PROJET AUTOBLOG


Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

⇐ retour index

Jelly : un smartphone lilliputien à contre-courant des phablets

jeudi 4 mai 2017 à 22:19

Je ne sais pas trop à quoi ça sert, parce que le responsive design a quand même franchement ses limites, mais en tout cas le projet a l'air d'emballer du monde puisque la campagne kick starter est déjà atteinte. A une époque, j'aurai pu être intéressé par du 3.5 parce que je trouvais que 5 pouces dans un short ce n'est pas terrible. Aujourd'hui j'aurai plutôt tendance à regarder du 6 pouces parce que finalement si j'ai du 4 pouces dans la poche, autant avoir du 6 et tant pis pour le short, j'en prends en jean, et quand je suis pas en short en jean, le téléphone est dans un sac.

source

Passengers

jeudi 4 mai 2017 à 18:34

C'est l'histoire d'un gars qui part sur une autre planète pour repartir de zéro. 120 ans de voyage quand même c'est pas rien, et malheureusement la faute à pas de chance, il se réveille au bout de trente ans, seul, tout seul. Et là c'est cinématographiquement le drame, parce qu'on ne peut s'empêcher de penser à tous les films où t'as le gars qui se retrouve tout seul, Will Smith le dernier gars sur terre avec les vampires ou dernièrement seul sur Mars. Le type profite en effet de la station pour faire le foufou, pense à se suicider bien sûr mais voit Jennifer Lawrence dans son caisson et il va commettre l'irréparable, la réveiller bien sûr. On va pas trop spoiler mais les gens qui ont déjà vu ce genre de films, ce genre d'intrigue n'auront pas beaucoup de mal à imaginer la suite. Un excellent film qui reste quand même très très très très très classique mais qui est bien fait, alors on se laisse prendre au jeu.

Elève 0, prof 0, éducation on ose même plus noter

jeudi 4 mai 2017 à 08:00

Vendredi dernier parce que c'est vendredi, nous avons tapé 7 heures d'oraux de troisième, j'en ai fait 6. Je suis allé me faire une pause en seconde pour mettre une évaluation. Nous avons donc fait un oral blanc sur les EPI. EPI ou Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, mais pas seulement puisqu'on a aussi les parcours. Bon tu es parent d'un troisième, d'un futur troisième, tu es un troisième toi même et tu regrettes de ne pas m'avoir en troisième, et tu rêves de comprendre ce qui risquerait de disparaître dès l'année prochaine, l'oral du DNB qui remplace l'histoire des arts.

On va essayer d'élaguer :

On a donc un oral qui est plutôt pas mal ou disons potentiellement plus intéressant pour la majorité des élèves qui ont d'une part le choix et qui d'autre part ne vous feront pas le plan, Picasso c'était moche et il est mort. Comprenez que le gamin il peut vraiment défendre un truc qu'il a vécu, avec notamment dans nos établissements de la matière, à savoir que je n'ai cité que quelques exemples, il y en a à la pelle. Quelques moments vécus dans la journée de vendredi.

Un gamin nous choisit le cinéma, pourquoi pas, il choisit les films de guerre et nous donne le pont de la rivière Kwaï, et le film Fury. Pour les deux films il nous a donné l'intégralité de la distribution. Nombreux sont ceux qui ont choisi la drogue, l'alcool, la malbouffe et se sont contentés de nous lire l'intégralité de Wikipedia. Un gamin s'est fait violence avec un diaporama, il devait y avoir sept fautes d'orthographe par mot de trois lettres, j'avais les yeux en sang, ma collègue de français à côté m'a empêché de me pendre, c'était moins une.

Il faut distinguer ici deux types d'élèves. Le gamin qui a fait le cinéma, ça lui paraissait normal de nous citer la distribution, d'autres c'était normal de nous citer Wikipedia, ce sont des élèves qui ont travaillé mais qui ne vivent pas dans le monde que nous, ils ne savent tout simplement pas ce qui est bon à mettre ou pas bon à mettre, ils ne savent pas faire le tri des informations. De l'autre côté, des fumistes, les gars qui sont allés prendre Wikipedia et qui vous lisent ça car ils imaginent que ça va passer.

Que les élèves ne soient pas bon, c'est une chose, j'ai passé trois heures d'explication dans ma journée de lundi pour expliquer ce qu'on attendait, des collègues sont passés derrière, ça ne passe pas. Ce qui est important c'est que ce public nous voit faire nos cours au quotidien, nous voit utiliser de millions d'artifices, être surtout synthétiques, ne pas surcharger de détails inutiles, ne pas être chiant tout simplement et ils vont nous lire Wikipedia en écorchant un mot sur deux dans un texte qu'ils ne comprennent qu'à moitié. Souvenez vous de la grande phrase de mon inspectrice, ce n'est pas parce qu'on est souvent malade qu'on peut être médecin, ce n'est pas parce qu'on a passé des années sur les bancs de l'école qu'on peut enseigner.

Moi, je vois des gens qui se font suer à faire des classes inversées, à tenter l'originalité, j'essaie moi même de faire des choses vivantes, claires, d'alterner les méthodes, et lui l'élève il vous débite Wikipedia. La sensation que ça m'inspire c'est d'avoir des gens qui vont bouffer dans un restaurant cinq étoiles, un restaurant de grande classe qu'on appellera chez le professeur, des gens qui vont sortir scandalisés pour vous mettre une étoile dans tripadvisor et lorsque vous mangez chez ces gens c'est du pâté, du saucisson, même pas, c'est du gras enrobé de gras. C'est à s'interroger sur l'utilité de faire dans l'originalité, car pour eux délivrer l'information, c'est lire Wikipedia.

C'est quand même percutant. Pas de volonté de s'interroger sur ce qu'on attend de lui, le jeune ose tout, c'est certainement à ça qu'on le reconnaît. Allez d'accord, admettons, même si je peux avoir la sensation que c'est intéressant, on va admettre que c'est pas bien, que les EPI, que les parcours, c'est pas bien. Mes élèves ont un profil professionnel, ils sont quelques uns à partir en apprentissage l'an prochain et la très grande majorité sera en CAP ou en BAC PRO. Le travail, ça devrait leur faire écho, parler de ce qu'ils ont vécu, ça devrait faire écho. Du fait d'avoir le brevet blanc au milieu, on a laissé un mois pour le rapport de stage. Ici encore des rapports bâclés, des rapports non rendus.

Il y a des moments dans le métier où tu peux douter, je ne doute pas, je sais. Je sais qu'il va falloir tout changer, qu'il va falloir tout refaire, qu'il faudra faire différemment mais peut être pas dans l'approche pédagogique, dans la sévérité. Voyez, je vais encore me battre avec les élèves en laissant un délai, j'ai renvoyé des mails, je vais appeler les parents pour mobiliser. A compter de l'an prochain puisque désormais il est trop tard, difficile de changer de dispositif, ce sera 0 de façon systématique sans me casser la tête pour devoir non rendu. A force d'indulgence, les élèves ont assimilé finalement que nous étions des gens gentils, patients, des gens qui laissaient le droit à l'erreur, si bien que ne pas rendre un travail avec un délai de un mois ou lire Wikipedia quand on avait plus de trois semaines pour préparer un travail c'est normal et que de toute façon le monde adulte qui est gentil trouvera bien une solution pour que ça s'arrange. Le problème c'est que le patron, lui, n'aura pas cette indulgence, n'ira pas arrondir les angles.

Il faut de la bienveillance dans le monde enseignant, c'est une évidence, il faut expliquer à un enfant que si ça ne le passionne pas d'entendre une distribution alors ça ne passionnera pas les autres. En outre il faut désormais en finir avec le laxisme, la paresse, en finir avec ces attentes qui ne viennent pas et passer à la sanction de façon systématique. Le risque bien sûr et c'est certainement pour cela que nous en sommes là, c'est que l'enfant voyant que la situation est tellement mal engagée baisse totalement les bras, tombe dans l'échec scolaire complet et que ce soit la catastrophe. C'est à ce moment là qu'il faut proposer autre chose, un autre chose qui se doit d'être de la récupération avec du travail, un autre chose qui passe obligatoirement par la présence de l'autorité parentale. Lorsqu'on réalise que ceux qui n'ont pas donné le rapport sont les mêmes qui sont en retard, dont le travail n'est jamais fait, c'est que nous sommes face à un dysfonctionnement familial. Si la famille a été avertie maintes fois, et qu'il n'y a aucun progrès, ce n'est pas l'enfant qui est à blâmer mais les parents qui pour une raison ou pour une autre ne mettent pas assez le nez dans les affaires de leurs enfants.

On est mal barré. Notre rôle d'adulte qui comprend certaines choses que ces enfants ne comprennent pas, des évidences la plupart du temps, il va falloir que nous mettions les bouchées doubles pour accompagner cette génération qui va diriger le monde demain, parce que je peux vous dire une chose, ils sont loin, mais genre à des années lumières.

Père Fils Thérapie !

mercredi 3 mai 2017 à 20:49

Richard Berry et Waly Dia sont pères et fils, rien ne les rapproche à part leur métier, ils sont policiers. Berry super policier qui raconte cent fois la même histoire, son fils écrasé par la présence du père super policier, manque de confiance en lui. Alors qu'ils bossent dans la même équipe, ils ne se supportent plus, chacun part de son côté. Et pourtant une mission leur est imposée, ils vont devoir faire un séminaire père fils dans lequel participe Jacques Gamblin et son propre fils, un avocat qui bosse pour un mafieux et qui pourrait faire tomber tout un réseau si on lui assurait la protection. Comédie sympathique sur les clichés entre les hommes de tout âge, pas du grand cinéma mais un moment de distraction quand même.

Robots : les propos alarmants de la Banque mondiale sur l'emploi

mercredi 3 mai 2017 à 17:56

Bien évidemment cette annonce est dédiée à Cascador, que nous nommons déjà dans les couloirs secrets de l'internet, le maître du progrès ou plus familièrement le progrès c'est trop bien. Alors effectivement quand on voit le contexte actuel en France, ma phrase va prêter à sourire mais il faut quand même le dire, il y a de bonnes chances pour que le politique soit le défenseur de certaines de nos garanties, le gars qui devra dire non, le gars qui se lèvera. Si pendant des années le progrès a pu être synonyme de mieux vivre, le progrès ça commence à faire désormais franchement peur, avec Facebook qui attend que tu sois au fond du trou pour te proposer des anti-dépresseurs, l'ubérisation de la société, la robotisation, il faudra qu'à un moment on explique que ce sont les hommes qui décident et pas les entreprises. Bon c'est sûr que ce n'est certainement pas la génération actuelle qui va sauver le monde bien trop occupée à essayer de s'en mettre plein les poches mais il faudra garder espoir que demain ce sera mieux.

source