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Le Blog de Cyrille BORNE

Site original : Le Blog de Cyrille BORNE

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Allez vous faire former

samedi 7 novembre 2020 à 12:24

Je n’ai pas écrit de la semaine, à part un article sur Mortal Shell, la semaine a été comme vous pouvez vous en douter chargée. Je suis fatigué, mais c’est une normalité. À 17h30 il fait nuit, il y a des loups, on n’avait pas bossé pendant deux semaines, j’ai corrigé cent devoirs maison et contrôles, le rehaussement du protocole sanitaire contribue à rajouter de la fatigue. Forcément on a nos élèves qui sortent de deux semaines à ne rien faire, qui veulent se faire confiner, et il est nécessaire de tout reprendre à zéro.

Il faut savoir aujourd’hui que les gosses ne retiennent rien, et ça va aussi pour certaines habitudes. Alors qu’on accumule les centaines de morts par jour, mon CPE a mis trois jours à des gosses qui étaient les unes sur les autres. Nous avions fait preuve d’indulgence, mais maintenant c’est terminé, des gosses de six ans sont capables de respecter les gestes barrières et de porter le masque à la journée quand on est obligé de reprendre nos adolescents. Ce qui d’ailleurs rajoute à la fatigue et à la tension. Donc rappeler les gestes barrières, rappeler qu’il faut bosser, avoir ses affaires, le bout du monde.

Vous avez certainement vu ces images

Il s’agit d’un couloir d’un bahut comme un autre qui traduit une partie de ce qui est vécu dans les établissements scolaires. Ce n’est pas le cas pour ma fille qui est dans un petit établissement agricole, ce n’est pas le cas chez moi, c’est le cas chez mon fils qui est dans une usine de 2500 élèves. Alors forcément ça choque, ça indigne et c’est d’autant plus normal qu’on demande aux gens de rester chez eux pour limiter la propagation du virus. Si bien sûr on rajoute à ça que ces idiots quand ils ont passé la porte de l’établissement retirent les masques, se font la bise, des poignées de main, s’entassent à trente pour manger et j’en passe, on se dit que la fessée devrait devenir obligatoire.

Alors bien sûr vous me direz que lorsqu’on voit le monde sur les routes, lorsqu’on voit les adultes à la sortie de l’école sans masque qui tapent la discute ou encore ce samedi matin au moment où je vous écris ces lignes et que je reviens de mes courses des tonnes de vieux qui n’ont que ça à faire de venir un samedi matin avec un masque sur le menton, nos jeunes ne sont que le reflet de la société. C’est sûr, mais ça ne justifie pas les comportements débiles. Forcément Jean-Michel est forcé de réagir, encore plus quand on a des infos du type 1000 gosses ont choppé la chtouille dans une journée. Les chiffres d’ailleurs sont plus ou moins intéressants, et c’est d’ailleurs assez catastrophique en 2020 le peu de précision ou tout simplement les erreurs de comptage chez nous ou nos voisins européens. Je trouve catastrophique par exemple de ne pas avoir de séparation des contaminations entre l’école, le collège et le lycée, une précision fondamentale pour essayer de savoir qui doit fermer avant qu’on ferme tout parce qu’on va finir par y arriver. On va tout de même garder ce chiffre de « 3528 élèves et 1165 personnels » donné dans l’article des 1000 gosses et la chtouille cité plus haut. C’est peu face aux nombres d’élèves en contact, il est impossible de savoir si la contamination a eu lieu à l’école ou à la maison, c’est par contre inquiétant de voir un ratio de un adulte contaminé pour trois enfants. Soit les enfants sont asymptomatiques, soit les enfants sont de sacrés vecteurs de chtouille. On sent tout de même que la précision du traçage, de la compréhension des mécanismes nous échappent totalement.

Jean-Michel pour répondre à la grogne, propose donc aux établissements sans l’imposer de commencer à aménager. Pour l’instant rien chez moi, rien chez ma fille parce qu’on n’est pas vraiment à l’étroit, chez mon fils l’aménagement commence à tomber et il est particulièrement révélateur. Son établissement, l’usine à 2500 gosses accueille des élèves de lycée professionnel et de lycée général. Au lycée pro, les enfants seront présents tous les jours quand pour les autres classes on est en alternance entre présentiel et distanciel. L’explication est assez simple, quand Jean-Michel le bien aimé avait déclaré de façon très drôle que le décrochage scolaire ne concernait que 4% des enfants, nous avons tous constaté que c’était plutôt de l’ordre de 80% qui étaient en « difficulté ». Ça va des gosses qui n’ont rien fait, ceux qui sont sortis complètement des radars à ceux qui ont bâclé le travail en moins de cinq minutes par jour. Dans 80% des cas on se retrouve avec des élèves qui sont complètement à la ramasse et pour qui un second confinement serait fatal. Alors qu’on annonce que les morts de la COVID se ramassent à la pelle, que les français roulent trois fois plus que dans l’ancien confinement, Jean-Michel n’a pas cité le collège pour du demi distanciel, présentiel car tout simplement tout le monde a conscience que se joue bien sûr une catastrophe sanitaire mais aussi une catastrophe sociale et scolaire.

En classe, je faisais un peu de fonction et j’avais placé des valeurs au tableau qui correspondaient à la racine carrée. Bien évidemment aucun élève n’a sur voir le lien entre 0 et 0, 1 et 1, 4 et 2, 9 et 3, et j’ai donc dit qu’on le voyait en quatrième quand on fait le théorème de Pythagore. Dans une classe, ce sont mes deux redoublantes de troisième qui l’ont sorti sous la menace, aucun des élèves présents dans la pièce, issus de différents collèges dont le mien ne savait ce qu’était le théorème de Pythagore. Comme évoqué plus haut, les enfants n’imprègnent absolument plus rien, mon collègue de maths l’avait traité l’an dernier durant le déconfinement pour les quelques élèves qui étaient de retour à l’école. Forcément si on est reconfiné et on va y arriver je le pense de plus en plus, nous avons là une génération perdue qui s’en contrefout d’être une génération perdue pour l’école tant que SNAP fonctionne.

Alors forcément quand on commence à voir tout ça, on se dit que ça commence franchement à puer. Je rajouterai à cela que les syndicats ne manqueront certainement pas et pour une fois à raison de montrer que mine de rien on n’est pas encore remplaçable par des IA, qu’on a des payes pas formidables même si on ne va pas se plaindre et que plus fort que la caissière de chez Leclerc qui n’a pas besoin de gueuler douze fois sur le même client pour le port du masque notre prise de risque actuelle est maximale. C’est un peu mesquin mais c’est certainement le moment de demander de l’argent, des revalorisations du métier, parce que je crois que personne en France n’a envie de revivre confiné avec son enfant.

Il y a quelques semaines mon institut de formation m’avait contacté pour me demander de faire formateur à Annecy sur l’utilisation des classes virtuelles. Vous vous doutez bien que j’ai refusé, taper de la bagnole pour aller former d’autres profs que les miens dans un endroit où il fait une température négative, c’est hors de question. Dernièrement un établissement voisin vient de me contacter pour savoir quelle stratégie nous avions mis en place pour les classes virtuelles. Je pourrais bien sûr me sentir flatté mais finalement pas du tout.

Je commence à en avoir marre de l’enseignant à deux vitesses, quelques explications. Cyrille BORNE roi du monde, Cyrille BORNE maîtrise les outils informatiques, Cyrille BORNE sait faire des vidéos sur Youtube, Cyrille BORNE sait tout faire. Mais seulement Cyrille BORNE est payé par rapport à son échelon de la même manière que l’enseignant qui ne sait rien faire. Et c’est ce qui me pose le plus de problème. Ce matin, je vais sur le Yammer national et je vois que le formateur informatique en chef a rajouté une nouvelle fonctionnalité dans le Onedrive, celle qui consiste à déposer des fichiers dans le Onedrive de quelqu’un. Concrètement, je suis prof, je fais un dossier qui s’appelle DM de maths, je fais un lien de dépôt et pas de téléchargement, j’envoie ça à l’ensemble de mes élèves par SCOLINFO, ils ont une interface de dépôt pas très responsive mais qui est très intuitive quand même. Pour les libristes ça ressemble à jirafeau.

Les écrans précédents sont ceux que je viens d’envoyer à mes collègues et à ceux de mon établissement précédent. L’avantage par rapport au dépôt de devoir de SCOLINFO c’est le fait que le gamin peut mettre autant de fichiers qu’il veut sans limite de taille, que ça arrive directement chez vous dans le dossier de votre choix. C’est facile à mettre en œuvre et pour le prof et pour l’élève même si ça rentre en concurrence avec Teams pour le devoir, je trouve que c’est plus facile à faire.

J’ai rajouté les écrans parce que c’est bon pour la culture collective mais ce qui est intéressant c’est la démarche.

Cette démarche tout le monde est capable de la faire, ce partage d’infos, de méthode, sauf que de façon collective je suis le seul ou presque à le faire. Ma collègue de maths m’envoie des infos dès qu’elle les a, mais personne n’ose ou ne fait de façon collective à part bibi qui blogue publiquement. Bien sûr, alors que je la joue collective, je ne gagnerai pas un centime de plus. Et c’est certainement ici le fond du problème, tout travail mérite salaire, sauf que dans l’enseignement, c’est votre ancienneté qui mérite salaire.

À une époque pas si lointaine, j’aurais jugé qu’il était important de le faire parce que nous sommes tous dans la même galère, qu’il y a les enfants derrière et que les enfants c’est important. Les enfants s’en foutent, ils s’en foutent à vous écœurer, c’est d’ailleurs l’année du durcissement pour moi, j’ai l’impression d’être un programme Python, je fais de moins en moins de cas par cas, je me pose de moins en moins de questions face à un public qui ne veut plus rien faire. Il reste donc le « dans la même galère », l’union sacrée des enseignants qui n’existe pas. De façon systématique ce sont les mêmes qui bossent pour les autres, pendant que ces mêmes autres attendent de façon passive que ça tombe tout cuit.

La moralité c’est qu’alors que nous sommes au porte du confinement V2 auquel il semble désormais difficile d’échapper sauf si comme on l’annonce le pic sera atteint en milieu de semaine, personne chez mes collègues n’a investi dans du nouveau matériel, s’est formé aux visios conférences, n’a mis en place de nouvelles stratégies à part les quelques-uns comme moi qui affinent les stratégies qu’ils ont déjà mis en place pendant la V1. Passif, l’enseignant attend qu’on le forme, se plaindra que ça ne fonctionne pas, ne fera pas les efforts nécessaires pour sortir de sa zone de confort. Ce que je décris au niveau enseignant est d’ailleurs symptomatique de notre société, les catastrophes s’enchaînent, aucune adaptation sur le long terme de nos modes de vie. On vantait les mérites du local pendant le confinement V1, plus personne ne parle désormais de notre agriculture française parce qu’on sait que tout circule, que les rayons des hypers sont plein et qu’on ne va pas crever la dalle.

Dans ma profession, le confinement a montré que l’engagement ne changerait rien. Les collègues qui sont restés pépères chez eux à ne rien faire auront gagné tout autant que ceux qui se la donnent. Sur l’ensemble de la période, j’aurais gagné 150 € de plus qui ne correspondent pas à une prime, mais simplement aux heures où mes élèves auraient dû être en stage mais ne l’étaient pas. Une aumône d’ailleurs par rapport au temps réel de stage, mais c’est une autre histoire qui se rajoute aux autres. Alors bien sûr en lisant mon discours, vous allez dire qu’au lieu de me plaindre je n’ai qu’à changer de métier ou ne rien faire.

Ni l’un ni l’autre mon capitaine. D’une part, je pense aujourd’hui que je suis à ma place, c’est un métier que tout le monde ne peut pas faire. D’autre part, ne rien faire ne fait pas partie de ma nature. Je vais continuer à faire mais dans la logique actuelle, moins avec le cœur, plus procédurier, moins indulgent mais surtout plus avare si on peut appeler ça de l’avarice. Si un mail me coûte cinq minutes, c’est déjà bien assez. Si les collègues veulent apprendre, qu’ils se bougent, qu’ils aillent se faire former et qu’ils cessent de considérer que c’est de façon pyramidale que la formation doit venir. De façon quotidienne nos vies changent, les appareils, les procédures évoluent et nous n’avons d’autres choix que de nous soumettre. Lors demain la feuille d’impôt papier sera définitivement enterrée est-ce que les profs seront le dernier bastion à refuser sous prétexte qu’ils n’ont pas eu la formation ? Il faut cesser de façon urgente de considérer que tout est un dû dans notre profession, comme il faut valoriser les gens qui innovent. Alors qu’il devient de plus en plus difficile de recruter des enseignants, la crise COVID quand elle sera derrière nous accélérera le mouvement déjà initié dans l’éducation, celui de la démission des gens compétents, qui seront partis tenter leur ailleurs. Comme dans toutes les « entreprises », l’éducation devrait cesser de négliger les ressources humaines, et mettre en place des systèmes de prime pour les gens qui font avancer la cause. Face à un public qui ne donne plus envie, la culpabilité de l’enseignant va passer, il ne restera plus qu’un métier qui s’il ne trouve pas de compensation financière ou dans les conditions de travail, poussera les gens vers la sortie.

C’était mon billet révolutionnaire, lundi je serais bien sûr face à mes élèves en gueulant vingt fois par heure de respecter le port du masque et de me la donner tant que nous sommes en face à face avant fermeture provisoire et catastrophique.

Mortal Shell ou la poutre canada dry. Ça ressemble à Dark Souls mais ce n’est pas Dark Souls

vendredi 6 novembre 2020 à 22:55

On ne va pas se mentir, je peine quand même franchement à me trouver un jeu de qualité. Days Gone avait ce côté sympathique, répétitif, un jeu dont on pouvait lancer une session, tuer une horde, repartir, mais pas vraiment le grand frisson. Le grand frisson ce sont des jeux épiques, ce sont des Dark Souls, ce sont des God Of Wars, des jeux où tu es seul ton épée à la main face à des monstres de douze mètres. Le grand frisson c’est quand tu arrives au prochain de feu de camp avec une barre de vie presque à zéro, sans une potion de vie ou que tu as réussi enfin à tuer ce monstre au bout de la douzième fois. J’ai cité God Of Wars vous noterez, même si la difficulté est moindre parce que God Of Wars c’est le vrai fun, avec des scènes hallucinantes qui te décrochent la mâchoire, où tu t’y crois.

Je pense que le style Dark Souls a évidemment marqué les joueurs mais aussi les développeurs, on peut y voir d’ailleurs deux raisons : une véritable inspiration parce que le développeur est aussi gamer, se tailler une renommée dans un marché de niche mais qui fait certainement acheter les tox de mon genre. Pour preuve j’ai acheté Mortal Shell à 25 €, je n’aurais pas dû.

Une coquille vide

Avant d’expliquer un peu ce que c’est, j’aimerais revenir sur un point qui me paraît pertinent c’est la taille de l’équipe de développement. Il s’agit d’un petit studio composé de 15 personnes à peine et tout le monde s’extasie sur le travail accompli sauf qu’on s’en fout complètement. On paye un jeu à 25 balles, si un enfant de 4 ans vous dessine en forme de patate c’est gratuit, vous pouvez même lui dire que c’est très beau, votre jeu PS4 c’est 25 balles qu’il soit développé par un pelé dans sa cave ou 600 personnes la seule chose qui compte c’est que ce soit bon. La moralité c’est qu’on a quand même un jeu de pauvre, et c’est dommage car le problème n’est certainement pas où l’on pense.

Nous sommes donc dans un jeu qui est totalement pompé sur les souls, jusqu’à l’univers et quand un Surge faisait l’effort de se placer dans un univers futuriste, ici on ne fait même pas l’effort, jusqu’aux armes, aux postures, à l’univers glauque, c’est un Souls. Le scénario a bien sûr été écrit un soir de bière, on joue à une ambiance sans comprendre et ça fonctionne.

Voici votre héros, vous le voyez plus haut, il s’agit d’une espèce de fantôme ou de zombi plus ou moins décharné qui a la capacité de prendre possession de corps. On aurait pu d’ailleurs étendre le concept avec la possibilité de prendre le corps de chaque ennemi, mais ce n’est pas le cas, quatre corps sont disséminés dans la première zone du jeu, à vous de les posséder. Comme les pokemon, attrapez les tous. Bien évidemment vous pouvez inter-changer; chaque corps a sa particularité, il faut alors que j’explique quelques éléments du jeu.

c’est quand même plutôt joli

Je la refais. Vous avez donc ces quatre corps, et chaque corps a des caractéristiques propres avec quelques avantages que vous pouvez faire évoluer mais pas trop. Alors que dans Dark Souls vous pouvez partir d’un mage et en faire un guerrier, ici vos personnages imposent une tendance de jeu, pas ou peu de possibilité de faire varier les caractéristiques qui sont globalement au nombre de trois :

Pour aller à l’essentiel, avec deux personnages qui s’opposent parfaitement. J’ai joué durant tout le jeu avec le gros bourrin, une barre de vue monstrueuse mais une barre d’endurance plutôt faible. Le personnage opposé existe avec une barre de vie très courte mais une endurance très élevée. J’ai fait ce choix parce que les coups font plutôt mal, que c’est complexe de parer, j’y viendrai plus loin et qu’éviter les coups n’est pas toujours facile mais ça aussi j’y viendrai plus loin. Mon personnage de gros bourrin va avoir quelques bonus qu’on peut payer avec des lueurs que vous trouvez dans certaines caisses ou de façon aléatoire lorsque vous tuez un monstre. De l’autre côté vous allez trouver du « goudron » qui vous permettra d’acheter certains objets du jeu.

Je n’ai pas évoqué la détermination, c’est la barre qui permet de réaliser des contres en parant au bon moment. C’est assez indispensable car les contres vous permettent de regagner de la vie, bien plus que les objets que vous trouvez en chemin. Tout comme vous allez trouver quatre « shell », des enveloppes, vous aurez quatre armes dans le jeu que vous pourrez faire progresser, un peu.

L’idée pour ma part est plutôt bonne mais elle est totalement bâclée et c’est certainement l’un des principaux reproches que je ferai au jeu. Le dessin, les animations, le background, finalement toute la partie technique est particulièrement réussie, le problème c’est tout le reste, le jeu en lui-même qui n’a pas l’âme d’un Souls.

Dans un Souls, la difficulté est toujours malsaine et toujours réfléchie. D’un coup un monstre qui sort du placard, là le monstre qui vous attend juste au détour et vous ne le voyez pas, ou encore la musique terrifiante qui vous annonce un combat où vous allez vous faire piler. Il y a un vrai travail de fond, c’est du level design tout simplement. Mortal Shell n’arrive jamais à créer cette ambiance et alors qu’il a toutes les qualités techniques, il se contente de créer la difficulté par la multiplication des monstres. La construction de la map est anecdotique, la zone centrale permet d’aller à trois endroits différents dans lesquels vous allez récupérer une « glande » à ramener à un prisonnier. Lorsque vous avez tué le gardien de la glande, qui ne restera pas dans les annales des monstres, sur les trois boss, j’en ai tué deux au premier passage, vous êtes forcés de revenir sur vos pas avec un univers brumeux dans lequel les monstres ont changé et se sont multipliés. Clairement un allongement artificiel de la durée de vie. C’est donc ici un raté évident et ce n’est pas le seul.

J’ai donc évoqué les quatre enveloppes, chacune possédant ses caractéristiques propres. L’idée pour ma part est plaisante mais elle l’aurait été encore plus si on pouvait pousser chaque personnage à fond de façon à passer de l’un à l’autre selon la situation et là c’est encore le drame. Les lueurs, qui vous permettent d’augmenter les caractéristiques de votre personnage sont individuelles à chacune des enveloppes. La moralité c’est que lorsque vous avez poussé à fond pour un personnage, un personnage qui pourrait faire le ménage rapidement et trouver d’autres lueurs, vous êtes en fait obligé de repartir avec un personnage faiblard et recommencer à le monter et ce quatre fois. Le problème se fait de la même manière pour les armes à savoir qu’on ne peut en pousser que deux à fond et pas les quatre.

La moralité c’est qu’alors que le jeu aurait pu, dû faire le choix de vous pousser à prendre un personnage ou un autre, il vous laisse finalement avec le personnage que vous avez décidé de monter au début et c’est à la fin que vous vous rendez compte que c’est le mauvais calcul.

Comme je l’ai écrit plus haut, les boss ne posent aucun problème ou presque, prévisible, avec votre personnage de gros bourrins vous tapez fort et en plus vous encaissez bien. J’ai fait le choix de monter deux personnages, c’est assez simple d’ailleurs. Les objets qui contiennent des lueurs sont assez importants pour deux. Concrètement, entre les lueurs ramassées sur les morts et les lueurs trouvées dans les objets, on peut faire un upgrade de deux enveloppes à fond. Mon personnage avec la barre de vie à fond et j’ai choisi le personnage léger. Le monstre de fond est problématique à plusieurs niveaux. Un sac à PV selon l’expression consacrée, il est capable de faire des vagues qui vous font trébucher, il tape du poing pour créer des hordes de soldats qui vous maravent, et il peut, si le cœur lui en dit, récupérer des points de vie en tuant ses soldats. À cette combinaison déjà complexe se rajoute le seul problème de framerate du jeu ce qui fait que lorsqu’on a les soldats qui arrivent, votre personnage réagit moins vite et vous finissez par vous faire tuer.

La difficulté avec le paladin costaud c’est de ne pouvoir placer que trois attaques avant d’être essoufflé. S’il n’y avait que le monstre ça passerait encore, mais quand les soldats arrivent, un coup suffit pour les tuer mais vous n’avez pas le temps de frapper que vous êtes déjà débordé. J’ai essayé avec le ninja, mais la barre de vie est trop faible, vous n’avez droit qu’à deux erreurs ou c’est la mort. La moralité c’est que finalement il faut prendre l’un des deux personnages intermédiaires et monter ses caractéristiques ce qui pour ainsi dire signifie passer des heures à espérer récupérer des lueurs au sol et tuer les mêmes soldats.

Je vais donc passer mon tour, car je ne ressens pas le besoin de passer des heures sur le même boss avec des carences en lien avec un problème technique pour la baisse de framerate, une difficulté mal dosée et un système de répartition des points qui finalement pardonne peu mais qu’on découvre à la fin quand il est trop tard. Je recommencerai donc le jeu et ferai d’autres choix plutôt que de m’acharner. Et j’ai envie de dire que je le ferai avec plaisir, car malgré ses défauts qui font rager, Mortal Shell c’est quand même pas mal foutu. C’est typiquement le jeu que je regrette d’avoir acheté à 25 €, à 10 € c’est une formidable affaire. Le jeu mériterait un patch monstrueux ou certainement une suite, je pense que le but de se faire connaître en tapant dans le marché des niches des Souls a dû réussir, un second opus corrigeant les erreurs du premier sera le bienvenu. Si à quinze personnes ils ont pu faire un tel jeu, à trente on aura peut-être plus qu’une copie de Souls.

Comme un lundi

lundi 2 novembre 2020 à 21:57

J’avais expliqué que l’un des grands problèmes de l’enseignement c’était le fait qu’en vacances t’es en vacances, le monde peut donc s’effondrer autour de nous, on est en vacances. Alors forcément quand un président t’annonce que c’est confinement et que tout le monde est en vacances, eh bien c’est le foutoir le plus complet. On ne va pas se mentir, on l’attendait, on l’attendait d’ailleurs fortement puisque la presse ne cessait de le marteler, c’est donc arrivé. Il faut dire que pour nous chez les BORNEs, ça ne change pas grand-chose même si le temps avant le retour à l’école a été complexe.

l’organisation dans une famille d’enseignants.

On est donc globalement prêt comme on peut l’être et c’est parti, me voilà au volant de mon Némo, pas le poisson, la voiture. Il n’est pas huit heures, je suis en train de circuler sur la route la plus pourrie de France et je croise pas moins de dix voitures. La circulation commence à s’accumuler du côté de Sérignan, lorsque je m’engage sur la route, l’entrée de Béziers est saturée, comme d’habitude … L’autoroute est bien pleine. On arrive à l’établissement et on est globalement tous dépités. Pas la reprise, pas nos élèves, pas le nouveau protocole sanitaire contraignant, mais le fait de voir que les gens sont tous dehors au lieu d’être confinés. J’ai pu l’observer en fin de semaine, la plage était bondée, ma mère me disait qu’au jardin de la fontaine à Nîmes, un grand parc, les gens faisaient des pique-niques.

On sent que le confinement V2 est effectivement différent du confinement V1, et pas parce que les écoles sont ouvertes. La fronde organisée par les commerçants des centres, à raison, les gens qui ne respectent pas le confinement et d’autres. Le sondage qui dit que deux tiers des gens sont pour le confinement contre 90% pour le premier, montre qu’il faudra bientôt avoir un mort dans sa famille pour se rendre compte qu’il devient urgent de limiter les interactions sociales. On broie donc du noir au lycée, parce qu’on se dit que des connards veulent s’acheter des chaussons chauffants chez GIFI on risque d’enterrer les nôtres ou de fermer les établissements scolaires, ce qui ferait bien les affaires de certains.

Alors qu’on avait une véritable bonne volonté pour la rentrée, une certaine joie de se retrouver, cette fois-ci chez les enfants c’est différent, certains nous demandent si on va être confinés et l’attendent. On sait que les rentrées de vacances sont toujours complexes, mais cette fois-ci ça traîne encore plus. Déjà que la situation est compliquée, le confinement des autres, le durcissement des consignes sanitaires contribuent à rajouter de la complexité à la complexité. On avance, on n’a pas le choix, on porte nos élèves comme toujours, un peu plus, l’énergie est bien présente, on est encore là et ça marche globalement pas trop mal. Étonnant qu’on nous gonfle tellement quand c’est pas si mal passé et que c’est open bar dehors.

Il est 11 heures j’ai les consignes pour rendre hommage à Samuel Paty. Je dois faire une présentation rapide, la lecture de la lettre de Jean Jaurès, la minute de silence. Il apparaît dans un premier temps que parmi mes élèves de troisième, certains ne savent pas ce qui s’est produit, d’autres ne savent pas ce que sont les caricatures. On peut se demander dans quel monde ils vivent, il faut surtout que vous compreniez que c’est mon monde, un monde où il faut tout expliquer en permanence. Alors que d’habitude j’ai de la facilité pour tout dire, la parole républicaine est compliquée à trouver, je ne suis jamais à l’aise avec les cérémonies. Alors je dis ces choses simples, je dis que quel que soit le contenu d’une opinion, d’une parole, d’une idée, qu’on soit d’accord ou pas, on tue pas un homme pour ça. J’essaie d’expliquer qu’un homme a fait son boulot, que son but c’était avant tout d’éveiller les consciences, de rendre des gosses meilleurs et qu’il a perdu la vie pour ça, et que cela ne doit pas se produire.

C’est compliqué, parce qu’ils ne comprennent pas tout, et dans notre pays où nos dirigeants ne savent pas ce qu’est un 14 ans, on choisit de lire la lettre pour les instituteurs où nos élèves ne maîtrisent pas la moitié du vocabulaire. Il a été décidé avec l’accord de notre chef d’établissement de diffuser la version d’Oxmo Puccino. J’explique un peu qui est Jaurès, et j’essaie de faire comprendre qu’il ne s’agit pas des paroles du rappeur mais d’un homme politique qui l’a écrite en 1888, un gars qui était persuadé que notre rôle c’était de rendre les jeunes meilleurs, un homme qui est mort parce qu’il voulait la paix.

Il paraît qu’on torture le zouk à la rôtissoire.

La vidéo ne dure que deux minutes trente mais elle suffit à captiver les enfants, qui feront la minute de silence dans le plus grand sérieux alors que c’est une classe du côté de l’école du rire.

Dans un contexte où l’on a le choix de mourir du terrorisme, du COVID ou dans un choc frontal avec un type qui se dépêchait d’aller chercher ses chaussons chauffants chez GIFI, on continue à faire cours, c’est certainement ici la plus grande force de l’école, des hommes et des gosses ensembles pour le meilleur et pour le pire réussissant en permanence à monter le théâtre éducatif et donner une illusion de normalité. Je n’ai pas vu un seul de mes collègues faire un commentaire sur le retour à l’école, nos jeunes sont dans un état tellement catastrophique qu’il nous paraît à tous évident d’être présent pour remplir notre fonction qui dépasse le loin l’enseignement des fonctions affines et linéaires. La véritable angoisse chez nos collègues, c’est la fermeture des coiffeurs et des produits de beauté dans les supermarchés, va-t-on voir les racines ?

Je quitte le lycée, et je rentre chez moi, je m’arrête pour faire des courses à Carrefour, face à GIFI … C’est presque le fil conducteur. Carrefour est totalement vide, je m’attendais pourtant à ce que le magasin soit plein avec des gens qui se ruent sur les produits non essentiels avant fermeture. C’est quelque part encourageant, cela signifie que s’ils ne sont pas ici, ils sont certainement chez eux. Oui le petit commerce a raison, c’est de la concurrence déloyale, néanmoins il ne faut pas être économiste pour se rendre compte que ce sera Amazon le grand gagnant de l’histoire. Bien sûr, on peut toujours expliquer que désormais tout le monde est à égalité, qu’il suffit de ne pas commander chez Amazon, qu’il suffit de commander ailleurs, de prendre sa voiture et de récupérer. Seulement quel intérêt ? Pour faire un geste citoyen bien évidemment et continuer à faire vivre nos entreprises. Malheureusement ne s’en sortiront que celles qui sont déjà grosses. J’entendais le président des commerces de France expliquer qu’il fallait pomper les GAFAM de façon à ce qu’ils financent la transformation numérique des petits commerces. Et c’est une véritable interrogation sociétale, économique sur ce que sera notre monde de demain avec ou sans COVID. J’imagine mal les commerçants monter leur boutique en ligne pour faire le fameux « click and collect » magnifique anglicisme, la langue de l’argent et de la nouveauté, réussir à créer une identité numérique ne se fait pas d’un claquement de doigt.

La COVID est une belle cochonnerie qui non seulement tue des gens, tue des économies, bouscule, accélère, sépare. Comme le président Macron l’a dit, pas évident d’avoir 20 ans en 2020, ne plus embrasser ses parents ou ses grand-parents, ne plus avoir de contact physique, un pas de plus dans cette solitude qui nous ronge déjà tellement.

Days gone la poutre mal aimée comme un zombi

vendredi 30 octobre 2020 à 07:14

Cela peut sembler étrange comme sentiment, mais j’attends le jour de mon dernier jeu. C’est un peu comme les cheveux, un jour je sais que je n’en aurais plus, ici c’est pareil, un jour je me dis, ce sera fini. Je me rends compte qu’il devient assez difficile de m’accrocher. Il me faut de l’action, il ne me faut pas trop de stress, il me faut un gameplay qui soit accessible sans avoir à maîtriser douze pages de craft, il me faut aussi un défi. Forcément ça élimine pas mal de choses et ça fait de moi un joueur de Souls. Comme j’ai pu l’écrire j’ai assez rapidement amorti mon abonnement au PS Now, et pourtant la cuvée du mois dernier me laissait présager le début de la fin. J’ai lancé une masse de jeux sans accrocher. Days gone a réussi à me scotcher pendant des heures malgré quelques défauts.

J’ai lancé Days gone, une exclusivité PS4, un jeu Sony comme God Of War ou Spiderman, le genre d’exclusivité qui sur le papier font de vous un acquéreur heureux de Playstation. Days gone s’est fait largement défoncer par la critique et je me dis qu’ils ne sont certainement pas nombreux à l’avoir fini tant le jeu apporte du contenu, tant le jeu est long, certainement trop long. Days gone est un jeu à la troisième personne dans un monde ouvert qui va globalement manger à tous les râteliers dans sa structure : Assassin’s creed pour la vue à la troisième personne, les scènes d’infiltration, Far Cry pour les missions répétitives à souhait. On mange aussi à tous les râteliers pour son histoire, principalement les films de zombis avec World War Z le film avec Brad Pitt, the Walking deads et Sons of Anarchy of Anarchy pour les bikers.

L’univers est donc classique, connu par les gens qui regardent un peu la télé ou le ciné, n’innove pas ou peu mais il est franchement bien foutu. La gestion de la météo est particulièrement réussie, il pleut, il neige, le jour ou la nuit avec des zombis qui vont avoir un comportement différent selon l’heure, cela aura un rôle primordial dans le jeu et notamment sur la façon de jouer. On traverse des zones variées qui retranscrivent très bien ce que pourrait être ce type de catastrophe. Ici des tentes avec des campeurs bouffés à l’intérieur, des maisons abandonnées, des fermes etc … L’ambiance est parfaite avec parfois de longues ballades country qui se lancent, ou une musique qui devient de plus en plus oppressante quand la situation devient tendue et elle se tend souvent.

C’est certainement ce qui fait la plus grande originalité, la notion de horde. Vous allez devoir à certains moments attaquer plusieurs centaines de mutants dans des combats pouvant durer une bonne demi-heure. Il faut savoir que le son a une action assez importante et dans les nombreuses quêtes additionnelles, vous allez devoir ouvrir des laboratoires du NERO afin de récupérer des injections qui font monter vont caractéristiques. Pour les ouvrir, vous allez devoir rallumer l’électricité et avec elle des haut-parleurs qui balancent un message d’alerte et qui rameutent les monstres. La sensation de poursuite, de se faire serrer par les monstres, de tension pour ne pas être débordé est palpable, c’est certainement l’une des plus grandes réussites du jeu, son ambiance.

On incarne Deacon St John un biker, qui vit à l’écart des différents camps qui ont pu se monter avec son camarade de toujours Booser. Deacon est un personnage aux multiples facettes, capable de tuer tout le monde sans pitié, ami fidèle, il ne veut pas devenir un leader et cherche à conserver son indépendance. Il accomplit des tâches pour les différents camps afin de pouvoir subvenir à ses besoins. Deacon est à la recherche de Sarah, son épouse, qu’il a mise dans un hélicoptère et qu’il croit pendant un temps du jeu avoir perdue pour de bon. L’avancée de l’histoire nous permettra de se rendre compte qu’elle a survécu. Et si la narration est parfaite, Deacon qui va parler à la « tombe » de Sarah, la mise en œuvre, au début en tout cas, est particulièrement laborieuse.

Le jeu essaie dans un sens de faire preuve d’une certaine forme de réalisme, et c’est donc sur certains aspects que pèse ce choix. Les armes comme les battes ou les machettes ont une usure, il faudra trouver des pièces détachées pour les réparer, comme votre moto qui peut prendre des dégâts considérables. Dans ces facteurs de survie, c’est un des principaux reproche qui a été fait au jeu, l’essence.

L’idée sur le papier n’est pas mauvaise, car elle impose de faire des arrêts réguliers dans de très nombreux endroits et de récupérer des pièces détachées pour fabriquer les très nombreux éléments du jeu. Une survie bienvenue qui vous pousse à visiter le territoire Malheureusement au départ, la mise en pratique est assez insupportable, puisque votre moto a un réservoir qui se limite à moins de deux kilomètres à parcourir. Le mémorial cité plus haut se trouve dans une extrémité de la carte et le jeu joue sur de grosses ficelles en vous imposant d’y aller au moins cinq fois. On passe donc son temps à chercher de l’essence. On essaiera alors de faire un ensemble de quêtes dans le même coin, le jeu étant plus généreux en équipement qu’en gazole, c’est tout à fait faisable.

On notera qu’il est possible d’utiliser le voyage rapide mais pas partout, avec en plus des temps de chargement qui sont assez insupportables. On va donc se « téléporter » pas trop loin du point à atteindre et encore se déplacer en moto, c’est long. Alors que dans l’ensemble c’est plutôt bien fait, le jeu n’est pas exempt de bugs et d’imperfections. Parmi eux, le système de sauvegarde automatique très binaire, à savoir que si vous avez passé trente minutes à tuer une horde et qu’il vous reste un dernier zombi qui vous tue par chance, il faut reprendre depuis le début. On notera un fonctionnement que j’ai trouvé pertinent, si vous échouez trop souvent, le jeu vous propose de considérer que vous avez accompli la phase, si bien que vous n’êtes jamais bloqué.

Il vaut mieux. Comme je viens de l’écrire, certaines parties techniques laissent à désirer, elles sont rares mais pénibles et parfois bloquantes. Vous vous retrouvez dans une grotte, vous venez d’abattre un monstre et une horde doit débarquer, sauf qu’elle n’arrive pas. Après avoir relancé trois fois la sauvegarde, sauvegarde assez éloignée, on voit dans les forums qu’il faut couper le jeu. De la même manière, vous délivrez un otage dans le jeu et il se trouve qu’une horde se déclenche pile à ce moment, vous n’avez donc pas la possibilité de réagir. Seulement comme vous avez dû vider un camp d’ennemi pour y arriver, vous devez recommencer la mission depuis le début, sauvegarde ratée oblige, et c’est long.

Même si le jeu est globalement bien fait, avec des scènes d’actions nerveuses, la recherche de réalisme gâche souvent les choses. Le système d’essence assez pénible, mais aussi la visée et le déplacement de la caméra ne sont pas terribles face à la demande, si bien que dégommer une horde complète devient souvent compliquer. L’idée c’est de trouver des passages pour ralentir la horde et jeter des grenades ou des molotov. Seulement les monstres vont très vite, la visée est laborieuse, comme le retournement de caméra, on meurt donc souvent et on recommence bien sûr le combat, très long, au début.

On a un jeu qui parfois agace mais que je trouve remarquablement bien écrit. L’obsession de Deacon pour retrouver sa femme, est parfaitement retranscrite, on aura de nombreuses cinématiques nous montrant le mariage, la rencontre et j’en passe. De la même façon, on va croiser de nombreux PNJ dans l’histoire et je trouve que l’écriture est encore très bonne, dans les relations, la psychologie ou les dialogues. On rajoutera à cela un doublage français de très bonne qualité qui contribue à rendre encore plus crédible et attachant l’ensemble. De la même manière, les méchants à la façon d’un Batman le sont devenus par nécessité, pour survivre, ou sont tout simplement devenus fous dans ce monde de peur. Ici encore c’est très bien expliqué, c’est très bien amené, c’est dur. Par exemple, dans les camps, le travail forcé est obligatoire, on sent la pression sur les gens qui sont battus s’ils ne travaillent pas. Le jeu est violent et n’épargne pas grand-chose, Deacon qui égorge des gens ou qui tue des gosses transformés en « têtards », des petits zombis qui s’éloignent peu des toits.

Les scènes d’action sont prenantes, ici encore le jeu est particulièrement généreux, de très nombreuses armes, des explosifs, des pièges, vous pouvez réellement adapter votre façon de jouer, même si on a tendance à aller à l’essentiel, le fusil mitrailleur. Trois arbres de compétences vous permettent d’augmenter vos capacités de combat au corps à corps, la visée ou encore les capacités de survie. Le développement de la moto est le bienvenu, le réservoir surtout, tout comme les armes qu’on débloque et qui sont de plus en plus puissantes. La montée en puissance est bien au rendez-vous et on regrettera qu’elle se fasse au détriment du bon sens. Les soldats ennemis que vous finissez par croiser dans la dernière des trois parties du jeu, possèdent des protections qui leur permettent d’encaisser des rafales de fusil mitrailleur sans broncher.

J’ai passé la totalité de mon temps jeu sur ce dernier durant les deux semaines de vacances, et si effectivement le jeu a quelques défauts, que la notion de « réalisme » n’est pas toujours la bienvenue, on a ici un excellent titre à la très / trop grande durée de vie et à l’histoire très prenante, un vrai film. N’écoutez donc pas les critiques et foncez. On notera d’ailleurs que les gens n’ont pas dû tant écouter, on arrive à un pourcentage de fin de plus de 30% ce qui est assez rare pour un jeu, ça signifie qu’un joueur sur trois en a vu le bout, ce qui prouve qu’il ne doit pas être si mauvais, c’est quinze pour cent.

Avec le confinement modéré pour moi puisque je vais aller bosser tous les jours, mais des weekends et des mercredis à la maison, je viens de réinstaller the Witcher 3 à qui je n’avais pas donné sa chance.

Complément 115

mercredi 28 octobre 2020 à 09:08

Retour à Openmediavault

J’avais acheté il y a quelque temps, un NAS chinois Blueendless Kimax BS-U35-WF. Il aura duré six mois. Avant de se foutre de moi, il est toujours intéressant de comprendre pourquoi j’ai jeté 50 €. À l’époque de l’achat je cherchais une solution de stockage simple, c’était le cas avec le NAS qui rencontrait quelques problèmes de finition : un DLNA pourri pour la vidéo, un souci de partage SMB. Pour ma part aucune importance puisque j’étais le seul utilisateur du NAS et que j’y accédais en utilisant SSH. Ma fille fait beaucoup de photos, instagram oblige, et lors des sorties familiales, elle en fait en pagaille, y compris des photos familiales. Il apparaît que les enfants ont des APN de qualité avec leur Xiaomi, qu’ils savent bien mieux cadrer que nous (pas difficile pour moi), si bien qu’ils font de plus en plus de photos.

La suite logique est évidente. Un accès compliqué, le besoin de le simplifier. Attention, catastrophe. Le Kimax possède un firmware OpenWrt officiel. La procédure d’installation est simple, vous réinitialisez votre NAS, vous installez directement le firmware. Il y a même un gars qui donne la description dans une vidéo Youtube.

L’installation se déroule donc sans aucun souci, et lorsqu’on retourne sur la passerelle ou par SSH on doit théoriquement faire « root » et pas de mot de passe. Sauf qu’il y a un mot de passe. Et c’est ici qu’on commence à fouiller et on tombe sur un gars qui décrit en anglois exactement le même problème que moi. Un gars passe et le prend pour un abruti, lui expliquant qu’il ne se connecte pas à OpenWrt mais à un autre appareil. C’est le genre de choses que j’adore, on a l’impression d’avoir un conseiller SFR qui vous demande de réinitialiser votre box alors que vous lui expliquez toutes les procédures complexes de power user que vous avez pu réaliser. Son sujet date de 2019, entre temps, un autre gars passe en avril 2020 pour dire qu’il a le même problème, on trouve d’autres sujets du même type où les gars demandent le password sans succès bien sûr. J’ai donc brické le NAS et par conséquent jeté 50 € à la poubelle. Ce n’est pas la peine de me faire la morale, je sais, je sais tout. Je note toutefois que c’est une image officielle du projet OpenWrt et qu’à priori ça n’a l’air de gêner personne ce qui me donnerait envie de lâcher un petit OpenWrt c’est de la merde.

Comme j’aime souvent à le rappeler, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, ou qu’importe la licence pourvu que ce soit un bon produit. J’ai fait un retour aux sources avec OpenMediavault. Si vous faites une recherche sur Openmediavault et minidlna dans Google, on trouve un tutoriel que j’ai écrit en 2018, à l’époque où j’écrivais des tutos. C’est une solution robuste, à base de Debian, qui permet de transformer un ordinateur en NAS. Je m’étais écarté de cette solution car je ne voulais plus entretenir une machine.

Mon raisonnement présente toutefois quelques limites et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, les voici : un matériel limité, pas d’évolution, peu de possibilités. Avec un retour à une tour à 6 Go dans laquelle j’ai monté un SSD pour l’OS et un disque dur de 2 To, je m’offre davantage de possibilités pour un investissement limité. Le temps de mise en service de la tour, c’est à dire récupérer le 2 To du NAS, mettre le SSD, remonter le 2 To, installer et configurer le système, c’est moins d’une heure. L’installation est moins discrète que le NAS, peu bruyante, plus énergivore bien sûr, elle ne restera toutefois pas allumée H24. À l’instar d’un syncthing qui est présent sur l’ensemble de mes appareils, on finit par oublier Openmediavault si bien sûr on ne décide pas d’installer Nextcloud et les cinquante plugins qui vont avec.

À noter qu’à l’époque pour désactiver les bips sonores particulièrement violents il fallait éditer un fichier blacklist. Désormais pour supprimer le son au départ et à l’arrivée c’est :

systemctl disable openmediavault-beep-down

systemctl disable openmediavault-beep-up

Les livres de randonnées ne sont certainement pas l’avenir de la randonnée.

Ma femme est une amoureuse des livres, c’est son côté vieux. Pour ma part et vous le savez, je me contente d’avoir mon smartphone, la variante moderne de la phrase avec le couteau et l’autre truc. Je lui ai acheté le bouquin chez les éditions Chamina : Aude, les 30 plus beaux sentiers. Ce n’est la première fois que nous utilisons ce livre et ce n’est pas la première fois que nous nous perdons. J’ai vérifié, il apparaît que le livre a été écrit en 2012 et qu’il est encore à la vente, 12,50 € quand même. C’est ici une des grandes réflexions sur le livre, le livre qui vieillit mal, et qui vieillit encore plus mal face aux systèmes de randonnées communautaires, ce sera certainement la prochaine étape quand on aura fini toutes les randonnées des bouquins. Il est à noter que le midi-libre qui est à la presse écrite ce que le journal de TF1 de treize heures est à la télé a publié des livres de randonnées à pas cher, au prix de trois euros où l’on se perd largement moins.

Exemple type. Si vous regardez la photo ci-dessous vous voyez une petite prison qui est en fait une fontaine. Dans le bouquin c’est écrit en Catalan, c’est une dame qui vivait à trente mètres qui a dû nous l’expliquer après un temps de réflexion. À ce niveau-là, j’ai envie de dire que ça tient de l’escape game. Direction Leucate qui n’est pas sans ressembler à Saint-Pierre, à la différence c’est que les chemins de randonnées vous emmènent au bord de la falaise, chez moi la falaise est plus loin. Sur la photo où vous voyez un truc qui ressemble à un playstation move ou au micro de the voice, il s’agit en fait d’un restaurant, à cinquante mètres du vide, vue magnifique en perspective et endroit insolite. Le restaurant était plein, comme les différents sentiers étaient plein, je suppose que les gens profitent de leurs derniers instants de liberté avant le reconfinement qui s’approche.

Et pour finir sur les bouquins, nous avons fini le parcours à l’aide de Google maps, l’énigme était trop difficile. Comme je le disais à mon épouse, le pourcentage de réussite d’une randonnée avec un livre Chamina se rapproche du score de Jacques Cheminade aux présidentielles. Je suis Philippe Bouvard. Pour rester toutefois sur une note plus optimiste, le livre est une façon efficace de faire découvrir de jolis endroits, j’ai regardé les équivalents avec visorando on ne passe pas dans tous les endroits insolites. Il faut donc acheter le livre pour corriger les randos par internet …

En attendant l’allocution du président

La stratégie qui viserait à un reconfinement en laissant les écoles, les collèges, les lycées ouverts, serait finalement la plus judicieuse, surtout pour moi, même si on peut s’interroger sur les lycées. En effet, je crois que si on doit qualifier de gros boulets des enfants, de façon sûre, les petits, les ados. L’autonomie au lycée est largement plus discutable mais on imagine davantage dans l’inconscient collectif qu’un gamin de 17 ans, souvent équipé, est plus à même de faire le travail tout seul et de laisser ses parents travailler.

Avec un confinement obligatoire pour « qui ne travaille pas », c’est une façon élégante de mettre les vieux à la maison. Il est trop tôt pour savoir comment les choses vont tourner, quelles seront les décisions prises, néanmoins on peut tout de même tirer quelques conclusions de ce que nous avons vécu :

Et c’est certainement ici qu’on doit se poser les bonnes questions, qu’est-ce qu’on fera, qu’est-ce qu’on ne fera pas. La première chose, c’est comme souvent, ça dépend, ça dépasse. Du fait d’être établissement agricole à cheval sur le collège et sur le lycée, la situation risque d’être un peu plus compliquée que pour les copains. Je reste persuadé toutefois que nous resterons ouverts, car souvent nos établissements sont à la campagne, isolés. Par conséquent dans la perspective où je vais travailler tous les matins, ma vie sera normale ou presque, ça dépendra bien sûr si j’ai les enfants à la maison, ce qui sera un autre problème à régler et dont je connais déjà la solution : loi martiale. Ma femme ira bosser du fait d’être instit, moi ça dépend ça dépasse, ma fille est dans l’agricole ça dépend ça dépasse aussi, mon fils en LEP avec une période de stage en entreprise de plusieurs semaines, quelle sera la position des entreprises ? Si les gosses devaient être à la maison, ils ont tout intérêt à s’y mettre et de façon totalement autonome.

À titre personnel, si je devais me retrouver intégralement confiné, comme dans la situation de mars de cette année, il est totalement hors de question que j’aille m’épuiser à raison de 70 heures par semaine pour rien. J’ai formé l’intégralité de mes élèves aux outils numériques, certains n’ont jamais voulu faire l’effort, ce sera désormais marche ou crève sans essayer de récupérer les âmes égarées au bord du chemin. Alors que nous sommes en vacances, je réponds aux quelques questions que me posent les élèves sur le DM, moins de cinq enfants qui m’ont sollicité sur plus de quatre-vingt-dix gosses. Je ne me fais absolument aucune illusion dans le cas d’un confinement, faire cours à huit heures en visio ce sera se retrouver avec cinq élèves en classe virtuelle. Avec un confinement de plus pour les scolaires, je vous raconte pas l’état de misère intellectuelle, et si c’est effectivement quatre semaines, j’ose à peine imaginer comment on va sortir les rames pour ne pas y arriver. Heureusement que dans le monde de l’éducation, bien plus bisounours que celui de l’économie, tout est bien qui finit bien. Une note de service est déjà passée dans l’enseignement agricole, les intégrales sont retirées du programme du BAC PRO cette année. Ce n’est qu’un début.

Trop de spéculations tuant certainement la spéculation, nous écouterons Manu nous dire que la situation est grave, qu’on va sucer des cailloux quand on va faire les comptes, qu’on a distribué un peu trop d’argent magique. Croisons les doigts pour qu’on puisse aller bosser en passant avec un peu de chance à travers les inondations qui ne devraient plus trop tarder.