler des missiles en Italie. Le manque d’argent dans la réalisation du jeu ne se sent pas trop, plutôt que de mettre des fortunes dans des cinématiques, on fait quelques planches avec des animations sur la voix grave du sniper, l’ambiance y est. Pour le reste c’est joli, les décors sont variés, industriels, village italien, la forêt, c’est réussi.

Le concept du jeu est assez simple, vous contre des hordes de nazis. Si bien sûr l’arme de prédilection c’est le snipe, rien n’empêche ici ou là de poser une mine ou un piège, de prendre par surprise l’adversaire au corps à corps ou de prendre d’assaut à la mitraillette. Le jeu est franchement plaisant, l’ouverture des cartes y est pour beaucoup, on prend beaucoup de plaisir à faire sauter la tête d’un nazi bien placé du haut d’un immeuble. Le succès est d’ailleurs au rendez-vous puisqu’un épisode cinq doit sortir.

Avec Heavy Rain ou Detroit, on a réalisé qu’une partie du public n’aimait pas jouer, semble-t-il c’est un créneau. Il faut dire que l’idée en elle-même est plutôt séduisante, vous avez un jeu, et on essaie de vous faire croire que vos actions peuvent radicalement changer les événements du jeu. Chaque action devient alors cornélienne, et à chaque action d’ailleurs, vous vous dites que vous pourriez recommencer pour voir comment ça se passerait si vous faisiez un autre choix. Until Dawn s’inscrit dans cette catégorie, les jeux où on ne joue pas vraiment, avec un scénario de film d’horreur où un groupe de jeunes se fait tuer par un psychopathe. L’action commence avec une fête qui tourne mal et qui voit la disparition de deux sœurs. Dans ma version de partie elles se fracassent toutes les deux le crâne en tombant d’une falaise, à priori une autre alternative était possible mais les deux jeunes femmes doivent disparaître. Le frère organise un an plus tard sur les lieux du drame, qui est une grande maison familiale à la montagne, une fête réunissant les protagonistes. À priori, pas besoin de sortir de polytechnique pour se rendre compte que ce qui rodait, continue de roder. Alors que dans Detroit je pestais quand même un peu pour dire qu’un jeu dont l’action se résume à faire la vaisselle et jeter les poubelles, c’était un brin limite, la scénarisation, les personnages, l’émotion, m’avaient poussé à terminer le jeu sans forcer. Avec until dawn j’ai la sensation qu’on en fait encore moins, à part se promener avec une lampe torche à la main, et force est de constater qu’on finit par s’ennuyer très rapidement. J’ai tenu deux heures, à priori le jeu en fait six, et c’est sans aucun regret que je ne verrais pas la fin, d’une histoire de classique où rien ne permet d’accrocher le joueur.

J’avais démarré Hollow Knight il y a bien longtemps sur PC parce que j’en avais lu beaucoup de bien, il faisait partie de ces jeux un peu difficile, un peu déroutant, sans prononcer le mot soul. Il faut dire que le joueur que je suis aime aujourd’hui un peu de difficulté dans des gameplays qui sont simples ET irréprochables et c’est ici le problème. Il s’agit d’un jeu de plate-formes action dans un univers d’insecte. Vous débarquez dans un village désert, on vous explique que les habitants sont allés tenter l’aventure et que ce serait pas mal de faire revivre le village. Au départ les possibilités sont limitées, mais vous allez trouver le don de faire des sauts à l’horizontale, de vous accrocher au mur ou de balancer des boules d’énergie. Le character design est vraiment intéressant, les musiques de qualité, c’est vraiment une direction artistique réussie et originale. La difficulté quant à elle est bien présente, avec des bestiaux qui parfois réussissent à vous surprendre pour un jeu en 2D, je pense à ces buissons qui se déplacent comme des requins pour vous sauter dessus par exemple. J’ai pas mal pesté dans certains passages du jeu sur des sauts peu précis, des sauts qui ne sont fonts pas, j’ai arrêté quand j’ai récupéré l’artefact qui permet de bondir sur les murs qui est particulièrement mal gérée. Alors que le jeu vous demande à certains endroits de très bons réflexes dans des situations de plateforme complexes, la maniabilité du personnage ne suit pas. Alors on finit par mourir bêtement, et le banc, qui correspond au feu de camp des souls est souvent éloigné, la lassitude de refaire pour un passage compliqué où réussir tient plus du hasard que du talent, induit le découragement. Je n’évoque même pas le système de carte que vous devez acheter sans pour autant trouver facilement le cartographe. Dommage.

SNT – Localisation, cartographie et mobilité

lundi 13 juillet 2020 à 18:41

Alors que j’avais dit que j’arrêtais, je suis victime de l’effet Zeigarnik. On peut lire dans Wikipedia :

désigne la tendance à mieux se rappeler une tâche qu’on a réalisée si celle-ci a été interrompue alors qu’on cherche par ailleurs à la terminer. Le fait de s’engager dans la réalisation d’une tâche crée une motivation d’achèvement qui resterait insatisfaite si la tâche est interrompue. Sous l’effet de cette motivation une tâche interrompue doit être mémorisée mieux qu’une tâche achevée.

Wikipedia

C’est tout à fait moi, j’ai beaucoup de mal à m’arrêter dans quelque chose que j’ai commencé, c’est pour cela que parfois vous me voyez disparaître pendant des jours, jusqu’à ce que je finisse mon jeu sur PS4. Cela dit l’effet Zeigarnik, il va rester de côté pendant un temps, il va me rester la photographie qui n’est pas le plus compliqué à faire et les objets connectés mais j’attends ma carte micro:bit … micro:bit … Une micro:bit et je soulève le monde … Je ferai un topo quand j’aurai reçu ma … micro:bit et que j’aurai commencé à bricoler.

Voici le chapitre sur la cartographie, les GPS et la mobilité, ce n’est pas inintéressant comme sujet.

Le programme est totalement surréaliste, ça je crois que tout le monde l’aura compris, mais il part vraiment de quelques bons principes, notamment collaborer à openstreetmap. Et c’est ici qu’on voit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Voici ce qu’on peut lire dans une lettre du DANE de Lyon (Délégation académique pour le numérique éducatif). DANE, c’est d’ailleurs pas si loin de DANTE, voilà qui impose obligatoirement une réflexion sur l’enfer.

À la rentrée 2019, la réforme du lycée a introduit une nouvelle matière Sciences Numériques et Technologie avec une thématique sur la Cartographie. Dans le programme est inscrit la capacité attendue suivante :« Contribuer à OpenStreetMap de façon collaborative ». De récents événements se sont produits avec de très mauvaises contributions par des élèves. Ce message se veut donc une aide pour les enseignants afin de disposer de quelques bonnes pratiques pour travailler avec leurs élèves.

Des gens pas très contents de voir des gosses faire n’importe quoi

Voici ce qu’il faut comprendre. Openstreetmap n’a pas à priori de processus de validation ce qui pourrait devenir amusant. Si je ne me trompe pas, je pourrais mettre que mon lycée est un bar à chicha, si personne ne s’en rend compte, ça peut devenir rapidement tendu. Moralité, tous les gamins qui ont publié sur Openstreetmap ont vu leur modification ou leur rajout arriver en ligne. 600 000 élèves de seconde GT. Imagine public, alors que je suis un power user, que je viens de faire mon premier ajout sur Openstreetmap, nous y reviendrons plus loin. Est-ce que vous imaginez quatre secondes tonton Yoyo prof de maths depuis 1984 à qui on a filé le bébé sous prétexte qu’il est prof de maths et qui en très peu de temps est devenue professionnel de Python, administrateur réseau, programmateur de cartes micro:bit et maintenant mainteneur Openstreetmap. Forcément, faut pas s’étonner d’avoir de la casse, et ça confirme totalement ce que je pense de ce programme, trop vaste, trop complexe à maîtriser. C’est comme demander à un première année de médecine de faire une opération à cœur ouvert, faut pas s’étonner des dégâts. J’ose à peine imaginer une petite participation à Wikipedia mais ça c’est une autre histoire.

Bien évidemment comme je ne suis pas totalement fou, j’ai commencé à regarder ce qu’il était possible de faire simplement avec les élèves, pour leur donner la satisfaction personnelle de contribuer. J’ai vu qu’il était possible de faire des défis photos avec pic4review pour alimenter certains endroits. Certaines personnes ont monté des défis à travers le monde qui n’ont bien évidemment aucun rapport avec Pézenas et ses alentours, j’ai voulu me lancer dans un défi et j’ai voulu lancer un test sur Saint-Pierre.

Alors que nous sommes dans le niveau débutant de la contribution, je me retrouve avec une interface à laquelle je ne comprends rien, je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout, je renonce à la photo pour l’instant. Je suis allé sur le site officiel et j’ai cliqué sur modifier, j’ai eu très peur. Il est préconisé avec les élèves de rajouter des annotations ou de créer des points. La création de points n’est pas compliquée, vous choisissez ce que vous voulez créer, j’ai rajouté un défibrillateur à côté de l’office de tourisme de Saint-Pierre. C’est d’ailleurs assez saisissant sur mon village, tout est à faire ou presque. Cela peut vous sembler idiot, mais j’étais content de pouvoir contribuer. C’est facile, c’est rapide, on a la sensation d’avoir réalisé une bonne action, peut-être même sauver une vie. Alors pris dans mon élan, je modifie le Casino qui a changé de propriétaire il y a deux ans en Spar. Et bien évidemment comme la bulle de Saint Pierre a été enfouie, je signale qu’il n’y a plus d’eau. Je vous le montre d’ailleurs en vrai, même si ça n’aidera pas ceux qui ne connaissent pas le coin.

Alors moi tu le sais, je suis comme un enfant, je veux tout, tout de suite et c’est bien normal parce que je le mérite. Je viens de contribuer, je veux que ça apparaisse. Alors oui, je peux comprendre effectivement que ça ne se fasse pas en cinq minutes, mais au moment où j’écris ces lignes, cela fait je pense quasiment huit heures que j’ai apporté les modifications, elles ne sont toujours pas en ligne même si l’historique confirme que j’ai bien porté ces modifications.

Il apparaît que la question « pourquoi j’ai fait des modifications et qu’elles n’apparaissent pas » soit devenu un grand classique de l’internet, surtout en anglais parce que la communauté openstreetmap francophone n’a pas l’air très active. La réponse ultime se trouverait ici avec quelqu’un qui fait la demande d’explication quand ses modifications apparaissent parfois en quelques minutes quand d’autres ne sont pas apparues en … plusieurs mois. C’est de l’anglais, ça ne m’a pas l’air franchement très clair, mais c’est une question qui revient de façon récurrente, et tous les CTRL F5 du monde ne font pas apparaître le Spar de Saint-Pierre à la place du Casino.

Je veux bien être un gamin, un type impatient, faire preuve de mauvais esprit, mais j’ai quand même tendance à connaître le jeune que je pratique depuis des années dans le cadre de mon métier. Le jeune quand tu vas lui expliquer que les modifications qu’il va apporter à la carte il n’est pas sûr d’être vivant pour les voir, ou qu’elles ne serviront à rien parce que le temps que ça apparaisse, ça aura changé trois fois de propriétaire, tu escroqueras le jeune une fois mais pas deux.

En plaçant ce message ici, je me doute que je vais avoir une réponse et certainement du support parce que j’ai encore un fond de notoriété, mais quand même. Comment voulez-vous donner envie aux gens de contribuer au libre quand ça n’a pas de fonctionnement normal, quand c’est compliqué, quand l’aide est en anglais. Une fois de plus faut pas s’étonner que les gens utilisent Google Maps plutôt qu’openstreetmap. Et forcément je vois des gens s’insurger derrière leur ordinateur en criant mais quel connard ce Cyrille BORNE, encore en train de cracher sur le travail de milliers de bénévoles qui cartographient avec leur sang pendant des heures et des heures au service de la communauté.

Oui, Cyrille BORNE le dit encore une fois de plus, la liberté logicielle, le bénévolat ne dispensent pas de la facilité, de l’utilisabilité, et si ces critères arrivaient de temps en temps en haut de la liste on arriverait certainement à avoir davantage de contributeurs. Avec mon côté maniaque et l’effet Zeigarnik on se doute que j’allais commencer à faire l’openstreetmap de Saint Pierre. Curieusement je suis un peu échaudé, même si mes modifications apparaîtront dans un jour, un mois une semaine, une année, et je me dis que je ferais mieux d’aller chasser les Pokemon et adapter mon cours dessus, ce sera certainement plus fiable.

Ce coup-ci c’est la bonne, je fais une pause, je pense que j’ai pas mal bossé pour un début de vacances, enfin un quart si on regarde le calendrier, je vais profiter un peu malgré l’effet Zeigarnik parce que je commence à saturer. Content tout de même d’avoir pas mal avancé et produit.