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Le Blog de Cyrille BORNE

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Je resterai le paysan, sur l'établi, sur le papier

samedi 29 avril 2017 à 08:00

Il s'agira du dernier article sur la thématique car j'ai enfin trouvé les mots, des mots que j'écoute d'ailleurs ma bagnole pour aller bosser. Un gentil lecteur a écrit un commentaire qui m'a plu : Oui je comprends. Mais décide toi vite avant que ça ne retombe. C'est avec des gens comme toi qu'un réseau prend de la valeur ! Même sebsauvage s'y est mis !

Il s'agit d'une proposition pour au moins faire un bot sur Mastodon, histoire d'y être. Et je crois que le fait de découvrir que Sébastien Sauvage y est me conforte dans l'idée de ne pas y être. Il faut peser ses mots car on pourrait penser que c'est une attaque contre les personnes, et ce n'est pas le cas, je suis totalement respectueux de ce que font les gens, il y a juste des actes qui m'interpellent. Mastodon ne sera pas le fossoyeur de Twitter j'en prends le pari, Mastodon réussira à n'être que le fossoyeur des réseaux diaspora*, je dirai bien GNU SOCIAL mais bon c'était déjà mort, et je découvre que le propre auteur de Shaarli collabore à la mort de son outil. Mastodon sera certainement le fossoyeur aussi de quelques blogs, car il peut être tentant pour certains à qui la limite des 500 mots parait inaccessible de basculer vers cet outil.

Alors effectivement c'est peut être pas si mal, on peut considérer que Mastodon en tuant ses collègues va réussir là où ont échoué les autres. On peut dire que c'est le progrès comme remplacer les gens par des robots, que c'est quelque part l'ordre naturel des choses. Je vois surtout des gens qui cèdent à la sirène des articles de presse, au martèlement, qui cèdent à l'urgence, qui cèdent à la tentation. Mastodon c'est pas le truc qui fait peur, c'est le truc qui donne envie, c'est l'image du far west, il faut vite prendre son chariot pour aller trouver la mine d'or le plus rapidement possible, car la logique d'un réseau social, c'est premier arrivé, premier suivi, donc plus de followers, donc plus de pouvoir, car les outils pour échanger on les a déjà, on les avait déjà au travers des blogs, des forums, des commentaires, on s'est juste fait tuer par d'autres outils. Mastodon c'est comme  une nouvelle relation amoureuse, on se dit que sa nouvelle femme est mieux, et que l'ancienne elle est moche, sans réaliser que dans deux, trois ou cinq ans on aura les mêmes problèmes et que le souci ne vient pas forcément de l'autre, mais de soi. Mastodon c'est le désir de nouveauté sans réfléchir l'espace de quelques secondes que dans le domaine du libre c'est quand même une curiosité.

Bon je vois que je suis parti dans tous les sens, mais c'est franchement beau, ça fait poète maudit, on va essayer de faire un peu de place à l'esprit cartésien.

Genma mon panda préféré qui devrait se faire du souci de réaliser que son arrivée dans la quarantaine pourrait faire penser à d'autres plus aigris, écrit qu'à un moment donné tu peux pas être partout à la fois, et que les réseaux sociaux c'est chronophage donc il va falloir faire un choix, il pourrait donc quitter twitter. Si vous prenez le libriste blogueur de base, si vous évitez le club que je qualifierai désormais des paysans, le type est présent sur l'ensemble des réseaux sociaux car n'oubliez pas que ça fait venir du monde, est sur framasphère, faut avoir sa carte du parti, possède un blog où il n'écrit plus parce que ça prend du temps et demande un effort, est présent sur twitter quand même parce que ça bouge, possède un shaarli, se voit assurer un jour sa reconversion dans Youtube pour se crêper le chignon et faire des swaps avec ses copines. Comme le font donc remarquer Genma ou Agnès Maillard que j'ai citée, on se disperse, on finit donc par faire des choix et on finit par virer des trucs, c'est le concept de vieillir. Si notre blogueur libriste se rend compte qu'il peut délester sa veille de gauchiste dans Mastodon, qu'il retrouve exactement les mêmes personnes que sur diaspora* dans Mastodon, et même des personnes en plus qui n'avaient pas cru en diaspora*, et bien il partira le coeur léger vers Mastodon en délaissant ces deux outils et quelques autres. Il ne faut pas se leurrer, le réseau social libre qui était le plus connu, a eu énormément de mal à se faire connaître, à exister, je ne vois pas de place pour deux réseaux sociaux libres.

Sur le papier on a donc un meilleur réseau qui tue les autres outils. En tant que technophile, que type logique, je dis que c'est normal, c'est normal qu'à terme le meilleur outil finisse par l'emporter. En tant qu'être humain, de se dire qu'à aucun moment les gens qui se sont investis dans Mastodon, n'ont fait le choix d'aider un projet comme GNU SOCIAL ou diaspora*, ça me gêne. Je crois que désormais il faudrait réellement enterrer l'appellation logiciel libre car elle n'a plus de sens ou plus personne ne comprend, ou ne veut appliquer ce qu'elle représente. Les forks, les mésententes, la concurrence, le logiciel libre qui devait être avant tout fraternité se résume désormais à un Dallas encore plus impitoyable où c'est le meilleur projet qui emporte les dons, où la main tendue c'est plutôt la gifle dans la face de l'autre. Que dire des utilisateurs qui se comportent comme des possesseurs de l'iphone 6 et qui se ruent pour acheter l'iphone 7, on a l'impression que tenir le cap ce n'est pas possible, mais c'est pas grave, c'est leur problème.

Je serai donc le paysan, du peuple travailleur, du billet qui dépasse les mille mots, qui ne sera pas sur les réseaux sociaux. Je continuerai donc d'écrire à la sueur de mon clavier mes opinions loin de ces nouveaux Eldorado du libre où je me permets de rappeler aux gens qui s'inscrivent par milliers sur l'instance d'un autre, qu'ils ne sont pas plus libres que s'ils étaient sur Twitter, mais comme on ne comprend plus rien au libre, et bien tant pis, ils se rappelleront vaguement que ce n'est pas Twitter, et que c'est ici le principal, parce que Twitter c'est pas bien, sans s'interroger non plus sur la responsabilité, sur les frais engagés par celui qui a une instance de 100.000 personnes, mais bon comme on ne comprend plus rien au libre, à quoi bon s'interroger puisque c'est gratuit et qu'on a bien compris qu'on n'était pas le produit.

Je reconnais que mon raisonnement est limité, avec la baisse drastique des commentaires et ça ne va pas aller en s'arrangeant, je continue de faire le choix de me couper du monde. Et puis, je regarde le monde, ce monde qui cherche à s'affranchir des intermédiaires, ce monde où on veut faire pousser ses tomates, ce monde où se voit revenir à une époque où c'était mieux avant, un monde plus solidaire, un monde où tu partages, un monde où le paysan c'est presque le roi du pétrole, dans la tête, pas dans les poches bien sûr.

Dans quelques temps, ils verront qu'ils se sont usés dans les intermédiaires que sont les réseaux sociaux, qu'ils ont usé leurs doigts dans les écrits des autres, et qu'à la sortie ils n'ont pas cultivé grand chose dans leur propre jardin, ils reviendront, vous verrez les blogs rouvrir par centaines et viendront dans mes commentaires si je ne les ai pas fermés venir ramper pour dire que j'avais raison de tenir le cap !

Note de la rédaction :

  1. Il se pourrait qu'une part de n'importe quoi se soit glissé dans cet article, ne vous sentez pas obligé de diffuser cet article, ça m'ennuierait de participer à engraisser vos réseaux sociaux quand vous faites crever mes commentaires. Je crois d'ailleurs que je vais regarder comment bloquer des lecteurs qui viendraient des réseaux, que les gens retournent à l'agrégateur RSS.
  2. Je félicite le paysan Taneleo avec qui je suis rarement d'accord, bon je ne vais pas lui jeter la pierre non plus, mais qui montre son intérêt pour le plaisir de bloguer sans rien attendre en retour, même pas les commentaires qu'il vient de fermer. 
  3. Je reste convaincu qu'il faut créer une association de blogueurs indépendants, un lieu commun qui manque et qui aurait pu être par exemple le planet-libre s'il ne souffrait pas de la vétusté de l'outil, de l'absence de forum ou de tout ce qui aurait pu ressembler à une ébauche de mutualisation. J'évoquais dernièrement l'idée de la réunion des commentaires, au moins pour certains blogs, un peu comme la coopérative où l'on vend ensemble une fois par semaine avec ses collègues les bons légumes frais. Comme je n'ai pas les compétences techniques et je pense qu'il y a un outil à construire ou peut être quelque chose que je ne maîtrise pas, je ne serai certainement pas l'artisan de cette réunification. Si par contre quelqu'un se lance dans l'idée de fédérer un peu ce qui se ressemble sur la toile d'une façon simple où chacun ne vend pas son âme, je serai en première ligne, la ligne la fleur au fusil, la baïonnette à la main.
  4. la liberté c'est avant tout de faire ce qu'on veut tant que ça ne fait de mal à personne, à part tuer un réseau social ou deux, une production, du texte, du partage, s'inscrire sur Mastodon n'est certainement pas une mauvaise chose si vous y trouvez votre compte.
  5. j'aime beaucoup cette présentation de conclusion avec des notes de l'auteur, je devrais le faire plus souvent ou pas.

Fils de France

vendredi 28 avril 2017 à 08:00

A la maison on essaie de parler politique sans dire il faut voter ça. On essaie d'expliquer qui globalement représente qui, les idées et surtout le passé. Ce que je veux dire c'est que l'extrême droite ça veut quand même dire quelque chose, que l'extrême gauche ça veut dire quelque chose et que lorsque j'explique à mes enfants qui voteront dans un peu plus de 3 ans pour l'un, un peu moins de 5 ans pour l'autre qui est Staline, Hitler, ce qu'aurait dû être le communisme à la base et comment ça a fini, d'une part ils ont l'air de s'en foutre complètement, d'autre part tous ces grands noms de l'histoire leur sont totalement inconnus.

Quand j'étais plus jeune, on regardait le journal télé à table. Je pense que ça évitait d'échanger, mais c'était aussi une volonté de mon père qu'on soit toujours au courant de l'actualité, de ce qui se passe dans le monde. A cette époque d'ailleurs, ce n'était pas BFM TV mais le choix entre TF1 et Antenne 2. Au lycée nous étions tous "politisés", disons qu'on avait tous une opinion, et curieusement j'ai l'impression qu'on avait fait des cours d'histoire. Je pense qu'il est en effet difficile de comprendre le monde qui nous entoure sans connaître un peu les références du passé et notamment quand les candidats aux élections sont des gens qui sont relativement âgés et qui possèdent une certaine culture. Cet article, "On ment aux élèves sur leur niveau réel", beaucoup d'enseignants retrouveront leur public. Morceau choisi :

Aujourd'hui une majorité d'élèves, un bac en poche, est-elle capable de rédiger deux pages dans un français correct ? A-t-elle une maîtrise convenable, ne serait-ce que d'une seule langue vivante ? A-t-elle une culture historique et scientifique minimale ? Beaucoup d'enquêtes sérieuses démontrent que ce n'est pas le cas

Le niveau baisse ce qui est une inquiétude, pour s'adapter à ce niveau on baisse les exigences, si bien qu'il y a de bonnes chances pour que demain le gars qui vous opère soit moins bon que celui qui aurait pu vous opérer sauf si c'est un robot bien sûr.

On a donc un électorat futur qui a moins d'outils intellectuels, l'histoire, l'actualité et un public qui s'intéresse de moins en moins à la politique. On pourrait dire que les affaires, les successions de politiciens qui n'ont rien fait avancer sont autant de critères qui font que pour une élection présidentielle on a plus de 20 % d'abstentionnistes, pas si sûr. Pour être blasé, il faut être au courant, mais comme on s'en fout, on peut difficilement être au courant.

Que s'est-il donc passé en plus de 20 ans ? La multiplication des canaux de communication, des loisirs a tout tué. C'est une fois de plus la problématique du gavage et la capacité de l'humain à pouvoir ingérer. A mon époque, trois chaînes de télé, on avait tendance à lire parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire. J'ai souvenir que les vacances d'été je les ai souvent trouvées longues, la télévision c'était le tour de France d'un côté, du sport de l'autre, on n'avait pas grand chose à la télé, les ordinateurs n'étaient pas arrivés, pas d'internet, alors on lisait, on sortait, on échangeait. Aujourd'hui, tu trouves à peine le temps de mettre à jour ton profil facebook car il y a cinquante trucs nouveaux qui sont sortis, les entreprises poussent à une consommation effrénée, au nouveau, à la prise de décision rapide, l'entreprise ne laisse pas le temps de penser. Les jeunes doivent donc faire des choix, comme les adultes d'ailleurs, les jeunes font le choix d'aller à l'essentiel c'est à dire s'affranchir du pénible pour ne garder que le ludique. Entre regarder Cyprien qui parle des pokémons et prendre le temps de s'intéresser à un sujet d'actualité, le choix est fait.

La campagne de cette année a été particulière, dans le sens où la multiplication des candidats, les affaires, de nombreux éléments ont chamboulé ce qu'on connaît. Il n'en reste pas moins une campagne pour le moins traditionnelle mais où l'on se rend compte que les programmes n'étaient pas la priorité, les petites phrases, beaucoup plus. Le jeune de demain, cet électeur, élevé à la couleur, au bling bling, attiré comme une pie par tout ce qui brille se laissera influencer uniquement sur des aspects visuels, sur des rumeurs, sans véritable compréhension du monde qui l'entoure.

Ce n'est pas ici l'échec de la démocratie que nous voyons mais la défaite de l'éducation d'une part et la victoire du capitalisme sauvage de l'autre. Une victoire provisoire, le problème de la connerie c'est qu'elle demande de la surenchère, un de ces quatre on aura un fou au pouvoir parce que son clip de campagne ressemblait à celui d'un clip de RAP, il n'y aura plus personne pour faire du profit quand la terre sera ramenée à l'état d'un cratère. Il suffit d'ailleurs de regarder du côté de la mer du Japon pour se dire qu'on n'aura même pas besoin d'attendre que ça se produise en France pour creuser nos tombes.

Beauté cachée

jeudi 27 avril 2017 à 21:14

Ah il est beau ce film, et c'est peu de le dire, c'est le film taillé pour les oscars avec du pathos à tous les étages mais c'est pas grave. Will Smith vient de perdre sa gamine de six ans, la maladie, il n'est plus le même homme. Il poste à la mort, l'amour et le temps, une lettre d'insulte. Ses associés qui commencent à flipper sur l'avenir de la boîte qui se porte mal voit uniquement le salut dans la vente de la société. L'un des collaborateur de Will Smith a une idée pour le moins saugrenue mais qui pourrait marcher, recruter trois acteurs jouant la mort, l'amour et le temps pour rendre dingo Will Smith, le faire passer pour irresponsable et vendre les parts de la société. Très joli film, la larme à l'oeil garantie à la fin.

Bruxelles Métropole

jeudi 27 avril 2017 à 20:57

Une jeune femme danseuse à Londres à la fin du XIX°, c'est un détail qui a son importance, revient à Bruxelles pour revoir sa famille où l'attend un terrrrrrrrrible drame. Son frère est accusé d'avoir assassiné sa femme, une femme qu'il aimait à la folie, et il n'est pas le seul à le dire d'ailleurs. Notre jeune femme belle et rebelle, va mener l'enquête, tomber amoureuse et résoudre cette terrible énigme. Il s'agit d'une bande dessinée de quatre tomes, le premier diptyque pose donc les bases de notre personnage qui par magie va devenir enquêtrice officiel de la police belge dans le second dyptique. L'aspect un peu ridicule de cette réorientation professionnelle me fait penser à ma fille plus jeune qui voulait devenir policière coiffeuse, capturer les méchants pour mieux les coiffer. Passons donc cette liberté scénaristique pour se concentrer sur ce qui reste : un dessin pas transcendant, une histoire pas vraiment passionnante, pour une ensemble assez dispensable.

Assassin's Creed

jeudi 27 avril 2017 à 09:30

Bon on va pas se mentir et comme on pouvait s'en douter le film est un navet, pour ceux qui n'ont pas fait les jeux, je vais quand même faire un peu le pitch. A notre époque on a fait une machine qui s'appelle l'animus qui permet de faire remonter aux individus l'échelle de leur patrimoine génétique et revivre donc la vie de leurs ancêtres. Il y a un but à tout cela, retrouver un objet qui permettrait de supprimer le libre arbitre, une pomme, oh oh le symbole, qui est l'enjeu d'une lutte sans merci entre les templiers et les assassins. Il se trouve que c'est l'ancêtre de Michael Fassbender qui aurait planqué la pomme et c'est donc ce même Michael Fassbender qu'on force à aller dans l'animus. C'est mauvais parce que c'est flou, ça manque de rythme et je pense que si on n'a pas fait le premier jeu au moins, on risque de passer complètement à côté du film ce qui en soit n'est pas forcément une fatalité. Que peut-on dire de plus ? C'est bien foutu techniquement, mais ce manque de rythme, cette parlote omniprésente pèse même sur l'action si bien que le seul sentiment qui ressort c'est l'ennui.