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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Adieu PCinpact

jeudi 6 avril 2017 à 08:00

C'est marrant il y a quelques jours j'écrivais qu'il fallait que je me trouve une façon de monétiser le blog pas pour l'argent mais pour le principe parce qu'on est quelques uns, qu'on appellera pudiquement les derniers idiots à publier encore gratuitement. Et quelle nouvelle aujourd'hui ? Nextinpact renforce son modèle adhérent pour fournir encore plus de contenus pour les gens qui payent et par le fait moins de contenus pour les gens qui ne payent pas. C'était prévisible et je dis bravo, il faut le faire, en tout cas il faut le tenter, car il est fort à parier que les premiers seront les mieux servis et qu'il sera certainement trop tard dans quelques temps pour arriver à un modèle payant.

Dans la masse très importante de commentaires qui ont été publiés, c'est partagé, certains disent bravo, d'autres annoncent qu'ils iront ailleurs, selon la théorie du parasitisme, à savoir que tant qu'on trouvera un site gratuit pour ne pas payer, on ira ailleurs. Et je peux même vous annoncer quelque chose, comme on connaît le piratage de tout, notamment les bouquins, les journaux, on aura bientôt le piratage des articles de sites internet car c'est dans la nature humaine de gruger et d'aller au moins cher ou même au gratuit tout court.

Le discours de Next Inpact est simple, le discours de Next Inpact c'est d'expliquer qu'on doit faire un choix pour avoir l'information qu'on veut. Et si on ne paye pas, l'information qu'on veut c'est surtout l'information qu'on ne veut pas, l'information de la petite phrase, c'est ça :

Des millions de burgers vendus par jour, une limace, le monde s'arrête, ça c'est de l'actu gratuite, si tu veux de l'actu qui assure, de la vraie, de la réfléchie alors il faut mettre la main à la poche. C'est d'ailleurs un discours qui est pesant, presque moralisateur, le genre de discours que j'éviterai car on dirait qu'à chaque fois on est en plein lavage de cerveau ce qui pour un site alternatif, un site qui revendique la réflexion fait désordre. Il suffirait juste d'écrire, vous aimez notre travail, vous pensez que nous apportons une plus value pas croyable par rapport au reste et bien si vous le pensez, il va falloir passer à la caisse. La caisse pour moi ça reste trop cher.

Qu'est-ce que 4 € par mois vous allez me dire, et bien je vous le dis ça fait deux abonnements chez Free par exemple. Bon en fait le problème n'est même pas une question d'argent, à long terme si car s'il faut s'abonner à autant de sites internet qui nous intéresse ça va commencer à devenir vraiment cher, le véritable problème pour ma part c'est est ce que NextInpact apporte une information qui m'est suffisamment indispensable pour que j'ai envie d'aller mettre 4 € par mois. La réponse est clairement non.

Et on revient encore à notre fameux modèle économique, celui qui fait que j'estime par exemple que passer sur un modèle premium ici n'aurait aucun sens car la plus value pour le lecteur n'est pas assez importante, il n'y a pas pour ma part chez NextInpact réellement plus, l'indispensable, qui par exemple me permettrait de ne suivre que ce site et oublier les autres. Et à la réflexion, au moment où j'écris ces lignes, il n'y a aucun site qui m'est tellement indispensable que j'en viendrai à payer, c'est la combinaison de sites et c'est ici que se trouve la solution, je l'ai déjà écrit mais comme j'aime me répéter, payer oui, mais certainement pas pour un site, un ensemble de sites.

Avec la suppression de NextInpact de mes flux RSS je tombe désormais à 39 sites suivis, il faut que je retire le site du lycée, mon blog, les commentaires de mon blog qui ne sont présents que pour des critères techniques et vous voyez que la fonction à tendance à tendre vers 0. Ce qui est intéressant c'est que ça ne m'empêche pas de bloguer, comprenez que si à une époque on avait le fait d'actualité comme source d'inspiration, le blog se rapproche de plus en plus de ses origines, le journal de bord, le journal intime, j'ai du mal avec ce mot ça me fait penser aux serviettes hygiéniques.

Il faudrait étendre le sujet à s'informer autrement, gratuitement et pas trop stupidement mais je n'ai pour l'instant pas trouvé la réponse. Déjà que je n'ai pas trouvé la réponse à comment devenir milliardaire avec son blog et que le nouveau DLC de Dark Souls III vient de sortir, vous comprendrez que ça nous laisse quelques sujets de réflexions pour l'avenir.

 

Détachement

mercredi 5 avril 2017 à 08:00

Ma voisine est de passage à Saint-Pierre, elle vient me voir et ça ne me fait pas plaisir. Souvenez vous, ma voisine c'est celle que j'ai rencontrée avec le marteau piqueur, dont je répare la télévision, la box, c'est une dame d'un certain âge, seule, et pour qui la vie à Saint-Pierre n'était pas facile, nous vivons en effet la solitude ici à 600% pendant la période hivernale, jusqu'à la fermeture de la boulangerie. Quand tu es deux, que tu es actif, que tu as les gosses, c'est différent, mais seul à la retraite ici, c'est une solitude qui est encore plus insupportable qu'ailleurs. Je ne suis pas content car d'une part elle me réveille pendant ma sieste et d'autre part je sais qu'elle a quelque chose à me demander.

Ce n'est pas tant le fait qu'elle veuille me demander quelque chose qui me gêne c'est le fait de ne pas aller droit au but, d'essayer de faire croire qu'on vient aux nouvelles, qu'on passait là pour saluer, qu'il y aurait comme une espèce d'amitié. Je me moque de rendre service, si ça peut dépanner, par contre qu'on ne me tienne pas la jambe, qu'on aille directement à l'essentiel.

Les gens m'emmerdent de plus en plus, et j'arrive à pointer de mieux en mieux, mon problème, peut être un peu le leur.

Je suis persuadé que c'est pareil pour les gens de façon générale, que ça les gonfle de prendre des nouvelles des uns et des autres. Y a qu'à voir les gens sur leur smartphone pendant les repas pour comprendre que ce que racontent les autres on s'en fout complètement et si avant il fallait faire preuve d'imagination pour s'évader d'une histoire inintéressante de tonton Roger ou d'un discours politique de bistrot, on dégaine le portable ouvertement pour voir s'il n'y a pas mieux ailleurs. Il faudrait qu'on arrive à intégrer ça, savoir qu'on peut faire appel à quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis cinq ans, lui demander un truc et être certain qu'il va intervenir sans se sentir obligé d'avoir une réciprocité quelconque à fournir si ce n'est la capacité de répondre à l'appel un jour, demain ou dans dix ans pour rendre un service à son tour.

C'est moche quand même, on n'appellerait alors que les gens par intérêt, en même temps ça permettrait d'aller à l'essentiel. Je pense qu'on en est arrivé là parce qu'on peut communiquer trop facilement, c'est la faute aux réseaux sociaux, à la téléphonie illimitée, on a trop de gens dans son entourage direct pour une France qui n'a jamais été aussi seule. Quand on était gamin on se voyait à l'école, et si on voulait se voir dehors, ben fallait qu'on se donne rendez vous, qu'on prenne le bus, qu'on se bouge en fait. Maintenant en quelques clics on a accès à son camarade, à tous ses camarades d'ailleurs, c'est presque trop facile.

Je rajouterai qu'avec toutes les émissions de télévision débiles où les sentiments sont exacerbés, où c'est quand même le populo de base qu'on jette dans l'arène pour faire du profit, on a l'impression qu'il faut s'aimer à la vie à la mort, c'est perturbant pour les enfants qui ne maîtrisent plus la notion de distance avec l'autre, la notion de limite. J'allais chercher mes gosses à la sortie du collège vendredi, et je voyais les enfants tomber dans les bras des uns et des autres comme s'ils partaient à la guerre et qu'ils ne se reverraient plus jamains. Gamins on se souhaitait bonnes vacances et on se débrouillait pour se voir avec les amis, un mot qui avait du sens à l'époque.

De façon synthétique un gamin qui a 2000 amis, qui voit des choses qui le dépassent en terme de vocabulaire et de sentiments à la télévision ou sur l'internet où tout le monde s'aime et le dit de façon bien forte, un gamin qui a la possibilité de prolonger ses relations de façon informatique, je me demande comment il arrive à gérer tout ce monde quand moi à 41 ans je peine à bien faire avec mon entourage direct, la famille et me laisse peu de place pour une amitié que j'ai du mal à maîtriser.

Je pense que tout simplement les gamins n'y arrivent pas et qu'ils se transforment progressivement avec un bloc de granit à la place du coeur parce qu'il est plus facile de ne gérer personne, enfin soi-même surtout que de gérer tout le monde. J'évoquais dans un dernier billet comment les entreprises de multimédia avaient donné comme habitude de renouveler les stars, les vedettes, une forme de précarisation de la célébrité. Et bien je suis intimement convaincu que les outils facilitateurs, l'habitude de changer très régulièrement de mode, le détachement qu'on provoque chez les gosses aura des répercussions catastrophiques sur nos sociétés.

Je suis convaincu que nous avons notre rôle d'adulte à jouer ici encore, à éduquer nos gosses avec quelques valeurs simples, expliquer qu'on ne peut pas être ami avec la terre entière, apprendre à ne pas vivre pour profiter des autres mais à savoir aussi donner de soi-même, vaste programme, plus qu'une présidentielle, une humanité.

Wollodrin

mardi 4 avril 2017 à 20:44

Wollodrin est une bande dessinée d'héroic fantasy pur jus qui est cassée en diptyque et il faut reconnaître qu'après avoir bouffé de la fantasy en bédé dans les années 90, du très bon, avoir vécu un grand passage à vide pendant de nombreuses années, on assiste à un renouveau du genre qui fait le choix d'être très classique mais d'être très très bon. En effet, c'est du très classique, des nains, des nains qui se marave avec des elfes qui sont partis, des orcs qui se marave avec tout le monde, des gobelins que tout le monde déteste, il n'y a pas une once d'originalité dans l'univers mais c'est franchement bien fait. Notre histoire démarre avec la découverte de nos personnages, une équipe en prison qui doit être exécutée et qui n'a d'autre choix que d'accepter une mission suicide, aller délivrer une princesse au beau milieu des orcs. Le diptyque suivant met en scène deux personnages du précédent opus qu'on perd de vue dans le troisième pour ne les revoir qu'à la fin. C'est bien fait, on ne sait pas où le scénariste va nous amener avec ses personnages qui se croisent, mais on se laisse prendre avec beaucoup de plaisir.

Puppeteer ou la poutre j'ai perdu la tête quand j'ai vu Suzette

mardi 4 avril 2017 à 08:00

Puppeteer fait partie des jeux qui sont surnotés car on a l'impression que c'est la révolution alors qu'en fait on est dans un schéma classique de jeu de plateforme qui n'a pas évolué depuis 25 ans. Le roi ours a pété les plombs et il vient de prendre le pouvoir, il a tendance à manger les âmes des enfants, vous incarnez l'un d'eux, un gosse, enfin une forme de pantin qui a perdu la tête et qui a la possibilité de changer de tête selon celles qu'il est amené à croiser dans le jeu. En fait ce détail est purement anecdotique, ce n'est quasiment pas exploité dans le jeu quand on imaginait déjà que selon la tête on allait pouvoir débloquer la situation, cela ne sert qu'à débloquer des bonus. Le jeu en lui même c'est sauter, frapper, trouver de nouveaux objets comme les bombes, le bouclier qui de façon très originale permet de renvoyer les rayons laser, enfin, du vu et du revu en terme de gameplay.

L'originalité se situe dans la réalisation, c'est à dire que le jeu est fait comme une pièce de théatre et force est de reconnaître que c'est vraiment bien fait, le décor qui se pose, la narration parfaite, on a même un bout de comédie musicale, c'est techniquement une véritable réussite, mais c'est une fois de plus le vrai problème du jeu vidéo. La question que devraient se poser les développeurs, on joue ou on regarde un dessin animé, enfin une pièce dans le cas présent. Car, les cinématiques qu'on peut passer sont trop nombreuses, c'est surjoué, ça finit par agacer parce qu'on veut jouer et pas regarder, et quand on joue on a un jeu qui n'est pas très original, qui n'est pas un modèle de maniabilité ce qui pour ce type de jeu n'est pas excusable, en gros on nous a encore vendu le jeu du siècle quand il s'agit juste d'un bel emballage.

J'ai craqué dans le jeu à la partie des fonds marins dans lesquelles vous chevauchez un calamar pour une scène à la sonic avec des crevettes qui vous font accélérer, ça manque de précision si bien qu'on se prend les murs, et puis comme ce n'est pas vraiment intéressant, c'est un coup à regarder le jeu sur youtube ou sur twitch, un jeu qu'on préfère regarder, ce n'est pas vraiment un jeu, en tout cas un bon jeu.

La référence dans le titre c'est la chanson de Dany Brillant, qui est à la chanson française ce qu'est le jeu de plateforme au jeu vidéo, un style désuet qui a du mal à se renouveler.

Polka

lundi 3 avril 2017 à 09:03

Polka c'est le surnom de l'inspecteur Polsky, un flic qui vit dans un Paris d'anticipation où la pollution est devenue tellement importante qu'un nuage se dépose sur l'intégralité de la ville. Le premier épisode pose les bases de la série, Polka fait la découverte qu'il n'aurait pas du faire et se retrouve radié de toutes les listes, à l'instar de S.O.S Bonheur. Il va découvrir que dans le métro toute une population existe, se faire de nouveaux amis avec qui il va mener ses enquêtes qui gravitent autour d'une vision futuriste bien triste mais pas si éloignée de la réalité, secte écologiste, scandale politique ou médical. C'est correct mais sans plus, trop manichéen d'une part avec des personnages trop traditionnels, presque trop gamin, des gentils et des méchants. Il s'agit de plus d'une bande dessinée de Convard et l'on retrouve comme pour Neige ou Chats les mêmes thèmes sans nuance.