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Le Blog de Cyrille BORNE

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Méthode pédagogique et régime minceur

lundi 27 février 2017 à 08:00

L'école ça tient à trois équipes : les gosses, les parents et les profs. Je crois qu'on l'a bien compris, les gosses ne veulent rien faire mais ça a toujours été le cas, les parents en ont leur claque, les profs sont bloqués. Il manque une dernière équipe, les pédagos, qu'on assimilera à tout ce qui n'est pas en face de 30 gamins qui vous regardent vous essouffler pendant une heure, ils font partie largement du problème.

Il faut que vous compreniez quelque chose. J'ai souvent le propos dur ou on peut interpréter que j'ai le propos dur par rapport aux enfants et aux familles, en fait ce n'est pas le plus compliqué dans le métier dans 99% des cas. Lundi de la rentrée, un de mes habitués dort sur la table, c'est un problème récurrent chez lui à chaque sortie de vacances, je l'envoie donc finir sa nuit à la vie scolaire pour éviter que l'épidémie de sieste ne se propage. Il en profite malheureusement pour passer aux toilettes faire sa pause clope où de façon peu intelligente il se fait chopper comme souvent. J'appelle sa mère, nous nous connaissons bien pour nous avoir très régulièrement au téléphone, je lui présente de façon très posée la situation en disant que le soir faudrait le coucher à 8 heures. Le lendemain le gosse est frais comme un gardon, il a pris ses trois heures de colle pour la cigarette, il ne fait pas la gueule, je ne fais pas la gueule, sa mère ne fait pas la gueule, le système a fonctionné, l'enfant tente sa chance, l'enseignant signale, les parents agissent. Bien évidemment dans le monde merveilleux de Walt Disney je serai une jolie princesse avec des cheveux blonds, l'élève aurait compris l'importance d'être en forme et au taquet le lundi de la rentrée et après avoir préparé consciencieusement son cartable, déposé une pomme sur mon bureau, il aurait bu mon cours comme un Russe tète de la vodka, mais vous le savez nous ne sommes pas dans le monde merveilleux de Walt Disney et je n'ai pas les cheveux blonds de Raiponce.

J'ai écrit que les enseignants sont bloqués et j'aimerai vous montrer ce site :

Si vous suivez ce site, il y a deux possibilités. Soit vous êtes émerveillés et vous allez comme un foufou appliquer les quarante nouvelles méthodes pédagogiques qui vous sont proposées par semaine, soit vous risquez d'être bloqués. Aujourd'hui tout le monde constate qu'il y a quand même un problème de fond, des gosses dont le niveau baisse c'est indéniable, un désintérêt pour l'apprentissage et pour l'école, ça faut être parent ou prof pour le constater, il faut donc à la fois des coupables mais quand même des solutions.

Pour les parents c'est l'école qui est mauvaise, ils ont raison, pour les profs, le monde merveilleux de Disney s'apparenterait aujourd'hui à des enfants en uniforme, une suppression des allocations familiales pour tout manquement, des parents impliqués mais respectant les choix de l'enseignant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, à ce niveau là les enseignants sont de droite mais à fond, pour les avantages, le temps de travail, ils sont d'extrême gauche mais je m'éloigne, ils ont aussi raison, pour les pédagos, si rien ne fonctionne, ce n'est pas la faute de bambi qui ne s'épanouit pas, ce n'est pas la faute des parents dont ce n'est pas le rôle d'éduquer leurs propres enfants, c'est la faute des enseignants et des méthodes archaïques qu'ils emploient, et enfin eux aussi ont raison.

Les enfants ne travaillent pas ce qui est normal, la nature humaine n'est pas par définition volontaire, si les parents ne font rien c'est impossible de fonctionner, est ce que ces deux conditions sont suffisantes pour que l'enseignant continue d'utiliser les mêmes méthodes qu'il y a quarante ans ?

Les enfants ne sont plus les mêmes, les outils ne sont plus les mêmes, il est normal d'évoluer, seulement, si vous regardez la capture ci-dessus, il y a un problème de fond, c'est qu'on vous propose chaque semaine quarante nouvelles méthodes plus efficaces les unes que les autres, comme on vous propose à l'approche de l'été quarante méthodes pour maigrir plus innovantes les unes que les autres même si parfois elles semblent absurdes et malheureusement ce qu'on sait des régimes c'est que ça ne marche pas, qu'on finit par prendre du poids sauf si on a changé de façon fondamentale ses habitudes alimentaires. Et bien l'école c'est exactement pareil, on propose des idées mais pas de changement de fond ce qui veut dire qu'on continuera à s'enfoncer.

Comme vous pouvez le voir, je n'hésite pas en informatique, en projets à faire travailler les élèves avec leur smartphone, je suis totalement le contraire de moi-même lorsqu'il s'agit des mathématiques. En maths, on vous balance de plus en plus de tice, de demande d'utilisation des logiciels mais la finalité reste la même, un examen qui quant à lui n'a pas bougé depuis 50 ans, l'enfant, son stylo, sa gomme et une copie à rendre avec l'aide de sa calculatrice qui doit en plus clignoter en rouge pour avoir la certitude qu'il n'a pas pompé. Ca veut dire que la situation est même pire qu'avant, un BAC PRO doit savoir la formule de la tangente, les formules de dérivation, si le formulaire ne lui donne pas. On est donc dans un univers qu'on voudrait de plus en plus informatisé, "TICÉ" mais paradoxalement les examens sont devenus plus sévères. Pourquoi alors se casser la tête à faire des tas de trucs rigolos quand on n'a pas la conviction qu'ils favorisent l'apprentissage, qu'ils n'ont pas d'utilité à l'examen. Pourquoi s'investir de plus dans une nouvelle méthode dont on n'a pas de retour sur le long terme ? Pourquoi de plus dans un métier dévalorisé, l'enseignant irait se casser la tête trois fois plus pour un résultat incertain et qui ne lui rapportera ni considération, ni argent supplémentaire. Le cas de la classe inversée est typique, l'enseignant doit se transformer en spécialiste informatique, Youtubeur, entre autres pour réussir à diffuser ses cours, que de temps et d'énergie pour cette méthode à la mode, jusqu'à la prochaine qui sera certainement meilleure.

Tant que l'examen ne changera pas, un examen qui doit permettre d'utiliser les nouvelles technologies, un examen qui ne doit plus être individuel à 100% mais offrir certaines parties de groupe pour montrer les capacités d'organisation, de communication des candidats, alors rien ne pourra avancer en terme de méthodes.

Un élève qui veut réussir son BAC PRO de mathématiques ou son DNB doit se contenter de bachoter les sujets d'annales sans même s'interroger sur les attentes ou les subtilités mathématiques, une méthode qui fait ses preuves depuis des décennies et que les enseignants continueront de faire appliquer parce que 10% de réussite à un examen même si on a fait des classes inversées, des TICE à tous les étages, ça reste 10% de réussite à l'examen, une catastrophe et pour les élèves qui se seront trouvés plantés face à la copie, une catastrophe pour l'enseignant dont l'une des missions reste tout de même la réussite à l'examen de ses élèves.

Changez l'examen, changez les critères d'évaluation, les méthodes changeront d'elles mêmes.

Je Ne Suis Pas Un Salaud

dimanche 26 février 2017 à 21:39

C'est l'histoire de Nicolas Duvauchelle, le type qui relève du cliché. Au chômage, il boit comme un trou, il est en froid avec sa femme Mélanie Thierry, il s'occupe mal de son gosse et un soir qu'il rentre à moitié ivre il se fait agresser. Comme il est à moitié ivre, il dénonce le mauvais gars et c'est pas bien. Difficile d'aller plus loin dans le pitch, on dira tout simplement qu'on a la narration de 1h30 d'un gars qui ne cesse de s'enfoncer, un homme médiocre qui n'arrive jamais à relever la tête pour faire mieux. Pas évident de savoir ce que le scénariste a voulu dénoncer, les gens moyens, la médiocrité, tiens médiocrité, un bon mot pour finir, c'est l'impression que me donne ce film, manque de rythme, tapant dans les banalités, les clichés.

 

Un peu de pédagogie autour de l'image

dimanche 26 février 2017 à 08:00

Souvenez vous depuis deux ans je fais ce qu'on appelle un EPI, enfin nous c'est du méga projet interdisciplinaire qui fait travailler plusieurs sections du lycée de la production jusqu'à la vente, je participe au magasin école qui dans quelques temps sera une amap ou pas loin vu comment la patronne s'en occupe. Oui la patronne est exigente avec moi mais elle est forte, dernièrement elle vient de nous dégotter un boulanger bio qui fabrique du pain avec la farine issue du lycée, elle a vraiment un incroyable talent. Nous travaillons donc ensemble un jeudi après midi sur deux avec une classe de troisième qui tient le site de la boutique, il s'agit d'un Wordpress avec un Woo Commerce. Depuis le mois de janvier nous avons lancé de façon officielle le site en production c'est à dire qu'elle envoie des mails en pagaille au personnel pour inciter de passer par là pour commencer. Depuis l'ouverture du site, elle a doublé son nombre de client.

Aussi curieux que cela puisse paraître, jusqu'à maintenant je n'achetais pas à la boutique alors que je connaissais parfaitement les produits, pour avoir moi même fait faire les fiches aux gamins. Pourquoi je n'achetais pas, parce que dans ma vie de prof où même quand j'essaie d'entrer dans les toilettes un collègue me pose une question, ça ne me venait pas à l'esprit, ça ne me vient toujours pas à l'esprit, de me pointer pendant une récré et de commander mes oeufs. Au calme chez moi, à n'importe quelle heure, je passe ma commande en ligne sur mon propre site et je mets un message débile que nous ne sommes que deux à lire. Je suppose que d'autres collègues doivent fonctionner de la même façon, tout ça pour dire que c'est un début de réussite et que c'est un aspect du métier qui me plait, faire quelque chose qui m'intéresse, voir que ça marche et partager la passion avec les gosses.

En ce jeudi, moment où je vous écris ce billet, on a constaté avec les gamins qu'on avait quelques photos dégueulasses, voici un exemple :

On a montré la photo aux gamins et on a demandé quels étaient les problèmes. Le monde des gosses est extraordinaire, le premier truc qu'ils ont dit de façon massive, c'est le carrelage. Je vous épargne les commentaires de la patronne qui se résument à "je ne fais pas un cours de maçonnerie", et une fois que la première vague de débilités liée au décor est passée, on a les gosses qui ont dit que les deux filles qui se cachent au fond, le gars de dos avec la casquette, ça fait désordre. On a donc demandé aux gosses de scénariser la photo et d'en prendre une nouvelle ce qui donne ça :

Il est évident que je ne publierai pas le premier commentaire débile quant à ce qui est perfectible, tout est toujours perfectible. Ce qui est intéressant c'est que les gosses ont créé une situation de vente, j'ai flouté mes deux élèves mais au premier plan en caisse, ils sont souriants, la pièce est dégagée, ils ont récupéré deux adultes pour montrer que le magasin était accessible à tous, ils ont compris que la vente était synonyme de mise en scène mais aussi de mise en valeur.

Un jour je me rappelle d'une de mes élèves dans le Cantal qui se présente pour faire un oral blanc. Mini jupe, la poitrine à moitié à l'air, 12 piercings. Quand j'ai expliqué que le jury était composé de professionnels et pas d'enseignants qui ont l'habitude de travailler avec des jeunes qui sont habillés comme des paillassons du matin au soir et qu'elle risquait de ne même pas passer la porte de la salle d'examen, elle a été interpellée et n'a pas compris tout de suite. Avec ce travail que nous avons réalisé, les gamins ont repris tous les produits en photo en mettant des fonds, en rajoutant des artifices, en mettant de la décoration, ils ont compris la notion de mise en valeur, et c'est une satisfaction.

L'intégralité des photos sont prises avec les smartphones respectifs des gamins et c'est aussi un plus, on travaille dans la confiance en montrant que le téléphone peut être un outil et pas nécessairement l'objet du mal qu'il faut cacher à l'enseignant.

Mal de Pierres

samedi 25 février 2017 à 21:19

Marion Cotillard est complètement syphonnée du bocal, si bien que ses parents décident de la marier à un ouvrier agricole qui a l'air bien sous tout rapport. Elle, ne rêve que du véritable amour, avec cet homme c'est tout sauf gagné, il ne parle pas, elle lui dit de but en blanc, elle ne l'aime pas, ne l'aimera jamais. Et pourtant, un soir, à force, ils finissent par se découvrir. Elle est prise d'une violente convulsion, perd du sang, on lui apprend qu'elle a le mal de pierres, un mal qui fait qu'elle ne pourra pas avoir d'enfants si elle ne part pas en cure, elle accepte tant bien que mal. Sur place, elle rencontre un soldat français, elle tombe folle amoureuse. Voilà le pitch, film de Nicole Garcia assez prenant, avec un petit final qui laisse quand même franchement la porte ouverte sur pas mal d'interprétations, mais qui se laisse regarder quand même.

La fille inconnue

samedi 25 février 2017 à 09:33

Adèle Haenel est un médecin très investie auprès de ses patients, pour ainsi dire elle ne s'arrête jamais. Un soir, on sonne mais c'est une heure après le délai d'ouverture, elle n'ouvre pas pour respecter la consigne. Elle découvre le lendemain matin que la jeune femme qui a sonné est morte, la tête écrasée à une centaine de mètres de son cabinet. Culpabilisée, elle décide de mener l'enquête. Film particulièrement mou qui insiste sur la vie difficile des médecins, on regarde juste pour connaître les circonstances de la mort, je serais sympa je vous la donnerai, là maintenant tout de suite pour vous éviter une heure trente de film, mais je n'en ferai rien.