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Le Blog de Cyrille BORNE

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C'est la marche funèbre de nos campagnes

samedi 24 juillet 2021 à 21:58

Je pense que les vacances désormais pour moi ce sera Puivert jusqu'à la fin de ma vie. Ma femme est fan du coin, je ne lui jette pas vraiment la pierre, Puivert, l'arrière-pays audois, c'est quand même franchement sympa et j'ai envie de dire encore plus sympa quand tu vis la période actuelle. Le masque dans la gueule c'est insupportable quand on arrive à des températures de l'ordre de 36 degrés, le monde chez moi à la plage c'est aussi insupportable, l'arrière-pays offre une véritable expérience verte, le calme, la détente. 

Le village de Puivert a ceci de particulièrement intéressant, c'est son lac au bon milieu du village ou presque.

Concrètement, le matin, tu fais dix kilomètres en forêt, l'après-midi tu glandes au bord du lac. Tu as une baraque à frites à prix réduit qui fait des choses pas mauvaises à des tarifs dérisoires. Tiens bonne introduction que la barraque à frites, voici ce que tu peux lire sur leboncoin. 

À vendre comme de très nombreuses maisons dans le village. Puivert l'an dernier c'était encore quatre "restaurants", il y avait même un qui faisait des spécialités afghanes. Ils ont racheté le restaurant au bord du lac et n'arrivent pas à trouver de personnel pour laisser le restaurant historique ouvert. À une époque il y avait une boulangerie, un café, une épicerie, tout a fermé. On pourrait noter une forme de paradoxe, justement dans l'époque dans laquelle où nous vivons, et pourtant absolument pas, car cette situation je la connais par expérience, jusqu'à la fermeture de mon ancien établissement dans le Cantal

On pourrait effectivement se dire que Puivert a énormément d'attrait, touristique pour commencer, du terrain à plus quoi savoir en faire, une proximité relative de services avec les villages de Lavelenet, Chalabre ou même Limoux et Carcassonne qui sont à une heure de route. Quand la crise COVID est arrivée, les gens ont réalisé que leur vie de merde dans un appartement minuscule à quatre n'était pas forcément l'idéal qu'ils avaient prévu. Le besoin d'air, le besoin de changer de vie, cette petite vie misérable ponctuée d'événements commerciaux, qui ne fonctionnent plus d'ailleurs, parce qu'on a tout tué, le changement c'était maintenant, sauf qu'en fait pas vraiment ou pas partout. Chez moi, face à la mer, tout s'est vendu. Quand je dis que tout s'est vendu, c'est que tout s'est vendu, à des tarifs les plus improbables. Le vendeur de la maison de mon voisin a fait monter le prix car dans cette période où tout s'est vendu, tout se vend et s'arrache quel que soit l'état, quel que soit le prix. En rentrant chez moi après mon séjour, j'ai vu que la maison à 250.000 € pour 50 mètres carrés et un bout de terrain s'est vendue. On avait observé ce phénomène dans le sud de la France à l'ouverture de la ligne de TGV entre Paris et Nîmes, 3h30 de train pour rallier le sud depuis de la capitale, ça ouvrait le champ des possibles. La vague que nous vivons actuellement sur tous les villages du sud et pas seulement le bord de mer est totalement folle. Les agences cherchent des bien pour les vendre, il n'y a plus rien. Bien évidemment tout le marché s'effondrera quand le COVID sera passé, quand les gens réaliseront qu'une résidence secondaire a un coût, que c'est un boulet au pied et que l'envie de sauter dans le premier avion pour instagrammer prend aux tripes. 

Ce que j'essaie de dire, c'est que comme souvent pour tout, la résolution est souvent sur le papier, et modérée. S'ils sont certains à avoir changé de vie ou presque, déménagé avec le télé-travail, ce n'est pas la majorité, et ceux qui ont de l'argent se sont contentés de prendre un pied-à-terre dans le sud car comme disait le grand Charles, le COVID est plus beau au soleil. 

La campagne n'attire pas, ou peu, car la vie à la campagne c'est difficile et rien n'est fait pour aider. J'ai passé huit ans dans le Cantal et si on peut effectivement vanter le confort de vie, la réalité du quotidien c'est faire 40 km de voiture pour trouver l'hôpital le plus proche, ce même hôpital qui menace de fermer. La campagne c'est dans la voiture tous les jours, mieux vaut avoir la santé, la campagne c'est avant tout le désengagement de l'état, l'abandon des services. Une petite coupure photo pour illustrer le propos. 

Il s'agit d'une voie verte, je ne sais pas si ça existe chez vous mais ça commence à faire des paquets de kilomètres chez moi. Le principe de la voie verte, c'est tout simplement une piste cyclable ou pédestre qui remplace les anciennes voies ferrées. Car effectivement, c'est aussi ça la campagne, les voies ferrées qui disparaissent, les écoles qui ferment, les hôpitaux, les services de l'état et c'est un peu le problème de l'œuf ou de la poule. Un village est attractif s'il y a du travail, s'il y a des services. Une famille va s'installer parce qu'il y a une école, parce qu'il y a une crèche parce qu'il y a une pharmacie. La logique est donc celle-ci, avec l'exode rural, la fermeture des entreprises, les gens sont partis à la ville. Moins de population, l'état par souci de rentabilité a fermé certains services. Pourquoi maintenir une ligne de train si trois personnes la prennent par semaine ? Et c'est ici le problème de fond, il sera impossible de rendre attractif ces endroits sans service. Quelle entreprise s'installerait sans pouvoir offrir à ses salariés le minimum. 

Comme toujours tout est une question de volonté de l'état qui comme j'aime à le rappeler souvent n'a pas de visibilité à long terme. Je vous ai fait le laïus suivant sur l'école qui en gros est celui-ci. Si vous ne mettez pas le paquet sur l'éducation des gamins, c'est l'avenir de votre nation que vous mettez en péril. Politiquement bien sûr avec des crétins qui voteront pour celui qui proposera des chocolatines tous les matins, mais aussi pour les entreprises, la science, et j'en passe. Pendant que certaines entreprises étrangères se gavent avec le vaccin qu'elles ont fabriqué, SANOFI et Pasteur vont peut-être faire quelque chose, ou pas, voyez que le mal nous ronge déjà. Avec la crise COVID on a pu toucher du doigt le côté sympathique d'être autonome au point de vue de la nourriture, faute de l'être sur tout le reste, jusqu'au paracétamol. On comprend bien que la campagne ne fait pas rêver, et quand on voit quel engouement on met dans la voiture électrique qui vous m'excuserez est un problème de bourgeois et de citadin parce qu'à la campagne tu roules de façon obligatoire au diesel face à la masse de kilomètres que tu dois te cogner pour vivre normalement, on comprend que l'état rate le coche. À Puivert, sur toute la zone, chez Bouygues ou SFR, j'étais en 3G. À l'instar des bagnoles électriques, quand les gars se tirent la bourre pour avoir de la 5G le plus rapidement possible, on comprend dès lors que oui, la campagne n'est pas la préoccupation première de nos états alors qu'elle devrait passer de façon prioritaire devant les villes. Qu'on forme des agriculteurs, qu'on arrête d'acheter notre nourriture ailleurs, qu'on repeuple nos campagnes, pour un mieux vivre, pour notre alimentation, notre santé, la vie de nos territoires et qu'on arrête de penser avec ce mode citadin ou parisien à la con qui essaie de nous faire croire qu'on fera pousser des tomates sur les trottoirs. 

Tout est à vendre, beaucoup de ruines, on imagine le large potentiel, ce qu'il serait possible de faire, certains l'ont compris mais ne s'y prennent pas forcément de la meilleure manière ou n'ont pas les outils. Puivert c'est environ une quinzaine de nationalité, et des gens qu'on qualifierait en ville de marginaux et pourtant des gens qui ont tout compris au mode de vie alternatif mais qui n'ont ni les moyens financiers d'acheter les ruines, ni les moyens de les retaper. On a des gens qui se font prêter des parcelles qui font du bio, qui font un peu d'élevage. De nouveaux hippies en quelque sorte. On voit de véritables initiatives solidaires mais aussi commerciales fortes. Le magasin gratuit en est un exemple parmi d'autre. 

Le cola des montagnes est certainement la chose la plus intelligente que j'ai eu l'occasion de voir, la plus courageuse, et la plus militante. Il s'agit en fait d'un cola fabriqué dans le coin, certains restaurateurs ont fait le choix de ne vendre que ce cola et pas de cola industriels, qui est un mot qui revient et prononcé avec mépris par ces gens qui prennent position. Il s'agit de toute évidence d'une prise de risque, mon épouse n'a pas voulu en prendre par exemple. Par le fait, faire ce choix strict, qui consiste à ne proposer que le produit local, c'est prendre le risque de rater une vente. Néanmoins et c'est ici un positionnement que je trouve très intéressant et qui correspond parfaitement à mon mode de fonctionnement dictatorial, la très grande majorité des gens présents consomment ce qu'on leur propose parce que quand tu n'as pas le choix et que tu crèves de chaud, tu prends ce qu'il y a. En plus c'est pas mauvais et ça change. 

Imposer au peuple, il suffit de voir ce que ça donne avec le pass sanitaire, pour se rendre compte que c'est compliqué. Néanmoins et c'est le rôle des états, des états bienveillants, ou des personnes bienveillantes, de ne pas dire oui à toutes les conneries du monde et parfois savoir passer en force. À l'heure où l'on prend conscience que Apple n'est pas aussi secure qu'il en a l'air et qu'il s'agit pourtant d'une marque américaine utilisée par la majorité des chefs d'états du monde, on ferait bien de commencer à imposer un système d'exploitation libre pour les ordinateurs et par extension pour les téléphones. On oublie que pour beaucoup de choses, tout est une question de choix, de positionnement. 

J'ai refait un compte Twitter, vous devriez me suivre sur @Bornecyrille. J'ai écrit plus haut que les gens n'ont pas les bons outils ou s'y prennent mal. Alors qu'il y a des initiatives formidables, les gens sont incapables de les mettre en valeur. Trouver l'information est extrêmement complexe, et l'information que je cherchais en me remettant sur Twitter, je ne l'ai pas trouvée, elle n'est pas sur Facebook non plus. Par contre ça dépanne toujours pour avoir accès aux informations de la préfecture de l'Aude surtout quand ça crame, à certaines informations touristiques, à des expos. Imaginez qu'en 2021, le site de la mairie n'a pas été mis à jour depuis 2017 sur la page d'accueil, un vieux Wordpress dégueulasse ou les infos sont des PDF ou des captures d'écran. Personne n'a pris les outils numériques pour donner de la visibilité au coin et je trouve que c'est bien triste. 

Car si effectivement on peut pointer du doigt les pouvoirs publics, il n'est pas non plus impossible pour chaque citoyen de s'engager dans la survie de son village, sans forcément s'engager en politique. Je lisais cet article sur l'histoire du Hellfest ou comment un village de 7500 âmes accueille le plus grand festival de métal de France, un des plus grands événements musicaux français. Les organisateurs racontent qu'au départ on trouvait des prières dans les boîtes aux lettres pour résister contre les satanistes. Le succès ne se dément pas et on le doit à deux gars qui ont réussi à changer les choses. Je pense qu'il faut croire en l'homme, en l'individu, à la puissance d'une seule personne qui a la vision pour tout changer, et je ne parle pas des deux abrutis qui se tirent la bourre pour aller dans l'espace quand ils auraient la possibilité de changer le quotidien de millions de personnes avec le fric qu'ils jettent en l'air. 

Nous nous quittons sur l'hymne de nos campagnes, dans sa version originale et pas dans sa nouvelle version avec des invités parce qu'on est roots ou on ne l'est pas. Je pense que le prochain billet sera autour des réseaux sociaux, de la communication, je vois en gros ce que j'ai à écrire. Pendant qu'on est dans les actus, je n'ai à l'heure actuelle toujours pas installé de Linux sur mon PC ni même fait un essai sur Windows 11. 

Complotisme ou pas

jeudi 15 juillet 2021 à 10:09

Dans le dernier épisode, j'avais lâché un teaser avec des titres en lien avec Windows 11, on ne va pas commencer par là, mais par une discussion que j'ai eue avec mon voisin. Comme vous le savez je vis dans une station balnéaire, Saint-Pierre la Mer, 1500 habitants à l'année, 30000 à 40000 personnes pendant la saison. Aux municipales, l'ancien maire ne s'est pas représenté, une retraite bien méritée. Le candidat élu est un homme, jeune, chef d'entreprise, apolitique qui s'est engagé. La situation de mon village, de façon synthétique, c'est trois villages en un Fleury d'Aude le véritable village, Saint-Pierre la mer, le poumon économique, les Cabanes de Fleury en embouchure de l'Aude, loin de tout, mais station balnéaire quand même. Beaucoup de routes à entretenir, la mienne est devenue tellement dégueulasse que désormais j'ai tendance à l'éviter. La fameuse bulle de Saint-Pierre, 9 millions d'euros jetés en l'air pour un projet qui a pris l'eau au sens propre, 1 million d'euros pour reboucher le trou. La ville est endettée, il ne se passe rien depuis les 18 ans que j'ai une propriété ici, les commerces ferment, nous sommes passés de cinq salons de coiffure à deux, le marché du soir a pris un sacré coup dans les dents. La situation n'est pas reluisante et si l'immobilisme a un côté confortable rassurant, il ne fait pas réellement ses preuves sinon le commerce serait florissant. 

Notre maire a décidé de faire la révolution et dire que c'est un beau bordel est un véritable euphémisme. Si vous regardez la photo ci-dessous, vous voyez une grande roue, des chalets en bois. Tout le bas, le centre en fait, a été coupé pour créer une zone intégralement piétonne. La circulation est détournée, mon quartier à deux cents mètres de la plage est désormais un coin VIP, à savoir qu'il faut une carte pour pouvoir y accéder et circuler. En gros, c'est le grand chamboulement et comme tout grand chamboulement, le démarrage est difficile. Par exemple, un matin on voit fleurir des sens interdit dans tous les sens au point de ne plus pouvoir rentrer chez moi. J'appelle la police municipale qui m'explique et me confirme que c'est un peu la foire, les gars passent en deux fois, ils mettent le sens interdit puis quatre jours après "sauf pour les riverains". Le policier me dit que c'est bien noté dans le cadastre mais de pas tenter de prendre le sens interdit parce que si je tombe sur la mauvaise personne je peux prendre cher. L'absence de signalisation a été complexe pour l'intégralité des gens, un de mes collègues qui taille la route souvent par chez moi évite le village. J'ai envie de dire que face au peu de gens présents alors que nous avons franchi la date du 14 juillet, que nous sommes dans un contexte COVID qui fait que l'an dernier on devait avoir un taux de remplissage à 150%, c'est anormalement calme. Les commerçants se plaignent d'une baisse du chiffre d'affaires la piétonisation leur pose des problèmes. Faut-il pour autant tirer sur l'ambulance ? Faut-il pour autant conclure dès maintenant ? 

Et c'est ici un premier point qui me paraît très important. Quand on voit comment ça tourne actuellement, il serait aisé de dire que notre bon maire a eu une brave idée à la con, et pourtant je me refuse d'aller à cette facilité car le gars a essayé quelque chose. Il est certain que c'est un pari qui implique les commerçants, les villageois comme moi, l'économie du village, néanmoins il fallait bien essayer quelque chose pour essayer de remonter un village qui décline. Si on m'écoutait moi on aurait favorisé la vie à l'année plutôt que le tourisme, mais la différence entre le maire et moi c'est que le type a eu le courage de s'engager, un courage que je n'ai pas. C'est bien plus facile d'être dans la critique, le cul assis derrière son écran que dans l'action. 

C'est cette situation que j'explique à mon voisin, propriétaire d'une maison dont il profite pour les vacances. Les voisins m'ont spontanément demandé des explications, il est certain que quand tu ne vis pas sur place c'est compliqué. J'explique que pour moi la situation est assez complexe car prendre la route ici durant l'été c'est l'enfer. Je lui dis que je continue à avoir une vie normale et que j'ai besoin de pouvoir circuler, puisque par exemple je vais faire ma seconde dose à Narbonne. Quelle énorme erreur j'ai faite de lui dire que j'allais me faire vacciner, il m'a expliqué la vie pendant une heure. 

Son positionnement est intéressant, un argument pour tout, un discours bien rodé pour vous retourner le cerveau. Des références qui font un peu peur, odyssee par exemple où l'on a vu sur pas mal de sites traditionnels expliquer qu'il s'agissait d'une alternative à Youtube pour les complotistes à l'instar d'autres réseaux sociaux plus souples dans les règles de modération. J'ai donc écouté poliment son discours en me jurant de ne plus parler de vaccination avec qui que ce soit, un problème qui a l'air d'être partagé par de nombreuses personnes. J'ai vérifié quelques-un de ses arguments car l'homme est intelligent, bien évidemment toutes ses informations remontent assez rapidement dans les fact checker comme arguments utilisés et démontés rapidement derrière par les analystes. J'ai été particulièrement tenté de lui envoyer l'article où le professeur Raoult invite à la vaccination des personnels soignants mais j'ai jugé que c'était inutile. Discuter ne sert désormais plus à rien, il n'y a plus d'échange ou de remise en question possible. Si on regarde l'article, on imagine qu'il est menacé ou qu'il ne s'agit pas de lui qui écrit puisque c'est la première fois qu'il aurait écrit depuis Android. Il ne s'agit pas de faire un pour ou contre la vaccination, ou sur le complotisme mais plutôt de s'interroger sur ce point, et si les complotistes d'aujourd'hui étaient les visionnaires de demain ? 

Ce matin je parcourais le fil des actus et je dois dire que j'ai été consterné globalement par les nouvelles : La forêt amazonienne est en train de devenir source de CO2, selon une étude. On explique qu'à force de déforestation, la forêt au lieu de faire son œuvre de poumon de la terre, a tendance à devenir fumeur de la terre. La faute a une consommation toujours de plus en plus importante qu'il faut satisfaire, car consommer c'est important. Alors forcément on s'inquiète un peu parce qu'avec le COVID, la pollution, on est quand même en train de sortir les trompettes pour sonner l'apocalypse. On applique donc dès 2035, la fin des ventes de voitures thermiques. Le commentaire de Greenpeace est pour ma part assez éloquent. L'association écologiste qui est en place depuis plusieurs décennies, j'entends par là pas des illuminés de l'écologie mais des gens qui ont réfléchi au problème, explique qu'on va générer de la précarité pour un rendement pas forcément convainquant. Depuis plusieurs billets je vous annonce la révolution, je pense qu'on y va, en se rappelant que les gilets jaunes ça a commencé par une histoire de bagnole. La voiture électrique en 2035 je ne sais pas, parlons de la voiture électrique en 2021. Des tarifs très élevés. Une autonomie pas assez importante pour les gros rouleurs. Une écologie pas si écologique que ça sauf bien sûr quand on fait abstraction de la fabrication et du recyclage des batteries qui restent quand même des points franchement obscurs. L'absence de bornes de recharges suffisante. 

Pour moi, si je regarde la voiture électrique, je vois davantage une opportunité pour forcer les consommateurs à changer de voiture, je ne vois en l'écologie qu'un prétexte. Car si on réfléchit bien, si on veut vraiment s'occuper de l'écologie, on commence à supprimer le bitcoin pour commencer, les NFT et ce genre de choses qui ne servent à rien à part spéculer. Quand je vois une centrale électrique qui préfère miner du bitcoin parce que c'est plus rentable, j'espère que ça va pas donner des idées à d'autres qui préféreront couper le courant ou marchander le tarif de l'électricité pour faire monter le prix pour les usagers.

Je pensais à la bande dessinée fables scientifiques de Darryl Cunningham où l'auteur dénonce les plus gros complots comme l'homme qui n'a jamais marché sur la lune mais aussi explique comment pendant des années des grandes entreprises ont payé des fortunes pour faire taire les gens qui annonçaient le réchauffement climatique. C'est d'ici que vient mon interrogation. Les écologistes qui annonçaient qu'on allait tous mourir si on ne prenait pas en compte le réchauffement de la planète étaient vus comme des illuminés, comme ceux qui ont dit qu'il fallait se méfier du nucléaire, ont été perçus comme des complotistes alors qu'ils sont aujourd'hui reconnus et certainement en passe de remporter des élections dans bon nombre de pays. Après je dis ça je dis rien mais quand nos écologistes français en sont à ne pas vouloir couper d'arbre pour Noël ou arrêter les subventions des écoles de pilotage parce les petits enfants ne devraient plus rêver de voler (dans les airs), je me dis qu'on n'a pas forcément récupéré les bons écolos de la planète. 

Et si les complotistes d'hier étaient effectivement les gens qui avaient eu la bonne vision ou presque dans des tas de domaines différents, et si mon voisin n'avait finalement pas raison, tout ceci n'est peut-être qu'une vaste opération à engraisser les compagnies pharmaceutiques. L'histoire pourrait donner raison avec la sortie annoncée de Windows 11. Souvenez-vous voici les deux déclarations fondamentales de Microsoft qu'on pouvait entendre il n'y a pas si longtemps : 

Windows 10 n'est pas le dernier des Windows, Windows 11 ne sera pas le dernier et on voit la stratégie déplorable de Microsoft qui devrait se dépêcher d'appeler son système d'exploitation Windows et de le placer en Rolling Release. La sortie d'un Windows 365 pour distinguer le système au local du système dans les nuages apporterait un peu de lisibilité. En ce qui concerne un Windows 11 plus léger, c'est une véritable catastrophe puisque Microsoft met à la rue des centaines de millions d'ordinateurs. 

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, alors que Microsoft est un grand professionnel de l'informatique, on assiste à une catastrophe dans la communication qui frise le suicide commercial. Quand les gens pensaient pouvoir continuer le cycle avec Windows 11 qu'ils n'ont pas demandé comme les voitures électriques, on leur annonce que pour un système d'exploitation plus léger, seuls des processeurs très récents seront supportés, ainsi que les cartes mères ayant le TPM 2.0. Le ridicule ne tuant pas, certains appareils de type Surface fabriqués par Microsoft ne seront pas supportés par Windows 11. Souvenez-vous aussi l'outil de vérification de la compatibilité donnant des faux positifs a été retiré, le logiciel au moment où j'écris ces lignes n'a pas été remis en ligne quasiment un mois après son retrait. Comment imaginer confier son informatique à une société qui se prend autant les pieds dans le tapis ? 

Cette sortie de Windows 11 s'accompagne d'autres problèmes comme l'obligation de créer un compte. On charge Microsoft sur ce point sauf que ça ne choque personne quand c'est le déjà le cas pour Apple ou Google. C'est néanmoins intéressant de voir que l'étau se resserre sur l'ensemble de nos libertés, je fais une courte parenthèse : 

Remarquez que l'obligation d'aller voter n'est pas arrivée, ce qui à l'instar de la cigarette qui tue ou du bitcoin pour lequel on ne fait rien, tous comme les réseaux sociaux sans contrôle, ou cette taxe contre les géants américains qui n'aura pas lieu, voyez comme il est aisé de tomber dans le terreau très fertile du complotisme. Vous noterez qu'aucun état, aucune organisation n'impose à Microsoft de revoir sa copie en expliquant que 500 millions d'ordinateurs obsolètes en 2025 avec l'arrêt du support de Windows 10 est une aberration écologique. L'argument sécuritaire et la puce TPM 2.0 est un argument particulièrement fallacieux, vous pouvez mettre toutes les puces de sécurité que vous voulez, le problème dans la chaîne sera de toute façon l'humain, le fameux truc entre la chaise et le clavier.

Je ne vous cacherai pas que je prévois mon retour à Linux selon la façon dont ça évolue et ce sans enthousiasme. Où l'on se rendra compte que j'ai vieilli, c'est que je ne suis pas encore retourné sous Linux, j'attends de voir. Windows 10 est un système d'exploitation qui me donne totalement satisfaction et qui me permet de faire ce que j'ai envie de faire comme jouer par exemple, sans avoir à payer un bras un PC neuf ou une Switch. Je ne vois pas pourquoi, et c'est un choix idéologique mais aussi financier que je fais, pourquoi je devrais payer une fortune un nouvel ordinateur pour continuer de pouvoir faire exactement la même chose que je fais. Linux, les linuxiens, des complotistes en quelque sorte qui tirent la sonnette d'alarme me permettront de choisir une alternative et de pouvoir continuer à être libre au sens propre. 

Car c'est un peu la sensation que j'ai en ce moment, la sensation de voir mes libertés de plus en plus se réduire, l'effet peau de chagrin. Si je suis allé me faire vacciner en mon âme et conscience, pas forcément confiant sur ce qui se passera dans dix ans, ou quinze, peut-être une maladie grave, j'ai la conviction qu'on ne fait pas vacciner des milliards de personnes pour des intérêts commerciaux. C'est mon côté humaniste. De la même manière, j'ai envie de penser que mon maire s'est présenté pour servir les intérêts d'un village à l'abandon et qu'il ne fait pas ça pour s'enrichir ou pour emmerder le monde. Néanmoins, je me rends compte que l'étau se resserre de plus en plus, que j'ai de plus en plus d'imposition, de moins en moins de choix si ce n'est celui de me soumettre. 

Je trouve que c'est inquiétant car le contexte de plus en plus difficile que nous connaissons, auquel se rajoute désormais de plus en plus de pressions, de contrainte est le terreau du complotisme à plus ou moins juste titre mais aussi celui de l'insurrection. De plus en plus de gens se retrouvent dans des situations de désespoir, ce n'est pas la première fois que je l'écris, mais nous allons droit à la révolution. 

Je vous proposerai bien des solutions, mais je n'en ai pas, j'essaie à mon niveau de faire le mieux possible, pour reprendre la fable du colibri qui essaie d'éteindre l'incendie. Malheureusement tout ce que je constate autour de moi c'est que tout part en sucette et je ne vois pas d'autre issue qu'un drame, j'espère ne pas être de ce monde pour le voir. Lorsque je vois la folie Bitcoin, oui je sais je suis lourd avec le Bitcoin où l'on connaît l'influence écologique, le but purement spéculatif, et de voir que des gens n'ont qu'une idée c'est de se gaver de pognon, il est très difficile de croire en l'avenir de l'homme. Ce qui nous permettra de finir sur le titre de Youssoupha, espérance de vie, où le chanteur demande s'il a déjà vu des coffres-forts à l'arrière des corbillards ...

Quelques articles en complément que je n'ai pas réussi à placer dans le billet :

L'étau se resserre

samedi 10 juillet 2021 à 21:29

Si vous avez un peu suivi les différents épisodes, voici comment ça se passe au niveau de la scolarité de votre gosse. 

Le gamin fait la maternelle, si tout va bien, tout va bien, si ça va mal ça commence à devenir très sport. Les orientations en ITEP, IME, ulis, relèvent du handicap, vous êtes donc parti pour déguster. La problématique j'ai envie de dire existe aussi pour les classes moyennes, vous savez ces gens pas assez pauvres pour avoir les aides mais pas assez riches pour tirer leur épingle du jeu. À l'école c'est pareil, un gamin qui est moyen va sortir les rames pour trouver une échappatoire qui n'arrivera peut-être qu'en fin de cinquième pour aller dans les classes de l'enseignement agricole où le niveau est plus bas. À la sortie du CM2, pour les enfants qui ont un niveau très faible, vous avez la possibilité d'une orientation SEGPA, néanmoins peu de places et pourtant beaucoup d'élus. 

On retiendra donc de façon très classique que votre enfant s'il est "normal", ne voyez aucune connotation dans ce mot qui veut tout dire et rien dire, quel que soit son niveau scolaire est bon en gros pour environ 14 ans de prison. 

En fin de troisième voici les orientations possibles mais avant il faut comprendre comment ça marche. Les enfants de fin de classe de troisième sont soumis à ce qu'on appelle Affelnet. Affelnet c'est un mini-parcoursup avec des problématiques tout de même plus simples puisqu'ici il s'agit ouvertement du meilleur qui gagne sans détournement d'algorithme. Et j'ai même envie de dire que c'est la loi de l'offre et de la demande. Concrètement, le rêve de beaucoup de jeunes filles c'est de travailler dans l'esthétique ou de travailler dans la coiffure. La logique c'est de trouver un patron et d'aller faire son apprentissage, on y viendra plus loin. Il est toutefois possible dans quelques rares établissements d'avoir des formations continues. Par chez moi dans l'ancienne Languedoc Roussillon, si tu n'as pas 15 de moyenne tu n'entres pas dans la formation. On va donc se retrouver avec certains "paradoxes" qui peuvent être discutés bien sûr, mais ce n'est pas mon propos, je suis calé uniquement sur une logique. 

L'an dernier en fin de troisième, Bambi le "copain" de ma fille finit son année de façon médiocre. Il postule au lycée agricole et demande GMNF qui est la filière "elfe" de l'enseignement agricole. Concrètement tu es dans le bois, les plantes, tu chantes, les oiseaux se posent sur tes bras et le soir tu rentres chez toi à dos de sanglier. Avec un petit 11 de moyenne il n'a pas été pris en seconde GMNF qui est un BAC PRO mais en seconde générale. Comprenez que je ne porte aucun jugement sur le niveau du BAC ou sur les envies des enfants, d'autant plus que j'enseigne en lycée professionnel, c'est juste pour expliquer que certains élèves qui s'orientent en lycée professionnel ont un meilleur niveau que ceux qui s'orientent dans le général, on commence déjà à entrevoir pour ces enfants les difficultés qu'ils vont rencontrer avec parcoursup. Pour la petite histoire, Bambi n'avait pas des notes extraordinaires en EGT, j'ai dit à la maman de prendre rendez-vous avec la directrice pour profiter des défections et pouvoir intégrer la filière qu'il veut faire. Bambi est en effet un enfant fascinant qui refuse de tronçonner des arbres car ils sont vivants, ces profs lui expliquent à chaque fois que les branches sont mortes. Vous noterez l'importance d'avoir un prof dans l'entourage, c'est ici qu'on voit quand même que nous sommes des professionnels de l'éducation et ça va au-delà de l'enseignement des maths.

Donc les orientations :

Aujourd'hui pour aller en CAP en alternance il faut deux conditions : avoir un patron, avec plus de 15 ans. Il apparaît qu'avec l'absence de redoublement, la seconde condition devient de plus en plus difficile à atteindre. Il faut avoir 14 ans pour faire des stages, en classe de 4ème cela devient problématique, nos élèves sont souvent trop jeunes, et le sont parfois pour le premier stage de troisième ... Lorsque l'enfant, rarement, atteint la condition d'âge, il faut le patron ... Les statistiques de contrats cassés dans les premiers mois d'apprentissage sont catastrophiques, les patrons sont déçus par le manque de sérieux des jeunes quand ces derniers ont fait l'effort de trouver un patron. Car c'est une de nos problématiques annuelles, chaque année nos jeunes nous expliquent partir en apprentissage, chaque année on en trouve plein sur le carreau, ils pensent que le patron va venir les chercher. 

Sur le principe, on se dit que ce n'est pas si mal foutu, que ça tient la route, sauf que ça ne fonctionne pas de façon si simple, malheureusement. 

Il s'agit effectivement d'un mini-parcoursup et quand certains gamins à 7 de moyenne vous notent vaillamment des BAC PRO très demandés dans la feuille d'orientation, rappelez-vous de la loi de l'offre et de la demande, ils s'étonnent de n'être pris nulle part. Chez nous, avec nos résultats catastrophiques c'est un tiers des enfants qui se sont retrouvés sur le carreau. Comprendre qui se sont retrouvés sans orientation pour l'année prochaine. Je n'évoque pas les enfants qui ont le second ou le troisième vœu qui n'est pas forcément un vœu de consolation mais un vœu d'obligation. Il faut savoir que l'une des sources de l'échec scolaire c'est quand le gosse se retrouve dans un endroit qui ne l'intéresse pas. On échoue de plus en plus à l'école car les enfants n'y trouvent aucun intérêt, on ne peut malheureusement pas passer nos journées à regarder du porno et fumer des joints pour reprendre Saez. Lorsqu'un élève n'a pas d'affectation, il se retrouve avec le jeu des désistements, comme parcoursup. Quand à la fin du mois d'août il se retrouve sans rien, on lui propose ce qui reste, ce qui veut dire à nouveau une mauvaise orientation. Vous n'imaginez pas le nombre de gosses qui ne font rien quand ils ont 16 ans, que les missions locales essaient de caler tant bien que mal de stage en stage pour se retrouver à la fin dans des emplois qui ne sont pas qualifiés et précaires

Vous allez me faire remarquer que finalement le système n'est pas injuste avec ces jeunes, si ces derniers avaient été sérieux dans leurs affaires pour reprendre Assassin, ils ne seraient pas dans cette situation. Il y a toutefois deux problèmes à ce raisonnement. Le premier problème c'est qu'effectivement ils quittent le système scolaire ou disons ils échappent au radar et c'est un échec pour eux mais aussi pour la société. Car ne nous leurrons pas, souvent derrière des problèmes d'argent, de drogue, sociaux, on retrouvera donc ces jeunes en prison ou dépendants de l'état d'une manière ou d'une autre. Il s'agit toujours d'un mauvais calcul de l'état, un calcul à court terme qui vise à penser à l'instant présent. En ne misant pas à fond sur l'éducation on se contente de repousser le problème à plus tard. Ces jeunes ne sont pas morts, ils ne sont pas disparus, ils sont en sommeil, mais ils finiront par se réveiller. Le second problème c'est qu'il apparaît que travailler comme un acharné à l'école ne suffit pas non plus même si c'est encore discutable : Réforme d'Affelnet : la grande déception des bons élèves parisiens.

On ne va pas se mentir, des parents qui trichent pour ne pas mettre leur enfant dans tel établissement plutôt que tel autre, ça a toujours existé. À l'époque nous n'habitions pas un joli quartier et je me serai retrouvé dans la ZUP à l'école comme pour le collège de secteur. Mes parents ont triché en mettant l'adresse du magasin si bien que j'ai fait ma scolarité dans les établissements du centre-ville, élitistes, avec les gosses de bourgeois. Si l'idée de favoriser la mixité est louable, la réalité est autre. Les gosses qui ont une éducation, qui ont 18 de moyenne seront toujours ennuyés par les gamins qui sont là pour chauffer les bancs de l'école. Finalement personne n'est gagnant dans l'histoire car le jeune qui avait un bon niveau n'est pas dans les conditions idéales pour réussir, le jeune qui est là parce qu'il est là, mettra une pagaille habituelle et n'élèvera pas son niveau personnel, y croire c'est croire au père Noël même si c'est effectivement particulièrement louable. La moralité c'est que l'ascenseur social est cassé, des gamins qui n'habitent pas les beaux quartiers vont dans des établissements moins côtés où ils se prendront une pénalité supplémentaire à parcoursup quand les gosses de riches qui sont déjà nantis à plus d'un titre continueront dans des endroits fréquentables et bien classés à parcoursup. CQFD. 

Quand on commence alors à appréhender la difficulté du passage du collège à la case supérieure, on commence à se dire que le palier au-dessus parcoursup en l'occurrence ça doit augmenter forcément au niveau du level et on aura raison. Car ici finalement les règles du jeu sont assez limpides : des résultats scolaires conséquents ou un patron, être né dans le bon endroit. Avec parcoursup va se rajouter la problématique des algorithmes qui tient davantage du jeu de hasard qu'autre chose. Voyez l'histoire de cette jeune qui finit au BAC avec mention très bien, qui se retrouve sur le carreau, on peut supposer que les notes étaient bonnes au contrôle continu donc pour le dossier d'admission. Les parents ne comprennent pas, il doit certainement y avoir une explication, mais comme dirait les libristes, faut regarder dans le code. 

La logique est pourtant exactement la même que pour les petites qui rêvent de faire des tickets de métro à leurs clientes. Avec un BAC qu'on réussit à 90%, il ne peut y avoir de places pour tout le monde. Les universités, les écoles, n'ont pas poussé comme des champignons, et quand on sait qu'à la sortie d'un BAC Général à part faire des études on ne fait rien, forcément c'est comme les sardines de Patrick Sébastien, c'est serré. Si l'on regarde le graphique suivant, on voit qu'en 1993 l'année de mon BAC, 93 quand même, Saint-Denis, Saint-Denis, fonk-fonky fresh, on devait péter à 70% maximum.

Et c'est parce qu'à l'époque, il y avait moins d'élèves en terminale, qu'ils étaient moins nombreux à réussir que j'ai pu aller m'inscrire en université où j'ai quand même décroché une maîtrise de sciences physiques. Le supérieur pour moi c'était quand même franchement différent du lycée, ne travailler que des matières scientifiques et pas le reste, une organisation du travail différente, quand certains se noyaient par trop de liberté j'y ai trouvé mon compte. La moralité c'est que ce blocage réalisé ouvre la voie à des écoles comme celles de Xavier Niel, école 42 ou bientôt Hectar qui fera beaucoup de mal à l'enseignement agricole. Des élèves atypiques qui réussissent, pour preuve ce jeune qui a monté le réseau social BeReal, alternative française à instagram qui réussit quand même à se glisser dans un article du parisien avec 400.000 utilisateurs quotidiens. Même pas une vacherie sur Mastodonte ou Diaspora, voyez comment je vieillis. À l'instar des jeunes qui sortent du système dès la classe de troisième, d'autres viennent rejoindre les rangs à niveau BAC.

On pourrait penser que ça y est, votre gamin est sorti des ronces, il va pouvoir enfin prolonger ses études et pourquoi pas embrasser la profession d'enseignant qui fait rêver la France entière. Sauf que c'était compter sans le blocage au niveau du Master : Étudiants sans master : "On m’a encouragé à faire des années d’études pour m’arrêter à mi-chemin". Il faut comprendre que nous sommes dans un processus d'évacuation par le haut quand pendant des années nous étions dans un processus d'évacuation par le bas. L'avantage du processus d'évacuation par le haut sur le principe c'est d'avoir des gens à fort diplôme pour partir sur le marché de l'emploi. Sauf que si vous avez un peu suivi mon discours, on a quand même pas mal d'abandon sur le chemin. L'énorme avantage pour un état c'est de maintenir des élèves dans le système scolaire et donner l'illusion d'avoir des jeunes à l'école plutôt qu'à l'ANPE car une illusion. Le système d'évacuation par le bas, je l'ai connu, un élève qui n'arrivait pas en classe de cinquième était réorienté, il partait apprendre un métier. Seulement avec un apprentissage où il vaut mieux avoir 16 ans, vous vous doutez bien qu'un retour à 12 ans n'est pas arrivé alors qu'il serait salvateur pour bon nombre d'enfants. Il faut quand même réaliser que certains gosses passent sept heures par jour à l'école sans rien comprendre, à attendre que ça passe, c'est pour moi une torture. 

Indiscutablement l'étau se resserre autour des élèves, un étau invisible et pervers. Je l'ai déjà écrit, mon fils travaille à la rentrée à la suite d'un BAC PRO. Il aurait certainement été en situation d'échec en EGT alors qu'il était à 14 de moyenne en 3ème générale. À l'époque quelques enseignants s'étonnaient de notre décision et pourtant nous avions raison. Les orientations sont ratées, car les gens se rappellent d'une autre époque, mais aussi placent les mauvaises ambitions ou encore de fausses croyances dans leur enfant : "il va travailler pendant les vacances, il a des capacités, il faut attendre qu'il se réveille", ce qui n'arrive jamais. Le mépris placé dans les filières professionnelles qui sont pourtant porteuses rentrent en première ligne des mauvaises ambitions. 

L'étau se resserre par voie de conséquence sur les familles qui se retrouvent avec leur jeune sur les bras sans savoir quoi en faire, et le pire c'est la surprise, mauvaise. Qui imaginerait que sa fille à mention très bien, sérieuse, travailleuse n'a pas de place pour l'année suivante. Et bien évidemment l'étau se resserre de plus en plus autour des professeurs responsables de tous les malheurs du monde. Des professeurs de maths totalement nuls recrutés à 8 de moyenne car il est bien connu que pour enseigner en collège ce qui compte c'est le niveau et pas des qualités humaines, des instits incapables car à 80% de formation littéraire quand mes "maîtres" n'avaient fait que l'école normale à niveau BAC. Personne n'a le courage de parler d'exigence, de travail, de rigueur, de sélection, ces méthodes qui pourtant à l'époque avaient fait leur preuve. En bonus je vous fais part de cet article sur la dématérialisation des copies de philo, qui sent bon le flicage des enseignants, qui sent l'IA, enfin bref qui pue vraiment la merde et qui se rajoutera à la liste trop longue des éléments qui ne séduiront pas les jeunes pour assurer la relève dans notre métier. On a de toute façon besoin de coupables et comme nous transmettons les savoirs nous sommes quand même les fusibles idéals. Sauf que le problème c'est qu'à force de faire sauter des profs, il risque de ne plus avoir assez de plomb pour maintenir le peu de lumières allumées dans les yeux des enfants. 

La parabole de l'électricité est magnifique, je me dois de vous laisser avec le titre de MHD, afro trap volume 11. Je suis assez catastrophé par le RAP français, j'ai beaucoup écouté ces derniers temps et je suis tellement déprimé que j'écoute les Tomorrowland qui sont des concerts de techno donnés en Belgique. Il y a chez MHD quatre choses que je trouve intéressantes : 

Ils sont nombreux de sa génération à avoir du talent, il n'est pas le seul, ce qui est regrettable ce sont les textes, le rap conscient est totalement mort et je dois reconnaître qu'il me devient de plus en plus insupportable d'écouter des textes insipides sur la drogue, les délits, les filles faciles, et la moula. À propos de MHD je pense qu'il ne faut pas trop s'attacher, il est inculpé d'homicide, l'affaire est pour l'instant en cours. 

Bon je vous tease un billet dont le titre sera certainement ou ne sera pas "Windows 11 ou finalement 2000 € dans un MAC n'est peut-être pas une si mauvaise affaire" mais aussi "Windows 11 ouvre la voie à la réussite de Linux", ou peut-être "Windows 11 ou Windows 10 jusqu'au trognon". J'aurai des commentaires je pourrais faire un vote, mais comme je n'en ai pas ...

L'acceptation

jeudi 1 juillet 2021 à 20:16

J'ai corrigé le DNB aujourd'hui, je vais commencer par ici mais d'abord rappeler le contexte. On a passé une année catastrophique, le DNB est la seule épreuve qui n'a pas vu d'aménagement, l'aménagement est venu d'un sujet encore plus simple que les années précédentes. 

De façon synthétique ce que je dois retenir de l'année : 

De façon synthétique ce que je dois retenir de la surveillance. 

De façon synthétique ce que je dois retenir de la correction.

Voici le sujet, voici les éléments de correction et surtout ce qui était attendu, qui devrait m'interpeller, mais qui ne m'interpelle plus. 

Dans ce QCM la majorité des enfants ont répondu 12 à la surface du triangle. C'est ici la véritable difficulté, ça rentre pas. Il faut savoir que nous avons de plus en plus de parents qui sont réactifs face aux punitions, j'ai des collègues qui ont eu des mots avec des commentaires sur les punitions à la con. Je donne sur certains points des centaines de lignes aux élèves avec les formules à apprendre, je n'ai jamais eu un commentaire, ni de la part des parents, ni de la part des élèves qui se soumettent, mais ça ne rentre pas. Je fais gratter les pauvres gosses pour essayer de faire rentrer un truc qui n'est pas donné au DNB contrairement aux formules de trigo, ils s'en souviennent un temps puis oublient. La division par deux alors que j'ai montré que c'était un rectangle coupé en deux, ça ne passe pas. Les enfants font la confusion entre périmètre et surface, il faudra que j'insiste encore plus lourdement ici. La petite équation c'est mort, le diagramme en bâtons est encore la seule question qui fait l'unanimité, la racine carrée est hors programme pour des pro, les formes ont plutôt correctement fonctionné. 4 points par question, il était aisé de se gaver. De façon générale, les gosses ont pris 12 points.

Voici typiquement un exercice qui ne devrait pas avoir sa place en 2021. Le discours de l'inspecteur de maths c'est de dire que les maths pour les maths c'est terminé, et pourtant il s'agit d'un exercice d'application des deux théorèmes. Sans justification, le gamin prenait 6 point s'il écrivait 0.98. Ce qu'il faut comprendre, c'est que le calcul, la justification, la phrase réponse, l'unité de mesure soient présents on s'en contrefout, il fallait marquer 0.98.

Le théorème de Pythagore comme je l'expliquais plus haut a été un échec global, la question est décomposée sur 8 points. Si l'enfant note Pythagore il prend 2 points qu'il ne prend pas s'il ne cite pas le mathématicien. Des points sont à prendre sur la forme littérale, le calcul mais en aucun cas sur la condition. C'est ici un malaise profond pour moi, car cela laisserait supposer que Pythagore peut se faire dans un triangle quelconque, et qu'on n'insiste pas sur la condition de réalisation du théorème. C'est une perte de sens profonde, surtout que j'amène le théorème avec le voyage de Pythagore en Egypte qui trouve que les gars ils font quand même des murs franchement droits.

Il faut comprendre que la classe de troisième a ceci d'intéressant, c'est qu'elle valide la fin d'un cycle, qu'elle est le passage vers le lycée mais qu'elle est surtout validée par un examen. Cet examen c'est celui qui atteste des attentes de l'état pour le niveau de fin de troisième. On s'étonnera d'ailleurs de voir des examens d'entrée en classe de seconde trois mois après avoir passé le DNB, comme si on voulait vérifier un décalage ou une perte de mémoire pendant les vacances à coup de soleil, de tise et de moula. Ce dernier terme allant de la drogue à l'argent, chacun y trouvera l'interprétation de son choix. Par le fait, pourquoi me casser la tête à insister sur une rédaction qui n'est pas demandée, à mettre des conditions dont tout le monde se fout puisqu'il s'agit d'écrire d'après Pythagore, d'après Thalès. Il est bien sûr évident que je ne lâcherai pas sur ces points, au contraire, mais on y viendra plus loin. Ce qui est certain c'est qu'on nous ne rend pas vraiment service. 

Voici typiquement l'une des dérives. Il fallait chercher pour savoir si le gamin avait bien mis le Tarif B sur la droite 1. L'élève normal fait une phrase réponse, l'élève standard vous fait un B sur la droite 1, parfois quand il est sympa il met Tarif B. Qu'il écrive ou non une phrase réponse il prend les points. 

Pour la question suivante, deux possibilités, soit par le calcul, soit par le graphique. Si l'enfant faisait simplement les traits de constructions il avait trois points, s'il mettait 96 sur le graphique il avait les trois points de plus. Il n'y avait donc pas d'attente de phrase réponse quand je vous rappelle que la lecture, et quand même un peu l'écriture sont causes nationales et qu'on se plaint que les gosses ne savent plus écrire. 

La question 3 est un bout de fonction affine mais sans plus, des enfants ont réussi à se planter dessus en prenant des réponses avec un moins devant. La question 4 est typiquement ce qui me gêne dans cette mouture du DNB. On vient de voir d'après ce que je raconte et la correction officielle que la phrase réponse, on s'en fout. Et c'est ici que sur la question à 4 points, les traits de construction ne rapportent qu'un point, la phrase en donne 3. Et c'est ici la subtilité pédagogique du truc qu'il faut comprendre. 

Au collège, nous évaluons par capacités, par compétences, et dans les capacités de mathématiques, il y a "s'exprimer". On comprend alors que certaines questions vont évaluer telle ou telle capacité mais pas toutes. Celle-ci correspond typiquement à s'exprimer quand celle dont on ne se préoccupe pas de la rédaction c'est "calculer". Je trouve que c'est complètement idiot car ce n'est pas cohérent pour l'élève, il faudrait au contraire faire un qui peut le plus peut le moins. J'ai expliqué que ça permettait pour nous les enseignants de troisième de positionner le curseur par rapport aux attentes. Si les gars mettaient une grosse charge sur la rédaction, tous les profs de maths feraient monter le level dans les contrôles en mettant des points sur la rédaction. CQFD. Pas dit que ça fonctionne avec un public qui s'en fout complètement mais sur le principe ça pourrait en pousser quelques-uns à faire l'effort de rédaction. De la même manière, en systématisant la rédaction, on fait des copies plus cohérentes et on ne demande pas à l'enfant de réfléchir à quand il peut faire à l'arrache ou rédiger, il rédige et c'est tout.

Le 13% a été trouvé par la très grande majorité des enfants, les gosses ne savent plus calculer un pourcentage, la soustraction à 100% pour trouver 11% des femmes adultes c'est OK avec une très large majorité qui a présenté le calcul. Pour la question 4) et la question 5) on a eu un problème d'interprétation du fait d'avoir des enfants qui ne savent pas lire et ne comprennent pas les consignes, ils n'ont pas su dire que les mineurs représentaient plus de la moitié du diagramme donc ça passe, ils ont parfois mis deux fois le calcul pour prouver qu'il y avait 60% de jeunes. 

Le Scratch était un véritable cadeau mais confirme le problème signalé plus haut. La première question où il fallait répondre que la vitesse de la balle tournait entre 32 et 170 km/h était sur 8 points, soit 8% pour être capable de lire deux valeurs. La phrase en elle-même était sur trois points, un oubli d'unité sur un point. Et effectivement l'énoncé est sans ambiguïté, il est noté "rédiger". Au lieu de se casser la tête à savoir quand il faut ou non rédiger, alors qu'on comprend qu'on y attache de l'importance, on impose une rédaction systématique qui force à écrire, et tout le monde est content. Cette rigueur aléatoire est frustrante et ne rend ni service aux enseignants ni aux élèves qui s'ils lisent mon billet de blog se diront qu'ils peuvent se contenter du minimum pour prendre les points.

Beaucoup de notes entre 30 et 60, j'ai mis un 0, alors que le sujet était cadeau. Par exemple la dernière partie de Scratch, il suffisait de reprendre les éléments de la question et de les mettre dans les bulles. Quand tu vois 4 secondes et que dans la bulle orange, tu vois secondes, tu as quand même envie de mettre 4. Le problème de fond, le véritable c'est que des enfants n'ont pas essayé, et je sais que si j'avais été à côté, juste en disant fais le, le gosse l'aurait fait. Comment réussir à insuffler la volonté chez nos jeunes, le défi de 2021-2022. 

Mon billet vous le noterez s'appelle l'acceptation, la dernière phase du deuil. La génération de l'an dernier quand on s'est retrouvé confiné pour la première fois, celle où on a bossé 70 heures par semaine, c'est vraiment des gosses pour qui on a fait preuve d'une compassion évidente. C'était nouveau, on était à l'isolement, et déjà nous en tant qu'adulte ça était la grosse merde, malgré les dérives, c'étaient nos pauvres chéris. Cette année quand on s'est retrouvé avec des phases de confinement avec des élèves qui nous prenaient pour des imbéciles, avec une mauvaise foi caractérisée, on n'a connu qu'une phase dans le deuil, la colère. Ah ça je peux vous dire que ni dépression, ni déni, ni marchandage, c'était la guerre. Pour la première fois de ma carrière, j'ai vraiment ressenti du mépris pour les élèves, une colère sourde face à cet énorme foutage de gueule. Un sentiment unanime et partagé par l'ensemble des collègues où nous avons tous adopté une posture très dure alors qu'on est quand même à la base des gens bienveillants.

Est arrivée une première phase d'acceptation, à savoir travail non fait, ben c'est 0. Une contrôle à 4 de moyenne, ben un contrôle à 4 de moyenne. À une époque, on aurait fait des devoirs de rattrapage, on aurait compté la meilleure note, supprimé la plus mauvaise, mais finalement à quoi bon ? Les élèves se moquent de leur résultat, ils assumeront. Et c'est d'ailleurs le cas, de nombreux jeunes se retrouvent sur le carreau dans les résultats d'affectation tels que nous l'avions annoncé. Le fait d'avoir cette attitude dégagée, détachée a réussi à nous apaiser pour beaucoup. Le travail a été fait, froidement, sans regret, comme un contrôleur des impôts qui vide une maison. 

Et puis en fin d'année, est arrivée la préparation de l'oral qui pour moi a changé pas mal de choses. Il y a quelques années on expliquait l'oral, on guidait un peu, et ça se faisait tout seul avec l'aide des parents, souvent. On s'est aperçu que les élèves étaient totalement incapables de faire leur oral, leur diapo. Bien sûr, le manque de travail, mais surtout le manque d'autonomie. Nous avons dégagé des heures sur les matières qui ne sont pas au DNB pour leur donner un coup de main. Le lien, celui qu'on a perdu, a commencé à se retisser pour des productions moins catastrophiques que prévu et des comportements agréables. J'ai un gamin qui vient sapé comme un black bloc et qui le pauvre a quatre mots de vocabulaire à son actif, le jour de l'oral il est arrivé en pantalon, en chemise, et a fait un énorme effort sur son expression, avec les moyens du bord. 

Alors j'ai retrouvé la foi dans le métier, et j'ai compris ce qu'il fallait faire. J'ai jeté l'intégralité de mes cours car il va falloir niveler vers le bas, et j'ai compris désormais qu'il allait falloir faire différent. Je ne dis pas que c'est bien car j'ai conscience qu'à force de niveler vers le bas, on va vers la révolution comme je l'ai exprimé dans un billet mais pour l'instant face au public présent, il n'y a qu'une seule chose à faire, c'est tendre la main. Il va falloir assister, insister, il va falloir contrôler davantage les cahiers, vérifier les affaires, il va falloir se transformer en maîtresse d'école. Il va falloir essayer de trouver les moyens pour faire revenir les parents dans nos écoles, et reformer la relation tripartite qui s'est bien pétée la gueule. 

Quelques mots de remerciements des parents en cette fin d'année, de quelques élèves, des mots touchants, je pense que je ne me trompe pas. En même temps c'est pas comme s'il y avait le choix, à l'heure actuelle nous sommes littéralement au fond du seau. 

Nous nous quittons ce soir avec entrer dans la légende, Guider sa vie sous le phare de la victoire Etre gravé dans le marbre de l'histoire Avoir une flamme à sa mémoire Comme ce soldat inconnu Marquer les esprits de mythiques exploits En bref, entrer dans la légende, ça et obtenir l'ordre national du mérite agricole. L'objectif un peu ambitieux de l'année prochaine.

Informatique à outrance

jeudi 24 juin 2021 à 11:14

J'évoque de moins en moins l'informatique sur le blog, et comme je l'ai déjà écrit, alors qu'à une époque c'était une fin en soi, une passion, aujourd'hui c'est une corvée, mais une corvée nécessaire, comme le lavage en machine ou la vaisselle.

Dans un épisode précédent j'expliquais que nous changions enfin de serveur et que la version de parallel desktop installée n'était pas compatible avec un Windows Serveur 2016 ou 2019 mais remmina oui. J'avais créé une nouvelle image et c'est ici qu'on voit le changement de Cyrille, une base Xubuntu. Plus joli, plus facile à mettre en route, en LTS pour avoir la sécurité sur plusieurs années et éviter de mettre à jour tous les quatre matins. Je devais former mon collègue pour qu'il réalise la migration des 100 postes du lycée, finalement j'ai proposé à mon chef de prendre mon fils au forfait pour faire l'ensemble des postes. Mon collègue a accepté, mon chef était d'accord, nous avons réalisé 100 postes en 14 heures. 

Alors bien évidemment et j'ai envie de dire comme toujours, je sais pertinemment que ce n'est pas la bonne méthode mais c'est la méthode que je maîtrise le mieux, donc à l'essentiel. J'ai fait toutefois une variation, l'image disque était sur réseau si bien qu'il m'a suffi de booter sur clonezilla pour passer par SSH et faire le clonage de l'intégralité des postes. Le fait de travailler à deux c'est plus sympa et d'ailleurs il faut nuancer les 14 heures. En effet certains postes étaient dans des placards, il a fallu donc prendre les PC, brancher les PC, débrancher les PC, et c'est ici qu'il est sympa d'avoir un jeune pour porter et de travailler à deux. Comme je l'ai dit, j'ai changé et c'est certainement en lien à quelques mésaventures. On a donc fait redémarrer certains postes qui n'avaient pas été allumés depuis plus de un an. Nous sommes en travaux, on a donc des salles qui ne sont plus accessibles. Certains postes n'ont pas fonctionné, j'ai fait le test de souffler sur les barrettes de RAM, ça repartait souvent. Parfois, nous sommes tombés sur des unités récalcitrantes, je n'ai pas donné suite. Démontage de l'alim, du HDD et des barrettes de RAM poubelle. Le message est clair, finie l'époque où j'aurais passé deux heures pour faire fonctionner une unité achetée il y a quatre ans à 20 €. On en revient toujours au même principe, le temps c'est de l'argent, et pour la réalisation d'une tâche si tu n'es pas payé en conséquence, tu vas à l'essentielle. Et puis soyons honnêtes, dépenser du temps sur une rougne à 20 balles ce n'est pas cohérent. 

J'en ai donc profité pour faire un grand nettoyage de printemps qui n'avait pas été réalisé depuis mon arrêt de la responsabilité informatique. La salle des serveurs était une véritable poubelle. C'est assez désolant de voir que ce qu'on a laissé n'a pas été maintenu. 

En haut à gauche du clonage de poste, en haut à droite, une partie de ce qui part à la benne. En bas des images de Xubuntu

En ce qui concerne la solution TSE en 2021, je suis très partagé et c'est certainement le linuxien qui parle. Avec 400 gamins, avec une centaine de machines, la solution en elle-même qui permet de centraliser les sessions des élèves et les ressources, pour en plus avoir en bout de chaîne de vieux PC, je trouve que c'est plutôt cohérent. Ce qui me dérange le plus c'est de le faire chez Microsoft.

Dotriver ou encore Microlinux proposent des solutions équivalentes pour un environnement Linux complet. Et le côté Linux c'est pas pour dire Linux c'est plus mieux ou Microsoft sucks mais c'est comme toujours chez moi essayer d'être objectif. Si dans le cadre de la partie administrative, avec les logiciels métiers, Windows est totalement légitime, faut voir ce qu'on fait dans la partie pédagogique pour être beaucoup plus perplexe. Le gros de l'activité avec nos élèves c'est internet et l'utilisation de Libreoffice, pas plus, ni moins. Et forcément, quand tu vois que la politique de Microsoft c'est le renouvellement permanent, on reste très très otage du système pour une plus value qui reste totalement discutable. Microsoft pour mémoire c'est la société qui a dit qu'on s'arrêtait à Windows 10 pour voir arriver Windows 11, ça ne s'arrête jamais. 

Car si on réfléchit bien, il y a 20 ans, on tapait du texte, aujourd'hui on continue de taper du texte. Et si on peut effectivement reconnaître que les productions d'hier sont moins jolies que celles d'aujourd'hui, on peut s'interroger tout de même sur la nécessité d'avoir des machines de course pour faire les mêmes choses ou presque qu'hier poussant de plus en plus d'ordinateurs au rebu car malheureusement Linux ne sauvera pas tout le monde. 

Il s'agit d'un EM-200, c'est un appareil utilisé à l'époque comme point de vente, ou POS pour ceux qui savent. Un gentil membre du forum m'avait à l'époque donné trois de ces appareils pour pouvoir les utiliser au magasin école. Il s'agit d'un ordinateur tactile à base d'Atom n270. Et forcément pour ceux qui savent encore, on a dit Atom et là c'est le drame. Les Atom sont des processeurs Intel bas de gamme absolument pas puissants et qui surfent sur la frontière du 32 ou 64 bits. La machine était livrée sous Windows XP, et d'après cette vidéo avec un clone de Bill Gates, on a un produit qui date de 2012, j'ai donc envie de dire pas si vieux.

Une étrange vidéo des années 2000 qui ressemble à une vidéo des années 90

On en revient toujours à la même chose, ceux qui essaient de vous faire croire que les distributions Linux genre Xubuntu ou Lubuntu vont lui mettre une seconde jeunesse sont les mêmes qui ne les ont jamais essayées. La réalité c'est qu'une distribution comme Zorin sympa sur le papier, se traîne comme c'est pas permis, et Q4os pas mieux. La réalité c'est que pour une raison qui m'échappe, les appareils se mettent en veille quelle que soit la distribution Linux à part Slitaz. La réalité c'est que dès que vous lancez un navigateur internet, c'est totalement mort. Et pourtant ces appareils ont su être réactifs à leur époque sous Windows XP et même sous Seven. C'est la capture correspondante en haut à gauche. L'élément bloquant reste de façon systématique la navigation web. Ces machines en fait n'auront de sens que pour en faire des petits serveurs, pas du Nextcloud hein, pas une grosse consommation électrique, un écran présent pour dépanner, juste besoin de mettre un clavier pour vérifier. Pour le reste faut oublier. Alors bien sûr on pourra me rétorquer que neuf ans d'existence pour un appareil, il a vécu, mais pour ma part je fais le calcul que ma télé a plus de 15 ans et qu'elle fonctionne encore sans compromis. En informatique, tout va trop vite, tout s'use trop vite sans jamais avoir la sensation d'une véritable plus-value. J'entends par là que comme je l'ai écrit plus haut, il y a dix ans on faisait du traitement de texte, alors que les technologies ont radicalement évolué les lenteurs de lancement sont toujours présentes, rien n'est instantané, rien ne va plus vite. 

Vous noterez donc que j'ai repris du service pour le lycée mais c'est de façon totalement ponctuelle et cadrée. C'est l'un des soucis de l'informatique, c'est peut-être l'un des soucis de tout, tant que vous n'avez pas cadré la mission, il n'y a pas de limite. Ici il s'agissait de migrer des postes, j'ai migré des postes et c'est tout. Le nettoyage que j'ai réalisé dans la salle des serveurs c'est pour mon plaisir personnel, parce que c'est mon lieu de travail et que j'aime que les choses soient propres. 

L'informatique personnelle j'ai arrêté pour énormément de gens, je dépanne encore ponctuellement et pas n'importe qui. Des gens qui ne font jamais rien pour moi, je ne vois pas pourquoi je me fendrai d'un service qui leur coûterait des fortunes chez le réparateur, qu'ils y aillent. Je dépanne un peu et je vois arriver des choses qui me font de la peine, comme ceci. 

Sur votre gauche, vous m'excuserez c'était un peu pagaille mais j'ai tout rangé, un Lenovo tout en un symbole du mal. Sur votre droite, mon écran. Le Lenovo tout en un est branché sur mon écran et ça marche, la dalle du Lenovo quant à elle est noire comme la nuit noire, on peut donc supposer que la dalle est morte. Compte tenu de l'âge de la machine, compte tenu du facteur ça a l'air bien collé tout ça, compte tenu du fait qu'une dalle de 13 pouces ça peut monter à 70 balles, donc une 24 pouces ça doit faire mal, le diagnostic est assez radical, il faut brancher l'écran sur un écran. On notera qu'il vaut mieux avoir une grande maison parce que c'est pas un PI qu'on glisse dans un coin. 

Il y a parfois des gens qui m'écoutent et qui ont le bon goût de boire mes paroles car ils savent que je prêche le bien dans l'informatique si on fait abstraction des supplices réguliers que je fais, que je faisais en achetant des gadgets chinois. C'est d'ailleurs un positionnement masochiste assez intéressant quand on sait que je suis toujours de bon conseil. Il s'agit d'un ancien collègue de mon précédent établissement qui se retrouve avec un i7 qui se traîne comme un veau. Une machine payée aux environs de 800, un i7 avec 8 Go de RAM. Ceux qui savent ... savent, pourquoi la machine rame comme c'est pas permis avant même de finir ma phrase, un disque dur de 1 To à l'intérieur. C'était une époque où il fallait choisir entre un petit SSD et un gros disque dur, les fabricants jouant l'esbroufe avec le gros disque, on finit par se retrouver avec une machine pourrie avec des caractéristiques très bonnes sur le papier. Il m'a fallu moins d'une heure pour faire la manipulation qui va du clonage par Macrium reflect au démontage du disque et remontage du SSD. 

avant

après

Les vérifications à la Cyrille BORNE

Une économie de PC conséquente pour un résultat net et sans bavure, il s'est même offert le luxe de mettre 1 To de SSD à l'intérieur. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, il m'a demandé de lui trouver une tour pour remplacer son vieux portable un T quelque chose, c'est-à-dire du vieux dual core que j'avais boosté à l'époque en mettant un SSD. Je ne me rappelais même plus l'avoir fait, j'en ai tellement fait. Tu le sais public quand j'achète de l'informatique je l'achète toujours sur ebay qui reste pour ma part le plus grand bazar d'occasions accessibles, tu trouves tout sur ebay. Au moment où j'ai passé sa commande, on avait franchement baissé sur les prix, j'ai trouvé un icore 5 de troisième génération à 100 balles frais de port compris en provenance de l'Allemagne. Les types vous vendent des tours super propres, nettoyées et ça fonctionne franchement bien. J'avais un fond de matériel qui traînait pour aller avec, écran, clavier, souris et le voilà équipé pour un bon moment.

Comme je l'ai écrit, j'ai fini le face-à-face élève, je profite de cette période de transition pour ranger chez moi, et je me suis attaqué au garage pour me rendre compte que ces dernières années alors que j'avais pas mal vidé, j'ai quand même gardé n'importe quoi. J'avais conservé des claviers de portable à moitié pourris pour les touches au cas où je retomberai dans mes réparations sur ce type de matériel ... Alors c'est sûr que quand tu vois que des claviers de portable peuvent être vendus aux environs de 60 €, tu te dis que c'est malin, mais c'est malin quand tu en fais ton activité. Je fais donc du grand nettoyage, des barrettes de RAM en DDR2 que je refile au lycée pour les vieilles UC et dont je n'ai plus besoin, des câbles RJ45 que j'ai conservés au cas où je devrais faire 30 machines en filaire chez moi, tout ce qui aurait pu avoir du sens à l'époque et qui n'en a réellement plus aujourd'hui. Je me contente désormais d'avoir des ordinateurs de passe au cas où dans la famille ça crame, des chargeurs parce qu'on a toujours besoin de chargeur et c'est en gros tout. 

Pas trop de moralité dans ce billet, si ce n'est que j'arrive encore à me débrouiller avec Linux pour faire des choses simples, et que je me félicite d'être encore dans le camp de ceux qui savent faire pour beaucoup de choses sans être totalement largué dans une informatique qui n'en finit plus de se complexifier pour pas grand-chose. 

Pas de fin en RAP comme le précédent billet, par manque d'inspiration mais rassurez-vous ça reviendra.