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Le Blog de Cyrille BORNE

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La vie normale de Cyrille BORNE dix jours avant l’apocalypse

jeudi 20 août 2020 à 21:33

Souvenez-vous. Le 22 juillet, j’achetais un lit par l’entremise du market de Conforama chez le vendeur tiers habitat et jardin. Après une expédition particulièrement rapide, il apparaissait que le numéro communiqué ne correspondait à rien chez le transporteur. Après m’être fait balader par tout le monde, être passé par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations de l’Aude Service Concurrence Consommation et Répression des Fraudes, deux associations de consommateurs, j’ai enfin fini par faire annuler ma commande. À priori. J’avais fait un paiement en quatre fois sans frais par le biais de Cetelem qui vient de me rembourser mon premier paiement. Je vais voir si je suis prélevé dans les prochains jours, puisque nous arrivons à la date fatidique du 22.

J’ai fini par avoir le fin mot de l’histoire avec une des personnes du SAV de chez Habitat et Jardin. En fait c’est comme dans les avions ou presque, ils font du surbooking. Ils s’engagent sur des commandes sans avoir la marchandise. Ce qui est totalement stupide dans ce positionnement, c’est de ne pas être franc avec le client. Pourquoi ? Jamais dans ma vie, je n’ai fait ce genre de démarches qui n’ont d’ailleurs servi absolument à rien et que je ne referai plus, sauf peut-être la dénonciation pour pratique pas claire aux services de l’état. À partir du moment où j’ai commencé à sentir l’arnaque, je me suis en position défensive / agressive, ce qui m’a poussé à réagir. Finalement c’est un peu comme les distributions Linux. On vous promet qu’Ubuntu sort en avril et en octobre, si elle ne sort pas, c’est scandale. Parallèlement à ça, Debian sort quand c’est prêt, et tout le monde trouve ça normal d’attendre, car il s’agit des règles du jeu. Il aurait suffi de me dire qu’il y aura du retard, un retard qui peut être important et de me proposer le remboursement ou l’attente, tout aurait été différent.

J’insiste bien ici sur l’inutilité des associations et de l’énervement car en fait tout le monde s’en fout. Si vous avez un problème, c’est en appelant régulièrement, en faisant des mails, en faisant des courriers, tout seul comme un grand que vous finirez par résoudre votre problème. Il faut faire preuve de pugnacité, certains clients sont dans l’attente de leur commande ou d’un remboursement depuis le mois de mai. Parallèlement à cela puisque je n’allais pas rester dans l’attente de façon infinie, j’ai commandé un lit sur le site Beliani qui a plutôt bonne réputation. Expédition le 14 avec une prévision de livraison pour le 20 c’est-à-dire le moment où j’écris ce billet. La société de livraison que je vais me permettre de citer en grand :

Kuehne + Nagel Road

Champions du monde !

Prend rendez-vous avec moi et m’informe que je serais livré en début d’après-midi. Alors comme tu le sais Cyrille BORNE fait les choses en grand. Je démonte l’ancien lit que je remonte dans la chambre de ma fille. Je démonte son lit que je benne. Je file mon matelas à mon fils, je descends le matelas de mon fils que je benne. Soit deux démontages, deux allers-retours à la déchetterie, dans des conditions plutôt pourries comme en témoigne cette photo.

Pour ceux qui se demandent ce qui rend ma conduite agréable, c’est un sommier en 140 défoncé à coups de marteau.

Je suis donc content, j’ai tout fait en une matinée plus les courses puisque ma femme peine à conduire ce qui nous promet d’autres bons moments. Il est 15 heures je suis au téléphone avec ma cheffe parce que les fainéants de profs travaillent aussi le 20 août, ma femme et mon fils me coupent, il n’y a qu’un colis. Il est évident que ce serait quelqu’un d’autre qui écrirait ceci, personne ne le prendrait au sérieux, on se dirait, il nous fait marcher c’est pas possible. Le gars il se fait enfler par un premier magasin, il met quatre semaines pour récupérer son pognon, peut-être, et sa deuxième commande il manque la tête de lit et les lattes.

J’appelle pour faire un scandale au transporteur mais il apparaît bien sûr qu’ils ne savent pas où se trouve le colis. Je rappelle Kuehne + Nagel Road qui est une entreprise de transport dont c’est le métier de faire transiter des colis, histoire quand même de bien être sûr du contexte. Il ne s’agit pas d’amateurs mais d’une très grosse entreprise. Le chauffeur a dit à mon épouse et mon fils, on vous amène la suite demain, certainement un grand optimiste qui pense qu’on va le retrouver alors que nous savons vous et moi que tout cela finira très mal. Je devrais faire ça, rendre seulement la moitié des copies, le lendemain le reste. Mon fils dormira sur le canapé ce soir, certainement d’autres soirs, car rien n’est simple sauf chez Amazon.

Ma centrale vapeur a rendu l’âme en début de semaine, ça devait être lundi ou mardi. Plutôt satisfait du modèle qui a dû tenir peut-être pas loin de dix ans, nous avons opté pour le modèle suivant à moins de 50 balles. Un tracé du colis précis, on vous envoie régulièrement des messages pour vous donner l’avancée, je viens de le recevoir entre midi et deux comme prévu, des mains de mon facteur. Plus de 20 ans que j’achète chez Amazon, les quelques fois où il y a eu souci, tout s’est déroulé à mon avantage, avec même des bons d’achats à la sortie. Aujourd’hui crier haut et fort qu’Amazon est une société de voleurs qui exploite ses salariés sans payer l’impôt en France, c’est oublier de dire qu’Amazon fait un job irréprochable quand ça part très régulièrement en sucette ailleurs. Quand on voit ce type de situation, il ne faut pas s’étonner que les gens achètent chez Amazon.

Il est 16h30, Amélie de Kuehne + Nagel Road m’appelle et se félicite parce qu’on a retrouvé mon colis. J’arrive. Ah oui tu t’en doutes, Cyrille BORNE et son Partner ne sont pas arrêtés par le nombre de kilomètres et me voilà sur la route avec mon fils qui se réjouit de passer une si belle journée.

Le parcours du combattant.

Ce qui paraît sur le papier à peine une heure trente de route pour aller chercher son colis chez une entreprise de livraison qui n’a pas su vous livrer, enfin à moitié, c’est autre chose en pleine période estivale. Et pourtant, avec la récupération du colis incluse, je n’ai mis que deux heures. Ça y est, les gens sont un peu partis ailleurs pour ramener leur COVID chez eux, afin que leurs enfants contaminent leurs enseignants. Il faut quand même se dire que les cinq derniers kilomètres qui séparent Narbonne Plage de Saint-Pierre, j’ai mis 20 minutes. Arrivé sur place, je vois Amélie qui fait comme si de rien n’était, ça doit paraître quelque chose de tout à fait banal dans cette société, me donne un endroit pour me garer, le type qui porte mon colis est mort de rire. Je me permets de lui faire remarquer que ça ne me fait pas rire, il part en marmonnant dans sa barbe que ce n’est pas sa faute. Amélie finit par s’excuser, à la façon de « pardon vous avez fait 100 bornes à cause de notre incompétence, mais je m’en fous complètement ».

J’y étais !

Et c’est ici que ça commence à poser problème, le je-m’en-foutisme global. Lorsqu’Amélie après l’avoir appelée au bout d’une heure, m’explique qu’elle n’a pas eu le temps d’aller chercher mon colis, quand un gars de la société me rit au nez, l’opprobre est jeté non seulement sur l’intégralité de la société située à Lezignan, mais aussi sur le groupe et par ricochet pour le vendeur de mon lit qui a fait un mauvais choix de transporteur.

De façon générale, j’ai conscience que d’habitude ça se passe bien. À l’instar des internautes qui vont se jeter sur tout ce qui ressemble à un mur de lamentation pour crier leur haine contre une transaction ratée, si je devais être honnête, je devrais faire le calcul du pourcentage de mes échecs, il ne doit pas être si élevé. Néanmoins mes histoires sont tellement magnifiques, mémorables, merdiques, qu’on a dû mal à croire d’une part que nous sommes en 2020, monde de l’informatisation, et d’autre part dans un capitalisme sauvage où seul le plus fort arrive à tirer son épingle du jeu. Preuve certainement que face à la masse d’incompétents que nous sommes amenés à croiser, que la situation ne doit pas être si dramatique que cela.

Le principal c’est que j’ai récupéré mon lit, après une journée commencée à 7 heures le matin et finie à 19h30. Il fait chaud, je suis sur les rotules, je suis ravi de pouvoir l’étrenner dès ce soir et me mettre en PLS.

Le bilan de cet été est assez médiocre, ma femme ça ne s’arrange pas, même si ce n’est pas grave, la reprise se précise et pour l’instant conduire se rapproche du suicide. Ce sera long, c’est douloureux, et psychologiquement ce n’est pas bon. Ma femme est taillée dans le même bois que moi, vivant dans la culpabilité bien française du présentéisme même si elle a mal. Ne pas rentrer serait un échec pour elle, en même temps se prendre un carton parce qu’on n’arrive pas à conduire ou se retrouver tordue de douleur dans une salle de classe avec 28 gamins en face, c’est certainement plus grave. Elle apprendra à ronger son frein et poursuivre ses « vacances ».

Pour ma part, je suis plus lassé que fatigué, je reste satisfait d’avoir géré le gros des merdes même si tout ceci aurait pu être allégé et tout n’est pas réglé. La rentrée scolaire qui s’annonce n’est pas bonne, le nombre de malades est de plus en plus important, l’état à essayer de ménager l’économie en essayant d’éviter les contaminations s’embourbe dans des paradoxes dont l’école va faire les frais. Les enfants sont contaminants mais les enfants ne peuvent pas mettre de masque, plus jamais trente-cinq élèves par classe mais avec un masque ça passe. Nous allons nous orienter vers des clusters dans les écoles et jouer à ouverture puis fermeture. La seule solution pour sortir de cette crise sera la vaccination, en espérant qu’on évite le mauvais scénario de film d’horreur où l’on finit tous en zombis, Russes, de toute évidence.

VDM, avec un V qui veut dire vacances

jeudi 13 août 2020 à 11:46

Les années se suivent et finissent par se ressembler de plus en plus et pas forcément dans le bon sens. On va essayer de trouver un fil chronologique à notre histoire qui nous renvoie il y a quelques mois en arrière.

Aujourd’hui et c’est désormais symptomatique, les vacances ce n’est plus un moment agréable où tu te reposes, c’est une période de temps pour rattraper ce que tu n’as pas le temps de faire le reste de l’année. Vous avez pu voir la dernière fois que j’étais dans la rigolade avec une histoire de lit à changer, de contrôle technique, et de quelques autres bricoles. En ce qui concerne le lit, je suis globalement au point mort au presque. Sur le site de Conforama, le vendeur tiers accepte l’annulation de la commande mais n’a bien sûr pas remboursé. J’ai interpellé comme vous aviez vu une première association de consommateurs sans succès, j’ai contacté l’UFC que choisir de ma région qui m’invite à faire un courrier recommandé, et qui m’invite aussi à adhérer pour faire partie de leur association pour me donner un coup de main. On a rien sans rien.

Il serait injuste de dire que la science n’avance pas comme le montre cette capture.

Il apparaît que le colis a fini par être pris en charge le 5 août et pas le 24 juillet comme annoncé, on voit qu’effectivement l’ordre d’annulation a bien été enregistré, il reste désormais à patienter. Pas pour une volonté de faire avancer les choses, car il paraît difficilement crédible que la société ne rembourse pas, j’ai quand même voulu dénoncer leurs pratiques. J’ai contacté la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations de l’Aude Service Concurrence Consommation et Répression des Fraudes qui a transmis ma demande en région parisienne. J’ai raconté mon histoire et indiqué le site Trustpilot où des gens sont dans l’attente de leurs produits depuis plusieurs mois ou de leur remboursement, où tout le monde raconte plus ou moins la même histoire, j’ai demandé si c’était normal que ces gens puissent exercer de cette façon en toute impunité. J’attends une réponse, attendre dans un monde où tout le monde vous presse, un paradoxe de plus de nos sociétés modernes.

Je me suis égaré, remontons dans le temps. En octobre de l’année dernière, le dentiste nous dit qu’il faudra faire les dents de sagesse de ma fille. Au départ ça part pour deux, tant pis, date d’intervention prévue le 6 avril. Seulement comme nous le savons, le COVID est passé par ici, il repassera par là. Opération annulée, reportée en date du 12 août. Le COVID aura tout de même réussi à rajouter de la complexité à des situations déjà complexes. Reprendre rendez-vous chez le dentiste pour faire un panoramique de la bouche. Suite à l’absence de soins dentaires pendant une bonne période, j’ai dû me rendre sur place pour prendre rendez-vous. Temps perdu. Pour faire le panoramique, nous n’avons pas pu accéder à la salle d’attente, le cabinet est petit, tout le monde dehors dans la canicule. Du retard accumulé, quelques urgences, temps perdu. Bien sûr l’admission à la clinique, le rendez-vous avec les anesthésistes, ramener le dossier à la clinique et prendre rendez-vous pour le test COVID obligatoire avant chaque intervention. Une heure au téléphone pour avoir un rendez-vous, se faire curer le nez et repartir.

Mon épouse pour une intervention de 40 minutes a passé 10 heures à la clinique, c’est aussi ça faire les hôpitaux, un classique. Coup de chance tout de même, le fait que l’intervention soit décalée de plusieurs mois, la chirurgienne a pu faire l’intégralité des dents de sagesse ce qui nous évite de remettre ça. Nous venons donc de résoudre un problème du mois d’octobre au mois d’août la science avance, celui du mois d’avril sera certainement plus long à passer.

Pendant le confinement nous sommes au mois d’avril et nous bouffons pour ainsi dire énormément de position assise. Nous faisons un métier où nous passons tout de même le clair de notre temps debout, le confinement aura été un changement d’habitude important avec parfois des journées de 14 heures devant l’écran dans les premiers temps. À la reprise du travail, je l’ai senti passé pour me retrouver bloqué du dos en fin du mois de juin, reprendre 2000 km du jour au lendemain dans les lombaires, ça laisse des traces. Si j’ai récupéré parce que je récupère toujours, pour ma femme ça a été plus vicieux. À cause d’une mauvaise habitude de sommeil, fil conducteur du changement de literie, mon épouse s’endort sur son épaule gauche et se réveille avec une douleur un peu gênante. Bien évidemment comme nous sommes dans le confinement, elle ne s’en occupe pas, on ne va pas chez le médecin dans cette période, les kinés sont fermés. À la reprise au 11 mai, elle retourne bosser, mais de mauvaises habitudes comme porter un sac de cours très lourd sur l’épaule gauche où elle a déjà mal ne vont pas arranger les choses.

Pendant le mois de juillet, la douleur devient de plus en plus importante et finit par se transformer en une paralysie particulièrement importante de l’épaule. Les radios ne donnent rien, tout comme l’échographie. Obtenir une IRM c’est compliqué, obtenir deux IRM, épaule et rachis cervical, relève du défi et j’appelle tous les jours le centre pour trouver un désistement. Parallèlement à cela nous réussissons à obtenir un rendez-vous pour le mois d’août chez un spécialiste de l’épaule. Nous finissons par avoir les résultats des IRM, au moins deux hernies dans la nuque, trois tendinites dans le bras. Notre docteur de famille dit que face à l’immobilisation il va falloir opérer, à ma tête, il me dit d’aller voir un spécialiste, un neurochirurgien donc, rendez-vous le 24 septembre. Nous finissons par avoir le rendez-vous avec le spécialiste, un type charmant et très bronzé qui ne prend même pas le temps de regarder le compte rendu des IRM. Il porte en lui la certitude des chirurgiens. Le diagnostic est direct après une simple manipulation de l’épaule qui ne bouge pas, capsulite rétractile.

La capsulite rétractile ou syndrome de l’épaule gelée est une maladie qui atteint à 85% des femmes de 45 à 55 et dont on ignore plus ou moins l’origine. Il apparaît que cela pourrait être psychologique, mais cela n’a jamais été prouvé. Dans le cas de mon épouse, c’est la tendinite qui a fini par dégénérer. Le déblocage est totalement réversible sauf qu’il peut intervenir entre six mois et un an et demi avec des phases d’amélioration et de régression. Kiné et balnéo sont en gros les deux seules choses qui vont réduire la maladie. Seulement la reprise scolaire se fait dans deux semaines, conduire quasiment que du bras droit même si le gauche aide un peu, gérer des classes au quotidien, ça risque d’être un défi assez intéressant. Mon épouse fera sa rentrée, le médecin a dit qu’elle jaugerait la complexité. Car le risque c’est bien évidemment de se tuer en bagnole ou flinguer l’épaule droite qui compense toutes les carences de la gauche.

Et comme on ne rigole pas assez, il le fallait :

LA REVANCHE DES CAMIONS À CACA !

La suite de notre film d’aventure trépident

À Noël 2017 je vous avais offert un feuilleton trépidant dans lequel je vous racontais mes mésaventures avec des canalisations bouchées. C’était un magnifique feuilleton avec des découvertes, puisque nous avions excavé un regard enterré sous la terrasse et une canalisation commune à nos sept maisons de la copropriété ignorée de tous. C’était une histoire qui m’avait tenu un moment, puisqu’il était apparu que le problème de bouchon qui se formait était à l’origine du regard de mon voisin qui avait fini par devenir poreux et qu’il avait fallu boucher avec du mortier prise rapide. Vous noterez que c’était encore pendant les vacances, comme une malédiction.

Alors comme tu peux t’en douter public, il y a une différence entre l’ambiance Noël à Saint Pierre où je suis seul dans la rue, et l’ambiance estivale où l’un de mes voisins a loué sa maison à neuf personnes. Une voisine de la résidence d’à côté vient nous voir pour nous dire qu’il y a de l’eau qui coule sous la porte du garage de la première maison de la copropriété. Nous sommes vendredi. J’appelle mon voisin qui vit loin, du côté des alpes, et je lui dis qu’on a un problème, sachant que l’odeur qui va avec fait penser à un passage de la Seine mais dans sa maison. Il me dit que sa sœur est sur la route et qu’elle passe justement par là.

Attention âmes sensibles s’abstenir, surtout pour ceux qui consultent le RSS où vous devriez l’avoir en pleine page. Personnellement étant devenu maître caca, plus rien ne me choque.

Petite explication du contexte. La première maison était vide, mais possède des toilettes et une douche au rez-de-chaussée, c’est le point le plus bas. Coup de chance, la terrasse est constituée de pavés autobloquants, il n’était donc pas compliqué de faire sauter pour pouvoir accéder au regard. La seconde maison, neuf locataires dont des jeunes, ils ont constaté effectivement que ça remontait un peu par l’évier du bas. Malheureusement, mon voisin a fait une terrasse en dur six mois avant les événements de 2017 si bien que son regard est inaccessible. Maison d’à côté, j’appelle mon voisin qui est gendarme comme sa femme, comprenez qu’on va éviter de faire n’importe quoi avant de se faire arrêter, et je lui demande l’autorisation de faire sauter les dalles de sa terrasse pour extraire son regard. Il est assez inquiet car des locataires doivent venir le lendemain. Je contrôle sa maison, il n’y a rien à l’intérieur c’est plutôt positif, il a un tuyau d’évacuation de machine à laver en bas.

En vidant la terre et en arrivant à la trappe, la pression de l’eau est tellement forte qu’elle se soulève toute seule, son regard est donc obstrué par le caca. Maison d’à côté, une maison qui est restée à la vente pendant peut-être dix ans, et qui est donc mitoyenne à la mienne. Il y a des gens qui y sont, et je leur explique la situation, ils ont une cabine de douche en bas mais à part des remontées d’odeur, il n’y a rien. Chez moi on ouvre la trappe qui est accessible, il n’y a rien, la partie se situe entre les trois maisons. La pauvre famille du premier a passé la matinée à nettoyer les pieds dans la merde comme vous pouvez l’imaginer, nous sommes samedi et face à l’urgence j’appelle la SOMES, qui m’avait nettoyé la première fois.

Un bien joli plan

Le jeune qui vient nettoie beaucoup, mais rencontre un problème évident, à savoir qu’un regard sur deux est bloqué. Il peut atteindre sans problème les regards cachés par les terrasses en dur depuis les regards sortis de terre mais pas savoir ce qui se passe à l’intérieur. Il nous laisse donc avec une facture de 290 € que je paye parce que j’aime donner de l’argent, et espérer le revoir un jour comme le lit. On reste donc dans l’état, avec une pression exercée sur notre voisin qui avait ses neuf locataires et qui était le seul dans cette partie de la copro. Vous comprenez bien que le malheureux qui n’occupe pas sa maison mais qui se retrouve avec la merde, est un peu aigri. Il trouve donc une société, nous sommes dimanche qui a une caméra pour jeter un coup d’œil. Comme je l’ai expliqué, ces maisons ont mon âge, 45 ans, et personne ne savait qu’il y avait une canalisation qui passait sous l’intégralité des terrasses. Et forcément l’énorme laurier entre la maison 3 et 4, sachant que je suis la maison 5 et que ça ne bloque pas chez moi, interroge forcément. On s’attend tous à un drame, à savoir que les racines sont passées à travers et qu’on est bon pour refaire un tronçon de canalisation en fibrociment parce qu’on aime les vrais défis.

Le nouveau prestataire, assainissement 34 est un homme plus âgé et donc plus expérimenté. Les différents passages caméras montrent que nos canalisations sont impeccables ce qui est un soulagement. Entre l’aspiration et la tête à haute pression, il finit par dégager l’ensemble. Le problème bien évidemment c’est qu’on ne sait pas quelle est l’origine du problème. Si bien que cela peut se produire à nouveau dans quelques semaines, selon la fréquence d’utilisation. J’avais dit il y a plus de deux ans qu’il était fondamental de mettre à jour l’ensemble des regards de la copro car ce qui c’était produit entre mon voisin et moi-même pouvait se produire ailleurs, mais je pense que mes voisins n’avaient pas réalisé car je l’avais géré tout seul. Avec de la merde qui sortait de partout, je pense que tout le monde a bien compris et chacun s’y colle dès le mois de septembre.

Et forcément la suite logique pour clôturer ce billet, je viens de recevoir un mail des fameux transports Mazet m’indiquant que je vais être livré du lit perdu en date du 14 août. Ce qui me fera la bagatelle de deux lits. Mieux vaut en rire qu’en pleurer, ce n’est pas bien grave, j’ai pris mon parti de ne plus m’énerver, c’est inutile. Quelques leçons de vie supplémentaires, à 45 ans on continue d’apprendre tous les jours.

Jeuxvideo.cyrille août 2020

mardi 11 août 2020 à 20:24

Comme je l’ai expliqué dans un billet je ne sais où, j’ai pris un abonnement au PS NOW de chez Playstation pour l’année. Il apparaît que sur le papier il répond à mon besoin de joueur, à savoir que je ne joue pas en réseau, que je suis pingre, que je n’ai pas besoin d’avoir la dernière nouveauté. Un petit retour sur le service de chez SONY.

Le PS NOW sur le papier toujours, c’est une accessibilité à 750 jeux, on comptera 350 jeux PS4 qui peuvent se télécharger, le reste c’est du jeu PS3 qui se streame dans une qualité tellement dégueulasse quand on a une connexion ADSL comme la mienne qu’il vaut mieux hacker sa PS3. Bien évidemment 350 jeux, on se dit que ça laisse rêver, néanmoins beaucoup de jeux sont des productions de très très très basse zone. De l’indé, du studio qui n’a pas un rond, des mauvaises réalisations, même certains vieux jeux de qualité ne sont pas sortis sur le PS NOW ce qui finalement donne un catalogue relativement pauvre. Cela reste tout de même à nuancer car on va trouver quelques très bons jeux comme Bloodborne, un Styx, Fallout 4 ou l’opportunité de jouer à certains jeux que je n’aurais jamais acheté. Je pense par exemple à Knack premier du nom, une des premières nouvelles licences exclusives à la PS4.

Knack est une uchronie dans laquelle les humains auraient excavés des pierres à l’énergie infinie qui sont utilisées dans l’intégralité des appareils. Une énergie propre et illimitée, mieux que les panneaux solaires. Pas que cet aspect qui diffère avec notre monde mais une guerre qui oppose les humains aux gobelins. Si les humains ont gagné les premières batailles en repoussant les monstres dans les cavernes et les forêts, une arrivée massive de chars de guerre et d’avions de combat venus voler des réserves de pierre, font se bousculer les forces terriennes. Ces derniers cherchent des solutions, et parmi elles notre héros, Knack, un petit bonhomme de pierres qui a la possibilité de les absorber. Knack est un jeu qui a été sévèrement noté par la presse, et particulièrement par le journaliste de jeuxvideo.com qui colle un 10. Dans les principaux problèmes qu’il rencontre c’est la difficulté du jeu où il juge que ça lui rappelle les vieux jeux de l’époque à la difficulté impossible. J’ai plié assez rapidement Knack et s’il est vrai que le jeu n’est pas simple, la difficulté n’est pas démesurée. L’aventure est très plaisante, le côté cartoon est sympa, le fait de grossir au fur et à mesure des parties et de finir les niveaux en Godzilla à tout casser est plutôt plaisant. Le problème est ailleurs, une répétitivité assez importante pour un gameplay qui n’innove pas. Knack est capable de récupérer des pierres pour grossir, mais pas que. Il va par exemple récupérer des bouts de verre ce qui va lui permettre de devenir invisible aux rayons lasers ou des morceaux de glace, il faudra gérer la fonte de ceux-ci en runnant. Seulement, c’est totalement sous exploité par rapport à l’ensemble du jeu et c’est ici qu’on est loin du hit, mais d’un simple jeu de plateforme.

C’est ici que le PS NOW est intéressant, jamais je n’aurais acheté ce jeu, le PS NOW m’a donné l’opportunité de le faire. C’est aussi ici qu’on trouve les limites des tests de jeux vidéos qui n’ont de sens souvent qu’après. J’entends par là qu’à l’instar d’un Battle Chasers : Nightwar, c’est après qu’on se rend compte qu’on partage un avis avec un testeur d’un des nombreux sites qui écrivent avec plus ou moins de sérieux. Il est évident que si l’enjeu est de 60 € d’achat ça fait un peu rager d’avoir investi et de se rendre compte qu’on aurait dû plus lire. La limite du test de jeu vidéo, on la retrouve ailleurs, la volonté souvent d’aller dans le sens du vent, ou dans l’aspect pédant, comme ça fait bien de dire qu’on apprécie une œuvre d’art horrible qui pourrait être peinte par la queue d’un âne sous prétexte qu’il s’agit d’un artiste à la mode. En ce mois d’août les jeux offerts dans le PS NOW en vedette, au nombre de trois comme chaque mois, Dead Cells.

Dead Cells c’est le jeu typique réalisé par les gens qui n’ont pas d’argent, un Metroidvania ambiance 8 bits avec une difficulté à la Souls. Les Souls comme on le sait auront « révolutionné » le jeu vidéo en remettant de la difficulté dans un monde où tout avait tendance à ressembler à une cinématique. Il y a toutefois quelque chose que n’ont pas compris les auteurs de jeux, l’idée n’est pas de punir le joueur de façon définitive, mais de le punir tout court. Dead Cells, si vous mourrez, vous redémarrez avec l’équipement de base dans un niveau généré aléatoirement. À partir de ce moment-là on ne discute plus, le joueur n’a pas de possibilité de corriger ses erreurs, à part bien sûr en adaptant son style de jeu face au « pattern » de l’ennemi, c’est-à-dire ses enchaînements. On a donc un jeu sans originalité, aux qualités techniques médiocres qui est encensé par la presse avec des notes de 18. On voit ici une fois de plus les limites de la note, 18 la même note que Dark Souls, pour rester dans cette référence.

N’allez pas croire que je crache dans la soupe ou sur le travail de développeurs, ou celui des « journalistes » de jeu vidéo, mais il apparaît qu’il est finalement très difficile d’avoir du recul sur un jeu sans y jouer, et y jouer longtemps puisque Knack par exemple devient lassant au bout de quelques heures quand Battle Chasers : Nightwar devient lassant au bout d’un très grand nombre d’heures.

L’abonnement au PS NOW que j’ai payé 40 € en promotion contre 60 € soit 5 € par mois a finalement du sens même si après ce deuxième mois, je commence à adopter un positionnement de doute face à SONY qui n’en serait pas à son coup d’essai. Les jeux du PS+ par exemple sont devenus de plus en plus médiocres avec le temps, et le service ne justifie son utilité que pour le jeu en réseau et pas pour les jeux « offerts », ils ne le sont pas, puisqu’ils ne peuvent plus être joués quand l’abonnement est terminé. Pour le PS NOW après God Of War, Spiderman, j’ai l’impression qu’on retombe dans la qualité de l’offre quant aux grands jeux, ce mois-ci Hitman 2, Greedfall et le fameux Dead Cells. J’ai lancé Hitman 2, j’ai fait la première mission en massacrant tout le monde, je n’ai vu aucune subtilité, comme Greedfall j’ai fait le combat d’entraînement, j’ai trouvé ça mou du genou. Je rajouterais que le graphisme moche, les six arbres de compétences sont autant d’éléments qui m’ont freiné. J’ai donc lancé ces jeux, je les ai arrêtés, tout comme je l’ai fait pour de très nombreux jeux du service.

C’est assez curieusement que j’ai lu l’article Billet : “Le Game Pass et consorts affaiblissent le lien entre jeu et joueur ». Je trouve que c’est courageux de la part de jeuxvideo.com de se lancer dans ce style de thématique quand on sait que la communauté des joueurs est d’une agressivité rare. L’auteur du billet décrit un phénomène que j’ai souvent évoqué, à savoir que le trop plein a fini par tout tuer. Vous avez 2000 amis sur Facebook vous n’avez en fait aucun véritable ami sur qui compter, une enquête corrobore ce que je raconte, vous avez un star wars par an vous n’avez plus l’émotion de la sortie du nouvel épisode, vous avez 350 jeux dans votre PS NOW, vous n’avez plus vraiment envie de vous investir. Et c’est effectivement certainement le cas ici, si j’avais acheté Hitman 2 ou Greedfall, n’aurais-je pas fait un effort pour essayer d’aller plus loin parce que j’ai mis quelques dizaines d’euros sur la table.

À la fin du mois de juillet, j’ai fait le tour du PS NOW. Je suis désormais dans la phase d’attente des nouveautés. N’ayant rien à jouer, étant dans une phase où je n’ai ni l’envie, ni le temps, ni la volonté, ni je pense la possibilité de réfléchir à un jeu, je suis resté dans ma zone de confort en lançant Nioh que j’ai acheté il y a quelques années et que je n’ai jamais fini. Je l’avais payé au prix relativement fort, avec le season pass, et je regrettais de ne pas l’avoir achevé car j’ai payé.

J’ai relu mon commentaire de l’époque et je pense que ma déception était d’attendre un soul, ce n’est pas un soul. Je viens de finir le jeu, et j’ai voulu me lancer dans les DLC, je me suis fait massacrer. Ici encore on se rend compte que c’est en lisant les forums avec des gens qui ont vraiment joué au jeu qu’on rencontre les mêmes problèmes. Les DLC ne sont accessibles que si on a fini le jeu, ce qui est un choix assez rare. La plupart du temps, à mi-jeu, vous allez pouvoir accéder au DLC qui offre souvent une expérience un peu relevée. Le niveau de difficulté est tellement important, je me suis fait massacrer par un boss qui se mute en mille-pattes et qui me tue d’un coup, qu’il apparaît qu’il faut réaliser le jeu en NG+ ce que j’ai commencé à faire. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est que le NG+, il s’agit de New Game +, vous recommencez l’intégralité du jeu avec votre personnage mais avec des monstres qui sont autrement plus puissants, parfois différents même.

Comme vous l’avez compris, je vais zapper les jeux du mois d’août et finir mes vacances sur Nioh pour arriver à jouer aux DLC. Il apparaîtrait donc que mon abonnement qui m’a tout de même permis de jouer pour plus d’une centaine d’euros de jeux et d’en tester d’autres arrive à bout de souffle après à peine deux mois. Le fait de jouer à Nioh me donne envie de jouer à Dark Souls, toute la trilogie que je possède. Malheureusement si je possède ces jeux, je suis coupé du jeu réseau car je ne suis pas abonné au PS+.

La fibre optique arrive à Saint-Pierre, il sera question de l’installation du boîtier pour la copropriété lors de la prochaine réunion de syndic. On peut donc supposer que dans le courant de l’année 2021, ce sera acté. On parle beaucoup du Xbox Game Pass en ce moment, j’ai d’ailleurs l’impression qu’on en parle tellement que c’est du sponso de Microsoft dans la presse info. Car si pour ma part je fais totalement abstraction des technologies pour me focaliser sur le catalogue de jeux, la comparaison avec celui de SONY, c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Si je pensais passer à la PS5, l’arrivée de la fibre optique va me permettre de tout remettre dans la balance.

Ce qui est désormais certain c’est que le prochain service de jeu vidéo que je prendrai, sera certainement le service qui me proposera de jouer à mes jeux de prédilection en réseau. Ce qui est aussi certain c’est que je serais en recherche du service qui me permettra de m’affranchir d’un hardware supplémentaire. Pour l’heure, il me semble que Google Stadia est totalement hors course avec un catalogue très pauvre. Les annonces autour des deux consoles à venir chez Microsoft et Sony donnent un avantage très net à Sony. L’image dont jouit la Playstation face à la Xbox où Microsoft peine à inverser la tendance, notamment grâce aux fameuses exclusivités Playstation qui font la différence. L’offre de Microsoft pour le Game Pass pourrait paraître séduisante, car le catalogue des 100 jeux n’est pas inintéressant et comprend le Xbox Live c’est à dire la possibilité de jouer en réseau pour 12.99 par mois. Néanmoins si on fait une comparaison à valeur égale, on est à 5 € pour le PS NOW et 5 € pour le PS +, soit 10 € par mois. Malgré l’intégration de quelques nouveautés, rien qui fait vraiment pencher la balance en faveur de Microsoft.

À suivre, je ne pense pas me réabonner au PS NOW sauf si je suis agréablement surpris pendant l’année qu’il me reste à en profiter ou peut-être ne le faire que pour de longues périodes de vacances, pour faire un « rattrapage » de jeux ratés. Ce qui est certain c’est que l’overdose de jeux, ou de lançage de jeux que j’ai pu réaliser ces derniers temps, ont effectivement contribué à casser le contrat moral entre le développeur et moi. C’est ici aussi qu’on réalise que la masse de déchets est particulièrement importante, et que les jeux de qualité ne sont pas si nombreux que ça, même si j’entends qu’il en faut pour tous les goûts. Ceci me fait aussi réfléchir au fait qu’on trouve des gens encore actifs sur Counter Strike, Wow ou lol, et c’est peut-être eux qui ont tout compris, comme un type qui ne passe pas du tennis au golf pour faire du basket, mais seulement pratiquer le sport qui le passionne.

Complément 112

jeudi 6 août 2020 à 11:39

Micro:bit dans son bel habit rouge

J’ai reçu ma coque pour Micro:bit, c’est trop chouqui !!! On dirait un minou !!!

Je vous livre avec le cours que j’ai fait, je vous le dis tout de suite, je n’en suis pas satisfait et je vais le remanier.

La raison de mon mécontentement c’est bien sûr le lien avec la micro:bit, je vais me contenter d’un cours magistral avec un objet minuscule dans la main pour afficher un truc et prendre la température. Pédagogiquement je trouve ça plutôt pas terrible, sauf si on veut montrer qu’avec un câble, depuis un ordinateur on est capable de piloter un composant électronique. Ma commande passée sur Kubii même si elle reste chère pour les frais de port reste quand même à un tarif correct et à un prix dans la concurrence. Le suivi est en revanche impeccable, je ne me rappelle vraiment pas pourquoi je n’étais pas content il y a quelques années.

Même pas honte, toujours sous Windows

Bon voilà, je crois qu’on ne va pas se mentir, mais Linux pour moi, c’est fini pour l’instant. Aucun problème particulier à signaler, pas de sensation de ralentissement, une facilité de communication avec les appareils Android, avec mon imprimante, pour le reste, du fait d’utiliser les mêmes logiciels ou presque sous Windows, l’expérience est finalement plutôt transparente.

Je pense que s’il fallait rationaliser, pour cette décision qui tient désormais depuis 1 mois ce qui en temps BORNE est l’équivalent de 12 années chien.

À priori vu le nombre de personnes qui bloguent encore, le sujet ne doit plus vraiment passionner les foules, c’est mort ou presque, les gens préfèrent les voyages ou la cuisine. Pour l’informatique, il faut désormais acheter des bouquins, et malheureusement pour s’informer, il va certainement falloir commencer à payer pour franchir les paywall, car ça y est, on y est.

Inoreader et le RSS ne me suffisent plus

Bien évidemment on va tous mourir, les blogs sont morts, mais force est de constater que c’est un peu pareil partout, les Youtubeurs sont en train de manger leur pain noir. La monétisation c’était mieux avant. Essayer de s’enrichir sur le dos d’une société comme Google, champion de l’optimisation fiscale, n’est pas une bonne idée, sachant que de toute façon c’est Youtube ou Youtube pour avoir de la visibilité. Il est nécessaire désormais pour ces gens, d’être capables de gagner de l’argent ailleurs, Youtube ne servant que de support pour se faire connaître exactement pareil que la télé d’autrefois. Tu passes à la télé, mais tu gagnes ta vie en vendant des livres ou des disques. Finalement la télé a cette force que Youtube n’a pas, un chroniqueur peut dire les pires horreurs du monde et être payé pour le faire, à méditer.

À ce jeu-là, la disparition des blogs et du partage gratuit permet aux acteurs historiques de l’internet et de la presse de se repositionner. Désormais tu veux t’informer, il faut payer. Comme je ne suis pas motivé pour payer, certainement parce que les abonnements sont très chers et la pertinence laisse toujours à désirer, je me contente de « presse » gratuite et de ses astuces pathétiques.

Ce type d’articles me sort par les yeux, j’en vois de plus en plus, plutôt que de vous indiquer le prix directement, on préfère mieux vous inviter au clic pour le découvrir. Je comprends, il faut bien vivre, c’est le prix à payer pour ne pas payer.

La moralité c’est que mon inoreader se vide, car ce genre de choses c’est insupportable. J’ai commencé à suivre Google Actu, oui c’est mal. Je vois dans Google actu quelques avantages. Le premier c’est la possibilité de faire des choix sur la localisation, c’est un de mes principaux manques, la presse locale. Du fait de commencer à me connaître, à me cerner, à me traquer comme une bête, plutôt que de me proposer tous les résultats de rugby du Biterrois (zone de Béziers) ou du Narbonnais (zone de … on va pas abuser), il va plutôt m’envoyer la politique locale, les accidents et les feux de garrigue.

De la même manière le regroupement « naturel » de certaines actualités m’évite d’avoir cinquante fois la même annonce sur l’explosion au Liban. Il ne manquerait plus qu’à pouvoir rajouter des flux RSS que je poubelliserais Inoreader. Oui c’est mal, je suis traqué. En même temps possesseur de tablette et de smartphone android c’est déjà le cas. C’est aussi mal, car le fait de choisir certaines actualités et de supprimer d’autres, comme Closer ou Gala, m’enferme dans ma bulle de filtres. Néanmoins, il y a toutefois une part de réflexion ici, si s’enfermer dans la bulle de filtres c’est se passer de toute la déchéance du monde entre les familles royales et les anciens de la télé-réalité, je veux bien être coincé dans ma bulle.

j’espère que tout le monde appréciera l’opération de libération de l’homme de 300 kilos coincé chez lui

Consommer c’est toujours pas gagné : Cyrille BORNE contre Norauto Narbonne

Comme vous avez pu le voir dans mon dernier billet, l’épisode commercial de cet été c’est réussir à se faire rembourser un lit commandé ou le recevoir c’est selon. Ce n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler l’épisode de l’an dernier où il s’agissait de se faire rembourser un téléphone Archos payé chez But et qui ne captait plus le signal GPS. Je continue de harceler tout ce beau monde et de contacter les associations de consommateurs. Le plus pénible en fait c’est de ne pas pouvoir acheter ailleurs. Je pense que Habitat et Jardin, « la confiance client depuis 19 ans », un titre qui ne manque pas d’humour fait du surclassement avec de la marchandise qu’ils n’ont pas. C’est d’ailleurs un concept intéressant car ils ne comprennent pas la psychologie humaine. On m’aurait dit vous aurez votre lit dans 3 semaines, je peux l’entendre, car je sais que Conforama ou But ont souvent ces mêmes problèmes de disponibilité. Le fait de me dire que le colis est expédié et de me mener en bateau avec un numéro de tracking qui n’est pas le bon, c’est appuyer sur mon bouton rouge. Tant pis.

Laissez-moi vous raconter ma dernière aventure avec Norauto de Narbonne car c’est mon propre de me fâcher avec la terre entière ou presque. Je suis client pour mon Partner chez l’excellent garage Singla de Pézenas, 4.6/5 sur 66 avis déposés dans Google, preuve que le sérieux paie, c’est par contre plus compliqué pour la voiture de mon épouse. En effet, si pour moi c’est facile de laisser la voiture au garage pendant une journée de cours, je ne vais pas monter spécialement pour amener sa voiture même si ça serait tentant. Il s’agit d’une voiture qui a été achetée au mois d’août, nous faisons donc les entretiens pendant l’été, enfin façon de parler, on va y revenir. Il se trouve qu’autour de chez moi, il n’y a pas de garage avant Gruissan. Il y a un garage plus proche de chez moi, j’ai eu une mauvaise expérience avec la Clio, je n’y retournerai plus. La moralité et par facilité, nous faisons les entretiens à Nauroto Narbonne depuis des années, nous en profitons pour faire les courses en attendant. Ce que je trouve de positif chez Nauroto c’est le tarif qui est annoncé avant et le délai.

Je ne m’occupais pas de la voiture de ma femme, désormais je m’en occupe, surtout quand j’ai compris qu’elle avait sauté une vidange. J’ai mis du temps à le comprendre, mais depuis je suis plus attentif. Il s’agit d’une C1 essence, pas de courroie, pas d’électronique, une voiture incassable. Je prends rendez-vous avec Norauto qui m’annonce qu’ils ont du monde et qu’ils vont devoir monopoliser le véhicule pendant une après midi complète, de 14 heures à 19 heures. Je suis très surpris et j’explique au vendeur que c’est une C1 et pas un camion. Je fais remarquer aussi que le filtre à gasoil ne sera pas nécessaire sur une voiture essence.

La voiture nous sera rendue plus tôt, il sort les plaquettes et les optiques sur ce qu’ont vu les mécanos. Comme la voiture devait passer le contrôle technique, c’était une anticipation pour ma part, afin de régler les problèmes. Je prends donc rendez-vous pour les plaquettes et pour les optiques. Alors que je suis en train d’attendre les anesthésistes car ma fille doit se faire opérer des dents de sagesse, un SMS de Norauto pour dire que la voiture est faite. 40 minutes pour changer les plaquettes et polir les phares, alors que la voiture était prévue pour être bloquée pendant 2 heures, c’est bien trop rapide. Norauto m’appelle dix minutes après pour me dire que les pneus sont usés à 75%. J’ai pris le parti d’arrêter de m’énerver, et je fais remarquer au gentil vendeur que j’ai la sensation de me faire prendre pour un jambon. Le même gars qui a vu les plaquettes usées lors de l’entretien, n’aurait pas vu que les pneus étaient usés ? Il veut me positionner un nouveau rendez-vous, je lui fais remarquer que la voiture devait être immobilisée pendant deux heures, donc qu’il a le temps et qu’il va le faire maintenant, il s’exécute. Pour un changement de plaquettes, une vidange avec l’intégralité des filtres, l’équilibrage et les optiques, 450 €. Nous avions deux voitures ce jour, je n’étais pas allé récupérer la voiture avec ma femme. Avant-hier je passe devant, je vois les optiques dégueulasses et alors que je ne m’énerve plus sur les prestataires, je ne peux m’empêcher de geler ma femme comme la reine des neiges. Réponse typique féminine : « si tu es sûr de ton coup, tu n’as qu’à y aller ». Je vous reparlerai de la fameuse charge mentale des femmes, celle des hommes n’est pas si mal non plus grâce à la phrase typique féminine « si t’es pas content t’as qu’à le faire ». Et comme on est rarement content on finit par le faire.

Nous sommes hier, j’amène la voiture au contrôle technique qui est voisin de chez Norauto, j’ai la facture dans le sac, car je sais. La dame me dit que le contrôle est OK mais qu’il qu’il faudra faire les optiques. Je vois le vendeur, je lui explique que j’ai fait les optiques il y a huit jours, et qu’on vient de me le signaler au contrôle technique. Confus, il me dit que ça va être pris en charge par la garantie et veut me poser un rendez-vous que je refuse. J’explique que face à l’ensemble des mésaventures, il va me rembourser et je vais le faire ailleurs. Le vendeur a fait le nécessaire, en toute politesse et s’est excusé au nom de la société. J’irai certainement sur Gruissan dans un vrai garage bien noté. Car ici, non seulement le travail n’a pas été fait mais j’ai un gros doute sur les pneus qui étaient loin du trait d’usure et des plaquettes que je n’ai pas vérifiées. Il est de « notoriété publique » que les enseignes de ce type vont respecter les normes constructeur à la lettre. Un pneu est usé quand il est craquelé ou qu’on est au témoin d’usure, en ce qui concerne le constructeur, il va dire qu’il faut prendre avant pour se dédouaner en cas de problème. Le garagiste, celui qui est honnête, ne tentera pas de la vente forcée et vous dira quand c’est raisonnable ou quand ça ne l’est pas.

Je ne vais pas comparer cette mésaventure à celle de Conforama. Je pense que le problème de Norauto c’est aussi sa qualité. On vous annonce un tarif précis, on fait des manipulations précises, on ne fait d’ailleurs pas toutes les manipulations, scier le bouclier métallique du partner par exemple, n’est pas une manipulation que Norauto fera. Comme dans toutes les enseignes se cachent des brebis galeuses, jusqu’à maintenant le travail a été bien fait. Néanmoins, l’accumulation en une seule fois, la multiplication des temps des temps d’attente, y compris en caisse, les délais, me font penser que ça ne va pas très fort et que c’est un coup de pouce du destin pour changer de crèmerie. Créer du lien avec un garagiste de proximité ne coûtera pas forcément plus cher et sera certainement un atout pour la distance et les interventions bizarres si nécessaire.

Le point commun toutefois dans ces affaires, c’est la confiance, la difficulté aujourd’hui pour tout, devoir tout surveiller. Lorsqu’on évoque aujourd’hui la notion de sobriété numérique, de minimalisme, il devient évident que moins on en a et plus c’est simple à gérer. Nous vivons dans une société qui invite les gens à ne rien faire, car même acheter un truc devient tellement compliqué, que finalement il vaut mieux ne pas l’acheter. Le stress du quotidien engendre la frilosité dans les comportements d’entreprise, et ce n’est bon pour personne. Il suffirait de remettre de l’humain de confiance et de la proximité dans tout cela, mais c’est un coût trop important pour les sociétés qui préfèrent mieux se gaver. Pas mieux du côté des consommateurs qui visent les tarifs les plus bas. En avoir moins mais en avoir mieux, un objectif qu’il faut impérativement se fixer.

Le monde de demain quoi qu’il advienne ne nous appartient toujours pas

lundi 3 août 2020 à 12:25

À un moment, au cœur de la crise COVID, on aurait pu penser qu’il y aurait un monde d’après, je pense qu’on a tous eu envie de le croire. Désormais quand on voit de façon « naturelle » des masques qui traînent de partout, y compris en pleine nature, on comprend bien que c’est vrai, il y aura un monde de demain qui sera bien pire qu’avant.

La crise économique, les changements d’habitude et pas forcément les bonnes, vont certainement bouleverser pas mal de choses. Il y a quelques années j’avais vu une vidéo d’un jeune québécois, qui expliquait que l’homme ne serait pas remplacé par les robots, ou en tout cas dans certaines tâches, notamment dans le domaine artistique. Ce n’est déjà plus vrai.

D’une part la frontière entre l’art humain et « l’art artificiel » va devenir particulièrement compliquée à trouver, y compris pour des yeux experts, d’autre part l’art sous l’ère du COVID risque de prendre une sacrée claque sur le long terme. On ne s’étonne pas par exemple de voir les salles de cinéma à l’agonie quand les abonnements Netflix explosent et que même la télévision reprend du poil de la bête. Bien évidemment, on peut dire que si le cinéma se porte mal, c’est en lien avec l’absence de films américains qui sont le gros de la production estivale, mais c’est un mauvais raisonnement. Le COVID s’est contenté de catalyser la situation de la dématérialisation en toute logique. Dématérialisation des jeux vidéos bien sûr, où l’on apprend que le jeu vidéo physique se vend moins que le dématérialisé, et c’est bien normal.

J’ai payé 40 € pour l’année le PSN now, si je devais acheter un jeu vidéo ce serait en dématérialisé parce que le jeu vidéo physique c’est plus un problème qu’autre chose. En effet, Micromania vous reprend les jeux à un prix dérisoire, ce qui signifie que pour réussir à gagner quatre ronds sur un jeu physique, il faut passer par une plateforme comme leboncoin. Face à une population de plus en plus irrespectueuse, la perte de temps pour des rendez-vous que les gens n’honorent pas, c’est prendre conscience que c’est l’impasse. Le temps que vous allez perdre pour gagner 10 €, autant attendre le jeu à pas cher en dématérialisé ou payer un peu plus cher, le temps c’est de l’argent. Par extension, la fermeture des salles de cinéma c’est une logique car à y réfléchir c’est une aberration. Amateurs des salles obscures, désolé, mais vos yeux vont saigner. Aller s’enfermer dans une grande salle pour voir un film qu’on aurait pu voir sur son écran tranquillement à la maison et payer 12 € la place, il faut être masochiste. Aujourd’hui pour 12 € vous avez un abonnement qui vous donne accès à tous les films. Et quand je dis 12 €, je suis généreux, parce que le cinéma tout seul c’est triste, on y va en famille, avec la copine, on mangera un morceau pour finir à une soirée à 100 balles, de quoi réfléchir. De l’autre côté, la sortie en salle de cinéma, c’est produire pour le cinéma, c’est payer cher pour pas forcément un véritable retour sur investissement. Quand il apparaît que le film une balle perdue, un nanar dont j’avais parlé a été vu 37 millions de fois en un mois, ça doit quand même faire cogiter sévèrement du côté de la réalisation. Du côté de l’exploitation bien évidemment, des salles gigantesques à chauffer ou refroidir, des travaux, de l’entretien, des mises aux normes, une masse salariale conséquente, et l’affaire est faite. Rasons tout, faisons des parcs.

Oui, l’art, le COVID lui aura fait bien mal au derrière, les festivals, les artistes, ce qui faisait la différence entre l’humain et la machine, ne fait plus vraiment la différence. Lorsqu’un mannequin professionnel dit « Je suis un mannequin et je sais que l’intelligence artificielle va bientôt prendre mon travail », aucun secteur ne sera épargné par cette révolution qui est en marche. Une révolution qui vise à nous laisser chez nous le plus longtemps possible ou disons dans une certaine proximité. Car on a compris que le diesel et les voitures à essence étaient largement dans le collimateur, les voitures de pauvre qu’on se propose de remplacer par des voitures électriquse à 300 km d’autonomie qui coûtent un bras. Se déplacer va devenir plus cher avec les années, et ça a déjà commencé d’une façon que je n’explique pas pour l’instant. Je commence à regarder pour changer le Partner, ce sera un véhicule diesel puisque je n’ai pas eu ma mutation et que sans bouger, je fais 25000 km par an. Il y a 10 ans quand j’ai acheté mon véhicule, j’ai payé pour une voiture de 3 ans et 27000 km au compteur la somme de 10000 €. À ce tarif, aucun véhicule ne rentre dans les clous, c’est soit du véhicule de 10 ans pour avoir un plus faible kilométrage ou plus de 100.000 km si on veut un véhicule un peu récent. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter, se déplacer c’est cher, manger bien c’est cher, tout devient plus cher. Payer ses masques c’est cher, je prévois sous peu une révolution en France plus dure que la crise des gilets jaunes. Si à un moment, le ras-le-bol a entraîné les gens dans la rue, dans le contexte actuel c’est la faim qui poussera les gens dehors.

Pour continuer d’illustrer ce billet franchement gai et décousu, j’aimerais vous raconter une légère mésaventure qui correspond bien à mon humeur du moment, le sentiment qu’on nous prend de plus en plus pour de la merde et qu’il est désormais temps de passer à la caisse pour pouvoir profiter des « bonnes choses ».

Le matelas étant mort, du fait que nous sommes vieux avec nos 45 ans et que les problèmes articulaires de l’une fait qu’il vaut mieux mettre une petite distance de sécurité avec l’autre pour éviter de se retrouver écrasée dans la nuit, nous passons au 160. J’ai commencé à faire le tour des tarifs matelas en regardant notamment du côté de chez ikea. Il apparaît que pour environ 300 € vous avez un matelas qui se déforme au bout de deux ans, d’après de nombreux avis clients. J’ai donc payé plus de 500 € sur le site emma qui a très bonne presse dans les comparatifs, j’ai le carton dans mon salon avec un service et une traçabilité sans faille. C’est un concept que j’aime bien car ils vendent très peu de produits différents. J’ai tendance à me rappeler des conseils de Gordon Ramsay le philosophe écossais de 1m88 de cauchemar en cuisine qui explique que lorsque dans un restaurant la carte est trop grosse c’est dégueulasse parce que tu ne peux pas tout faire bien.

Pour le lit, le critère était précis, du tissu, et une tête de lit de 110 cm de haut. De ce côté-là parce que je n’ai pas encore compris l’utilité d’un bon sommier, j’ai acheté sur Conforama à pas cher, je croyais. L’inclusion du market place de Conforama est parfaite, je n’ai pas fait attention que j’achetais sur une autre boutique, il s’agit de Habitat & Jardin je vous montre la page trustpilot où l’on découvre la masse des mécontents, mais on y reviendra plus tard. Je me rends compte qu’il y a un problème dès qu’on m’annonce l’expédition du colis avec un numéro des transports Mazet que je me permets de citer. Le lien ne correspond à rien sur le site de suivi. J’appelle le marchand, qui n’est pas Conforama car Conforama n’est pas engagé dans l’histoire, et s’en lave un peu les mains. Numéro de téléphone surtaxé, on me dit que le colis a bien été expédié et qu’il faut attendre 24 heures, le temps que le numéro soit enregistré dans la base des transports Mazet. Bien évidemment. Je commence à regarder du côté des transports Mazet avec un problème de fond, il y a des dizaines d’agences à travers la France et leur site est vieillot, je ne sais pas à qui m’adresser. J’appelle l’agence de Perpignan qui à vol d’oiseau est la plus proche de chez moi, je n’arrive à joindre personne. Je rappelle le marchand, numéro surtaxé qui me dit d’appeler les transports Mazet et me donne un numéro de téléphone. On me dit que si ça commence par une lettre, ce n’est pas un numéro Mazet, on me dit de rappeler le marchand pour obtenir un numéro de récépissé correspondant et on me raccroche au nez. Du fait d’être expert dans ce type de situation, je ne m’énerve pas et rappelle le numéro surtaxé qui me confirme qu’il y a effectivement un problème et qu’on va prendre mon dossier en charge. Parallèlement à cela, je joins Conforama qui assure de façon théorique la conciliation entre les parties, j’ai retapissé de messages « mon compte » et envoyé un message par la page contact des transports Mazet.

Aujourd’hui lundi, le colis devait être expédié le 24 de façon théorique, cela fait donc un certain temps, personne n’a bougé, j’ai demandé l’annulation de la commande. Il s’agit ici de l’illustration parfaite du quotidien.

L’époque bénie du client qui est roi c’est largement terminé, aujourd’hui on est pris pour de la merde. C’est quelque part assez facile avec internet, il est devenu évident, simple, de noyer le poisson. Il y a une dizaine d’années, vous vous souviendrez peut-être, j’avais balancé mes problèmes avec rueducommerce pour des disques durs morts à la sortie de l’emballage et pour mes déboires avec SFR où l’on m’avait envoyé une AOL Box. À cette époque je faisais bien sûr une autre audience mais surtout les réseaux sociaux et certaines stratégies n’étaient pas en place, j’avais eu une prise de contact directe des deux sociétés. Ceci ne se produira plus et c’est très simple, le bruit est devenu trop fort pour réussir à se faire entendre, merci les réseaux sociaux. Si les opérateurs de téléphonie et autres fournisseurs d’accès internet ont trouvé la parade avec des forums gérés par les membres, la stratégie de tout le monde c’est jouer la carte du pourrissement et de l’opacité.

J’ai un problème avec ma box adsl je vais me lamenter dans le forum, ça me fait du bien. J’ai un problème avec un vendeur de meubles je vais écorner sa page dans trustpilot. J’ai un souci avec un restaurant je le dézingue dans tripadvisor. Malheureusement la portée est nulle, tout est noyé dans le bruit. Des sites internet comme le mien n’ont plus de visibilité, et si à une époque de simples anonymes pouvaient se faire entendre ou certains « comptes » puissants, je pense notamment à la petite phrase meurtrière dans twitter re-twittée à l’infini tout ceci est bien fini, vous êtes seul dans la foule. Aujourd’hui ce qui paraîtrait comme des lieux publics sont de simples murs de lamentation, un os donné à ronger à la foule en colère.

Dans cette histoire, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même et c’est ce que je fais. J’étais pressé, comme trop souvent, j’aurais dû prendre le temps de regarder les avis, mais surtout de me rendre compte que j’achetais chez un tiers, ce que je ne fais plus depuis un moment. La société nous montre que la solidarité a fini d’être enterrée avec cette crise du COVID, et que les solutions passeront par des comportements qui sont purement individuels, en espérant une prise de conscience de chacun pour qu’elle devienne collective. Aller sur trustpilot ne servira à rien, cela ne me défoulera même pas. Demander par la suite la suppression de mon compte Conforama, apprendre à payer plus cher pour un service de meilleure qualité, autant de choses qu’il faut apprendre à faire mais qui interpelle tout de même. Mon pouvoir d’achat est en baisse, les salaires dans la fonction publique n’arrivent pas à suivre les cadences folles des prix, de l’augmentation du coût de la vie alors que je suis un père de famille prudent et qui n’a pas de vice caché. Je me contente de peu. Je ne suis pas à plaindre, loin de là, mais comment peut-on échapper à la révolution quand les gilets jaunes ou les sans-dents de François Hollande n’ont d’autre choix que de subir ce système où même l’acte de consommation devient de plus en plus compliqué ?

Si vous trouvez que la période est sombre, l’aspect film d’anticipation des masques dans la rue n’est que l’aube d’un monde encore bien pire qui s’annonce demain. Je note aussi dans cette histoire, l’état catastrophique de l’informatisation française. À l’heure des puces dans le cul, quand je vois les dysfonctionnements dont je suis victime de façon très récurrente, c’est inquiétant de se dire qu’en 2020 quand on saute sur la première technologie qui passe, tout le système est bancal.